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Emotion et privatisation

Un projet de loi sur l’économie est en cours de discussion au parlement. Il s’appelle PACTE pour plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, prévoit différentes mesures pour simplifier et dynamiser l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. A priori, rien à redire s’agissant de nouvelles mesures dans le cadre d’un programme économique présidentiel sous le slogan « libérer et protéger ».

Plus délicat, le projet prévoit la vente ou sur le marché (ou la mise en concession) d’une partie des participations de l’Etat (c’est-à-dire de nous les contribuables) dans deux entreprises afin de créer un Fonds pour l’industrie et l’innovation à hauteur de 10 milliards d’euros dont les revenus serviront au financement de « dispositifs de soutien à l’innovation de rupture ». Les deux entreprises ciblées sont Aéroports de Paris (ADP) et la Française des Jeux (FDJ) ; par ailleurs un changement de mécanisme juridique au sein du capital d’Engie est également prévu, supprimant la contrainte du capital minimum de l’Etat.

Une polémique franchouillarde est en cours sur la soi-disant privatisation d’ADP. En réalité il ne s’agit pas d’une privatisation à proprement parler mais d’une mise en concession de l’exploitation pour 70 ans. Aujourd’hui l’entreprise est détenue par l’Etat à hauteur de 59% le reste revenant au privé, y compris donc la propriété des installations, pistes et terminaux. Le projet prévoit qu’à l’issue de la concession de 70 ans, la propriété de l’ensemble des actifs reviennent à la République qui pourra alors opter pour une nouvelle concession ou un autre mode d’exploitation. Accessoirement, il se trouve que le cours de l’action ADP étant plutôt haut, le rendement de cette participation publique est actuellement inférieur au rendement moyen du portefeuille de l’Etat…

A peu près l’ensemble des partis d’opposition contestent cette mise en concession et, le plus drôle, même la droite libérale argue contre « ce bradage des biens de la République ». Il s’est même trouvé un groupe de parlementaires pour lancer un processus de référendum d’initiative partagée comme prévu dans la constitution. L’argumentation des uns et des autres ne mérite même pas de s’y attarder tant elle relève du Café du commerce après mout blanc-secs ! Si l’on regarde le dossier sereinement il s’agit plus d’une question de financement que de philosophie. L’Etat, comme n’importe quel ménage, a sous la main un actif A et veut acquérir un actif B. Pour cela il vend A pour construire B. Il se trouve que le parlement élu démocratiquement approuve ce transfert. Il suffit de le réaliser tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit bien d’une mise en concession prévoyant que l’ensemble des actifs (incessibles durant la concession sans l’accord de l’Etat) reviendra ensuite à la République, donc au contribuable.

La théorie économique libérale qui guide globalement le gouvernement actuel pose que le secteur privé saura faire mieux faire fonctionner cette société que l’Etat. Certes elle est rentable et efficace aujourd’hui, elle le sera peut-être plus demain, ou pas… Voir la droite, également libérale, se contorsionner pour défendre la gestion par l’Etat d’un aéroport est sans doute l’aspect le plus novateur et intéressant de ce dossier.

Cela rappelle le psychodrame qui était intervenu à l’issue du projet de mise en location de l’Hôtel de la Marine sur la place de la Concorde après que le ministère de la marine l’eut quitté en 2009. Le gouvernement de droite de l’époque (MM. Woerth ministre du budget, Juppé ministre des affaires étrangères, notamment, et Sarkozy président de la République) avait dû reculer et annoncer que ce lieu serait dédié à la culture et à l’Histoire, c’est-à-dire ne génèrerait pas de loyers substantiels. Eternel recommencement dans la gestion de l’Etat, on restructure le patrimoine public, en l’occurrence on avait réuni les états-majors militaires dans le nouvel ensemble immobilier de Balard, mais on conserve les anciens immeubles en renonçant à en tirer des revenus… Cette droite-là quand elle était aux commandes voulaient faire ce qu’elle reproche au gouvernement actuel qui lui, semble un peu plus malin car il a réussi à faire voter sa loi PACTE. L’avenir dira s’il réussit à en appliquer son volet privatisation.

Combien va-t-il falloir payer ?

L’agitation sociale dans la République depuis le mois de novembre 17’, fortement renforcée par des émeutes hebdomadaires du samedi d’une minorité de citoyens sur l’ensemble du territoire, n’en finit pas malgré l’annonce en décembre dernier de dépenses supplémentaires pour une dizaine de milliards d’euros en année pleine qui n’a pas calmé la contestation.

Un débat national a été organisé, sorte de psychothérapie de groupe pour tenter de canaliser les mécontentements et d’en tirer la substantifique moëlle en formalisant la volonté du citoyen. Il est prévu que le président de la République fasse sou peu des annonces susceptibles de renvoyer en douceur les émeutiers dans leurs pénates. Cela ne va pas être facile !

A défaut de savoir ce qui se trame dans la pensée présidentielle, les ministres annoncent des « mesures fortes », des « décisions puissantes », des « changements majeurs »… En fait, il va falloir payer et il n’y a plus de sous dans la caisse, c’est un classique français, d’autant plus grave cette fois-ci qu’a priori l’addition risque d’être très lourde, proportionnelle à la hauteur des exigences des émeutiers pour cesser leur révolte. Petit point de pédagogie : il ne serait pas inutile au passage de signifier aux citoyens le montant des dégradations de biens publics et privés subis un peu partout en France depuis six mois en précisant comment seront financées ces dépenses imprévues.

