Projet de Loi de finances 2015

Le projet de loi de finances 2015 a été publié par le gouvernement. Comme chaque année la sortie de ce document, qui se transformera en Loi de finance d’ici au 31 décembre, déclenche assaut de contre-vérités, platitudes en tous sens et absence d’analyse.
Comme toujours, chacun critique les dépenses comme les recettes, quel que soit son bord politique, passant sous silence le lien indéfectible entre les deux, oubliant que si l’on baisse des recettes il va falloir également baisser des dépenses, et vice-versa. En réalité l’exercice budgétaire public est un savant mixage à trouver entre les colonnes débit et crédit, ainsi qu’au niveau des natures de ces recettes et dépenses. Personne n’y est vraiment parvenu depuis 1974 année du dernier budget en équilibre. Depuis, nous dépensons systématiquement plus que nous gagnons, l’ajustement étant fait par de la dette.
Dans un pays civilisé, et compte tenu de la gravité de la situation financière de la République, une union nationale se formerait pour trouver un consensus minimum sur le rétablissement des comptes publics. Mais nous sommes en France alors chacun y va de son populisme facile, de sa démagogie décourageante et de son irréalisme démesuré, le tout assaisonné des éditoriaux vengeurs et irréfléchis de Valeurs Actuelles à L’Humanité (rappelons que la presse, afin d’assurer sa survie, est bénéficiaire de subventions payées par le contribuable et inscrites au budget dans la colonne dépenses).
Voter un budget à l’équilibre est en théorie assez simple à faire puisqu’il suffit d’égaliser la colonne débit avec la colonne crédit. Nombre des beaux parleurs de la buvette de l’assemblée nationale ou du Café du commerce éructent qu’il suffit de baisser les impôts, puis après une Kronenbourg, ajoutant qu’il faut aussi augmenter les dépenses de crèche, de l’armée, de l’éducation et tutti quanti. Bien sûr.
Le déficit existe depuis 1974, son évolution depuis 2000 est la suivante :
Gov_PLF-2015_deficit
On ne peut dire que cela soit particulièrement brillant ! Tordons le cou une nouvelle fois à cette escroquerie intellectuelle qui consiste à mesurer le déficit en points de PIB. A la maison et en entreprise on le calcule en fonction des recettes, ce qui veut dire qu’en 2014 il sera de 28% des recettes : chaque 100 EUR dépensé est financé par 72 EUR de recettes fiscales et 28 EUR empruntés. Cela est malheureusement plus confondant qu’un malheureux 4,4% du PIB tel qu’affiché ! Quel ménage, quelle entreprise peut-elle durablement emprunter 28% de ce qu’elle dépense ? Aucun. Quelle situation allons-nous laisser à nos enfants ? Déplorable.
Il faut donc réduire le déficit. Pour ce faire, le gouvernement actuel s’engage non pas à diminuer les dépenses, mais à en réduire la progression de 50 milliards sur 3 ans pour l’Etat, les collectivités locales et la protection sociale. Pourquoi pas !

Gov_PLF-2015_economie
L’opposition affiche sa volonté de réduire non pas de 50 milliards mais de 150. C’est une autre solution, plus violente, également applicable. Il suffit d’arrêter les lignes budgétaires sur lesquelles appliquer ces réductions et les voter. Les missions de l’Etat sont répertoriées au nombre de 30 dans le projet de loi de finance, chacune avec son budget de dépenses (hors dette et pensions) :

