The Film – 2005/12/01 – Paris la Maroquinerie

Un grand bol d’air frais ce soir à La Maroquinerie avec The Film. Une immense et excellente nouveauté de la scène rock française. Pour mettre l’ambiance, les Second Sex assurent la première partie : un groupe de gamins de 16 ans, look Beatles beaux quartiers et musique punk jouée comme s’ils avaient fait ça toute leur vie.

Après des années de home studio et de bidouillage électronique, Benjamin Lebeau bass et chant et Guillaume Brière guitare et chant, déboulent sur scène pour jouer un rock pur et réjouissant, accompagnés d’un batteur et d’un saxophoniste. Benjamin a le teint pâle et de grosses lunettes noires, vêtu d’une redingote noire en sky brillant, avec un petit air de Lou Reed sur Transformer. Guillaume se cache derrière une paire de Ray Ban style US Air Force dans le Pacifique. Le sax aurait pu être l’un Blues brothers et le batteur en chemise blanche fait premier communiant au milieu de cette nuée ardente.

Le ton est donné dès les premières notes : rock, rock, rock ! Et c’est la divine surprise : les titres se bousculent, les rythmes se percutent, les musiciens se relancent, la tension ne se relâche pas une seconde. Lebeau joue de la basse comme le semeur jetant au loin les graines de la fureur. Leurs voix mêlées accomplissent des miracles, des graves bowiens aux aigues démesurés, en passant par des stridences vocodées.  Brière parcourre la scène étroite triturant sa guitare déclanchant une folie positive de riffs hallucinés. On est sur la lame du rasoir de la perte de contrôle. Le professionnalisme de notre équipe est époustouflant. Le jeu de scène est naturel et tellement évident.

Les notes de sax et parfois quelques ritournelles aux claviers, ajoutées aux traitement électroniques basiques mais opportuns, donnent une coloration new wave type Stranglers. On retrouve l’énergie primale des Clash d’hier et des Strokes d’aujourd’hui. Mais au final The Film est plus que ces influences. Ce duo de guitaristes a su développer une véritable personnalité musicale et visuelle pour ce groupe amené à nous surprendre encore.

L’assistance en transe n’en croit pas ses yeux et ses oreilles. Les nouveautés jouées ce soir déclenchent une formidable envie de précipiter la sortie du deuxième disque de ce groupe original et créatif. Le concert se termine après deux rappels.

Irving John, ‘Un Mariage Poids Moyen’.

Sortie : , Chez : . Les aventures extraordinaires de deux couples qui se mélangent, qui se provoquent, qui s’aiment et s’échangent, pour finalement exploser, comme il se doit. Raconté avec la verve naïve d’Irving on y retrouve nombre de nos phantasmes sexualo-sentimentaux. C’est drôle et nature. Les personnages et les situations sont irrésistibles.

Rocard Michel, ‘Si la Gauche savait, entretiens avec Georges-Marc Benamou’.

Sortie : , Chez : . Le parcours intéressant de ce trublion de la gauche française, depuis le PSU révolutionnaire jusqu’aux ors du pouvoir républicain, de la tentation de la violence jusqu’au retour au bercail du parti socialiste. Il dresse un portrait décapant de l’intelligentsia française de gauche qui a rendu impossible l’émergence d’un puissant parti social-démocrate, par aveuglement devant les contraintes de l’économie et par enracinement dans une idéologie marxiste indéboulonnable. Il revient sur ses réalisations , sans trop de modestie, et ses échecs, ni plus de regrets.