No Filter

La tournée européenne des Rolling Stones « No Filter Tour » a débuté à Hambourg et sera à Paris fin octobre.

MALRAUX Clara, ‘Nos vingt ans’.

Sortie : 1966, Chez : Le Livre de Poche 5125

Clara Goldschmidt, jeune femme issue d’une famille franco-allemande, née à Paris en 1897 dans un milieu socialement privilégié, deviendra la première femme d’André Malraux dans l’entre-deux guerres. Ces mémoires racontent son enfance entre Paris et Magdebourg, la première guerre mondiale avec une famille séparée par le front, la justice française qui a cherché les déchoir de leur nationalité durant le conflit, la rencontre avec André, leur fascination réciproque pour l’intellectualisme, le brio d’André et ses fréquentations artistiques et, enfin, l’aventure cambodgienne narrée par Malraux dans « La Voie Royale » (très romancée) où le couple à court d’argent part en Indochine pour dérober et revendre des bas-reliefs khmers.

Par la suite Clara deviendra écrivaine, mènera avec son mari d’autres périples asiatiques et divorcera du volage André après qu’ils aient eu une fille. Sa vie durant elle gardera son admiration pour son grand homme à la personnalité écrasante.

Le style de cette biographie est doux et élégant. Bien sûr il est celui d’une plume née à la fin du XIXème siècle, une époque où le maniement de la langue française était un art. On ne se lasse pas de la succession des mots et des phrases qui coulent comme une fontaine de jouvence pour décrire une époque, un milieu et un immense amour !

PLISNIER Charles, ‘Faux Passeports’.

Sortie : 1937, chez Le Livre de Poche 1309/1310.

Prix Goncourt en 1937, ce récit romancé est celui de la déception et du renoncement, celui d’un militant communiste belge qui a participé à l’élaboration de l’Internationale communiste avant de s’en séparer (et d’être exclu du parti) pour suivre les trotskistes contre les staliniens. Le livre s’organise autour de 7 chapitres consacrés à 7 personnages croisés au cours de cette vie de militant.

En lutte d’abord contre les mouvements fascistes très forts dans les années 1910/20, le combat est violent et la mort est souvent au rendez-vous. L’idéologie communiste et la révolution d’octobre guident ces hommes et ces femmes qui croient à l’élaboration d’un nouveau monde, heureux et commun à la planète. Pour cet idéal ils mèneront une lutte sans merci qui aboutira aux grandes dictatures européennes du XXème siècle, à des millions de morts, à l’échec économique et aux épurations sauvages. Pour cette illusion ils ont sacrifié leurs existences, délaissé leurs familles, trahit leurs pays d’origine, affronté la Justice et les milices… Bref, un engagement révolutionnaire aveugle qui n’est pas sans points communs avec celui, un siècle plus tard, des djihadistes islamiques. Dieu a remplacé Lénine ou Staline, la communauté salafiste a pris la place de l’Internationale communiste ; dans les deux cas, le même aveuglement, la même absence de raison, le même sens du sacrifice, la même croyance en un pouvoir surnaturel qui doit dominer l’Homme pour le mener à son bonheur forcé.

On retrouve dans ce récit un peu de l’ambiance de la « Condition humaine », celle de ces militants fiévreux au service de leur idéologie qui parcourent la planète pour combattre et ériger un « monde radieux ». Ces évènements ont eu lieu et on ne peut pas refaire l’Histoire. De par leurs combats et leurs échecs, ces hommes ont aussi participé à ce que notre XXème est devenu. L’effondrement du communiste au crépuscule de ce siècle a marqué la fin de cette idéologie qui avait été déjà sérieusement écornée par sa variante stalinienne…

Iégor, l’un des personnages du livre (probablement un personnage réel), qui finira exécuté d’une balle dans la nuque lors des grandes purges de Moscou, disait, du temps de sa gloire :

« Sacrifier sa vie est peu de chose. Accepter de rester vivant et sacrifier sa pensée, là commence le dévouement ».