Gov_PLF-2015_solde-general

Mais on peut aussi réduire les pensions (les retraites versées aux fonctionnaires) ! Il sera difficile de ne pas rembourser la dette sous peine de mise en défaut de la République. C’est néanmoins techniquement possible, et d’ailleurs déjà arrivé, alors autant éviter de renouveler l’expérience. On privilégie donc le coup de rabot, mais une fois appliqué sur les dépenses de l’Etat, le job n’est pas fini puisqu’il faut en faire autant pour les collectivités locales et les prestations sociales avec chaque fois le même cortège de pleurs et de lamentations.
Ce PLF 2015 est un moyen-terme entre les braillements des ayatollahs de la dépense (frondeurs socialistes, Montebourg et Guaino réunis) et les cris d’orfraie des yaka-faukon de l’opposition et de Valeurs Actuelles. Un budget de compromis entre des objectifs contradictoires énoncés par des élus girouettes et court-termistes.
Cet argent public n’est pas dilapidé il termine dans les poches des citoyens d’une façon ou d’une autre, sous forme de prestations, de services publics, parfois de corruption. Changer cette situation est difficile et au niveau de l’insatisfaction de l’électeur, baisser les dépenses ou augmenter les impôts revient au même.
Ce projet de budget est-il optimiste ? Certainement. Est-il réaliste ? Peut-être. Est-il perfectible ? Sans aucun doute. Est-il conforme à la volonté des représentants des citoyens élus au parlement ? Nous le verrons s’il est voté.
En fait, aucun gouvernement ne s’est jamais montré beaucoup plus efficace pour réduire les dépenses publiques, affublé de la même faiblesse politique face à un peuple désuni ayant, globalement, perdu le sens de l’intérêt général. Il faudrait sans doute un évènement externe comme la remontée des taux d’intérêt pour pousser les feux de la rigueur budgétaire. Il n’est sans doute pas souhaitable.
On pourrait aussi voter pour des dirigeants responsables qui expliquent clairement la situation du pays aux citoyens et réussissent à mettre en œuvre une synthèse politique pour sortir de l’ornière. Nous n’en sommes pas là, préférant la politicaillerie de basse-cour à la grandeur de la conduite de l’Etat. On a les dirigeants que l’on mérite, hélas !

Gallouzeau n’aime pas ses cheveux

Dominique-de-VillepinAvez-vous remarqué la dernière couleur de cheveux de Galouzeau de Villepin la Gargouille ? On dirait qu’il a raté son affaire. Alors qu’il portait beau une crinière uniformément blanche, le voici désormais affublé d’une coiffure châtain sur le dessus avec simplement les tempes blanches. C’est bien entendu du plus parfait ridicule et repose une nouvelle fois cette lancinante question de savoir pourquoi les hommes politiques font ainsi profession de cacher la réalité à leurs électeurs, celles des comptes publics comme celle de leur propre personne ?

Religion

Des citoyens du monde, de confession musulmane, manifestent en Occident sur le thème « not in my name » contre les assassinats commis par l’état islamique et ses affidés. Qu’ils se rassurent, les égorgements face à YouTube en sont pas commis en leur nom mais seulement au nom de Dieu, ils ne sont pas en cause dans cette affaire. Leur émotion est néanmoins louable.

Les Borgia, ça ne vous rappelle rien ?

Borgia_Musee-Maillol_201409Exposition Les Borgia et leur temps au musée Maillol. Famille tentaculaire de papes au XV et XVIème siècles, pouvoirs, crimes, influences et papauté furent leur quotidien, mais aussi l’art de la renaissance que Lucrèce a soutenu. C’est en partie la débauche des Borgia qui a fait éclore la réforme de Martin Luther qui prônait rigueur et retour à la lettre de la Bible. Evidemment les catholiques vont affronter les protestants et faire couler des rivières de sang et de barbarie, chacun défendant son Dieu. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ?

Air-France à terre

Une nouvelle grève de ses pilotes ravage le compte de résultat d’Air France. Ce n’est pas la première, hélas ! Cette compagnie a déjà été plusieurs fois sauvée de la faillite par le contribuable français. Cette fois-ci les pilotes veulent casser le développement de la filiale low cost de la compagnie car, évidemment, il se traduirait par une baisse des rémunérations, et tout particulièrement des hauts salaires des pilotes. C’est bien l’objet du low cost : moins cher mais moins de qualité ou moins de services !
Cette nouvelle mode économique est un peu l’aboutissement du principe capitaliste de la concurrence comme remède à tous les maux de l’économie. Son application remet en cause les modèles préexistants. On le voit dans la presse, dans les télécommunications, le transport aérien, et bien d’autres secteurs. Evidemment les pilotes d’Air France tentent de repousser cette échéance en utilisant au mieux leur capacité de nuisance qui est encore assez forte.
A lire les éditoriaux de Valeurs Actuelles et du Figaro, il ne fait aucun doute que la concurrence (et un gouvernement de droite) est la solution pour développer l’économie. Cela est vrai au niveau de la planète mais le principe connaît quelques réserves rapporté aux bornes d’une nation, surtout une vieille nation riche… C’est la raison pour laquelle Valeurs Actuelles et le Figaro, notamment, acceptent des subventions versées par le contribuable afin qu’ils puissent survivre face aux journaux gratuits et/ou en ligne.
Le transport aérien a été démocratisé et est désormais accessible à presque tous. Il n’y a sans doute plus beaucoup d’innovations à attendre dans ce secteur qui pourrait justifier le maintien de tarifs élevés. Il restera des premières classes pour les riches mais le lumpenprolétariat voyagera dans des bétaillères low cost. Le mouvement est déjà largement entamé et la lutte des pilotes français est sans doute vaine. L’avenir dira s’ils sont prêts à faire tomber leur compagnie plutôt que de suivre le mouvement.

