Wauqiez le paltoquet récidiviste

LCE_Wauquiez_20150422Laurent Wauqiez, chefaillon à l’UMP qui avait profité de l’assassinat sordide d’une gamine par un repris de justice étranger pour accuser Christine Taubira, ministre de la justice d’être indirectement responsable de ce meurtre de part « sa politique de désarmement pénal » a dû admettre devant la presse avide que ledit repris de justice avait été condamné en 2010, lorsque la droite était au pouvoir, et libéré sur la base d’une loi sur les réductions de peine, la loi Perben, votée en 2004. L’homme étant d’ailleurs sorti de prison en mars 2014… cinq mois avant la promulgation de la loi Taubira.

Cela n’a pas empêché ce paltoquet de récidiver lui aussi en ânonnant de nouveau ses slogans pour « le réarmement pénal ».

Au-delà des saillies finalement sans grande importance de ce personnage mal éduqué reste le vrai problème de l’incarcération de citoyens qui soit ont été dangereux dans le passé, soit risquent de le devenir, voir le cas très actuel des apprentis-terroristes nationaux qui sont allé passer des vacances en Syrie ou en Irak. Peut-on les laisser en prison jusqu’à leur mort, en a-t-on les moyens d’ailleurs, légaux [pour le moment non] et matériels [encore moins] ? Faut-il construire des prisons pour y entasser tout ce beau monde dont le nombre a vocation à croître de façon quasi-exponentielle si on les laisse enfermés effectivement jusqu’à la fin de leurs jours ? Notre société peut-elle envisager de courir un risque de devoir affronter périodiquement un assassinat comme celui de Chloé de temps en temps ? Statistiquement oui, émotionnellement sans doute non.

C’est un débat de société qui a été déjà mené par les majorités de droite comme de gauche, aboutissant à des dispositifs légaux finalement assez semblables, même si les uns penchant plus en faveur de l’incarcération et les autres en faveur de la rééducation. Mais personne n’a jusqu’ici fait adopter un système tout carcéral dont les élus ont conclus qu’il n’est juste pas techniquement applicable du fait de l’impossibilité de condamner à perpétuité tout citoyen dangereux et de le laisser en prison ad vitam aeternam.

Peut-être un Laurent Wauquiez ministre de la justice pourra un jour initier un tel projet et le défendre devant le parlement. Ce n’est pour l’instant pas le cas et pour le moment il fait son programme sur Twitter en 140 signes, c’est juste un peu plus facile.

Tweet_Wauquiez_20150416

 

L’actualité des banques

Goldman-Sachs_SucksDeutsche Bank est condamnée à régler une amende de 2,3 milliards d’euros aux autorités financières américaines et britanniques pour avoir manipulé les taux d’intérêt interbancaires Libor et Euribor. Il a été avéré que cette banque a sciemment, et plusieurs années durant, communiqué aux autorités de régulations de fausses informations sur les taux réels qu’elle payait ou recevait avec les autres banques, amenant ainsi à fausser les taux officiels publiés au mieux de ses intérêts.

Une fois encore on constate que livrées à elles-mêmes les entreprises, derrière leurs beaux discours sur le libéralisme, n’ont qu’une idée en tête : ne surtout pas laisser jouer la libre concurrence qui les poussent à se remettre en cause de façon permanente. Que ce soit dans un contexte d’économie socialiste ou capitaliste, vous laissez deux entreprises sans surveillance et la première chose qu’elles cherchent à faire est de s’entendre pour se partager ou manipuler le marché.

Religion à Villejuif

Un apprenti terroriste est arrêté dans une cité universitaire avec une balle dans la jambe et une cargaison d’armes dans sa voiture et sa chambre. Le garçon est soupçonné d’avoir tué une jeune femme pour lui voler sa voiture en vue de préparer des attentats dans des églises parisiennes. Cette fois-ci il n’est pas français mais algérien. L’enquête démarre après une arrestation plutôt due au hasard semble-t-il.

