Matthieu Chédid rencontre Martin Parr à la Philharmonie de Paris

 

Martin Parr et Matthieu Chédid
Martin Parr et Matthieu Chédid

La rencontre entre un photographe et un musicien. Le premier, Martin Parr est britannique et connu pour ses explosions de couleurs sur des scènes de la vie quotidienne et populaire, au Royaume-Uni, ou ailleurs. Le second, Matthieu Chédid, est un guitariste de grand talent, phare du rock-variété français. Il a composé une espèce de musak qui accompagne agréablement les déambulations du visiteur devant les photos de Martin.

Chaque diaporama est thématique : les chapeaux, les plages… et devant chaque diaporama le musak est spécifique : à base de voix, de guitares, d’électronique… Les photos sont en gros plan, souvent des portraits et toujours éblouissantes de couleurs, les musiques sont éthérées, diffuses. L’ensemble est agréable.

Fantin-Latour : exposition « A fleur de peau » au Musée du Luxembourg

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Belle exposition Fantin-Latour au musée du Luxembourg jusqu’au 12 février 2017 : ce peintre du XIXème siècle (1836-1904) est finalement assez peu connu des non-initiés mais fut l’auteur de merveilleuses natures mortes, à base de fleurs pour l’essentiel, dont la précision du dessin et le rendu des couleurs sont proprement stupéfiants. Des tableaux de groupe sont également exposés où Rimbaud, Verlaine ou Baudelaire cohabitent avec d’autres personnages de l’époque, connus ou pas, ainsi que l’auteur qui prend un malin plaisir à se glisser dans le tableau. Grand amateur de musique, Fantin peindra aussi des toiles hommages à ses héros : Wagner, Berlioz, Schumann… dans lesquelles il laisse parler un imaginaire un peu kitch.

Un homme qui a consacré sa vie à l’art, produit des centaines de toiles, s’est initié à la photographie naissante, méritait bien cet hommage mené à bien par ce sympathique petit musée parisien.

La connerie se vend bien

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M. Bolloré, cador du CAC40, qu’on appelait autrefois le Mozart du Cash flow, s’est mis en tête comme tout patron qui se respecte d’investir dans les médias, pour exister dans les dîners en ville, voire dans les cénacles politiques. Ces investissements sont généralement financièrement déficitaires mais peut-être profitables en termes d’égo. Tous les grand pédégés ont mis la main à la poche à un moment donné pour se payer un journal, une radio ou une télévision.

L’actualité du jour porte sur les démêlés de M. Bolloré avec les chaînes de télévision et les journaux dont il est actionnaire directement ou indirectement. On avait déjà parlé il y a quelques mois des ponts d’or versés à Cyril Hanouna pour continuer à abrutir la population des téléspectateurs de D8 avec une émission dont l’imbécilité atteint des sommets rarement égalés. On a aujourd’hui l’affaire Morandini, un animateur mis en examen pour « corruption de mineur aggravée ». Le garçon produit des websérie érotique et aurait utilisé cette position pour tenter de séduire des garçons. Contre toute attente, il dispose aussi d’une carte de journaliste et intervient désormais sur iTélé pour une émission journalière d’une heure. Evidemment la rédaction de la chaîne s’émeut du pédigrée de ce nouveau-venu et s’est mise en grève depuis plusieurs jours.

Au-delà des cas personnels Hanouna ou Morandini, on voit ce que donne la privatisation intégrale des médias qui sont généralement immédiatement envahis par la publicité et la connerie. Allez-voir quelques minutes de l’émission d’Hanouna sur D8 (qui s’appelle désormais C8) pour vous rendre réellement compte de l’Himalaya d’abrutissement diffusé à une heure de grande écoute. Les médias publics consommant l’argent des contribuables sont quand même restés à l‘écart de ces dérives, en tout cas des plus édifiantes. En termes macro-économiques le maintien d’un minimum de raison et d’intelligence sur les médias est sans doute rentable pour une nation et la dépense publique en faveur de médias publics n’est pas engagée pour rien. Hanouna, Morandini et quelques autres le confirment par l’absurde tous les jours.

Lire aussi : Cyril Hanouna : le fond du fond

Bob Dylan prix Nobel de littérature

Entendu à la machine à café :

« De la foutaise, bientôt on donnera le prix Nobel de la paix à BenArfa (un fouteballeur). »

Pierre Assouline, écrivain français déclarait :

« Lui attribuer le Nobel de littérature, c’est affligeant. J’aime Dylan mais il n’a pas d’œuvre. Je trouve que l’Académie suédoise se ridiculise. C’est méprisant pour les écrivains ».

