Encore un effort Monsieur Juppé

Après quelques autres, Alain Juppé, 72 ans, annonce qu’il « prend du recul » avec le parti Les Républicains (LR) en refusant de payer sa cotisation. Bien sûr il communique par tweet :

Je comprends la décision de @Dbussereau qui m’avait informé. Pour ma part je n’ai pas l’intention de payer ma cotisation LR en 2018. Je prends du recul et je vais observer notamment dans la perspective des élections européennes de 2019.

Quel courage, quel sens du risque ! Mais que sont tous ces militants en vue de LR qui « se mettent en retrait », « prennent de la hauteur »… En fait, plutôt que de démissionner d’un parti dont ils semblent désapprouver les orientations, ils gardent plusieurs fers au feu, on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. C’est sans doute leur longue habitude du cumul des postes et des mandats qui perdure, leur mauvaise pratique du pantouflage qui leur a permis de prendre assez peu de risques personnels tout au long de leurs carrières rémunérées par les contribuables.

Un garçon comme Alain Juppé qui n’a pas démérité devrait, à son âge avancé de 72 ans, être désormais capable de prendre des décisions politiques franches sans donner en permanence cette impression de vouloir garder un ou des parachutes de secours. Qu’a-t-il à perdre à 72 ans ? Rien, sinon de laisser l’image d’un homme indécis qui n’arrive pas à sortir du milieu hyper-protégé dans lequel il a évolué toute sa vie. Sa carrière est derrière lui, il a été une nouvelle fois désavoué lors des dernières primaires de la droite en 2017 par des électeurs conservateurs qui ne l’aiment pas et ne l’aimeront probablement jamais au point de l’élire à un mandat national.

Alors il devrait se détendre, respirer un grand coup, aller où bon lui semble et profiter d’une retraite bien méritée qui approche à grand pas. Comme il garde la stature d’un sage homme de droite, il sera consulté certainement, écouté parfois, au-delà des dossiers du tramway de Bordeaux. Les jeunes sont là chez LR comme ailleurs, il faut leur laisser les manettes, la génération des Juppé doit admettre de se retirer sans amertume. Suivez l’exemple de MonGénéral que diable !, qui écrivait en 1969 le lendemain du désaveu du référendum sur la régionalisation :

« Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

Ce fut simple et de bon goût et le sortant ne prit plus jamais la parole publiquement sur aucun sujet politique avant que la fin ne le rattrape, il est vrai assez rapidement après sa démission. C’est ainsi qu’on laisse une trace dans l’Histoire d’une nation !

L’administration américaine n’a plus de sous

Donald Trump

C’est la réponse du berger à la bergère : les parlementaires démocrates américains bloquent le vote d’une rallonge budgétaire et mettent l’administration en carafe. Les fonctionnaires ne sont plus payés pas plus que les dépenses courantes non stratégiques. Cela est provisoire en attendant que les conciliabules de marchands de tapis aboutissent dans les couloirs du pouvoir, mais cela fait mauvais effet. Cette politique du pire était le sport favori des parlementaires républicains sous la présidence démocrate d’Obama. Le locataire de la Maison-Blanche a changé, l’irresponsabilité des élus reste la même.