Le Mobilier National

Paris_Mobilier-NationalVisite de la galerie du Mobilier National ouverte au public où l’on explique les différents métiers d’art exercés par des artisans-fonctionnaires qui entretiennent et restaurent le mobilier disséminé dans les palais nationaux, l’Elysée, les ministères ou les ambassades. Ebénisterie, menuiserie en siège, lustrerie-bronzerie, tapisserie d’ameublement, tapisserie décor, restauration de tapis et de tapisserie ; depuis plusieurs siècles des spécialistes de ces métiers œuvrent au maintien de ce patrimoine et des compétences nécessaires.

Les esprits chagrins pourront s’émouvoir que ces nobles tâches restent à la charge du contribuable. Est-ce le cas dans les pays anglo-saxons ? Sont-ce des fonctionnaires qui entretiennent les tapisseries du château de Windsor ou le secteur privé ? Dans un cas comme dans l’autre nos Etats ont intérêt à maintenir leur patrimoine.

Le centenaire d’un génocide en Arménie

Après des années de lutte l’Arménie a réussi à faire reconnaître le génocide de son peuple en 1915 par l’Empire ottoman (environ 1,5 millions de morts) par la quasi-totalité de la planète, excepté la Turquie qui a succédé à l’Empire accusé. Le terme génocide est juridiquement bien cadré depuis l’extermination des juifs par les nazis. On passe du massacre de masse au génocide lorsqu’il y a une véritable intention politique de faire disparaître un groupe d’hommes pour raison ethnique, raciale ou religieuse. Il semble bien que le parti des Jeunes Turcs  et ses dirigeants aient eu cette intention en 1915.

Le pouvoir actuel turc refuse d’admettre officiellement avoir commis un génocide. Il a fallu attendre le président Chirac et son discours du Vel d’Hiv en 1995 pour que la France officielle admette sa participation aux rafles nazies en 1942 (« La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »). Les pouvoirs qui s’étaient succédés à Paris depuis la libération n’avaient pas varié en affirmant unanimement, de de Gaulle à Mitterrand que « Vichy n’était pas la France ». Cette fiction a été nécessaire un moment pour reconstruire la Nation puis, le moment venu, la vérité connue de tous a pu être admise. Le déni du génocide arménien est un des éléments fondateurs de la Turquie moderne. Il tombera, un jour…

La reconnaissance par le reste du Monde n’est pas allée de soi. La chute de l’Empire ottoman après la 1ère guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale suivie de la guerre froide, n’y ont pas aidé. Les Etats-Nations avaient autres choses à faire. La communauté arménienne s’est battue avec conviction pour atteindre ce but, qui ne l’est encore que partiellement puisque la Turquie s’y refuse toujours formellement. Cette lutte a été appuyée par du terrorisme : ciblé avec les exécutions de dirigeants turcs dans les années 20, puis aveugle avec dans les années 80 des attentats comme ceux de l’Asala (Armée secrète arménienne de libération de l’Arménie) sur l’aéroport d’Orly en France qui tue 9 personnes au comptoir de Turkish Airlines. Le chef du commando a été arrêté, fait 17 ans de prison en France puis a été extradé vers l’Arménie et on ne parle sans doute plus de ces choses-là avec Erevan.

Evidemment il s’agit aussi de religion : l’Arménie est chrétienne depuis des lustres, a été l’alliée des croisées, à l’origine d’une très riche Histoire, se targue de culture européenne, etc. L’Occident la regarde toujours avec affection.

Alors aujourd’hui la communauté internationale se presse à Erevan, capitale de l’Arménie pour célébrer ce centenaire. L’Arménie est devenue véritablement indépendante en 1991 après la fin de l’Empire soviétique, pour immédiatement entrer en guerre contre l’Azerbaïdjan à cause de revendications territoriales. Pays enclavé, Erevan est fâché ou en guerre avec deux de ses pays frontaliers : la Turquie et l’Azerbaïdjan ; la frontière avec la Géorgie est en partie fermée pour cause de rébellion de la minorité arménienne de ce pays, et celle avec l’Iran fait 35 km. Au cœur d’une région à forte activité sismique, l’Arménie est régulièrement l’objet de tremblements de terre dévastateurs.

