Les vaccins au Café du commerce

Entendu dans un dîner en ville :

Le passage à 11 vaccins obligatoires va permettre aux laboratoires pharmaceutiques de s’en mettre plein les poches, et en plus ce sont eux qui financent les études cliniques qui servent leurs intérêts.

C’est une illustration supplémentaire du complotisme décébrant qui tient lieu de débat dans l’hexagone où la polémique est préférée à la raison. Sur la question des vaccins, la simple analyse statistique du risque de la maladie versus le risque de l’administration du vaccin devrait logiquement suffire à clore la question, à une époque où il y a encore des citoyens qui meurent de la rougeole dans notre pays.

A défaut de pouvoir montrer scientifiquement la nocivité du vaccin Mme. Michu s’en prend à ses fabricants qui « se remplissent les poches sur le dos des patients » et c’est là deux siècles d’influence marxiste plus ou moins diffuse dans l’imaginaire national qui viennent aveugler le Café du Commerce. Après avoir été nationalisée à divers titres, tranches et périodes par la République, cette industrie a été rendue quasi intégralement au secteur privée et cotée en bourse. Elle doit donc vendre ses produits et réaliser des profits pour éviter de devoir taper au portefeuille de Mme. Michu-contribuable en cas de faillite et continuer à soigner Mme. Michu-patiente. Si l’on veut que ces profits soient rendus à la République, il suffit de renationaliser l’industrie pharmaceutique, une simple loi et quelques dizaines de milliards payés par Mme. Michu-contribuable y pourvoiront. Espérer que des entreprises cotées en bourse ne réalisent pas de profit est un vœu pieux, symptomatique du si cruel manque d’éducation économique qui caractérise les citoyens français.

Et pour ce qui concerne les études cliniques, Mme. Michu devra apprendre qu’elle vit dans une République dont les élus (par Mme. Michu-électrice) préfèrent financer des jeux olympiques que de la recherche médicale. Il serait certainement plus équitable que la puissance publique finance elle-même ces études cliniques et rien ne l’interdit sauf… le manque de sous. Pour redresser cette situation, il suffit de voter pour des candidats qui privilégieront l’allocation des ressources publiques à la santé plutôt qu’à des jeux de ballons ou autres futilités du même genre.

Encore des dépenses publiques inutiles et déplacées

La France s’enorgueilli d’avoir encore une fois remporté le concours des plus flagrantes dépenses inutiles dans la période de temps la plus courte. Après les jeux olympiques de Paris, dont personne ne voulait compte tenu de leur prix, voici la coupe du monde de rugby attribuée à la France pour une organisation prévue en 2023. Une nouvelle fois des dirigeants incompétents vont taper dans la caisse des contribuables pour financer des matchs de ballon où des brutes avinées se violentent sur un gazon devant un parterre de spectateurs transformés en canettes de bière ambulantes.

Comment se fait-il que notre nation civilisée ait ainsi perdu son minimum de bon sens au point d’affecter les sous de ses citoyens à des matchs de sport plutôt qu’à l’éducation de ses enfants ?

La publicité a envahi les ondes publiques

C’est désormais un fait acquis pour tout le monde, la publicité commerciale a envahi les ondes des radios et télévisions publiques. La redevance fiscale payée par les contribuables nationaux (c’est-à-dire moins de la moitié des foyers fiscaux) ne suffit pas à couvrir les dépenses de l’audiovisuel public, ou alors les responsables de cet audiovisuel n’ont pas réussi à ajuster leurs dépenses aux revenus de cette redevance.

Sous l’impulsion du président Sarkozy, son gouvernement avait à l’époque mis fin à la publicité sur la télévision publique à partir de 20h et l’étape suivant visait à l’interdire complètement. Elle ne fut jamais menée à terme, sans doute face à la réalité des chiffres qui sont têtus et à la croyance qui veut que les auditeurs/téléspectateurs ne soient pas disposés à payer en fonction de la qualité.

Alors l’envahissement de la réclame est maintenant presque complet, qu’elle soit qualifiée de commerciale ou d’institutionnelle la publicité utilise le même procédé qui consiste à se mettre au niveau du moins disant et à matraquer le plus intensément possible des messages abrutissants répétés jusqu’à la nausée par des voix généralement horripilantes débitant des stupidités. La méthode est maintenant rodée : abrutissez les masses avec des slogans idiots, à force de répétition ils rentreront dans les crânes, c’est inévitable. Mao a fait de même avec son petit livre rouge, l’économie libérale prend le contrôle des cerveaux en désactivant un grand nombre de neurones et en attisant le désir d’éphémère à force de slogans souvent mensongers, cela déclenche des réflexes compulsifs d’achats inutiles. Ainsi va le business !