Pour le bourgeois-pas-bohème Bob Dylan n’est qu’un gauchiste soixante-huitard responsable du laxisme de nos sociétés occidentales. Il ne mérite rien. Qu’ils se rassurent, Dylan, imperturbable, n’a toujours pas réagi à l’annonce de sa récompense, on ne sait pas s’il l’acceptera ni même s’il viendrait le recevoir à Stockholm au cas où il l’accepterait.

Hodler-Monet-Munch au musée Marmottan-Monet

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Belle exposition comparée des artistes impressionnistes Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch au musée Marmottan-Monet qui rivalisent en techniques de peinture et créativité pour peindre l’impossible : le soleil, l’eau, la neige. L’accrochage des tableaux fait mieux comprendre aux visiteurs le cheminement et les réflexions de ces grands artistes au sommet de leur art. Et ce petit musée Monet est toujours un sympathique lieu de promenade d’un week-end.

Chua Ek Kay à Singapour

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After The Rain – Chua Ek Kay (Singapour)

Street Scenes Revisited (traduit du chinois)

The old house still stand,

Despite the storms through the years.

I have grown grey in my lone wonderings,

Reflecting on my solitude toward heaven.

I have seen snow-capped peaks in June,

Seagulls sleeping on the beach of south seas.

Miles of lotuses separating heaven and earth,

The pink of spring in fallen apples blossoms.

A lonely cloud frozen by the emerald hill,

White egrets prancing in a graceful dance.

With my brush I journey on desert tracks,

Through sandstorms I hear bells of the caravans.

I search from my old dream in the moonlight,

Fragments of an old song from winding verandas.

The paint on doors and windows is peeling off,

Crickets are crying at the foot of the wall.

There is great Order in the whole universe,

Determining when everything forms or stays.

Now as I return to my old residence,

How the folks and the street have changed.

Only the banyan tree remains the same,

Perched with flocks of birds at dusk and dawn.

Look at the sunflower under the tree,

And how every blooms plucks light from the sun.

It’s now a whole new world,

Where peace and quiet keeps out the noisy one.

While I toil tirelessly stroke after stroke,

Each of them a brush with the truth and innocence.

Exposition Gabritschevsky à la Maison Rouge

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Eugen Gabritschevsky est un citoyen russe né en 1893 dans une famille aisée et cultivée. Il deviendra scientifique, brillant biologiste ayant travaillé dans des universités de différents continents avant d’affronter des troubles psychiques assez graves (délires) à partir de 1929 qui l’obligeront à intégrer volontairement un hôpital psychiatrique qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1979.

Cet internement le verra sortir de la société des hommes tout en restant conscient. Il mettra à profit cet isolement pour créer une œuvre méconnue mais prolifique, qui sera identifiée par Jean Dubuffet et promue par son frère Georg. La Maison Rouge lui rend hommage et présente une partie de ses peintures, généralement des gouaches et aquarelles colorées et de petit format.

Comme dans une bande-dessinée de science-fiction, on y croise les composants étranges du monde de l’artiste malade : des formes plutôt non-humaines, fantômes ou bêtes de laboratoire, des atmosphères inquiétantes mais des couleurs sereines, une angoisse exprimée de façon touchante.

« Gabritschevsky le paranoïaque tient la chronique bouleversante d’un siècle effroyable. » (Le Monde)

Exposition « Après la Shoah »

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Le Mémorial de la Shoah organise une exposition sur le retour des juifs européens survivants des camps vers leurs pays d’origine ou ce qu’il en reste. A partir de cartographies, d’images, de films et autres documents d’archive, on y découvre le sort peu enviable de cette communauté au milieu du chaos européen de l’après-guerre où des millions de réfugiés vont et viennent dans un continent en ruines où déjà la guerre froide installe son rideau de fer. De gigantesques camps de transit sont installés qui sont parfois même les camps de concentration recyclés…  Parfois encore des actes antisémites et de nouveau des pogroms accueillent les survivants comme en Pologne.

