Dead Can Dance – 2013/06/30 – Paris le Zénith

Dead Can Dance revient avec un nouveau disque Anastasis (résurrection en grec… et dont la couverture est illustrée d’un champ d’opium en noir et blanc) et une tournée mondiale passant par Paris ce soir. Ce groupe australo-britannique a fait le bonheur de la cold music des années 1980/90’s avec l’association improbable de deux chanteurs classiques (Brendan Perry baryton et Lisa Gerrard contralto) avec l’électricité de la pop. Ils sont accompagnés sur scène de deux claviéristes et deux percussionnistes.

Elle est habillée comme une reine médiévale, il est vêtu d’un costume sombre, crâne lisse et barbichette blanche. Ils jouent parfois d’une espèce de petite harpe horizontale frappée avec des baguettes produisant des sons pizzicato métalliques

A la fois un peu datée mais aussi hors du temps, cette musique étrange et sombre mêle toutes sortes d’influences orientales et intergalactiques, avec celles de Klaus Schulze et Tangerine Dream. Le résultat est un empilement de nappes de sons sur lesquelles voguent sans fin les voix tristes et magnifiques de ce duo de chanteurs.

Rien ne se passe durant ces concerts, sinon la diffusion d’une atmosphère de méditation et de trouble intérieur, de la beauté et de la pureté qui permettent de marquer une pause dans notre Monde à la dérive : Sometimes/ I fell like I wanna leave/ Behind all these memories/ And walk through that door/ Outside/ The black night calls my name/ But all roads look the same/ They lead nowhere… [Opium].

Dead Can Dance encore appelé « DCD », à la sinistre consonance française, a charmé ce soir une assemblée de fans déjà conquises venus communier à cette grande messe de la Résurrection.

Setlist: Children of the Sun/ Agape/ Rakim/ Kiko/ Amnesia/ Sanvean/ Black Sun/ Nierika/ Opium/ The Host of Seraphim/ Ime Prezakias/ Cantara/ All in Good Time/ The Ubiquitous Mr. Lovegrove/ Dreams Made Flesh/ Song to the Siren 
(This Mortal Coil cover)/ Return of the She-King

Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2013/06/29 – Paris le Stade de France


Nous avons aimé Bruce Springsteen & the E-Sreet band à Bercy l’an dernier ; nous l’avons adoré ce soir au Stade de France !

La joyeuse bande de musiciens américains est la même mais il y a ce soir 80 000 spectateurs alors pour les faire patienter le Boss viendra leur jouer un pré-show acoustique de trois morceaux vers 18h histoire que tout le monde se mette en place dans la joie et la bonne humeur.

Cette fois-ci le concert démarre avec le tonitruant Badlands et le même frisson parcourt l’assemblée… et c’est parti.

3 heures ¼ plus tard le groupe a joué 30 morceaux, dont la reprise intégrale de l’album Born in the USA, le Boss a animé la scène comme jamais, fait monter une fan pour danser avec lui sur Dancing in the Dark, donné une guitare à une autre fan qui grattera les cordes en rythme sur un final bruyant, pris une gamine sur ses épaules et chanté avec elle sur Waitin’ on a Sunny Day, accepté sur scène un fan qui voulait danser avec la violoniste le temps d’une chanson, bien sûr improvisé des morceaux à la demande du public, chanté-joué-transpiré comme si sa vie en dépendait, rendu hommage à Clarence et Danny, enchanté le stade par sa vision d’une Amérique populaire plutôt peu connue de ce coté de l’Atlantique et finalement si proche de nous, déployé une gentillesse et une proximité hors normes pour un artiste de cette trempe, salué un à un ses musiciens à la fin du premier rappel pour nous en offrir un second, en solo à la guitare acoustique avec le bouleversant Thunder Road.

Bruce Springsteen : une légende, toujours !