Pour ceux qui ont encore un peu d’énergie et de volonté d’échapper à la propagande il reste quelques chaînes audiovisuelles élitistes : France Culture, Arte… qui elles font leur autopromotion mais de façon un peu moins stupide que les vendeurs d’aspirateurs. Combien de temps vont-elles résister ?

Le chanteur de variété et la banque voyou

Un chanteur de variété française (Enrico Macias) s’était vu proposer un produit spéculatif par une banque voyou islandaise basée au Luxembourg (Landsbanki) avant la crise financière dite des « subprimes » en 2008. La banque a fait faillite à l’occasion de cette crise. L’opération consistait à emprunter 35 millions d’euros (oui, il s’agit bien de trente-cinq millions d’euros) contre une hypothèque de biens immobiliers. Une partie de cette somme fut versée en liquide (oui, en liquide pour une dizaine de millions d’euros, en liquide !) et l’autre investie dans des actifs financiers liés à la banque voyou dont la valeur s’est bien entendu effondrée après la mise en liquidation de la banque. D’autres clients ont connu à peu près les mêmes déboires et tous ont voulu empêcher le liquidateur de la banque voyou de saisir leurs biens hypothéqués pour rembourser leurs dettes.

Ces clients déçus ont cherché à défendre l’idée qu’ils n’avaient pas à rembourser leurs emprunts du fait des agissements de cette banque. Le justice luxembourgeoise en a décidé autrement en estimant que les emprunteurs étaient des clients avisés qui devaient donc rembourser l’argent qu’ils ont reçu.

L’histoire ne dit pas à quoi M. Macias a consacré les 9 millions d’euros reçus en liquide mais même ceux-ci il essaya de pas les rembourser. Le financement du secteur financier est sans doute un mécanisme un peu complexe à comprendre pour un chanteur de variété mais il devrait savoir que ces 35 millions qu’il a encaissés sous différentes formes de la banque voyou ont été également empruntés par ledit voyou qui doit donc les rembourser à ses propres créanciers. C’est la mission du liquidateur de liquider les actifs de la banque pour rembourser les créanciers. Les hypothèques constituées par les emprunteurs font partie des actifs…

On ne peut que recommander à des citoyens français (et d’autres nationalité d’ailleurs) de se méfier lorsqu’une banque exotique leur propose des millions d’euros en liquide pour souscrire des placements financiers maisons. C’est ce que l’on appelle de la spéculation qui recouvre des transactions toujours risquées. C’est d’ailleurs l’un des principes clés du capitalisme : plus le rendement est élevé, plus le risque est important. Parfois ça marche, parfois pas…

Woerth tweete

Dans la journée du 25 juillet, Eric Woerth, député Les Républicains a adressé 6 tweets à ses fans dont celui-ci-dessous marquant ses doutes sur la baisse de l’aide au logement de 5 EUR/mois :

Il est croustillant de lire l’opposition conservatrice s’opposer à la baisse des prestations sociales quand on se souvient du programme présidentiel du candidat qu’elle a soutenu et dont Eric Woerth fut le penseur et rédacteur du volet économique.

Les dépenses publiques vont baisser

Quelques décisions budgétaires publiques rappellent aux français que « baisser les dépenses » signifient que… les dépenses publiques vont baisser. La réduction de 5 EUR par mois de l’aide au logement, la baisse d’ici la fin de l’année des dépenses de l’armée de 850 millions, la suppression de la « réserve parlementaire » qui octroie chaque année 130 000 EUR dont il gère la distribution…, toutes des baisses de dépenses pour le moment encore symboliques ont déclenché le même hourvari de protestations. Dès ces annonces rendues publiques, une armée de pleureuses nous ont expliqué sur tous les plateaux et médias pourquoi il était impossible de réduire ces dépenses et comment ces décisions auront des effets catastrophiques pour la République.

