Suzanne Vega – 2005/06/19 – Paris la Cigale

Suzanne Vega chanteuse new-yorkaise décalée, mi folk mi rock, nous déroule un show du plus extrême dépouillement, seule avec un bassiste, sur la scène intimiste de La Cigale. Fragile et délicate, elle nous enchante de ses compositions douces-amères depuis Solitude Standing sorti en 1987 et son célèbre Town’s Dinner, créé  a capella et repris en version dance sur rythmes syncopés.

A l’écart des chemins de violence qu’inspire généralement sa ville natale, elle fait dans la douceur. Chevelure rousse et yeux bleus, elle ne quitte pas sa guitare électro-acoustique dont elle joue, debout, avec naturel et allant. Une voix troublante, brumeuse, détachée du monde. Elle maîtrise cet ensemble à cordes à la perfection.

Suzanne poursuit un chemin solitaire pour son plaisir et le notre. Pas de nouveau disque récent, Songs in Red and Gray date de 2001, mais simplement le bonheur de jouer en public et de présenter sa poésie et ses mélodies, un peu de douceur dans un monde musical de chocs :

If language were liquid/ It would be rushing in/ Instead here we are/ In a silent more eloquent/ Than any word could ever be/ Words are too solid…

Le concert attendrissant d’une post-adolescente romantique suivant le fil de ses rêves, mettant à jour l’harmonie de la vie ordinaire. Comme la verseuse de lait de  Town’s Diner elle observe de derrière la vitre les passagers du vent. Et justement elle termine son set sur cette jolie contine :

Oh, this rain/ It will continue/ Throught the morning/ As I’m listening/ To the bells/ Of the cathedral/ I’m am thinking/ Of your voice…

 

Joe Jackson & Todd Rungren – 2005/06/15 – Paris le Bataclan

Joe Jackson est de retour, sans réelle nouveauté, mais juste pour le fun. Pour l’occasion, des sièges sont disposés sur le parterre du Bataclan et un piano à queue sur la scène. Joe apparaît seul, avec sa bouille de clown triste, vêtu d’une redingote mauve et nous rejoue son répertoire avec une virtuosité jamais démentie. L’air mutin, ingénu et so british, il nous replonge dans ces années 80 que nous avons tant aimées. Grand compositeur, grand mélodiste, grand pianiste, il s’amuse et nous réjouis de ce flashback pour Grand Piano. Mais on regrette un peu le temps du Joe Jackson Band où ces mêmes morceaux étaient joués avec l’énergie rock insufflée par une rythmique de légende.

Joe a emmené avec lui sur la route des salles européennes Todd Rungren, rocker et producteur américain, qui a marqué l’imaginaire contestataire états-unien. Les campus  pro-Vietnam démocratique ont résonné de ses chansons au hasard des manifestations anti-Nixon. Il nous en ressert quelques unes à la guitare électroacoustique, vêtu d’une veste bariolée digne des 70’s à San Francisco, évoquant sans doute peu de choses aux quadras parisiens venus fêter Joe Jackson.

Tout ce petit monde revient pour le rappel avec Ethan, quatuor à cordes déjanté ayant assuré la première partie, pour une dernière reprise jacksonienne et la clôture d’une soirée légère.

Lodge David, ‘Thérapie’.

Sortie : , Chez : . Scénariste à succès de sitcom télé, Lawrence affronte toutes les thérapeutes pour régler ses problèmes personnels : sa femme qui le quitte, ses cheveux qui tombent, son genou qui le fait souffrir, la bêtise du monde des médias qui le fait vivre. Rien ne se règle jusqu’à ce qu’il retrouve l’amour de ses quinze ans. Lodge toujours aussi drôle et caustique pour décrire les soit-disant maux qui nous accablent.

Dugain Marc, ‘La malédiction d’Edgar’.

Sortie : , Chez : . La bio romancée d’Edgar Hoover qui est resté patron du FBI durant près de 50 ans à force de manipulations, dossiers secrets, enquêtes illégales, pressions amicales, assassinats téléguidés, amitiés mafieuses, pratiques douteuses… Toute une vie consacrée à défendre l’Amérique du communisme, sous l’étendard glorieux de la morale WASP, et à cacher une homosexualité honteuse.

Djian Philippe, ‘Sainte-Bob’.

Sortie : , Chez : . En pleine agitation post divorce, un écrivain voit débarquer sa belle-mère chez lui dans le petit village où il habite, ainsi d’ailleurs que son ex entretemps remariée à un voisin ! S’en suit un jeu du chat et de la souris avec cette nouvelle-venue, attirance-répulsion, séduction-destruction, qui se terminera dans la luxure et le sang. Une fin à la Kill Bill. Djian toujours aussi subtil et hilarant dans son auto-description de looser créateur au grand coeur à qui finalement plein de choses réussissent.