Religion en Israël

Des extrémistes religieux, colons israéliens, mettent le feu à une maison palestinienne : un nourrisson de 18 mois meurt brûlé vif, ses deux parents sont gravement blessés. Les colons agissent au nom de Dieu et de la recomposition du Grand Israël tel que prévu dans la bible. Comme souvent lorsque la religion prend le pas sur la raison, il ne reste qu’un océan de ruines. Il n’y a guère moyen de parler avec ces religieux qui sont inspirés par Dieu et imperméables au discours des Hommes. Quand on leur avance le droit et l’humanité ils répondent avec la bible et le message du tout-puissant…

Boston gère l’argent de ses contribuables

La ville de Boston était candidate annoncée mais non encore confirmée à l’organisation des jeux olympiques d’été de 2024 comme Paris. Toutefois le maire de Boston vient de refuser « d’engager la responsabilité de Boston pour des dépassements » et « de signer une garantie qui utilise l’argent des contribuables pour payer les Jeux olympiques » énonçant que « si s’engager à signer une garantie aujourd’hui est nécessaire pour avancer, alors Boston ne convoite plus les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques de 2024. »

On ne peut que saluer cette décision de bonne gestion qui hélas ne semble pas déteindre sur Paris qui s’apprête à dépenser des milliards d’euros soustrait au pouvoir d’achat des contribuables parisiens et nationaux pour organiser des compétitions de sport alors que les finances publiques clairement ne l’autorisent pas.

Lorsqu’il s’agit de dépenser l’argent publique la France est toujours au premier rang des (très) mauvais élèves. Cette candidature parisienne aux jeux olympiques de 2024 va générer des dépenses de confort qui ne sont pas indispensables. La France n’était pas non plus formellement engagée alors il suffisait d’expliquer à Mme. Michu que compte tenu des circonstances budgétaires il était plus raisonnable d’allouer nos ressources sur des emplois plus productifs pour la République. Las, la France court vers cette nouvelle dépense déraisonnable étendard au vent.

Tournée générale au Café du commerce

Mme. Michu est inénarrable et la rubrique Café du commerce reste inépuisable. Alors que sortent les chiffres mensuels du chômage tout ce que la République compte de commentateurs à courte vue, de politicards malveillants, de journalistes incompétents et de citoyens bougons, bref toute une population abrutie par les journaux télévisés de TF1 et les matchs de fouteballe crie haro sur le baudet socialiste accusé de tous les maux dont souffre la France.

En fait il suffit à n’importe quel citoyen de cliquer sur le site de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) pour confirmer que le chômage en France est un mal profond dont notre pays souffre depuis des décennies. Hélas, les courbes du chômage sont assez indépendantes de la couleur politique de la majorité en place mais répondent plutôt à des cycles économiques, à l’inertie et la rigidité de notre société engourdie par son cholestérol.

INSEE_Chomage

On voit que la hausse récente du taux de chômage date de début 2008 et n’a quasiment pas cessé depuis, que ce soit avant ou après le changement de majorité en 2012. De la même façon il a baissé sur la durée entre 1999 et 2001, gouvernement socialiste Jospin sous la présidence conservatrice de Chirac, puis entre 2006 et 2008, gouvernement conservateur de Villepin puis Fillon, sous présidences du même bord, Chirac puis Sarkozy.

On souhaiterait que nos dirigeants passent un peu plus de temps à travailler sur ces sujets de long terme plutôt que de chercher sur quelle tête faire porter la responsabilité de cette situation qui de toute évidence est collective plus que partisane. Ensuite, que Mme. Michu surfe sur les sites web de recettes de cuisine que sur celui de l’Insee on peut le comprendre, par contre on pourrait s’attendre à ce que Guillaume Roquette (patron du FigMag) fasse preuve d’un peu d’analyse, bref, qu’il fasse le boulot pour lequel il est payé (et son journal subventionné par les contribuables) et consulte, lui, les statistiques économiques pour en édifier ses lecteurs qui, à défaut, répètent en les ânonnant les slogans dont il ponctue ses éditoriaux, notamment celui voulant que le chômage serait arrivé en France avec le gouvernement socialiste en 2012.

La même désinformation est de rigueur avec le déficit des finances de la République et sa dette conséquente : l’un et donc l’autre sont en accroissement constant depuis des décennies quelle que soit la majorité politique.

