Aimee Mann – 2013/01/26 – Paris le Bataclan


Nouveau disque, Charmer, nouvelle tournée, Aimee Mann fidèle à elle-même poursuit sa route folk à travers le Monde. Habillée d’un jean et blouson de cuir fin, chaussée d’une paire de lunette sous une avalanche de cheveux blonds, l’air malicieux, elle est accompagnée d’un groupe bigarré et costumé années 60 : bassiste-batteur, deux claviers dont l’un joue aussi de la guitare, tout ce petit monde démarre au quart de tour pour entourer Aimee qui ne se sépare par de sa guitare acoustique.

Musique légère, atmosphère détendue, parlotte entre les chansons, une intro complètement loupée qui se termine dans un grand éclat de rire ; la soirée est douce et plaisante. Les claviers sont réglés sur un son vintage qui se marie au mieux avec la voix d’Aimee, mélancolique et dynamique. Comme toujours ses textes plongent au cour de la comédie humaine, avec détachement et clairvoyance. Son dernier disque parle du père qui renonce (Gumby), de l’amoureuse qui n’arrive pas à se détacher (Labrador), du séducteur invétéré (Charmer), bref, de la vie qui passe avec ses douleurs et ses bassesses, notre vie. Sur Living a Lie elle fait revenir Ted Leo qui assurait la première partie pour un duo : I’m living a lie/ you’re living it too/ cause I live it with you/ I’m living a lie/ a lie I can’t tell/ so we wait for a crack in the shell.

Bohémienne sans répit d’un folk-rock inspiré cette américaine de Virginie dégage charme et classe. Musicienne subtile elle nous porte sur sa vague depuis les années 90, laissez-vous juste envahir par le plaisir !

Setlist: Disappeared/ Gumby/ Labrador/ You Could Make a Killing/ Lost in Space/ Living a Lie (with Ted Leo)/ Charmer/ That’s Just What You Are/ Ray/ Save Me/ Wise Up/ One (Harry Nilsson cover)/ Slip & Roll/ Soon Enough/ Goodbye Caroline/ It’s Not Safe
Encore: 4th of July/ Honesty Is No Excuse (Thin Lizzy cover) (with Ted Leo)
Encore 2: Video/ I’ve Had It (with Ted Leo)/ Deathly

Les touaregs à tous les râteliers

Les Touaregs-ex-mercenaires-de-Kadhafi, de nationalité malienne, en rébellion contre le pouvoir noir de Bamako depuis des décennies, qui se sont alliés avec des barbus de rencontre pour réclamer l’indépendance de leur désert au nord du Mali, une partie de ces ex-mercenaires donc, retourne sa veste et propose maintenant de s’allier aux forces françaises pour lutter contre les barbus, en attendant leur indépendance ?

Des règlements de comptes sont déjà en œuvre dans le pays entre Touaregs et populations noires, dont certaines sont installées au nord du Mali depuis des siècles (les Sonraïs [ou Songhais] par exemple). Les hommes politiques français qui cherchent à développer un discours lisse pour Madame Michu afin de justifier la guerre ne parlent que de « terroristes » passant sous le tapis toutes les complexités de cette région, la presse se consacre à Florence Cassez et n’a pas le temps de s’informer sur le Mali. Un bon moyen d’y comprendre quelque chose est la lecture du rapport de la cour pénale internationale (CPI) sur le Mali signé en janvier 2013.

Sujet suivant !

Pôôôôvre Florence Cassez, elle n’a vraiment pas mérité ça : Fabius l’accueille à l’aéroport après sa libération des prisons mexicaines ! Et en plus il la tutoie devant les caméras. Pauvre Florence.

Sinon elle commence à nous les briser légèrement menues la Florence, on ne voit qu’elle et on n’entend qu’elle depuis 48 heures. Bon, elle sera sûrement mieux en France avec les siens que dans les geôles du Mexique. On peut craindre qu’elle n’ait été victime d’une erreur judiciaire mais on ne peut pas complètement exclure qu’elle ne soit coupable, au mieux d’avoir traîné avec des gangs plus que louches. Donc, bienvenue Florence et passons au sujet suivant.

