Corot « Le peintre et ses modèles » au Musée Marmottan


Le coté méconnu des talents de Corot (1796-1875) : outre ses célèbres paysages, le peintre a aussi excellé dans les portraits comme le confirment la soixantaine de tableaux exposés par le Musée Marmottan où sont mis en valeur des modèles, des paysannes, des enfants, des moines ou des soldats, et quelques nus langoureux. C’est élégant, coloré, exquis. On y redécouvre l’atmosphère d’une époque et l’on plonge dans les regards, souvent rêveurs et mélancoliques de ces personnages dont on ne sait pas presque rien.

Exposition Zbigniew Dlubak à la Fondation Henri Cartier-Bresson


Photographe polonais, Zbigniew Dlubak (1921 – 2005) a expérimenté et théorisé une photographie abstraite. La Fondation Henri Cartier-Bresson, petit musée du XIVème arrondissement parisien, lui dédie une exposition « Zbigniew Dlubak – Héritier des avant-gardes ». On découvre des séries de photographies noir-et-blanc sur la symétrie des corps (humains), le langage des gestes, et des dessins et peintures de cet artiste également fut également peintre et soucieux de rapprocher peinture et photographie. Tout ceci est très abstrait et d’un abord un peu complexe :

« Le rôle social de l’art consiste à introduire dans la conscience humaine le facteur de négation, il permet de remettre en question la rigidité des schémas et des conventions dans le rendu de la réalité. L’art même est évolution, c’est l’introduction de tout nouveau moyen d’expression. »

C’est tout dire…

Malik Sidibé « Mali Twist » à la Fondation Cartier


Très belle exposition du photographe Malik Sidibé à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. De nationalité malienne Malik (1935-2016) a travaillé sa vie durant dans une petite boutique de photographe du quartier Bagadadji de Bamako. Il a photographié (presque peint) les siens qui défilaient dans son studio, pour des photos d’identité ou d’ambiance, où qu’il captait dans les soirées de la jeunesse postindépendance. Il acheta son matériel de laboratoire à un militaire français sur le départ après l’indépendance.

Si la milice politique du régime marxiste de Modibo Keïta n’était pas très tolérante, celle de Moussa Traoré qui lui succéda par voie de coup d’Etat à la fin des années 60’ laissa se dérouler de chaudes soirées bamakoises où les jeunes paradaient en costumes soignés sur les rythmes du twist, du rock et d’autres venus d’Occident. Ces « surprise parties » semblaient déborder de gaîté et de créativité. Sidibé a accumulé des milliers de négatifs noir et blanc de ces instants d’insouciance colorée.

Sidibé a été célébré dans le monde entier et ses photos exposés dans de prestigieuses institutions. Nombre de ses clichés sont présentés à la Fondation Cartier et on y chemine avec délice. Au sous-sol est projeté le film « Dolce Vita Africana » où l’on suit Malik Sidibé en fin de carrière, devisant avec ses amis ex-ambianceurs bamakois devant sa boutique, buvant le thé sur des fauteuils hors d’âge devant la circulation des véhicules hétéroclites dans les rues toujours défoncées de la capitale malienne. Ensemble, ils évoquent et racontent cette époque des années 60/70’ où tout semblait possible, lorsque l’enthousiasme de l’indépendance et des idéologies n’avaient pas été encore vraiment confrontés à la réalité. Ils réorganisent même une soirée « Las Vegas » où tous ces vieux ambianceurs se retrouvent devant l’objectif de Malik.

Le film est aussi touchant que les clichés, on y découvre la modestie de Sidibé qui éclate et sa passion pour la photographie des gens qui nous laisse l’héritage inestimable de ces milliers de clichés.

