La France roule pour la Grèce

CH_20150708_GreceLa France a des points communs avec la Grèce : sa gestion budgétaire déplorable depuis des décennies, sa dette en croissance quasiment incontrôlable pour financer des déficits abyssaux, ses citoyens râleurs et rebelles à toute réforme, ses dirigeants hâbleurs et se faisant élire sur des promesses électorales irréalistes, etc.

Deux différences néanmoins : la France n’arrive pas même à rétablir l’équilibre « primaire » de ses finances publiques avant paiement de sa dette comme la Grèce avait réussi à la faire sous son ancien gouvernement, mais pour le moment la France arrive encore à trouver des prêteurs sur les marchés financiers à des taux très compétitifs.

Cette proximité de situation crée des liens et on apprend que des hauts-fonctionnaires français aideraient les autorités grecques à rédiger leurs contre-propositions au plan d’aide des contribuables européens. François Hollande joue un peu le facilitateur entre l’intransigeance des prêteurs du nord et le marxisme dépensier de la Grèce.

En fait la France joue pour son camp. Une faillite de la Grèce, qu’elle reste ou non dans la zone euro ou dans l’Union européenne déclenchera sans doute une hausse des taux d’intérêt sur l’euro. La théorie libérale nous a appris que le taux d’intérêt couvre le risque pris par le prêteur, plus le risque augmente et plus le taux d’intérêt est à la hausse. Pour un pays surendetté comme la France ce serait aussi une catastrophe financière qu’il est préférable d’éviter à court terme. Sur le long terme on peut se demander si une hausse des taux de la dette française ne serait pas un moyen rédhibitoire pour ramener les dépenses publiques françaises au niveau des recettes.

En attendant la France roule pour la Grèce et il semble que nous allons bien aboutir à un accord sur un troisième plan d’aide des contribuables européens à la Grèce. Il devrait durer deux ou trois ans ce qui repousse les prochaines discussions à l’après élections présidentielles en France. On parle d’un ordre de 50 milliards sur trois ans auxquels il faudra bien sûr ajouter le coût financier des annulation-rééchelonnement des dettes actuelles. Compte tenu des échéances dont on parle, en principe les enfants des enfants de nos enfants en parleront encore.

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