Sigur Ros – 2017/09/29 – Paris le Grand Rex

 

Le groupe islandais Sigur Ros a donné un concert ce soir au Grand Rex, en formation réduite à trois. Groupe pour le moins original et définitivement inclassable, il rencontre un succès d’estime et de curiosité devant cette musique intergalactique composée et jouée par des citoyens d’une ile-Etat, l’Islande, qui elle aussi suscite la perplexité, perdue dans les mers du grand Nord entre Groenland et Norvège, tiraillée entre le feu de volcans en éruption et la glace de cette région polaire. Leur musique est à cette image.

Rappelons les bases de ce groupe d’avant-garde : Jónsi joue de la guitare avec un archet et chante d’une voix extrêmement haute et fluide, son bassiste joue parfois avec des baguettes de batterie, seul le batteur semble suivre les voies à peu près classiques de sa fonction. Les mots sont en islandais, en anglais ou dans une langue propre créée par le groupe, le « hopelandic » (langage de l’espoir), on est ainsi sur de perdre les spectateurs…

Les perdre, oui, mais dans un monde merveilleux duquel ils ne veulent pas s’échapper. Un univers où tout converge vers une magie des sens. La voix exceptionnelle et l’instrumentation ne font qu’un, le son de l’ensemble suit d’étranges sinusoïdes tout en hauteur, dans les sommets de la gamme sonique. Le light show est en symbiose avec la musique, sombre et mystérieux, fait d’un ensemble de barres lumineuses qui s’entrecroisent dans l’espace et leur clignotements. On dirait des clignotements d’étoiles au cœur du grand néant noir de l’espace.

C’est un kaléidoscope de sensations qui nous plonge dans cette musique si originale, si pure et éthérée. On n’est pas sûr de vraiment comprendre toute cette complexité, ce n’est pas grave, laissons-nous bercer par nos sens et recevons cette offrande musicale venue d’un autre monde. C’est le miracle des Sigur Ros : des mots et des notes finalement accessibles à tous.

Setlist :

Set 1 : Á/ Ekki múkk/ Glósóli/ E-Bow/ Dauðalagið/ Fljótavík/ Niður/ Varða

Set 2 : Óveður/ Sæglópur/ Ný batterí/ Vaka/ Festival/ Kveikur/ Popplagið a

Escroquerie nationale en cours

Ca y est, l’organisation des jeux olympiques de 2024 dont plus aucune ville ne voulait a été attribuée à Paris par l’organisation mafieuse internationale et fraudeuse domiciliée en Suisse, le Comité international olympique (CIO). C’est ainsi que les contribuables français vont devoir vider leurs poches pour financer des compétitions sportives. Les nunuches pleines de dents blanches, présentatrices de journaux télévisés, annoncent la nouvelle avec leurs sourires ravis. La maire de Paris qui a engagé un argent qui n’est pas le sien se frotte les mains. Même le président de la République, pourtant libéral dans l’âme, va, sans problème de conscience apparent, se réjouir de ce détournement d’argent public pour financer une activité qui devrait relever exclusivement du secteur privé.

La mairie de Paris a œuvré pour refuser l’organisation d’un référendum au niveau de la ville pour demander l’avis de ses citoyens qui auraient très certainement voté contre comme le firent nombre d’électeurs consultés dans d’autres villes plus ou moins candidates. On est non seulement en présence d’un hold-up financier mais également d’une atteinte aux principes démocratiques.

Il reste maintenant à espérer que les dirigeants français qui vont mener à bien cette organisation feront preuve d’un peu de bon sens pour limiter ce qui sera volé aux contribuables et qui aurait été tellement mieux utilisé pour l’éducation de nos enfants par exemple. On attend la loi de circonstance qui va exonérer le CIO de tous impôts et taxes sur les activités commerciales qu’il mènera sur le territoire français en 2024. Nous constaterons les députés félons qui voteront pour le hold-up.

Les doigts dans le pot de confiture…


Laurent Wauquiez, haut fonctionnaire surdiplômé reclassé dans la politique depuis des années, est pris les doigts dégoulinant de confiture après les avoir trempé dans le pot avec délectation et profit. Détaché de l’administration du conseil d’Etat depuis 2004, il a continué à cotiser au régime de retraite et accumulé les droits conséquents de ces années. Le même avait raillé « l’assistanat, cancer français » sur les plateaux télévisés où il passe pas mal de temps…

Il eut un peu de mal à justifier de maintenir plusieurs fers au feu de la fonction publique tout en prônant le libéralisme et la responsabilité. Il vient d’admettre « son erreur » en ajoutant qu’il comprend que cet avantage « puisse choquer » et bla-bla-bla. Il déclare :

« Je mets fin à mon détachement et je me mets en disponibilité de la fonction publique et du juge administratif que je suis. »

On note qu’il se « met en disponibilité » et qu’il ne « démissionne » de la fonction publique !