 

INSEE_Deficit_EURINSEE_Deficit_PIB

Le dernier exercice budgétaire équilibré date de 1974… une époque où Sarkozy avait 20 ans.

INSEE_Dette

La courbe de la dette montre évidemment une hausse constante puisqu’il a fallu financer des déficits tout aussi constants. La série actuelle commence en 1995 mais la précédente a la même allure.

La vérité c’est que personne n’a encore réussi à inverser les tendances perverses de notre économie depuis les années 70 car nous, les citoyens, sommes résistants au changement en attendant désespérément un leader éclairé qui sera capable de diminuer les déficits de la République tout en continuant à augmenter les dépenses publiques. La venue d’un tel magicien étant improbable à court terme il convient d’investir sur l’intelligence et le bon sens.

Voyez-vous souvent les trois courbes ci-dessus dans les journées télévisés ou les chroniques de Guillaume Roquette ? Non, évidemment, elles sont pourtant emblématiques des défaillances de notre économie. Elles sont pourtant simples et parlantes, il faudrait les montrer et de les commenter aux citoyens avec un peu de pédagogie et ce serait la première étape vers une prise de conscience salvatrice propice à un nouveau départ. Les gens intelligents devraient se faire un devoir de mettre leurs neurones au service de la pédagogie plutôt qu’à les perdre dans la divulgation d’argumentaires de bas étage bons à semer le désordre dans le bon sens populaire. Guillaume Roquette a choisi le parti des bonimenteurs, ne le suivons pas sur cette pente glissante, faisons preuve de sens de l’intérêt général : censurons la désinformation et diffusons la connaissance.

 

Il faut payer

Nouvelle montée de tension socio-économique en France : cette fois-ci avec les agriculteurs qui se plaignent des prix trop faibles auxquels ils vendent leurs productions de lait et de viande de porc. Il semble que les lois du marché si chères à Guillaume Rocquette (le patron du FigMag) soient insuffisantes pour assurer des revenus minimaux à des agriculteurs français qui ont perdu de leur compétitivité face à la concurrence. Alors on fait appel aux contribuables pour aider l’agriculture comme on fait appel à eux chaque année pour subventionner la presse française, dont le groupe de presse de Guillaume Roquette qui a perçu 16 266 723,00 EUR en 2014.

Il n’est pas forcément inopportun que le contribuable aide certains secteurs économiques lorsque ceux-ci ont un rôle social que l’on estime nécessaire. C’est le cas de la presse et de l’agriculture. Ce qui est insupportable c’est de lire et d’entendre vanter à longueur d’éditoriaux du FigMag, de Valeurs Actuelles et de bien d’autres les mérites de l’ultralibéralisme lorsque ces mêmes parangons de la concurrence à tout va ne survivent que grâce aux subventions des contribuables et aux financements de l’industrie. C’est ainsi, il ne faut pas s’en énerver !

Dans le cas de l’agriculture le mieux serait sans doute que les consommateurs acceptent de payer un peu plus cher leur alimentation pour peu qu’elle soit Made in France tout en poussant cette agriculture à se réformer. Un cercle vertueux bien difficile à initier… Si Monsieur le marché ne suffit à nourrir les agriculteurs, il faut bien que quelqu’un fasse l’appoint, consommateur ou contribuable.

Est-ce que Monsieur Guillaume Roquette le dimanche midi après la messe en famille mange du gigot du Limousin ou de Nouvelle-Zélande ?

Madame Michu veut moins d’impôt et plus de prestations

Madame Michu s’émeut devant son blanc-sec au Café du commerce : « Ya trop de charges sociales qui pèsent sur les entreprises ! Yfo changer ça ! » dit-elle en allant percevoir ses allocations familiales et ses aides au logement.

C’est une vieille histoire ressortie en boucle depuis des années par les uns et les autres, simplifiée à l’extrêmme par les Guillaume Roquette (patron du FigMag) et autres Eric Zemmour. Les charges sociales payées par les entreprises et leurs employés servent à financer des prestations encaissées par les citoyens (allocations familiales, assurance maladie, assurance vieillesse etc.) Les charges sociales sont lourdes en France car les prestations sont importantes (voire luxueuses si on les compare à d’autres pays). Pour baisser les uns il faut diminuer les autres. Les français (élus et citoyens) ne sont jamais à cours d’idée pour ce qui est de baisser les charges, ou de les refourguer chez le voisin, ils manquent par contre sérieusement d’inspiration lorsqu’il s’agit de serrer les dépenses. Pour le moment les paiements des prestations sont supérieurs aux recettes encaissées d’où l’augmentation des dettes pour financer la différence ce qui laisse peser sur nos enfants une partie des coûts de notre mode de vie d’aujourd’hui…

