L’armée est mobilisée

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Critiqué de toutes parts, par les opposants de tous bord, les émeutiers et les non-émeutiers, les consultants de plateaux télévisés et Mme. Michu, risée des pays étrangers, le gouvernement français se sent obligé de faire quelque chose « de plus » pour essayer de mettre fin aux émeutes qui agitent le pays depuis plusieurs semaines, sur bases de revendications sociales plus ou moins révolutionnaires, et de simples besoins de détruire. Alors il a été décidé de déployer l’armée dès samedi prochain pour garder les bâtiments officiels et permettre ainsi aux forces de l’ordre classiques de se consacrer aux combats contre les émeutiers. Accessoirement quelques lampistes, dont le préfet de Paris, en charge de la sécurité nationale sont mutés ailleurs.

Les râleurs professionnels et les critiques de salon ne se gênent pas pour, le matin, agonir le laxisme de l’exécutif, et, le soir, attaquer l’engagement de l’armée sur des opérations de maintien de l’ordre. Les débats de café du commerce sont sans fin et pendant que l’on s’entredéchire bien confortablement installés devant un verre de blanc-sec, on oublie un peu qui sont les vrais coupables, ceux qui commettent cette violence, voire on les exonère sur le thème : « on peut les comprendre face à la violence sociale ».

Si se pose la question d’appuyer ou non sur la gâchette, la décision n’est pas facile à prendre ; grandeur et servitude du pouvoir absolu. On a vu un samedi un motard sortir son pistolet et la pointer sur des émeutiers qui commençaient à lyncher son groupe de trois policiers, il n’a pas tiré et cette arme a semblé faire reculer les factieux. Ce ne sera peut-être pas toujours le cas, une étincelle peut déclencher des tirs mortels, il n’est pas exclu que la frange extrémiste des émeutiers ne soit armée. L’implication de l’armée est une étape supplémentaire de répression, dangereuse, peut-être nécessaire. Elle peut donner de bons résultats, comme de moins bons… L’avenir à court terme le dira.

La morale de tout ceci est qu’il va falloir payer pour se sortir de cette insurrection, la répression n’y suffira pas, il faudra aussi des sous. C’est la méthode unique de résolution des conflits en France depuis des siècles. Il faut s’y préparer.