Set list: 1. Badlands/ 2. Out in the Street/ 3. Lucille (Little Richard cover) (Sign request, tour premiere)/4. Wrecking Ball/ 5.Death to My Hometown/6. Cadillac Ranch (Sign request)/7. Spirit in the Night/
Born in the U.S.A./ 8. Born in the U.S.A./ 9. Cover Me/ 10. Darlington County/ 11. Working on the Highway/ 12. Downbound Train/ 13. I’m on Fire/ 14. No Surrender/ 15. Bobby Jean/ 16. I’m Goin’ Down/ 17. Glory Days/ 18. Dancing in the Dark/ 19. My Hometown/ 20. Pay Me My Money Down (The Weavers cover)/ 21. Shackled and Drawn/ 22. Waitin’ on a Sunny Day/ 23. The Rising/ 24. Land of Hope and Dreams
Encore: 25. We Are Alive/ 26. Born to Run (with Elliott Murphy)/ 27. Ramrod/ 28. Tenth Avenue Freeze-Out/ 29. American Land
Encore 2: 30. Thunder Road (Solo acoustic)

Pre show: This Hard Land/ Burning Love (Arthur Alexander cover) (Sign Request)/ Growin’ Up

DSK l’expert

Pernicieux : DSK est invité en tant « qu’expert économique » au Sénat pour plancher devant une commission, de droite, sur les banques. L’expertise du bonhomme n’est sûrement pas inoubliable, vous shootez sur un des arbres du jardin de l’université Dauphine et il vous tombe immédiatement 10 professeurs largement aussi experts que DSK mais tellement moins croustillants à inviter par des parlementaires de droite pour faire la nique à leurs collègues de gauche.

Les traders-fraudeurs à l’œuvre

Nos amis les marchés continuent à se mettre en valeur : après les manipulations de taux de référence Libor et Euribor, voici maintenant que l’agence Bloomberg, pourtant assez peu connue pour ses idées bolchéviques, révèle que des soupçons pèsent sur les forbans de la finance qui auraient manipulé les taux de change de référence fournis par une autre agence, Reuters. Là ils s’attaqueraient au plus vaste marché de la planète et sans doute celui sur lequel il sera le plus difficile de démontrer formellement des manipulations tant les volumes traités chaque jour sont gigantesques et éclatés sur les marchés du monde entier.

La question de fonds relève de la construction même de ces marchés : les traders par définition sont des commerçants qui sont recrutés et payés pour spéculer, on ne peut donc guère leur reprocher de le faire puisque c’est le point numéro 1 de leur description de poste. Le problème de ces flibustiers est qu’ils ne courent aucun risque personnel puisqu’ils jouent au casino avec l’argent de leurs employeurs, en l’occurrence, le plus souvent, celui des dépôts des banques qui les surpayent. Comme ils touchent des revenus absolument hors de proportion avec les risques pris, en contradiction totale avec l’une des règles majeures du capitalisme qui veut que rémunérations soit proportionnelle au risque, leur neurones plutôt bien huilés et formés disjonctent régulièrement et leur fait privilégier l’ampleur de leurs gains personnels audétriment des règles, des lois et de la décence.

 Voyons ce que donnera cette nouvelle enquête des autorités britanniques sur une éventuelle manipulation des taux de change.

La vallée de Chateaubriand

MAISON DE CHATEAUBRIAND

Déambulations dans la maison et le parc de Chateaubriand, c’est à Chatenay-Malabry, la Vallée aux Loups, un endroit un peu hors du temps que l‘écrivain a acquis au début du XIXème siècle et revendu une vingtaine d’années plus tard lors de ses ruptures diverses avec Napoléon et les pouvoirs en place. Dans ce grand parc on voit les arbres plantés par Chateaubriand et l’on sent l’âme du romantique qui volète au milieu des petits oiseaux dans un océan de verdure.

Le rez-de-chaussée est une succession de pièces de vie arrangées en mobilier empire, aux murs entoilés de parures qui nous paraissent aujourd’hui désuètes. Le premier étage est consacré à une exposition du trésor du Saint Sépulcre, référence au voyage en Orient de l’écrivain. En méditation devant des toiles du XVIIème siècle ramenées de Jérusalem pour le temps de cette expositions, on entend deux gamines réfléchir à haute voix sur comment elles pourraient organiser une teuf dans cet environnement. Hum, hum…, ces deux miss n’ont sans doute pas encore lu les Mémoires d’Outre-Tombe.