« En studio, j’aimais le travail de composition. Le rapport du photographe avec le sujet s’établit avec le toucher. Il fallait arranger la personne, trouver le bon profil, trouver la lumière qui embellit le corps. J’employais aussi du maquillage, je donnais de positions et des attitudes qui convenaient bien à la personne. J’avais mes tactiques. Ce travail que j’aimais trop m’a fait solitaire. Je ne pouvais plus le quitter ! » Malik Sidibé

Gauguin l’alchimiste


Exposition Gauguin au Grand Palais : intitulées « L’Alchimiste » elle montre ses peintures mais aussi les nombreuses autres cordes qu’il avait à son arc artistique, céramique, sculpture sur bois, gravures, zincographie… Artisan expérimentateur, observateur voyageur, attiré par le primitif Gauguin (1848-1903) retranscrit ce qu’il découvre avec toujours un aspect brut qui le caractérise. Même ses autoportraits présentent ce côté rude.

Après avoir abandonné son métier d’agent de change il se consacre à l’art et inspire son œuvre de nombreux voyages dont il a peut-être attrapé le virus pour avoir passé les six premières années de sa vie au Pérou. La Bretagne, le sud de la France, les Antilles et, bien sûr la Polynésie où il s’installera longuement et finira sa vie. Cette région du Pacifique a fait tourner la tête à nombre d’artistes, et bien d’autres. Gauguin y a terminé son œuvre et s’est engagé contre l’évangélisation coloniale de l’époque. Il s’est intéressé de près à l’Histoire et la culture polynésiennes, en a parlé la langue et peint les habitants et les traditions. Il a bien sûr cédé aux charmes des (jeunes) femmes locales, modèles et amantes, dont il a su décrire la naïveté et le naturel tout au long de magnifiques tableaux figurant au cœur de cette exposition.

Les portraits de femmes lascives qu’il y fait sont remarquables. Des corps ambrés et gracieux plongés dans des fonds jaune-brun-ocres où se mêlent soit une nature accueillante soit des symboles mystérieux de la culture polynésienne. C’est troublant et chaud, primitif et respectueux. Ses tableaux sont souvent titrés d’une phrase tahitienne : Manao Tapapau (l’Esprit veille), Mahana No Atua (Le Jour de Dieu), Te Rerioa (Le Rêve), etc. Il a écrit un journal/recueil Noa Noa, voyage à Tahiti, ponctué de planches, dans lequel il narre ses liens avec cette terre polynésienne à qui il doit tant. Le livre est projeté page à page au terme de cette très belle exposition.

Un film de fiction récemment sorti sur Gauguin a relancé la polémique sur une supposée tendance pédophile de celui-ci. En ces temps de lutte contre machisme et sexisme il est sûr que l’attitude de Gauguin avec ces vahinés à peine nubiles n’était pas très honorable d’autant plus que sa femme et ses enfants l’attendaient en Europe. Cela s’est passé et il aurait mieux valu qu’il n’en fût rien. Restons maintenant concentrés sur l’œuvre.

« En attendant les hirondelles »


En Attendant les Hirondelles : le joli film du réalisateur algérien Karim Moussaoui qui plonge au cœur du marasme dans lequel se débat son pays et sa population. On suit les destins de trois personnages et leurs entourages dans une Algérie à l’arrêt : celui d’une jeunesse écrasée par les traditions, d’un entrepreneur confronté à la corruption qui gangrène ce pays et d’un médecin qui affronte un passé terroriste auquel il a participé malgré lui. Le film est tourné en hiver ajoutant à l’aspect mélancolique et délabré des paysages : les quartiers périphériques d’Alger au milieu des vastes chantiers immobiliers en déshérence, les collines pierreuses de Biskra…

Il n’y a pas beaucoup d’espoir dans ce film, mais beaucoup de regrets. On reste indécis quant à l’avenir d’Aïcha qu’on laisse dans son taxi en ignorant si elle retourne vers le mari qui lui a été désigné ou si elle part retrouver son amour de jeunesse. Les hirondelles reviennent au printemps, en principe, mais elles quittent leur fil à l’automne alors que le seul avenir prévisible n’est que froid, tempête et nuit. C’est un peu le dilemme des algériens.

