Le centenaire d’un génocide en Arménie

Après des années de lutte l’Arménie a réussi à faire reconnaître le génocide de son peuple en 1915 par l’Empire ottoman (environ 1,5 millions de morts) par la quasi-totalité de la planète, excepté la Turquie qui a succédé à l’Empire accusé. Le terme génocide est juridiquement bien cadré depuis l’extermination des juifs par les nazis. On passe du massacre de masse au génocide lorsqu’il y a une véritable intention politique de faire disparaître un groupe d’hommes pour raison ethnique, raciale ou religieuse. Il semble bien que le parti des Jeunes Turcs  et ses dirigeants aient eu cette intention en 1915.

Le pouvoir actuel turc refuse d’admettre officiellement avoir commis un génocide. Il a fallu attendre le président Chirac et son discours du Vel d’Hiv en 1995 pour que la France officielle admette sa participation aux rafles nazies en 1942 (« La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »). Les pouvoirs qui s’étaient succédés à Paris depuis la libération n’avaient pas varié en affirmant unanimement, de de Gaulle à Mitterrand que « Vichy n’était pas la France ». Cette fiction a été nécessaire un moment pour reconstruire la Nation puis, le moment venu, la vérité connue de tous a pu être admise. Le déni du génocide arménien est un des éléments fondateurs de la Turquie moderne. Il tombera, un jour…

La reconnaissance par le reste du Monde n’est pas allée de soi. La chute de l’Empire ottoman après la 1ère guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale suivie de la guerre froide, n’y ont pas aidé. Les Etats-Nations avaient autres choses à faire. La communauté arménienne s’est battue avec conviction pour atteindre ce but, qui ne l’est encore que partiellement puisque la Turquie s’y refuse toujours formellement. Cette lutte a été appuyée par du terrorisme : ciblé avec les exécutions de dirigeants turcs dans les années 20, puis aveugle avec dans les années 80 des attentats comme ceux de l’Asala (Armée secrète arménienne de libération de l’Arménie) sur l’aéroport d’Orly en France qui tue 9 personnes au comptoir de Turkish Airlines. Le chef du commando a été arrêté, fait 17 ans de prison en France puis a été extradé vers l’Arménie et on ne parle sans doute plus de ces choses-là avec Erevan.

Evidemment il s’agit aussi de religion : l’Arménie est chrétienne depuis des lustres, a été l’alliée des croisées, à l’origine d’une très riche Histoire, se targue de culture européenne, etc. L’Occident la regarde toujours avec affection.

Alors aujourd’hui la communauté internationale se presse à Erevan, capitale de l’Arménie pour célébrer ce centenaire. L’Arménie est devenue véritablement indépendante en 1991 après la fin de l’Empire soviétique, pour immédiatement entrer en guerre contre l’Azerbaïdjan à cause de revendications territoriales. Pays enclavé, Erevan est fâché ou en guerre avec deux de ses pays frontaliers : la Turquie et l’Azerbaïdjan ; la frontière avec la Géorgie est en partie fermée pour cause de rébellion de la minorité arménienne de ce pays, et celle avec l’Iran fait 35 km. Au cœur d’une région à forte activité sismique, l’Arménie est régulièrement l’objet de tremblements de terre dévastateurs.

Pas facile de survivre dans de telles conditions. On se demande si cette entité n’est pas condamnée à être baladée d’empires en catastrophes au gré des hasards de l’Histoire. Elle est pour le moment dans les mains de l’Empire des créanciers multilatéraux et bénéficie de la générosité d’une nombreuse diaspora à travers la planète. Idéalement il conviendrait qu’elle se réconcilie avec au moins un de ses voisins pour assurer son développement économique… mais ce n’est pas encore vraiment d’actualité.

Guerre de succession au Gabon

La fratrie Bongo se déchire sur la succession du papa décédé en 2009. Le fiston Ali a pris la suite de papa à la présidence du Gabon et la fille Pascaline reçoit la presse dans ses appartements du XVIème arrondissement de Paris. L’un et l’autre ont largement participé/bénéficié au/du pillage du pays sous l’égide de papa et de la bienveillance des réseaux de la FranceAfrique. Evidemment, malgré tous leurs efforts, ils n’ont pas pu tout dépenser et il en reste. On parle de centaines de millions d’EUR sous forme de valeurs mobilières et immobilières à travers la planète, de cash, de voitures de luxe, etc. le tout soigneusement organisé dans la plus grande opacité de paradis fiscaux de circonstance. Les requins de tous ordres, gabonais ou pas, nagent dans ces eaux troubles avec délectation.

Les héritiers veulent récupérer le maximum. Cerise sur le gâteau, El Hadj Omar, grand pilleur devant l’éternel, était marié avec plusieurs femmes bien entendu, dont la fille du président d’à coté, le congolais Sassou N’Guesso, très grand prévaricateur lui aussi des richesses de ses citoyens. Celle-ci est décédée et la fratrie Bongo œuvre pour l’oublier dans la succession au grand dam de son père. Omar était non seulement un grand voleur mais aussi un géniteur très productif, il avait une cinquantaine d’enfants plus ou moins reconnus rendant donc la succession complexe.

Quelques ONG se battent vaillamment pour essayer de faire rendre aux Etats concernés les biens « mal acquis », c’est-à-dire volé à leurs citoyens, par ces dirigeants. La justice française a saisi une part des biens identifiés en France dans l’attente des suites des actions en cours. Ali, le fiston qui s’est assis dans le fauteuil de papa à Libreville assure que toutes ces pratiques sont maintenant terminées… ce qui ne l’empêche pas de vouloir sa part du résultat des méthodes du passé.

Les dirigeants français ont également publié l’acte de décès de la FranceAfrique… on peut craindre qu’elle ne bouge encore un peu. Le contribuable français, lui, continue à payer les annulations de dette consenties au Gabon, émirat pétrolier de la côte Atlantique.