Amy Macdonald – 2012/11/27 – Paris le Trianon

Amy Macdonald est au Trianon pour présenter son dernier disque : Life In a Beautiful Light. Rien de bien neuf ni renversant depuis ses dernières apparitions. La même formation qu’au Zénith il y a deux ans et une inspiration qui à tendance à se ternir. Amy, toujours proprette et maquillée, ouvre ses grands yeux bleus sur un public adolescent, souvent accompagné de parents post-ado, venus écouter son folk électrifié.

Mais Amy c’est toujours cette voix puissante et portée par l’émotion, une voix sincère, celle d’une musicienne qui laisse parler son cœur et qui touche par cette vérité et cette proximité. Les mélodies restent bien calibrées ; une musique simple et juste, enluminée par des fioritures pas toujours nécessaires, qui font un peu nouveau riche de la production. On la préfère sur les mélodies simplement portées par ses guitares et sa voix, dans la formation initiale où elle nous avait surpris en 2008 lors de la sortie de This Is the Life ! D’ailleurs les bonus de Life In a Beautiful Light offrent des versions purement acoustiques de certaines chansons, qui sont souvent plus plaisantes que les originaux.

Qu’importe, Amy et son groupe déroulent ce soir leur set-list avec l’enthousiasme de leur belle jeunesse et la fureur de l’électricité de leurs instruments. Personne ne se plaint de cette bande de gamins émouvants qui sont sortis des bars de Glasgow pour jouer leur musique sur les scènes d’Europe. Ne soyons pas chiens, Amy Macdonald est toujours sur scène où elle rencontre un franc succès et draine un public pas encore découragé par sa panne d’inspiration, mais qu’il va falloir tout de même remotiver à court terme. Alors retour au folk d’origine ou nouveaux horizons, surprendre pour durer, mettre en valeur cette voix si remarquable et quitter la route un peu clinquante des deux derniers disques.

Setlist : 4th Of July/ Poison Prince/ L.A./ Spark/ The Game/ Mr. Rock & Roll/ Slow It Down/ Love Love/ Give It All Up/ This Pretty Face/ Higher And Higher (Jackie Wilson cover)/ Don’t Tell Me That It’s Over/ The Green And The Blue/ No Roots/ Pride/ Run/ This Is The Life/ Life In A Beautiful Light
Encore : The Furthest Star/ Barrowland Ballroom/ Let’s Start a Band

Les pieds nickelés de l’UMP

De plus en plus impayables nos deux pieds nickelés de l’UMP : ils se sont maintenant mis d’accord pour organiser un référendum auprès des militants afin de leur demander s’ils veulent réorganiser l’élection de leur président avec un nouveau vote.

Pendant ce temps Fillon-costume-étriqué crée son groupe à l’assemblée nationale et chacun ponctue ses phrases d’incantation à l’unité et le rassemblement.

Seule conclusion évidente, ne plus jamais voter pour une de ces deux ambitieux qui continuent à faire la preuve de leur incompétence et d’absence de sens de l’intérêt général.

Arno – 2012/11/26 – Paris le Café de la Danse

Arno au Café de la Danse ; Arno : une trogne, un clodo inspiré, un SDF relocalisé sous la tente du rock ; Arno est un belge d’Ostende, il est à Paris ce soir pour nous présenter son dernier disque : Future Vintage, produit par John Parish, compagnon de route de PJ. Harvey. Le concert est complet depuis longtemps, et d’ailleurs un Olympia est prévu en avril 2013 mais nous on le préfère dans l’intimité du Café de la Danse, comme s’il était dans notre salon !

Tignasse de cheveux blancs filasses, costume noir, bidon en avant, la voix rocailleuse, et l’assurance du vieux bluesman qui a usé son cuir sur la route et toutes les scènes des clubs de basse-fosse, douteuses et enfumées. Il est entouré ce soir d’un redoutable combo de musiciens : son alter-égo aux claviers (« celui-là je le connais depuis 40 ans et je n’ai jamais vu son zizi » nous dira-t-il lors des présentations), un longiligne et jeune guitariste barbu, bass et batterie. Le groupe pulse sous la baguette du chef, en vieux routiers du rock habitués aux facéties de leur leader.

Arno ne joue pas d’un instrument, il compose et chante, l’intendance suit, et c’est déjà magnifique. Il parle aussi, beaucoup, il n’arrête pas de nous raconter sa vie, dans ses chansons et entre les morceaux, avec un accent flamand à couper au couteau.

Arno c’est un Buddy Guy d’outre-Liévin : une gueule cassée, un cœur brisé, la voix d’outre-tombe qui dévide des insanités et des tendresses, Arno c’est la majesté du Mississipi traversant Ostende et réchauffant l’atmosphère comme le Gulf Stream dans la Mer du Nord. C’est l’énergie féconde d’un punk de 18 ans réincarnée d’un l’âme d’un vieux flamand qui a tant vécu dans le plat pays sous les nuages bas et gris d’un ciel toujours entre deux pluies. Mais cette énergie teintée de dérision, cet humour perclus de nostalgie fait toute la majesté du bonhomme qui nous emmène deux heures durant tout au bout de la furie de son verbe et de ses notes.
Il est déchaîné en scandant Putain d’putain/ C’est vachement bien/ Nous sommes quand même/ tous des européens. Il est bouleversant lorsqu’il évoque : Ma mère a quelque chose/ Quelque chose dangereuse/ Quelque chose d’une allumeuse/ Quelque chose d’une emmerdeuse/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère.

Arno, bien plus qu’un copain de beuverie, bien plus qu’un musicien de rencontre, Arno, un vrai pote inspiré, un poète éraillé comme un vieux faitout dans lequel a mijoté le vieux jus d’une vie d’artiste, finalement pas si mauvaise malgré les apparences !