Comment payer ? Les solutions sont maintenant bien au point. Si l’on raisonne à niveau de dépenses publiques constantes, soit l’on augmente des impôts des uns pour baisser ceux des autres, soit, ce qui revient au même, on augmente les prestations sociales dont bénéficient les uns en baissant celle des autres ; si par contre on accepte que la République dépense plus qu’aujourd’hui, il suffit de désigner les bénéficiaires et ceux qui devront payer. Après il faudra déterminer combien transférer ou combien augmenter. Finalement c’est simple la politique !

La seule solution qui vaille est celle qui verrait la France reprendre le contrôle de son budget, comme le ferait n’importe quel ménage dans la difficulté, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire depuis 45 ans (dernier budget voté en équilibre : 1974). Il s’agirait de procéder à une véritable baisse des dépenses publiques, non pas une baisse de la hausse, non plus une baisse du déficit, mais une diminution de ce que paye l’Etat de façon à équilibrer ses dépenses avec ses recettes. Bien entendu dépenser moins signifie que moins d’argent aboutira dans les poches des citoyens et il s’agit alors de répartir la pénurie de façon acceptable pour ceux-ci. Ce n’est pas facile, spécialement avec un peuple indiscipliné, mais il ne faut pas désespérer. C’est toute la noblesse du métier de gouvernant que de remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier.

Le prélèvement fiscal « à la source »

Fin 2017 l’administration annonça la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2019. Cela consiste, en gros, à s’aligner sur les pratiques de quasiment tous les pays modernes et prélever l’impôt sur les revenus mensuels de l’exercice auquel ledit impôt se rattache. Réforme attendue depuis des décennies, promises par tous les gouvernements, votée par le parlement de gauche sous la présidence de gauche Hollande et finalement mise en œuvre sous la présidence de droite Macron. Ce fut immédiatement une longue litanie de critiques en tous sens, de plaintes nombrilistes, de doléances contradictoires, de revendications agressives, de pleurnicheries dérisoires, de geignements égoïstes, d’incapacité à voir le côté positif des choses, d’anticipations de catastrophes nationales, de révoltes populaires, d’arrêts de la croissance… Les plateaux télévisés étaient envahis d’experts mondains donnant des avis divers, contradictoires et opposés, de corporations expliquant comment elles allaient devoir mettre la clé sous la porte, et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

Nous sommes en avril 2019 et a priori la planète continue de tourner. Plus personne ne parle de cette réforme qui est passée comme une lettre à la boîte. Il est vrai qu’entre temps d’autres révoltés se sont levés pour envahir la rue et ouvrir de nouveaux sujets de conflit. L’impôt sur le revenu est désormais prélevé à la source, l’affaire a été bien menée par l’administration, les bugs semblent avoir été en nombre limité, et la République a commencé à moderniser, un tout petit peu, sa jungle fiscale. Le pouvoir en place se garde bien de claironner sur cette réussite mais il pourrait avec élégance et un peu d’humour renvoyer quelques opposants à leurs contradictions, juste pour se faire plaisir !

Il va bien falloir travailler plus longtemps

Une ministre annonce au passage à la radio qu’à son humble et personnel avis il faudra se reposer la question d’éventuellement repousser l’âge minimum légal de départ en retraite actuellement de 62 ans. Elle est aussitôt noyée sous un déluge de critiques et se trouve forcée de démentir ses propos devant l’assemblée nationale. Le fait qu’un ministre doive avaler son chapeau n’est pas un drame en soi et ce n’est certainement pas la dernière fois que cela se produit, mais le véritable drame est que des responsables politiques intelligents, formés à l’école de la République, rémunérés par les contribuables, continuent à s’accrocher ainsi à de vieilles lunes dont ils connaissent bien le caractère dépassé.

Il est hélas devenu incontournable qu’une nouvelle réforme du système de retraite devra être mis en place. Celle qui est annoncée par l’exécutif devrait aller au-delà du simple réglage des paramètres habituels que sont la durée de cotisation et le montant des prestations. Aujourd’hui, à défaut de pouvoir jouer ouvertement sur le paramètre de la durée, on baisse subrepticement les prestations versées, en faisant varier l’ajustement des pensions à un niveau moindre que celui de l’inflation constatée par exemple. D’autres moyens plus sournois sont mis en œuvre comme l’accord pris par les partenaires sociaux (syndicats de salariés et du patronat) sur le bonus/malus sur les retraites complémentaires qui aboutit à repousser au-delà de 62 ans l’âge où le retraité touchera ses droits complémentaires pleins.

La grande majorité des pays qui entourent la France ont procédé au constat hélas criant que le nombre de cotisants aux systèmes de retraite baisse quand le nombre des prestataires augmentent. Ils ont pris les mesures nécessaires pour rééquilibrer les dépenses avec les recettes, celles-ci passant souvent par une augmentation de la durée de cotisation, mais pas uniquement.

La réforme qui s’annonce est gigantesque et devrait aboutir à unifier l’ensemble des systèmes existant pour mettre en commun les déficits des uns et les excédents des autres, mais aussi de refondre intégralement le dispositif d’acquisition des droits de façon que chaque euro gagné en période d’activité génère le même droit en prestation de retraite future ! Le simple sujet des 62 ans auquel s’accrochent désespérément quelques syndicats et partenaires antédiluviens ne sera qu’un détail de la tentative de nécessaire réforme. Celle-ci sera LE sujet économique et social de l’an prochain.

