Copé fanfaronne

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire est en pointe ces dernières semaines : dénoncé par Le Point pour son implication supposée dans une affaire de copinage dans des marchés passés par l’UMP qu’il dirige, il nous gratifie de grands effets de manche devant la presse convoquée pour l’occasion à qui il explique qu’il dévoilera les comptes de son parti uniquement si une loi est votée imposant de même à tous les partis et, c’est là que les choses deviennent intéressantes, des déclarations d’intérêt des patrons de presse qui bénéficient de subventions ou de commandes publiques.

L’accusé est encore plus furieux contre la presse et le patron du Point (qualifié de « tartuffe bouffi d’orgueil ») qu’outré des accusations portées contre lui. Il est vrai que cette presse est facilement critique, peu souvent constructive et généralement moralisatrice. Les chroniqueurs libéraux du Figaro ou de Valeur Actuelles qui recommandent le marché comme seul juge de paix aux problèmes du pays oublient souvent de préciser que les journaux qui les emploient bénéficient de subventions payées par le contribuable… comme quoi ce marché qu’ils vantent comme des bigotes en pamoison devant Saint François, n’est pas toujours l’unique juge de paix.

On trouve d’ailleurs la liste de ces subventions sur le site gouvernemental http://www.data.gouv.fr

Rapportée au numéro diffusé, Valeurs Actuelles est en 19ème position au classement avec 0,2155 EUR et le Figaro en 27ème avec 0,1771 EUR/numéro.

Bon, la colère froide de Copé contre la presse qui l’accuse de copinages a peu de chances de faire changer la loi sur la transparence dans la vie publique, elle lui évite de répondre aux questions gênantes posées sur la gestion de l’UMP. Elle a en tout cas déclenché une unanime réaction corporatiste de la presse qui n’a pas manqué de rappeler que l’UMP en rang serré avait voté contre la loi sur la transparence de la vie publique il y a quelques mois suite à l’affaire Cahuzac. Même Le Figaro a malmené ce Copé qui crie au complot.

Contre vents et marées il s’accroche à l’idée qu’il pourrait être un jour président de la République, toucher au pouvoir suprême ; contre tous il continue à se battre pour ne pas lâcher le morceau, telle une bernique collée à son rocher ; les copains et les coquins de l’UMP lui tire dans les pattes, la presse le cloue au pilori pour l’inanité de ses idées ou ses amitiés avec un marchand d’armes libanais, le peuple rigole devant la stupidité de ses réactions, seuls quelques militants continuent à faire la claque dans ses meetings. Mais il s’accroche et il n’est pas dit qu’il ne réussisse pas un jour à atteindre son but ultime. Au moins fait-il preuve d’une persévérance qui force le respect, à défaut de vision politique.