Il fait chaud l’été au Qatar !

Il semble que soudainement deux neurones se soient connectés dans le cerveau d’un des chefs du fouteballe international. Résultat, après avoir voté l’organisation de la coupe du monde des pousseurs de ballons au Qatar pour l’été 2022, un flux nerveux a été instauré l’espace de quelques secondes entre lesdits neurones et a fait réaliser au chef décérébré qu’en été il fait chaud, très très chaud au Qatar. Alors le garçon et sa clique commencent à se demander si ce ne serait pas mieux de faire taper les joueurs surpayés dans leur baballe plutôt en hiver !

On ne peut que rendre hommage à cette capacité d’anticipation des instances dirigeantes du fouteballe mondial, mais par contre cette soudaine agitation de neurones habituellement sans aucune activité perceptible ne laisse pas de nous inquiéter : vont-ils tenir jusqu’à 2022 à ce rythme ?

Le cash de l’ambassadeur

Boris Boillon, ancien ambassadeur de France en Iraq et en Tunisie, plutôt marqué « sarkoziste » est attrapé à la gare du Nord en partance pour la Belgique avec 350 000 EUR et 40 000 USD en liquide non déclarés dans son sac de voyage. Il va falloir expliquer la provenance de ces fonds à la justice, c’est la loi. Tout ceci est peut-être légal, peut-être pas, que la Justice passe.

Le chimiste

Nouveau bombardement avec des armes chimiques en Syrie, cette fois dans des quartiers de la capitale Damas. L’occident suppose que le responsable est le régime Assad au pouvoir, la Russie avance que ce sont les rebelles. Le problème est que les deux parties sont sans doute capables du pire. Techniquement on peut quand même présupposer que le régime en place a un meilleur accès aux stocks d’armes chimiques accumulé durant des années que la rébellion, mais tout est possible.

L’occident s’emberlificote entre euphémismes et subtilités sémantiques pour savoir s’il faut ou non réagir militairement face à l’utilisation de ces armes de terreurs largement utilisées en Europe durant la guerre de 1914/18. En gros il n’y a que des coups à prendre dans cette affaire où la famille Assad reste soutenue par la moitié du pays, la Russie, la Chine et l’Iran, alors que l’autre moitié est en train de se faire dévorer par les barbus et soutenir par des régimes islamiques pour le moins rigoureux et fermés. Quelle que soit la faction qui gardera ou prendra le pouvoir elle sera anti-occidentale et ce pauvre pays mettra du temps avant de revoir la lumière…

Festival Rock en Seine – 2013/08/23>25 – Paris Parc de Saint-Cloud

Vendredi 23 août 2013

Savages

4 filles en noir, l’air renfrogné et pas un sourire, une forte inspiration Siouxsie, The Cure et Joy Division. Un excès de réverbération, des effets de guitare miaulante, du rythme sombre et une chanteuse charismatique ; on se retrouve dans les 90’s, les misses n’ont rien inventé mais jouent avec l’énergie du désespoir ; cette époque musicale fut grandiose alors pourquoi se priver à l’heure où ces jeunes femmes s’y replongent ?

Setlist : I Am Here/ City’s Full/ Shut Up/ Give Me a Gun/ I Need Something New/ Strife/ Flying to Berlin/ No Face/ She Will/ Hit Me/ Husbands

Belle and Sebastian

Une joyeuse bande de potes écossais(es), folkeux électrifiés des Highlands, habillés en marinière, sautillants et proprets, mélancoliques et bien coiffés, de jolies voix et des rythmes enjoués, leur musique s’écoule comme dans une veillée scout, ou sur une autoroute un jour grisonnant.

Setlist: Judy Is a Dick Slap/ I’m a Cuckoo/ Le Pastie De La Bourgeoisie/ The Stars of Track and Field/ I Want the World to Stop/To Be Myself Completely/ Your Cover’s Blown/ We Are the Sleepyheads/ I Didn’t See It Coming/ The Boy with the Arab Strap/ Legal Man/ Judy and the Dream of Horses

Johnny Marr

Ex-membre du groupe légendaire The Smiths et guitariste du duo qu’il composait avec Morrissey. Chacun vaque à ses occupations depuis la séparation à la fin des 80’s, mais aucun ne fait oublier quelques-uns des disques qu’ils ont produits ensemble, parmi les plus mythiques du rock.
Johnny entre en scène mordant une rose rouge, toujours mince et nerveux, le voilà reparti pour nous charmer d’un jeu de guitare virtuose. Il s’est mis au chant, il faut bien, et nous ressert quelques classiques des Smiths, cela tombe très bien puisque le public est venu pour ça.