Comme toujours, les citoyens sont d’accord pour baisser les dépenses de l’Etat mais à condition que cela touche leurs voisins, pas eux-mêmes. La majorité des électeurs a voté pour des candidats aux élections présidentielles prônant une forte réduction de la dépense publique, y compris celui qui a été finalement élu. Cet engagement commence à être mis en œuvre par un gouvernement qui, a priori, prend le risque de l’impopularité. C’est normal et responsable, même si inhabituel. L’intérêt général de la nation veut que l’on privilégie le taux d’endettement de l’Etat plutôt que le niveau de popularité dans les sondages.

La dépense publique bénéficie au citoyen d’une façon ou d’une autre et avec plus ou moins d’efficacité. C’est le rôle de la redistribution de l’Etat. Baisser les dépenses aboutira forcément à une réduction des prestations dont bénéficient des citoyens ou des organisations. L’idée macro-économique sous-tendue derrière est qu’en sortant l’Etat de ces prestations et donc en réduisant les impôts nécessaires à leur financement on libérera l’initiative privée censée est plus efficace.

Ces mesurettes ne sont qu’un hors d’œuvre et il est souhaitable que la suite du programme soit appliquée, même s’il déclenche l’impopularité. Il nécessitera aussi beaucoup de pédagogie pour vaincre cette addiction française à la dépense publique et… à l’impôt qui sert à la financer.

Convictions et profits

Le syndicat patronal français MEDEF est en train de réaliser un pas de deux chorégraphique pour défendre les intérêts de ses membres. Il a combattu le dispositif fiscal CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mis en place par la précédente majorité et consistant via un crédit d’impôt à baisser la charge fiscale des entreprises en hausse constante depuis la fin du quinquennat Sarkozy. Il fut qualifié d’usine à gaz et de complication bureaucratique à la française lors de sa mise en place, les entreprises regrettant que la loi n’ait pas opté pour une baisse de charges sociales plus durable que le crédit d’impôt. Il est vrai qu’ils ont reconnu depuis que ce CICE si controversé avait quand même permis d’abaisser le coût du travail en France.

Le programme présidentiel du nouveau président de la République prévoit d’exaucer les souhaits patronaux et de transformer ce crédit d’impôt en baisse de charges sociales. Les patrons ont depuis sorti leurs calculettes et constaté que, horreur, la baisse de charges se traduira par une hausse des profits (c’est leur but) qui elle-même entraînera une hausse de l’impôt sur les sociétés (IS) à taux constant, bien qu’il soit aussi prévu la baisse du taux à moyen terme. Alors ni une ni deux, les voilà qui estiment inacceptable une hausse de leur IS. Il est certain qu’un crédit d’impôt vient diminuer l’impôt alors qu’une baisse charge vient augmenter le bénéfice taxable et donc… la base de calcul de l’impôt ! Il n’y avait pas besoin d’attendre Macron en 2017 pour découvrir cette évidence fiscale.

C’est une situation intéressante qui montre ce qui peut arriver lorsque l’on se défend avec des slogans éculés plutôt qu’avec de l’analyse réfléchie. D’une façon très pavlovienne les patrons avaient bien entendu contesté ce dispositif CICE comme un « monstre bureaucratique » de plus mis en place par une « gauche laxiste » qui « ne comprend pas l’entreprise », etc. etc. Les voici maintenant qui en appellent au maintien du dispositif honni, ironique clin d’œil à leur insuffisante capacité de réflexion. Gageons néanmoins qu’ils utiliseront la ficelle pour négocier une baisse de charges plus significatives de façon à absorber la hausse d’assiette fiscale qui en sera l’incontournable conséquence en attendant la suppression pure et simple de l’impôts sur les sociétés qui est un frein si scandaleux à leur esprit d’entreprise et leur capacité d’innover et de créer des emplois.

Jean-Louis Beffa, ex-pédégé du CAC 40, disait en 2013

Voulez-vous savoir où se déroulera la prochaine crise financière ? C’est là où Goldman Sachs gagne de l’argent aujourd’hui.

L’égo des journalistes

Un nouvel évènement agite le microcosme du petit monde journalistique : David Pujadas, 52 ans, présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne publique France 2 depuis 16 ans est prié de laisser sa place sans pour autant être licencié, il continuera à être rémunéré pour animer d’autres émissions. Depuis 16 ans il affiche sa trombine à l’écran tous les soirs, sauf les week-ends, pour lire un bulletin d’information et annoncer quelques reportages, parfois mener une interview. Comme à chaque fois qu’un journaliste connu est remplacé, a priori contre sa volonté, le petit monde de la presse s’émeut et crie à la censure.

