Les impressionnistes à Londres – Petit Palais


1870 : nos amis les allemands-prussiens envahissent la France qui leur a déclaré la guerre, ils laminent l’armée française, le second Empire s’effondre, la commune se déclenche, la répression la vainc, mais quelques années de trouble poussent des artistes à s’exiler à Londres (où les retrouvera, ironie de l’Histoire, Napoléon III en exil…).

Les peintres y pendront l’Angleterre de l’époque : Monet, Pissaro, Sisley, Tissot et bien d’autres. Le Petit Palais expose leurs œuvres de ces années britanniques. Les échanges créatifs avec les artistes anglais sont nombreux et ces peintres exilés vont s’inspirer et restituer avec talent les atmosphères londoniennes faites de brumes et de suractivité industrielle et fluviale, mais aussi d’élégantes déambulant dans les parcs ensoleillés. Quelle sublime génération d’artistes !

de BEAUVOIR Simone, ‘Le deuxième sexe – tome 2/2’.

Sorti en : 1949, Chez : idées nrf.

A la suite du Tome I qui retraçait la place de la Femme dans l’Histoire, ce deuxième volume aborde la situation de la femme au mi-temps du XXème siècle : l’épouse, la mère, la vie en société, la prostituée, la femme mature puis vieille. S’en vient ensuite l’analyse de la « justification » : la narcissiste, l’amoureuse, la mystique ; avant de conclure sur la Femme « vers la libération ».

Les développements de Beauvoir sont toujours aussi fascinants par la puissance de cette pensée philosophique qui reste parfaitement logique et compréhensible par le lecteur.

L’impérialisme de l’Homme est détaillé comme sa volonté de cultiver sa petite tyrannie sur terre car en plus d’être admiré et aimé il a besoin d’asséner sa puissance voire sa violence comme thérapie à l’accumulation des rancunes accumulées avant son mariage… La femme se soumet, ou pas, puis le couple se délite :

« Le couple [devient] une communauté dont les membres ont perdu leur autonomie sans se délivrer de leur solitude ; ils sont statistiquement assimilés l’un à l’autre au lieu de soutenir l’un avec l’autre un rapport dynamique et vivant… »

La situation de mère met encore plus en avant l’hypocrisie prévalant dans les rapports entre l’Homme et la Femme. On conteste à cette dernière toute capacité à l’action publique ou à une carrière professionnelle mais on lui confère la mission suprême : la formation d’un être humain. La grossesse, le contrôle des naissances, l’avortement sont passés au crible d’une analyse sans concession illustrant la sous-condition de la Femme et la mauvaise foi de courte vue avancée par la société pour justifier cette inégalité fondamentale :

« Que l’enfant soit la fin suprême de la femme, c’est là une affirmation qui a tout juste la valeur d’un slogan publicitaire. »

Et quand la vieillesse point, l’Homme perd de sa superbe car devenu totalement inutile alors que sa femme garde au moins la direction de la maison et se rend compte du jeu de dupes que fut sa vie d’épouse. Et c’est encore de l’amertume…

Alors même lorsqu’il s’agit de libération, la femme de 1949 vue par de Beauvoir affronte encore « l’injuste malédiction attachée à la féminité ; se résignant à cette infériorité elle l’aggrave… »

L’auteur conclue sur le fait que tant que l’Homme et la Femme ne se reconnaîtront pas comme « des semblables », c’est-à-dire tant que l’on maintiendra la spécificité de la féminité le conflit perdurera, et c’est là l’immense contradiction non résolue, même de nos jours, qui maintient l’oppression. Beauvoir se félicite que les hommes (déjà en 1949) aient évolué vers l’émancipation de la Femme, plus ou moins contre leur gré, mais dans le sens de leur intérêt. Elle prédit que le mouvement se poursuivra et que l’avenir sera réinventé malgré une relative perte de la féminité : même une fois l’égalité atteinte il restera bien sûr certaines différences, et d’abord son érotisme, donc son monde sexuel, une sensualité et une sensibilité singulière, son rapport à l’Homme et à l’enfant seront toujours spécifiques même si la Femme est émancipée.

