Palais impérial de Compiègne


Le Château de Compiègne a accueilli tout ce que le pays a compté de têtes couronnées depuis Charles V et son achèvement en 1380. D’abord médiéval, il fut transformé par Louis XV puis son successeur Louis XVI puis les empereurs français. La République a mis bon ordre à toute cette royale gabegie, un peu clinquante sur les bords, et transformé ce palais en musée afin que les citoyens puissent se recueillir devant les cendres de la mégalomanie impériale. On y croise de nombreux touristes britanniques, sans doute à la recherche de ce qu’il ne faut pas faire pour maintenir une monarchie en état de marche.

Le visiteur déambule dans les appartements de Napoléon 1er et de Joséphine qui firent remettre en état le château après les dommages de la révolution de 1789. Napoléon III poursuivit la tradition et tout un petit monde lié au pouvoir impérial s’y réunit régulièrement, les diplomates mêlés aux scientifiques, les princes avec les artistes, pour chasser, deviser, écouter des concerts, assister à des pièces de théâtre, bref la vie de cette haute société qui fit progresser l’Histoire des hommes, souvent avec pertes et fracas.

Partie intégrante de cet édifice est le musée nationale de la Voiture dans lequel s’entasse une collection de véhicules hippomobiles du XVIIIème siècle jusqu’à l’apparition des premières automobiles motorisées dont l’on voit la Citroën à chenilles qui participa à l’expédition Citroën en Centre-Afrique dans les années 20 (la « Croisière Noire »), de Colomb- Béchar à Tananarive.

Seu Jorge – 2018/07/08 – Paris la Philharmonie


Seu Jorge avait composé la bande originale du film de Wes Anderson The Life Aquatic with Steve Zissou sorti en 2004 et qui est une parodie de la vie du Commandant Cousteau. « Composé » est un bien grand mot puisqu’en fait il lui avait été demandé de réinterpréter les classiques de David Bowie qu’il avait donc réécrits en portugais et joués à la sauce samba. Seu et sa guitare jouent d’ailleurs leur rôle dans le film. Cette BO était restée célèbre, particulièrement dans le milieu des fans de l’artiste britannique. Il n’y avait jamais vraiment eu de tournée consacrée à cette musique aussi, après la disparition de Bowie, Seu Jorge décida cette tournée hommage.

Il est accompagné ce soir de l’orchestre de l’Ile de France dans la grande salle de la Philharmonie et interprète les morceaux de légende de Bowie : Changes, Five Years, Rock ‘n’ Roll Suicide, Ziggy Stardust, Life on Mars (qu’il dédie à Bowie et à son père décédé quelques jours plus tard) et tant d’autres. C’est émouvant et original, Seu Jorge est un artiste brésilien d’exception qui mêle son talent à celui de Bowie, créateur de légende ; la musique est un langage presque universel, ces deux-là le démontre brillamment.

Alors que les musiciens se retirent, la sono diffuse un tonitruant Lets Dance !

Etienne Daho « Blitztour » – 2018/07/03 – Paris la Philharmonie


Etienne Daho joue à la Philharmonie de Paris, dans le cadre de cet excellent festival Days Off, devant un parterre de quinqua-sexa à la recherche désespérée de leur jeunesse passée. Daho y joue son dernier album et nombre de morceaux de son catalogue de pop mélancolique, déclenchant l’enthousiasme du public devant ces réminiscences d’un temps désormais révolu. Jeune homme un peu attardé à la sincérité désarmante il continue à développer un rock français émouvant et un regard un peu tristoune sur le temps qui passe et les amours déçus.

Ah, n’oublions pas, la première partie s’appelle Tristesse Contemporaine !

Setlist : Les Filles du canyon/ Le grand sommeil/ Le Jardin/ Sortir ce soir/ Poppy Gene Tierney/ Comme un boomerang/ Réévolution/ L’invitation/ Week-end à Rome/ Les Flocons de l’été/ Des attractions désastre/ Tombé pour la France/ Le Premier Jour (du reste de ta vie)/ Epaule Tattoo/ Bleu comme toi/ Ouverture

Encore : Après le blitz/ Summertime

BINET Laurent, ‘La septième fonction du langage’.

