La Morano… encore

 

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La Morano a encore commis une déclaration tonitruante à la radio :

« Nous sommes un pays judéo-chrétien. Le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères… J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. »

Elle agace même ses amis de Les Républicains qui envisagent de la déchoir de son investiture aux élections régionales dans l’est. Sans doute les dirigeants de Les Républicains ont estimé qu’il y avait plus de voix à prendre chez les centristes dont ils visent les suffrages en réfrénant la Morano, qu’à gagner coté droite conservatrice en la gardant sur le bateau. Ils ont surtout compris que cette femme aux capacités politiques limitées leur causait plus d’ennuis qu’autre chose et ils en profitent pour la faire passer à la trappe. Elle s’en remettra, la France également.

En fait ces réactions épidermiques sont assez ridicules et de fort peu d’intérêt politique. Elles illustrent la panique du monde politique et médiatique lorsqu’il s’agit d’expliquer la réalité aux citoyens. La phrase gaullienne citée par la Morano sur les plateaux télé était adaptée à l’entre deux-guerres quand la France était effectivement un pays de religion majoritairement catholique et à la couleur de peau plutôt blanche.

Depuis il y a eu la décolonisation, la guerre d’Algérie, les accords avec les ex-pays colonisés pour faciliter la reconnaissance de nationalité aux ex-citoyens colonisés, l’enrôlement des « tirailleurs sénégalais » dans les armées alliées durant la deuxième guerre mondiale, des ministres africains (de l’Union française) dans le gouvernement français, des députés et sénateurs africains au parlement français, la départementalisation des possessions d’outre-mer, le regroupement familial, les usines Renault à faire tourner dans les années 50’, les métiers dont les français qui s’enrichissaient ne voulaient plus et qu’il fallait bien assurer durant les trente glorieuses, bref, la France s’est ouverte et mélangée. Le blanc n’est plus la couleur de peau unique dans l’hexagone et les églises catholiques ont tendance à être désertées par les citoyens qui préfèrent la lecture de L’Equipe à celle de la bible.

C’est ainsi et le mélange ne s’est pas produit par hasard, il a été le fruit d’une politique menée de façon permanente par la droite comme la gauche et jamais vraiment inversée. On peut en déplorer le résultat mais il va être difficile de revenir en arrière. Ce qui a été fait est fait et il faut gérer la situation, ce qu’essayent de réaliser tant bien que mal les pouvoirs successifs. D’autre pays ont eu des politiques beaucoup plus restrictives. Chacun se fera son idée sur ce qui est préférable.

Il est possible de revoir le Code de la nationalité française et la politique d’immigration, il suffit de le décider et de faire voter la loi en conséquence par une majorité au parlement. Mais débattons au préalable et faisons valoir l’intelligence plutôt que les slogans assénés sur Tweeter. Expliquons la situation ethnique et religieuse française et son évolution récente de façon apaisée et subtile plutôt que de faire mousser la Morano avec des mesures disciplinaires dont elle s’empresse de faire son miel sur son compte Tweeter. Qu’on en juge :

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Petits arrangements entre amis du fouteballe

Platini a perçu 1,8 MEUR pour un « travail effectué » à la fédération internationale de fouteballe. Il demande à pouvoir se justifier auprès de la commission d’éthique de cette organisation. Parler d’une « commission d’éthique » dans le fouteballe c’est un peu comme se référer à la chartre des « Recommandations sur la rémunération des dirigeants, mandataires sociaux de sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé » mise en avant par le patronat français. On ne sait pas bien pourquoi mais cela prête légèrement à sourire.

Lire aussi : Le fouteballe encore à la une

Le fouteballe encore à la une

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Un match de fouteballe à sensations la semaine dernière entre Lyon (l’OL) et Marseille (l’OM) où le public marseillais s’en est pris à Valbuena coupable d’avoir quitté le club de Marseille pour rejoindre celui de Lyon. Pour les supporters de l’OM cette traîtrise est insupportable et ils le font savoir en balançant des bouteilles de bière sur les joueurs, en pavoisant des banderoles dénonçant le collabo et même en montant dans les tribunes un gibet sur lequel est pendu un mannequin représentant le traître. Le match est interrompu, puis repris et terminé sur on ne sait quel score.

Valbuena est un petit teigneux surpayé qui n’a guère d’importance dans cette affaire. On se souvient de l’un de ses exploits lorsqu’il insulta un gamin énamouré qui voulait un autographe en frappant à la vitre de son automobile bling-bling au risque d’en salir la carrosserie immaculée :

Non, le plus édifiant dans cette affaire n’est pas ce personnage assez insignifiant finalement (à la différence de son salaire) mais le niveau d’abêtissement d’une bande de supporters exprimant bruyamment toutes les pathologies attisées par ce sport où se côtoient des pousseurs de balle dopés aux anabolisants et aux salaires démesurés, avec des supporters frustrés et ivrognes, les deux parties partageant généralement le même niveau de mauvaise éducation. Les autorités en charge de ce sport s’émeuvent de ces dérapages et ils ont raison. Une première série de condamnations à de la prison ferme a été prononcée contre ceux de ces trublions qui ont pu être arrêtés par la police. La ligue de fouteballe a par ailleurs fermé « les virages Nord et Sud » du stade marseillais :

Au vu de la gravité des faits, la Commission a décidé de placer le dossier en instruction. Après ouverture du dossier et désignation de l’instructeur, la Commission convoque les dirigeants de l’Olympique de Marseille pour la séance du jeudi 15 octobre dans le respect des dispositions des règlements disciplinaires et du Code du Sport imposant 15 jours de délai minimum. A l’issue de cette réunion au cours de laquelle l’instructeur rendra ses conclusions, la Commission rendra sa décision. En attendant, au regard de la gravité des faits, la Commission décide de fermer à titre conservatoire les virages Nord et Sud du Stade Vélodrome.

