Les impressionnistes à Londres – Petit Palais


1870 : nos amis les allemands-prussiens envahissent la France qui leur a déclaré la guerre, ils laminent l’armée française, le second Empire s’effondre, la commune se déclenche, la répression la vainc, mais quelques années de trouble poussent des artistes à s’exiler à Londres (où les retrouvera, ironie de l’Histoire, Napoléon III en exil…).

Les peintres y pendront l’Angleterre de l’époque : Monet, Pissaro, Sisley, Tissot et bien d’autres. Le Petit Palais expose leurs œuvres de ces années britanniques. Les échanges créatifs avec les artistes anglais sont nombreux et ces peintres exilés vont s’inspirer et restituer avec talent les atmosphères londoniennes faites de brumes et de suractivité industrielle et fluviale, mais aussi d’élégantes déambulant dans les parcs ensoleillés. Quelle sublime génération d’artistes !

Guigone et Nicolas à Beaune

En 1443 Nicolas Rolin et Guigone de Salins fondent un hôpital pour les Pôvres afin d’apporter soins et charité à une centaine de nécessiteux. C’est un peu l’ancêtre de la sécurité sociale sauf que le financement vient de ce riche couple au lieu de la communauté des cotisants comme aujourd’hui. Dieu n’est jamais loin dans cet établissement qui deviendra les « Hospices de Beaune » et qui accueillit des malades jusqu’en 1971 dans un décor classé monument historique dont les célèbres tuiles peintes composent la toiture. Désormais recyclé en musée « L’Hôtel Dieu » est dédié au souvenir de gens qui se sont dévoués des siècles durant à l’intérêt général.

Le personnel désormais laïque a maintenant été transféré dans un hôpital moderne toujours à Beaune, établissement public de santé original qui détient toujours l’Hôtel-Dieu mais aussi, suite à de nombreux legs au cours des siècles, un domaine viticole de 60 hectares d’excellentes appellations de Bourgogne qui sont commercialisées à l’occasion d’une vente de charité annuelle et dont les revenus servent à l’entretien du patrimoine des Hospices, ainsi qu’à la modernisation des équipements et bâtiments hospitaliers. Sympathique et historique organisation !

Abadie-Landel à Trébeurden

 


Pierre Abadie-Landel (1896 – 1972), peintre aux origines bretonnes est exposé par la municipalité de Trébeurden via la collection privée d’Alain Raux, un trébeurdinais décédé il y a peu. Artiste complet, il a prospéré durant les années folles dans le quartier parisien de Montparnasse : aquarelles, gouaches, dessins, céramiques, caricatures, illustrations… Il a fréquenté les plus grands et fut exposé dans les salons les plus renommés, avant de retomber dans un relatif oubli.

Il a peint surtout les personnages et beaucoup des bretons, retraçant avec réalisme la force et l’austérité des habitants de cette région. Il s’est aussi avancé dans la peinture des clowns du cirque, activité dans laquelle il travailla. Ces portraits de clowns tristes sont souvent accompagnés de l’ombre de l’Ankou (le symbole de la mort dans la mythologie bretonne) qui plane dans le paysage, marquant l’intérêt de l’artiste pour la dualité vie-mort qui marque nos existences. On le voit aussi dans la caricature de la chose militaire lui qui vécut la tragédie de la première guerre mondiale.

Abadie-Landel fut un artiste inspiré et ironique, il est heureux que la passion des collectionneurs le maintienne dans l’actualité.

L’atelier des lumières


Une ancienne fonderie du XIème arrondissement parisien a été reconvertie en galerie d’exposition techno. Ouverte dernièrement elle présente trois animations colorées et mouvantes où des projecteurs diffusent une féérie visuelle sur les murs gigantesques de cette friche industrielle reconvertie dans la culture 2.0.

L’une d’entre elle est dédiée à Gustav Klimt et les artistes de l’art nouveau viennois. Le mixage de ces peintures avec la technologie moderne de projection autorise une vulgarisation aisée de cet art. Une deuxième animation « Hundertwasser » est le fruit de l’engagement écologique d’un artiste autrichien, architecte écologiste, c’est un festival de couleurs et de formes baroques magnifiquement mis scène par ces projections. La troisième est une création algorithmique : on se promène dans une espèce de galaxie en noir et blanc fruit de l’intelligence artificielle. Les plus âgés penseront que la main de l’Homme a encore la primauté sur l’art numérique.