Mouvements capitaux chez Air-France-KLM

La compagnie aérienne Air France, spécialisée en grèves de ses pilotes et en renflouements par les contribuables français, s’est alliée il y a quelques années avec la compagnie néerlandaise KLM qui était à l’époque en bien mauvaise santé. Les deux sociétés ont créé le groupe Air-France-KLM au sein duquel l’Etat français détient 14,30%. Les autres actionnaires sont les marchés financiers pour environ 64% de capital flottant, et d’autres compagnies aériennes.

L’Etat néerlandais a récemment acquis 14% du capital, acheté discrètement sur les marchés. Il semble que les Pays-Bas, un peu agacés par le poids de la France dans la répartition du pouvoir au sein de la compagnie, aient voulu le rééquilibrer en leur faveur. Les dernières grèves et exigences des pilotes français ont par ailleurs dégradé la productivité de la partie française versus celle du partenaire néerlandais.

Lorsque le pot aux roses de cette opération capitalistique fut dévoilé, l’Etat français a mal réagi et, piqué au vif, a convoqué le ministre néerlandais des finances pour explication de texte. La situation est assez ironique car après tout c’est bien l’Etat français qui a privatisé son ex-compagnie nationale en vendant la majorité de son capital à des investisseurs anonymes sur les marchés, il est alors difficile de s’étonner que lesdits investisseurs refourguent leurs actions à un acheteur qu’il soit l’Etat néerlandais, ou qui que soit d’autres d’ailleurs. Ainsi va la dure vie de l’économie libérale mondialisée : on vend au plus offrant, c’est ce qu’on appelle la loi de l’offre et de la demande ! Ce genre d’opérations boursières ne se pratiquent pas en principe en douce. Lorsque les partenaires sont bien élevés ils s’en informent préalablement. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

Elever le pouvoir de l’Etat néerlandais dans cette société de transport sera probablement une bonne chose pour contrebalancer celui de l’Etat français qui a fait preuve de sa mauvaise influence sur la gestion, notamment en décidant de la nomination de hauts fonctionnaires comme pédégés successifs qui n’étaient pas particulièrement connus pour leurs compétences en management. Idéalement il aurait été préférable que la France vende ses actions et laisse cette compagnie difficilement gérable se confronter à la réalité du secteur. A défaut, la montée au capital des néerlandais à hauteur des français met en place un contrepouvoir bienvenu qui devrait permettre de limiter la nuisance publique française dans la bonne marche de cette société.

L’esprit et la lettre

A l’occasion d’une cérémonie de galette des rois au palais de l’Elysée avec des artisans de la boulangerie de 11 janvier, le président de la République, insistant sur l’intérêt de la formation professionnelle, a notamment déclaré dans son discours :

Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier, des gestes, des savoirs, le sens de l’effort et le sens de cet engagement qui fait qu’on n’a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort.
Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas cet engagement et ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir.

Emmanuel Macron – président de la République

Et aussitôt s’est déclenché un déluge de commentaires et d’appréciations agressives sur ces quelques phrases qui marqueraient l’arrogance de son auteur et son éloignement des préoccupations « du peuple ». De l’extrême droite à la gauche, tout le monde tombe sur ce président en interprétant ce qu’il dit comme une « insulte contre son peuple (Florian Philippot) »… Qui pourrait ne pas être d’accord avec ces assertions qu’il faut effectivement rappeler aux jeunes? Le mieux pour les commentateurs serait de s’en tenir à la lettre des déclarations !

Le coût des émeutes

Les commentateurs et les agitateurs se gaussent du « soutien populaire » aux émeutes qui perturbent la République tous les samedis depuis maintenant deux mois, sans parler bien sûr du « soutien moral » que nombre de politiciens apportent à ces manifestations violentes en refusant de les condamner. Evidemment, les citoyens lambdas qui n’est pas présent sur les barricades assiste à toute cette contestation devant sa télévision qui excite son tropisme révolutionnaire. Le dimanche ou le lundi matin quand il sort de chez lui, tout a disparu : les rues ont été nettoyées par les services municipaux, les carcasses de voitures brûlées enlevées par les pompiers, les vitrines de magasins dévastées réparées au frais de commerçants, les blessés tranquillement soignés dans les hôpitaux publics financés par les cotisants, l’ordre à peu près maintenu par les fonctionnaires de police payés grâce à l’impôt. Ledit citoyen lambda ne réalise pas encore que c’est lui qui paiera l’addition le moment venu, qui la règle déjà d’ailleurs !

Une alternative, très théorique il est vrai, serait de laisser faire : laisser les émeutiers saccager les villes, laisser les carcasses de voitures brûlées au milieu des rues, laisser les poubelles brûler sur les trottoirs, laisser les rues dépavées, etc. Il n’est pas sûr dans ces conditions que le « soutien populaire » perdurerait très longtemps. Les politiciens pro-émeutes s’en prendraient alors au pouvoir pour son laxisme au lieu de l’accuser de provocation, il s’agirait juste d’un changement d’argumentaire, la cible restant la même.

Depuis des décennies le citoyen oublie qu’il est aussi contribuable, ce qu’il casse aujourd’hui il le paira demain, s’il demande une baisse des impôts il est difficile d’exiger dans la même phrase une hausse des dépenses publiques, etc. Ainsi va la France, le sursaut des élections présidentielles de 2017 semble s’estomper doucement dans les fumées des gaz lacrymogènes dans les rues des villes en fusion, hélas.

« Jeunes Génération.s » et utopies

Cette affiche est placardée par le mouvement des jeunes du parti « Génération.s », fondé par Benoît Hamon en déshérence du PS après les élections présidentielles de 2017 où il a emporté 6,36% des suffrages sous la casquette socialiste. Au moins a-t-il la décence d’appeler à voter Macron contre Le Pen au deuxième tour (ce que n’ont pas fait nombre de partis de droite).