Laisser partir la Corse vers son destin

L’Assemblée de Corse a voté le 17 mai un texte instaurant la coofficialité de la langue corse et du français. Il est évidemment contraire à la constitution de la République et devrait donc être déclaré inconstitutionnel. Mais il suffit d’amender cette constitution lors d’une prochaine révision pour aller encore plus loin dans la corsification de cette ile qui n’arrive pas à s’intégrer dans la République. Tout ce qui va dans le sens d’une autonomie renforcée, et à terme d’une indépendance de ce territoire, est bon pour les deux parties. Il faut maintenant franchir le pas, c’est la volonté de cette assemblée librement et démocratiquement élue par le peuple corse. Continuer à vouloir forcer le destin et maintenir cette île dans la communauté française est une illusion, confirmée par des décennies de violence politique et mafieuse, mais surtout de résultats électoraux probants. Il faut que la Corse s’inspire de la voie suivie actuellement par la Nouvelle-Calédonie, c’est-à-dire celle d’une indépendance sur le long terme, librement consentie et acceptée par les parties.

Un élu du parti de la Boutin, Hugues Foucault, commet un tweet libidineux en voyant la ministre des droits des femmes mâchonner son stylo à l’assemblée nationale :

Il retire son tweet au bout de quelques heures et présente ses excuses.

La Morano continue elle aussi à diffuser ses vulgarités avec la même constante idiotie :

Ces tweets crétins posent le problème de l’emploi du temps de nos élus : les heures qu’ils passent à pianoter sur leurs téléphone sont évidemment du temps qu’ils prélèvent sur leur temps du travail pour lequel ils sont payés par les contribuables.


Le fouteballe et l’argent public

Saine réaction : des manifestations importantes se déroulent au Brésil contre « la vie chère ». Jusqu’ici rien de bien neuf, surtout dans un pays émergent dont le développement flamboyant de ces dernières années a aussi aggravé les inégalités, développement qui marque un peu le pas d’ailleurs ces derniers mois. Plus nouveau, certains se demandent si les coûts générés par la mise à niveau des infrastructures pour préparer la coupe du monde de fouteballe ne seraient pas à l’origine de l’augmentation d’un certain nombre de prix dans les services publics contestés par les manifestants…

Eh oui, les dépenses liés à l’organisation de ces compétitions mondiales ou olympiques sont indécentes, improductives, ciblées (donc inéquitables), non durables et, de ce fait, inopportunes, au Brésil comme en Occident. Les quelques infrastructures qui peuvent ensuite resservir à l’ensemble de la population, très minoritaires, pourraient très bien être financées hors manifestations sportives. Accessoirement les jeux olympiques d’Athènes ont marqué le début de l’effondrement de la Grèce.

Depeche Mode – 2013/06/15 – Paris le Stade de France

Depeche Mode au Stade de France, un boulot bien fait pour un concert sans surprise. Les trois compères viennent de sortir leur dernier disque : Delta Machine. Sur scène ils sont renforcés par le duo habituel claviériste et batteur. La scène est gigantesque et dépouillée, les images projetées sur les vastes écrans frappent et font apparaître les musiciens tels de petits nains qui commandent la Machine Delta telle la sixième flotte US dans l’océan.

Cette bande se connaît sur le bout des doigts depuis des années, Just Can’t Get Enough date de 1981… Archétype de la musique new wave des années 1980/90 ils ont survécu à tout et continuent de diffuser leur pop synthétique et glaçante avec un bonheur plus ou moins égal. Ils sont quasiment les seuls à avoir traversé ces décennies sans vraiment changer d’inspiration.

Tout est réglé au millimètre sur scène, jusqu’au déshabillé de Dave au bout du troisième morceau, qui tombe la veste pour laisser apparaître ses muscles tatoués sous son éternel gilet. Le garçon tient la route malgré certaines années d’excès et anime l’ensemble avec talent. Il a tenté une incursion solo il y a quelques années avec deux disques pas inoubliables (Paper Monsters et Hourglass) mais c’est au cœur de Depeche Mode qu’il est le meilleur. Sa voix profonde n’est jamais mieux portée que par les sombres harmonies de Martin Gore, la tête pensante du trio. Dave réussit de loin en loin à caser quelques compositions dans les disques du groupe mais elles sont rarement aussi réussies que celles de Martin.

