Cris et hurlements

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Un match de fouteballe se déroule ce soir opposant la France à l’Allemagne pour une demi-finale de compétition de pousseurs de ballon mal-coiffés et surpayés. Tout le quartier du chroniqueur est envahi par des supporters avinés qui hurlent et chantent (faux) la Marseillaise à tout bout de champ jusqu’à 4 heures du matin.

Comment et pourquoi une nation incapable de se mettre d’accord sur la simple réforme de son code du travail peut-elle faire preuve d’un tel unanimisme sur le superficiel ? C’est le résultat d’une génération de citoyens abrutis par les journaux de TF1, la télé-réalité, les chroniques de Guillaume Roquette, les slogans sur Tweeter de Laurent Wauquiez et de Jean-Luc Mélanchon, bref par trente années durant lesquelles on a privilégié la polémique sur le débat, le simplisme sur les idées, la beaufitude sur l’intelligence. C’est une génération perdue qui gère sa vie avec un aïephone plutôt qu’avec des neurones. Nous (les générations au-dessus) avons notre part de responsabilité dans cette dérive : nous n’avons pas su canaliser les années fric ni le spectacle affligeant de dirigeants (publics ou privés) irresponsables quand ils ne sont pas corrompus, nous avons oublié de donner l’exemple et négligé les générations futures.

Alors que faire : eh bien il faut reprendre le combat pour la raison et contre la connerie : avec nos enfants et notre entourage, au bureau et dans les dîners en ville, préférer la littérature à la téloche, Michel Rocard à Laurent Wauquiez, la culture à la polémique, Le Monde à L’Equipe, la bienveillance au cynisme, le raisonnement à la dérision. Et puis il faut donner l’exemple, arrêter de se plaindre pour tout et n’importe quoi, mettre fin au nombrilisme érigé en mode de fonctionnement, savoir reconnaître ce qui va et ce qui est beau. L’intelligence et la poésie reprendront le dessus.

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