La dette dela SNCF

Avec les intermittents qui bloquent les festivals culturels estivaux, voici la SNCF en grève qui s’oppose à un problème de réforme du système ferroviaire et de son surendettement. Après avoir séparé la gestion des infrastructures de celle de l’exploitation du réseau il y a vingt ans, on détricote partiellement cette séparation en créant un organisme chapeau. Faire et défaire, c’est toujours agir.

Les contestataires avancent aussi « le problème de la dette » qui n’est pas réglé par cette loi. Régler voulant dire annuler pour ces beaux esprits. Le système ferroviaire affiche une dette de 44 milliards d’euros que dans l’esprit des grévistes et de leurs soutiens, on doit balancer au gouvernement, c’est à dire faire payer les contribuables et en exonérer l’économie ferroviaire.

Ce serait évidemment bien mieux pour la SNCF : hop ! faire disparaître d’un coup 44 milliards. Le contribuable paiera… Comme pour les indemnités chômage des intermittents du spectacle… Dépensons, dépensons, et faisons payer les voisins.

Graham Parker & the Rumours – 2014/06/12 – Paris la Cigale

Graham Parker a adoré se produire solo au New Morning en septembre dernier alors il revient à Paris, et avec The Rumour cette fois-ci. C’est le groupe avec lequel il a vécu ses meilleurs moments musicaux. Séparés à la fin des années 80’, certains membres du groupe continuèrent à collaborer de ci de là sur les albums solos de Graham, mais le chœur n’y était plus vraiment. Ces albums connurent un relatif succès, surtout auprès des fans de la première heure qui n’ont jamais oublié le sommet que fut et reste dans leur discothèque Squeezing out Sparks.

Alors lorsque parvint aux oreilles des fans la rumeur de la reformation de Graham Parker & The Rumour, pour un disque et peut-être une tournée, la folie s’empara de ces quinquas-sexas dont certains n’avaient jamais vu la Rumeur sur scène ! La tournée fut d’abord limitée au Royaume-Uni, noblesse oblige, puis élargie à la Cigale ce soir. Ouf !

Et voici notre petite bande de joyeux papys à peine rouillés qui débarquent et entament le show sur Fool’s Gold devant un public… assis dans des fauteuils, la Cigale est effectivement en configuration seniors. Graham porte un pull et veste beige clair, comme sa guitare acoustique, ses guitaristes Brinsley Schwarz et Martin Belmont sont en chemises hawaïennes.

La setlist contient du neuf et du vieux, mais que du bon. White Honey, Howlin’ Wind : Swing time is here children, for large and small/ Let’s dance before the fever is upon us all/ Yeah it’s a strange religion, without any god/ The preacher walks with innocence spares the rod/ And I know a howlin’ wind runs through here blowin’ every day/ Yeah a howlin’ wind runs through here takes my breath away…

Et puis Lady Doctor, Stick to Me…  un vrai bonheur pour tout le monde et y compris pour les musiciens qui s’activent : des guitares agiles, un orgue envoutant et balancé, des rythmes animés et cette voix rocailleuse si particulière de Graham posant le tout.

N’y tenant plus au milieu du show, les quinquas-sexas se rassemblent au premier rang au pied de la scène pour se trémousser au souvenir de leurs belles années.

Parker introduit le rappel seul avec You can’t be too strong, une émouvante chanson sur l’avortement, puis Passion is not ordinary word, Don’task me question et Soul shoes.

Evidemment tout ceci fait peu faire un peu daté mais c’est l’honneur de Graham Parker de continuer à jouer pour notre plus grande joie. C’est la musique d’une époque, celle du post-punk, celle du commencement de la désindustrialisation et du chômage de masse dans nos contrées de la vieille Europe, celle de la désillusion occidentale que Parker et sa bande ont ponctué de virgules musicales. Ces concerts des 70-80’ étaient parfois violents, il pouvait y avoir de la castagne, les temps étaient hargneux. L’un de leur disque live s’appelle d’ailleurs : The Parkerilla, tout un symbole !

Le plus incompréhensible est que ce groupe et son leader n’aient jamais vraiment dépassé le succès d’estime auprès d’un public spécialisé. Un peu à la façon de Springsteen ils ont chanté la vie des vrais gens avec leur poésie urbaine et un feeling musical touchant.

Graham Parker & The Rumour : nous y étions ce soir !