Ces deux-là semblent faits pour créer ensemble et quand chacun s’essaye à la spécialité de l’autre le résultat n’est pas bouleversant. Les shows réservent toujours une ou deux pauses où Martin vient chanter sur le devant de la scène (un peu comme l’instant Keith Richard au milieu des concerts des Rolling Stones), ce soir ce sera pour une belle reprise de Higher Love.

Delta Machine n’est pas encore très connu des fans et d’un abord un peu complexe, alors le retour sur les classiques déclenche l’enthousiasme. Trente ans plus tard Depeche Mode continue à faire danser les stades avec la même ferveur sur A Question of Time, Black Celebration et autres comètes tubesques de la galaxie synthpop.

Performance sympathique, voix définitivement marquante de Dave sur une musique oh combien efficace ; c’est le cocktail gagnant des Depeche Mode depuis tout ce temps, de quoi passer une excellente soirée du mois de juin à Paris.

Setlist : Intro/ Welcome to My World/ Angel/ Walking in My Shoes/ Precious/ Black Celebration/ Policy of Truth/ Should Be Higher/ Barrel of a Gun/ Higher Love (Sung by Martin)/ Judas (Acoustic)/ Heaven/ Soothe My Soul/ A Pain That I’m Used To (‘Jacques Lu Cont’s Remix’ version)/ A Question of Time/ Secret to the End/ Enjoy the Silence/ Personal Jesus/ Goodbye

Encore : Home (Acoustic)/ Halo (‘Goldfrapp Remix’ version)/ Just Can’t Get Enough/ I Feel You/ Never Let Me Down Again

Une bande de flibustiers

La bande organisée accusée d’escroquerie dans l’affaire de l’arbitrage privé rendu en faveur de Tapie-l’affairiste au détriment des contribuables, la bande organisée donc, est dévoilée progressivement. Après l’un des juges arbitre mis en examen, voici l’ex-patron de l’entité publique portant les créances compromises du Crédit Lyonnais et l’ex-directeur de cabinet du ministre des finances Lagarde à leur tour mise en examen pour escroquerie en bande organisée.

La ministre Lagarde, relevant elle de la cour de justice de la République en tant qu’ancienne ministre, a été placée sous statut de témoin assisté dans une enquête ouverte pour « complicité de faux et complicité de détournement de fonds publics ». Excusez du peu ! Mais c’est moins infâmant que mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

Le prochain de la bande à être entendu sera Claude Guéant, cela promet ! Pour le moment il se débat dans une sombre histoire de primes touchées en liquide lorsqu’il étaitdirecteur de cabinet du ministre de l’intérieur et dont une partie au moins expliquerait selon lui des factures d’électro-ménager payées en liquide pour 20 à 25 000 euros, et retrouvées par hasard dans ses dossiers lors d’une perquisition judiciaire dans le cadre de l’affaire Tapie précitée…

Comme un oignon figé dans la sauce du gigot

Risible : toutes les discussions sur la simplification de l’organisation des collectivités locales, ou même leur simple modification, échouent sur des batailles rangées d’élus accrochés à leurs privilèges, figés dans leurs positions, et tous déploient des trésors inégalés de mauvaise foi, des sommets himalayens de langue de bois, pour justifier le surtout ne rien changer.

Le référendum récent en Alsace proposant aux électeurs de fusionner le conseil régional et les conseils régionaux a été rejeté par les citoyens, embobinés par leurs élus.

Beaucoup de gens raisonnables, de droite comme de gauche, conviennent que des dépenses inutiles significatives pourraient être économisées en restructurant les collectivités locales. Parlement et citoyens s’y refusent, illustrant si tristement l’immobilisme du pays, comme un oignon figé dans la sauce du gigot au sortir du réfrigérateur.

Il est difficile de passer outre, sauf à faire un coup d’Etat ou mettre en branle la VIème République, c’est le projet des Verts et de la Mélanche.