Religion

Le message de l’état islamique en Iraq et au Levant a finalement été bien entendu, et plus rapidement que prévu ! Des cinglés religieux décapitent un otage français pris en Algérie, et ce, bien sûr, filmé et immédiatement diffusé sur YouTube. Cette action vise à punir la France de bombarder les positions des milices de l’état islamique en Iraq.
On se demande bien ce qui a pu donner l’idée à ce garçon d’aller faire du trekking en Kabylie par les temps qui courent… Il n’est plus là pour le dire.
Les médias répètent les mêmes analyses jusqu’à la nausée. Ils ont ressorti leurs consultants de circonstance, anciennes barbouzes recyclées dans la sécurité privée, militaires à la retraite prestant leurs analyses à des sociétés de communication, bref, toute une palanquée de zozos se croyant importants et savants venant édifier Mme. Michu sur le phénomène du terrorisme religieux. Et toute cette communication tapageuse réjouis bien entendu les extrémistes qui égorgent sur YouTube justement pour faire la une des journaux occidentaux. Difficile de faire autrement dans nos sociétés modernes ou le droit d’informer est érigé en droit divin.
Le fond du problème n’est pas résolu. Ben Laden disait :

« Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie. »

C’est avec ce théorème que l’état islamique conquiert et massacre. Nous n’en sommes toujours pas sortis !

Conseiller inconséquent

Aquilino Morelle, l’ex-conseiller politique de François Hollande qui s’est fait virer pour avoir fait venir à l’Elysée un cireur pour cirer ses chaussures, et, accessoirement, frôlé le conflit d’intérêt lorsqu’il travaillait dans les affaires sociales, Morelle donc, n’est pas content et le fait savoir dans des interviews données à différents journaux. Le garçon n’est pas content, son égo semble fortement atteint et il règle ses comptes contre Hollande et préparerait un livre de vengeance.
Arès le livre de Trierweiler-la-harpie-journaliste-à-Paris-Match (feuille de choux people pour salons de coiffure) et ex-compagne du président, ceux de Delphine Batho, de Cécile Duflot, on s’étonne de la haine que peut provoquer Hollande chez les déçus du hollandisme. Il n’en mérite sans doute pas tant.
En tout cas cette littérature de gare démontre le niveau affligeant de notre classe politique qui ne songe qu’à se faire plaisir sur les plateaux télévisés en s’auto détruisant tout en se prenant pour des écrivains. Un minimum de tenue, de sens de l’Etat, aurait dû les pousser au silence, quitte à publier une fois les évènements passés, si vraiment ils ne peuvent pas s’empêcher de faire profiter au pays tout entier de leurs querelles de clochers !

Religion en France

La police française loupe l’arrestation de trois français de retour de guerre sainte an Syrie. Au-delà de cet incident, on comprend que ces pieds-nickelés (dont le beau-frère de Mohammed Merah) sont revenus dans la mère patrie par dépit de ce qu’ils ont découvert sur place aux cotés des extrémistes religieux locaux qui défendent l’idée qu’ils se font de Dieu à coups de bazookas et de couteaux.
Nos mercenaires français seraient finalement revenus au bercail où l’herbe serait plus verte. Ce reniement devrait être un peu mieux exploité.