Palais impérial de Compiègne


Le Château de Compiègne a accueilli tout ce que le pays a compté de têtes couronnées depuis Charles V et son achèvement en 1380. D’abord médiéval, il fut transformé par Louis XV puis son successeur Louis XVI puis les empereurs français. La République a mis bon ordre à toute cette royale gabegie, un peu clinquante sur les bords, et transformé ce palais en musée afin que les citoyens puissent se recueillir devant les cendres de la mégalomanie impériale. On y croise de nombreux touristes britanniques, sans doute à la recherche de ce qu’il ne faut pas faire pour maintenir une monarchie en état de marche.

Le visiteur déambule dans les appartements de Napoléon 1er et de Joséphine qui firent remettre en état le château après les dommages de la révolution de 1789. Napoléon III poursuivit la tradition et tout un petit monde lié au pouvoir impérial s’y réunit régulièrement, les diplomates mêlés aux scientifiques, les princes avec les artistes, pour chasser, deviser, écouter des concerts, assister à des pièces de théâtre, bref la vie de cette haute société qui fit progresser l’Histoire des hommes, souvent avec pertes et fracas.

Partie intégrante de cet édifice est le musée nationale de la Voiture dans lequel s’entasse une collection de véhicules hippomobiles du XVIIIème siècle jusqu’à l’apparition des premières automobiles motorisées dont l’on voit la Citroën à chenilles qui participa à l’expédition Citroën en Centre-Afrique dans les années 20 (la « Croisière Noire »), de Colomb- Béchar à Tananarive.

Une visite au Pergamonmuseum de Berlin

 


Le célèbre musée et ses collections de monuments antiques est en travaux de rénovation : le grand autel de Pergam n’est pas visible mais la porte de d’Ishtar l’est, heureusement. Et l’on replonge aux temps de Nabuchodonosor 6 siècles avant Jésus-Christ, un temps où cette région orientale, entre Irak et Syrie, n’étaient pas encore ravagée par la religion. On se souvient que le groupe Etat islamique a mis un soin tout particulier à détruire les monuments préislamiques dans les zones qu’ils ont occupés car pour eux l’art n’existait pas avant l’invention de l’islam et ces tas de pierres ne sont que les objets d’une adoration malsaine, donc à détruire.

Les puissances colonisatrices de ces régions ont entrepris des recherches archéologiques importantes à partir du XVIIIème siècle et ramené dans leurs musées nombre de ces trésors de l’Humanité qu’il faudra bien un jour rendre à leurs pays d’origine. La monumentale porte d’Ishtar a été reconstituée à partir de fragments trouvés lors des fouilles. Au moins elle est restée à l’abri et s’offre aux yeux des visiteurs.

Zao Wou-Ki L’espace est silence au Musée d’art moderne


Zao-Wou-Ki (1920-2013) est exposé au Musée d’art moderne de Paris. Peintre chinois il quitte son pays en 1948 pour venir s’installer à Paris où il obtiendra la nationalité française et poursuivra son œuvre. Inspiré, notamment, par la musique de Varese, la poésie de Michaud, ses tableaux sont abstraits, sur des toiles de grandes dimensions. Pas facile d’y trouver du sens ; Varèse, Michaud, Zao-Wou-Ki, on est vraiment dans le très abstrait…

Artistes & Robots au Grand Palais


La collaboration des artistes avec les robots, ou comment les premiers ont utilisé les seconds au service de leurs créations. L’exposition remonte aux premières machines dans les années 50’ qui manipulaient un pinceau sur une toile de façon aléatoire, ou Xénakis créant de la musique en dessinant des formes sur un ancêtre de table tactile, jusqu’à des installations bien plus sophistiquées de notre XXIème siècle. C’est la technologie pour démultiplier la créativité exposée sur deux étages d’installations mêlant la mécanique, l’image et souvent l’humour. La dernière œuvre est une simple vidéo des Daft Punk : Tecnologic remontant à 2005 sur laquelle un inquiétant robot annone les verbes usuels décrivant les actions répétitives de n’importe quel utilisateur d’un ordinateur. Les deux musiciens-créateurs montrent encore comment allier si magnifiquement leur art avec la technique.