On se demande bien si une telle mesure est capable de reconnecter les neurones de supporters qui pourront toujours aller dans les lignes droites puisque les virages sont fermés. La question de fond est plutôt comment faire remonter le niveau d’intelligence dans et sur les stades de fouteballe ? Ce sera le combat de plusieurs générations en admettant qu’elles y arrivent…

Dans le même temps les combats sont engagés par les dirigeants du fouteballe mondial et national :

  • En France pour une sombre histoire d’investisseurs, de droits télévisés et de montée ou descente d’une division vers l’autre, à laquelle personne ne comprend rien, des clubs créent une énième organisation fouteballistique qui va venir encore un peu plus agiter le marigot nauséabond de ces consommateurs d’argent public,
  • A l’international la succession à la tête de la fédération internationale de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption, bat son plein et les coups bas pleuvent. Platini qui est candidat doit affronter une affaire de paiement déloyal de 1,8 MEUR qu’il aurait encaissé de ladite fédération pour un travail effectué… Il va falloir qu’il se justifie s’il espère vaincre, ou alors sortir un dossier encore plus puant sur ses adversaires, ce qu’il doit être en train d’essayer de rechercher.

Un certain Ali ben Al Hussein (40 ans), prince jordanien, demi-frère de l’actuel roi Abdallah II est candidat au remplacement de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption. Le mieux serait à n’en pas douter de laisser le Moyen-Orient prendre en main l’organisation du fouteballe mondial pour en sortir nos tacticiens occidentaux qui ont montré si souvent leur défaillance, voire pire. Les pays pétroliers de ce Moyen-Orient sont plutôt riches, ont acquis une bonne expérience dans la construction de stades climatisés au milieu du désert et à l’organisation d’évènements sportifs mondiaux.

Platini (60 ans) a mangé toutes les écuelles du fouteballe mondial depuis les années 70’, gagné beaucoup de compétitions, montré qu’un fils de migrant italien pouvait réussir, casé son propre fiston Laurent dans le business fouteballistique en lien avec le Moyen-Orient riche, bref, il a bien mérité sa retraite.

Laissons l’organisation du fouteballe mondial au Qatar et à la Jordanie, au passage délocalisons le PSG audit Qatar et que la France se consacre à tenter de relever le niveau d’éducation de ses enfants, particulièrement ceux fréquentant les stades. La tâche sera longue et couteuse. Elle mérite toutes nos énergies et nos ressources.

La simple image des stades transformés en arènes où doit intervenir la force publique pour contenir la bêtise est une vision d’horreur et d’argent public dilapidé. Notons au passage qu’il y a régulièrement des blessés, parfois des morts…

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Nous venons en amis

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L’histoire de la partition du Soudan en 2011 avec la création du Sud-Soudan, chrétien et animiste, après des années de guerre civile contre les soudanais du nord, arabes musulmans. Une guerre qui a duré des décennies, fait des millions de morts et de déplacés avec son lot de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité sur fond d’un pays dramatiquement sous-développé mais avec des ressources pétrolières et minières attisant les convoitises internationales.

Le film interviewe des habitants du Sud-Soudan, avant et après le référendum qui vota leur indépendance, ressassant l’histoire coloniale de leur pays responsable selon eux de tous leurs maux. Il montre l’implication actuelle des chinois dans l’industrie pétrolière et celles des prêcheurs américains cherchant à « civiliser » les chrétiens. Le réalisateur Hubert Sauper (déjà auteur du documentaire Le Cauchemar de Darwin) se promène dans le pays aux commandes d’un petit avion façon ULM renforcé pour deux personnes ce qui donne l’occasion de quelques vues du pays improbables brisant la monotonie des interviews. Le titre du film Nous venons en amis se réfère à la phrase prononcée par tous les colonisateurs de l’Histoire prenant le pouvoir dans leurs colonies. La thèse du film est un peu simpliste et ne rentre pas vraiment dans l’analyse de la faillite politique actuelle des Soudan, nord et sud.

Dernier Etat apparu sur la planète le Sud-Soudan a créé beaucoup d’espoirs et de convoitises. Il n’aura pas fallu attendre 2013 pour qu’une guerre civile inter-Sud-Soudan ne reprenne… Le film se termine sur cette triste image.

La France vend des armes

Après avoir annulé la vente de deux navires porte-hélicoptères à la Russie pour cause du comportement impérial de Moscou en Ukraine, la France les vend à l’Egypte avec qui elle a déjà négocié des avions de combat Rafale. Evidemment ces transactions font un peu frémir et l’on craint que ces armes sophistiquées se retrouvant dans un Moyen-Orient très agité se retournent un jour contre nous…

Idéalement il serait plus rassurant de vendre les armes françaises à de vrais amis, hélas les aléas du commerce de ce genre de produits font que la République vend aux clients qu’elle trouve pour assurer la survie de cette industrie sophistiquée. Accessoirement ces pays émergeants acheteurs s’acquittent rarement de 100% de leurs factures dont une partie est en réalité financée par les contribuables via des annulations de dettes aux pays acheteurs ou des subventions à l’industrie.

Morrissey – 2015/09/26 – Paris l’Olympia

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Morrissey toujours vaillant (malgré des rumeurs ayant courues sur son état de santé) passe à l’Olympia ce soir pour sa visite annuelle à Paris. Son dernier disque Word peace is not of your business est sorti il n‘y a pas si longtemps en 2014. L’artiste vient également de publier un premier roman : List of the Lost, après ses superbes mémoires Autobiography en 2013, publiées chez la célèbre maison d’édition de littérature classique Penguin Classics, excusez du peu !