Sortie : 2015, Chez : Grasset.

L’itinéraire déjanté d’un commissaire de police dans le milieu intello-marxisant parisien des années 80. Roland Barthes est mort renversé par une camionnette et un crime est soupçonné. L’enquête mènera notre Sherlock Holmes des cours de Michel Foucault à Vincennes, aux réunions des Brigades Rouges à Bologne, des bars gays aux ors de l’Elysée, des fumeurs de crack aux espions de l’Est. Ce qui ressemble à un complot serait mené pour s’assurer l’exclusivité de la connaissance de la septième fonction du langage, permettant à son détenteur la domination du monde.

L’auteur plonge avec ironie dans le microcosme de la sémiologie et de la philosophie, où Deleuze, Eco, Derrida, Althusser, Sarthe se croisent et s’affrontent, avec des mots que d’autres interprètent avec des bombes. Philippe Sollers et son épouse bulgare psychanalyste Julia Kristeva sont les héros malfaisants de cette histoire burlesque qui se termine en apothéose.

La caricature de ce monde intellectuel est sans doute un peu excessive, elle est en tout cas franchement désopilante. L’auteur malin tient ses lecteurs en haleine avec ce polar où les malfrats sont des penseurs du Collège de France.

David Byrne « American Utopia » – 2018/07/03 – Paris la Philharmonie


David Byrne et ses onze musiciens nous offre un remake du célèbre Stop Making Sense, le célèbre film de Jonathan Demme sur un concert des Talking Heads de 1983 à Hollywood. La mise en scène du concert de l’époque, fruit de l’inventivité de David Byrne et du groupe, avait suffi à faire de ce film, l’un des plus beaux sur un show de rock.

Trente-cinq années plus tard, Byrne à la crinière blanchie mais à l’imagination toujours aussi flamboyante, remonte un spectacle tourné autour de sa musique, celle des Talking Heads mais aussi extraite de ses nombreux disques solos. C’est un concert 2.0 orienté sur la mobilité des musiciens. La scène de la Philharmonie est dépouillée, un immense carré bordé sur ses trois côtés de rideaux style stores à fanfreluches desquels émergent les acteurs-musiciens. Il n’y a rien d’autre, ni fil, ni ampli. Tous les musiciens portent leurs instruments en bandoulière, y compris percussions et clavier, ils sont habillés de costumes gris, style équipage d’un vaisseau Star-Trek, emmenés par le génial David Byrne.

La musique est le centre de tout, toujours nerveuse, saccadée, intelligente. Les musiciens ont tous l’âge d’être les enfants de David qu’ils entourent avec enthousiasme et efficacité, mention spéciale pour une guitariste d’exception qui clos le show avec un incroyable solo sur The Great Curve. Ce serait une bonne idée de refaire un film sur cette chorégraphie musicale d’exception.

Setlist : Here/ Lazy/ I Zimbra (Talking Heads song/ Slippery People (Talking Heads song)/ I Should Watch TV (David Byrne & St. Vincent cover)/ Dog’s Mind/ Everybody’s Coming to My House/ This Must Be the Place (Naive Melody) (Talking Heads song)/ Once in a Lifetime (Talking Heads song)/ Doing the Right Thing/ Toe Jam (Brighton Port Authority cover)/ Born Under Punches (The Heat Goes On) (Talking Heads song)/ I Dance Like This/ Bullet/ Every Day Is a Miracle/ Like Humans Do/ Blind (Talking Heads song)/ Burning Down the House (Talking Heads song)

Encore : Dancing Together (David Byrne & Fatboy Slim cover)/ The Great Curve (Talking Heads song)

Encore 2 : Hell You Talmbout (Janelle Monáe cover) (with Laura Mvula)

Warmup : Laura Mvula

Une visite au Pergamonmuseum de Berlin

 


Le célèbre musée et ses collections de monuments antiques est en travaux de rénovation : le grand autel de Pergam n’est pas visible mais la porte de d’Ishtar l’est, heureusement. Et l’on replonge aux temps de Nabuchodonosor 6 siècles avant Jésus-Christ, un temps où cette région orientale, entre Irak et Syrie, n’étaient pas encore ravagée par la religion. On se souvient que le groupe Etat islamique a mis un soin tout particulier à détruire les monuments préislamiques dans les zones qu’ils ont occupés car pour eux l’art n’existait pas avant l’invention de l’islam et ces tas de pierres ne sont que les objets d’une adoration malsaine, donc à détruire.