Exposition Chris Marker à la Cinémathèque – Les 7 vies d’un cinéaste


Rétrospective Chris Marker à la Cinémathèque : le parcours d’un cinéaste militant, de la résistance à la décolonisation en passant par les luttes révolutionnaires, qui a porté son regard original sur les évènements majeurs du XXème siècle. Passionné de technologie il a aussi participé à la naissance des images numériques, beaucoup publié sur internet, incarnés nombre d’avatars et utilisés nombre de pseudonymes. Marker a travaillé autant l’image que le film, plus ou moins initié le film composé d’images et manifesté une créativité sans borne jusqu’à son dernier jour en 2012.

La Cinémathèque retrace cet engagement avec nombre de photos, vidéos, textes, et organise projection-conférences en soirée durant la période de l’exposition. Passionnant !

Kupka au Grand Palais


Rétrospective du peintre Kupka au Grand-Palais : né en 1871 en Bohème (devenue République Tchèque), mort à Puteaux en France en 1957, il fut désigné comme l’un des pionniers de l’abstraction avec Robert Delaunay ou Vassili Kandinsky. L’exposition retrace son parcours et sa réflexion sur l’art, de la figuration qu’il rejettera progressivement pour cheminer vers l’abstraction où se mêlent géométrie, couleurs, structuration/ déstructuration. Il fut aussi dessinateur/graphiste dans des revues anarchistes et libertaires, voire légèrement libertines sur les bords.

Outre son engagement libre-penseur social, l’homme se montre également féru de science, d’architecture et d’Histoire. Sa peinture s’inspire de ses réflexions, notamment sur l’espace-temps alors qu’il évoluait vers l’abstraction totale. Le parcours de l’artiste est fascinant par sa curiosité sans borne sur tout ce qui fit son époque, et sa capacité à le transformer en création. C’est là sans doute la puissance des vrais artistes. Le résultat pictural est complexe, pas toujours facile à déchiffrer.

Corot « Le peintre et ses modèles » au Musée Marmottan


Le coté méconnu des talents de Corot (1796-1875) : outre ses célèbres paysages, le peintre a aussi excellé dans les portraits comme le confirment la soixantaine de tableaux exposés par le Musée Marmottan où sont mis en valeur des modèles, des paysannes, des enfants, des moines ou des soldats, et quelques nus langoureux. C’est élégant, coloré, exquis. On y redécouvre l’atmosphère d’une époque et l’on plonge dans les regards, souvent rêveurs et mélancoliques de ces personnages dont on ne sait pas presque rien.

Exposition Zbigniew Dlubak à la Fondation Henri Cartier-Bresson


Photographe polonais, Zbigniew Dlubak (1921 – 2005) a expérimenté et théorisé une photographie abstraite. La Fondation Henri Cartier-Bresson, petit musée du XIVème arrondissement parisien, lui dédie une exposition « Zbigniew Dlubak – Héritier des avant-gardes ». On découvre des séries de photographies noir-et-blanc sur la symétrie des corps (humains), le langage des gestes, et des dessins et peintures de cet artiste également fut également peintre et soucieux de rapprocher peinture et photographie. Tout ceci est très abstrait et d’un abord un peu complexe :

« Le rôle social de l’art consiste à introduire dans la conscience humaine le facteur de négation, il permet de remettre en question la rigidité des schémas et des conventions dans le rendu de la réalité. L’art même est évolution, c’est l’introduction de tout nouveau moyen d’expression. »

C’est tout dire…

Malik Sidibé « Mali Twist » à la Fondation Cartier


Très belle exposition du photographe Malik Sidibé à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. De nationalité malienne Malik (1935-2016) a travaillé sa vie durant dans une petite boutique de photographe du quartier Bagadadji de Bamako. Il a photographié (presque peint) les siens qui défilaient dans son studio, pour des photos d’identité ou d’ambiance, où qu’il captait dans les soirées de la jeunesse postindépendance. Il acheta son matériel de laboratoire à un militaire français sur le départ après l’indépendance.

Si la milice politique du régime marxiste de Modibo Keïta n’était pas très tolérante, celle de Moussa Traoré qui lui succéda par voie de coup d’Etat à la fin des années 60’ laissa se dérouler de chaudes soirées bamakoises où les jeunes paradaient en costumes soignés sur les rythmes du twist, du rock et d’autres venus d’Occident. Ces « surprise parties » semblaient déborder de gaîté et de créativité. Sidibé a accumulé des milliers de négatifs noir et blanc de ces instants d’insouciance colorée.