Pas facile de survivre dans de telles conditions. On se demande si cette entité n’est pas condamnée à être baladée d’empires en catastrophes au gré des hasards de l’Histoire. Elle est pour le moment dans les mains de l’Empire des créanciers multilatéraux et bénéficie de la générosité d’une nombreuse diaspora à travers la planète. Idéalement il conviendrait qu’elle se réconcilie avec au moins un de ses voisins pour assurer son développement économique… mais ce n’est pas encore vraiment d’actualité.

Guerre de succession au Gabon

La fratrie Bongo se déchire sur la succession du papa décédé en 2009. Le fiston Ali a pris la suite de papa à la présidence du Gabon et la fille Pascaline reçoit la presse dans ses appartements du XVIème arrondissement de Paris. L’un et l’autre ont largement participé/bénéficié au/du pillage du pays sous l’égide de papa et de la bienveillance des réseaux de la FranceAfrique. Evidemment, malgré tous leurs efforts, ils n’ont pas pu tout dépenser et il en reste. On parle de centaines de millions d’EUR sous forme de valeurs mobilières et immobilières à travers la planète, de cash, de voitures de luxe, etc. le tout soigneusement organisé dans la plus grande opacité de paradis fiscaux de circonstance. Les requins de tous ordres, gabonais ou pas, nagent dans ces eaux troubles avec délectation.

Les héritiers veulent récupérer le maximum. Cerise sur le gâteau, El Hadj Omar, grand pilleur devant l’éternel, était marié avec plusieurs femmes bien entendu, dont la fille du président d’à coté, le congolais Sassou N’Guesso, très grand prévaricateur lui aussi des richesses de ses citoyens. Celle-ci est décédée et la fratrie Bongo œuvre pour l’oublier dans la succession au grand dam de son père. Omar était non seulement un grand voleur mais aussi un géniteur très productif, il avait une cinquantaine d’enfants plus ou moins reconnus rendant donc la succession complexe.

Quelques ONG se battent vaillamment pour essayer de faire rendre aux Etats concernés les biens « mal acquis », c’est-à-dire volé à leurs citoyens, par ces dirigeants. La justice française a saisi une part des biens identifiés en France dans l’attente des suites des actions en cours. Ali, le fiston qui s’est assis dans le fauteuil de papa à Libreville assure que toutes ces pratiques sont maintenant terminées… ce qui ne l’empêche pas de vouloir sa part du résultat des méthodes du passé.

Les dirigeants français ont également publié l’acte de décès de la FranceAfrique… on peut craindre qu’elle ne bouge encore un peu. Le contribuable français, lui, continue à payer les annulations de dette consenties au Gabon, émirat pétrolier de la côte Atlantique.

Angus & Julia Stone – 2015/04/23 – Paris le Zénith

Après leur merveilleux concert du Casino de Paris en décembre dernier Angus & Julia Stone sont de retour au Zénith ce soir avec toujours la même douceur pleine de romantisme dans la musique de cette fratrie australienne. Des mots simples sur des ballades folks, des voix un peu lassées, la musique post-hippie du XXIème siècle.

Enfants d’un père musicien ils ont poursuivi sa passion, séparément puis réunis. Natifs de l’Australie le pays des grands espaces où la vie semble libre, ils incarnent le coté apaisé de leur ile-continent. Chevelus-barbus, les cinq musiciens masculins entourent Julia-pleine-de-grâce qui partage le micro avec son frère Angus. Trois guitares aériennes pour accompagner deux voix éthérées, une rythmique en fond et des nappes de clavier. Parfois Julia danse seule dans un coin de la scène, portée par cette musique charmante. Souvent elle sourit devant son micro sans que l’on ne sache bien si elle s’adresse au public ou si elle ne fait qu’exprimer sa félicité intérieure de créer et partager cette musique de cœur. Angus ferme les yeux en chantant et susurre ses textes dans sa barbe.

