Elvis Costello & the Imposters – 20120529 – Paris l’Olympia

Elvis Costello à l’Olympia ce soir : Elvis et ses Imposters c’est un peu une cure de jouvence pour les quinquas+, dont quelques VIP, qui s’installent sur les fauteuils rouges du théâtre parisien. Les Imposters ont en partie remplacé les Attractions, en partie seulement car Steve Nieve (claviers) et Pete Thomas (batterie) sont du groupe actuel comme ils furent de l’ancien (Davey Faragher est le novice de la soirée à la bass). Et avant les Attractions il y eu le gang de The Rumour, parti ensuite sur la route de Graham Parker, puis celle de Garland Geffreys plus apte que Graham à leur assurer un salaire en fin de mois… Toute cette bande du petit monde intello-krypto-punk de la fin des années 70’s est toujours là : Garland vient de sortir un disque, Graham est exilé aux Etats-Unis où il donne des concerts solo, et Elvis est face à nous ce soir.

Après une introduction de quatre chansons Elvis coiffe un chapeau-claque, s’empare d’une baguette de magicien et nous explique la suite du déroulement du show, c’est-à-dire principalement la désignation par une hôtesse de spectateurs volontaires pour monter sur scène et faire tourner la grande roue à chansons qui permettra de choisir les morceaux à interpréter. Il y a là un large échantillon de 35 années de carrière et lorsque par hasard la roue semble s’arrêter sur un titre déjà joué, Elvis la pousse un peu vers la suivante.

A gauche de la scène se trouve une cabine a go-go-dancing, une table de bar et deux chaises où s’assoient les volontaires après leur choix, avec un cocktail multicolore, le temps de l’exécution des morceaux désignés par la chance et pendant qu’une beauté black se déhanche dans la cabine. Antoine de Caunes sera l’un de ces volontaires et ira même rejoindre la danseuse dans sa cabine pour se déhancher à l’unisson, et tout ceci pendant qu’Elvis et ses imposteurs travaillent !

Au-delà de cette mise en scène un peu tape-à-l’œil mais finalement sympathique, le plus formidable est surtout de retrouver Elvis dans une forme olympique avec une voix qui n’a pas changé d’un iota depuis tout ce temps, avec ce même timbre un peu brumeux-métallique et capable d’acrobaties rythmiques et harmoniques assez incroyables. Et il y a la guitare rythmique dont il joue toujours avec brio et détachement. Et il y a surtout les claviers de Steve qui enrobent cette musique originale de leurs nappes énergiques et joyeuses.

La recette Costello ce sont des morceaux concis et percutants, marqués par de fréquentes ruptures de rythmes et de tons, le tout sur des textes narquois. Cette recette fait encore fureur à l’Olympia ce soir, des tubes légendaires passent en trombe au milieu d’items du répertoire moins connus : Accident Will Happen, Watching the Detectives, Veronica

C’est ce qui avait permis à ce desperado de transcender l’énergie primale des groupes punks de son époque pour accoucher d’une musique tout de même sacrément plus évoluée et jouissive. Une débauche de disques est furieusement déversée sur le marché depuis les années 70’s par ce créateur hors pair et infatigable, avalant toutes les inspirations, du rythme & blues au reggae, en passant par la country et même des incursions dans la musique classique et le jazz, pour synthétiser le tout dans une musique à part, difficile à ranger dans une case, faite de notes et de mots pétillants, riches et joyeux, servis par un groupe de vieux requins de la scène rock qui jouent de leurs instruments avec un brio et un naturel exceptionnels.
Elvis Costello : un grand musicien, un créateur ambitieux !

Et lorsqu’il rechausse le chapeau claque, la fin approche. Le meneur de jeux a beaucoup donné, avec un enthousiasme de jeune homme, alors avec ses trois potes ils vont jouer Pump it Up en finale : …Out in the fashion show,/ Down in the bargain bin,/ You put your passion out/ Under the pressure pin./ Fall into submission,/ Hit-and-run transmission./ No use wishing now for any other sin./ Pump it up until you can feel it./ Pump it up when you don’t really need it.