Vêtu de noir et accompagné de son groupe habituel de merveilleux musiciens, il pioche dans son infini répertoire, avec quelques retours bienvenus sur l’époque magique des Smiths. Et toujours cette voix de velours enjôleuse et troublante qui sait se déchaîner sur les riffs électriques de ses guitaristes ou se faire romantique sur les rythmes plus mélancoliques. Outre ses incomparables talents d’écriture et sa présence sur scène, Morissey développe surtout un chant très caractéristique, une voix à la fois chaude mais sans vibrato, claire et limpide, un peu désincarnée. C’est sa marque de fabrique qui reste inchangée avec le temps qui passe.

Il trébuche sur une reprise d’Elvis Presley qu’il faudra redémarrer à plusieurs reprises, il nous informe qu’il sera le lendemain au concert de Charles Aznavour, il laisse le devant de la scène à Gustavo Manzur pour des solos de guitare flamenco, le tout, comme d’habitude avec de grands effets de fils de micro en parcourant la scène.

Pendant Meat is Murder sont projetés de films d’abattage d’animaux peu ragoutants : l’artiste est constant dans sa promotion du végétarisme. Le reste de la set-list est un vrai bonheur qui touche au cœur, un parcours dans la création de cet artiste hors norme qui est si large qu’il faudrait des heures de concert pour la cerner. Ce soir nous avons picoré l’un des répertoires les plus flamboyants du rock et terminé comme il se doit sur une chanson des Smiths : The Queen is dead, boys/ And it’s so lonely on a limb/ Life is very long, when you’re lonely.

Setlist : 1.Suedehead/ 2. Alma Matters/ 3. Speedway/ 4. Ganglord/5. Staircase at the University/ 6. Kiss Me a Lot/ 7. You’ll Be Gone (Elvis Presley cover) (the song was restarded twice… more)/ 8. World Peace Is None of Your Business/ 9. Yes, I Am Blind/ 10. I’m Throwing My Arms Around Paris/ 11. Boxers/ 12. The Bullfighter Dies/ 13. Oboe Concerto/ 14. My Dearest Love/ 15. The World Is Full of Crashing Bores/ 16. Meat Is Murder (The Smiths song)/ 17. Mama Lay Softly on the Riverbed/ 18. Everyday Is Like Sunday/19. I Will See You in Far-Off Places/ 20. What She Said (The Smiths song)

Encore : 21. The Queen Is Dead (The Smiths song)

King Crimson – 2015/09/20-22 – Paris l’Olympia

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Retour réussi pour King Crimson reformé sous la houlette de son créateur-compositeur-guitariste de génie, Robert Fripp, 40 ans après la sortie de Red, le dernier album studio de la première période de ce groupe de légende qui, toujours sous l’inspiration de Fripp, emprunta nombre chemins de traverse, connut de multiple formations, créa d’incroyables hymnes au modernisme et influença fortement le rock contemporain.

Rien de bien créatif aujourd’hui, sinon le personnel en partie renouvelé, mais l’objectif est plus revival que conceptuel. Soit, et pour ceux qui n’avaient jamais assisté aux concerts des années 70’, trois Olympia leur permettent de combler (en partie) ce manque.

L’Olympia (aménagé en places assises) accueille le groupe qui se répartit en trois batteries sur la scène et quatre musiciens sur une estrade. Tout ce petit monde est en costume-cravate. En bas le trio inattendu de batteurs : Pat Mastelotto (déjà vu ces dernières années sur les tournées des différentes formations de King Crimson), Gavin Harrisson (qui joue aussi du méllotron) et Bill Rieflin ; au-dessus Mel Collins aux instruments à vent (historique du groupe qui joua avec lui dans ses années fondatrices et sur les disques de cette époque), Tony Levin, bassiste (qui accompagna la période King Crimson des années 80’ puis 2000), Jakko Jakszyk, chanteur-guitariste (à la sonorité de voix proche des chanteurs clés du groupe que furent Greg Lake et John Wetton) et l’irremplaçable Robert Fripp, 70 ans, toujours un casque audio sur les oreilles, assis sur un tabouret et branché au bout de ses fils raccordés à un mur de machines électroniques qui transforment le son de ses guitares au gré des morceaux.

C’est de cette position qu’il entame le murmure de cordes allant crescendo jusqu’au déchaînement des accords qui lancent Larks’ Tongues In Aspic Part One pièce musicale emblématique du groupe déclinée au cours de ces décennies de sa partie I à la partie IV avec toujours plus de brio et d’énergie ! On ne pouvait mieux faire comme intro surtout quand, pour la première soirée, elle fut enchaînée sur Red. C’est un empilement de guitares métalliques en fusion mené avec brio par le maître qui marque le tempo. L’audience revient avec gourmandise quatre décennies en arrière…

S’en suit un pêle-mêle de pièces extraites de toute l’épopée musicale que Fripp a menée avec tellement d’iventivité. On pensait le show tourné uniquement vers les premières œuvres du groupe mais la soirée a également abordé certaines morceaux des années 2000 co-écrites par Adrian Belew (Vroom, The ConstrucKction of Light) qui accompagna le groupe à la guitare et au chant avec brio de longues années dans la deuxième phase de sa vie et qui continue à tourner sur les Crimson ProjeKCt, sortes de déclinaisons à géométries variables du concept initial où la virtuosité l’emporte parfois sur l’inspiration. Fripp laisse aussi la place à des compositions de son trio de batteurs, des morceaux qui s’intègrent bien dans le show.

Mais les spectateurs chavirent lorsque retentissent les hymnes Crimsoniens et que les couches de mellotron envahissent la cathédrale Olympia : Epitaph et cette confusion qui qualifie nos vies où la voix de Jakko Jakszyk porte bien cette si belle chanson ; Easy Money et ses riffs de guitares saturées ; In The Court of the Crimson Kings, l’hommage magnifique à une époque révolue ; et le final flamboyant sur 21st Century Schizoid Man, l’ode d’une génération : Death seed blind man’s greed/ Poets’ starving children bleed/ Nothing he’s got he really needs/ Twenty first century schizoid man.