Elections en Israël

Ah, la droite conservatrice israélienne finalement n’emporte qu’une mince majorité aux élections législatives, obligeant les extrémistes à composer avec des centristes. Serait-ce une lueur d’espoir pour un peu moins de colonisation des territoires occupés, un peu plus de dialogue entre israéliens et palestiniens et, à terme, une ambiance plus apaisée dans ce Proche-Orient à feu et à sang ? C’est hélas peu probable et cette région sauvage va sans doute encore continuer à perturber durablement le reste de la planète.

L’armée algérienne et la presse française

Les forces algériennes ont réduits les barbus preneurs d’otages dans le complexe gazier saharien. Il y a quelques dizaines de morts, otages et agresseurs. Ce fut violent et sanglant. Cela ne réussit pas à tous les coups. La France serait mal placée pour se plaindre après l’essai avorté de libération d’un otage en Somalie au début du mois, ou la mort des deux gamins au Niger il y a quelques mois, tués lors d’une autre tentative de libération.

Les journalistes se plaignent du manque d’information dont ils bénéficient de la part des autorités algériennes. Mais comment ! N’est-il pas incroyable que le ministre de la défense d’Alger n’ait pas une ligne directe avec BFM et Itélé ?

Coup de force égocentrique au MEDEF

La Parisot, cheftaine du syndicat patronal MEDEF, serait en train de réfléchir à faire modifier les statuts de son syndicat pour pouvoir faire un troisième mandat, interdit par ses statuts pour le moment. On se croirait dans une République bananière ! Que des gens aient un égo disproportionné et se croient indispensables et irremplaçables, on peut le déplorer mais c’est un fait, hélas. Le plus fascinant dans une affaire comme celle du MEDEF serait que la Parisot trouve suffisamment de membres pour approuver cette modification statutaire et valider son coup de force égocentrique !

Attaque islamiste en Algérie

L’armée algérienne a pris d’assaut la base occupée par des barbus, il y a des morts. Bon, ils n’ont pas l’habitude de faire dans la dentelle. L’Algérie donne assez peu d’informations sur l’opération, n’en a d’ailleurs pas beaucoup de disponibles, alors les journalistes se citent les uns les autres pour occuper l’espace médiatique. France 2 cite « selon ABC News… » qui cite « selon Reuters… » qui cite « selon un correspondant local… » Les autorités algériennes ne communiquent pas tant que les affaires ne sont pas terminées et il n’est pas sûr qu’elles le fassent après. Les journalistes brodent car il ne serait pas concevable qu’ils n’aient pas un avis ou une exclusivité sur ce sujet. On n’est jamais si bien servi que par soi-même pour créer du buzz et puis s’il y a une chose que n’aime pas un plumitif c’est de dire « je ne sais pas. »

Le régime syrien s’offre le luxe d’approuver l’intervention française au Mali qui lutterait contre une « cause commune », celle du terrorisme. C’est de bonne guerre, si l’on peut dire. La famille Assad et ses affidés se font plaisir mais ça n’a guère d’importance, cela agace les diplomates mais ne trompe personne. La presse a d’ailleurs fait peu de cas de cette saillie.

Représailles islamistes en Algérie

Les représailles islamistes ont démarré avec l’attaque d’un site pétrolier-gazier en Algérie et des dizaines d’otages. Ce n’est sans doute pas fini.

Au Mali les barbus se dispersent dans la nature et la population civile, l’armée française monte vers un front inexistant et attend l’arrivée de la force inter-africaine.