On ne peut mieux décrire la foi inébranlable qui animait ces hommes pour leur parti. Pour lui ils acceptèrent le mensonge, la trahison, la dictature, les massacres… pour finalement échouer. La similitude avec le djihadisme salafiste est édifiante, seule la fin n’est pour l’instant pas encore actée.

GENEVOIX Maurice, ‘Ceux de 14 (4/4) – Les Eparges’

Sortie : 1950 (édition définitive), Chez Flammarion.

Quatrième et dernier volume du récit « Ceux de 14 » c’est le récit de la bataille frontale contre les « boches ». La compagnie de Genevoix monte en première ligne et intégrée dans une attaque pour récupérer une crête de la Meuse, celle des Eparges. L’auteur raconte la terreur provoquée par les bombardements sur les soldats blottis au fond de tranchées pleine de boue, l’héroïsme de gamins de 20 ans qui doivent sortir de la protection illusoire de ces tranchées pour monter à l’assaut et récupérer un bout de la tranchée d’en face après en avoir tué les occupants. Il dit le fatalisme des hommes face à la mort qui tombe en pluie sur leurs copains, blessés, tués, déchiquetés, ensevelis, parfois noyés dans la boue… il s’agit juste de ne pas en être !

« Sois calme… » je me répète : « Sois calme. Regarde sans horreur ; écoute sans épouvante ; il n’y a rien à faire que ce que tu as fait : coller ton corps au parapet, juste ici, et te lever de loin en loin, lorsqu’un obus frappe dans la tranchée… Sois calme.

Cernés par la mort, ces hommes doivent aussi la donner par devoir :

« J’ai tiré ; eh bien ! Oui, j’ai tiré. Lorsque je m’élançais là-haut, était-ce donc vers la joie de tuer, vers l’Allemand qui allait apparaître ? J’ai obéi. Malgré ma vie, contre ma vie, j’ai fait ce geste monstrueux de pousser ma vie sous les balles, et de l’y maintenir, pendant que mon revolver me cognait le poignet. Il n’y a que nous, que nous : ceux qui sont morts ; ceux qui étaient parmi les morts et qui ont eu, comme eux, le courage de mourir. »

Et au milieu de cette terreur inutile pour se disputer quelques arpents de terre boueuse, Genevoix sera blessé en mars 1915, quelques balles reçues au fond de sa tranchée. Il survit, la guerre se termine trois ans plus tard et il écrira cette somme vertigineuse sur une guerre sordide qui n’a fait que flatter les égos de politiciens de rencontre et de militaires d’un autre siècle. Et, préparer la guerre suivante, celle de 39/45…

Un récit hommage à ceux qui ont vécu cette horreur, le livre est dédié :

« A mes camarades du 106
En fidélité
a la mémoire des morts et au passé des survivants »

GENEVOIX Maurice, ‘Ceux de 14 (3/4) – La Boue’.

Sortie : 1950 (édition définitive), Chez Flammarion.

Genevoix poursuit son récit de la vie dans les tranchées durant les premiers mois de la première guerre mondiale. L’héroïne de ce troisième tome est la boue, celle de l’hiver 1914/15 dans les tranchées de l’Est de la France, celle qui envahit les trous où se réfugient les soldats, celle qui colle aux bottes, celle qui pénètre les paillasses sur lesquelles dorment les mobilisés… Cette boue va avec le froid, l’humidité et la mort qui sont les compagnes de ces combats.

Le lieutenant Genevoix guide ses soldats par périodes de trois jours, des tranchées de la première ligne, aux villages en seconde ligne aux cantonnements en principe plus à l’abri du « boche ». C’est la même rengaine des semaines durant face à un ennemi vivant dans les mêmes conditions. Chacun défouraille de temps à autres, des balles, des obus, qui tuent parfois.