Et nous reviennent les mots de Pete Singfield, co-fondateur de King Crimson, producteur et paroliers des premiers albums : une poésie épique et douloureuse qui participa aussi à l’aspect fantasmagorique et révolutionnaire de la musique de King Crimson lorsqu’elle apparût, faisant des premiers albums du groupe de véritables OVNI dans le monde musical de cette époque.

Picture in the City joué lors des deux concerts auxquels nous assistons marque ce décalage toujours ressenti d’une musique si extraordinairement contemporaine, le mélange des guitares et des saxophones, les voix étirées qui se superposent à l’infini, la montée du mugissement de guitare dans les aigus qui lance l’emballement général de tous les instruments vers une cacophonie si bien organisée :

Concrete cold face cased in steel/ Stark sharp glass-eyed crack and peel/ Bright light scream beam brake and squeal/ Red white green white neon wheel.

 Dream flesh love chase perfumed skin/ Greased hand teeth hide tinseled sin/ Spice ice dance chance sickly grin/ Pasteboard time slot sweat and spin.

 Blind stick blind drunk cannot see/ Mouth dry tongue tied cannot speak/ Concrete dream flesh broken shell/ Lost soul lost trace lost in hell.

On trouve dans l’œuvre de King Crimson à la fois les pièces émouvantes d’un répertoire romantique (Cadence and Cascade, Starless, I talk to the wind…) porté par des voix bouleversantes, mais aussi les créations annonciatrices du rock industriel où le déchaînement de l’électricité et le métal des guitares jouent dans la dissonance et le caractère obsessionnel de la musique répétitive. C’est l’illustration parfaite de ce rock qualifié de progressiste en ce qu’il a fait converger le rock et la musique contemporaine.

Starless qui clôt les deux shows en est un parfait résumé. Un morceau de 20mn comme on en fait plus, véritable joyau que les deux guitaristes interprètent de façon magistrale, Fripp en développant cette petite ritournelle triste sur fond de méllotron qui entrecoupe le chant déchirant de Jakszyk, le même Jakszyk reprenant ensuite les commandes du morceau pour une longue injection de tension, note après note remontées sur le manche de sa guitare (décorée avec le dessin de In the Court…) avant un final démesuré et explosif où réapparaît la petite ritournelle reprise au méllotron dans le délire d’électricité, de boucles et d’aigus métalliques.

La créativité exceptionnelle de Fripp explique la permanence de son influence à travers le temps. Cette reformation inattendue du groupe pour un retour sur son œuvre ressemble un peu à un adieu, comme le désir de ranimer celle-ci avant son dernier souffle. C’est du moins l’impression ressentie lorsque l’on voit le guitariste saluer la foule, les yeux plissés sous la lumière et avec toujours ce petit sourire énigmatique avant de disparaître en coulisses. Renaissance ou prestation finale, ces concerts furent bons à prendre, un nouveau moment partagé avec un musicien d’exception.

20 septembre 2015 22 septembre 2015
Larks’ Tongues In Aspic Part One (« La Marseillaise » snippet by Mel Collins)

Red

Suitable Grounds For The Blues

Radical Action (To Unseat The Hold Of Monkey Mind)

Meltdown

Pictures Of A City

The ConstruKction Of Light

Hell Hounds Of Krim

Level Five

Epitaph

Banshee Legs Bell Hassle

Easy Money

The Letters

Sailor’s Tale

One More Red Nightmare

Starless

Encore : Devil Dogs Of Tessellation Row

The Court Of The Crimson King

21st Century Schizoid Man

Larks’ Tongues in Aspic, Part One (« La Marseillaise » snippet by Mel Collins)

VROOOM

Radical Action (To Unseat the Hold of Monkey Mind)

Meltdown

Hell Hounds of Krim

Suitable Grounds for the Blues

The ConstruKction of Light (instrumental part only)

Interlude (Jakszyk plays 2nd flute)

Pictures of a City

Epitaph

Banshee Legs Bell Hassle

Easy Money

The Letters

Sailor’s Tale

The Light of Day (Jakszyk, Fripp and Collins cover) (first time live in Europe)

One More Red Nightmare

Starless

Encore : Devil Dogs Of Tessellation Row

The Court of the Crimson King

21st Century Schizoid Man

Inattendu !

Il s’avère que les migrants qui affluent en Europe pour fuir le Moyen-Orient en guerre, ceux qui ont le plus de chance d’obtenir un statut de réfugié, sont assez peu intéressés par la destination France. Ils préfèreraient a priori les pays mieux gérés… Certains déjà accueillis en France seraient déjà repartis vers l’Allemagne ou la Scandinavie. Paris aura peut-être du mal à remplir son quota, un comble.

De toute façon une fois obtenu son statut de réfugié dans un pays ou un autre, l’impétrant pourra voyager librement partout où il le voudra à l’intérieur de la zone Schengen. A court terme ce rejet de la France fera plutôt les affaires de ses dirigeants et de nombre de ses citoyens. A plus long terme ce n’est pas forcément un bienfait. Au-delà de l’éventuelle blessure d’ego qui sera vite digérée, cela veut dire que les meilleurs iront de préférence chez nos voisins. La-aussi la loi de l’offre et la demande est maître du jeu.

KHADRA Yasmina, ‘Qu’attendent les singes’.

Sortie : 2014, Chez : Pocket 16 153.

Une enquête policière dans l’Algérie des année 2000 : la morgue et le cynisme du pouvoir local y sont décrits de manière apocalyptique. Il n’y est question que de prévarication, de corruption, d’opacité du pouvoir, de luttes d’influence, de désespoir de la jeunesse dans son avenir dans ce pays ; bref, au-delà d’une intrigue haletante à la SAS, ce roman peint ce qui est sans doute la triste réalité d’un pays mal gouverné.

Yasmina Khadra est désormais un auteur à succès. Ancien militaire de carrière dans l’armée algérienne il sait de quoi il parle. Ce n’est pas de la grande littérature mais cela se lit d’une traite tellement on est impatient de connaître la fin.