Setlist : The Right Thing Right/ Stop Me If You Think You’ve Heard This One Before/ Upstarts/ Sun & Moon/The Messenger/ Generate! Generate!/ Bigmouth Strikes Again/ New Town Velocity/ I Fought the Law/How Soon Is Now?/ There Is a Light That Never Goes Out

Alt J

Le groupe dont on parle, un quatuor de jeunes britanniques tout en subtilité et créativité. Un guitariste chanteur accompagné par un claviériste, un deuxième guitariste et un batteur. L’âge moyen de ce petit monde doit tourner dans les 23 ans, et leur inventivité est stupéfiante.
Visuellement tout d’abord : la scène est d’un dépouillement ultime, il n’y a même pas un ampli qui est visible, les 4 sont en ligne horizontale sur le devant de la scène, le clavier et sa casquette-à-l’envers qui chante en contre-point, le chanteur barbu qui pizzicate sa guitare et place sa voix nasillarde dans les aigus pour des mélodies désarmantes, le second guitariste/bassiste noyé sous une mèche de cheveux peroxydés et le batteur aux caisses étranges.

Et cette musique si pure s’infiltre dans nos méninges comme une rivière de miel, tout est délicat et inattendu, tout est harmonie et originalité. On comprend comment ce groupe venu de Leeds aura créé le buzz cette année sur la scène rock. Que peut-il bien se passer dans la tête des garçons si sages pour produire une musique d’une telle douce intensité ?

Setlist: Intro/ ❦ (Ripe & Ruin)/ Tessellate/ Something Good/ Buffalo/ Warm Foothills/ Dissolve Me/ Fitzpleasure/ Matilda/ ❦ (Guitar)/ Bloodflood/ Ms/ Breezblocks/ A Real Hero/ Taro

Frantz Ferdinand

Encore des écossais proprets mais ces 4 la sont largement plus délurés que Belle and Sebastian, ce n’est rien que de le dire et c’est la raison pour laquelle ils font la fin de soirée sur la grande scène !

Chemises chamarrées, tressautant, sympatoches et un peu têtes-à-claques, ils mènent bien leur barque et remportent un franc succès. Des guitares saccadées, des riffs rageurs, des voix bien placées, des morceaux courts et bien tournés, la recette sans surprise pour emporter la foule sur des nuages, dans lesquels on ne reste pas si longtemps, le plaisir étant aussi éphémère que les compositions.

Setlist : No You Girls/ Right Action/ The Dark of the Matinée/ Evil Eye/ Do You Want To/ Walk Away/ Stand on the Horizon/ Can’t Stop Feeling/ The Fallen/ Bullet/ Michael/This Fire

Samedi 24 août 2013

Black Rebel Motorcycle Club

He-he ! Les Black sont sur la grande scène pour ce début de soirée, de mieux en mieux. Leur blues électrifié se porte mieux dans des petites salles enfumées, mais ils font bonne figure à Saint-Cloud, ils n’ont peur de rien.

Lea bat le rythme qui se perd un peu dans les nuages et ses deux boys assurent le devant de la scène. Certains blues grinçants des Blacks ne sont pas forcément formatés pour grands espaces mais les classiques réveillent les spectateurs en cette fin d’après-midi.

Nine Inch Nails

C’est le clou du week-end et la foule est venue s’installer en masse aux pieds de la grande scène déjà bien avant le début du show.

Et le spectacle fut terrifiant, halluciné, à la mise en scène définitivement moderniste, frisant l’art contemporain. Trent Reznor et les siens ont su monter un jeu d’installations fantomatiques et explosives s’alliant si bien avec ce rock industriel dont ils sont les chantres. Une série de panneaux électroniques coulissants sur lesquels sont projetées des images incertaines allant de visions d’échographies aux spectres radiologisés des musiciens qui vont et viennent devant et derrière ces panneaux infernaux. C’est l’odyssée de l’espace atterrissant sur la planète rock.

