Chaleur intense sur la créativité journalistique

Commetous les étés, les chaînes de télévision passent et recyclent les éternelsreportages sur les effets de chaleur sur Monsieur et Madame Michu. Il y a le format maison de retraite où l’on voit les petits vieux réunis dans une pièce climatisée avec infirmière les hydratant avec une bombe Evian. Il y a le modèle travaux publics où l’on transpire avec les ouvriers sur un chantier nous expliquant que ce n’est pas agréable de couler le béton quand il fait 40°dehors. Et enfin il y a l’inévitable baignade des enfants dans les bassins du Trocadéro. Tout ceci est aussi répétitif qu’inintéressant. Est-il besoin de détenir une carte de presse pour commettre de telles platitudes sur un rythme annuel ?

DSK, la Loi et les putes

DSK, le pervers mondain et bling-bling devrait être jugé pour proxénétisme aggravé en réunion avec une douzaine de complices, dont le célèbre proxénète belge Dodo la Saumure, dans l’affaire dite du Carlton de Lille. Ses avocats crient à l’innocence de leur client qui n’aurait enfreint aucune loi en participant à des parties fines avec ses copains. S’il est innocent la justice prononcera son acquittement et il pourra rentrer chez lui tranquillement, comme après l’affaire de la mutuelle étudiante MNEF dans laquelle il a relaxé.

Ceci dit, ses avocats ont raison : peut-être faudrait-il penser à une loi qui interdise explicitement à tout ancien ministre de la République assurant des fonctions à responsabilité dans une organisation internationale (DSK était chef du Fonds monétaire international à l’époque des faits) de partouzer avec des putes dans un hôtel à Lille ?

Non mais dans quel mondevit-on ?

Cat Power – 2013/07/17 – Paris l’Olympia

Cat Power à l’Olympia, Chan Marshall de son vrai nom, folkeuse américaine tristoune à ses débuts à la fin des années 90, une voix lancinante sur des arpèges simplistes de guitare ou de piano, recyclée un peu plus pop ces dernières années. Elle a commis de beaux albums comme You Are Free ou The Greatest, emprunts de mélancolie. Elle a annulé une tournée l’an passé pour raisons « de santé » a-t-on entendu.

Ce soir elle apparaît relookée blonde, un peu déglingue, un peu joyeuse, devant une salle pas complètement remplie, qu’importe. Une guitariste et trois musiciens l’entourent, les lumières sont bleutées comme le blouson de la Miss. Ils jouent Sun, le dernier album aux sonorités plus électro, et des retours sur le passé. La voix de Cat est douce et métallique, elle semble porter toute la misère du monde sur les épaules, mais cette souffrance est créatrice.

On retient de ce concert vaporeux mais pesant, introspectif, une chanteuse un peu perdue dans son monde mais habitée par sa musique. Elle termine sur Ruin : I’ve seen gypsies who made it all the way/ And kept going, kept rolling with nowhere to go/ Nowhere to go./ What are we doing?/ We’re sitting on a ruin/ What are we doing?/ We’re sitting on a ruin… C’est un peu ça!

Setlist : The Greatest/ Cherokee/ Silent Machine/ Manhattan/ Human Being/ King Rides By/ Bully/ Angelitos Negros/ Always On My Own/ 3,6,9/ Nothin’ But Time/ I Don’t Blame You/ Metal Heart/ Shivers/ Peace & Love/ Ruin

Morcheeba – 2013/07/09 – Paris le Trianon

Morcheeba pour une soirée au Trianon pleine de douceur. Un prochain disque est annoncé pour la fin d’année avec un concert à l’Olympia en novembre. On est un peu en répétition aujourd’hui ; l’été arrive, l’atmosphère se détend, rien de mieux qu’un concert de Morcheeba sur la route des vacances. Les Morcheeba rencontrent un franc succès en France, le retour de Sky n’y est pas pour rien.

Alors que le groupe démarre The Sea, elle arrive montée sur d’incroyables talons aiguilles, une robe vaporeuse noire et un haut de cosmonaute métallique argenté, et puis ce désarmant sourire qui fait chavirer la salle dès qu’elle se tourne vers le public. Et enfin elle chante et déroulant cette voix si chaude et envoutante qui fait roucouler l’audience de plaisir. Elle chante et elle se déhanche, pendant que Ross tire de merveilleux solos aériens de sa guitare.

Le concert coule comme une fontaine jouvence, les vibratos torrides de Sky posés sur les instruments éthérés du groupe. Ces six anglais ont le trip-hop aussi joyeux et communicatif que les Massive Attack l’ont sombre et déprimé. Les titres s’enchaînent, présentés par les bavardages de Sky ponctués comme toujours de grands éclats de rire.

Elle chante et elle danse, s’essaye au français et à la batterie, Ross boit sa bière entre les morceaux, ils placent quelques nouveaux titres, beaucoup d’anciens et une reprise d’Arlo Guthrie (le fils de Woodie), la chaleur dans la salle atteint des niveaux tropicaux… et puis Sky revient pour le rappel intégralement revêtue maintenant en métallique-argenté, la foule défaille, encaisse Rome Wasn’t Built In A Day et repart follement amoureuse des Morcheeba.

Un show détendu, une musique optimiste portée par des musiciens enthousiastes. Une mise ne jambe d’une petite heure et demie qui annonce un retour incandescent pour novembre prochain après la sortie du dernier disque.

Setlist : The Sea/ Friction/ Otherwise/ Never an Easy Way/ ID/ Part of the Process/ Coming into Los Angeles (Arlo Guthrie cover)/ Slow Down/ Crimson/ Trigger Hippie/ Blindfold

Encore: I’ll Fall Apart/ Rome Wasn’t Built in a Day/ Face of Danger

Chateaubriand François-René de, ‘Mémoires d’Outre-Tombe Tome 2’.

Sortie : 1951, Chez : Livre de Poche 1353, 54 & 55. Et 700 pages de plus pour terminer ce monument littéraire des Mémoires d’Outre-Tombe ! La plus grande part de cet ouvrage retrace l’histoire de Napoléon, donc de l’Europe, durant le règne de l’empereur. Il décrit le personnage avec un mélange d’admiration pour sa puissance, et de mépris pour son despotisme qui a mené la France au bord de l’abîme, occupée par les troupes alliées et mené à la restauration monarchique. Cette dernière ne fut pas pour déplaire à l’écrivain breton qui du coup a repris du service comme ministre puis ambassadeur. Il publie ses notes diplomatiques de l’époque analysant la situation européenne toujours façonnée par la guerre, ses lettres aux grands de l’époque, ses démêlés politiques, ses échanges avec Mme. De Staël, Mme. Récamier, etc. Le tout est nimbé de la mélancolie d’un vieil homme qui approche de la fin mais touche à la sagesse. Le style est magnifique, celui d’un immense écrivain du XIXème siècle qui devrait inspiré les écrivains d’aujourd’hui.