Et I Want You pour terminer, un monument !

Set list :
Overture – featuring the former Mother Superior of Our Lady of Perpetual Torment, Dixie De La Fontaine
I Hope You’re Happy Now/ Heart Of The City/ Mystery Dance/ Radio Radio
The Spectacular Spinning Songbook
Motel Matches – Spin 1/ Accidents Will Happen – Spin 2
« Joanna » Jackpot – Spin 3
I Still Have/ That Other Girl/ She/ Talking In The Dark
« Numbers » Jackpot – Spin 4
Less Than Zero/ 45/ One Bell Ringing/ Watching The Detectives/Help Me – Spin 5/ Oliver’s Army – Spin 6/ Bedlam – Spin 7 – M. Antoine de Caunes’ Spin
Chelsea – Featuring The Crazy Go-Go Stylings Of M. Antoine de Caunes – IMPROMPTU
Interlude
A Slow Drag With Josephine – Napoleon Solo/ Jimmie Standing In The Rain – Napoleon Solo/ Who’s The Meanest Girl In Town, Josephine – Napoleon « Ukulele » Solo/ Veronica – with the Imposters/ Shipbuilding/ National Ransom No.9
The Hammer Of Songs
So Like Candy/Don’t Let Me Be Misunderstood/ Everyday I Write The Book – IMPROMPTU/ Alison/The Wind Cries Mary
Finale
« Happy » Jackpot – Napoleon’s Choice
I Can’t Stand Up For Falling Down/ High Fidelity/ Pump It Up/ Peace, Love And Understanding/
Poor Napoleon – Pour Sofia et Thomas/ I Want You

Jeanne Added / Laetitia Shériff / Lisa Portelli – 2012/05/14 – Paris le Café de la Danse

Jolies (presque) découvertes au Café de la Danse où se produisent en trois shows, courts et enlevés : Jeanne Added, Latetia Shériff et Lisa Portelli.

Jeanne, bassiste-chanteuse, une réincarnation de Marlène Dietrich électronique, le cheveu hirsute, chemisier frou-frou, une voix trouble portée par la bass sacadée, une atmosphère froide et contemporaine.

Laetitia, abonnée aux premières parties avec sa guitare baryton et ses samples. Elle mériterait les feux de la rampe, elle devrait les retrouver avec la reconstitution annoncée de son groupe. En attendant, elle continue à nous charmer de sa voix sombre posées sur ses arpèges répétitifs et obsédants.

Lisa, un petit brin de femme blonde en chaussure blanche, montée sur ressorts, accrochée à sa guitare, virevoltante et agile, accompagnée d’un guitariste-grande-bringue et d’un batteur-sympathique, chantant en français d’une voix sucrée des textes charmants, elle est tout simplement exquise.

Plaquant des riffs automatiques sur sa guitare en dialogue avec les six cordes de l’escogriffe, ils font monter la tension et terminent les morceaux dans des paroxysmes de rythmes électriques sens dessus dessous, et des vagues de cheveux blonds fouettant les airs. Un petit air de Vanessa Paradis mais ne nous y trompons pas, c’est une rockeuse… au cœur tendre.

Churchill Winston, ‘Mémoire de guerre 1919-1941’.

Sortie : 2009, Chez : Tallandier. L’irrépressible montée du nazisme post-traité de Versailles dans l’entre deux-guerres mondiales, l’incroyable faiblesse de la politique européenne face à l’Allemagne re-conquérante, l’esprit de résistance du peuple britannique, le grignotage territorial et violent d’Hitler et finalement l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni ; une aventure insensée, celle du siècle de nos parents, racontée avec la verve et l’enthousiasme d’un dirigeant de légende : Churchill !