Angus et Julia, un couple musical furieusement romantique et tellement bienvenu !

Hollande toujours désopilant

CH_20150409_HollandeDans une interview télévisée hier dimanche, le président de la République compare le programme du Front National à un tract du Parti Communiste des années 70. C’est plutôt bien vu tant les deux programmes brillent par leur irréalisme. C’est en tout cas désopilant et fait sourire les connaisseurs, sauf les communistes qui n’ont jamais brillé par leur sens de l’humour.

Evidemment, la comparaison entre FN et PC est un peu agressive et donc mal vécue. Elle est de ce fait déplacée. Un président de la République devrait pouvoir utiliser un peu plus de pédagogie pour convaincre ses électeurs, plutôt qu’abuser de petites phrases qui n’amusent que le microcosme politico-mondano-médiatique, et encore, pas très longtemps.

Bonnard au Musée d’Orsay

Bonnard_La-femme-au-chatExposition « Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie » au Musée d’Orsay. Un peintre toujours éblouissant et un accrochage orienté sur les périodes d’inspiration successives de l’artiste : de ses débuts japonisants, aux sublimes paysages multicolores de Normandie ou du Midi, en passant par de mystérieux autoportraits et les nus troublants de Marthe, sa muse et son épouse. Beaucoup d’intimité dans ces tableaux, des atmosphères familiales, un chat qui traîne toujours dans un coin du tableau, la vie qui passe, et toujours des couleurs surnaturelles que seul l’œil imaginatif d’un peintre peut voir et reproduire.

L’Europe eldorado

Des centaines de morts en mer Méditerranée depuis des mois. Des migrants, économiques et politiques, s’entassent sur des navires de fortune qui tentent de forcer le barrage des frontières européennes pour espérer une vie meilleure au nord. Des passeurs de la pire espèce coulent les rafiots en vue des côtes ou fuient en laissant le navire aller droit devant sans personne à la barre, avec sa cargaison de misère. Les bonnes âmes appellent à des « actions fortes ». François 1er, toujours jésuite, demande à «agir avec décision et rapidité ». Quant aux partis politiques et associations en tous genres qui se lamentent… n’en parlons même pas.

Le problème est aigu. En fait si l’on ne veut pas que ces gens se noient lors de la traversée il faudrait que les Etats occidentaux aillent les chercher sur de vrais navires et les transportent dans les pays européens pour les y installer, en attendant des jours meilleurs. Personne n’ose le dire alors chacun en appelle à des actions sans avoir la moindre envie de les définir. C’est la faux-jetonnerie de première catégorie, propre à nos sociétés modernes rongées par l’obésité et le cholestérol.

Quel gouvernement prendra le risque politique de se déclarer prêt à accueillir de tels mouvements de population dans une vieille Europe qui a favorisé, pour beaucoup de bonnes raisons, la chute des gouvernements dictatoriaux dans le Maghreb et le Machrek ? L’extrême droite montre son nez un peu partout sur le vieux continent où les électeurs ne se sentent plus à l’abri de leur douillet et historique confort. Le terrorisme religieux qui sévit ces dernières années accentue encore ce sentiment du « on est plus chez nous » largement relayé par les chroniqueurs petits bras de la théorie du « grand remplacement » qui délayent leur pensé limitée dans Valeurs Actuelles.

La générosité des peuples qui s’est exprimée dans les immenses mouvements de population apparus en Europe après les deux dernières guerres mondiales, voire même en Allemagne lors de sa réunification, ou dans les années 70 lorsque les vietnamiens fuyaient leur régime communiste, n’est plus de mise. La précarité ressentie par les peuples qui se sont pourtant considérablement enrichis depuis 1945 a tué la solidarité. C’est un des dommages collatéraux du libéralisme mondialisé. On ne veut plus partager. Le fantastique accroissement des inégalités, à la fois entre les pays de la planète, mais aussi à l’intérieur de ces mêmes pays, augmente encore cette volonté de départ des pays pauvres vers chez les riches.