En France les survivants juifs de retour ne sont qu’une petite partie d’un flot de près de deux millions de personnes qui rentrent au pays : travailleurs du STO, prisonniers de guerre, déportés politiques, etc. Ils retrouvent, ou pas, des membres de leurs familles, leurs biens. Beaucoup veulent fuir la vieille Europe et émigrent vers les Etats-Unis, l’Australie et bien sûr aussi la Palestine quand le Royaume-Uni qui en assure le mandat les laisse entrer…

L’hôtel Lutétia ancienne kommandantur allemande est transformé en centre d’accueil et de débriefing des déportés de retour. Michel Rocard, jeune éclaireur protestant est sur place pour aider, comme de nombreux volontaires.

Des associations juives de secours international essayent de porter aide à ces personnes avec une attention particulière pour les enfants orphelins qui reviennent. Les gouvernements font ce qu’ils peuvent. Le sujet de la Shoah n’en est encore pas un, il ne le deviendra que trente ans plus tard. Les pays et les populations mettront des décennies à reconstruire et à assumer. Cette émouvante exposition en rappelle toute la difficulté.

Marquet au musée d’art moderne de Paris

Marquet

Peintre français de la première moitié du XXème siècle Albert Marquet fut l’ami de Matisse et a peint Paris sur Seine, la mer en Normandie, les grands ports d’Europe du Nord, celui de Marseille, celui d’Alger (ville où il vécut plusieurs années). Timide et discret il esquisse à peine les personnages et les objets pour laisser éclater les paysages et les couleurs : celles de la brume sur l’Ile de la Cité, de la pluie à Hambourg ou des plages normandes. Une très jolie rétrospective au musée d’art moderne de Paris.

Le Front Populaire à la mairie de Paris

Front-Populaire_2016Emouvante exposition de photos à la Mairie de Paris pour le 80ème anniversaire du Front Populaire. On y croise l’Histoire, les mouvements de lutte syndicale, la guerre d’Espagne, Léon Blum, Marcel Cachin, Romain Rolland, André Malraux, le Colonel de La Roque, les ligues d’extrême droite, les grèves à Billancourt et bien d’autres tribuns et évènement de cette époque où les idéologies s’affrontaient les armes à la main et non sur les réseaux sociaux. On y partage aussi un enthousiasme et un espoir populaires qui ne sont plus guère de mise aujourd’hui, mais qui peuvent revenir, qui sait ?

Merci Patron

Merci-Patron

Merci Patron : le film désopilant d’une sympathique manipulation consistant à faire payer 35 000 euros par un mastodonte de la bourse à un couple d’ouvriers du Nord, licencié depuis plusieurs années par ce groupe (LVMH) spécialisé dans les futilités du grand luxe. A la veille de se faire saisir leur maison, gentiment mené par le réalisateur François Ruffin, par ailleurs journaliste engagé à gauche à la tête du journal Fakir, le couple adresse une lettre à Bernard Arnault, pédégé dudit groupe pour lui réclamer 35 000 EUR lui permettant de désintéresser un créancier à hauteur de 30 000 EUR et 5 000 additionnels pour quelques achats de première nécessité. Sans réponse positive, des courriers seraient adressés à la presse pour expliquer la situation.

LVMH envoie alors un négociateur et lâche finalement les 35 000 EUR en échange d’un engagement de confidentialité des bénéficiaires. L’engagement ne sera évidemment pas tenu puisque toutes les séances de négociation sont filmées et font l’objet de ce film-récit qui connait un franc et inattendu succès dans les salles. Le groupe aura l’intelligence de ne pas réagir face à cette violation de l’accord de confidentialité ce qui aurait été encore pire pour sa réputation.

Le sujet est traité avec beaucoup de drôlerie malgré un engagement politique certain. La lettre à Bernard Arnault est accompagnée d’un paquet cadeau de spécialités du Nord dont un pâté à l’ail, le négociateur déploie ses meilleurs efforts pour faire populo lorsqu’il discutaille avec le couple, etc…

Cela entraîne évidemment un peu de simplisme dans la démonstration. Que LVMH et son pédégé soient plus voraces qu’une meute de grands requins blancs au milieu d’un banc de thons ne fait aucun doute, que les engagements pris par M. Arnault lors de la reprise du groupe Boussac avec de l’argent public n’aient pas été tenus, c’est hélas indéniable et ce fut le départ de sa réussite boursière, mais il n’est pas interdit de se poser la question sur ce qui serait advenu si le groupe Boussac n’avait pas été repris et avait été purement et simplement liquidé sans autre forme de procès. Personne ne connaît la réponse mais ne film en tout cas ne pose pas la question, c’est là sa limite.