GENEVOIX Maurice, ‘Ceux de 14 (2/4) – Nuits de Guerre’.

Sortie : 1950 (édition définitive), Chez Flammarion.

Second volume de « Ceux de 14 », outre l’environnement des tranchées, Genevoix s’y attarde sur la vie des combattants lorsque relevés par d’autres, ils profitent d’un jour ou deux de répit dans un village quelques kilomètres en arrière de la ligne de front.

Lorsque ces villages ont été épargnés par les canons boches les officiers trouvent parfois une chambre dans une maison encore habitée par des femmes et des vieux (tous les jeunes hommes ont été mobilisés). Les hommes du rang s’entassent dans les granges toujours plus accueillantes que les tranchées.

Dans les maisons villageoises encore habitées c’est alors un peu de chaleur, un lit et parfois quelques bons repas partagés avec les habitants. C’est plus rarement un rejet. C’est souvent un repos dans des maisons en ruines ou dans des caves peu confortables mais au moins quelque peu éloignées des boches bien que rarement à l’abri de leurs canons et de leurs snipers. Ce sont quelques instants un peu plus calmes où l’on peut écrire un mot à sa famille, dépioter et partager un paquet reçu, souvent boire un bon coup…

Parfois une journée de permission permet à l’un de ces soldats de faire un aller-retour dans son village lorsque celui-ci est proche du front. C’est alors l’émotion des retrouvailles avec une mère ou une fiancée, et puis toujours l’heure du retour au front revient !

La encore Genevoix s’étend sur la camaraderie et la solidarité de ces hommes, au repos comme au combat, malgré la terrible adversité de cette époque.

GENEVOIX Maurice, ‘Ceux de 14 (1/4) – Sous Verdun’.

Sortie : 1950 (édition définitive), Chez Flammarion.

Ecrivain du XXème siècle, Maurice Genevoix a été mobilisé en 1914, a combattu contre les « Boches » dans les tranchées, y a été gravement blessé et, surtout, dans les années qui ont suivi, a mis sa remarquable plume au service du témoignage de cette guerre aussi sanglante qu’absurde.

Le livre premier y raconte la vie hallucinante dans les tranchées de Verdun où tout n’est que boue, eau, humidité et mitraille. D’ordres en contre-ordres les sections de fantassins vont et viennent d’une tranchée à l’autre, attaquent et comptent leurs morts, ou restent stoïques et comptent les heures qui passent avant la relève. Les « Boches » sont en face de l’autre coté des barbelés, parfois à quelques dizaines de mètres. Les collines se prennent et se perdent. Les artilleries dévastent le paysage et réduisent les hommes en bouillie.

Et dans cette atmosphère morbide, Genevoix décrit la camaraderie émouvante qui unit ces soldats au cœur du désastre. Ils partagent la même haine du Boche même s’ils ne comprennent pas forcément les enjeux de cette guerre. En-a-t-elle d’ailleurs sinon la folie des hommes. Ils ont l’espoir de s’en sortir vivant et pas trop amochés. Alors lorsque tonnent les canons ils se partagent des petits riens au fond de leurs tranchées, écrasés par la peur, un peu de tabac, des souvenirs du village, quelques prunes cueillies dans un champs au détour d’une marche harassante d’un point à un autre…

Ils sont « le Peuple du Front » dont Genevoix fut acteur et témoin. La dédicace de ce recueil de quatre volumes « Ceux de 14 » mentionne : « A mes camarades du 106. En fidélité à la mémoire des morts et au passé des survivants ».

I have a dream…

On aurait espéré que sur un sujet comme celui de la crise actuelle des migrants le monde politique français républicain fasse preuve d’un peu de réflexion avec une parcelle de responsabilité et de sens de l’intérêt général. Las, il n’en est rien. Ce sujet qui touche d’abord à l’humain déclenche des batailles politicardes navrantes. Lorsqu’un chroniqueur ou un élu est interrogé sur le sujet dans une presse avide de sensations il répond en critiquant ce que fait ou pense la partie adverse avec une argumentation de café du commerce. Et l’on ne parle même pas des éructations de l’extrême droite qui veut repousser les immigrants à la mer sans trop expliquer par quels moyens il procédera s’il en avait un jour le pouvoir.

En réalité l’immigration est un phénomène ancien en Europe comme en France et la partie illégale de celle-ci ne date pas des accords de libre circulation de Schengen et encore moins de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012. Elle est consubstantielle de l’immigration légale et existait déjà bien entendu du temps où les frontières entre les Etats n’avaient pas encore été démantelées dans le cadre des accords dits de Schengen.

Aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à enrayer significativement cette immigration illégale, ni même à renvoyer les immigrés illégaux en dehors de France. Des charters Pasqua dans les années 80’ aux conférences sur l’identité nationale dans les années 2000, en passant par les régularisations d’illégaux, toutes ces politiques ont échoué à remplir leurs objectifs. Il fallait sans doute les tenter ne serait-ce que pour en mesurer les limites. Mais surtout, aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à faire en sorte que ces candidats à l’immigration préfèrent rester chez eux plutôt que de venir en France. Les actions de co-développement et autres lubies tiers-mondistes ont des effets tellement microscopiques et de long terme que la richesse et la démocratie de notre vieille Europe continue pour le moment à attirer les citoyens du monde en développement. Les Etats-Unis d’Amérique connaissent une immigration comparable en provenance du Mexique, sous présidence démocrate comme républicaine, avec ou sans le mur en construction à la frontière entre ces deux pays.

L’immigration des pays pauvres et en guerre ou sous dictature vers les pays riches en démocratie est donc un mouvement ancien, puissant, profond, irréversible qu’il faut gérer avec intelligence et autorité, si possible avec unité, au moins au niveau national, en évitant les coups de menton démagogiques.