Il y a quelques mois Jean-Pierre Elkabach, 78 ans, animateur de la tranche d’information du matin depuis des années s’était vu transférer sur le week-end. Il démissionnera considérant que cette nouvelle tranche horaire n’est pas à la hauteur de ses compétences. Et ne revenons pas sur les départs de Patrick Poivre dit d’Arvor et autres Claire Chazal. D’Arvor a présenté le journal de la première chaîne pendant 30 ans et il s’est plaint amèrement lorsqu’on lui a demandé de passer la main…

Aveuglés par leurs égos surdimensionnés les journalistes français s’imaginent immortels et surtout, pensent que leurs immenses compétences sont irremplaçables. Quelle prétention ! Pujadas sera vire oublié comme le furent Poivre et Chazal, mais surtout il sera remplacé par la génération suivante qui fera sûrement aussi bien. En tout cas il faut lui laisser sa chance et savoir décrocher, qualité ans doute aussi peu répandue dans le monde journalistique que dans celui de la politique.

Un hold-up d’Etat se prépare

Une délégation de l’organisation mafieuse du comité olympique international est en visite à Paris pour analyser si toutes les conditions nécessaires sont en place pour le hold-up de l’argent public des contribuables parisiens et nationaux qui se prépare pour financer des compétitions sportives. Cette délégation est reçue avec les flonflons de circonstance par la mairie de Paris et même le président de la République.

La société organisatrice doit bénéficier d’une exonération fiscale totale qui ne manquera pas d’être votée par un parlement qui a déjà largement exonéré des compétitions similaires dont le championnat d’Europe de fouteballe en 2016. Cela veut dire que non seulement les contribuables vont devoir payer pour les installations sportives et hôtelières à construire ou à rénover, mais qu’ils vont également devoir compenser le fait que le comité olympique ne paiera pas un centime d’impôt ou de taxe sur ses bénéfices et ses transactions.

L’argument habituel sur les bénéfices économiques collatéraux d’une telle organisation est balayé assez vite par l’analyse macro-économique qui montre assez facilement que si quelques bétonneurs et hôteliers vont bien sûr gagner de l’activité, la République elle va globalement dépenser plus de sous qu’elle n’en gagnera. D’autres villes qui étaient candidates (Hambourg, Boston) se sont désistées lorsqu’elles commencé à faire des comptes… Paris poursuit la route vers plus de dépenses et refuse d’organiser un référendum pour demander l’avis de ses citoyens-contribuables.

Evidement c’est très chic pour des dirigeants dépensiers de déclarer ouverts des jeux olympiques devant les caméras du monde entier dans un stade plein d’électeurs-consommateurs qui ont payé leur place une fortune en cash et en impôts. Alors qu’importe la rigueur !

Lire aussi : Boston gère l’argent de ses contribuables, De l’Europe aux JO

Démesure

Le portail internet Yahoo ! va être racheté par l’entreprise de télécommunication américaine Verizon Communications. Yahoo ! fut l’une des sociétés phares de l’économie internet dans les années 90 qui a connu depuis un déclin régulier. L’élément essentiel de sa valeur est aujourd’hui une participation dans la plate-forme chinoise Alibaba. Sa dernière pédégère, Marissa Meyer, n’a pas su freiner ce déclin et la marque Yahoo ! va disparaître dans l’ensemble Verizon.

La presse financière révèle que Marissa Meyer partirait avec une enveloppe financière de 190 millions de dollars. La démesure de cette somme et le fait qu’elle doit bénéficier à une pédégère qui a globalement échoué fait plus de mal à l’économie libérale que tous les discours de Jean-Luc Mélanchon et Bernie Sanders réunis.

Une coiffeuse heureuse

25 ans, elle coiffe le chroniqueur avec le sourire et lui explique que son CAP lui permet de trouver du boulot sans difficulté, en contrat à durée indéterminée. Elle a commencé dans des grandes chaînes de salons où le travail est morcelé et tourne un peu à l’abattage, pour poursuivre dans un petit salon artisanal de quartier. Toutes ses copines de promotion ont trouvé du travail aussi rapidement qu’elle. Le moment venu elle pourra même monter son propre salon de coiffure puisqu’elle est titulaire du brevet professionnel qui est nécessaire pour un tel projet.

Voilà au moins une bonne nouvelle : un secteur où la demande est forte où les jeunes y trouvent des emplois sans difficulté !