Au-delà de ce cas particulier, plutôt comique concernant ce personnage, mais de guère d’importance, le problème de fond est que perdure ce communautarisme des grands corps d’Etat. Cette situation permet à cette élite de passer du public au privé et de revenir dans la fonction à leur demande. Que les membres de ces grands corps d’Etat soient des gens brillants ne fait guère de doutes et il est sain qu’ils puissent accéder aux fonctions dirigeantes de la République, il est fort peu justifié qu’ils puissent y garder une place au chaud pour le restant de leurs jours après être allé planter leurs choux dans le secteur privé. Après avoir travaillé pour l’Etat les années nécessaires au remboursement des études d’élite que le contribuable leur a financées, il est très sain qu’ils puissent partir dans le secteur privé ou humanitaire ou dans les ordres, mais cela doit être sans retour automatique garanti, et encore moins en gardant ses avantages de retraite comme l’a fait Laurent Wauquiez.

Cette sécurité spécifique aux fonctionnaires est de moins en moins compréhensible dans le monde libéral qu’une partie de cette corporation nous vante à longueur de journées. Une fois partis dans le privé, s’ils veulent revenir au service de l’Etat il serait opportun qu’ils en repassent les concours d’accès ou y retournent sous un statut contractuel. La République a toujours besoin de ces grands corps formés aux meilleures écoles sur fonds publics mais ceux qui en sortent doivent pouvoir largement se passer d’avantages d’un autre âge qui participent à leur rejet.

No Filter

La tournée européenne des Rolling Stones « No Filter Tour » a débuté à Hambourg et sera à Paris fin octobre.

Il vaut mieux tenir ses engagements, surtout les plus faciles

A plusieurs reprises le président français a expliqué aux journalistes qu’il choisirait les sujets qu’il veut aborder au lieu de se les faire imposer par la presse. Il a pris pour habitude également de préciser qu’il ne s’exprimerait pas sur la France à l’occasion de ses déplacements à l’étranger, ce qui était plutôt de bonne augure.

Hélas, hélas, cet engagement pourtant relativement facile à tenir, même face à la meute des cartes de presse, a été violé plusieurs fois récemment. En août à Bucarest il accuse la France de ne pas aimer les réformes. En Grèce en septembre, il revient sur ce blocage devant toute transformation en ajoutant :

« Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

Ces vérités sont bonnes à dire mais il vaut mieux laver son linge sale en famille et proférer ce genre de jugements à l’intérieur de l’hexagone plutôt qu’en dehors des frontières devant des étrangers qui doivent s’en tordre de rire. Encore mieux : on peut aussi concentrer son énergie à combattre cette inertie dans la discrétion plutôt que dans la presse.

MALRAUX Clara, ‘Nos vingt ans’.

Sortie : 1966, Chez : Le Livre de Poche 5125

Clara Goldschmidt, jeune femme issue d’une famille franco-allemande, née à Paris en 1897 dans un milieu socialement privilégié, deviendra la première femme d’André Malraux dans l’entre-deux guerres. Ces mémoires racontent son enfance entre Paris et Magdebourg, la première guerre mondiale avec une famille séparée par le front, la justice française qui a cherché les déchoir de leur nationalité durant le conflit, la rencontre avec André, leur fascination réciproque pour l’intellectualisme, le brio d’André et ses fréquentations artistiques et, enfin, l’aventure cambodgienne narrée par Malraux dans « La Voie Royale » (très romancée) où le couple à court d’argent part en Indochine pour dérober et revendre des bas-reliefs khmers.

Par la suite Clara deviendra écrivaine, mènera avec son mari d’autres périples asiatiques et divorcera du volage André après qu’ils aient eu une fille. Sa vie durant elle gardera son admiration pour son grand homme à la personnalité écrasante.

Le style de cette biographie est doux et élégant. Bien sûr il est celui d’une plume née à la fin du XIXème siècle, une époque où le maniement de la langue française était un art. On ne se lasse pas de la succession des mots et des phrases qui coulent comme une fontaine de jouvence pour décrire une époque, un milieu et un immense amour !

Savoureux : comment avaler on chapeau !

La partie « non constructive » du parti Les Républicains ne sait plus vraiment comment avaler son chapeau. Les premières semaines du gouvernement actuel sont en train d’accoucher de décisions et de réformes qu’ils n’avaient pas même osé faire. Comme il leur est bien difficile de s’opposer frontalement et qu’ils ont quand même un égo et une historiette à défendre, ils approuvent du bout des lèvres tout en marquant un mécontentement de façade. Le meilleur à cet égard est sans conteste Eric Woerth qui après avoir critiqué la transformation du code du travail s’attaque maintenant à la baisse des emplois subventionnés par les contribuables, en acceptant le principe mais condamnant la méthode.

Cache ta joie Eric, cache ta joie. Avec son air d’épagneul triste, cet ancien ministre voit probablement venir la fin de son parcours politique, perspective qui semble peu le réjouir lui qui a déjà la bonne humeur pas vraiment expansive. A 61 ans, il est peu probable qu’il puisse un jour rebondir politiquement. Diplômé d’HEC et de Sciences-Po, il fut un ministre une peu terne, trésorier de l’UMP et de campagnes sarkozyenne, maire de Chantilly. Il n’a pas fondamentalement démérité mais, sans doute, son heure est passée, sans gloire ni trop de remous. Un grognard de la République, à peu près fidèle à ses idées. Il risque d’être oublié assez rapidement.

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