Exposition « Pop Art Icons that matter » au Musée Maillol

Exposition « Pop Art Icons that matter » au musée Maillol, prêtée par le Whitney Museum of American Art de New York : une intéressante rétrospective de cet art américain en lutte contre l’abstraction, assis sur la nouvelle société de consommation et de la culture de masse qui explosaient outre-Atlantique dans les années 60 et dont Andy Warhol fut l’un des papes.

Exposition Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature

Sophie Calle – 2017 « Beau doublé, Monsieur le Marquis ! « 

Exposition de Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature ; intitulée « Beau doublé, Monsieur le Marquis ! » elle est comme toujours un parcours original dans l’imagination débordante de l’artiste. Dédié à son père mort récemment elle se raconte à travers ce deuil d’un être cher qui l’a inspirée sa vie durant, il faut toujours le premier à qui elle présentait ses œuvres. Trois salles du rez-de-chaussée sont consacrées à la mort, celle du paternel, du chat et d’autres personnages qui ont traversé sa vie ; c’est chaque fois l’occasion de se mettre en scène dans un contexte morbide mais souvent drôle, le sens de la dérision est probablement la qualité majeure de sa créativité ; qui n’empêche pas la tendresse réelle portées à tous ces êtres disparus.

L’exposition se poursuit dans les salles ordinaires du musée où Sophie a disposé de ci de là quelques mini-œuvres commentées d’un petit commentaire dactylographié sur un carton blanc, toujours acide mais factuel : les débris d’une dispute conjugale, le peignoir de son premier amant…, le tout au milieu des collections de fusils de chasse et trophées divers.

Elle se termine au troisième étage par un accrochage des petites annonces amoureuses qui parurent dans Libération ou Le Nouvel Observateur des décennies durant : notaire de province veuf et à la recherche d’un nouvelle épouse, jeune et avec dot, amoureux transis ayant croisé une femme dans le métro sans oser l’aborder… C’est l’histoire de l’amour à travers les ancêtres des réseaux dit sociaux, pas beaucoup plus gai hier qu’aujourd’hui.

Zingg


Exposition Jules-Emile Zingg à la Maison des Traouïero de Perros-Guirec : peintre du terroir né en 1882 il peint l’homme dans la nature avec beaucoup de douceur et de vérité. Ami de Maurice Denis il viendra poser ses chevalets en Bretagne dans le Trégor et y renouveler son inspiration, la côte de granit rose venant éclairer les récoltes paysannes. 130 tableaux, essentiellement issus de collections privées, sont exposés dans cette petite municipalité qui consacre encore quelques sous à la culture de ses administrés, et c’est une bonne nouvelle.

David Hockney à Beaubourg


Superbe rétrospective David Hockney au Centre Pompidou de Beaubourg : ses dessins, ses peintures, ses photos, ses installations technologiques et ses phantasmes. Le peintre de désormais 80 ans expose l’œuvre d’une vie dans une explosion de couleurs pop-art. C’est la couleur du bonheur. Des images de l’eau des piscines de Los Angeles sous un ciel caniculaire, à celles des sous-bois de Bradford dans son Yorkshire natal, en passant par des végétations tropicales luxuriantes, Hockney a une extraordinaire vision des couleurs de notre monde et un talent inestimable pour la restituer. A voir à Paris jusqu’au 23 octobre, absolument !

Exposition Rodin au Grand Palais

Auguste Rodin est mort il y a 100 ans. Le Grand Palais organise « L’exposition du centenaire » autour de cette célébration. C’est l’occasion de revenir sur le parcours artistique de ce sculpteur important et prolifique qui laissa aussi des dessins, des gravures et des photographies. Certaines œuvres sont célèbres : les Bourgeois de Calais, le Penseur, le Baiser, elles sont exposées ici dans une de leurs déclinaisons en plâtre. De nombreux portraits d’hommes et de femmes ponctuent l’exposition montrant ainsi l’une des sources d’inspiration majeure de l’artiste. La sensualité des corps de marbre ou de bronze est frappante et l’on se demande même comment il est possible de travailler ainsi des matériaux si durs. Les dessins de Rodin illustrent encore la modernité de cet artiste qui fut reconnu en son temps et le demeure.