Comme toujours Reznor affiche une présence charismatique et athlétique qui foudroie l’atmosphère. Une boule de nerfs émergeant d’un paquet de muscles : qu’il manipule fébrilement ses claviers, extirpe d’incroyables déchaînements soniques de sa guitare ou vocifère accroché à son pied de micro comme si sa vie en dépendait, il mène à la baguette un groupe et un show uniques pour l’accomplissement d’une débauche de rock tendance (très) dure, de technologies et de lumières.

La musique, puisqu’il s’agit tout de même d’elle, est assez indicible, à la fois primaire et sophistiquée, bruitiste et complexe, parfois douce mais toujours pour mieux préparer l’arrivée de la violence sonique. Le tout est dantesque.

Un concert des Nine Inch Nails c’est une expérience sensorielle écrasante… et inoubliable.

Setlist: Somewhat Damaged/ The Beginning of the End/ Terrible Lie/ 1,000,000/ March of the Pigs/ Piggy/ Closer/ Gave Up/ Help Me I Am in Hell/ Me, I’m Not/ Find My Way/ The Way Out Is Through/ Wish/ Only/ The Hand That Feeds/ Head Like a Hole/ Hurt

Valerie June

Un petit passage chez Valerie June, pas d’un grand intérêt et a encore du chemin à faire ; mais on peut aussi admettre que le festivalier au sortir d’un show de Nine Inch Nails a des sens un peu perturbé…

Dimanche 25 août 2013

Tricky

Et Tricky clôture le festival sur la scène Pression Live avec en intro un instrumental remake de Sweet Dreams are made of this. Toujours félin et évoluant dans une autre galaxie dont il nous entrouvre quelque voies d’accès vers sa planète trip-hop. Comme à son habitude il joue avec un groupe mixte (sexes et origines), et notamment une remarquable chanteuse qui chante au moins autant que son leader… Tout ce petit monde doit anticiper et suivre les indications de l’imprévisible Tricky capable de quitter la scène de longues minutes ou de faire durer un morceau plus de 15 minutes, à grands moulinets de bras dans le vide pour guider l’intensité du jeu.

C’est de l’improvisation inspirée qui réjouit les spectateurs mais désespère la sécurité. Le concert prévu pour 45 minutes va durer 1h30… malgré les demandes pressantes des organisateurs. Qu’importe, Tricky a déjà éjecté un cameramen qui le gênait, allumé une quantité incroyable de joints, fait monter à 3 ou 4 reprises 100 ou 150 spectateurs pour danser sur la scène avec lui, avec eux, alors rien ne l’arrête et il terminera le concert quand bon lui semblera

Le micro sur le cœur pour nous faire partager les battements vitaux, ils nous emmènent très haut dans sa mystique musicale. On craint la coupure de la sono pour dépassement du temps réglementaire mais ils iront au bout de notre rêve ce soir, au crépuscule de cet excellent Rock-en-Seine 2013 dont nous fêtions le dixième anniversaire !

Setlist: You Don’t Wanna/ I Live Alone/ Nothing’s Changed/ Ace of Spades/ Parenthesis/ Tribal Drums/ Puppy Toy/ Black Steel/ I Sing For The Joker/ Bonnie & Clyde/ Do You Love Me Now?/ Nothing Matters/ Vent/ Feel the Same

L’UMP sauvée de la faillite

Bon, a priori l’UMP en faillite virtuelle suite au non-remboursement par les contribuables français de la campagne électorale 2012 de Sarkozy, l’UMP donc aurait récolté 10,6 millions d’euros pour une dette de campagne de 11 millions. Ça ira comme ça, la démocratie est sauvée et la Morano pourra continuer à tweeter tout son amour pour Sarkozy et l’UMP. Il manque 400 mille euros, mais soit les banques les abandonnent soit elles appellent la caution personnelle que Sarkozy aurait donnée en leur faveur, et l’affaire est bouclée.

Encore des fausses factures pour détourner l’argent du contribuable

L’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont est condamné à 4 années de prison, dont 3 fermes, plus cinq années d’inéligibilité, pour détournement d’argent public. Il y a 17 autres condamnés dans cette affaire de fausses factures, encore une. Le camarade ex-maire crie son innocence sur tous les toits et laisse entendre que les fonds détournés alimentaient le PS, et qu’il va dire la vérité, etc. etc. Eh bien qu’il dise la vérité et s’il faut condamner 20 autres personnes, condamnons donc !