Cette affiche réclame des points surréalistes pour « changer la vie des jeunes » : études et vacances payées par le contribuable, salaire garanti par le même contribuable et fumette à la clé pour se détendre (il n’est pas précisé si les fumeurs pourront se faire rembourser leurs dépenses). C’est un programme qui ne dénote pas un sens des réalités très développé. Il ne précise pas comment seront financées ces mesures de changement. Il va quand même falloir que quelqu’un explique à cette jeunesse que pour le moment notre économie occidentale ne fonctionne pas tout à fait selon ces principes, même si en France les études sont quand même déjà majoritairement payées par la République…  

Durant sa campagne présidentielle Benoît Hamon avait déjà avancé l’idée du « revenu universel », défendue il est vrai par quelques économistes de qualité mais généralement abandonnée devant le mur du financement impossible à abattre. Chassée par la porte du premier tour, la voici revenue par la fenêtre.

Dans sa revue interne, Jeunes Génération.s explique que :

L’ambition du revenu universel doit être la disparition de la pauvreté en France et l’avènement d’un contre-modèle à une société qui exploite autant les individus que la planète. Il doit permettre de rebattre les cartes du monde du travail pour sortir des millions de travailleurs.es de la précarité.

L’objectif est noble, pas sûr que ces jeunes arrivent à le mettre en place entre deux pétards…

NB : La caractéristique la plus voyante de ce nouveau parti fut l’adoption de l’écriture dite « inclusive » (ou encore appelée « non sexiste ») consistant à utiliser une syntaxe destinée à assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes, notamment en n’appliquant plus la règle donnant préférence au masculin : on n’écrit plus « les étudiants » pour désigner les étudiants et les étudiantes, mais « les étudiant.e.s » ; plus quelques règles complémentaires comme de ne plus mettre de H majuscule à l’homme : on écrit « les droits de l’homme » et non plus « les droits de l’Homme ». Pour le moment cette nouvelle grammaire est fort peu utilisée, sauf par le parti « Générations.s » toujours à la recherche d’innovation.

Le syndrome français

On le sait, la France est perturbée depuis deux mois par des émeutes initiées à l’occasion de l’application d’une hausse de taxes sur les carburants afin de rendre plus chers les modes de déplacement moins « écologiques ». Au vu du niveau d’énervement des manifestants, du nombre de morts (par accident sur les barrages) et blessés et des destructions significatives, la République dans un premier temps a mis en place des « mesures d’accompagnement » consistant à compenser une partie de ces augmentations de taxes pour les plus défavorisés.

Les émeutes continuant à enflammer la France et très sérieusement perturber son économie, l’Etat a finalement décidé d’annuler ces hausses de taxes et d’ajouter à ce recul d’autres mesures financières destinées à améliorer le sort des plus défavorisés. L’ensemble coutera une dizaine de milliards en 2019 aux contribuables.

L’augmentation des taxes ayant généré les troubles étant annulée, ces « mesures d’accompagnement » auraient également dues être annulées. Mais nous sommes en France et face à la pression, le gouvernement a dû les maintenir après avoir tenté vainement de les reprendre. Les contribuables vont donc payer pour compenser une hausse des taxes qui n’existe plus.

C’est Noël et c’est ainsi que le budget de la République est déficitaire depuis 45 ans.

Un pédégé en prison

Carlos Ghosn, pédégé (ou assimilé) de trois groupes automobiles : Renault + Nissan + Mitsubishi est embastillé au Japon pour divers soupçons de délits financiers et fiscaux. Le dirigeant qui dispose de trois nationalités : française + brésilienne + libanaise a régulièrement fait parler de lui dans la presse économique, d’abord pour la réussite de son concept d’alliance qui a permis à ces trois groupes de mettre en commun toute une série de départements et d’activités, sans pour autant fusionner dans un groupe tentaculaire et ingérable, chaque partenaire gardant une relative indépendance, au moins juridique. C’est ainsi ces trois entreprises qui étaient plutôt en mauvaise santé prises séparément, mais pas au même moment, se sont ragaillardies sous la direction de l’impétrant. C’est bien.

Cependant, le garçon a fait aussi parler de lui pour de moins bonnes raisons et tout d’abord pour les rémunérations indécentes qu’il cumulait aux trois sources et sous différentes formes, l’ordre de grandeur est d’une quinzaine de millions d’euros par an. L’Etat français qui reste actionnaire de Renault a toujours voté « Non » en assemblée générale à la résolution informant de la rémunération de son chef. C’était avisé. Celle-ci étant présentée « pour information », ces votes négatifs n’ont jamais empêché Renault de verser ces sous à son pédégé. Il était également connu pour n’avoir pas su ou pas voulu préparer sa succession. C’est l’un des travers assez fréquents de ce genre d’ambitieux.

Il semble qu’il soit en train de tomber au Japon à cause de sa voracité financière : on l’accuse, entre autres joyeusetés, d’avoir dissimulé des rémunérations au fisc local, d’avoir facturé à Nissan des pertes d’investissements personnels et de s’être fait attribuer des résidences de prix exorbitants dans ses différents pays d’origine.