Avec l’anarchie qui règne en Lybie, les mafias locales prospèrent sur le trafic d’êtres humains. L’Occident culpabilise et  personne ne sait plus comment bloquer les départs comme le faisait Kadhafi en échange d’un peu de reconnaissance internationale. Les plus cyniques doivent penser qu’au-delà d’un certain nombre de noyés, le flux de départ se tarira compte tenu du danger. Les plus émotifs continuent à réclamer « des mesures ». Le bon peuple occidental continue de soigner son cholestérol et personne au nord de la Méditerranée n’envisage d’installer des camps de réfugiés dans son jardin.

Laurent Wauquiez est un cornecul

Laurent_WauquiezUne gamine est violée et assassinée dans le nord de la France par un cinglé, immédiatement emprisonné. Et toutes affaires cessantes les médias et la politique inondent les citoyens d’un déluge de lieux communs, de slogans et de beaufitudes, attisant les réactions populaires et préparant les élections alors que la situation exigerait plutôt décence et réflexion. Le présumé assassin est polonais, et repris de justice, ce qui permet aux politicards d’en rajouter sur le danger venant de l’étranger.

L’un d’entre eux se manifeste tout particulièrement et avec son brio habituel, il s’agit de Laurent Wauquiez, secrétaire général du parti conservateur qui déclare :

Tout d’abord, il faut faire la lumière sur cette affaire. Il y a trop de questions sans réponse. Y a-t-il eu une défaillance majeure dans l’exécution de la peine ? Pourquoi quelqu’un qui devait être reconduit à la frontière et expulsé ne l’a pas été ? Nous demandons que l’inspection générale des services judiciaires soit saisie. Il faut savoir et comprendre… cela pose à l’évidence toute la question de la politique de remise de peine et de réductions automatiques de Mme Taubira… Par sa circulaire, la garde des Sceaux a incité à renforcer ces allègements. Ce prédateur en a-t-il bénéficié ? De toute évidence, la politique du gouvernement est à rebours de nos besoins. Mme Taubira fait du désarmement pénal, les Français attendent du réarmement pénal

Mme. Taubira, ministre de la justice est la cible préférée de ces caricatures de responsables politiques depuis qu’elle a porté la loi pour le mariage homosexuel, votée à la majorité d’un parlement démocratiquement élu. Elle est évidemment désignée comme personnellement responsable de l’assassinat de cette gamine par des populistes de tous bords. Et la gauche au pouvoir depuis trois ans est bien sûr à l’origine de ces atrocités du fait de son légendaire laxisme qui a poussé au crime ce repris de justice.

D’un vrai problème de société : que fait-ton des criminels irrécupérables et comment finance-t-on leur mise à l’écart de la société ?, des élus de rencontre, cédant à la panique, oubliant l’intelligence, livrant le pays à l’abrutissement, font de ce sujet grave une nouvelle inutile polémique de caniveau.

Laurent Wauquiez est en tête de gondole pour crier haro sur le baudet entre deux blancs secs au Café du commerce avec Mme. Michu.

Laurent Wauquiez est un cornecul ambitieux capable du pire. Il annone les slogans de Valeurs Actuelles comme un réflexe pavlovien dès qu’un évènement apparaît dans les titres des médias. Il parade sur les plateaux pour vendre son absence de réflexion comme Nabilla faisant la promotion de sa marque de petites culottes.

Laurent Wauquiez n’arrive pas à cacher la délectation qui est la sienne quand il remue la lie de notre société pour en faire un fumet attirant pour ses électeurs. Il a pourtant quelques neurones : normalien, énarque, agrégé d’histoire, mais les synapses qui les relient entre eux se sont brisées lorsqu’il a plongé dans le marigot nauséabond de la politique partisane. Et depuis il n’y a plus d’influx nerveux pour irriguer les dits neurones qui sont à l’arrêt.