Exposition France Allemagne(s) 1870-1871


Le musée de l’armée aux Invalides expose et explique ce que furent la guerre de 1870-71 contre la Prusse, et la révolution qui s’en suivit à Paris : la Commune. Guidée par l’empereur Guillaume Ier et son chancelier Bismarck la confédération des Etats d’Allemagne du Nord « se fait » déclarer la guerre par Napoléon III pour unir ses forces contre un agresseur commun. La défaite militaire française fut rapide et sans discussion, marquée par la capitulation de Sedan dont la mémoire est encore si vive dans la mémoire militaire hexagonale. L’empereur est alors fait prisonnier et finira sa vie en exil au Royaume-Uni.

La guerre n’en est pas finie pour autant et la Prusse assiège alors Paris et le bombarde. Malgré un soutien de la province pour tenter de sauver la capitale, la défaite est totale. Un armistice est signé le 26 janvier 1871 suivi par le traité de Frankfort le 10 mai qui consacre l’annexion de l’Alsace et la Lorraine. Guillaume Ier poussera même la provocation en prononçant l’Empire allemand dans le Château de Versailles.

La guerre est sauvage et malgré les moyens militaires de l’époque, les ravages sont terribles. Les photos d’époque montrent des villes comme dévastées par des bombardements aériens. Il n’y avait pas encore d’avions mais la technicité allemande des canons Krupp y suppléa.

Devant la déroute de Napoléon III et de son régime, le peuple de Paris (la ville n’a pas été formellement prise par les prussiens) se lève contre les « capitulards » et lance l’insurrection en proclamant la Commune de Paris qui sera réduite en deux mois après une féroce répression. La France reste occupée jusqu’au paiement complet des indemnités de guerre en 1873.

L’exposition retrace bien la solitude européenne de de la France en 1870 face à la Prusse. Les autres pays lui marquent un soutien prudent mais la laissent seule au combat. Heureusement la leçon aura été retenue pour les deux guerres suivantes contre l’Allemagne qui seront mondiales pour réduire la barbarie. On comprend mieux aussi les origines de la Commune qui reposent certes sur le sentiment anti-Napoléon III mais surtout sur la nationalisme de ses animateurs qui ne veulent pas céder devant les casques à pointes (dont des exemplaires sont bien sûr exposés) mais défendre la patrie attaquée !

La France reste occupée jusqu’au paiement complet des indemnités de guerre en 1873. Les allemands reviendront en 1914, puis en 1940 avant de participer à la création d’une Europe en paix, mais que de mauvais souvenirs.

Exposition Walker Evans au Centre Pompidou


Photographe américain (1903-1075), Walker Evans a raconté l’Amérique profonde, celle des hommes et des femmes qui ont peuplé ce pays continent, celle de la crise de 1929 qui a jeté des millions de personnes dans la misère, celle du monde rural, mais aussi l’Amérique de la surconsommation, déjà, des outils et objets de la vie courante.

Plus de 400 photographies sont exposées, souvent en petit format, pas facile à regarder quand il y a trop de monde… Une tranche de vie de l’Amérique et de son peuple qui quelques années après ces photos s’engagera pour sortir l’Europe du chaos nazi, puis quelques décennies plus tard élira un président iconoclaste, Donald Trump.

De Zurbarán à Rothko


Le musée Jaquemart-André expose une partie de la collection privée de la femme d’affaires espagnole Alicia Koplowitz. C’est un parcours d’art à travers les siècles. Cette amatrice a picoré dans les salles de vente durant sa vie, amassant peintures et sculptures, dont elle restitue quelques exemplaires pour cette exposition. Des artistes du XVIème siècle à Rothko et Giacometti on suit avec gourmandise cet accrochage de ce que l’art occidental a produit de plus éclatant.