Les puissances colonisatrices de ces régions ont entrepris des recherches archéologiques importantes à partir du XVIIIème siècle et ramené dans leurs musées nombre de ces trésors de l’Humanité qu’il faudra bien un jour rendre à leurs pays d’origine. La monumentale porte d’Ishtar a été reconstituée à partir de fragments trouvés lors des fouilles. Au moins elle est restée à l’abri et s’offre aux yeux des visiteurs.

Massive Attack – 2018/06/29 – Berlin la Zitadelle de Spandau


Un beau et classique concert de Massive Attack à la Zitadelle Spandau de Berlin, sans Martina Topley Bird mais avec le renfort des Youg Fathers désormais habitués à assurer le warm-up et quelques morceaux avec leurs hôtes. Le show est en plein air sur un terrain plutôt plat avec des allemands qui font une moyenne d’1m90, la vue n’est pas excellente mais heureusement les teutons partent se ravitailler en bière régulièrement laissant le champ un peu plus libre.

Le visuel est un peu renouvelé sur le vaste écran led de fond de scène : un peu moins de messages politiques, un peu plus d’effets lumineux qui n’atténuent pas le côté sombre de cette musique obsessionnelle rythmée par le voix de ses trois chanteurs dont les deux fondateurs parlent plus qu’ils ne chantent avec un traitement sépulcrale de leur organe. Il fait froid sur Berlin à la nuit tombée, nous sommes à deux pas de l’emplacement de l’ex-prison de Spandau où furent enfermés les dignitaires nazis et où Rudolh Hess vécu seul les 20 dernières années de sa vie avant de se pendre à un câble électrique en 1987 (version officielle), les Massive Attack dévident leur musique glaçante sur une assistance tétanisée par la beauté noire de cette musique venue d’un autre monde.

Setlist : Hymn of the Big Wheel (with Horace Andy)/ Risingson/ United Snakes/ Ritual Spirit (with Azekel)/ Girl I Love You (with Horace Andy)/ Eurochild/ Future Proof/ Voodoo in My Blood (with Young Fathers)/ Way up here (with Young Fathers)/ Angel (with Horace Andy)/ Inertia Creeps/ Safe From Harm (with Deborah Miller)

Encore : Take It There/ Unfinished Sympathy (with Deborah Miller)/ Splitting the Atom (with Horace Andy)

SHIFFTER Frédéric, ‘Journées perdues’.

Sortie : 2017, Chez : Séguier.

L’auteur est professeur de philosophie, né et vivant à Biarritz. Cet ouvrage est son journal de nonchalance de janvier 2015 à décembre 2016. Il ne travaille plus, a priori en congé de maladie longue durée il obtient au milieu du livre sa réforme définitive de l’enseignement et s’en réjouit. Soulagé de cette charge professionnelle qui avait l’air de le traumatiser sans vraiment l’occuper, il papillonne depuis entre dîners en ville, interventions philosophiques grand-public sur France Culture, signatures de livres, siestes coquines ou séances de surf doux. Et il devise sur cette inactivité qu’il promeut avec ferveur.

Grand admirateur de Cioran, il peine à égaler son modèle qu’il cite abondamment. Un peu narcissique, un peu auto-satisfait, Shiffter a rédigé un livre inutile mais léger, ponctué de petites phrases de son cru plutôt bien tournées :

« La nostalgie est aussi la conscience d’un futur sans avenir. »

« Si Dieu existait il nous épargnerait le fanatisme, ce scepticisme mal vécu. »

« On commence à se sentir vieux quand on a l’impression de tracter un corbillard chargé des années défuntes de son enfance et sa jeunesse. »

Tout ceci est un peu facile, comme la vie de l’auteur au pays basque.