« Mutualiser la dette », la nouvelle illusion !

Benoît Hamon, comme d’autres candidats de gauche à l’élection présidentielle, veut faire battre le cœur de la France, mais veut aussi alléger ses engagements en prônant « la mutualisation de la dette en zone euro » ! En mots plus compréhensibles, cela revient à faire cautionner la dette publique française par les autres, a priori par ceux qui gèrent mieux leurs finances, ceux qui ont une situation financière plus florissante. Quand vous avez besoin d’une caution pour signer un bail d’habitation, vous la demandez plutôt à votre grand-mère assise sur ses Louis d’or plutôt qu’au cousin désargenté.

Cautionner, cela veut bien dire que, in fine, votre dette sera payée par la caution si vous n’êtes pas en mesure de le faire vous-même. Alors bien sûr, quand l’Allemagne qui est en excédent budgétaire (c’est-à-dire que l’Etat dépense moins d’argent qu’il n’en encaisse) voit arriver les français avec leur cohorte de mauvaise gestion, de dette très significative et de déficit budgétaire chronique depuis les années 70’ (c’est-à-dire que l’Etat dépense plus d’argent qu’il n’en encaisse et ce depuis 40 ans) quand un utopiste leur propose la « mutualisation de la dette », ils ne peuvent s’empêcher de penser que ces maudits français veulent faire payer leurs dettes par les rigoureux allemands… Il n’est pas sûr que la proposition rencontre un franc succès à Berlin.

Passer la patate chaude au voisin permettrait de continuer à dépenser comme si de rien n’était. C’est la nouvelle illusion.

En fait, la dette des pays de la zone euro est déjà informellement mutualisée mais sous réserve que les Etats membres respectent des critères minima de gestion d’un bon père de famille. Le cas de la Grèce a bien montré que sa dette était mutualisée puisque les autres membres de la zone ont évité que ce pays ne soit prononcé en défaut en refinançant ses dettes et, très probablement, en les remboursant à la place de la Grèce le moment venu. Mais il faudra bien un jour avouer aux citoyens français qu’ils vont payer à la place des grecs une partie de sa dette qu’ils ont cautionnée et ne pas être remboursés d’une partie des fonds que la France a prêtés en direct.

C’est ainsi, en matière de prêt/emprunt, il y a toujours quelqu’un qui dépense au début et qui paye à la fin, ou qui n’est pas remboursé, ce qui revient au même en terme de trésorerie. En principe c’est la personne qui dépense qui doit rembourser… Ce principe basique est bien compris par les allemands et Benoît Hamon, sauf qu’ils n’ont pas exactement la même idée sur celui qui doit payer in fine la dette française.

Le programme santé retiré de Fillon

Le Canard Enchaîné prend un malin plaisir à publier sur Internet le programme santé que candidat conservateur Fillon aux élections présidentielles a finalement retiré de son programme devant les réactions négatives. C’est une première reculade de son programme économique radical.

Lire aussi : Comptes et décomptes pour Fillon

Partant du principe que le système de santé français bientôt ne sera plus financé, il voulait en réformer l’organisation, justement pour en assurer la pérennité. Après quelques grands slogans généralistes avec lesquels personne ne peut être vraiment en désaccord…

Il faut au contraire restaurer la confiance entre les différents acteurs, qui sont tous attachés à la qualité et la pérennité de notre système de santé. Il faut préserver la liberté de choix des patients et la liberté d’exercice du personnel médical et non s’engager dans une étatisation rampante de la médecine qui ne répond ni aux souhaits des Français ni à ceux des professionnels de santé. Il faut responsabiliser l’ensemble des parties prenantes, patients comme professionnels de santé… Il faut recréer de la confiance entre tous les professionnels de santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Etc, etc.

Suivent ensuite quelques propositions relativement classiques et de bons sens, puis, l’option qui fâche sur la réforme du système de financement :

Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue.

Créer une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée. L’assurance privée est une délégation de service public qui doit être contrôlée. Ainsi, le PLFSS définira le contrat standard d’assurance santé universelle de base obligatoire pour tous. L’agence de contrôle et de régulation définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix.

Ce n’est pas révolutionnaire si c’est appliqué avec intelligence, ce n’est pas indécent puisqu’assorti de mesures de sauvegarde pour les moins favorisés, c’est déjà ce qui se pratique de façon plus ou moins opaque avec les déremboursements de nombre de médicaments par la sécurité sociale, mais c’est un changement suffisamment important pour effrayer les réformistes de salon de la droite qui, du coup, poussent leur candidat « radical » à retirer ce point de leur programme.