Toute ceci doit évidement se doubler de règlements de comptes et de différences culturelles entre les dirigeants de Nissan, japonais et étrangers, comme c’est souvent le cas à ce niveau de pouvoir et de responsabilités. Bref, il est à craindre qu’au moins une partie de ces accusations ne soient vérifiées et l’on verrait alors Carlos Ghosn tomber par où il a péché, pour avoir eu les yeux plus gros que le ventre. Qu’avait-il besoin de gagner et de dissimuler tant d’argent ? Au-delà de son cas personnel qui n’a finalement que peu d’importance, on voit là l’une des faiblesses du capitalisme financier d’aujourd’hui : verser de pareilles rémunérations n’a aucun sens ni justification (et encore les banquiers de la crise financière de 2008 pouvaient percevoir 2 à 3 fois ces montants) mais au contraire génère des risques significatifs de déconnection de leurs bénéficiaires qui, obnubilés par l’argent, peuvent perdre complètement la raison et oublier l’intérêt social de l’entreprise qu’il gouverne au profit de leur propre intérêt. On a vu des cas similaires chez Lehman Brothers, Enron, Vivendi… Heureusement cela reste plutôt exceptionnel mais il est navrant de constater que le court-termisme des actionnaires de marchés pousse au crime. Ils se disent : « Carlos nous a fait verser beaucoup de dividendes donc donnons lui ce qu’il demande, ce n’est finalement qu’une goutte d’eau dans la marée des milliards de dividendes, il suffira d’avoir revendu nos actions avant qu’il ne tombe ». Nous en sommes là.

La vérité c’est que ces hauts dirigeants mercenaires sont interchangeables et il était sans doute aisé de trouver à temps un clone de Carlos sur le marché des pédégés mondialisés, et pour bien moins cher. Cela n’a pas été fait en temps utiles. L’histoire dira comment et pourquoi le clan japonais a mené cette cabale. Il aurait été plus efficace et moins dangereux de débarquer le pédégé en conseil d’administration comme n’importe quel mandataire social, ou tout simplement de lui refuser ces rémunérations vertigineuses. Mais sans doute tous ces gros poissons se tiennent par la barbichette et ils ont estimés la voie judicaire plus certaine et définitive. Gageons que Carlos Ghosn ne va pas se laisser faire, il a du répondant et des moyens pour financer de bons avocats. Le procès, s’il a lieu, sera intéressant.

Que la justice japonaise passe !

Les cordons de la bourse

Comme c’était à prévoir, après avoir accepté de débourser 10 milliards d’euros pour répondre aux revendications des émeutiers qui perturbent la France depuis plus d’un mois, le bureau des pleurs et des lamentations n’arrive pas à refermer ses portes et se succèdent désormais à son guichet toutes les corporations qui ont quelque chose à demander. Les forces de sécurité ont déjà commencé depuis hier et à n’en pas douter d’autres attendent déjà à la porte : les infirmières, les enseignants, d’autres catégories de fonctionnaires, la liste sera longue !

Les policiers ne sont doute pas les moins méritants mais on pourra sans doute en dire autant de nombre de corporations. Il va être difficile de renouer les cordons de la bourse et il très peu probable que ces dépenses publiques non anticipées puissent être compensées par une baisse équivalente d’autres dépenses. La République est donc repartie dans un cycle de dépenses publiques et de dettes. Comment reprendre le contrôle des choses ?

Le contribuable va donc payer

Afin de tenter de calmer les émeutiers qui perturbent la France et cassent ce qui leur tombe sous la main, la République a décidé de plusieurs mesures qui vont venir mettre un peu de sous dans les chaumières. Le tout est évalué en première analyse à 10 milliards d’euros qui vont donc être dépensés en 2019 en plus de ce qui était prévu. On ne sait pas bien encore comment cette somme sera financée : par l’impôt, la dette ou des économies par ailleurs, la dernière hypothèse étant la moins probable même si elle devrait pouvoir être mise en œuvre, au moins partiellement.

Comme souvent, la France utilise la voie de la dépense pour résoudre une difficulté à laquelle elle est confrontée, renonçant par ailleurs à respecter ses engagements internationaux. Du coup, nombre de nos « amis » ont l’hilarité facile, on ne saurait vraiment leur en vouloir. Après la Turquie qui appelait le gouvernement français à la modération dans le traitement des émeutiers, c’est maintenant l’Italie qui se tient les côtes de rires après avoir subit les foudres françaises pour avoir annoncé un déficit budgétaire en hausse bien qu’inférieur à celui de la France, retour à l’envoyeur…

Cela étant dit, les émeutiers affichent bien entendu que ces transferts sont insuffisants mais ne précisent pas vraiment leur intention de poursuivre ou ralentir leurs actions de blocage et d’émeutes. Nous verrons samedi prochain puisque ces manifestations sont hebdomadaires depuis un mois!

De fortes attentes comptables

Les « experts de plateaux télévisés » enchaînent les prévisions vides de sens et annoncent comme parole d’évangile que le président de la République « après la réponse sécuritaire doit maintenant dégainer une solution politique » pour sortir des émeutes. En fait les contestataires n’attendent pas grand-chose de « politique » mais bien des annonces comptables : combien vont-ils avoir de sous en plus à court terme à la fin du mois dans leurs poches ! Pour ce faire il va bien falloir payer et financer ces dépenses, soit en augmentant des impôts, soit en baissant d’autres dépenses, soit en transférant les dépenses d’un poste à l’autre, soit en augmentant la dette.

C’est comme à la maison, cela n’a rien de politique mais relève plutôt de la tuyauterie budgétaire. L’exercice est difficile quand il faut sortir des émeutes et satisfaire aux équilibres financiers. Ainsi va la démocratie et… le caractère des français.