Le livre se termine sur un espoir :

« … que par-delà leurs différenciations naturelles hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité. »

Allons, tout n’est pas perdu !

Guigone et Nicolas à Beaune

En 1443 Nicolas Rolin et Guigone de Salins fondent un hôpital pour les Pôvres afin d’apporter soins et charité à une centaine de nécessiteux. C’est un peu l’ancêtre de la sécurité sociale sauf que le financement vient de ce riche couple au lieu de la communauté des cotisants comme aujourd’hui. Dieu n’est jamais loin dans cet établissement qui deviendra les « Hospices de Beaune » et qui accueillit des malades jusqu’en 1971 dans un décor classé monument historique dont les célèbres tuiles peintes composent la toiture. Désormais recyclé en musée « L’Hôtel Dieu » est dédié au souvenir de gens qui se sont dévoués des siècles durant à l’intérêt général.

Le personnel désormais laïque a maintenant été transféré dans un hôpital moderne toujours à Beaune, établissement public de santé original qui détient toujours l’Hôtel-Dieu mais aussi, suite à de nombreux legs au cours des siècles, un domaine viticole de 60 hectares d’excellentes appellations de Bourgogne qui sont commercialisées à l’occasion d’une vente de charité annuelle et dont les revenus servent à l’entretien du patrimoine des Hospices, ainsi qu’à la modernisation des équipements et bâtiments hospitaliers. Sympathique et historique organisation !

On démissionne désormais à la télé

Une vague de démissions ou de mutations agite le monde politique ces derniers temps. Rien de bien grave sinon la confirmation que des ministres ou assimilés renoncent après quelques mois de travail, soit bien rapidement après avoir accepté une mission confiée par des électeurs et une rémunération versée par les contribuables. On ne peut dire qu’ils aient vraiment de la constance dans l’effort, on dirait un peu des enfants qui jettent leurs jouets deux semaines après les avoir découverts sous le sapin de Noël.

Rien de bien grave, non, et la caractéristique première de ces décisions est que tout se passe désormais dans les médias avant même que devant leurs employeurs même s’il est vrai que les citoyens sont un peu leurs employeurs. Ces derniers jours, le ministre de l’écologie a démissionné sur France-Inter, un adjoint de la mairie de Paris a démissionné dans Le Monde et le ministre de l’intérieur (71 ans) a annoncé son prochain départ du gouvernement dans L’Express pour se présenter à des élections municipales prévues seulement en 2020.

Tous ces personnages imbus d’eux-mêmes mettent leurs départs en spectacle pour en tirer on ne sait trop quel avantage. Là où l’on souhaiterait efficacité et discrétion, nous n’avons que renoncement et mise en scène. Certains d’entre eux vantent les mérites de l’entreprise privée, ils feraient bien de s’y recycler quelques temps histoire de voir si l’on peut partir ainsi du jour au lendemain en claquant la porte puis en répandant son amertume ensuite dans des journaux à grand tirage…

Décès de Rachid Taha

Rachid Taha est décédé ce 12 septembre à 59 ans : que la terre lui soit légère.

Chanteur engagé d’origine algérienne, il a mixé avec bonheur le raï et le rock, mené le groupe Carte de Séjour puis une carrière solo flamboyante. Révolté gouailleur, ses concerts était une explosion de joie. Nous allons le regretter.