Syndicalismes

André Bergeron est décédé à l’âge de 92 ans : patron de Force Ouvrière (F0) de 1963 à 1989, socialiste en lutte contre les communistes, il est à l’origine de la création de FO après la guerre par impossibilité de s’entendre avec les staliniens de la CGT de l’époque. Il a ensuite mené sa barque de syndicaliste durant les 30 glorieuses, de façon sereine et plutôt utile. Rien à voir avec le clown à bretelles (Marc Blondel) qui lui a succédé, trotskyste impénitent de la première heure, se faisant payer son chauffeur par la Mairie de Paris du temps où Chirac était maire, et qui mis plusieurs fois la France dans la rue par son intransigeance et sa stupidité.
Ils sont maintenant décédés tous les deux, l’un aura fait plus de mal sur terre que l’autre, paix à leurs âmes.

Leonard Cohen « Popular Problems »

Leonard_Cohen_Popular-Problems

I saw some people starving
There was murder, there was rape
Their villages were burning
They were trying to escape
I couldn’t meet their glances
I was staring at my shoes
It was acid, it was tragic
It was almost like the blues

Un nouveau disque de Leonard Cohen qui va fêter ses 80 ans de déambulations poétiques et sombres, le compagnon de route de toute une génération qu’il continue d’inspirer. Une voix de plus en plus crépusculaire, un chanté-parlé doux et obsédant sur des textes mélancoliques.
La couverture le montre toujours d’une élégance raffinée, avec une canne désormais. Les photos du livret l’affichent en train de cirer ses chaussures, une modestie affirmée.
Quel étonnant parcours pour cet artiste canadien atteignant aujourd’hui le stade de la légende vivante !

Religion au Moyen-Orient

Les extrémistes religieux qui sont en train de conquérir le Moyen-Orient promettent les feux de l’enfer aux membres de la coalition internationale qui sont en train de prendre les armes contre ces milices religieuses qui égorgent, tuent et massacrent joyeusement au nom de Dieu. Ils indiquent à leurs fans :

« Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen -en particulier les méchants et sales français- ou un australien ou un canadien, ou tout (…) citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’Etat Islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition alors isolez l’américain infidèle, le français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Ecrasez lui la tête à coups de pierre, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le. »

Gageons que ce message risque d’être reçu 5 sur 5 par quelques apprentis sorciers du terrorisme qui rôdent dans la ville, des clones de Mohammed Merah ou autres générations spontanées qui croiront qu’il s’agit d’une instruction de Dieu.

Blonde Redhead – 2014/09/22 – Paris le Trianon

Blonde_Redhead_Barragan-a

Les Blonde Redhead sortent un neuvième album, Barragán, qu’ils présentent ce soir au Trianon. Les trois artistes sortent des coulisses pour entamer l’instrumental Barragán introduisant le show, comme le disque. Kazu porte une jupette blanche, des bottes d’indien apache, jouant la partie de flute sur son synthé délicatement posé sur les arpèges ciselées d’Amadeo. Nous baignons dans une douce pénombre, déjà envoûtés par l’atmosphère romantique de cette nouvelle étape musicale du groupe new-yorkais.

Des guitares sophistiquées, une rythmique moderne et la voix de Kazu toujours sublime et brumeuse qui nous emporte vers les nuages à grand renfort d’échos électroniques, la recette est toujours efficace, appliquée aujourd’hui à une musique plus posée et introvertie. L’ancien Falling Man nous ramène aux grandes envolées guitaristiques des Blonde d’antan, Kazu à la basse ; annonçant l’excellent et nouveau Mind to be Had et son obsédante ritournelle de clavier jouée par une Kazu  dansant dans un déluge de cheveux balancés à tout va et perdue dans ses pensées, sur laquelle Amadeo place ses notes aigües de guitare et son chant étiré jusqu’à la déchirure :  I never wanted your life/ You needed so you were mine/ I never let you be mine/ All I want to be in you mind…

Dans la grâce et l’élégance, ce trio soudé mène son chemin musical qui enchante un Trianon enthousiaste. Ils jouent de la musique ensemble depuis vingt ans, et mène leur barque a priori sans trop de compromission. On les imagine vivre dans la plus parfaite entente artistique mais qui sait ce que réserve le processus créatif en termes de conflits ? Le résultat musical de cette collaboration parle de beauté, de nostalgie et d’émotion, tellement bien synthétisé dans le final Seven Two que Kazu chante délicatement, coiffée d’un chapeau melon : You stare an abyss,/ and the abyss stares back at you.