Même les électeurs conservateurs devraient se méfier de Laurent Wauquiez qui a une vocation de Brutus et qui immanquablement les trahira le moment venu. Après avoir critiqué Sarkozy après sa défaite en 2012 il est revenu manger dans sa main en échange d’un maroquin partisan. Il lui plantera un couteau dans le cœur un jour, c’est écrit.

Laurent Wauquiez illustre à en pleurer notre drame national : la pauvreté intellectuelle d’une classe politique, imbue d’elle-même, surtout concernée par sa réélection, refusant ainsi de prendre le risque de faire de la politique, c’est-à-dire emmener le pays et les citoyens vers un avenir meilleur.

En cherchant bien on ne reconnaît qu’une seule qualité à Laurent Wauquiez : il ne se teint pas les cheveux comme de (trop) nombreux politiques qui refusent d’affronter leur âge comme l’avenir de leurs électeurs ou le déficit du budget de la République.

Mais à la question : à quoi de positif peut donc bien servir un Laurent Wauquiez ?, on peine à trouver réponse. Le garçon sera sans doute ministre lors d’une prochaine alternance de droite. Il n’en sera que plus inutile et potentiellement nuisible tellement il érige la démagogie en mode de fonctionnement.

Il se confirme que nous avons, hélas, les dirigeants que nous méritons. Mon-Général, revient !

Compte tenu de sa représentativité de la classe politique actuelle nous allons ouvrir ici une rubrique Laurent Wauquiez pour suivre ses exploits, et immédiatement référencer son compte Twitter à la rubrique les Tweets crétins.

Religion à Rome

Le pape François 1er remonté contre la guerre et les massacres d’innocents en appelle à Dieu…

« A Jésus victorieux, demandons d’alléger les souffrances de tant de nos frères persécutés à cause de son nom, comme aussi de tous ceux qui pâtissent injustement des conséquences des conflits et des violences actuels. Il y en a tant ! »

Et à ses créatures qui composent la communauté internationale à :

« ne pas rester inerte face à l’immense tragédie humanitaire en Syrie et en Irak », et ses « nombreux réfugiés »

Pas sûr que l’un ni les autres ne soient très efficaces à court terme. La communauté internationale, au moins occidentale, bombarde déjà à qui mieux-mieux les extrémistes musulmans-sunnites qui pillent et égorgent non seulement des chrétiens, mais en gros tout humain qui n’est pas sunnite.

François 1er fait le jésuite qu’il est d’ailleurs. Il n’ose pas appeler l’occident chrétien à faire la guerre pour tenter de sauver les chrétiens orientaux alors il demande de « …ne pas rester inerte », comprenne qui pourra ce message divin !

Le syndrome français de retour

L’économie numérique présente bien des inconvénients et quelques dommages collatéraux. Elle offre notamment la possibilité aux râleurs nationaux de déverser leurs incohérences, voire leur bile, sur leur compatriotes. Nombre de sites internet se sont développés pour héberger les pétitions des français en colère. Sur https://www.change.org/ on trouve tout et n’importe quoi, de la pétition pour autoriser le don de sang des homosexuels à celle contre le taux de TVA sur les protections féminines, en passant par celle qui nous occupe aujourd’hui sur les deux orchestres classiques émargeant sur le budget de Radio France.

La radio publique française est en grève depuis plusieurs semaines. Elle n’a plus assez de ressources pour financer ses prestations qui sont pourtant de qualité. Ses ressources viennent de la redevance audiovisuelle et de dotations budgétaires, bref, de la poche des contribuables. Il va falloir restructure Radio-France, c’est-à-dire ajuster les dépenses et les recettes, comme pour le reste de la République, comme à la maison, comme en entreprise. C’est la vie.