L’argent prélevé via les charges sociales n’est pas thésaurisé sur un compte bancaire, non, il est reversé à des bénéficiaires. C’est ce qu’on appelle des transferts sociaux, une notion un peu complexe pour Guillaume Roquette et sa clique mais qui pose la difficulté que si vous coupez à un bout, vous baisser le débit de l’autre bout. Rien ne se perd, rien ne se crée, on vous le disait.

L’émotion populaire face à cette situation est légitime, l’honneur des politiques (et d’un Guillaume Roquette s’il en avait la capacité) serait maintenant d’expliquer froidement et avec pédagogie quelles lignes de dépenses sociales il va falloir baisser, et là c’est plus complexe car certains bénéficiaires verront baisser voir disparaître les prestations dont ils bénéficient… Depuis 40 ans les gouvernements et parlements français que nous avons élus ont opté pour faire un peu de tout : un peu de hausse des cotisations, un peu de baisse des prestations et un peu de dette pour compenser la différence. Un peu de tout ça mais année après année et sur 4 décennies cela fait à la fin beaucoup de déficit.

Une autre solution serait le grand soir budgétaire avec des baisses des retraites comme en Grèce où elles ont été réduites de 30% sur une ou deux années, du débauchage massif de fonctionnaires comme ce fut fait au Royaume-Uni ces dernières années, la privatisation générale des biens de la République pour la désendetter, etc. Jusqu’ici aucun gouvernement/parlement de droite comme de gauche n’a osé, et les citoyens n’ont jamais voté pour. On a toujours opté pour les petits pas plutôt que les coupes drastiques. L’autorité et le courage n’ont pas vraiment été les qualités décisives de nos dirigeants depuis Mon-Général…

Le dernier programme politique connu de l’actuelle opposition est celui de l’UMP fin 2013 qui prévoit page 15 d’économiser 130 milliards d’euros sur le quinquennat. NKM a annoncé 150 milliards il y a deux mois. Cela manque un peu de détails pour connaître où s’appliqueront exactement ces baisses drastiques de dépenses, mais si l’on estime que c’est la bonne méthode il suffit de voter pour eux et d’espérer que le programme sera appliqué.

Des journalistes de rencontre

Vendredi dernier le chroniqueur a été retenu 4 heures dans un wagon de la SNCF à Bordeaux suite à un accident ayant endommagé la voie vers Angoulême. A son retour à Paris il entendit les chaînes d’information en continue délayer en long et en large cet incident de transport tout en précisant que les voyageurs seraient remboursés à 100% du prix de leur billet. Rassuré le chroniqueur s’est couché serein pour une bonne nuit de réparation de ses émotions.

Quelques jours plus tard quelle ne fut pas sa surprise de recevoir un courrier de la SNCF lui adressant des bons de voyage correspondant à 75% du prix de son voyage initial, valables un an. Le remboursement n’est donc pas de 100%, pas en cash, pas illimité, contrairement à ce que des journalistes de rencontre ont affirmé des heures durant le soir et le week-end suivant l’accident.

Les conditions de remboursement sont contractualisées dans la « garantie voyage » issue par le transporteur et elles prévoient effectivement un plafond de 75% du prix du billet en cas de retard supérieur à trois heures. Il aurait sans doute été trop demandé à ces journalistes de faire le métier pour lequel ils sont payés et de lire les termes de cette garantie avant de diffuser en boucle de fausses informations. Une bonne partie de la presse française pourtant subventionnée par les contribuables fait mal son travail. Ce n’est pas bien.

