Prince – 2014/06/01 – Paris le Zénith

Prince and the 3RD-Eyes-Girl pour deux concerts presqu’improvisés au Zénith, le premier à 18h, le second à 21h : un must ! Le chroniqueur chanceux ira aux deux et en ressortira un peu submergé par le funk.

Il faut dire que ces shows valent le déplacement et que le héros de la soirée est vraiment et définitivement un génie de la guitare. Accompagné de ses redoutables amazones Prince entre en scène vêtu d’un ensemble chasuble-pantalon couleurs pastels, coiffé afro à la Angela Davis, une guitare multicolore flamboyante. Derrière lui une batteuse blonde (Ida Nielsen), une guitariste punky (Donna Grantis), côté gauche du crâne intégralement rasé et longue natte côté droit, talons compensés et cuir noir, une Mad-Max de la 6 cordes, et enfin une bassiste les cheveux plaqués par un anneau frontal style squaw (Hannah Welton-Ford).

Le groupe démarre Let’s Go Crazy et le Zénith s’enflamme. Prince  fait le spectacle, tressaute, appelle son public et se déchaîne sur ses cordes avec une incroyable dextérité et un naturel à faire se jeter dans la Seine tous les apprentis guitaristes. Le son est puissant et l’atmosphère électrique. Il repose parfois sa guitare et c’est pour s’en donner encore plus à cœur joie, dansant comme monté sur ressorts. Une voix qu’il emmène presqu’aussi haut que sa guitare, s’autorisant des cris stridents pour relancer le public.

Pour les non spécialistes tout ceci frise le chaos mais un chaos jouissif. Le funk est ainsi, un affolement général des sens porté à son paroxysme. Il y a de l’improvisation c’est sûr, et l’on voit les girls attentives aux singeries du Maître pour ne pas rater une reprise ou un final. Elégamment il leur laisse tour à tour le devant de la scène. Mais il y a surtout une ligne directrice déroulée par l’homme de l’art qui n’est jamais meilleur que lorsqu’il cumule guitare et micro laissant pantois ses admirateurs qui se demandent comment ce petit paquet de nerfs peut générer une telle énergie.

Cela tourne parfois un peu à la démonstration de cirque mais il faut laisser parler le musicien. Purple Rain vient bien sûr clôturer le premier show. Il sera repris au piano lors du second concert à la fin du premier rappel, lui-même suivi encore suivi de trois nouveaux rappels ! Il fallait bien sûr être présent pour les deux shows.

Prince and the 3RD-Eyes-Girl: une expérience à ne pas manquer même si le funk ne vous motive que modérément.

Moitessier Bernard, ‘Cap Horn à la voile – 14 000 milles sans escale’.

Sortie : 1974, Chez : Arthaud.

Moitessier fut le poète de l’océan, un grand navigateur doublé d’un romantique, qui sait nous faire partager avec émotion les humeurs de son bateau au cœur des quarantièmes rugissantes, et ses émerveillements devant la beauté de la mer et de ses paysages. En 1965 après avoir construit son voilier, Joshua, il emmène sa jeune épouse, de Marseille à Alicante, en passant par les Galapagos, la Polynésie et le Cap Horn. Ce livre passionnant est le journal de cette aventure vécue par un grand marin.