Et la vie s’organise dans cette misère routinière avec parfois des périodes d’amusement et de défi pour briser l’ennui, comme cette scène où les combattants jouent à s’élancer en sautant au-dessus de la tranchée pour provoquer la réaction des tireurs allemands postés en face à quelques dizaines de mètres. Une espèce de « 1-2-3-soleil » face à la mort. Parfois des périodes de joie et d’émotion lorsqu’arrive le courrier de l’arrière. Et puis, parfois aussi, la malchance, lorsque le groupe est en première ligne et qu’un ordre arrive d’en haut de lancer l’assaut. Inutile le plus souvent, toujours meurtrier, on se bat pour reprendre un bout de colline ou de tranchée, toujours un univers de boue, sans que cela ne change en rien l’orientation de la bataille sinon d’ajouter quelques morts à la liste déjà longue de ce carnage historique.

Et au cours de longues marches nocturnes pour rallier un point à un autre parfois la vue d’une rivière dans un sous-bois déclenche encore l’émerveillement :

« Nous cédons à un commun besoin d’exprimer notre joie en même temps que nos yeux l’épuisent. Peut-être, redevenus primitifs, tous nos sens rénovés par tant de lumière et d’espace, laissons-nous seulement chanter nos âmes de jeunes barbares ».

Les paysages sont lunaires, dévastés par les bombardements, le plus souvent décris de nuit et toujours sous la pluie ou la neige. L’atmosphère du récit est crépusculaire mais la pensée de son auteur est précise et littéraire pour décrire la vie de ces hommes qui soufrent pour faire leur devoir sans trop douter. Le style date du XIXème siècle, il est mis au service de la narration de cette Grande Guerre qui devait être la dernière, mais qui fut surtout un océan de barbarie et d’inutilité au cœur de la vieille Europe qui ne s’en remettra jamais complètement.

Festival de musique de chambre de Perros-Guirec

David Bismuth (piano), Pierre Génisson (clarinette) et Camille Thomas (violoncelle) ont joué ce soir au festival de musique de chambre de Perros-Guirec dans le cadre enchanteur du Palais des congrès dont l’immense baie vitrée donne sur le soleil se couchant sur la mer dans la baie de Trestraou. Les musiciens eux-mêmes se diront touchés par cette situation. Ils jouèrent avec la fougue de leur belle jeunesse et tout l’amour qu’ils portent à la musique des œuvres de Glinka, Poulenc, Schumann et Brahms.

Trio pathétique en ré mineur pour clarinette, violoncelle et piano de Mikhail Glinka, Sonate pour clarinette et piano de Francis Poulenc, Fantasiestücke pour violoncelle et piano op. 73, Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114.

PROUST Marcel, ‘A la Recherche du Temps Perdu I – Du coté de chez Swann’

Sortie : 1987, Chez ‘folio classique’ n°1924.

Ecrit entre 1907 et 1920, « A la Recherche du Temps Perdu » fut le grand-œuvre de la vie de Proust, un roman qui a fait de lui l’un des grands écrivains du XXème siècle. Dans ce premier tome on suit les histoires entremêlées des séjours que l’auteur faisait adolescent à Illier (en Eure et Loire, rebaptisée Combray dans le livre), puis la liaison de M. Swann, grand bourgeois fréquentant les salons parisiens, pour Odette et, dans une troisième partie, ces deux-là se croisent de nouveau à Paris. Il est question d’amour, de sentiments, de la nature, du temps qui passe, de la mémoire, de l’Humanité, le tout enrobé d’une douce mélancolie.

Le style de Proust a ennuyé des générations de collégiens mais il est bon d’y revenir. Des phrases à n’en plus finir, une extraordinaire capacité à décrire des pages durant la même situation, le même instant, le même souvenir. Une intelligence infinie pour choisir les mots, les renouveler, les multiplier comme pour être sûr que le lecteur à bien capté la pensée de l’auteur. Alors on vit avec cette impression de puissante lenteur, comme une houle au milieu du grand océan, ample et sereine. Cette incroyable richesse de vocabulaire permet à Proust de captiver même alors qu’il ne parle de presque rien. On se laisse juste porter par la houle des mots.