Jim Harrison a quitté notre monde

JIM HARRISON 2007 (Photo by Aaron Lynett/Toronto Star via Getty Images)

Jim Harrison est mort cette semaine, une crise cardiaque alors qu’il était à sa table de travail. Il avait 78 ans et se trouvait dans sa maison en Arizona. Il laisse une œuvre considérable faite de romans et de poésies. Il a décrit l’Amérique comme personne, celle des grands espaces, de la violence du climat comme de celle de ses habitants. Il a parlé de la nature en Amérique, celles des lacs et des forêts, des ours et des montagnes, de la chasse et des randonnées ; une Amérique loin des grandes villes huppées et intellectuelles dans une nature où la violence rôde toujours au coin du bois mais où se déroule la comédie humaine de l’amour et du sexe.

Jim Harrison était un ogre qui dévorait la vie et les côtes de bœuf avec le même insatiable appétit. Il a ripaillé sa vie durant et décrit ses dévorations à longueur de romans et récits. Au paradis des écrivains gageons qu’il trouvera une bouteille de bourbon pour continuer à vivre. Sous ses dehors rudes il cachait un grand cœur comme le démontrent les histoires d’amour émouvantes, et tellement humaines, qui peuplent son œuvre. Adieu Lord Jim !

Homeland : Irak année zéro

Homeland-Iraq

En deux épisodes de 2h40 chacun, Abbas Fahdel, cinéaste irakien exilé en France, a filmé les siens juste avant l’invasion de son pays en 2003 par une coalition internationale et une semaine après la chute de Bagdad.

Dans la première partie il filme sa famille dans une villa cossue de la capitale en train de se préparer à la guerre, creusant un puit, allant chercher son aide alimentaire, conduisant une multitude d’enfants dans les écoles et les universités… Et il fait parler ce petit monde qui n’aime pas beaucoup Saddam Hussein, qui vit sous embargo depuis des années et ne semble pas s’inquiéter outre mesure de cette annonce de guerre. Il est vrai que ce pays en a déjà vécu plusieurs sous la férule de son dictateur.

Dans le deuxième épisode la caméra sort dans la rue, nous montre les cortèges de camions de soldats américains, un char stationné sous un monument, nous fait visiter nombre de bâtiments dévastés par des pilleurs, le petit bourg où les enfants se sont réfugiés durant l’assaut. Le réalisateur fait parler la population qui partage sa peur devant l’insécurité grandissante après la bataille, l’absence de remise en route des infrastructures. Mais au fur et à mesure que les semaines passent cette acrimonie se retourne contre l’occupant américain. On sait comment s’est terminée cette triste épreuve de force dont le reste du monde subit encore les effets dévastateurs.

Et il y a toujours autant d’enfants qui semblent être le fil conducteur du réalisateur, dont son neveu Haïdar, 12/13 ans, déluré, bavard, malin et rigolard qui pose des questions autant qu’il développe des réponses à tout. Le deuxième épisode se termine tragiquement par une attaque de nuit de la voiture où se trouvent l’oncle et le neveu. Après une courte rafale de mitraillette, on voit un plan fixe sur la tombe d’Haïdar.

C’est un film émouvant sur des gens normaux soumis aux foudres de l’Histoire. En cela il nous touche car chacun se voit possiblement dans la situation de cette famille à l’heure de la montée des périls. Une expérience humaine, tout simplement, bien loin de poncifs et idées préconçues sur ce pays.

 

Rectifications de l’orthographe

La polémique dans les dîners en ville

Najat Vallaud-Belkacem (que beaucoup se plaise à appeler simplement Belkacem pour bien marquer son origine immigrée) ministre de l’éducation supprime les accents circonflexes…

L’académie française n’a jamais approuvé cette réforme de l’orthographe…

etc, etc…

Les faits

Le journal officiel de la République française – édition des documents administratifs, daté du 06/12/1990, a publié un document de 17 pages intitulé « Les rectifications de l’orthographe ». Les recommandations qu’il contient sont le fruit du travail du conseil supérieur de la langue française, constitué au sein de l’académie française et présidé par Maurice DRUON, secrétaire perpétuel de l’académie française (à l’époque). Pour ceux qui s’en souviennent, l’homme n’était pas à proprement parler un dangereux bolchevik, la faucille entre les dents sanguinolentes. Il signe bien le document en tant que « secrétaire perpétuel de l’académie française » et précise dans un long préliminaire que le conseil a bien entendu consulté l’académie française :

Pour ces motifs, et à quelques réserves près, minimes, que le Conseil supérieur a bien voulu prendre en compte, l’Académie, à l’unanimité, a approuvé les propositions du Conseil. Et elle est disposée à les mettre en application dès la publication du 6e fascicule de son dictionnaire, l’an prochain.