Sidibé a été célébré dans le monde entier et ses photos exposés dans de prestigieuses institutions. Nombre de ses clichés sont présentés à la Fondation Cartier et on y chemine avec délice. Au sous-sol est projeté le film « Dolce Vita Africana » où l’on suit Malik Sidibé en fin de carrière, devisant avec ses amis ex-ambianceurs bamakois devant sa boutique, buvant le thé sur des fauteuils hors d’âge devant la circulation des véhicules hétéroclites dans les rues toujours défoncées de la capitale malienne. Ensemble, ils évoquent et racontent cette époque des années 60/70’ où tout semblait possible, lorsque l’enthousiasme de l’indépendance et des idéologies n’avaient pas été encore vraiment confrontés à la réalité. Ils réorganisent même une soirée « Las Vegas » où tous ces vieux ambianceurs se retrouvent devant l’objectif de Malik.

Le film est aussi touchant que les clichés, on y découvre la modestie de Sidibé qui éclate et sa passion pour la photographie des gens qui nous laisse l’héritage inestimable de ces milliers de clichés.

« En studio, j’aimais le travail de composition. Le rapport du photographe avec le sujet s’établit avec le toucher. Il fallait arranger la personne, trouver le bon profil, trouver la lumière qui embellit le corps. J’employais aussi du maquillage, je donnais de positions et des attitudes qui convenaient bien à la personne. J’avais mes tactiques. Ce travail que j’aimais trop m’a fait solitaire. Je ne pouvais plus le quitter ! » Malik Sidibé

Gauguin l’alchimiste


Exposition Gauguin au Grand Palais : intitulées « L’Alchimiste » elle montre ses peintures mais aussi les nombreuses autres cordes qu’il avait à son arc artistique, céramique, sculpture sur bois, gravures, zincographie… Artisan expérimentateur, observateur voyageur, attiré par le primitif Gauguin (1848-1903) retranscrit ce qu’il découvre avec toujours un aspect brut qui le caractérise. Même ses autoportraits présentent ce côté rude.

Après avoir abandonné son métier d’agent de change il se consacre à l’art et inspire son œuvre de nombreux voyages dont il a peut-être attrapé le virus pour avoir passé les six premières années de sa vie au Pérou. La Bretagne, le sud de la France, les Antilles et, bien sûr la Polynésie où il s’installera longuement et finira sa vie. Cette région du Pacifique a fait tourner la tête à nombre d’artistes, et bien d’autres. Gauguin y a terminé son œuvre et s’est engagé contre l’évangélisation coloniale de l’époque. Il s’est intéressé de près à l’Histoire et la culture polynésiennes, en a parlé la langue et peint les habitants et les traditions. Il a bien sûr cédé aux charmes des (jeunes) femmes locales, modèles et amantes, dont il a su décrire la naïveté et le naturel tout au long de magnifiques tableaux figurant au cœur de cette exposition.

Les portraits de femmes lascives qu’il y fait sont remarquables. Des corps ambrés et gracieux plongés dans des fonds jaune-brun-ocres où se mêlent soit une nature accueillante soit des symboles mystérieux de la culture polynésienne. C’est troublant et chaud, primitif et respectueux. Ses tableaux sont souvent titrés d’une phrase tahitienne : Manao Tapapau (l’Esprit veille), Mahana No Atua (Le Jour de Dieu), Te Rerioa (Le Rêve), etc. Il a écrit un journal/recueil Noa Noa, voyage à Tahiti, ponctué de planches, dans lequel il narre ses liens avec cette terre polynésienne à qui il doit tant. Le livre est projeté page à page au terme de cette très belle exposition.

Un film de fiction récemment sorti sur Gauguin a relancé la polémique sur une supposée tendance pédophile de celui-ci. En ces temps de lutte contre machisme et sexisme il est sûr que l’attitude de Gauguin avec ces vahinés à peine nubiles n’était pas très honorable d’autant plus que sa femme et ses enfants l’attendaient en Europe. Cela s’est passé et il aurait mieux valu qu’il n’en fût rien. Restons maintenant concentrés sur l’œuvre.

