Angus & Julia Stone – 2014/12/09 – Casino de Paris

 

Angus & Julia Stone : une vague de douceur et de romantisme nous a emportés ce soir au Casino de Paris ! La fratrie australienne accompagnée d’une bande de musiciens chevelus et barbus, moitié cow-boys, moitié hippies nous vient des mers du Sud et fleure bon la maison bleue sur la colline de San Francisco dans les années 60’, mais ne boudons pas notre plaisir.

Angus et Julia sont chacun chanteur-guitariste-auteur-compositeur, ont mené des carrières solo avant de se retrouver depuis trois albums. L’avant-dernier Down The Way est illustré de photos de famille sépia au hasard des paysages démesurés de leur pays-continent, le dernier disque montre nos deux musiciens assis au coucher du soleil face aux lumières floues d’une ville sans fin. Le ton est donné et l’atmosphère de leur musique est résumée par ces images.

Angus & Julia Stone, un duo de chanteurs folks, émouvants et complices, qui se passent le relais du chant et des guitares mais qui ne sont jamais aussi magnifiques que lorsqu’ils chantent ensemble, elle avec voix polissonne aux intonations parfois un peu nasillarde, lui dans les graves avec une articulation des mots à peine prononcée, une voix fatiguée, comme revenue de tout. Elle est élégante et joue (bien) de la guitare et de la trompette avec ongles vernis et talons hauts, il est débraillé avec un look de bucheron, cachant ses cheveux filasses sous un bonnet de laine.

Le fond de scène est transformé en ciel intergalactique bleu sombre sur lequel brillent des étoiles. Les lumières sont tamisées, le groupe se complait dans une obscurité rassurante qui laisse flotter leur musique douce dans l’atmosphère. Tout n’est que grâce et délicatesse pour cette soirée musicale qui coule sur les spectateurs comme la mélodie du bonheur.

Après l’intro dynamique de Heartbreak le groupe alterne entre électricité et acoustique, elle ou lui, elle et lui. Parfois elle danse, solitaire, en ombres et lumière derrière les amplis, toute à sa musique dans ses propres nuages. Le groupe de chevelus chapeautés qui les entoure fait plus que bien son travail en accompagnant discrètement et efficacement nos deux héros. Ils jouent leur répertoire, sans surprise ni aspérité, mais en déployant cette douceur qui est leur marque de fabrique et donne envie de profiter des petits choses qui enluminent la vie de tous les jours. Il y a de l’ampleur dans cette musique qui ne néglige pas quelques envolées rythmiques et électriques avant de revenir sur le ton plus raffiné de la ballade. Un concert des Stone c’est un feu de bois un soir d’été au cœur du bush avec ses amis, rien de spécial, juste un peu de poésie qui passe.

Sur le rappel Santa Monica Dream, que Julia joue et chante sur le devant de la scène, une histoire triste d’amour et de rupture, elle pleure en terminant cette complainte : I’m somewhere, you’re somewhere/ I’m nowhere, you’re nowhere/ I’m somewhere, you’re somewhere/ I could go there but I don’t…/ Goodby to my Santa Monica dream/ Fifteen kids in the backyard drinking wine/ You tell me stories of the sea/ And the ones you left behind…

Julia en Angus s’étreignent longuement avant de quitter les Casino sur la pointe des pieds et de laisser l’assistance toute à son émotion et son ravissement. C’était juste un peu de grâce dans un monde sauvage.

Setlist : A Heartbreak/ Main Street/ For You/ Crash & Burn/ Private Lawns/ Big Jet Plane/ You’re the One That I Want 
(John Travolta & Olivia Newton-John cover)/ Draw Your Swords/ The Wedding Song/ Yellow Brick Road/ Heart Beats Slow/
Encore : And the Boys/ Santa Monica Dream

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