La seule mesure qui n’a jamais été véritablement tentée serait de repousser ces flux d’immigration par la force, c’est-à-dire en déployant l’armée aux frontières et la marine de guerre sur mer. La force cela veut dire l’utilisation des armes et des militaires tirant sur des populations civiles, autant dire un massacre. Cette option n’est pas sur la table dans notre démocratie. Certains de ceux qui prônent la répression contre l’immigration y pensent sans doute sans pour autant oser la formuler.

Entre les armes et l’ouverture complète des frontières il faudrait compromettre et définir une politique saine et évolutive en fonction des évènements. C’est difficile. A ce jour tout le monde y a échoué, c’est la raison pour laquelle une union nationale entre gens intelligents et de bonne compagnie est souhaitable, au-delà des slogans de circonstances agitant des sentiments nauséabonds racoleurs de votes. Tout doit pouvoir être discuté, y compris les accords de Schengen qui ne sont pas tabous et peuvent être remis en cause si une analyse fondée et documentée montre qu’il y a avantage à le faire pour l’intérêt général de la République. La convention de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle adhère la majorité de nos Etats, doit pouvoir également être discutée, ajustée, adaptée, confirmée, conditionnée, toujours en fonction de l’évolution de la situation géopolitique mondiale, qui n’est plus la même qu’en 1951, et du sens de l’intérêt général, de la France comme de l’Humanité.

Bien sûr l’Europe avec ses valeurs et son PIB représente un appel d’air pour des migrants issus de de pays pauvres ou en guerre, comme la Suisse représente un appel d’air pour les français vivant le long de sa frontière et qui ne se gênent pas pour aller y travailler et y bénéficier de salaires plus élevés. Bien sûr ces personnes cherchant à fuir leurs pays en guerre ou dévastés par un sous-développement endémique viennent d’abord en Europe de l’Ouest où l’herbe est plus verte et l’accueil plus généreux, plutôt qu’en Russie ou en Arabie Saoudite. Bien sûr l’accueil de ces populations va générer des dépenses publiques imprévues. Bien sûr au sein de ces flux peuvent se cacher des gens aux idées malveillantes et des extrémistes de tous poils.

Est-ce que monde (et la France) seraient plus tranquilles si ces migrants ne fuyaient pas leur pays pour venir chez nous ? Certainement. Est-ce que l’arrivée de ces migrants va créer des perturbations et des réactions de rejet au sein des populations accueillantes ? Certainement aussi. Est-ce qu’il serait plus moral de financer les besoins de ces arrivants plutôt que dilapider des centaines de millions d’euros pour organiser des compétitions de pousseurs de ballons (notamment des stades de fouteballe climatisés au Qatar…) ? Certainement encore.

Mais les migrants sont là, avec leur lot de réfugiés et de misère, qui forcent tous les barrages. Et ils sont là pour longtemps alors Il faut bien en faire quelque chose ne serait-ce que pour s’occuper de ceux qui sont déjà rendus chez nous et essayer de tarir le flux des départs. C’est ce à quoi s’essayent les dirigeants européens dans la plus grande division. Ils tentent de parer au plus pressé et de reprendre le contrôle d’une situation qui leur échappe. Alors il est facile de critiquer sur Tweeter et de faire dans la polémique sur les plateaux télévisés, il est plus difficile d’agir dans la vraie vie pour ceux qui sont aux commandes, comme toujours.

A défaut de stratégie évidente qui ménage les valeurs humaines et le refus majoritaire des citoyens français d’accueillir ces migrants, qu’ils soient réfugiés ou immigrants, le pouvoir devrait au minimum expliquer et réexpliquer ce qu’on l’on tente de faire et pourquoi on le fait. Si une seule photo d’un gamin mort sur une plage a pu émouvoir à ce point la planète entière eh bien pour une fois utilisons les ficelles de la communication pour une bonne cause et communiquons sur une position française républicaine, arrêtée de façon unanime par les partis. L’image de ces mêmes partis remonterait d’un coup dans l’opinion si au moins, pour une fois, des dirigeants responsables arrivaient à un consensus sur un sujet si brûlant et si humain. On peut rêver…

Ensuite il resterait à arrêter une position commune avec les 27 autres membres de l’Union européenne ce qui relèverait sans doute du miracle, mais au moins la France aurait eu la décence de surmonter ses petits égoïsmes nationaux et son court-termisme politicard pour s’élever, un peu, au-dessus de la mêlée.

Les indemnités de départ du dégé d’Alcatel-Lucent

Michel Combes est un garçon qui a une bonne cinquantaine d’années, polytechnicien et titulaire de quelques autres diplômes universitaires. Il a travaillé dans l‘administration, des entreprises publiques puis des sociétés privées du secteur des télécommunications pour finalement prendre la direction du groupe Alcatel-Lucent en 2013 pour deux ans et demi. Il y dirigera les sévères restructurations nécessaires à cette entreprise à la dérive depuis plusieurs années pour abouti à la vente de la compagnie à Nokia. Depuis le 1er septembre il a pris des fonctions de direction au sein du groupe Altice. Il semble avoir plutôt bien réussi dans les positions qu’il a occupées.

Le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a voté un bonus pour son départ comportant différents éléments qui valorisés aux cours d’aujourd’hui avoisinent les 14 millions d’euros à verser sur plusieurs années, sachant qu’en fonction de l’évolution des cours sur la période de paiement la somme finale à la fin de l’histoire peut être supérieure ou inférieure.

Celle-ci une fois publiée dans la presse a créé un peu d’émotion : 14 millions d’euros en bonus de départ, pour deux années et demie de direction, qui s’additionnent à une retraite chapeau de 50 000 EUR/an lorsqu’il prendra sa retraite. Le patronat français s’est demandé ouvertement si cette rémunération était conforme à la lettre et à l’esprit de ses Recommandations sur la rémunération des dirigeants, mandataires sociaux de sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé sorti en octobre 2008 précisant notamment en son chapitre 2 Mettre définitivement un terme aux indemnités de départ abusives (« parachutes dorés ») :

Le versement d’indemnités de départ à un dirigeant mandataire social doit être exclu s’il quitte à son initiative la société pour exercer de nouvelles fonctions, ou change de fonctions à l’intérieur d’un groupe, ou encore s’il a la possibilité de faire valoir à brève échéance ses droits à la retraite.