Il affiche déjà qu’il se présentera aux suffrages de ses électeurs aux municipales de 2014 (il a fait appel donc sa peine d’inéligibilité doit probablement être suspendue jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel) ou à l’issue de sa période d’inéligibilité. Comme Emmanuelli, Juppé et tant d’autres repris de justice, il risque bien d’êtreréélu avec les félicitations du jury.
On a les dirigeants que l’on mérite !

Ils ont reçu la bombe

Comme chaque année, les commémorations japonaises de la capitulation nipponne d’août 1945, après deux bombes atomiques larguées sur l’empire du soleil levant, fait débat. Le gouvernement en place, de droite, ne présente pas de regrets comme la tradition diplomatique s’y était habitué, et rend hommage au sanctuaire des soldats morts à la guerre au rang desquels figure une quinzaine de criminels de la deuxième guerre mondiale.

En fait, des forces de l’Axe qui ont déclenché et mené la guerre de 1939/45 contre les alliés, seule l’Allemagne a réellement fait son aggiornamento devant la communauté internationale. Son peuple est d’ailleurs toujours plus ou moins traumatisé par son passé nazi que le reste de la planète de manque pas de régulièrement lui rappeler (cf. la Grèce accueillant l’an passé la chancelière allemande avec des drapeaux nazis, ou le candidat Sarkozy à la présidence française rappelant dans un discours officiel que « La France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide « …). Cette culpabilité consentie par l’Allemagne post-1945 a d’ailleurs en partie expliqué la révolte de la génération suivante par l’intermédiaire, entre autres, de la Fraction Armée Rouge se révoltant contre la société capitaliste à eux léguée par leurs parents, coupables d’avoir accouché de la bête immonde du nazisme !

Les japonais restent le seul pays à avoir reçu la bombe atomique qui leur donne aussi un statut de victimes, c’est vrai, et explique sans doute aussi la difficulté à reconnaitre ses actes. Sans bombe atomique, la France a mis 50 ans à admettre que l’Etat français avait secondé la folie criminelle de l’occupant nazi (discours de Chirac de 1995 en commémoration de la rafle du Vel’d’Hiv de juillet 1942).

Pour régler élégamment ces sombres histoires de culpabilités guerrières, le mieux serait de ne pas faire de guerre…

Fibustiers versus incompétents

Inextricable : les collectivités locales incompétentes qui se sont fait fourguer des emprunts « toxiques » par les flibustiers de Dexia se tournent vers les tribunaux pour faire baisse les taux d’intérêt usuraires qu’elles ont pourtant acceptés. Ainsi faisant, Dexia étant en liquidation et ses dettes reprises par la République, le tribunal fait ainsi passer la charge de ces intérêts du contribuable local au contribuable national.

Les grands forbans !

Emouvant : le quotidien Les Echos de ce jour fait pleurer dans les chaumières en narrant ce que sont devenus certains des grands banquiers félons co-responsables du cataclysme financier des années 2008-2010. Pour la majorité ils consomment tranquillement leurs indemnités de départ et autres retraites chapeaux, mais la plupart d’entre eux exercent également une action humanitaire par un biais ou par un autre. On dirait qu’ils ressentent un soudain besoin de rachat face à la société… Résilience ou communication, difficile de faire le tri !

Rebondissement

Rebondissement imprévu et positif de la croissance française qui affiche +0,5% au deuxième trimestre. On note tout d’abord l’habituelle incapacité des analystes et autre prévisionnistes à anticiper quoi que ce soit en matière économique puisque tout le monde est surpris et que personne ne s’y attendait. On sait la prétention de cette caste d’économistes mondains qui abreuvent les plateaux télé et les dîners en ville de leurs prévisions qui ne se réalisent pas, mais cette nouvelle révélation de leur défaillance permet une nouvelle fois de relativiser leur discours.

Ceci étant dit ce +0,5% est une bonne surprise, a priori il ne s’agit pas d’une erreur de calcul alors réjouissons-nous !

Ce qui était par contre parfaitement prévisible étaient les réactions démagogiques de la politicaille française sur ce sujet : la gauche s’attribue tout le mérite de cette croissance (fort modeste) et en déduit qu’elle est sur la bonne voie, la droite voit ceci comme un feu de paille et continue à critiquer à tout va. En fait, et très probablement, il s’agit d’un heureux hasard dont il n’y a guère de conclusions à tirer. Alors prenons cet évènement pour ce qu’il est : un bon moment à prendre au passage. Rien de plus, rien de moins.