Bazille au musée d’Orsay


Exposition dédiée à Frédéric Bazille, jeune peintre précurseur de l’impressionnisme, ami de Monet avec qui il partagea des ateliers à Paris, contemporain de Renoir et de Sisley, issu de la bourgeoisie montpelliéraine. Engagé volontaire en 1870, il meurt presqu’aussitôt au combat contre les prussiens, à 28 ans. De cette courte carrière il reste une cinquantaine de tableaux dont de magnifiques toiles de scènes en plein air sous le soleil du sud, des scènes de nus masculins plutôt inhabituelles, des natures mortes de la période d’apprentissage et des portraits et des autoportraits.

Gaston au-delà de Lagaffe


Belle exposition consacrée à Gaston Lagaffe à la bibliothèque publique d’information de Beaubourg, ou plutôt consacrée à Franquin son créateur, à travers le personnage de Gaston. Franquin fut l’un des grands dessinateurs de la bande dessinée humoristique du XXème siècle et son Gaston Lagaffe en a fait rire plus d’un à gorge déployée devant le burlesque des gags de ce garçon de bureau inventif et flemmard, souvent accompagné de son chat et de sa mouette rieuse.

Les planches exposées font le lien avec la pensée de son auteur, un peu révoltée, antimilitariste, plutôt rebelle et tout en subtilité. La rédaction de Spirou qui publiait les aventures de Gaston était en fait gentiment catholique et réactionnaire et cherchait à limiter l’enthousiasme délirant de ses dessinateurs pour ne pas trop choquer les lecteurs et surtout les abonnés… Alors Franquin et ses congénères de la rédaction s’ingénient à faire passer leurs messages dans l’humour et l’optimisme de Gaston Lagaffe. Il récrée d’ailleurs l’atmosphère de la rédaction où s’agite une bande de joyeux drilles sous l’ombre tutélaire et un peu inquiétante du patron M. Dupuis que l’on ne voit jamais mais qui existe réellement.

 

L’esprit du Bauhaus

Exposition Musée des Arts décoratifs 201701

Le musée des arts décoratifs retrace l’idée du Bauhaus : un mouvement culturel de la République de Weimar, moitié artistique, moitié communautaire, bâti sur l‘inspiration de l’architecte Walter Gropius. Il s’agissait de changer l’habitat et l’architecture alors il a créé des ateliers pour le textile, le mobilier, le dessin, le bâtiment et tous les champs possibles de l’expérimentation. Tout ce petit monde vivait en communauté, se rencontrait, s’opposait, se bagarrait, s’unissait, faisait des enfants, s’inspirait des théories marxistes en vogue et… déplut fortement au régime nazi qui surgit en 1933. Le Bauhaus fut dissous, ses membres se répartirent sur la planète, certains furent assassinés par les nazis, d’autres, minoritaires, ont collaboré. On retrouve dans les créations exposées un peu des prémices de l’art déco. On comprend que le Bauhaus fut un mouvement intellectuel et politique créatif à une époque où d’autres courants idéologiques menèrent le monde à l’abîme.

Chémiakine au centre spirituel et culturel orthodoxe russe

Le centre orthodoxe russe a été récemment inauguré et est déjà l’objet de querelles géo-politiques sans véritable intérêt. La grande église affiche fièrement ses bulbes argentés sur les bords de Seine du quai Branly. Elle est fermée le dimanche après-midi…

A défaut, le visiteur se replie sur une exposition de Noël consacrée à l’artiste russe Chémiakine, sculpteur, considéré comme déviant aux temps soviétiques, exilé en France, puis aux Etats-Unis, il est ensuite réhabilité par la Russie. Il réalise des costumes et des décors d’opéra. Ceux de « Casse Noisette » créé dans une nouvelle version en 2001 constitue le cœur de cette exposition.

Avec les dessins, bijoux, vidéos et personnages sculptés (un peu nains de jardin) qui sont exposés on découvre un environnement plutôt inattendu pour Tchaikovsky. L’exposition n’est pas bouleversante mais cette petite incursion dans la culture russe donne envie d’y revenir si les programmes à suivre sont à la hauteur.