La partie consacrée à « Un amour de Swann » narre la vie bourgeoise et aristocratique dans les salons parisiens de ce début de XXème siècle que l’auteur fréquenta. Ce ne sont que futilités et postures dans un monde qui ne résistera plus bien longtemps à la modernité et la démocratie naissantes. On ne sait trop si Proust en appuie les aspects grotesques par souci de vérité ou pour se moquer, et chacun l’interprètera comme bon lui semble. Mais s’il y a dans ce roman un « temps perdu » c’est bien celui de ces salons. Pour le reste, c’est-à-dire les sentiments amoureux si patiemment détaillés par l’auteur, ils sont éternels !

Zingg


Exposition Jules-Emile Zingg à la Maison des Traouïero de Perros-Guirec : peintre du terroir né en 1882 il peint l’homme dans la nature avec beaucoup de douceur et de vérité. Ami de Maurice Denis il viendra poser ses chevalets en Bretagne dans le Trégor et y renouveler son inspiration, la côte de granit rose venant éclairer les récoltes paysannes. 130 tableaux, essentiellement issus de collections privées, sont exposés dans cette petite municipalité qui consacre encore quelques sous à la culture de ses administrés, et c’est une bonne nouvelle.

PRAZAN Michaël, Einsatzgruppen.

Sortie : 2010, Chez : Seuil.

Michaël Prazan est parti à la recherche de son passé familial. Une partie des siens a été exterminée par la machine nazie de destruction des juifs d’Europe au cours de la deuxième guerre mondiale. Documentariste, il réalise un film sur les einsatzgruppen, ces groupes de militaires allemands qui suivirent la progression de la Werchmart vers l’est lors de l’invasion de l’Union soviétique en 1941 et qui commencèrent l’application de la solution finale : l’élimination des juifs du continent européen.

Le livre est en quelque sorte le scénario du film. Il revient sur les massacres des juifs dans tous les pays à l’est du Reich, exécutés par des soldats souvent jeunes, aidés par des milices locales qui associaient les minorités juives à l’ex-envahisseur soviétique dont ils furent « délivrés » par l’invasion allemande. Ils sont commandés par des officiers responsables et pleinement conscients de ce à quoi ils participent.

Chacun des chapitres détaille l’horreur des méthodes, le cynisme de l’idéologie, la déshumanisation des acteurs. Ils furent l’avant-garde des camps d’extermination puisque le pouvoir nazi décida ensuite d’industrialiser le processus de mise à mort pour le rendre plus « efficace » et, surtout, moins dépendant de la « sensiblerie » de ses exécutants. En effet, ces commandos de tueurs en uniforme supportaient de plus en plus mal leurs tâches et nombre d’entre eux sombraient dans l’alcool ou la dépression.

Prazan interviewe des rescapés et des bourreaux. Leurs mots hallucinants permettent de revenir une nouvelle fois sur cette époque terrible qui engendra le pire de l’Humanité. C’était juste le temps de nos parents ou de nos grands-parents, c’est-à-dire hier ! N’oublions pas la rapidité avec laquelle une idéologie totalitaire et raciste a pu transformer avec tant de facilité des hommes en bêtes sauvages et diaboliques.

Midnight Oil – Paris Olympia – 25 juillet 2017

Midnight Oil – 2017

Midnight Oil s’est reformé et passe par l’Olympia pour la deuxième fois en ce mois de juillet. Emmené par Peter Garrett le groupe joue bon et fort. La personnalité de son leader emporte l’enthousiasme des spectateurs qui réécoutent avec un plaisir non dissimulé la bande-son du rock australien des années 80’. Une soirée surchauffée !