Hannah Arendt de Margarethe von Trotta

 

Hannah Arendt, le film de Margarethe von Trotta sur la philosophe allemande et la polémique déclenchée par son célèbre reportage Eichmann à Jérusalem écrit à l’occasion du procès du responsable nazi retrouvé par Israël en Argentine, enlevé, jugé puis pendu dans ce pays pour sa participation active à la destruction des juifs d’Europe. La controverse fut déclenchée par la théorie d’Arendt sur « la banalité du mal » et son compte-rendu de la participation plus ou moins consciente, plus ou moins active, de certains judenrates (comités juifs) évoquée lors du procès.

Sa théorie fut de dire que l’un des aspects les plus terrifiants de la barbarie nazie réside dans le fait qu’elle a été exercée par des hommes normaux, de bureaucrates, auxquels le régime avait ôté toute capacité de penser, et donc de différencier le bien et le mal. Le film de cette réalisatrice allemande est tout sauf hollywoodien, Dieu merci, mais évidemment d’un format insuffisant pour rendre compte de l’analyse de cette philosophe qui a théorisé le mal tout au long de sa vie et traité de la Shoah sous son aspect philosophique, sans affect mais avec détermination. Le mieux est encore de lire « Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal ».

La Centrafrique à la dérive

La Centrafrique continue à s’enfoncer dans l’anarchie et la violence, en voie de somalisation disent certains, un territoire sans Etat ni autorité où l’Homme est rendu à sa vraie nature. En fait, depuis la chute de l’ubuesque empereur Bokassa en 1981 ce pays n’est qu’une succession de coups d’Etat menés par des militaires dépenaillés et avinés, les populations sont livrées au pillage et au sida, des bandes armées écument la brousse, tuent, volent et violent sans vergogne avec parfois une coloration ethnique, mais le plus souvent juste l’appât du gain et la déshumanisation complète de cette voyouterie locale. La communauté internationale et africaine lève régulièrement des forces d’interposition, aussi impuissantes qu’inefficaces. C’est… désespérant !

Le 25 juillet, l’ONU s’est fendue d’un communiqué inquiet :

25 juillet 2013 – La mission politique des Nations Unies en République centrafricaine a dit jeudi sa préoccupation devant les violations des droits de l’homme qui auraient été commises dans le pays.

Un porte-parole du Secrétaire général, Ban Ki-moon, a déclaré depuis New York que le Représentant spécial du Secrétaire général en République centrafricaine, Babacar Gaye, avait rencontré hier des organisations non gouvernementales (ONG) qui l’ont informé de massacres de civils, de viols et d’autres violations commis de manière systématique par des soldats de la coalition Séléka.

« Elles l’ont également informé que les défenseurs des droits de l’homme avaient été ciblés et menacés par la Séléka et mentionné plusieurs tentatives de suppression des preuves d’abus, de pillage, de destruction de biens publics et de recrutement d’enfants», a affirmé le porte-parole.

Les hostilités ont éclaté en République centrafricaine en décembre 2012, lorsque la coalition rebelle Séléka a lancé une série d’attaques, pris le contrôle des principales villes du pays et avancé sur la capitale, Bangui. Les rebelles ont renversé le pouvoir de l’ancien Président François Bozizé en mars dernier.

De son côté, le Bureau intégré des Nations Unies en République centrafricaine (BINUCA) a condamné la semaine dernière les informations faisant état de multiples exécutions extrajudiciaires, accompagnées d’actes de torture et de mutilations.

Ngombet Jérôme, comptable de l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), une ONG locale, est parmi les victimes identifiées.

«Ces exécutions ont eu lieu, selon toute vraisemblance, lors de contrôles de routine dans les zones rurales et dans la ville de Bangui », a indiqué le BINUCA dans un communiqué, avant de demander l’arrêt immédiat de ces graves violations.

Dimanche prochain un nouveau président de la République, arrivé au pouvoir par les armes, prêtera serment pour une soi-disant période de transition avant de prochaines élections démocratiques. Eternel recommencement  alors que les lance-roquettes continuent à tonner dans le pays à feu et à sang depuis 40 ans. Avec la Somalie et la Centrafrique, le continent africain démontre par l’absurde à quels tragiques errements peuvent mener des pays sans Etat.