Set list : 1. Barragán/ 2. Lady M/ 3. Falling Man/ 4. Hated Because of Great Qualities/ 5. Love or Prison/ 6. Mind to Be Had/ 7. No More Honey/ 8. Spring and by Summer Fall/ 9. Melody/ 10. Dripping/ 11. Melody of Certain Three

Encore : 12. The One I Love/ 13. Defeatist Anthem (Harry and I)/ 14. 23

Encore 2 : 15. Equus/ 16. Seven Two

Sarkozy sur Facebook

Nicolas_SarkozyN’y tenant plus, Sarkozy décide de sa candidature à la présidence de l’UMP, parti conservateur à la dérive, et l’annonce sur Facebook, c’est plus chic et plus geek qu’à la télévision.
Sur le fond, rien de bien nouveau, l’ancien président commence par expliquer :

« J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement. »

Le changement de sa personne est, comme toujours, son principal argument de campagne. Il devient de plus en plus difficile à faire admettre puisqu’après chacune de ses élections on s’aperçoit qu’il n’a pas changé, mais devant le vide sidéral de responsables politiques à la hauteur de la tâche, l’énergie de ce petit bonhomme ambitieux lui donne des chances de revenir au premier plan malgré sa (très) mauvaise éducation.

Ecosse dépendante

Drapeau_EcosseFinalement l’Ecosse aura manqué de courage et n’a pas voté pour son indépendance. Les électeurs n’ont pas suivi les recommandations d’Amy Macdonald, des Franz Ferdinand, et autres rockers écossais. Dommage car c’aurait été une expérience intéressante de voir si cela marche ou pas de vouloir se replier sur ses richesses et son égoïsme régional.
L’Ecosse obtient en échange plus de pouvoirs et le Royaume-Uni entre dans une période de contestation interne. Les autres nations britanniques (Angleterre, Pays de Galles et l’Irlande du Nord) ne voient pas pourquoi l’Ecosse disposerait de son propre parlement et d’une autonomie fiscale, tout en se prononçant également dans le cadre du parlement de Westminster alors que l’inverse n’est pas vrai. Bienvenue dans les joies du fédéralisme !

Molly Johnson – 2014/09/17 – Paris le New Morning

Molly_Johnson_20140917

Molly Johnson à Paris, chanteuse métisse noire-canadienne, tout en voix et en charme, et en trio avec un pianiste et un contrebassiste. Châle blanc sur robe noir, une fleur blanche dans les cheveux, et nous voilà partis pour un voyage de délices. Son dernier album Because of Billie, reprises de Holiday, doit paraître dans les prochains jours. Un peu lassée d’être comparée à l’américaine, elle explique qu’elle est ce qu’elle est à cause de son égérie mais pas sur terre pour la remplacer. Ce disque est un hommage et une prise de pouvoir.

Quelle plaisir de se laisser porter par la voix langoureuse de Molly et la rythmique chaloupée de ses deux acolytes. On plane doucement sur ces sonorités soul et jazzy. Ne serait-ce l’inconfort des chaises, on aimerait se laisser couler dans de grands fauteuils de velours rouge de part et d’autre d’un âtre où crépiteraient les bûches alors que dehors tomberait la neige du grand nord canadien.

La révolte noire de Billie Holiday a été passée à l’adoucisseur de Molly. Les temps ont changé grâce au combat méritoire de la génération précédente, l’heure est à la musique apaisée même si l’engagement reste fort. L’artiste mène ses activités philanthropiques en parallèle à sa carrière.

Qu’elle chante Billie Holiday ou ses propres compositions, tout n’est que nostalgie et beauté dans cette voix si remarquable. On en oublierait facilement les misères du monde et de nos vies mais le tragique de Billie reprend rapidement le dessus : My days have grown so lonely/ For you I cry, for you dear only/ Why haven’t you seen it/ I’m all for you body and soul [Body and Soul – BH]

Molly Johnson a joué pour la première fois au New Morning en 2003, plus de dix ans plus tard elle rencontre toujours le même succès d’estime dans les petites salles parisiennes : une voix cajoleuse, une artiste enjôleuse, une soirée délicieuse. A bientôt l’artiste !