« En attendant les hirondelles »


En Attendant les Hirondelles : le joli film du réalisateur algérien Karim Moussaoui qui plonge au cœur du marasme dans lequel se débat son pays et sa population. On suit les destins de trois personnages et leurs entourages dans une Algérie à l’arrêt : celui d’une jeunesse écrasée par les traditions, d’un entrepreneur confronté à la corruption qui gangrène ce pays et d’un médecin qui affronte un passé terroriste auquel il a participé malgré lui. Le film est tourné en hiver ajoutant à l’aspect mélancolique et délabré des paysages : les quartiers périphériques d’Alger au milieu des vastes chantiers immobiliers en déshérence, les collines pierreuses de Biskra…

Il n’y a pas beaucoup d’espoir dans ce film, mais beaucoup de regrets. On reste indécis quant à l’avenir d’Aïcha qu’on laisse dans son taxi en ignorant si elle retourne vers le mari qui lui a été désigné ou si elle part retrouver son amour de jeunesse. Les hirondelles reviennent au printemps, en principe, mais elles quittent leur fil à l’automne alors que le seul avenir prévisible n’est que froid, tempête et nuit. C’est un peu le dilemme des algériens.

Exposition « Pop Art Icons that matter » au Musée Maillol

Exposition « Pop Art Icons that matter » au musée Maillol, prêtée par le Whitney Museum of American Art de New York : une intéressante rétrospective de cet art américain en lutte contre l’abstraction, assis sur la nouvelle société de consommation et de la culture de masse qui explosaient outre-Atlantique dans les années 60 et dont Andy Warhol fut l’un des papes.

Exposition Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature

Sophie Calle – 2017 « Beau doublé, Monsieur le Marquis ! « 

Exposition de Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature ; intitulée « Beau doublé, Monsieur le Marquis ! » elle est comme toujours un parcours original dans l’imagination débordante de l’artiste. Dédié à son père mort récemment elle se raconte à travers ce deuil d’un être cher qui l’a inspirée sa vie durant, il faut toujours le premier à qui elle présentait ses œuvres. Trois salles du rez-de-chaussée sont consacrées à la mort, celle du paternel, du chat et d’autres personnages qui ont traversé sa vie ; c’est chaque fois l’occasion de se mettre en scène dans un contexte morbide mais souvent drôle, le sens de la dérision est probablement la qualité majeure de sa créativité ; qui n’empêche pas la tendresse réelle portées à tous ces êtres disparus.

L’exposition se poursuit dans les salles ordinaires du musée où Sophie a disposé de ci de là quelques mini-œuvres commentées d’un petit commentaire dactylographié sur un carton blanc, toujours acide mais factuel : les débris d’une dispute conjugale, le peignoir de son premier amant…, le tout au milieu des collections de fusils de chasse et trophées divers.

Elle se termine au troisième étage par un accrochage des petites annonces amoureuses qui parurent dans Libération ou Le Nouvel Observateur des décennies durant : notaire de province veuf et à la recherche d’un nouvelle épouse, jeune et avec dot, amoureux transis ayant croisé une femme dans le métro sans oser l’aborder… C’est l’histoire de l’amour à travers les ancêtres des réseaux dit sociaux, pas beaucoup plus gai hier qu’aujourd’hui.

Zingg


Exposition Jules-Emile Zingg à la Maison des Traouïero de Perros-Guirec : peintre du terroir né en 1882 il peint l’homme dans la nature avec beaucoup de douceur et de vérité. Ami de Maurice Denis il viendra poser ses chevalets en Bretagne dans le Trégor et y renouveler son inspiration, la côte de granit rose venant éclairer les récoltes paysannes. 130 tableaux, essentiellement issus de collections privées, sont exposés dans cette petite municipalité qui consacre encore quelques sous à la culture de ses administrés, et c’est une bonne nouvelle.

David Hockney à Beaubourg


Superbe rétrospective David Hockney au Centre Pompidou de Beaubourg : ses dessins, ses peintures, ses photos, ses installations technologiques et ses phantasmes. Le peintre de désormais 80 ans expose l’œuvre d’une vie dans une explosion de couleurs pop-art. C’est la couleur du bonheur. Des images de l’eau des piscines de Los Angeles sous un ciel caniculaire, à celles des sous-bois de Bradford dans son Yorkshire natal, en passant par des végétations tropicales luxuriantes, Hockney a une extraordinaire vision des couleurs de notre monde et un talent inestimable pour la restituer. A voir à Paris jusqu’au 23 octobre, absolument !