Mais bien entendu le syndrome français du découplage entre recettes et dépenses se manifeste une nouvelle fois : les contribuables qui veulent une baisse de leurs impôts veulent en même temps que l’Etat soutienne Radio France, en gros augmente ses subventions. Il se trouve que cette radio publique finance deux orchestres classiques, un chœur et une maîtrise. L’un des points étudiés pour la restructuration était de fusionner les deux orchestres. Ce n’est pas plus idiot qu’autre chose et pourrait aider à redresser la barre. Est-ce mieux d’avoir deux orchestres qu’un seul ? Sans doute, mais lorsqu’il n’y a plus de sous il faut faire des choix, comme à la maison.

Alors les citoyens découplés crient au scandale et pétitionnent à qui mieux mieux expliquant que ces deux formations musicales sont vitales pour la survie de Radio France : …une richesse unique au monde, qu’aucune autre radio ne peut se targuer d’abriter… Les mêmes contestent sans doute par ailleurs les impôts qu’ils payent. C’est la plaie de la France : les libéraux de salons, les chicago-boys de la rive gauche, les capitalistes de circonstances…

  • Je suis libéral mais comment, l’Etat envisagerait de ne plus financer deux orchestres chez Radio France, c’est un scandale ?
  • Je suis libéral mais comment, l’Etat envisage de laisser les sociétés d’autoroute augmenter les tarifs de péage et faire des profits, c’est un scandale ?
  • Je suis libéral mais comment, l’Etat vend ses parts dans l’aéroport de Toulouse, c’est un scandale ?
  • Je suis libéral mais comment, mon rejeton doit payer des droits d’entrée à l’université, c’est un scandale ?
  • Etc. etc.

Tous ces citoyens ressassant les éditoriaux de Guillaume Roquette (le patron du FigMag) adhèrent au libéralisme mais à conditions que ses effets se fassent sentir uniquement chez leurs voisins, pas dans leurs jardins. C’est un des problèmes gaulois qui nuit à l’unité nationale qui serait pourtant nécessaire en ces périodes de crise financière et politique.

La pétition des citoyens déphasés :

Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre,

Depuis quelques semaines Radio France est secouée par une grève sans précédent. Les formations musicales de cette maison ne cessent d’être la cible d’attaques récurrentes qui menacent leur existence même. L’Orchestre National de France et l’Orchestre Philharmonique de Radio France sont pointés du doigt. Depuis l’origine les chefs les plus prestigieux dirigent ces formations. Le niveau et la réputation internationale de ces orchestres sont un atout majeur dans le rayonnement de Radio France, dont la vocation de service public, rappelons-le, est d’informer, d’éduquer, de divertir. En association avec les antennes qui se font l’écho de leur travail, les formations musicales participent avec ferveur à cette mission avec des programmes audacieux, soutenant la création, les jeunes talents, et les projets pédagogiques. Les formations musicales de Radio France (les deux orchestres, le chœur et la maîtrise) ont des identités fortes : c’est une richesse unique au monde, qu’aucune autre radio ne peut se targuer d’abriter. C’est cette richesse dont on veut priver aujourd’hui Radio France, ses antennes et ses auditeurs. Ces formations reflètent par ailleurs toutes les valeurs que nos politiques veulent défendre, à raison : la Culture contre la barbarie, l’exception française, la jeunesse (avec le recrutement de musiciens issus des conservatoires supérieurs et la formation grâce au travail de la maîtrise), la parité hommes-femmes que beaucoup d’entreprises devraient nous envier. Pour honorer ces missions et ces valeurs, les formations musicales ne représentent que 6% du budget global de Radio France. La menace qui pèse sur elles, au nom d’une logique de rentabilité absurde, est la preuve du désengagement de l’état. Le paysage musical français se désertifie peu à peu… Les conservatoires, les festivals, les orchestres sont mis à mal partout en France… A l’heure où l’actualité nous livre les dérives de l’ignorance, dans une brutalité et une intolérance grandissantes, nos dirigeants doivent prendre conscience de la nécessité de PROTEGER et de COMMUNIQUER LE SAVOIR et la CULTURE qui en sont les remparts. Alors que la réouverture de Radio France au public vient de révéler les qualités et le potentiel d’un nouvel auditorium, nous réclamons une politique artistique digne du service public, et qui préserve l’avenir des formations en son sein.