Feist – Paris Olympia – 19 juillet 2017


Feist présente son nouvel album Pleasure à l’Olympia. L’artiste canadienne anglophone se produit avec trois musiciens. Ensemble ils nous délivrent un folk électrifié plein de subtilité et d’originalité. Leslie joue de la guitare et chante merveilleusement. Sensible et délurée, souriante et charmeuse, c’est une artiste assumée qui réjouit une assistance conquise.

de TALLEYRAND Charles-Maurice, ‘Mémoires de Talleyrand 2/5,

Sortie : 1967 (écrit au XIXème siècle), Chez : Jean-de-Bonnot

Dans le tome II de ses mémoires Talleyrand dévoile ses tiraillements, voir ses ambigüités, face aux ambitions de Napoléon Bonaparte alors que l’administrateur moderne et clairvoyant de la République cédera progressivement aux sirènes du pouvoir et de sa gloire personnelle pour devenir un dictateur aveuglé par sa puissance jusqu’à transformer l’Europe entière en un sanglant champ de bataille.

Empêtré en 1808 dans d’improbable négociations pour un changement de dynastie en Espagne, Talleyrand dira de son maître :

« Mais, depuis longtemps, il ne s’agissait plus pour Napoléon de la politique de la France, à peine de la sienne. Il ne songeait pas à maintenir, il ne pensait qu’à s’étendre. Il semblait que l’idée de conserver n’était jamais entrée dans son esprit et que son caractère la repoussât. »

Et pour s’étendre il dépensa une énergie sans borne pour placer sa famille ou ses proches à la tête des monarchies avoisinantes, s’imaginant, parfois à tort, que ceux-ci lui obéiraient.

On voit également l’empereur mener un combat contre la papauté pour quelques questions de préséance un peu obscures. Puis il y eut la défaite, les défaites, retentissantes jusqu’à l’Ile de Sainte-Hélène où le « grand homme » rumina sans doute sur son échec et les illusions de la conquête et d’un pouvoir finalement bien éphémère.

Et alors que Louis XVIII rétablit les Bourbons sur le trône de France, il y eut surtout le traité de Vienne où Talleyrand représentait la nation et son roi. Des semaines durant, les pouvoirs coalisés (l’Autriche, la Russie, la Prusse, l’Angleterre, plus quelques confettis) qui avaient mis fin aux folies napoléoniennes s’occupèrent à rétablir un peu de paix et de stabilité en Europe, tout en accordant à la France déchue un rôle non négligeable. Talleyrand et sa délégation furent au cœur de ces négociations dans la capitale autrichienne où la diplomatie se mêlait aux fêtes et aux histoires monarchiques. Il nous en livre le menu détail et les échanges de courriers avec le Roi à Paris et ses ministres sur l’état des discussions.

On y découvre avec intérêt les clés de la négociation, les égos nationaux se percutant avec ceux des dirigeants, les questions de puissance et de territoire, de guerre et de commerce, bref, les fondements d’un monde qui n’ont guère évolué depuis. Seul semble spécifique à cette époque la capacité à disposer des peuples et des frontières pour rattacher tel duché à telle couronne en fonction des intérêts des uns ou des autres.

L’intangibilité des frontières a progressé bien que ces dernières années en Europe les coup de boutoir ont fait vaciller ce principe dans les Balkans, en Crimée…, revenant ainsi à des pratiques d’antan mais qui se fondaient néanmoins aussi sur l’Histoire de peuples.

Il s’agissait à l’époque de rétablir un équilibre européen pacifique après de terribles années de guerre. C’est la raison pour laquelle les souverains prirent leur temps pour peser le pour et le contre et, malgré tout, respectèrent la France à la dérive. Paris oubliera cette leçon et un siècle plus tard imposera une paix forcée à l’Allemagne défaite. Ce traité de Vienne remodela l’Europe mais manqua son objectif principal de ramener la paix sur le continent. Les guerres de 1870, 1914/18, 1939/45 engagèrent la France, et le reste de de la planète pour les deux dernières.