Du pain béni pour les pays autoritaires

Les émeutes françaises déclenchent une salve de commentaires réjouis de nombre de démocratie « illibérales » qui avaient subi elles-mêmes des remarques diplomatiques de la France à diverses occasions sur le respect des droits de l’Homme ou du droit de manifester. C’est évidemment du pain béni pour les dirigeants de nombre de ces pays qui  veulent nuire aux démocraties occidentales. La Turquie en tête de gondole appelle Paris à plus de « retenue » et dénonce « l’usage disproportionné de la force ». A Moscou, le ministère des affaires étrangères déclare :

« Nous appelons les autorités parisiennes à s’abstenir de tout recours excessif à la force, conformément aux principes généralement admis de l’humanisme. »

 Même Donald y va de son petit tweet vengeur :

« Je suis content de voir que mon ami @EmmanuelMacron et ceux qui protestent acceptent la conclusion à laquelle je suis parvenu depuis deux ans : l’accord de Paris est fondamentalement mauvais, car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays sérieux, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs. »

C’est évidemment de bonne guerre, même si assez peu élégant, mais la France récolte un peu le fruit des leçons de morale qu’elle se croit régulièrement autorisée à distribuer à travers la planète.

Le gouvernement adopte une proposition des émeutiers

Ça y est : le pouvoir s’incline devant la violence et annule les hausses de taxes sur les carburants qui ont déclenché les émeutes en cours en France. Le coût serait de 3 ou 4 milliards au titre de l’année 2019. Cette recette étant déjà prévue pour le financement des dépenses 2019, il faudra sans doute augmenter un autre impôt ou baisser les dépenses d’un montant équivalent si la République veut maintenir son déficit dans l’ordre de grandeur initialement annoncé. Le premier ministre a indiqué que cette décision se traduirait par une réduction de dépenses ce qui risque de ne pas être très populaire.

Entre temps, la liste des revendications économiques s’est considérablement accrue et le coût pour les finances publiques (et donc les prélèvements sur les contribuables) risque d’être important. Nous sommes en France et la contestation ne se résout généralement que par de la distribution d’argent public. C’est le syndrome national une nouvelle fois à déplorer. On distribue lorsque les choses vont mal et on ne sait pas reprendre lorsqu’elles s’améliorent. Nous vivons sans doute aujourd’hui une nouvelle étape de cette maladie chronique.

Un grand moment de faux-jettonerie politicienne

Samedi dernier, les contestataires anti-taxe sur le gas-oil ont manifesté leur mécontentement à travers le pays, parfois renforcés par les habituels « casseurs » désormais inévitables dans tout rassemblement. Certaines villes ont été sérieusement secouées par ces perturbateurs. Paris notamment a vu ses beaux quartiers livrés aux combats de rue, noyés sous les gaz lacrymogènes et la fumée des incendies. Les forces de l’ordre ont fait preuve de beaucoup de sérénité face au déchaînement des sauvageons qui ont tagué partout où ils le pouvaient, y compris sur l’Arc de Triomphe, fait les zouaves devant le monument aux morts, pillé des boutiques, attaqués les colonnes de CRS en vagues successives, bref ils se sont exprimés. D’autres troubles sérieux ont eu lieu en province, « dans les territoires » comme il est désormais d’usage de le dire : préfecture incendiée à Vaux-en-Velay, affrontements divers un peu partout, blocages de circulation de ci de là. C’est un miracle qu’il n’y ait eu que des blessés. On compte toutefois plusieurs morts depuis le début de ce mouvement il y a trois semaines, mais plus par accident qu’autre chose. Le lien avec ce mouvement de contestation est malgré tout évident.

Depuis ce samedi agité c’est un festival de faux-jettoneries dans le microcosme. Avant ce samedi noir, le personnel politique d’opposition dans son ensemble avait quasiment appelé à l’émeute : Marine Le Pen avait exigé l’ouverture des Champs-Elysées aux sauvageons, Laurent Wauquiez visité un barrage routier la semaine dernière, Isabelle Balkany publié des gilets jaunes sur son compte tweeter, Jean-Luc Mélanchon crié à l’unisson des casseurs « Macron démission », on en passe et de meilleures. Cette opposition accuse maintenant le gouvernement de faiblesse face aux manifestants et chacun critique la façon dont l’ordre a été plus ou moins maintenu. Il fallait ouvrir les Champs-Elysées, ou pas, il fallait plus de policiers mobiles, ou moins, il fallait faire appel à l’armée, à moins que non, etc. etc. Chacun de ces politicards aux petits pieds s’érige en spécialiste du maintien de l’ordre sur les plateaux télévisés et y va de sa conclusion définitive sur le sujet.

Lorsque l’on voit les images des combats à Paris on imagine aisément que les autorités ont tout fait pour éviter que les opérations de maintien de l’ordre ne se traduisent par des dommages plus graves du côté des manifestants. Il y eut de nombreux blessés, dont l’un gravement après avoir pris sur la tête une grille du jardin des tuileries consciencieusement dessoudée par les émeutiers, dont l’impétrant semble-t-il, quelques mains arrachées par des grenades, mais pas de mort. Ces cassandres qui aujourd’hui, confortablement installés dans les palais de la République et rémunérés par les contribuables, critiquent l’échec du pouvoir, auraient bien entendu été les premières à monter au front pour accuser le gouvernement de disproportion dansl’usage de la force s’il y avait eu des morts. Bref, ces pratiques politiques alliant mauvaise-foi et manque de courage continuent à tirer la France vers la décadence. On les croyait en voie d’abolition avec l’arrivée en 2017 d’un pouvoir jeune et innovant, il y a encore beaucoup de progrès à faire pour ce personnel politique assis sur ses certitudes.