Anna Calvi – 2018/06/15 – Paris la Gaîté Lyrique


Anna Calvi annonce un prochain disque pour le 31 août et commet quelques déclarations sur sa promotion de la bisexualité. Elle joue ce sort à la Gaîté Lyrique, sympathique salle parisienne à dimension humaine. Elle est précédée de Jane Added et de Rouge Mary. La première est une artiste intelligente que l’on croise régulièrement sur la scène parisienne avec sa basse et ses compositions. Elle mixe ce soir quelques morceaux qu’elle aime. Le second est habillé en femme et chante sur ses mixes. Dans la salle des couples lesbiens s’embrassent à pleine bouche, le chroniqueur se demande soudain s’il ne s’est pas trompé de salle…

Puis arrive Anna Calvi, brillant de mille feux, sans doute libérée par cette atmosphère. L’intimité de la salle avec une avancée de la scène jusqu’au milieu de la fosse la rapproche de ses fans. Elle y joue à genoux front contre front de certains d’entre eux, avec un regard de panthère elle caresse les cheveux des uns, se couche sur le dos pour interpréter des solos dantesques. Mais au-delà de ce show, elle reste une artiste hors par, alliant une voix d’opéra, le jeux de guitare de Jimi Hendrix et un talent sans compter.
Sur son site web (http://annacalvi.com/) elle déclare au sujet de la sortie de son disque « Hunting » :

I’m hunting for something – I want experiences, I want agency, I want sexual freedom, I want intimacy, I want to feel strong, I want to feel protected and I want to find something beautiful in all the mess.

I want to go beyond gensder. I don’t want to have to chose between the male and female in me.

I’m fighting against feeling an outsider and trying to find a place that feels like home.

I believe that gender is a spectrum. I believe that if we were allowed to be somewhere in the middle, not pushed to the extremes of performed masculinity and femininity, we would all be more free. I want to explore how to be something other than just what I’ve been assigned to be. I want to explore a more subversive sexuality, which goes further than what is expected of a woman in our patriarchal heteronormative society. I want to repeat the words “girl boy, woman man », over and over, to find the limits of these words, against vastness of human experience.

I believe in the female protagonist, who isn’t simply responding to a man’s story. I go out into the world and see it as mine – I want something from it, rather than just being a passive product of it. I’m hungry for experiences. Sometimes things seem clear, and other times I feel lost. I feel strong and yet vulnerable; I wear my body and my art as an armour, but I also know that to be true to myself is to be open to being hurt.
The intent of this record is to be primal and beautiful, vulnerable and strong, to be the hunter and the hunted.

– Anna

Schubert par Radu Lupu


Le patriarche Radu Lupu, barbe blanche et costume noir, s’avance d’un pas hésitant vers son piano au centre de la Philharmonie de Paris ce soir. Le pianiste roumain va jouer Schubert et nous accompagner avec douceur pour une plongée dans cette musique méditative et profonde. Il effleure les touches et délivre son immense talent mis au service d’une musique d’exception. Radu Lupu devant son piano noir ressemble à Victor-Hugo écrivant sur son écritoire dans son île de Guernesey : des artistes d’exception dédiés à leur art infini !

Zao Wou-Ki L’espace est silence au Musée d’art moderne


Zao-Wou-Ki (1920-2013) est exposé au Musée d’art moderne de Paris. Peintre chinois il quitte son pays en 1948 pour venir s’installer à Paris où il obtiendra la nationalité française et poursuivra son œuvre. Inspiré, notamment, par la musique de Varese, la poésie de Michaud, ses tableaux sont abstraits, sur des toiles de grandes dimensions. Pas facile d’y trouver du sens ; Varèse, Michaud, Zao-Wou-Ki, on est vraiment dans le très abstrait…

Jeff Beck – 2018/06/09 – Paris l’Olympia


Jeff Beck (73 ans), guitariste britannique de légende donne un concert à Paris. Il remplaça Eric Clapton au sein des Yardbrids en 1965 avant de mener une brillante carrière solo ponctuée de multiples collaborations, notamment avec Bowie sur la dernière tournée de Ziggy Stardust. On l’annonça chez les Rolling Stones et les Pink Floyd, mais il garda son indépendance et poursuivi sa route et son influence sur le rock du XXème siècle. Soliste inspiré il fut un bricoleur de génie à une époque où la technique sonique était loin d’être ce qu’elle devint avec l’apport de l’électronique. Il donne ce soir la pleine mesure de son talent que le temps n’a point effacé, entouré d’un groupe sympathique dont deux femmes à la basse et au violoncelle et un chanteur faisant des apparitions ponctuelle.