L’indemnité de départ ne doit pas pouvoir excéder, le cas échéant, deux ans de rémunération (fixe et variable). Ces règles et ce plafond s’appliquent à l’ensemble des indemnités et incluent notamment les éventuelles indemnités versées en application d’une clause de non concurrence.

Tout gonflement artificiel de la rémunération dans la période préalable au départ est à proscrire.

A priori le conseil d’administration a considéré qu’il avait outrepassé cette chartre patronale, qui n’a pas valeur légale mais uniquement morale, puisque le 11 septembre il a publié le communiqué suivant qui, grosso-modo divise par deux le bonus de départ de son ex-dirigeant qui passe ainsi de 14 à 7 millions d’euros pour 2 années et demie de service.

L’application de cette chartre est opportune. Le seul problème est sans doute qu’Alcatel-Lucent ait cherché à s’en exonérer en espérant que cela ne se verrait pas. Ce ne fut pas le cas, l’entreprise est rentrée dans le rang et Michel Combes devra se contenter de 7 millions d’euros au cours d’aujourd’hui ce qui intuitivement apparaît comme une récompense substantielle pour les efforts qu’il a déployés durant 29 mois.

Paris, France, 11 septembre 2015

Communiqué de presse Alcatel-Lucent

Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent s’est réuni jeudi 10 septembre 2015. Il a pris en compte les recommandations émises par le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise concernant la conformité avec le code Afep-Medef, et les observations de l’Autorité des Marchés Financiers relatives à la rémunération à long terme de M. Combes.

Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a revu, avec le plein accord et à la demande de M. Combes, les différents éléments de rémunération et la clause de non concurrence.

Concernant la rémunération pluriannuelle de M. Combes : le Conseil d’administration se conforme à l’interprétation retenue par le Haut Comité qui détaille et consacre un principe d’acquisition prorata temporis. Il note que ce principe est plus exigeant que la pratique internationale en vigueur. Prenant en compte les observations du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise, le Conseil a décidé un versement en numéraire, et non en actions, de la rémunération pluriannuelle de M. Combes sur la base de la moyenne des 20 cours d’ouverture de l’action d’Alcatel-Lucent précédent son dernier jour d’activité. Ces éléments soumis à réalisation des critères de performance associés seront, pour la tranche 2015, évalués en 2016 à l’issue de l’exercice annuel.

Les éléments des plans de rémunération pluriannuelle constituent des droits acquis de rémunération passée, présentés aux dernières Assemblées générales de l’entreprise et dont la conformité est confirmée par le Haut Comité.

Dès lors, le montant correspondant à la rémunération variable pluriannuelle sera au maximum de 4 845 109 euros, ajusté à la baisse pour la tranche 2015 en fonction de l’atteinte des critères de performance fixés pour 2015. Le montant effectivement payé à M. Combes sera bien sur réduit des prélèvements sociaux associés. Il sera versé uniquement en cas de réussite de l’opération de rapprochement avec Nokia.

Concernant l’application de la clause de non concurrence, M. Combes a sollicité sa reconsidération de la part du Conseil d’administration. Le Conseil confirme l’importance de cette clause pour la protection des intérêts stratégiques du Groupe et la prévention de préjudices majeurs : elle interdit à M. Combes d’exercer toute responsabilité chez un concurrent, ni comme dirigeant, ni comme administrateur ou consultant. Lorsque le Conseil a négocié avec M. Combes cette clause de non concurrence stricte, il n’avait aucune certitude quant au futur professionnel de M. Combes. Son existence a sans doute orienté sa décision de rejoindre un opérateur.

Guillaume Roquette déverse sa haine

Et hop, encore un éditorial de Guillaume Roquette dans le Fig-Mag, récupéré dans la salle d’attente d’un médecin généraliste. Il est daté de mars 2015, après les élections communales qui a vu un score significatif du Front National. Cette fois-ci tout le monde en prend pour son grade : la gauche donneuse de leçons qui abandonne le peuple (Manuel Valls est qualifié de télévangéliste de Matignon), la droite qui n’a pas su empêcher l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand (c’était il y a 35 ans mais représente manifestement un traumatisme jamais digéré par M. Roquette)…

Il reproche aux politiques de ne pas savoir expliquer qu’il serait suicidaire « d’instaurer le protectionnisme ou de sortir en solo de l’euro » (noter le en solo) et de refuser de parler de son triptyque favori immigration-islam-insécurité qui devrait représenter la mère de toutes les batailles.

On sera d’accord avec Guillaume Roquette sur le déficit criant de pédagogie dont font preuve les élus et dirigeants de tous bords qui confondent démocratie participative avec explication de la politique menée ou proposée, ou qui s’imaginent pouvoir décliner le budget de la République dans un tweet de 140 signes. On rappellera simplement à ce représentant teigneux de la presse française que l’un des rôles de celle-ci est aussi de pallier à cette défaillance politique et d’expliquer, d’analyser sans relâche à ses lecteurs les ressorts de l’économie, de la politique, bref, de la vie, donnant accès aux citoyens à l’information qu’ils ne peuvent ou ne savent pas trouver.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le contribuable français subventionne la presse : le Figaro a perçu 15,3 millions en euros, financés par l’impôt, car la République, bonne et généreuse mère considère en quelque sorte cette tâche pédagogique comme une mission de service publique qu’elle délègue en partie à la presse écrite. Il n’est pas sûr qu’elle s’en acquitte parfaitement, préférant souvent la polémique simpliste à la pédagogie apaisée et intelligente.