Petites incivilités ordinaires

La joyeuse bande de Z’yva-casquettes-à-l’envers qui habituellement fume des clopes et boit des bières dans le square devant chez moi, ces Z’yva donc, ont froid. De ce fait ils squattent gentiment l’entrée de mon garage et, sans doute pour me rassurer, me donnent des grands « Bonsoir » dans leurs vapeurs de shit lorsque je rentre. Du coup ils laissent leurs cartons de pizzas et cannettes diverses en repartant.

Les cartons de pizzas dans le square au printemps, à 2 mètres de la poubelle publique, « Yo Man ! » 
Les cannettes sur la place en face, à 4 mètres de la poubelle publique

777 formulaires administratifs

Je cherche un imprimé administratif à remplir : sur le site Mon Service Public il y a… 777 formulaires disponibles qui vont de la « Fiche de déclaration de captures d’anguilles » à la « Déclaration d’enrichissement des vins » en passant par la « Demande de titre de prisonnier du ‘Viêt-Minh’ » ou la « Demande d’attribution du titre d’évadé ». On se demande si 777 formulaires ce n’est tout de même pas un peu trop de bureaucratie.

La presse adore les conflits

La presse télévisuelle a sorti ses petits logos « guerre au… », au Mali en l’occurrence, rameuté ses consultants militaires et recycle ses questions idiotes et commentaires vides. Celui du jour est que l’Algérie et la Mauritanie ont « fermé » leurs frontières avec le Mali marquant ainsi leur solidarité avec la France. Bon, je ne sais pas si ces journalistes de plateaux ont une idée de ce que sont les frontières Sud de l’Algérie et de la Mauritanie, manifestement non, sinon ils sauraient que les « fermer » ne veut juste rien dire. Ce sont des milliers de kilomètres en plein désert sans une âme qui vive sauf autour des rares pistes nord-sud qui relient ces pays. Ils s’imaginent quoi ces plumitifs, que les gardes-frontière ont baissé leur barrière coupant ainsi la circulation ?

Référendum et mariage homosexuel

Rigolo : les élus de droite anti-mariage homosexuel s’égosillent pour réclamer un référendum après une manifestation de rue ; les mêmes qui contestaient à la gauche ce principe du référendum suite aux manifestations de rue anti-réforme de la retraite. Au-delà de ces atermoiements politicards finalement assez courants chez les élus franchouillards jamais en retard d’une compromission, l’article 11 de la constitution stipule que :

Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.
Lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d’un débat.
Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an.
Les conditions de sa présentation et celles dans lesquelles le Conseil constitutionnel contrôle le respect des dispositions de l’alinéa précédent sont déterminées par une loi organique.
Si la proposition de loi n’a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum.
Lorsque la proposition de loi n’est pas adoptée par le peuple français, aucune nouvelle proposition de référendum portant sur le même sujet ne peut être présentée avant l’expiration d’un délai de deux ans suivant la date du scrutin.
Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet ou de la proposition de loi, le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation.

Le code de la famille ne semble pas relever du domaine d’application du référendum. Et encore le serait-il qu’il conviendrait pour forcer l’organisation d’une telle consultation de lancer une initiative d’un cinquième des membres du parlement (cela devrait se trouver) soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales (plus compliqué car cela doit faire au bas mot 2 ou 3 millions de personnes). Donc l’hypothèse du referendum semble avoir du plomb dans l’aile.

La France en guerre au Mali contre la violence islamisme

L’intervention armée française monte en puissance, hélas. Décision politique courageuse d’aller se colleter contre des barbus en plein désert, mais résultat très incertain. La France met son nez dans une guerre civile où la très grande majorité des combattants sont maliens : les Touaregs-ex-mercenaires-de-Kadhafi, en rébellion contre le pouvoir noir de Bamako depuis des décennies, ont vendu leurs âmes à des islamistes de rencontre, là encore maliens pour le plus grand nombre. L’armée malienne qui s’était déjà rendue célèbre en déclarant la guerre au Burkina-Faso en 1985 pour une bande de brousse stérile, guerre terminée en quelques jours après avec deux ou trois dizaines de morts, a une forte tradition de soutien aux dictateurs (Moussa Traoré durant des décennies) et de coups d’Etat successifs dès qu’un pouvoir civil est élu. On ne peut pas dire que ces galonnés soient un gage de républicanisme.