L’homme est guitariste alors il s’agit d’un concert de guitariste qui n’a pas tout à fait le souffle d’une vraie création, mais l’homme a participé à une époque musicale tellement brillante et inspiré tant de ses créateurs que sa simple présence, et sa virtuosité, nous replonge dans un temps que nous avons tant aimé.

Bryan Ferry – 2018/06/02 – Paris Palais des Congrès


Joli concert de Bryan Ferry à l’Olympia ce soir, centré sur du Roxy Music et les premiers albums solo de l’artiste, pas de trace par contre de Avonmore ou autre Olympia, qu’importe, on eut aussi s’en passer tant est doux et bon d’entendre de nouveau, encore et encore, Out of the blue, l’enchaînement Wasteland/Windswept ou Bryan siffloter sur le final de Jealous guy !

Toujours élégant et un peu distant, Ferry nous régale de sa voix brumeuse sur les classiques de notre vie musicale. Quel bonheur ! Laissez agir, il n’en reste que de l’émerveillement.

Setlist : The Main Thing (Roxy Music song)/ Don’t Stop the Dance/ Ladytron (Roxy Music song)/ Out of the Blue (Roxy Music song)/ Oh Yeah (Roxy Music song)/ A Wasteland/ Windswept/ Bête Noire/ Zamba/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Slave to Love/ Bitter Sweet/ Mamouna/ Re-Make/Re-Model (Roxy Music song)/ Do the Strand (Roxy Music song)/ In Every Dream Home a Heartache/ If There Is Something (Roxy Music song)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Virginia Plain (Roxy Music song)

Encore : Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Jealous Guy (John Lennon cover)/ Editions of You

d’ORMESSON Jean, ‘Guide des égarés’.

Sortie : 2016, Chez : NRF GALLIMARD.

Au crépuscule de sa vie Jean d’Ormesson aligne quelques pensées dans ce court opuscule sur les grands thèmes de la vie : la disparition, la science, l’espace, l’air, l’eau… la vérité, l’amour, Dieu. C’est léger et inutile comme un livre de Jean d’Ormesson, élégant et éphémère comme son auteur disparu récemment.

Face aux mystères de l’univers et à la complexité de l’Homme, d’Ormesson fait preuve d’humilité et d’optimisme. Il ne cache pas son émerveillement devant la nature et les sentiments humains, mais, comme nous tous il s’interroge sans fin sur le sens de tout ceci.

XUAN THUAN Trinh, ‘Une nuit’.

Sortie : 2017, Chez : L’ICONOCLASTE

Astrologue d’origine vietnamienne, l’auteur évoque dans ces pages ses réflexions sur la nuit et l’univers alors qu’il est isolé dans un observatoire perché sur un volcan du pacifique. Le livre est illustré de photos sublimes de l’espace, festival de couleurs, de formes et d’infini. Le texte est parsemé de citations littéraires sur la nuit, l’univers et ses mystères qui ont tant et tant inspiré l’Homme.

Trinh Xuan Thuan nous invite à partager son émerveillement et son questionnement face à ce monde globalement inconnu. Il y mêle un peu de vulgarisation scientifique, un peu de philosophie, un peu de littérature et beaucoup de bon sens qui structure la pensée d’un homme face à l’incroyable munificence de l’univers.

Artistes & Robots au Grand Palais


La collaboration des artistes avec les robots, ou comment les premiers ont utilisé les seconds au service de leurs créations. L’exposition remonte aux premières machines dans les années 50’ qui manipulaient un pinceau sur une toile de façon aléatoire, ou Xénakis créant de la musique en dessinant des formes sur un ancêtre de table tactile, jusqu’à des installations bien plus sophistiquées de notre XXIème siècle. C’est la technologie pour démultiplier la créativité exposée sur deux étages d’installations mêlant la mécanique, l’image et souvent l’humour. La dernière œuvre est une simple vidéo des Daft Punk : Tecnologic remontant à 2005 sur laquelle un inquiétant robot annone les verbes usuels décrivant les actions répétitives de n’importe quel utilisateur d’un ordinateur. Les deux musiciens-créateurs montrent encore comment allier si magnifiquement leur art avec la technique.

