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Propagande boursière et réclame gnangnan

Dans une interview publiée sur le journal de l’actionnaire d’Orange, le chef d’Orange Bank, nouvellement créée pour diversifier l’activité de l’opérateur de télécommunications, déclare :

Et parce que les clients d’Orange Bank sont les mieux placés pour mesurer ce qu’il leur est nécessaire et imaginer ce qu’ils aimeraient découvrir, leurs retours sont pris en compte pour faire évoluer et perfectionner notre service. C’est ça la culture de l’innovation ouverte !

« La culture de l’innovation ouverte ! » : on peut difficilement faire bla-bla plus clinquant et vide de sens. C’est la propagande boursière qui se poursuit d’ailleurs sur le site de la banque (www.orangebank.fr) où des photos de nunuches pleines de dents blanches se mélangent avec une population de jeunes souriants et heureux, illustrant la diversité et l’autosatisfaction, vantent les mérites de « la banque mobile » en alliant tous les poncifs possible en matière de publicité gnangnan et peu imaginative.

Orange Bank offre sans doute des innovations technologiques et commerciales à ses clients ; il est peu probable que son chef gagne un jour le prix Nobel de l’innovation de la réclame. Souhaitons quand même un avenir heureux à cette nouvelle banque en espérant qu’elle vienne un peu secouer le cocotier du secteur financier dont tomberont sans doute quelques branches mortes !

Quelques rappels du droit de propriété


Une petite troupe de syndicalistes grévistes de la SNCF tente de pénétrer de force dans la gare Montparnasse pour communiquer avec les clients. Les forces de police l’en empêche et il y a un peu d’animation, fumigènes et coup de pieds dans quelques derrières grévistes. Le soir, sur les plateaux télévisés, l’un des syndicalistes, couvert de tatouages et vêtu d’un T-Shirt « AC/DC », se scandalise de cette offense en clamant : « la gare Montparnasse c’est chez nous » !

Il n’y eut personne pour rappeler à ce représentant que les propriétaires de la SNCF sont les contribuables qui détiennent la société, représentés par l’Etat, et ce d’autant plus qu’ils s’apprêtent à payer environ 50 milliards d’euros que la compagnie, insolvable, ne peut pas rembourser. Les contribuables sont donc chez eux dans la gare Montparnasse et les salariés de la compagnie sont leurs employés. Il serait bon de rappeler ces quelques principes de comptabilité publique à qui de droit.

Décadence à Air France

A l’issue d’un énième mouvement social chez Air France et de x jours de grève, le pédégé de la compagnie aérienne Air France-KLM (détenue à hauteur de 14,30% par les contribuables français) a organisé un référendum interne, la dernière mode en matière de gestion participative, sur la politique salariale proposée pour cette entreprise versus celle exigée par les syndicats. Le garçon a mis sa démission en balance, tel MonGénéral en 1969 lors du référendum sur la régionalisation.

Les résultats sont tombés, et le personnel a dit non à son pédégé qui, du coup, démissionne. Le personnel continue ses grèves, la compagnie aggrave ses pertes, les passagers réservent sur d’autres compagnies, et la lassitude gagne tous les acteurs de cette tragi-comédie qui dure depuis des décennies, le plus souvent au frais des contribuables français qui ont dû sauver cette société de la faillite à plusieurs reprises, sans qu’on leur demande leur avis bien entendu. La compagnie aérienne a été en partie privatisée il y a quelques années, mais pas complètement ce qui rassure sans doute son personnel comme ses dirigeants qui se disent : « de toutes façons, les contribuables paieront toujours le prix de nos bêtises ». Et comme une bande d’enfants gâtés ils continuent consciencieusement à tondre le mouton qui leur sert d’employeur. Mais la laine se fait rare sur le dos de la bête de plus en plus maigrichonne et pelée.

