Leonard Cohen – 2012/09/29-30 – Paris l’Olympia

Gentleman Leonard est de retour à Paris pour le Old Ideas Tour : A lazy bastard/ leaving in a suit, comme il se qualifie lui-même dans Going Home, un délicieux poète qui n’en finit pas de nous enchanter dans une tournée sans fin.

Il était passé en France en 2008 et 2009, et le voici qui repasse en 2012 après la sortie de Old Ideas en début d’année. Peu de changements sur scène sinon un violoniste moldave qui remplace le souffleur d’instruments à vent, apportant une tonalité encore un peu plus déchirante aux arrangements. Le reste de l’équipe est le même, avec Sharon Robinson et les sublimes Webb sisters aux chœurs apportant voix cristallines et sensibilité féminine à une musique déjà hautement chargée en tendresse. Le groupe est attentif, tout entier dédié à la prestation de son Maestro qui le leur rend bien d’ailleurs avec force saluts dé-chapeautés et humbles génuflexions.

Costume gris de clergyman et borsalino de même teinte, il confesse nos années d’illusions et nous prépare au pire. Les dernières compositions sont habilement mélangées à la set-list de toute une vie de subtilité musicale et poétique. Le public reste en vénération du début à la fin… trois heures trente plus tard. L’homme approche maintenant les 80 ans, sa voix s’est faite encore plus sépulcrale, ses mots plus dépouillés et sereins.

Le show mène sa route devant un Olympia subjugué par tant de grâce. Le poète semble hors du temps, flottant dans la galaxie comme dans son costume sombre, dégageant une nostalgique sérénité qui se faufile dans nos âmes : Tell me again : When I ‘ve seen through the horror/ Tell me again/ Tell me over and over/ Tell me you want me then/ Amen.

Les classiques déclenchent l’enthousiasme surtout quand Leonard les appuie de son phrasé de guitare si doux: Suzanne, The Partisan. Nombreux sont les cœurs qui se serrent sur Alexandra Leaving (merveilleusement interprété par Sharon), sur Hallelujah, So Long Marianne… les yeux qui se plissent de bonheur sur First We Take Manhattan, I’m Your Man… les larmes furtives qu’on écrase sur Anthem, Bird on the Wire…

Les setlists des deux soirées seront quasiment identiques, la dernière sera clôturée dans la joie de toute l’équipe technique montée sur scène pour le troisième rappel après le toujours bouleversant If It Be Your Will interprété par les Webb sisters.

C’en est fini pour cette nouvelle étape, Gentleman Leonard quitte la scène en sautillant sur les tapis persans qui la nappent, troubadour d’une génération qui va vers sa fin, Amen. Mais heureusement quelques jeunes gens sont là ce soir qui feront perdurer cette tradition, celle de l’élégance et de la beauté :

Like a bird on the wire,/ Like a drunk in a midnight choir/ I have tried in my way to be free./ Like a worm on a hook,/ Like a knight from some old fashioned book/ I have saved all my ribbons for thee./ If I, if I have been unkind,/ I hope that you can just let it go by./ If I, if I have been untrue/ I hope you know it was never to you.

 

Set list 29 septembre : First set

Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

Second Set

Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

Encore

So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

Encore 2: Famous Blue Raincoat/ Different Sides/Closing Time

Encore 3: I Tried to Leave You

Set list 30 septembre : First set

Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

Second Set

Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

Encore

So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

Encore 2: Famous Blue Raincoat/ If It Be Your Will (performed by the Webb sisters)/ Closing Time

Encore 3: I Tried to Leave You/ Save the Last Dance for Me (The Drifters cover)

Des milliardaires réfugiés

Rigolo : après des manifestations en Belgique contre les avantages fiscaux dont bénéficient au terme de la loi quelques milliardaires réfugiés, c’est demain le canton de Berne en Suisse qui va voter pour ou contre le maintien d’une fiscalité avantageuse pour les riches étrangers.

Tout ceci dans le cadre de l’affaire Arnault est une saine réaction des peuples concernés qui s’émeuvent légitimement que leurs parlements octroient des avantages fiscaux à des étrangers qu’ils refusent à leurs propres électeurs !

La politique des affaires

Borloo, ancien avocat de Tapie dans ses affaires houleuses, crée un énième parti politique centriste.

