Pete Doherty – 2016/11/17 – Paris le Bataclan

pete-doherty_2016-b
La salle parisienne du Bataclan reprend vie après avoir été le lieu de l’attaque terroriste islamiste que l’on sait il y a un an, laissant 90 cadavres sur le carreau, et encore une quarantaine de plus dans des bars des environs. Les propriétaires voulaient dépasser ce triste souvenir de la déraison humaine avec la musique pour laquelle cette salle fut conçue. Sting a officiellement assuré le concert de la réouverture il y a quatre jours, Doherty prend sa suite pour deux soirées. Hier Carl Bârat est venu le rejoindre pour quelques morceaux.

La première partie est tenue par Jack Jones, musicien poète qui assurera les guitares plus tard dans le groupe de Pete Doherty. Il déclame ses poèmes entre deux riffs introduisant au mieux le chaos romantique qui s’annonce.

Une apparitrice introduit le show en demandant une minute de silence qui ne durera que… dix secondes comme le remarque Doherty arrivé pendant ce temps costumé-chapeauté comme à son habitude. Un drapeau français tagué « Fuck Forever terrorism » pendouille sous un ampli. Le groupe est plutôt jeune, un peu hésitant, comprend deux femmes dont une violoniste qui ébauche une Marseillaise pour débuter, reprise par la salle pour compenser cette minute de silence avortée.

Le show démarre dans une joyeuse agitation et se déroulera de façon désordonnée, à la Doherty… Les reprises des Libertines et de Babyshambles déclenchent l’enthousiasme de la foule qui chante et pogotte avec énergie. Pete sort de scène, y revient, se désape, balance dans la foule ce qui lui tombe sous la main, y compris sa guitare. Deux danseuses font une apparition au milieu du show et réalisent quelques entrechats sur une musique qui s’y prête peu. C’est un bordel musical si charmant !

Dans cette atmosphère survoltée et tellement britannique, Pete Doherty et son groupe jouent un rock débridé et revigorant, définitivement électrique. On y retrouve la fraîcheur des origines du rock, la poésie destructrice du mouvement punk tempérée d’un peu de sereine douceur diffusée par les musiciennes et les danseuses.

Le show se termine sur Fuck Forever : How d’you choose between death and glory?/ Happy endings don’t bore me/… / Fuck forever/ I’m out of your mind… puis Pete décroche le drapeau français et la passe délicatement à l’horizontal sur les mains tendues des spectateurs pour qu’il serpente doucement vers le fond de la fosse. Mais au milieu du chemin, un furieux s’en empare et le roule en boule pour l’envoyer balader. Faute de goût, qu’importe, la bonne éducation n’est pas forcément synonyme de rock mais ce soir le Bataclan revit et Doherty poursuit son parcours musical titubant et incandescent.

Setlist : La Marseillaise/ I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone)/ Last of the English Roses/ Kolly Kibber/ You’re My Waterloo (The Libertines song)/ The Steam/ The Whole World Is Our Playground/ Oily Boker/ Down for the Outing/ Hell to Pay at the Gates of Heaven/ Killamangiro (Babyshambles song)/ Up the Bracket (The Libertines song)/ Albion (Babyshambles song)/ Flags of the Old Regime/ Fuck Forever (Babyshambles song)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.