La communauté internationale occidentale soutient allègrement Paris et les pays africains annoncent l’accélération de la mise en place d’une force multinationale avec le Nigeria, le Bénin, le Niger et d’autres. Bon, c’est sympathique en diable mais on peut craindre que cette aide militaire africaine ne soit d’une efficacité limitée, et que cette belle unanimité ne se brise assez rapidement sous l’arbre à palabres de la brousse.

L’armée française intervient au Mali pour arrêter les colonnes de barbus (islamistes) et d’enturbannés (Touaregs, ex-mercenaires de Kadhafi) qui se sont mis en tête d’investir le pays entier pour y instaurer régime islamique et charia avec tout le tra-la-la de comportements religieux d’un autre âge. Ils affrontent sans trop de difficultés une armée malienne de dépenaillés en déroute.

Pauvre Mali qui n’a pas mérité tout ceci. Enfin, tout de même un petit peu quand même car l’allumette qui a allumé l’incendie du passage à l’attaque des enturbannés et des barbus, a quand même été le coup d’Etat mené par le dépenaillé capitaine Sanogo.

Le président par interim promet sur les écrans nationaux une réplique massive et foudroyante… Bon, gageons que les dépenaillés vont reprendre un peu de peps avec l’aide des légionnaires et matériels tricolores, mais ce n’est pas gagné.

Les forbans de la banque

Des banques américaines parmi les plus grosses de la planète acceptent de verser des pénalités qui se chiffrent en milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites engagées contre leurs agissements dans l’après-crise des subprimes. Elles avaient saisi à tour de bras les biens immobiliers de leurs emprunteurs impécunieux en dehors de tout processus légal. Ces fonds doivent être utilisés pour indemniser les anciens propriétaires-emprunteurs spoliés par ces méthodes de flibustiers des Caraïbes. On a beau être aux Etats-Unis d’Amérique, la Mecque du capitalisme débridé, il y a quand même quelques limites à ne pas dépasser. Il eut été pas mal de s’en apercevoir avant les saisies, mais mieux vaut tard que jamais.

De plus, Banque of America a elle été condamnée à indemniser à hauteur de 10,35 milliards de dollars l’organisme public américain (eh oui, il y a des organismes publics aux USA) de crédit hypothécaire pour lui avoir fourgué pendant des années des titres de dette en en cachant sciemment le risque attaché.

On continue aujourd’hui encore, quatre ans après l’explosion de la plus grave crise financière de tous les temps, de mettre à jour les méthodes des forbans de la finance qui dépassent tout ce qu’un homme raisonnable pouvait imaginer en termes de roueries, de malhonnêteté et de rapacité. Et on n’a sans doute pas fini…

Depardieu s’évade

Finalement, Depardieu, bon acteur surpayé du cinéma français, récupère un passeport russe pour s’installer en Belgique et fuir une tranche marginale d’imposition de 75% qui a été rejetée par le conseil constitutionnel et ne sera donc pas appliquée. Une vraie comédie de boulevard, on s’attend à voir l’inspecteur du fisc sortir du placard de la chambre à coucher… et on s’y perd un peu.

Un rejeton à hauteur des exploits de sa famille

Et pendant tout ce temps le rejeton de la féroce dynastie El Assad continue son sanglant travail de sape pour se maintenir encore un peu plus longtemps au pouvoir et sauver sa tête et celles des siens, rendant chaque jour un peu plus impossible une solution pacifique à cette folie de pouvoir et d’ambition. Il laissera un pays ruiné, en pleine guerre civile, avec un bilan qui dépasserait déjà les 50 000 morts. Il devrait mourir au combat ou en fuyant, mais s’il tombe aux mains de ses ennemis intérieurs, il risque de rencontrer une fin qui ne sera pas très agréable.