Exposition Chris Marker à la Cinémathèque – Les 7 vies d’un cinéaste


Rétrospective Chris Marker à la Cinémathèque : le parcours d’un cinéaste militant, de la résistance à la décolonisation en passant par les luttes révolutionnaires, qui a porté son regard original sur les évènements majeurs du XXème siècle. Passionné de technologie il a aussi participé à la naissance des images numériques, beaucoup publié sur internet, incarnés nombre d’avatars et utilisés nombre de pseudonymes. Marker a travaillé autant l’image que le film, plus ou moins initié le film composé d’images et manifesté une créativité sans borne jusqu’à son dernier jour en 2012.

La Cinémathèque retrace cet engagement avec nombre de photos, vidéos, textes, et organise projection-conférences en soirée durant la période de l’exposition. Passionnant !

WIESEL Elie, ‘Le testament d’un poète juif assassiné’.

Sortie : 1980, Chez : Points R39

Elie Wiesel, rescapé des camps d’extermination et éternel penseur-témoin de la barbarie européenne, raconte par la voix de son héros (le poète juif assassiné) le drame des idéologies qui ont mis l’Europe du XXème à genoux au bord du gouffre, dont elle ne fut tirée que grâce à l’intervention du nouveau monde. Né en Roumanie, Paltiel a traversé nombre des calamités de ce siècle tragique : les pogroms antisémites en Europe de l’Est, l’installation du nazisme en Allemagne, l’exil en France dans les années 30′, l’adhésion au communisme internationaliste, la guerre d’Espagne, les procès antisémites de Moscou et, finalement son exécution dans les prisons staliniennes. Poète, il a laissé des écrits que le greffier à l’instruction de son procès détaillera à son fils muet parti refaire sa vie en Israël.

On traverse ce siècle vertigineux avec passion et douleur car ce sont nos ancêtres, pas si anciens que cela, qui ont généré tous ces massacres en surfant sur l’espoir de peuples qui croyaient pouvoir refaire le monde. L’engagement communiste de Paltiel rappelle que les populations juives martyrisées ne furent pas les dernières à croire à ces idées, et même à chercher à les mettre en place en Israël où l’organisation de kibboutz n’était pas fondamentalement différente de l’économie de kolkhoze. Leur déception fut grande comme celle des autres peuples embarqués dans cette propagande. Israël a essayé un temps de maintenir un esprit communautaire avant de se transformer en « start up nation » guerrière et bien éloignée des idéaux de ses fondateurs.

Ce roman fait le compte à rebours de l’effondrement moral d’un continent à travers la vie racontée de Paltiel qui parle certainement en grande partie au nom d’Elie Wiesel.

Baxter Dury – 2018/05/17 – Paris le Casino de Paris


Baxter Dury de retour avec un nouvel enregistrement : Prince of Tears, se produit ce soir au Casino de Paris. Un concert indispensable pour l’incontournable britannique accompagné d’un groupe efficace, jeune et sympathique. Entouré de deux femmes voix et claviers sur le front de scène, Baxter délivre un rock enlevé, parfois mélancolique mais original. Ca pulse élégamment, parfois chanté parfois parlé, l’homme passe du micro au piano et à la bibine avec un égal bonheur ! Découvert au début années 2000 il confirme une belle inspiration disque après disque, et délivre toujours de belles performances sur scène.

Cats on Trees – 2018/05/16 – Paris la Cigale


Concert parisien de ce sympathique duo français Cats on Trees pour la sortie de leur deuxième disque : Neon. Une pop légère et adolescente jouée avec engagement par Nina (voix et piano) et Yohan (batterie), accompagnés sur scène par un trio féminin de cordes : violoncelle, violon & bass, violon, ces trois grâces assurant également les chœurs. C’est doux et agréable. Ils rencontrent un franc succès de la part d’un public conquis par ces toulousains montés à la capitale.