Sur le fond, la République fait face à des contestataires qui veulent « plus desous » et se tournent vers l’Etat pour régler ce problème, n’hésitant pas à compromettre, voire à s’allier, avec des voyous. Ce qu’ils veulent c’est que la France réussisse économiquement, vite, et que le fruit de cette réussite soit mieux réparti. Ils le font savoir bruyamment et s’opposent sur la méthode mise en œuvre aujourd’hui par les dirigeants élus il y a seulement dix-huit mois. Idéalement il aurait été préférable qu’ils manifestent dans les urnes lors des prochaines élections plutôt que dans la rue, mais ils ne peuvent pas attendre. Le programme de réformes économiques mené actuellement est destiné à résoudre leur première revendication et remettre le pays sur les rails de la croissance. Il n’est pas sûr que leur deuxième revendication, celle de l’équité, soit vraiment au programme… Les bases de celui-ci sont essentiellement libérales et la justice sociale n’a jamais été véritablement un objectif de ce modèle économique, même si des effets collatéraux positifs peuvent en ressortir pour toutes les couches de la population. Jusqu’ici l’Etat français s’est employé à exercer une redistribution sociale en prélevant l’impôt et en le reversant via des prestations sociales. L’exercice a des limites qui ont été atteintes où la population a globalement le sentiment de trop payer par rapport à ce qu’elle reçoit. C’est évidemment macro-économiquement faux puisque l’Etat étant déficitaire depuis 40 ans c’est donc bien qu’il dépense plus qu’il n’encaisse. Nous en sommes là et la revendication générale porte sur « on veut plus de prestations et moins d’impôts ». C’est un cercle vicieux qui n’est pas soluble par des slogans ni des dogmes, mais par de l’intelligence. Le temps n’est pas à la raison pour le moment. Laissons passer l’orage.

Les revendications qui circulent

Certains membres des « gilets jaunes » ont émis une liste de 41 revendications que l’on trouve ci-dessous. On ne sait pas bien si cette liste est représentative de ce que pensent tout ou partie de ces contestataires mais elle a au moins de mérite d’exister. Elle est en tout cas particulièrement représentative du mal français : on augmente les dépenses et les prestations, on baisse les impôts et les taxes pour la majorité, mais on les augmente pour les« gros ». On note aussi les mesures 18 à 21 (pas vraiment politiquement correctes) qui concernent l’immigration et expliquent notamment pourquoi un certain nombre de syndicats et partis politiques soutiennent le mouvements ans véritablement appeler à le rejoindre.

On se croirait revenu en 1968, tout le monde peut y trouver son compte sauf l’Etat qui se trouve devant une équation insoluble…

  1. Zéro SDF : URGENT.
  2. Davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire davantage de tranches.
  3. Smic à 1 300 euros net.
  4. Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce et davantage de parkings gratuits dans les centres-villes.
  5. Grand plan d’isolation des logements pour faire de l’écologie en faisant faire des économies aux ménages.
  6. Impôts : que les GROS (MacDo, Google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits(artisans, TPE, PME) payent petit.
  7. Même système de Sécurité sociale pour tous (y compris artisans et auto-entrepreneurs). Fin du RSI.
  8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. Pas de retraite à points.
  9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
  10. Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
  11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit aux tickets-restaurant et aux chèques-vacances.
  12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
  13. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie, c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
  14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des mêmes droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
  15. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
  16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
  17. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres, mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
  18. Que les causes des migrations forcées soient traitées.
  19. Que les demandeurs d’asile soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.
  20. Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
  21. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’histoire de France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).
  22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros.
  23. Que des emplois soient créés pour les chômeurs.
  24. Augmentation des allocations handicapés.
  25. Limitation des loyers. Davantage de logements à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
  26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…)
  27. Moyens conséquents accordés à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
  28. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
  29. Le prix du gaz et de l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente.
  30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.
  31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.
  32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la terminale.
  33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
  34. Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
  35. Retour à un mandat de 7 ans pour le président de la République. L’élection des députés deux ans après l’élection du président de la République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participerait donc à faire entendre la voix du peuple.
  36. Retraite à 60 ans et, pour toutes les personnes ayant travaillé dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple), droit à la retraite à 55 ans.
  37. Un enfant de6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides Pajemploi jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
  38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
  39. Pas de prélèvement à la source.
  40. Fin des indemnités présidentielles à vi
  41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.

Des manifestations anti-impôt

Une agitation frénétique s’est emparée de la rue et des plateaux médiatiques de France et de Navarre : le motif est une hausse des prix de l’essence, fruit d’une augmentation des cours du pétrole, sur le sacrosaint marché, et des taxes y afférentes dans un objectif écologique de rendre plus chères les énergies dîtes « carbonées ». L’objectif est plus qu’atteint puisque du coup une partie de la population manifeste dans la rue contre cette ponction de son « pouvoir d’achat ». Evidemment les plus défavorisés souffrent plus de ce genre de mesures que ceux qui le sont moins, c’est une vieille histoire, comme le disait naguère Snoopy (et Francis Blanche d’ailleurs) : « mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade ».

Alors un certain nombre de citoyens, souvent ceux qui habitent en banlieue ou en province, sans tellement d’alternatives à l’utilisation de leur voiture pour aller travailler ou faire des courses, bloquent les routes et les ronds-points, marchent vers Paris aux cris de « Macron démission ». Ils réclament l’abolition de ces taxes qui amputent leur pouvoir d’achat. Bien entendu ceux qui peuvent absorber les conséquences économiques cette mesure se gardent bien de s’en féliciter pour ses effets bénéfiques.