Corporatismes divers

Notaires_201409
Les notaires français dépensent leurs sous en publiant de pleines pages de publicité dans la presse pour effrayer Mme. Michu sur la perspective de voir dérèglementer leur profession protégée. C’est une réaction typique franchouillarde illustrant une fois encore l’immobilisme nationale dont la devise pourrait être : « Surtout ne rien faire ! ».
Ces braves notaires auraient été bien inspirés de publier les mêmes placards expliquant leur disponibilité à ouvrir une négociation avec les autorités concernées sur leur statut qui n’est sans doute pas immuable dans sa forme actuelle. C’est ce qu’on fait en entreprise tous les matins en arrivant au bureau !

Réalisme public

Réaliste : le ministre des finances français admet officiellement que les engagements pris de réduction du déficit des dépenses publiques ne seront pas tenus, une nouvelle fois. Le déficit 2014 augmentera à 4,4% du PIB. Autant le dire à nos partenaires européens, et à nos citoyens qui se plaignent de la politique « d’austérité » ; ils n’ont encore rien vu.
Accessoirement cela veut dire que les citoyens des autres pays européens plus rigoureux font bénéficier la France de leur bonne conduite. Cela crée un peu d’acrimonie de leur part, bien compréhensible.
Au même moment Pierre Moscovici était nommé commissaire européen pour l’Economie et les affaires monétaires, ce qui est parfaitement risible et immérité compte tenu des performances de la France dans ce domaine en général, et de Moscovici ex-ministre des finances français en particulier. Ainsi va la politique où la compétence n’est que rarement utilisée comme critère de sélection de ses responsables, au détriment du sens de la communication et de l’appartenance au parti qu’il faut.
La France ne méritait pas ce poste, Moscovici (qui a par ailleurs laissé de très mauvais souvenirs de son arrogance lorsqu’il était ministre des affaires européennes) n’a pas performé à la tête des finances françaises, c’est le moins que l’on puisse dire, mais la politicaillerie européanisée en a décidé autrement. Les membres méritants de l’Union européenne sont bons pour payer pour les pays défaillants. C’est ce qu’on appelle le nivellement par le bas.

Irresponsabilité politique

Etonnant : encore un élu pris la main dans le sac de la fraude fiscale. Député socialiste, Thomas Thévenoud venait d’être nommé sous-ministre de quelque chose alors que la presse à sorti que le garçon avait oublié de faire ses déclarations de revenu durant trois ans, refusé de payer ses loyers pour une durée équivalente, et autres fariboles du même tonneau. Illico démissionnaire du gouvernement et du parti socialiste, Thévenoud-le-fraudeur explique qu’il est victime d’une « phobie administrative » mais qu’il a régularisé sa situation depuis.

Le plus croquignolet dans l’histoire est que cet élu fraudeur fut membre de la commission parlementaire chargée de mettre au clair l’affaire de Cahuzac l’autre ministre-fraudeur, dont il ne fut pas l’un des accusateurs les plus modérés.
Nouvelle illustration si besoin en était de la folie du pouvoir qui monte facilement à la tête des politiciens les plus faibles.

Moyen-Orient

Après la énième guerre d’Israël contre Gaza cet été, les désormais habituelles accusations réciproques de crimes de guerre vont bon train. Des quartiers entiers de la bande de Gaza ont été réduits en poussière, des écoles ont été visées, des familles décimées, bref, le quotidien d’une sale guerre. Même l’armée israélienne a ouvert des enquêtes sur les agissements de ses forces durant cette guerre !
Mais cette fois-ci un élément nouveau se fait jour : 43 réservistes d’une unité de renseignement militaire israélien, dont 10 officiers, ont signé une lettre dans laquelle ils annoncent leur refus de participer à toute action qui « porterait atteinte à la population palestinienne. » Il semble que cette unité œuvre dans la manipulation de citoyens palestiniens pour en faire, de gré ou de force, des collaborateurs de l’armée israélienne.
On est toujours étonnés de penser que les attaques ciblées israéliennes contre des maisons ou des voitures de responsables palestiniens sont provoqués par des renseignements précis ne pouvant provenir que des palestiniens eux-mêmes. D’ailleurs à la fin de la guerre, le Hamas a exécuté nombre de palestiniens accusés de traîtrise.
Cette lettre ouverte des militaires israéliens explique comment sont utilisées des informations personnelles pour exercer des pressions sur les citoyens palestiniens et les forcer à collaborer. Cela n’étonne pas grand monde, au moins les choses sont-elles dites.