Le ministre français des finances a déclaré :

« On se trompe si on pense que l’Etat [c’est-à-dire les contribuables NDLT] épongera les pertes d’un groupe qui ne réalise pas les efforts pour se mettre au niveau de compétitivité des compagnies aériennes concurrentes en Europe et dans le monde. »

Espérons qu’il tienne ses promesses ! Cette espèce de gestion triparties syndicats/ direction/ Etat a montré ses limites pour cette compagnie aérienne à la traîne des autres. Il ne faut pas s’interdire d’envisager sa privatisation complète même si cela doit entraîner sa disparition en tant qu’Air France-KLM. L’essentiel est que les résidents français puissent continuer à bénéficier de services de transport aérien pour se déplacer à travers la planète. Si Air France-KLM était rachetée par une autre compagnie, il est plus que probable que l’acquéreur continuerait à servir le marché français de 65 millions de citoyens, simplement il le ferait avec des méthodes de gestion purement privée, meilleur gage d’efficacité en la matière.

Les malheureux néerlandais de KLM doivent se mordre les doigts tous les matins de s’être alliés capitalistiquement en 2004 avec ce mouton-noir du transport aérien européen.

Nombre de compagnies aériennes plus ou moins nationales ont été absorbées ou liquidées aux Etats-Unis, en Suisse, en Allemagne, et que l’on sache les citoyens de ces pays continuent à prendre l’avion. Il faut en finir avec le feuilleton Air France à la tête de laquelle se succèdent énarques et grand commis d’Etat sans arriver à la faire tourner de façon harmonieuse et profitable.

Gibson en faillite


Le fabricant de guitares Gibson a déposé son bilan, mais avec un plan de continuation d’activité. Gageons que les créanciers de cette société consentiront à quelques sacrifices pour sauver cette marque mythique, utilisée par les plus grands !

Une dette irréelle

A l’occasion d’un conflit entre la société ferroviaire publique SNCF et ses propriétaires, la communauté des citoyens contribuables représentée par l’Etat, on assiste à des débats étonnants sur le sort à réserver à la dette de 50 milliards accumulée depuis des décennies par cette entreprise publique, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Ces sommes faramineuses sont dues au fait que les recettes de la SNCF ont été insuffisantes la rembourser. Comme on sait qu’il est a priori impossible de facturer les vrais coûts ferroviaires aux utilisateurs ce qui reviendrait à doubler les tarifs, voire plus, il faut bien combler les trous. Pour le moment ce comblement est réalisé en endettant l’entreprise. C’est à peu de chose près ce que fait la République puisqu’elle dépense plus qu’elle n’encaisse.

La dette de la SNCF est garantie par les contribuables si bien que la société ferroviaire trouve encore des prêteurs malgré son insolvabilité patente. La question est de « transférer » cette dette des comptes de la SNCF à ceux de la République, en d’autres termes de ceux des clients du train à ceux des contribuables de la nation.

Les parties au conflit actuel et les commentateurs mondains traitent de ce sujet (il s’agit de 50 milliards tout de même, excusez du peu) avec une légèreté confondante. Ils parlent de « reprise », de « transfert » et autres termes abscons comme si cette dette allait disparaître d’un coup de baguette magique. En fait l’idée est de la faire rembourser par les contribuables plutôt que par les clients-usagers de la SNCF. Ce n’est pas complètement incohérent si l’on considère que le pays a intérêt à subventionner son système de transport ferroviaire pour des raisons écologiques et de développement local notamment. Mais cela mériterait d’être intelligemment expliqué aux citoyens.

En théorie si nous étions un pays bien géré ce subventionnement aurait dû être régulier et des transferts de l’Etat vers la SNCF, c’est-à-dire du contribuable vers l’usager, auraient dû être effectués pour cofinancer les missions de service public de cette activité. Cela n’a pas été fait et l’endettement a donc remplacé les subventions non versées. Le paiement de cette dette par les contribuables va globalement aboutir au même résultat.