Beauté Congo

Beaute-Congo

Beauté-Congo à la Fondation Cartier toujours à l’affut de l’art contemporain : des peintures colorées aux aspects lyriques et naïfs, narrant avec gaité l’histoire tragique de ce pays, l’ex-Zaïre à qui l’on peut reconnaître au moins une indestructible qualité de dynamisme et d’énergie. Malgré une appropriation personnelle par le roi des Belges durant la période coloniale, bien qu’ayant été devenu un enjeu important dans Afrique de la guerre froide, été gouverné des décennies par un dictateur forban (Mobutu) qui a assis son pouvoir sur l’assassinat du leader indépendantiste marxiste Patrice Lumumba, connu des guerres parmi les plus sinistres du continent, été ravagé par le Sida, la corruption, le pillage généralisé de ses richesses minières…, malgré tout ceci et bien d’autres dévastations, ce pays n’a pas cessé de produire de la musique et de l’art joyeux. Cette exposition en apporte la preuve avec son explosion en peinture de couleurs et de personnages délurés. Ce sont des tableaux sur la vie quotidienne, la politique, les femmes, la musique, teintés d’ironie et d’autodérision, parfois aussi de rêve. On y voit les héros populaires : Mandela, Obama, Mohammed Ali aussi et on se souvient du légendaire combat de boxe organisé en 1974 à Kinshasa entre Ali et Foreman fascinant la planète et sur lequel le grand Norman Mailer a écrit Le combat du siècle.

Au sous-sol sont exposées des photos des ambiances urbaines locales avec « sapeurs » (les rois de la fringue bling-bling), musiciens, vendeurs de rue et prostituées. A voir également des villes futuristes en carton-pâte imaginées par des artistes délirants.

Bref, la République démocratique du Congo (nouveau nom du Zaïre) continue d’inspirer ses artistes et c’est aussi bien ainsi car le présent de cet immense pays n’est pas rose et son futur est pour le moins incertain. L’art naïf, hélas, ne fait pas augmenter le PIB.

 

Grèce : le désenchantement

CH_20150715_GreceAprès les premiers mois de rêves révolutionnaires, le gouvernement d’extrême gauche grec en revient aux réalités : il n’y a plus de sous dans la caisse et ceux qui acceptent encore d’en prêter pour financer les fins de mois, c’est-à-dire les contribuables européens, imposent leurs conditions à savoir réformer le pays et y créer un Etat moderne. L’affaire est complexe. La redescente sur terre plutôt brutale.

Dans un réflexe un peu désespéré le gouvernement grec a soumis la conditionnalité européenne à un référendum populaire. La réponse fut « Non » bien entendu mais plutôt que d’en tirer les conséquences et de négocier un programme de redressement avec un retour ordonné à une monnaie nationale qui pourrait donc être dévaluée pour pouvoir restructurer l’économie, le même gouvernement est revenu vers les prêteurs de la zone euro en imaginant que le résultat du référendum les ferait plier. Ce ne fut pas le cas et un nouveau prêt des 85 milliards d’euros va être négocié en échange d’un programme de réformes économiques imposé au forceps.

Ce programme a été approuvé par le parlement grec après que le premier ministre ait expliqué à la télévision qu’il avait signé cet accord pour éviter un désastre mais qu’il n’y croyait pas, ce qui augure plutôt mal de son avenir. Une partie de son gouvernement a voté contre.

En France le texte de l’accord a été passé au vote de l’assemblée nationale qui l’a approuvé plutôt massivement à 412 pour, 69 contre et 49 abstentions. Le groupe Les Républicains de 198 membres a voté pour à 93 voix, 41 contre et 35 abstention. Notons dans les contres Les Républicains : Eric Ciotti, Christian Estrosi, Henri Guaino, Thierry Mariani, Hervé Mariton. Ce programme économique conviendrait parfaitement à la France et à nombre des pays en dérive budgétaire alors on voit mal comment l’ex-UMP aurait pu s’y opposer frontalement elle qui veut faire baisser les dépenses publiques françaises de 150 milliards au cours du prochain quinquennat ! La majorité de Les Républicains a au moins eu la décence de l’approuver mis à part quelques porte-flingues du courant de la Droite forte. C’est bien ainsi.

En fait les opposants à cet accord sur un préprogramme ne proposaient pas vraiment d’alternative sinon… de reprendre la dépense publique. Mais pour dépenser il faut être financé et on en revient à la case départ. Ils voulaient également faire entériner l’annulation de tout ou partie des créances des contribuables européens sur l’Etat grec ce qui n’a été formellement obtenu, l’accord en mentionnant seulement l’éventualité. En fait chacun a fait de cette question un point de blocage mais il suffit de laisser faire et la restructuration de la dette viendra d’elle-même, par annulation partielle ou sous forme d’allongement des échéances accompagnée de baisse des taux d’intérêt, ce qui revient au même en termes financiers. Chacun a ses contraintes et les gouvernements prêteurs doivent également faire avaler la pilule à leurs propres électeurs ce qui demande un peu de temps et de doigté.