Au niveau macro-économique ces augmentations auront évidement des effets car ceux qui voyagent, favorisés comme défavorisés, vont arbitrer leurs modes de transport en fonction de leurs coûts respectifs, voire même contre d’autres postes du budget familial pour les moins avantagés. Alors pour faire passer la pilule et tenter de calmer les manifestants, le gouvernement applique ce qu’il fait depuis des années et s’apprête à rendre à certains ce qu’il prendra en plus aux autres. Ainsi va la loi des transferts qui font grimper les dépenses publiques françaises depuis des décennies.

Les contestataires du jour se griment avec les gilets jaunes désormais obligatoires dans les automobiles. Ils manifestent un peu partout, se font infiltrer par des casseurs à l’occasion, réclament tout et son contraire et s’affrontent à la grande règle de la fiscalité qui, depuis des millénaires, veut qu’il vaut mieux tondre un peu tout le troupeau de moutons que de tondre uniquement mais complètement les boucs du troupeau. C’est de la statistique, pas toujours compatible avec l’équité. La spécificité française, outre le déni de cette loi statistique, est que les citoyens veulent à la fois payer moins d’impôts et voir les politiques et services publics se développer. Il suffit de « faire payer les riches » et l’on revient à notre loi statistique…

Le psychodrame de la baisse les dépenses

Le grand dossier du gouvernement français de la baisse des dépenses publiques par le pouvoir actuel. Rien de bien grave, cela dure ainsi depuis plus de 40 ans et aucun gouvernement n’a osé essayer (juste essayer) à commencer à ralentir légèrement la progression des dépenses qui ont toujours augmenté en France plus rapidement que les recettes, créant ainsi les 2 000 milliards d’euros de dette, toujours en hausse, que nous laissons à nos enfants.

Le projet de budget 2019 prévoit la baisse du nombre de fonctionnaires « conseillers techniques sportifs » de 1 600. Aussitôt le hourvari se déclenche de toutes parts : c’est un drame national, la France aura moins de médailles aux prochains jeux olympiques, la République ne s’en remettra pas, notre jeunesse va tomber au fond du gouffre, etc. etc. Avec son manque de subtilité habituelle, la société française, de Mme. Michu aux journalistes mondains en passant par les tweetos politicards, explique combien ces 1 600 conseillers sont un élément stratégique du futur de la France dans le monde.

Comme toujours, chacun est d’accord pour que baissent les dépenses publiques, mais en commençant chez le voisin. Intérêt général contre intérêts particuliers, encore. Une République rongée par la dette devrait pouvoir se poser sereinement et démocratiquement la question de la priorisation de ses dépenses. On peut sans doute imaginer que quitte à réduire la dépense, commencer par celle concernant le sport n’est pas la plus mauvaise des directions possibles. Mais… il faut aussi arriver à convaincre les français que « baisser les dépenses » signifie que les dépenses vont diminuer. Vaste tâche !

Spectacle étonnant dans le microcosme

A l’occasion d’une réforme technique visant à prélever l’impôt sur le revenu à la source et l’année des revenus au lieu du paiement volontaire l’année suivante, le microcosme politique français s’accroche sur les plateaux télévisés et les comptes Twitter. C’est assez affligeant et tellement représentatif des contradictions nationales. Cette réforme ne touche d’abord que ceux qui paye l’impôt sur le revenu, soit une minorité de citoyens, hélas, mais par contre tout le monde a son avis sur la question, généralement négatif. L’impôt sur les revenus est devenu tout à fait minoritaire dans les ressources de l’Etat dont la grande majorité est déjà prélevée à la source l’année de son apparition, que ce soient la TVA, les prélèvements sociaux ou l’impôt sur les sociétés sans que cela ne pose de difficulté.

Cette réforme n’aura aucun effet sur la croissance économique de la République ni sur le montant de l’impôt, c’est juste une affaire de trésorerie qui présente d’ailleurs nombre d’avantages pour les contribuables, dont celui d’instaurer « l’impôt contemporain » : on paye l’impôt sur ses revenus de l’année. En fait ce n’est pas même une réforme, mais juste une question de logiciel informatique à mettre au point. Il y aura des bugs c’est certain, ils seront bien réglés d’une façon ou d’une autre, il faut prendre un minimum de risques pour avancer.

L’affaire est montée en épingle par les commentateurs de sondage qui affirment tout et son contraire en un chœur émouvant. Cela fait des décennies que nos vedettes politiques sont d’accord pour instaurer cette mesure qui concerne un impôt marginal payé par une minorité de foyers fiscaux. Qu’ils soient de gauche ou de droite, tous l’ont annoncée, un des gouvernements de François Hollande l’a voté, mais en reportant prudemment son application au quinquennat suivant. Nous y sommes :

  • La gauche qui n’aime pas le président Macron l’admoneste car il tarde à mettre en œuvre cette brillante réforme votée par la gauche.
  • La droite qui soutient la réforme mais n’aime pas le président Macron l’abomine car il a déjà repoussé d’un an cette réforme indispensable.
  • La droite qui conteste la réforme et n’aime pas le président Macron l’injurie car il va mettre en œuvre cette réforme abjecte.

Tout ce petit monde qui n’est responsable de pas grand-chose (si ce n’est d’encaisser leurs salaires payés par les contribuables) glose, ergote, cancane, commère, dénigre, épilogue…, bref perd son temps et nous fait perdre notre argent. Il est temps de passer aux sujets suivants maintenant que la rentrée a été copieusement polluée par ce programme informatique !