Le document a été effacé du site web du candidat mais heureusement la mémoire électronique infaillible en a conservé un exemplaire remis à disposition des électeurs par le Canard Enchaîné. Il se termine par cette phrase prémonitoire :

Nous formulons ces propositions afin de lancer le débat et de faire mûrir les points de vue. La qualité et la pérennité de notre système de santé ainsi que sa solidarité en dépendent.

Le débat est clos, pour le moment !

Le programme original : VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ FONDÉ SUR LA LIBERTÉ ET LA RESPONSABILITÉ

Négligence, petites affaires et gros sous


Christine Lagarde, chef du Fonds monétaire international et ancienne ministre des finances française vient d’être condamnée par la Cour de justice de la République pour « négligence » et dispensée de peine. C’est sous son règne qu’avait été conclu le fameux arbitrage privé ayant octroyé en 2007 400 millions d’euros à l’affairiste Bernard Tapie en dédommagement d’un litige avec le Crédit Lyonnais, dont 45 pour « préjudice moral ». Précisons que ces 400 millions ont été tirés de la poche du contribuable car la banque avait fait faillite depuis et que la somme a été payée à son heureux bénéficiaire.

Cet arbitrage a ensuite été annulé par la justice mais de multiples procédures restent en cours rendant le remboursement de la somme aux contribuables très improbable, hélas. La justice a déclaré l’ex-ministre « négligente ». C’aurait pu être plus sévère vu l’affaire dont on parle. La seule question qui compte désormais : va-t-on faire revenir les sous dans les caisses de l’Etat dont ils n’auraient jamais dû sortir ?

L’actualité des banques


Après avoir été condamné au Royaume-Uni pour avoir manipulé le Libor (taux d’intérêt de référence entre les banques coté à Londres) le secteur bancaire est maintenant condamné par l’Union européenne pour avoir fait de même avec l’Euribor. JP Morgan, Crédit Agricole et HSBC devront payer 500 millions d’euros de pénalités.

Comme toujours dans notre monde libéral prônant la concurrence et le marché comme arbitres suprêmes, dès que vous laissez deux entreprises la bride au cou, la première chose qu’elles cherchent à faire est de s’entendre pour contrer les forces de Monsieur le Marché. La manipulation des taux d’intérêts en est une nouvelle confirmation.

Comptes et décomptes pour Fillon


Le candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017 retire l’un des points de son programme qui consistait à sortir du champ de la sécurité sociale les « petits bobos » pour dédier celle-ci aux pathologies graves, les mutuelles privées pouvant se charger des moins graves. Il s’agissait donc de baisser les prestations versées par la sécurité sociale sans bien entendu réduire les cotisations encaissées, libre aux mutuelles privées d’augmenter leurs prix pour couvrir ces nouveaux risques qui devaient leur être transférés.

Cette privatisation des petits risques a été contestée même dans les rangs de la droite car contrevenant au principe fondateur de la sécurité sociale : on cotise sur ce que l’on gagne et on perçoit fonction de ses maladies. L’équation historique de la Sécu est d’arriver à équilibrer les prestations versées avec les cotisations encaissées, ce qu’elle ne réussit jamais à faire de façon durable. Le programme économique de la droite visait à réduire les dépenses de santé publique en privatisant une partie de celles-ci. Evidemment ce n’est jamais très populaire avant une élection présidentielle. Ce point est retiré du programme du candidat désigné.

Dans un passage à la télévision un peu piteux, le candidat explique même que les gens modestes seront mieux remboursés demain qu’aujourd’hui. Faut-il en déduire que les dépenses de santé publique vont augmenter ? Comme il a annoncé 100 à 150 milliards de baisse de dépenses publiques sur la durée du quinquennat, il va falloir qu’il fasse preuve d’un peu plus de conviction à l’avenir pour atteindre cet objectif si jamais il était élu en mai 2017.

Les affres du libéralisme et les élections démocratiques

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Un nouveau président américain, Donald Trump, remplacera en janvier Barak Obama pour un mandat de quatre ans, voire un second s’il était réélu. Trump s’est rendu célèbre durant la campagne électorale plus pour ses vulgarités sexistes et ses slogans racistes que pour avoir développé un programme de gouvernement cohérent. Evidemment, après la hauteur de vue d’Obama, on peut sans doute prévoir que le garçon ne va pas élever l’esprit et l’intelligence, mais il n’a pas été élu pour ça.