Lire aussi : Rachid Taha – 2013/05/16 – Paris le Trianon

Garbage – 2018/09/20 – Paris le Bataclan


Concert intimiste de Garbage au Bataclan pour le 20ème anniversaire de l’album Version 2.0 : Shirley Manson et ses quatre cavaliers de l’apocalypse électrique ont déchaîné une assistance conquise ce soir. Un show mené sur un rythme d’enfer dans l’atmosphère moite du Bataclan. Le groupe ne ménage pas son énergie, plutôt habitué à des salles et des scènes plus vastes, il laisse à Shirley son espace vital où la diabolique, accrochée à son micro, tourne comme un lion en cage. Rares sont les moments de répit, celui qui termine le show sur You Look So Fine est un moment magnifique qu’elle clôt à la guitare en faisant durer ce final mélancolique instrumental qu’elle transforme en rage (Ending with letting go/ Let’s pretend we get a happy end/ Let’s pretend we get a happy end/ Let’s pretend, happy end…), avant de quitter la scène pour y revenir pour un rappel de braise où sera notamment joué la nouvelle et étrange chanson No Horses, pleine de dévastation mais qu’elle qualifie de « happy song » dans un grand éclat de rire !

Set list : Afterglow/ Deadwood/ Temptation Waits/ Wicked Ways (with interlude of Depeche Mode’s « Personal Jesus »)/ Special/ The World Is Not Enough/ 13x Forever (with The Kinks’ « Tired Of Waiting » outro)/ Get Busy With the Fizzy/ Hammering in My Head/ Medication/ Thirteen (Big Star cover) / Can’t Seem to Make You Mine (The Seeds cover)/ I Think I’m Paranoid/ Sleep Together/ Dumb/ Soldier Through This/ Lick the Pavement/ Push It/ When I Grow Up/ You Look So Fine (incl. snippet of ‘Dreams’ by Fleetwood Mac)

Encore : The Trick Is to Keep Breathing/ No Horses/ Cherry Lips (Go Baby Go!)

U2 – 2018/09/13 – Paris Bercy

Un concert de U2 est toujours un bon moment à passer, surtout quand il se déroule à Paris ! Le groupe créé à la fin des années 70’ continue à sortir des disques, bon point, mais a remplacé la flamboyance d’antan par un recours au visuel électronique et sophistiqué. L’éternel Bono-en-lunettes affiche des cheveux permanentés mais se porte encore bien sur ses talonnettes. The Edge cache toujours son crâne sous un calot noir de façon cardinal, mais quel guitariste de talent ! Adam à la basse a les cheveux uniformément blancs, laqués eux-aussi et Larry, le bogoss de la bande marque le rythme à la batterie.

Une bande de grands musiciens qui jouent ensemble depuis presque 40 ans, cela crée des liens qui sont tellement évidents sur scène. A quatre ils font un vrai show ; tout ce petit monde s’écoute un peu chanter mais qu’importe, nos cœurs s’emballent lorsque retentissent les hymnes de ce groupe : New Year’s Day, In the Name of Love

Setlist : [Inside Screen The Blackout]/ Lights of Home (St. Peter’s String Version)/ I Will Follow (with « Mother » snippet)/ All Because of You/ Beautiful Day/ The Ocean/ Iris (Hold Me Close)/ Cedarwood Road/ Sunday Bloody Sunday (i+e semi-acoustic version)/ Until the End of the World (with « Lord of the Files » and « Introduction » snippets)/ [E-Stage Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me (Gavin Friday Remix) / Elevation (Influx Remix Intro)/ Vertigo (with « Ca Plane Pour Moi », « … more )/ Even Better Than the Real Thing (Fish Out of Water Remix; no… more )/ Acrobat (with « Hall of Mirrors » snippet)/ You’re the Best Thing About Me (full band acoustic)/ Summer of Love (Bono and The Edge only)]/ Pride (In the Name of Love)/ Get Out of Your Own Way/ New Year’s Day (reworked version, no final verse)/ City of Blinding Lights

Encore : Women of the World (Jim O’Rourke song)/ One/ Love Is Bigger Than Anything in Its Way/ 13 (There Is a Light)

La Défense


Paris La Défense, premier centre d’affaires européen (selon Wikipédia), déborde d’activité en ce vendredi ensoleillé ; sur la dalle de bousculent piétons et deux roues en tous sens, les tours en construction s’érigent aux côtés de celles existantes… Tout ceci a une certaine allure, on se demande de quoi ce quartier se défend !