La République fraude le fisc

Un rapport du ministère de l’intérieur confirme les propos de Claude Guéant, à savoir que celui-ci touchait des primes en liquide lorsqu’il était directeur de cabinet du ministre de l’intérieur. L’intéressé avait expliqué à la télévision que ces primes en liquide, non fiscalisées, expliquaient ses dépenses personnelles « d’électroménager » qui avaient été réglées en liquide comme l’avait révélé une perquisition judiciaire réalisée chez l’impétrant à l’occasion de l’affaire Tapie.

La justice, à son tour saisie de cette nouvelle affaire de valises de billets, dira si le droit de la République a été bafoué par ses serviteurs ou pas.

Le plus fascinant dans cette histoire est que tout le monde reconnaît que des cabinets ministériels encaissaient des salaires en liquide dans les années 2000 alors que cette pratique était en principe abolie, et la bouche en cœur ajoute que ces sommes n’étaient pas soumises à l’impôt !

DSK parade avec sa nouvelle copine

On a finalement assez peu parlé de l’un des évènements que l’histoire retiendra certainement comme un monument de vulgarité politique et de futilité mondaine : la montée des marches du festival par un DSK (64 ans) engoncé dans son smoking au bras d’une nouvelle copine, 20 ans plus jeune que lui. Et les voilà qui remettent ça à Roland-Garros, autre haut lieu où se montrent les gens qui n’ont rien à faire.

Une personnalité controversée, impliquée dans nombre de scandales sexuels, qui a défailli dans les responsabilités qui lui ont été confiées, qui s’affiche sans vergogne dans les évènements les plus clinquants de la jetset franchoullarde, attirée par lesprojecteurs comme de la ferraille par un aimant, illustre de la façon la plus pathétique la perte de tout sens des responsabilité, de toute décence, d’une partie de notre classe politique.

Neil Young & Crazy Horses – 2013/06/06 – Paris Bercy

Neil Young & Crazy Horses à Bercy ce soir : un fantastique concert pour un musicien d’exception ! La foule des grands soirs est venue en procession pour se délecter de la musique et des textes intemporels de cet artiste de légende.

La scène est décorée avec de gigantesques amplis Fender factices de cinq à six mètres de haut. D’étranges roadies barbichus s’agitent en blouses blanches et s’exclament autour de ces monuments en toc quand retentit la Marseillaise qui accompagne l’entrée des quatre musiciens, Neil tout de noir vêtu, chapeau y compris, ses acolytes en jeans et T-shirts blancs (à l’effigie d’Hendrix pour le guitariste Franck Sampedro). Les cheveux sont blancs également, tout ce petit monde tourne autour des 65 ans mais s’accroche aux manches. Ce soir il s’agit de Neil Young & Crazy Horses, mais il s’agit aussi et surtout de guitares.

Pour le chroniqueur qui avait laissé Neil Young en 1972 à l’époque folkeuse de Harvest (Old man, look at my life/ I’m a lot like you were/ Live alone in a paradise/ That’s make me think of two…) la surprise est explosive quand il découvre halluciné un vrai groupe de rock brut, à l’inspiration grunge, jouant des morceaux de plus de quinze minutes dans un déluge de sons saturés, agrémenté de larsen stridents et d’effets des plus bizarres pour ajouter à la fusion sonore qui envahit Bercy.

Neil Young déroule sa poésie de sa petite voix aigüe et nasillarde si caractéristique, sur cette musique psychédélique. Son dernier disque s’appelle d’ailleurs Psychadelic Pill, ce n’est rien que de le dire. Ce concert vaut à lui seul toutes les pilules de la terre. Le groupe assène son rock avec enthousiasme à une audience multi-générations aux anges.

Un petit intermède folkeux sous le signe de l’oiseau de Woodstock projeté en fond de scène avec Neil seul à la guitare et harmonica pour Heart of Gold et Blowin’ in the Wind  de Dylan et la cavalcade reprend dans un déchaînement de guitares endiablées, agrémenté de solos magistraux pour nous amener sur les riffs saturés de Hey Hey, My My, chanson phare du groupe reprise en chœur par l’assistance éperdue d’admiration et d’affection pour son héros : My my, hey hey/ Rock and roll is here to stay/ It’s better to burn out/ Than to fade away/  My my, hey hey.