A priori il a rassemblé les votes de l’Amérique moyenne découragée d’être l’oubliée de l’économie libérale. Le plein emploi affiché aux Etats-Unis est en fait une précarisation des emplois, sauf ceux de quelques secteurs numérisés ou financiers. La mondialisation a laminé une bonne partie de l’industrie traditionnelle du pays. La croissance économique cache à peine un fantastique accroissement des inégalités. Ce sont là les dommages collatéraux du capitalisme libéral dont l’Amérique est l’initiatrice et le premier bon élève. Les citoyens américains à une nette majorité ont marqué mardi dernier leur opposition à ce système créateur de richesses et d’inégalités.

C’est là l’ironie de la situation : un élu républicain veut se mettre en marche pour casser le libéralisme. Il va lui falloir être persuasif face à la puissance de ceux qui sont les gagnants de ce système pour le changer ! Accessoirement les sujets de société devraient également être réformés : le vice-président affiche ses idées créationnistes, croyant que l’homme a été créé par Dieu et non le fruit de l’évolution chère à Darwin, ce qui promet une durée de vie assez limitée aux lois régissant l’avortement ou l’abolition de la peine de mort.

La connerie se vend bien

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M. Bolloré, cador du CAC40, qu’on appelait autrefois le Mozart du Cash flow, s’est mis en tête comme tout patron qui se respecte d’investir dans les médias, pour exister dans les dîners en ville, voire dans les cénacles politiques. Ces investissements sont généralement financièrement déficitaires mais peut-être profitables en termes d’égo. Tous les grand pédégés ont mis la main à la poche à un moment donné pour se payer un journal, une radio ou une télévision.

L’actualité du jour porte sur les démêlés de M. Bolloré avec les chaînes de télévision et les journaux dont il est actionnaire directement ou indirectement. On avait déjà parlé il y a quelques mois des ponts d’or versés à Cyril Hanouna pour continuer à abrutir la population des téléspectateurs de D8 avec une émission dont l’imbécilité atteint des sommets rarement égalés. On a aujourd’hui l’affaire Morandini, un animateur mis en examen pour « corruption de mineur aggravée ». Le garçon produit des websérie érotique et aurait utilisé cette position pour tenter de séduire des garçons. Contre toute attente, il dispose aussi d’une carte de journaliste et intervient désormais sur iTélé pour une émission journalière d’une heure. Evidemment la rédaction de la chaîne s’émeut du pédigrée de ce nouveau-venu et s’est mise en grève depuis plusieurs jours.

Au-delà des cas personnels Hanouna ou Morandini, on voit ce que donne la privatisation intégrale des médias qui sont généralement immédiatement envahis par la publicité et la connerie. Allez-voir quelques minutes de l’émission d’Hanouna sur D8 (qui s’appelle désormais C8) pour vous rendre réellement compte de l’Himalaya d’abrutissement diffusé à une heure de grande écoute. Les médias publics consommant l’argent des contribuables sont quand même restés à l‘écart de ces dérives, en tout cas des plus édifiantes. En termes macro-économiques le maintien d’un minimum de raison et d’intelligence sur les médias est sans doute rentable pour une nation et la dépense publique en faveur de médias publics n’est pas engagée pour rien. Hanouna, Morandini et quelques autres le confirment par l’absurde tous les jours.

Lire aussi : Cyril Hanouna : le fond du fond

L’actualité des banques

Goldman-Sachs_Sucks

Jérôme Kerviel, le tradeur-fraudeur de la Société Générale condamné à une peine de prison pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique (jugement confirmé par la cour de cassation), voit son amende 5 milliards d’euros ramenée à 1 million par la cour d’appel. Le plus risible dans cette affaire est que l’amende de 5 milliards n’avait aucune chance d’être jamais payée, et d’ailleurs la Société Générale avait annoncé n’avoir pas l’intention de la recouvrer, alors qu’une somme de 1 million d’euros devient par contre décemment exigible.

Le trader-fraudeur s’est lancé dans un nouveau combat pour faire annuler le procès où il fut condamné pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique toujours avec la même tactique : se faire passer pour un agneau tout blanc face au loup Société Générale aux babines baveuses.