S’en suivent la description des grands principes des rectifications proposées dont celles de l’accent circonflexe :

Vous avez ensuite confié au Conseil la tâche d’améliorer l’usage de l’accent circonflexe, source de nombreuses difficultés. Après avoir examiné cette question avec la plus grande rigueur et en même temps la plus grande prudence, il est apparu au Conseil supérieur qu’il convenait de conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o, mais qu’il ne serait plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les quelques cas où il est utile : la terminaison verbale du passé simple et du subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et dans quelques cas d’homographie comme jeûne, mûr et sûr.

Et une quinzaine de pages décrivant par le menu détail les rectifications que chacun pourra lire en cliquant sur Les rectifications de l’orthographe. Le document est mesuré et prudent, rappelant à de multiples reprises l’avis favorable à l’unanimité de l’académie française ainsi que l’accord du conseil de la langue française du Québec et celui du conseil de la langue de la communauté française de Belgique, précisant bien qu’il ne s’agit pas de réformer mais de rectifier. Bref, c’est le travail apaisé et démocratique d’une vieille Nation qui cherche à faire vivre sa langue constitutionnelle.

Les conclusions

  1. L’accent circonflexe n’est pas supprimé.
  2. L’académie française a bien approuvé les rectifications proposées par le conseil supérieur de la langue française présidé par Maurice DRUON, secrétaire perpétuel de l’académie française, malgré les dénégations de l’actuel secrétaire perpétuel dans le journal Le Figaro.
  3. Des journalistes de rencontre continuent à divaguer sur des textes officiels qu’ils n’ont pas lus.
  4. Mme. Vallaud-Belkacem a bien repris la place de punching-ball laissée vacante par la démission de « Taubira la laxiste ».

Postface

Un pays dont toute une élite médiatique jusqu’à Mme. Michu au Café du commerce crée de toutes pièces un psychodrame qui agite le microcosme des semaines durant, basé sur des assertions non vérifiées alors que toute l’information est disponible, un tel pays donc est inefficace car il privilégie l’écume sur le fond, la polémique inutile sur l’action sereine, la querelle oiseuse sur le débat conclusif. Ce pays ne doit pas s’étonner de ses échecs. Polémiquer ou produire, son peuple doit choisir !

Bettina Rheims à la Maison européenne de la Photographie

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Rétrospective Bettina Rheims à la Maison européenne de la Photographie (MEP), exposition prisée par les bobos du Marais : il y a 30mn de queue devant ce sympathique musée parisien. Bettina est passée maître dans la photo de personnages à la beauté plastique et à la sexualité indécise, mis en scène soit dans des décors un peu lugubres et déglingués (chambre d’hôtel [de passe ?] au papier peint d’un autre âge avec bidet dans un coin) ou de fonds unis et glaçants où se fondent ses personnages rarement souriants. Images posées et travaillées aux couleurs souvent flashantes, tout est forcé et irréel, traduisant l’étrange vision que l’artiste porte sur ses congénères.

Et comme on est décidément à l’aise dans ce musée on finit par l’accrochage des photos rocks de Renaud Monfourny qui passe en revue en noir-et-blanc nos héros musiciens de ces dernières décennies :MEP_Monfourny_01

Maison Européenne de la Photographie

Cinéma : « Salafistes »

Salafistes

Un documentaire controversé qui donne la parole aux islamistes. Tourné principalement dans Tombouctou occupé pat les islamistes et à Nouakchott où sont interviewés deux imams il est ponctué de quelques vidéo de propagande du groupe Etat Islamique. La polémique vient de ce que seule la position des islamistes est mise en avant et pourrait ainsi faire considérer le film comme une œuvre de propagande, il a de ce fait été interdit au moins de 18 ans.