Le texte de l’accord en cliquant ici.

Le vote de l’assemblée nationale française en cliquant là.

Vive la République

Le problème avec le défilé militaire du 14 juillet retransmis sur France 2 ce sont Marie et Michel Drucker. Une année l’une est casée dans un hélicoptère, la suivante l’autre est embarqué dans un avion, mais chaque année la platitude de leurs commentaires servis avec leur air béat est consternante. Et pour parachever la nunucherie ambiante on nous a sorti cette année le Stéphane Bern avec ses cheveux bouclés et dont on a déjà oublié les mots de ravi.

Après les VAB (véhicules de l’avant blindé) il va falloir réformer les Drucker pour mettre en place du matériel neuf et plus performant. L’Armée française est confrontée à des enjeux majeurs sur la planète, elle mérite mieux que la famille Drucker, épargnons-lui une telle avanie pour l’an prochain !

Les mains sales

Avez-vous remarqué à la cantine de votre bureau ou la sandwicherie du coin de la rue le regard haineux du consommateur reprochant à la serveuse de ne pas porter de gants en latex alors qu’elle touche les aliments qu’elle lui délivre ?

Les normes d’hygiène se sont renforcées au cours des années : lorsque votre chroniqueur était jeune le latex était réservé à des usages plus récréatifs que le service des croissants en boulangerie. Le barman du bistrot nous composait un « sec-beurre ballon-de-rouge » à la mimine et si des épidémies avaient ravagé la population des piliers de bar cela ce serait su.

Autre temps, autre époque, on a aujourd’hui peur de son ombre, le principe de précaution est désormais introduit dans la Loi de la République et la France est congestionnée dans son immobilisme avec des jambon-beurre servis en latex pour préserver la flore intestinale de Mme. Michu devenue bien fragile avec le temps !

Grèce : et une dernière tournée pour la route

Allez hop ! 85 milliards d’euros de prêt en plus pour un nouveau programme d’aide des contribuables européens pour la Grèce plus la mobilisation de 35 milliards dans le cadre des différents programmes de l’Union européenne pour de l’investissement. C’est le besoin de financement estimé par le sommet de la zone euro dans un document de sept pages qui comporte par ailleurs un catalogue général de mesures de réformes économiques dont la France ferait d’ailleurs bien de s’inspire pour ses propres finances publiques. La durée de ce programme n’est pas précisée, en fait personne ne sait bien quand ces financements seront épuisés, peut-être deux ou trois ans et quand il faudra les renouveler d’une façon ou d’une autre ?

Le texte de l’accord en cliquant ici.

On a ainsi paré au plus pressé en renonçant, pour le moment, à l’aventure qu’aurait été une sortie d’un pays de la zone euro. Là encore personne ne sait si les conséquences en auraient été positives ou pas. Ce que tout le monde sait en revanche c’est que dans l’euro ou en dehors, la Grèce aura encore besoin longtemps de programmes d’aide des contribuables européens avant de pouvoir accéder de nouveau aux marchés financiers.

Amy

AmyAmy, le film documentaire d’Asif Kapadia sur le destin foudroyé de la chanteuse-compositrice soul Amy Winehouse décédée en 2011 à 27 ans. Composé de vidéos familiales de son enfance, d’extraits filmés privés et publics d’une star qui a vécu la moitié de sa vie sous les sunlights, le documentaire retrace l’extraordinaire ascension de cette artiste à la voix exceptionnelle. Petit oiseau tombé du nid, folle amoureuse d’un mari-démon, dépassée par une gloire insupportable, elle s’est perdue dans l’alcool et les drogues.

Au-delà de ces excès il reste une artiste à la sensibilité remarquable qui a développé un chant unique digne des plus grandes. On pense bien sûr à Billie Holiday et l’on découvre qu’Amy était une vraie chanteuse de jazz ce que son disque le plus connu (le second et dernier de sa carrière) Back to Black n’indique pas forcément. Pour ceux qui en douterait il suffit d’écouter la version live de Love is a losing game dans le film pour s’en persuader. Amy fut aussi une auteure percutante, ses propres tourments l’ont fortement inspirée et elle a délivré des textes forts et émouvants. Les festivaliers de Rock-en-Seine n’ont pu s’en rendre compte puisque deux années de suite la diva annoncée à Paris a fait défaut au dernier moment. Mais tout est pardonné !