Pulp – le dernier concert

Pulp_Documentaire2001, le groupe britannique Pulp cesse de tourner après un dernier disque We Love Life créé sous tension. 2013, Jarvis Cocker leader-fondateur du groupe décide le reformer pour organiser une tournée d’adieu et mettre fin de façon élégante à cette aventure musicale. Le dernier concert sera pour Sheffield, ville dont est originaire Pulp. Ce documentaire retrace l’histoire du concert à travers des interviews de vieux fans du groupe, de jeunes groupies venues des Etats-Unis ou d’Australie pour ce show unique, du marchand de journaux du coin de la rue, des musiciens eux-mêmes qui ont connu des fortunes diverses depuis leur séparation. La claviériste raconte son arthrite déclarée lorsqu’elle était adolescente et qui ne l’a pas empêchée de jouer tout au long de ces années, et pour cette ultime tournée, malgré des doigts déformés. Nous sommes à Sheffield, alors bien sûr un autre régional de l’étape s’invite dans le film et sur scène : Richard Hawley. Et puis Jarvis bien sûr, le héros sympathique du groupe et auteur des principaux textes, ironiques et cinglants sur les choses de tous les jours, sur le sexe et l’amour, la politique, la lutte des classes…

Un groupe marquant de cette période qualifiée de britpop, une espèce de nouvelle vague de la fin du XXème siècle, mélodique, plus maligne et moins violente que la new-vawe qui a succédé au punk vingt ans plus tôt. Ce film nous redonne à vivre un peu de la nostalgie de cette époque.

Religion au Moyen-Orient

Dans une de ses dernières vidéos d’assassinat d’otage, l’organisation extrémiste religieuse Etat Islamique montre un gamin d’une douzaine d’années tirant une balle dans la tête d’un otage arabo-israélien puis canardant son cadavre. Une enquête est en cours pour confirmer ou nom que le gamin assassin serait français. Le conditionnement par l’idéologie islamique fait tomber toutes les barrières élémentaires de l’Humanité avec une redoutable efficacité.

Carrère Emmanuel, ‘Le Royaume’.

Sortie : 2014, Chez : P.O.L. Carrère relit les évangiles et nous le fait savoir. Il y a quelques années il fut croyant, noircissant des cahiers de notes avec les pensées que lui inspirait cette foi passagère. Des années plus tard il se replonge dans ces écrits et en profite pour réaliser un travail considérable d’historien de la Bible. Non seulement il la relit, ainsi que nombre de textes et travaux connexes, mais il l’interprète et nous la raconte à sa manière. On suit ainsi les pérégrinations des apôtres Luc et Paul à travers l’Empire romain pour y répandre le message de Jésus. Là où l’information manque dans la Bible il ajoute ses propres interprétations.
Le texte original étant un peu longuet et ennuyeux, le travail de Carrère l’est aussi. 630 pages sur la vie de Paul et Luc, on aurait pu faire plus concis. Ce que n’expliquent ni l’original ni son exégèse, c’est comment ce message a pu traverser les millénaires en provoquant tant de fureur !

Langaney & Clottes & Guilaine interrogés par Simonnet André & Jean & Jean interrogés Dominique, ‘La plus belle histoire de l’Homme’.

Sortie : 1998, Chez : Points P779. « La plus belle histoire de l’Homme » ou comment l’homo-sapiens a progressivement colonisé la planète et lancé notre espèce. Du chasseur-ceuilleur à l’agriculteur, des petits groupes mobiles aux sédentaires, de la solidarité des débuts à l’instauration du pouvoir, et comme un marqueur de cette histoire de l’Humanité, l’art rupestre qui a traversé les millénaires et a finalement arrêté d’être produit seulement au XXème siècle !
Ce livre est composé de trois dialogues avec un généticien sur la conquête du territoire, un conservateur du patrimoine sur la conquête de l’imaginaire et un historien sur la conquête du pouvoir.
Passionant et mystérieux.