Avec de tels monstres sacré, effectivement le Rock & Roll n’est pas près de mourir, Dieu merci.

Set list : Love and Only Love/ Powderfinger/ Psychedelic Pill/ Walk Like a Giant/ Hole in the Sky (Unreleased song)/ Heart of Gold (Solo acoustic)/ Blowin’ in the Wind (Bob Dylan cover, Solo acoustic)/ Singer Without a Song (Unreleased song)/ Ramada Inn/ Cinnamon Girl/ Fuckin’ Up/ Mr. Soul (Buffalo Springfield song)/ Hey Hey, My My (Into the Black)

Encore : Rockin’ in the Free World

Le Joli Mai de Chris Marker

Un très joli documentaire sorti en 1962, remastérisé et présenté cette année au clinquant festival de Cannes. Tourné à Paris en mai 1962, il montre une ville sortant de la guerre d’Algérie qui ne semble d’ailleurs pas avoir fondamentalement traumatisé les populations, on y écoute des parisiens interviewés sur ce qu’ils sont et ce qu’ils pensent : descommerçants, des amoureux, des immigrés, des passants… C’est une autre époque, plus optimiste et moins complexe, bien rendue dans ce film léger et charmant.�

Un clinquant qui manque de moyens

Rigolo : Afflelou, vendeur de lunettes, propriétaire d’un jet privé qu’il loue à l’occasion, se retrouve embarqué dans une affaire de trafic de cocaïne. Le dernier client qui a loué son avion il y a deux mois, s’en est servi pour essayer de faire transporter plusieurs centaines de kilo de drogue depuis la République Dominicaine vers la France. Hélas pour eux, ce petit monde, y compris l’équipage dont on ne sait pas bien s’il est salarié d’Afflelou ou pas, s’est fait arrêter à Saint-Domingue et croupi depuis en taule sous les tropiques.

Afflelou, qui jure ses grands dieux qu’il n’est pas mêlé à ce trafic, pourra méditer sur les joies et servitudes d’afficher dans son patrimoine des véhicules de luxe. Le mieux serait que : soit il a les moyens d’entretenir un Falcon 50 et il le garde sur le parking en attendant qu’il l’utilise, soit cela lui coûte trop cher et il prend des avions de ligne comme tout le monde, cela lui évitera de futures déconvenues.

Les brutes avinées toulonnaises envahissent Paris

Au secours, des troupeaux de décérébrés occupent encore Paris ! La place de la Bastille est envahie cette après-midi par une horde bruyante et avinée de supporters grimés de noir et rouge, étendards du RCT au vent, cernés par un bataillon de CRS. Renseignements pris RCT veut dire racing club de Toulon, et la seule chose qui différencie ces martiens de ceux des fans du PSG est la forme ovale de la baballe poussée par leurs héros qui seront à l’œuvre ce soir au Stade de France pour une finale de circonstance.

Cojean Annick, ‘Les Proies – Dans le harem de Kadhafi’.

Sortie : 2012, Chez : Bernard Grasset. Un livre terrifiant, à peine croyable, sur les pratiques sexuelles du dictateur libyen durant les 42 ans de son règne délirant et sanguinaire. Il sélectionnait des gamines dans des écoles, les faisait enlever par ses sbires puis les transformait en esclaves sexuels. Au besoin il faisait de même avec de jeunes garçons. Il aurait également agressé sexuellement certaines épouses de dirigeants étrangers, ce qui a été soigneusement tu par les diplomates craignant de froisser le dictateur pourvoyeur de pétrole. La Libye toujours féodale et de plus en plus islamique ne peut revenir sur ces épisodes dramatiques qui font honte à l’homme libyen et ne seront sans doute jamais jugés.
Annick Cojean, journaliste au Monde, est une professionnelle reconnue et aguerrie. Son reportage doit être fondé mais les faits (ceux d’un Dutroux du désert des Syrtes) rapportés sont tellement hallucinants qu’un doute subsiste face à l’énormité des ces crimes que l’on aurait voulu voir jugé par un tribunal international.