Amy est morte à un âge où en principe tout est encore permis. C’est un film triste sur une femme qui s’est consumée en quelques années et a privé le monde de l’art d’un talent comme on en voit peu.

Tapie à l’assaut des contribuables français

CH_20130717_TapieBernard Tapie, affairiste bling-bling ayant récuré toutes les écuelles de la République, de la politique aux tribunaux de commerce, tour à tour entre deux faillites, ministre de gauche, porte-drapeau centriste et soutien de Sarkozy, multiple repris de justice et toujours mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « détournement de fonds publics » dans une sombre affaire d’arbitrage privé où l’impétrant reçu, notamment, plusieurs dizaines de millions pour « préjudice moral » [SIC], Bernard Tapie donc se remet en chasse de l’argent du contribuable français en réclamant 1 milliard d’euros à l’Etat plus les intérêts courus depuis 20 ans pour une sombre affaire d’escroquerie et de crédits impayés.

La spécificité de ces affaires judiciaires à répétition est qu’elles se rapportent en majorité à un litige privé des affaires de Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais, une ancienne banque publique mal gérée que le contribuable français a dû sauver de la faillite en prenant à sa charge la masse des crédits douteux que son management avait bien imprudemment octroyés, notamment aux affaires Tapie. C’est donc le contribuable qui rembourse à la place des débiteurs douteux de l’ancien Crédit Lyonnais. Et c’est donc contre l’Etat et ses contribuables que Tapie s’attaque pour régler son litige.

Comme souvent en France, les affairistes vantent les mérites de l’économie libérale et de la concurrence, mais chaque fois qu’ils affrontent une difficulté ils se tournent vers les contribuables pour plein de bonnes raisons. En principe le Crédit Lyonnais aurait dû être liquidé purement et simplement à l’époque, comme le fut Lehman Brothers en 2008. Le litige Tapie (et l’ensemble des créances impayées) se serait ainsi éteint de lui-même. Ce ne fut pas le cas et le risque a été transféré sur les contribuables qui se retrouvent donc 25 ans plus tard avec l’aigrefin Tapie lui réclamant en justice 1 milliard d’euros.

C’est l’illustration, onéreuse, des contradictions françaises : copinages politique-monde des affaires, déresponsabilisation de bon nombre de dirigeants d’entreprises et appel aux contribuables en bout de course pour suppléer les incompétences, voire les escroqueries, ce tout petit monde.

Les JO plutôt que la Grèce

Drapeau_GreeceLes dirigeants français ont annoncés récemment la candidature de Paris à des jeux olympiques futurs dont l’addition sera au (très) bas mot d’une dizaine de milliards d’euros. Le moment venu des élus de rencontre voteront ces dépenses sans sourciller de la même façon qu’ils ont engagé la France dans les dépenses de l’organisation en 2016 d’un championnat d’Europe de fouteballe. On parle même d’une exposition universelle à financer dans l’hexagone on ne sait pas bien ni où ni quand.

Entre des dépenses pour des compétions de sport ou des expositions de prestige et des prêts à un pays membre de l’Union européenne, la France choisit son camp : elle se bat sans compter pour le fouteballe ou la course à pieds !

La France roule pour la Grèce

CH_20150708_GreceLa France a des points communs avec la Grèce : sa gestion budgétaire déplorable depuis des décennies, sa dette en croissance quasiment incontrôlable pour financer des déficits abyssaux, ses citoyens râleurs et rebelles à toute réforme, ses dirigeants hâbleurs et se faisant élire sur des promesses électorales irréalistes, etc.

Deux différences néanmoins : la France n’arrive pas même à rétablir l’équilibre « primaire » de ses finances publiques avant paiement de sa dette comme la Grèce avait réussi à la faire sous son ancien gouvernement, mais pour le moment la France arrive encore à trouver des prêteurs sur les marchés financiers à des taux très compétitifs.

Cette proximité de situation crée des liens et on apprend que des hauts-fonctionnaires français aideraient les autorités grecques à rédiger leurs contre-propositions au plan d’aide des contribuables européens. François Hollande joue un peu le facilitateur entre l’intransigeance des prêteurs du nord et le marxisme dépensier de la Grèce.