En parlant d’affaires, aviez-vous remarqué que les deux candidats au poste de chef du parti socialiste (PS) étaient tous deux repris de justice ? C’est finalement Désir qui l’a emporté contre Cambadélis mais tous deux avaient été condamnés par la justice en leurs temps pour des affaires financières. N’aurait-il pas été possible de choisir des candidats avec un casier judiciaire vierge ? Ces deux garçons sont sympathiques, l’un un peu moins trotskiste que l’autre, mais il suffit de shooter sur un des lampadaires de la rue de Solferino et il vous tombe au moins cinquante candidats au poste de chefaillon du PS, tous aussi sympathiques, qui n’ont pas eu maille à partir avec la justice et qui présentent des compétences comparables à celles de Désir pour faire le job. C’aurait été plus propre, mais cela n’a pas été.

Touchables…

Charb – Charlie Hebdo 19/09/2012

Charlie Hebdo publie cette semaine ses habituelles caricatures des religions avec quelques dessins consacré à Mahomet. Toute la beaufitude de circonstance s’exprime bien entendu sur le sujet : les religieux de tous ordres ont leur avis, les libertaires craignent la censure, les politiques, mi-chèvre mi-choux, cherchent le sens du vent. Tout ceci devrait être traité par l’indifférence, mais ne l’est pas, hélas !

Du coup est passé plus inaperçu l’éditorial de Charb sur la corrida qui mérite bien plus l’attention que cette agitation politico-religieuse.

Il s’agit d’ailleurs de sujets comparables, où comment des minorités agissantes arrivent à imposer des pratiques d’un autre âge à la République.

Sémantique budgétaire

La dérive sémantique budgétaire actuelle est étonnante. La plupart des journalistes et des économistes mondains accusent le dernier Traité budgétaire européen de pousser à l’austérité et à la rigueur alors qu’il ne s’agit que d’équilibrer progressivement les finances publiques c’est-à-dire dépenser moins que ce que l’on gagne (comme à la maison) et encore pas avant 5 ans et de plus avec le droit de revenir au déséquilibre en cas de récession. Sans doute un moyen d’aider les gens à mieux comprendre les phénomènes économiques serait d’employer des mots justes ?

Agitation religieuse

Un crétin tourne un film ridiculisant l’islam aux Etats-Unis, que personne n’a vu, et aussitôt les pays musulmans s’enflamment, attaquent des ambassades occidentales, brûlent leurs drapeaux. Manifestations, ripostes, contre-ripostes, on en est à une dizaine de morts dont un ambassadeur américain en Lybie .

Moins violent mais tout aussi déprimant, le déferlement de protestations des représentants juifs, musulmans et autres, accusant l’Allemagne d’empêcher le libre exercice de la religion sur son territoire après qu’une instance judiciaire allemande ait déclaré la circoncision passible de poursuites car considérée comme blessure.

Tout ceci est globalement risible, ponctuellement dramatique car il y a des morts. Comme le disait Fillon il y a quelques mois quand survint le psychodrame de l’abattage rituel et religieux :

Les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n’ont plus grand chose à voir avec l’état aujourd’hui de la science, l’état de la technologie, les problèmes de santé.

François Fillon

Il en va de même du sacré et du blasphème.

Donnez du développement économique et culturel aux peuples épris de religiosité et ils rejoindront les lumières. Tout ceci relève d’un autre âge et illustre un drame de la bêtise et de l’ignorance, une consternante défaite de la pensée !

On vit une époque formidable !

Avez-vous remarqué cette nouvelle mode des capteurs de mouvements qui déclenchent automatiquement l’allumage de lumières ou l’ouverture de portes. C’est un peu agaçant, comme si on était plus capable d’appuyer sur un bouton pour commander une porte ou une ampoule. Et puis il y a des circonstances où l’on ne souhaite pas particulièrement ouvrir cette porte ou allumer cette lumière.

Les toilettes de nos bureaux sont évidemment équipées de cette technique alors si l’affaire prend un peu plus de temps que prévu la lumière s’éteint avant terme. De ce fait les prostates vieillissantes ont tendance à arroser leurs chaussures à cause de ce système infantilisant.

C’est ainsi, nous vivons une époque moderne.

Nationalité fiscale

Riss – Charlie Hebdo 12/09/2012

La presse satyrique du mercredi fait son beurre sur la demande de nationalité belge présentée par Bernard Arnault. Il faut dire que l’impétrant a vraiment tendu la corde pour se faire battre. Le sujet est devenu national, la droite y voit les conséquences de la politique de gauche, la gauche y dénonce l’immoralité des capitalistes et Arnault s’en fout, publiant tout de même des communiqués embarrassés pour expliquer qu’il est et restera contribuable français.

L’équilibre impossible

Hollande présente son programme pour récupérer 30 milliards d’euros en 2013 par rapport à la tendance actuelle des finances publiques. Il va augmenter les impôts de 10 milliards sur les entreprises, 10 milliards sur les particuliers et ajouter 10 milliards d’économie sur les dépenses. Si l’on considère que la baisse des dépenses touchera à parts égales les entreprises et les particuliers, cela fait donc 15 milliards pour chaque catégorie.

