Delbo Charlotte, ‘Auschwitz et après – II. Une connaissance inutile’.

Sortie : 1970, Chez : Les Editions de Minuit. Le tome 2 des 3 volumes de « Auschwitz et après ». Plus personnalisé que « Aucun de nous ne reviendra », l’auteur y parle d’elle et de ses compagnes, de leur vie de tous les jours, si tant que l’on puisse parler de vie à Auschwitz ou Ravensbrück. Leur volonté à continuer de vivre encore un jour de plus, leur touchante solidarité, l’objectif de ne pas s’effondrer, de garder leur mémoire pour ne pas « se perdre soi-même ». Le texte est entrecoupé de poèmes en prose sur les morts qui s’en vont, la beauté qui se dissous, l’ignominie des conditions de la survie…
Et puis Georges est évoqué, ce mari à qui elle eut quelques minutes pour dire adieu dans une cellule de la prison de la Santé avant son exécution, puis son propre départ vers les camps pour faits de résistance.
Ce journal se termine sur la sortie de Ravensbrück en avril 1945 lorsque que quelques milliers de survivantes sont remises à la Croix-Rouge suédoise, la difficulté qui déjà affleure de retourner au monde d’en dehors le camps, et un dernier poème « Prière aux vivants pour leur pardonner d’être vivants » :… Je reviens/ d’au-delà de la connaissance/ il faut maintenant désapprendre/ je vois bien qu’autrement/ je ne pourrais plus vivre.
Une lecture glaçante qui rend muet de douleur et de respect devant ces martyrs de l’idéologie nazi.

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