Le Mali à la dérive

Le Mali vient d’élire son nouveau président : Ibrahim Boubacar Keita (IBK). L’une des premières mesures prises a été d’élever au grade de général le capitaine Sanogo (passant d’un coup 4 ou 5 échelons), militaire putschiste qui avait démis le dernier président élu par la force des baïonnettes. C’est un peu comme si de Gaulle avait nommé Salan maréchal de France en 1962… Il a préféré le déferrer devant les tribunaux militaires qui l’ont condamné à la prison à vie pour sa participation au « putsch des généraux » et ses activités de chef de l’Organisation armée secrète (OAS) de sinistre mémoire, peine dont il sera gracié en 1968.

IBK croit se protéger en promouvant un militaire félon. Il a sans doute tort. Il ne fait que suspendre un problème qui resurgira bientôt. Comme il va désormais devoir reprendre les négociations sans fin avec les Touaregs qui tournent leur turban comme Chirac tournait sa veste, c’est-à-dire très régulièrement, il est vrai qu’un peu d’apaisement entre le pouvoir politique et son armée dépenaillée ne sera pas de trop.

En résumé, IBK doit se colleter les Touaregs dont une frange active a servi des années durant de mercenaires au régime libyen de Kadhafi, puis après la chute de celui-ci a réintégré son Sahara d’origine avec armes et bagages (surtout des armes d’ailleurs) pour s’allier au Mali avec des islamistes de rencontre et fondre sur la capitale Bamako pour y régler leurs comptes et y administrer la charia au passage. L’intervention d’une force franco-africaine ayant contrecarré leur projet, ils ont alors changé de turban pour aider cette force à déloger les islamistes des villes du nord, car entre temps leur alliance avait été rompue, ce qui n’empêche pas lesdits Touaregs, en tout cas certain d’entre eux, de continuer à demander leur indépendance pour leur territoire de sable et de cailloux. Vous avez du mal à suivre ? C’est normal, c’est une histoire touareg, et cela dure ainsi depuis des décennies. Des accords sont passés, puis rompus, trahis et re-signés, et des règlements de compte sanglants entre populations noires du sud et populations touaregs du nord viennent émailler tristement cette inconstance.

C’est l’éternel conflit entre les sédentaires et les nomades. Jusque-là ni la force ni la négociation n’ont réussi à calmer le jeu. Les haines sont rancies, les vengeances sont prêtes à exploser, l’incompréhension est totale. Voici le dossier auquel va s’atteler IBK, le moins qu’il puisse espérer est que son armée de dépenaillés reste calme pour quelques mois. C’est sans doute la raison de la promotion imméritée de Sanogo. Tout général qu’il est devenu, il ne tiendra pas longtemps ses troupes si l’Etat n’est pas capable de les payer à la fin du mois. A bon entendeur…

Le triomphe de la bêtise n’est pas encore acquis !

Après l’arrestation d’un apprenti-nazillon, jeune militaire professionnel, qui s’apprêtait sans doute à commettre un attentat contre une mosquée, diverses associations se plaignent d’un accroissement de l’islamophobie en France. C’est probablement vrai. On parle beaucoup trop de l’Islam : cette interminable guerre israélo-arabe qui dure depuis 1948 et sert de justification à tant de dérives, ce mélange explosif entre politique et religion prôné par nombre de pays sur la planète, les luttes en cours post-« printemps arabes » entre pouvoir laïque et pouvoir religieux, l’émergence de nouvelles religions dans nombre de pays occidentaux de tradition chrétienne qui rend inévitable de profonds débats de société et pousse Mme. Michu à se remettre en question, etc., etc.

Le déni des Lumières au profit du dogme est une étape hélas incontournable par laquelle transite toute religion à un moment ou à un autre de son histoire, ajoutez-y toute la beaufitude du café du commerce (une richesse nationale française) épicée par les tweets crétins de la Morano ou d’Estrosi, et vous avez un mélange explosif où la bêtise triomphe de tout et se manifeste parfois par des actes illégaux. On en est là !

Donnez du développement économique aux populations qui hésitent entre religion et Etat, elles opteront pour le second ; donnez de l’intelligence à Mme. Michu en censurant les tweets de la Morano et d’Estrosi et elle fera fonctionner ses neurones. Tout ceci est un vaste programme mais il ne faut pas y renoncer, c’est l’honneur de la politique d’affronter des objectifs ambitieux et à long terme.