Il reste maintenant à voir comment une future SNCF libérée de ses 50 milliards de dette va se mettre à ré-accumuler une nouvelle dette, ou pas. C’est tout l’objet des négociations en cours sur des réformes structurelles de cette société avec des syndicats qui ne semblent pas très ouverts à l’idée de tout changement.

Bataille de forbans dans les communications

TF1, chaîne de télévision privée criarde envahie par la publicité et la beaufitude, s’est fait couper sa diffusion par un « opérateur », en l’occurrence le groupe Canal+. Les forbans qui dirigent ces deux entités se sont battus à coup de communiqués de presse au sujet que la rémunération que l’un veut exiger de l’autre qui ne veut pas lui payer. Bref, un conflit commercial classique entre un client et un fournisseur dont on ne sait pas bien qui est le client de qui d’ailleurs.

TF1 a eu l’audace de faire état de téléspectateurs « désespérés » qui ne pouvaient plus regarder cette chaîne via leur abonnement payant à Canal+. Il leur restait plusieurs centaines d’autres chaînes disponibles, ou tout simplement la possibilité de se rebrancher sur la télévision numérique gratuite, mais ils frisaient le suicide. Devant la « gravité » de ce désespoir les pouvoirs publics sont intervenus (via le Conseil supérieur de l’audiovisuel – CSA) pour convaincre les forbans de trouver un accord. Ils l’ont trouvé bien entendu et l’on peut gager qu’une semaine de TF1 en moins aura eu un effet revitalisant sur les neurones des téléspectateurs.

Le salon des lobbys

Comme chaque année le salon de l’agriculture à Paris qui s’est clos ce 6 mars fut l’occasion pour le monde rural de faire valoir ses problèmes et pour le microcosme politico-médiatique de se montrer sur les écrans en dégustant des verres de blanc en caressant de petits agneaux tous mignons et tous tendres quelques jours avant qu’ils ne terminent dans nos assiettes.

Comme chaque année ce salon fut un long moment de pleurs et de lamentations pour un secteur qui se qualifie globalement en crise depuis des décennies et qui utilise au mieux sa forte capacité de lobbying pour faire admettre par la pensée commune que la « crise » agricole est plus profonde que partout ailleurs. La réalité est sans doute plus nuancée car si nombre de petits paysans sont laminés par la concurrence dans notre monde libéral et le font savoir, d’autres secteurs de l’agriculture restent beaucoup plus discrets car ils ont développé des business rentables.

La France est le premier producteur agricole européen et tient aussi la première place dans les productions végétale et animale. Le secteur génère des exportations significatives et des flux de subventions également importants, c’est-à-dire qu’il y a un transfert de richesse des contribuables vers les producteurs agricoles, ceci pour de bonnes raisons de développement économique, social et environnemental. Cela n’a pas empêché une partie de ce secteur de se restructurer et de se moderniser au point de rester compétitif sur les marchés internationaux. Evidemment il reste les petits producteurs qui se heurtent douloureusement aux forces du marché, au secteur de la distribution et qui n’arrivent pas à survivre. Ceux-là vont disparaître du moins tant que les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher leur production par rapport à celle de l’agriculture industrielle vendue dans les supermarchés, ou aux contribuables à financer à des niveaux de subventions supérieurs à ceux actuellement constatés.

C’est le b-a-ba de l’économie libérale : les plus efficaces mangent les moins efficients et globalement l’économie est censée être gagnante ; la destruction créatrice est à l’œuvre modulo les transferts financiers des contribuables vers les agriculteurs compte tenu de l’importance sociale du secteur.

Il faudrait idéalement mettre un terme à ce rapport émotif que l’on porte sur le secteur économique de l’agriculture où tout est toujours plus grave qu’ailleurs : les déficits, la dette, la difficulté du marché libéral, etc. C’est aussi le symptôme d’un lobby fort et puissant qui malgré son peu d’impact électoral (le nombre d’agriculteurs-électeurs est maintenant extrêmement faible) continue à agir avec force et influence sur les leviers politiques multi-partisans. Il faut continuer à restructurer l’agriculture, comme le fait l’économie privée et publique depuis des décennies pour s’adapter à l’évolution des marchés et des pratiques ; là où il y a surproduction il faudra bien réduire celle-ci à moins de revenir à l’économie de kolkhoze, là où il faut augmenter la taille des exploitations il faudra favoriser les rapprochements, là où il y a besoin d’aides du contribuable il faudra le cas échéant réorienter les flux de subventions vers les activités pouvant les utiliser avec le plus d’efficacité, etc.