Lire aussi -> Les aides du contribuable à la presse

Les aides du contribuable à la presse

La presse papier oublie souvent de rappeler qu’elle touche des subventions versées par le contribuable pour aider à sa survie, sans parler des niches fiscales qui permettent aux journalistes de payer un peu moins d’impôt sur le revenu que le commun des mortels.

Pour réparer cet oubli il suffit de surfer sur le site web du gouvernement et y découvrir que les aides directes ou indirectes pour les 200 titres les plus aidés furent :

  • En 2014 > 227 millions d’euros
  • En 2013 > 289 millions d’euros
  • En 2012 > 306 millions d’euros

Le Figaro et Le Monde trustent les deux premières places depuis quelques années. En 2014 le premier a perçu 15,3 millions du contribuable et le second 14 millions, ce qui ne manque pas de sel pour Le Figaro quand on lit ses articles sur la dépense publique qu’il voue aux gémonies et l’assistanat qu’il qualifie de plaie française…

Evidemment tous les journaux émargent à ce guichet et on y rencontre en 2014 également, par exemple, Paris-Match (14ème rang avec 3,6 millions), L’Equipe (22ème rang avec 3 millions), Valeurs Actuelles (53ème rang avec 1 million), etc. Et encore ne s’agit-il seulement que des 200 titres les plus aidés !

Subventionner la presse peut être considéré comme une dépense nécessaire afin de maintenir un niveau minimum d’information des consommateurs qui ne sont pas prêts à payer le vrai prix de leur journal. Nous sommes en France, alors évidemment on se tourne vers le contribuable pour équilibrer le compte d’exploitation d’entreprises privées. Et l’on critique à longueur de colonnes les impôts de la République. Au Figaro on n’attaque pas son actionnaire industriel (de l’armement) mais on tape sur l’Etat, c’est moins risqué.

La Morano se jette à l’eau

LCE_Morano_20150826

Arghhhhhhh ! La Morano annonce sa candidature aux élections primaires de Les Républicains pour élire un candidat/candidate à l’élection présidentielle de 2017. Voilà qui promet des débats tout en finesse comme à son habitude et lors de ce tweet d’hier :

Tweet_Nadine_Morano_20150903_Immigration

L’incroyable foi qu’elle a en elle mérite le respect. Sa combativité est également un modèle du genre. Ces deux qualités sont malgré tout insuffisantes pour gouverner la France.

Tics verbaux dans l’armée

Depuis la généralisation des interventions armées aériennes occidentales ou onusiennes au Moyen-Orient on parle moins de bombardements que de « frappes ». Cette subtilité sémantique est destinée à être moins effrayante sur l’acte lui-même qui consiste, quelle que soit son appellation, à balancer une ou des bombes depuis un avion sur des cibles humaines et matérielles comme le rappelle Wikipedia :

Le bombardement (mot dérivé de bombarde) est une opération consistant à attaquer un objectif à l’aide d’éléments d’artillerie, qu’il s’agisse de boulets ou de toute variété de bombe.

Les bombardements ont généralement pour objectif la destruction des défenses ou des ressources de l’adversaire, ayant un intérêt stratégique, tactique ou psychologique. Ils peuvent être terrestres (bombardement d’artillerie), maritimes (bombardement côtier) ou aériens (lâcher de bombes par des avions).

Appelons les choses par leur nom : un bombardement est un bombardement ! La frappe devrait être réservée à la monnaie, à la machine à écrire ou aux joues des enfants mal élevés.

Festival de faux-jettonerie

La publication de la photo du corps d’un enfant syrien de trois ans sur une plage de Turquie émeut la planète entière et il est vrai qu’elle est bouleversante. Son frère et sa mère sont également morts noyés au cours du chavirage du rafiot de fortune sur lequel ils avaient pris place pour essayer de rejoindre la Grèce et donc l’Europe.

Le monde politique et médiatique s’agite en assénant des slogans « il faut agir », « l’Europe doit bouger », « il faut réformer la politique d’accueil des réfugiés », etc. Mais aucun dirigeant n’ose encore vraiment dire aux citoyens que ces migrants sont là pour longtemps et qu’il va bien falloir les installer et les financer en Europe de façon durable. Ces mêmes dirigeants essayent d’ailleurs de faire croire à la possibilité de différencier les réfugiés politiques des migrants économiques, ces derniers ayant vocation à être renvoyés dans leurs pays d’origine tout en sachant pertinemment que ces raccompagnements n’ont jamais été techniquement possibles au départ de nos vieilles démocraties.

Il n’est pas dit d’ailleurs que cette photo déchirante fasse changer fondamentalement l’avis populaire sur l’immigration en France.

Bien sûr l’installation de camps de réfugiés, puis la tentative de leur intégration, dans notre vieille Europe va être difficile à faire accepter par les populations, bien sûr il y aura des effets dévastateurs comme des poussées de l’extrême droite, des réactions populistes et de violence de certains mais aussi sans doute de l’empathie, bien sûr il y aura des éditoriaux affligeants de Guillaume Roquette, mais bien sûr l’Europe doit prendre sa part du fardeau pour le moment surtout porté par le Liban, la Turquie, la Jordanie qui accueillent des millions de réfugiés syriens.

La question suivante qui doit déjà se poser dans quelques états-majors est celle d’une intervention militaire occidentale dans ces pays du Moyen-Orient pour y rétablir l’ordre et endiguer le flux des départs de leurs habitants. Mais les dernières interventions de ce type ont plutôt eu pour résultats d’accélérer le désordre et ces départs alors s’il fallait les retenter il faudrait à tout le moins en changer le format.

En attendant on rêve d’une unanimité mondiale qui, par exemple, annulerait les prochains jeux olympiques pour consacrer les dépenses et l’énergie ainsi économisées au financement de ces réfugiés. Mais ce n’est qu’un rêve !