Il n’est donc pas nécessaire de pousser des cris d’orfraie, c’est du classique. Les 15 milliards des électeurs seront sans doute générés par une hausse de la CSG quand la droite aurait augmenté la TVA, mais cela ne change pas fondamentalement les choses, il faut rééquilibrer dépenses et recettes, ou en tout cas ramener le déséquilibre à 3% du PIB en 2013.

Les journalistes savants

Mais comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Il suffisait de nommer au gouvernement un collectif des rédactions parisiennes pour résoudre les problèmes de la France. Tous ces beaux esprits pourraient enfin faire profiter leurs concitoyens de leur immense savoir et, non seulement délivrer leurs conseils, mais surtout les confronter à la vraie vie pour voir s’ils passent la rampe de la réalité au-delà des conciliabules de rédactions et des unes agressives et racoleuses !

On pourrait d’ailleurs commencer par supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes pour assurer leur « indépendance » ?

La France survivra à Bernard Arnault

Bernard Arnault, milliardaire français, qui a démarré son parcours gagnant avec le rachat du groupe textile Boussac en pleine déconfiture dans les années 80 et l’encaissement de subventions publiques pour le maintien de l’emploi, qui par ailleurs a immigré quelques années aux Etats-Unis en 1981 après l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, Arnault donc, aurait demandé sa naturalisation à l’Etat belge. Ce n’est pas grave, surtout ne vous inquiétez pas, s’il décidait de s’installer en Belgique la France arriverait à se passer de lui.

La presse se noie dans le caniveau

Une tuerie en Savoie fait la une des journaux : 4 morts, 1 gamine gravement blessée et une autre (4 ans) retrouvée au bout de 8 heures cachée sous les corps de ses parents. Les mots manquent pour qualifier telle sauvagerie.

La presse zappe allègrement du Hollande bashing à cette affaire morbide ; et d’inviter sur ses plateaux des pédopsychiatres médiatiques pour leur poser une des questions favorites du journaliste racoleur : « que ressent aujourd’hui cette petite fille ? »

On imagine aisément le traumatisme durable subi par la gamine sans avoir besoin d’épiloguer devant Madame Michu avec des psychiatres de comptoirs. 

La presse racoleuse

Les journalistes mondains confortablement installés dans leurs rédactions parisiennes (et leur niche fiscale) tancent le pouvoir avec des titres racoleurs pour les hebdomadaires de la semaine :

  • Le Point « On se réveille ? »
  • Le Nouvel Observateur « Sont-ils si nuls ? »
  • Marianne « Hollande secoue-toi, il y a le feu ! »
  • L’Express « Et si Sarkozy avait eu raison ? »

Tous ces beaux esprits ont évidemment des solutions miracles à proposer. Cela tombe bien, il y a juste 35 milliards d’euros de recettes/ baisse des dépenses à trouver pour 2013. Au cas où cela aurait échappé à la presse, la tâche est rude et, incroyable, le programme n’était pas encore tout à fait prêt pour la sortie des hebdomadaires cette semaine. De ce fait les Christophe Barbier et autres Franz-Olivier Giesbert tombent à bras raccourci sur Hollande et philosophent sur la forme du pouvoir et son calendrier, sans même avoir d’idée novatrice sur le fond.

La Lybie s’attaque à son passé

Le responsable des services secrets libyens sous Kadhafi, Abdallah Al Senoussi, a été extradé par la Mauritanie, où il était en fuite, vers la Libye où il devrait être jugé. C’est bien. Ce triste personnage semble avoir trempé, outre dans les excès du régime de la famille Kadhafi, dans tous les complots du terrorisme international de ces dernières décennies contre l’occident. Il n’est pas bien sûr que la justice libyenne ne soit armée pour organiser un tel procès, mais c’est déjà mieux que rien.

Cet homme a déjà été condamné à la prison à perpétuité par contumace par la France du fait de son implication dans l’attentat du DC10 d’UTA en 1989.

Il va donc rendre des comptes devant les siens, et même s’il doit mettre sur la table de coupables compromissions occidentales, y compris françaises, lorsque son maître Kadhafi a voulu se racheter une virginité, que la justice passe !

Vulgarité française

Un crétin, ex-ministre de l’éducation, qualifie son successeur de « pétainisme » car celui-ci veut rétablir des cours de morale à l’école. Mon Dieu que ces gens sont vulgaires, déplaisants et inutiles !