The Cranberries – 1999/04/14 – Paris le Zénith

Hier soir les Cranberries étaient en ville et votre serviteur n’a pas manqué leur show. La petite Dolorès O’Riordan est en pleine forme après avoir vogué trop longtemps sur les lèvres du gouffre trouble et attirant de son anorexie. Elle est toujours plutôt fine mais la peau s’est décollée des os… Ses cheveux ont poussé et sont teints en blond. Elle est gainée de cuir noir. Un air de France Gall revisitée Stratocaster. Et surtout elle danse et bouge sur scène avec une énergie vitale retrouvée. Les morceaux tragiques de ses premiers albums sont archivés au rayon des antiquités. Les riffs ont remplacé les arpèges. Les love songs succèdent aux lamentations. Bref, c’est la résurrection, « Salvation is free » est sa nouvelle ode. Le secret de tout çà, elle nous l’avoue en intro de « Saving grace », elle a fait un baby. Alors elle nous passe à la moulinette rock les morceaux de son nouvel album (à paraître le 26 avril dans toutes les bonnes maisons), et çà chauffe, qu’on se le dise. Une voix toujours très pure et éthérée. Petite faute de goût néanmoins, les musicos en sont restés à la période anorexo-dépressive, mal attifés et pas trop punchy mais un gros son tout de même. Des décors très soignés avec des cônes immenses qui sortent du sol et qui descendent du plafond, tels des stalactites éclairés à la rencontre de stalagmites phosphorescents. Des projecteurs flashent et stroboscopent l’ensemble de multi-couleurs fluos. L’audience est conquise. Quelques drapeaux irlandais flottent sur la foule. Une heure et demie passe sans en avoir l’air. « Zombie » s’achève de même que l’époque qu’il caractérise. Le show se termine. Les artistes sortent sous les acclamations du public tendrement ému par une telle grâce. Une bande enregistrée nous débite « l’Ave Maria » expiré par la si belle voix de Dolorès pendant que les lumières se rallument. Le « Stabat Mater Dolorosa » n’est plus de
mise. Mystique la déesse, catholique bien sûr, irlandaise toujours !