Les longues interviews des religieux salafistes sont édifiantes, elles déroulent la pensée unique de ces personnes dont l’unique objectif est de mettre en œuvre la loi du Coran et l’interprétation qu’ils en font. Il n’y a pas à discuter, pas plus à raisonner, seule la mission divine compte. On ne peut même pas parler de système de gouvernement d’un Etat ou d’administration d’un peuple, non, le programme est juste de s’assurer que les femmes sont correctement voilées, que personne ne boit d’alcool ni n’écoute de musique, ou ne commet le péché d’adultère ou d’homosexualité. Les imams sont conscients que ces objectifs ne peuvent être réalisés que s’ils sont imposés par la force, alors on coupe des mains, on tue les mécréants et on rend hommage aux frères Kouachi ou à Mohamed Merah en justifiant leurs crimes par ceux de la colonisation et des croisades.

Ce film illustre l’aspect régressif de l’idéologie religieuse quand elle tourne dans des cerveaux obtus. On se croit revenu aux temps de l’inquisition médiévale, après tout ce n’était qu’il y a 400 ans en Europe. Evidemment la vision de ce film nécessite un peu de discernement, il interroge en tout cas sur ce qui pousse des gamins occidentaux à adopter cette idéologie et à égorger des mécréants sur YouTube. Le documentaire n’apporte pas de réponse sur ce point, en existe-t-il d’ailleurs ?

Le dogme s’impose sur les esprits faibles mais en principe l’intelligence prend le dessus sur la religion à un moment ou à un autre. En attendant il va bien falloir faire avec cette idéologie qui existe et dont la puissance destructrice des esprits, la capacité de résistance et de nuisance sont très fortes. Ce film est intéressant à ce titre en ce qu’il fait prendre conscience de cette situation.

Janis – litlle girl blue

Janis

Janis, un documentaire sur l’histoire émouvante de Janis Joplin, jeune femme texane née en 1943, à l’incroyable voix blues. On y redécouvre l’enfance pas très épanouie de cette gamine née à Port-Arthur qui monte à Austin puis San Francisco pour découvrir la vie et la musique en plein summer of love. Elle y croise les plus grands, le psychédélisme, l’inspiration, le succès, l’industrie du disque et… la drogue dure ainsi que l’alcool. Elle sera une artiste fulgurante, emportée par une overdose en 1970, deux semaines après Jimi Hendrix.

Il reste le souvenir de cette voix rocailleuse au vibrato si particulier, une voix de blues-girl, puissante, rageuse et parfois chatoyante, des textes qui parlent de ses troubles et de ses tristesses. La narration du documentaire est dite par Chain Marshall, Cat Power de son nom d’artiste, certainement une grande admiratrice de Janis. Un très beau moment de cinéma musical.

Louis Vuitton au Grand Palais

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Louis Vuitton expose au Grand Palais l’histoire de ses célèbres malles et toute une collection de celles-ci : pour voitures, trains, bateaux, avions. On y voit des malles-bibliothèque, des malles-pique-nique, des malles garde-robes, des mallettes appui-pieds, des malles à chapeaux, des malles-écritoires, des mallettes pour instruments de musique, etc… C’est une ode au voyage et au raffinement, le retour sur une époque (XIXème siècle) où le voyage n’était qu’affaire de luxe et d’aristocratie.

Epoque révolue quand aujourd’hui l’aïe-phone a remplacé les bibliothèques et Ryan-Air a supplanté les transatlantiques de la White Star. Le monogramme LV est devenu désormais l’emblème du nouveau-riche clinquant, roulant limousine à vitres fumées, et de cours de bourse résistant aux crises boursières.

Pop & Musique

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Self-Portrait, 1986 © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris 2015

Exposition Pop & Musique à la fondation Louis Vuitton du bois de Boulogne : une partie son et vidéo au sous-sol où le spectateur évolue au milieu d’installation audio-visuelles censées rendre l’atmosphère d’une époque basée sur l’hystérie stroboscopique et la répétition d’images filmées approximativement ; une partie qualifiée de « popiste » où l’on retrouve du plus classique dans ce que le consumérisme a pu inspirer l’art malin d’artistes comme Andy Warhol, Gilbert & George  ou Richard Prince.

Les spectateurs errent, un peu perdus, dans les vastes espaces déstructurés de cette bâtisse pour le moins étrange. Des poutres métalliques traverses des murs arrondis, des couloirs tournent autour du vide, ce concept manque furieusement d’angularité. Le tout fleure le boboïsme bon ton. On a un peu de mal à s’extasier.