« Une égalité absolue de forces entre tous les Etats, outre qu’elle ne peut jamais exister, n’est point nécessaire à l’équilibre politique, et lui serait peut-être, à certains égards, nuisible. Cet équilibre consiste dans un rapport entre les forces de résistance et les forces d’agression réciproques des divers corps politiques. Si l’Europe était composée d’Etats qui eussent entre eux un tel rapport que le minimum de la force de résistance du plus petit fût égal au maximum de la force d’agression du plus grand, il y aurait alors un équilibre réel, c’est-à-dire résultant de la nature des choses. Mais la situation de l’Europe n’est point telle et ne peut le devenir. »

David Hockney à Beaubourg


Superbe rétrospective David Hockney au Centre Pompidou de Beaubourg : ses dessins, ses peintures, ses photos, ses installations technologiques et ses phantasmes. Le peintre de désormais 80 ans expose l’œuvre d’une vie dans une explosion de couleurs pop-art. C’est la couleur du bonheur. Des images de l’eau des piscines de Los Angeles sous un ciel caniculaire, à celles des sous-bois de Bradford dans son Yorkshire natal, en passant par des végétations tropicales luxuriantes, Hockney a une extraordinaire vision des couleurs de notre monde et un talent inestimable pour la restituer. A voir à Paris jusqu’au 23 octobre, absolument !

Lady Sir – Paris Philharmonie II – 30 juin 2017

Gaëtan Roussel et Rachida Brakny ont créé Lady Sir qui ouvre ce soir le festival Days Off à la Philharmonie de Paris avec trois musiciens en renfort. Un concert plein de douceur et de poésie par cette alliance inattendue entre un musicien d’exception et une actrice de rencontre. Le résultat est probant et vraiment touchant. C’est un duo au sens propre du terme qui joue de ses deux voix qui se superposent et se complètent. Les mots sont en français, en anglais ou en arabe, sur le temps qui passe, l’absence, l’amour… C’est délicieusement mélancolique et doux comme du velours. Une jolie révélation pour un été qui commence.

The Pretenders – Paris Salle Pleyel – 26 juin 2017

Chrissie Hynde reforme les Pretenders à 65 ans. Ensemble ils sortent un disque, Alone, et partent en tournée en passant par Paris ce soir. De vrais rockers qui ont du cœur et nous délivrent une soirée musclée. Nos cœurs chavirent quand de sa voix puissante elle entame Nigh in my Veins, I’ll Stand by you ou Brass in Pocket, références à la période post-punk durant laquelle cette artiste américaine s’est épanouie. Les nouvelles compositions sont du même moule : des guitares et une voix irremplaçable, bref, du rock brut et bon.

Bryan Ferry – Paris l’Olympia – 23 juin 2017

Un concert de Bryan Ferry à l’Olympia, en passant ; pas de nouveau disque, pas d’évènement particulier à fêter, les pisses-froid le qualifieront d’alimentaire. Les admirateurs n’ont pas boudé leur plaisir d’une soirée avec l’ex-Roxy Music. Une setlist classique extraite de son volumineux catalogue. Un artiste un peu moins habité que lors de la tournée Avonmore de 2014, un chanteur à la voix plus hésitante, une audience qui a pris encore trois ans depuis la dernière tournée, mais une excellente soirée.

Setlist : The Main Thing (Roxy Music song)/ Slave to Love / Ladytron (Roxy Music song)/ Out of the Blue (Roxy Music song)/ Where or When (Rodgers & Hart cover)/ Simple Twist of Fate (Bob Dylan cover)/ A Waste Land/ Windswept/ Bête Noire/ Zamba/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Like a Hurricane (Neil Young cover)/ Tara (Roxy Music song)/ Re-make / Re-model (Roxy Music song)/ In Every Dream Home a Heartache (Roxy Music song)/ If There Is Something (Roxy Music song)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Virginia Plain (Roxy Music song)/ Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Do the Strand (Roxy Music song)/ Jealous Guy (John Lennon cover)

Un ministre pour la lecture

Le nouveau ministre de l’éducation a déclaré aux élèves d’une des premières écoles qu’il a visitée dans l’Oise le 23 mai :

Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé…

Pas sûr que le message soit bien entendu… le chroniqueur qui voyageait récemment en train s’étonnait du nombre de gens assis sur leur siège durant des heures sans rien faire, pas même feuilleter un Paris-Match.