Matthieu Chédid rencontre Martin Parr à la Philharmonie de Paris

 

Martin Parr et Matthieu Chédid
Martin Parr et Matthieu Chédid

La rencontre entre un photographe et un musicien. Le premier, Martin Parr est britannique et connu pour ses explosions de couleurs sur des scènes de la vie quotidienne et populaire, au Royaume-Uni, ou ailleurs. Le second, Matthieu Chédid, est un guitariste de grand talent, phare du rock-variété français. Il a composé une espèce de musak qui accompagne agréablement les déambulations du visiteur devant les photos de Martin.

Chaque diaporama est thématique : les chapeaux, les plages… et devant chaque diaporama le musak est spécifique : à base de voix, de guitares, d’électronique… Les photos sont en gros plan, souvent des portraits et toujours éblouissantes de couleurs, les musiques sont éthérées, diffuses. L’ensemble est agréable.

Fantin-Latour : exposition « A fleur de peau » au Musée du Luxembourg

fantin-latour

Belle exposition Fantin-Latour au musée du Luxembourg jusqu’au 12 février 2017 : ce peintre du XIXème siècle (1836-1904) est finalement assez peu connu des non-initiés mais fut l’auteur de merveilleuses natures mortes, à base de fleurs pour l’essentiel, dont la précision du dessin et le rendu des couleurs sont proprement stupéfiants. Des tableaux de groupe sont également exposés où Rimbaud, Verlaine ou Baudelaire cohabitent avec d’autres personnages de l’époque, connus ou pas, ainsi que l’auteur qui prend un malin plaisir à se glisser dans le tableau. Grand amateur de musique, Fantin peindra aussi des toiles hommages à ses héros : Wagner, Berlioz, Schumann… dans lesquelles il laisse parler un imaginaire un peu kitch.

Un homme qui a consacré sa vie à l’art, produit des centaines de toiles, s’est initié à la photographie naissante, méritait bien cet hommage mené à bien par ce sympathique petit musée parisien.

La connerie se vend bien

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M. Bolloré, cador du CAC40, qu’on appelait autrefois le Mozart du Cash flow, s’est mis en tête comme tout patron qui se respecte d’investir dans les médias, pour exister dans les dîners en ville, voire dans les cénacles politiques. Ces investissements sont généralement financièrement déficitaires mais peut-être profitables en termes d’égo. Tous les grand pédégés ont mis la main à la poche à un moment donné pour se payer un journal, une radio ou une télévision.

L’actualité du jour porte sur les démêlés de M. Bolloré avec les chaînes de télévision et les journaux dont il est actionnaire directement ou indirectement. On avait déjà parlé il y a quelques mois des ponts d’or versés à Cyril Hanouna pour continuer à abrutir la population des téléspectateurs de D8 avec une émission dont l’imbécilité atteint des sommets rarement égalés. On a aujourd’hui l’affaire Morandini, un animateur mis en examen pour « corruption de mineur aggravée ». Le garçon produit des websérie érotique et aurait utilisé cette position pour tenter de séduire des garçons. Contre toute attente, il dispose aussi d’une carte de journaliste et intervient désormais sur iTélé pour une émission journalière d’une heure. Evidemment la rédaction de la chaîne s’émeut du pédigrée de ce nouveau-venu et s’est mise en grève depuis plusieurs jours.

Au-delà des cas personnels Hanouna ou Morandini, on voit ce que donne la privatisation intégrale des médias qui sont généralement immédiatement envahis par la publicité et la connerie. Allez-voir quelques minutes de l’émission d’Hanouna sur D8 (qui s’appelle désormais C8) pour vous rendre réellement compte de l’Himalaya d’abrutissement diffusé à une heure de grande écoute. Les médias publics consommant l’argent des contribuables sont quand même restés à l‘écart de ces dérives, en tout cas des plus édifiantes. En termes macro-économiques le maintien d’un minimum de raison et d’intelligence sur les médias est sans doute rentable pour une nation et la dépense publique en faveur de médias publics n’est pas engagée pour rien. Hanouna, Morandini et quelques autres le confirment par l’absurde tous les jours.

Lire aussi : Cyril Hanouna : le fond du fond