Spectacle étonnant dans le microcosme

A l’occasion d’une réforme technique visant à prélever l’impôt sur le revenu à la source et l’année des revenus au lieu du paiement volontaire l’année suivante, le microcosme politique français s’accroche sur les plateaux télévisés et les comptes Twitter. C’est assez affligeant et tellement représentatif des contradictions nationales. Cette réforme ne touche d’abord que ceux qui paye l’impôt sur le revenu, soit une minorité de citoyens, hélas, mais par contre tout le monde a son avis sur la question, généralement négatif. L’impôt sur les revenus est devenu tout à fait minoritaire dans les ressources de l’Etat dont la grande majorité est déjà prélevée à la source l’année de son apparition, que ce soient la TVA, les prélèvements sociaux ou l’impôt sur les sociétés sans que cela ne pose de difficulté.

Cette réforme n’aura aucun effet sur la croissance économique de la République ni sur le montant de l’impôt, c’est juste une affaire de trésorerie qui présente d’ailleurs nombre d’avantages pour les contribuables, dont celui d’instaurer « l’impôt contemporain » : on paye l’impôt sur ses revenus de l’année. En fait ce n’est pas même une réforme, mais juste une question de logiciel informatique à mettre au point. Il y aura des bugs c’est certain, ils seront bien réglés d’une façon ou d’une autre, il faut prendre un minimum de risques pour avancer.

L’affaire est montée en épingle par les commentateurs de sondage qui affirment tout et son contraire en un chœur émouvant. Cela fait des décennies que nos vedettes politiques sont d’accord pour instaurer cette mesure qui concerne un impôt marginal payé par une minorité de foyers fiscaux. Qu’ils soient de gauche ou de droite, tous l’ont annoncée, un des gouvernements de François Hollande l’a voté, mais en reportant prudemment son application au quinquennat suivant. Nous y sommes :

  • La gauche qui n’aime pas le président Macron l’admoneste car il tarde à mettre en œuvre cette brillante réforme votée par la gauche.
  • La droite qui soutient la réforme mais n’aime pas le président Macron l’abomine car il a déjà repoussé d’un an cette réforme indispensable.
  • La droite qui conteste la réforme et n’aime pas le président Macron l’injurie car il va mettre en œuvre cette réforme abjecte.

Tout ce petit monde qui n’est responsable de pas grand-chose (si ce n’est d’encaisser leurs salaires payés par les contribuables) glose, ergote, cancane, commère, dénigre, épilogue…, bref perd son temps et nous fait perdre notre argent. Il est temps de passer aux sujets suivants maintenant que la rentrée a été copieusement polluée par ce programme informatique !

Valls dans Paris-Match plutôt qu’à l’Assemblée nationale


Manuel Valls, ex-premier ministre français et actuel député, s’expose dans Paris-Match avec sa nouvelle fiancée. Il aurait l’intention de porter plainte contre le torchon parisiano-pipole. Il n’a pas toujours été opposé à Paris Match et on se souvient de ces images gnan-gnan de 2013 avec une ancienne fiancée, validées à l’époque par l’impétrant :

Le garçon bénéficie d’une double nationalité française et espagnole. Il serait intéressé par la mairie de Barcelone où il passe beaucoup de temps. S’il bossait un peu plus à Paris dans son job à l’Assemblée nationale, pour lequel il est correctement payé par les contribuables nationaux, plutôt qu’à faire le dindon en Rayban à Barcelone il prendrait moins de risque d’être la cible de la presse de caniveau. Ces comportements de midinettes tuent la politique et la pensée. Au boulot M. Valls, et au boulot à Paris pour le moment !

Lire aussi : Les ambiguïtés de la double nationalité