Nine Inch Nails – 2007/02/21 – Paris l’Olympia

Avec Nine Inch Nails c’est un mythe du rock moderne qui s’installe à Paris pour deux soirées. Le public ne s’y est pas trompé qui a sur-réservé les deux shows depuis plusieurs semaines. L’unique membre permanent du groupe est son leader-créateur, Trent Reznor, un junkie-poète de 40 printemps, petite taille-grande énergie, homme d’excès-nature destructrice. Il fait les gros titres des rubriques intellos underground pour sa capacité à créer une musique dévastatrice, à détruire son environnement matériel et sa propre personne. Le label de Reznor s’appelle Nothing Records !

Il est le parangon du rock industriel, une sorte de mixage urbain entre une électronique résolument glaciale et sophistiquée, avec un rock dur et hargneux. La violence qui en résulte est intergalactique et volcanique. Des éruptions solaires qui projettent loin et longtemps leurs scories incandescentes. Le décor est comme il se doit industriel, façon hangar de forge, crépusculaire. De larges lampes métalliques pendent au bout de longs fils, les lumières viennent du fond de la scène, des fumées diffusent tout au long du show faisant apparaître les musiciens en ombres chinoises. On croirait des ouvriers penchés sur le serpent rougeoyant expectoré d’un haut fourneau digne de Zola !

Et l’enfer de la forge c’est la musique délivrée par ce gang américain, ce sont les paroles de ruine composées par Trent, c’est sa voix blanche hurlée dans le micro à en défaillir, c’est un rythme assommoir, des sons dissonants, des silhouettes démoniaques, menés un Reznor souvent en retrait laissant le devant de la scène à son guitariste, inquiétant et virtuose.

Il n’y a pas de fil conducteur de cette musique si étrange mais tout de même une évidence, celle d’un monde post nucléaire qui survit dans la jungle urbaine dévastée. L’atmosphère est pesante, la performance est étourdissante mais son auteur reste touchant dans le développement de sa vision apocalyptique du monde. Il y va d’un univers de bande dessinée de science-fiction dans lequel tout est terrifiant mais avec un coté naïf, limite enfantin, qui adoucit les mœurs.

A bien regarder sur les crédits du double album phare de Nine Inch Nails : « The Fragile », on trouve des remerciements à David Bowie et on découvre la présence d’Adrian Belew (ex guitariste chez Zappa et Bowie, désormais membre déjanté à part entière de King Crimson, instrumentiste de génie) aux guitares sur plusieurs morceaux. Evidemment, ces deux la ne pouvaient que traîner dans l’univers étrange et saturé de Reznor.

Après deux heures de show, le groupe nous laisse pantois sur le parquet de l’Olympia, repu de rock, les oreilles bourdonnantes et le cœur avec les NIN qui ont su libérer un tel flot d’énergie et de violence un soir d’hiver à Paris. Il n’y a pas de rappel, les guitares ont été brisées sur les amplis pour le final.

Setlist => Somewhat Damaged, Last, March Of The Pigs, Something I Can Never Have, Ruiner, Closer, Burn, Gave Up, Help Me I’m In Hell, Eraser, Wish, The Big Come Down, Survivalism, Only, Suck, The Day The World Went Away, Dead Souls [JOY DIVISION], Hurt, The Hand That Feeds, Head Like A Hole.

Conroy Pat, ‘Saison Noire’.

Sortie : 2002, Chez : . L’année 1966/67 de Pat Conroy comme capitaine de l’équipe de basket de l’université militaire où il faisait ses études. C’est l’histoire d’une jeunesse américaine qui décline ses ambitions d’absolu dans les affrontement sportifs et la discipline militaire. Il y apprend la vie et ses désillusions. 30 ans plus tard, lors de l’écriture de cet ouvrage autobiographique, il retrouve la sororité de son ancienne université, quelques vies brisées par le Vietnam et beaucoup d’américains aux existences forgées à l’école du sport et de l’amitié virile. Comme toujours, il y règle encore quelques comptes avec son père. On se noie parfois un peu dans les comptes-rendus de matchs mais on y retrouve la lumineuse évidence de sa plume de grand écrivain « sudiste ».