En fait la France joue pour son camp. Une faillite de la Grèce, qu’elle reste ou non dans la zone euro ou dans l’Union européenne déclenchera sans doute une hausse des taux d’intérêt sur l’euro. La théorie libérale nous a appris que le taux d’intérêt couvre le risque pris par le prêteur, plus le risque augmente et plus le taux d’intérêt est à la hausse. Pour un pays surendetté comme la France ce serait aussi une catastrophe financière qu’il est préférable d’éviter à court terme. Sur le long terme on peut se demander si une hausse des taux de la dette française ne serait pas un moyen rédhibitoire pour ramener les dépenses publiques françaises au niveau des recettes.

En attendant la France roule pour la Grèce et il semble que nous allons bien aboutir à un accord sur un troisième plan d’aide des contribuables européens à la Grèce. Il devrait durer deux ou trois ans ce qui repousse les prochaines discussions à l’après élections présidentielles en France. On parle d’un ordre de 50 milliards sur trois ans auxquels il faudra bien sûr ajouter le coût financier des annulation-rééchelonnement des dettes actuelles. Compte tenu des échéances dont on parle, en principe les enfants des enfants de nos enfants en parleront encore.

Grèce : effet collatéral du référendum

GR_Vafourakis_201502

Vakourakis, ministre grec des finances (ici en photo avec sa femme) s’auto-qualifiant de « marxiste libertaire » et ayant assimilé la conditionnalité des plans d’aide des contribuables de la zone euro de « terrorisme », a démissionné en ce début de semaine post-référendaire. Il semble que ce soit une sorte de gage donné par la Grèce en faillite à ses créanciers contribuables de la zone euro dont il avait le don d’agacer les représentants lors des négociations sur l’aide financière à octroyer à son pays ruiné. Il est remplacé par un marxiste orthodoxe dont on ne sait pas si sa terrasse donne sur le Parthénon ou pas comme celle de son prédécesseur.

Grèce : et maintenant ?

Drapeau_GreeceAprès la victoire du non au référendum sur le plan d’aide européen, les citoyens grecs exultent avec le sentiment de fierté que la démocratie grecque a vaincu la dictature de l’euro. Mais il n’y toujours pas plus de sous dans les caisses publiques que la semaine dernière (plutôt moins d’ailleurs) et les banques sont fermées.

En vérité les gens raisonnables savent que, dans la zone euro ou en dehors, il faudra des décennies d’aides financières et politiques pour réformer la Grèce, voire un siècle avec de la bonne volonté. Bien entendu une très grande partie des dettes dues aux contribuables européens ne sera pas remboursée et il faudra encore ajouter d’autres financements pour soutenir ce pays. Alors autant le faire en gardant Athènes dans le bateau.

Mais évidemment ce n’est pas un message très facile à diffuser à ses électeurs prêteurs d’où les difficultés des dirigeants des autres pays pour avouer à leurs électeurs l’étendue du désastre financier. Contrairement à ce que semble penser l’extrême gauche grecque, il y a également de la démocratie dans les pays prêteurs et des citoyens qui vont bien devoir se substituer d’une façon ou d’une autre aux débiteurs défaillants. En famille comme dans l’Union européenne, dès que des histoires d’argent se mêlent aux réunions, cela dégénère rapidement.

Grèce : le référendum dangereux

CH_20150624_GreceLe gouvernement grec marxiste allié avec un parti de droite minoritaire dure et souverainiste a demandé par référendum à ses citoyens de se prononcer pour ou contre le plan d’aide européen et sa conditionnalité. La réponse est non à 61% et quelques. Il n’a pas été dit aux électeurs ce qui se passerait après car personne ne le sait vraiment. En gros on a demandé aux citoyens : « voulez-vous continuer à vous serrer la ceinture ». Ils ont répondu non.

Tous les camps font assaut de démagogie et de simplisme, en Grèce comme à l’extérieur, les pays de l’Europe s’écharpent, la France n’est pas en reste : Mélanchon éructe contre l’euro, Sarkozy argue pour préserver d’abord la zone euro avant la Grèce, les économistes de plateaux télévisés expliquent qu’aider coûtera plus cher aux contribuables français que de lâcher, d’autres disent le contraire puis changent d’avis. Les dirigeants grecs marxistes font… du marxisme. Bref, on est sous le niveau de la mer pour ce qui concerne la qualité du débat, au fond de l’abysse pour l’intelligence.