Marianne Faithfull – 2009/06/18 – Paris la Cité de la Musique

Paris rend hommage à Marianne Faithfull en ce mois de juin et lui offre l’occasion de dévoiler son Domaine privé à l’occasion d’une série de manifestations dans le cadre de la généreuse et inventive Cité de la Musique : elle chante Kurt Weil (Salle Pleyel) le 6, invite Rufus Wainwright le 16, introduit les Shakespeare Songs le 17, chante Easy Come Easy Go le 18, présente les poètes de la beat generation le 19 et passe à l’écran le 20 avec quatre des films dans lesquels elle a joué.

Pour le show Easy come Easy go ce 18 juin Marianne est entourée d’un remarquable ensemble cordes, cuivres, claviers et électricité, dont l’excellent Marc Ribot à la guitare. Elle est habillée avec élégance d’une veste à galons digne de Nelson et de talons hauts, d’un bustier et de longs gants. Ce soir elle nous délivre son message underground d’une incroyable voix rauque et grave, d’une touchante présence dans cette salle policée peuplée de quinqua amoureux et conquis. Son dernier album Easy Time Easy Go est un double CD de reprises de notes et de mots qui l’ont touchée (Dolly Parton, Duke Ellington mais aussi Brian Eno, Morrissey, Black Rebel Motorcycle Club). Elle en jouera une grande partie sans oublier le retour sur les classiques Broken English, la troublante Ballad of Lucy Jordan (At the age of thirty-seven she realised shed never/ Ride through Paris in a sports car with the warm wind in her hair) et les incontournables références stoniennes As Tears Go by et Sister Morphine.

Au milieu du show elle fait valser des talons aiguilles, ajuste son micro pour redevenir la chanteuse aux pieds nus que nous connaissons, la troublante égérie d’un univers rock presqu’aujourd’hui disparu. Elle continue à nous en restituer le parfum amer avec une sereine nostalgie. Pas une artiste, mais la passagère du temps à la barre d’un esquif musical qui a affronté bien des tempêtes, l’interprète subtile d’un monde à la dérive qui se rattrape aux branches de la création artistique. Avec beaucoup de gentillesse elle salue ses musiciens et avec autant de simplicité, seule sur le bord de la scène, elle serre les mains d’un public attendri qui ne se résous pas à la laisser partir.

All I hear is the sound/ Of rain falling on the ground/ I sit and watch/ As tears go by.