Le Passé d’Asghar Farhadi

 


Un film du réalisateur iranien Asghar Farhadi, sombre face-à-face familial en huis-clos, pas une note de musique sauf sur la dernière image, que des cris, des larmes ou des chuchotements pour accompagner de pesants secrets qui ne seront jamais complètement dévoilés. Prix d’interprétation féminine à Cannes 2013 pour l’actrice Bérénice Bejo. Comme il se doit pour un film intimiste, limite art-et-essai, il n’y a personne dans la salle.

Quadrophonia des Who

 


Après le récent concert Quadrophonia des Who (ou plutôt de ce qu’il en reste) à Paris, voici le film de 1979 Quadrophonia qui ressort sur les écrans illustrant les luttes des bandes de jeunes refusant la société de leurs parents, entre Mods et Rockers, au Royaume-Uni dans les années 60. On y croise Sting peroxydé au milieu de la dérive du héros plus préoccupé par ses costumes, son scooter et ses amphétamines, que de satisfaire les ambitions de ses parents ou de son employeur ! Le film est vif et un peu désespéré. Il annonce Transpotting en 1996, encore plus noir et où les Punks ont remplacé les Mods. Le Monde s’est fait des révoltes de la jeunesse dont la plupart se sont terminées avec la compromission des révoltés !

Bobos et pouvoir d’achat

Dans un dîner en ville boboïsant les convives s’esbaudissent sur les objectifs budgétaires personnels du chroniqueur en matière alimentaire : comme le critère de Maastricht voulant que le déficit budgétaire d’un Etat membre ne dépasse pas 3% de son produit intérieur brut, il plafonne à 3 EUR/kg ses achats de fruits et légumes en limitant ceux-ci exclusivement à l’origine française afin d’aider notre économie en mauvaise forme.

Bien entendu cette rigueur déclenche quolibets et plaisanteries, on se demande comment on peut arriver à survivre ! On ne sait pas bien où les gens font leurs courses mais un petit relevé de prix cette après-midi dans la supérette Simply Market du coin de la rue donne les résultats suivants(origine française affichée) :

Prunes rouges 1,74 EUR/kg Pêches jaunes 1,99/kg
Abricots 2,39 EUR/kg Poires Guyot 2,55 EUR/kg
Melon 1,50 EUR/pièce Concombre 1,50 EUR/2 pièces
Tomates grappe 2,45 EUR/kg Tomates rondes 2,15 EUR/kg
Courgettes 1,74 EUR/kg Haricots verts 2,55 EUR/kg
Brocoli 1,45 EUR/pièce Poireaux 1,75 EUR/kg
Chou-Fleur 1,55 EUR/pièce Carottes 1,00 EUR/kg

Et au marché municipal de l’autre coté de la rue le mercredi et le dimanche, les prix sont du même ordre, voire inférieurs. On arrive encore à se nourrir à Paris dans des gammes de prix de 2 à 3 EUR le kilo. Voilà une bonne nouvelle.

Le droit de propriété en Corse

Un élu corse, Paul Giacobbi, président du conseil exécutif territorial, député PRG (parti radical de gauche), renouvelle sa proposition  de « limiter l’accès à la propriété foncière en Corse pour les non-résidents ». Le délai pourrait, selon lui, être fixé « à cinq ans de résidence ou se fonder sur l’attachement familial à la Corse afin de ne pas pénaliser les Corses de l’extérieur ».

Le garçon est coutumier du fait mais développe une bonne idée à laquelle il convient de réfléchir sérieusement. Bien entendu elle devra s’accompagner d’une mesure miroir visant à « limiter l’accès à la propriété foncière sur le continent pour les Corses ». Le délai pour qualifier de Corse pourrait être fixé selon nous« à cinq ans de résidence en Corse ou se fonder sur l’attachement familial à la Corse afin de pénaliser les Corses de l’extérieur ».

De telles dispositions seraient pour le moment contraires à la Constitution mais celle-ci pourrait être modifiée pour inclure un droit de propriété spécifique au Peuple Corse qui prévoirait un accès préférentiel à la propriété foncière en Corse et un accès limité à la propriété foncière dans le reste de la République. Ce serait ainsi une première étape vers une indépendance bien comprise de cette ile, dans le calme et le bon ordre, et dans l’intérêt des parties. Les modifications de la Constitution relèvent du Congrès qui doit réunir une majorité des 3/5ème ou par voie référendaire nécessitant plus de 50% des suffrages en faveur de cette modification.