Bref, il faut faire de la politique entre gens intelligents et si possible de bonne compagnie.

L’Asie nourrit les siens

Paris-Chinatown, dans l’entresol des tours Olympiades rue de Tolbiac, le parking Avis est logé au bout de cet immense espace dédié au commerce asiatique. Le locataire d’une minuscule Clio se faufile au milieu des semi-remorques qui défilent pour livrer leurs marchandises devant une succession d’entrepôts où s’entassent du crabe de Thaïlande, de la crevette de la mer de Chine, du Nuoc-mâm du Vietnam, de la nouille chinoise et sans doute d’autres marchandises plus ou moins avouables. C’est une véritable ruche en plein Paris, une sorte d’impressionnant Rungis chinois…

L’Asie nourrit les siens !

Des économies faciles à réaliser

Le gouvernement français a annoncé renoncer à sa candidature d’accueillir l’exposition universelle de 2025. Le premier ministre s’est fendu d’une missive adressée à l’organisation en charge de cet évènement pour l’informer, en gros, que la République ne garantirait pas financièrement cette exposition en France ce qui marque un coup d’arrêt à celle-ci. Dieu merci il reste trois pays candidats que sont le Japon (Osaka), la Russie (Ekaterinburg) et l’Azerbaïdjan (Bakou).

Les promoteurs français de cet évènement se plaignent bien entendu de ce revirement de l’Etat, tout en expliquant qu’aucun argent public n’aurait été engagé. Certes, mais ils avaient néanmoins besoin de la garantie du contribuable pour mener à bien leur organisation « privée ». La ville de Boston a renoncé à l’organisation des jeux olympiques de 2024 (que Paris finalement organisera) lorsque le comité olympique lui demanda sa garantie financière. Comme Boston l’an passé, le gouvernement français a estimé qu’il n’était pas opportun de faire peser sur les contribuables nationaux le risque financier d’organisations d’expositions un peu démodées.

L’essentiel de cet évènement devait se dérouler en banlieue parisienne sur le campus dit de Paris-Saclay où résident nombre de centres de recherche, d’universités et de grandes écoles, du secteur privé comme public. Le comité d’organisation composé d’élus et de diverses entreprises privées est mécontent et le fait savoir par la voix de son président Jean-Christophe Fromantin (élu des Hauts de Seine) :

« …les arguments invoqués par Matignon sont faux. C’est justement parce que nous étions soucieux de la dépense publique que nous avons, depuis le début, construit ce modèle privé qui a séduit de nombreux partenaires économiques. Une telle probité devrait être exigée à tous les grands événements internationaux que la France organise ».

La faille dans le raisonnement est que le projet est certes « construit sur un modèle privé » mais a tout de même besoin de la garantie de l’Etat, donc des contribuables et l’on peut prévoir sans beaucoup de risques de se tromper que cette garantie aurait été mise en jeu.

L’écueil dans cet évènement est qu’il vient après les ponctions déjà engagées sur les contribuables pour les organisations de jeux olympiques à Paris en 2024 et de la coupe du monde rugby l’année suivante. Trop c’est trop et il faut bien arrêter à un moment ou à un autre la machine à dépenser l’argent des contribuables. Il aurait été préférable de la stopper avant d’accepter les jeux olympiques de 2024 mais la malchance pour l’exposition universelle est que le couperet tombe sur elle.

Ainsi le campus de Paris-Saclay pourra se consacrer à ses travaux de recherches sans être perturbé par les flonflons d’une exposition consommatrice de temps et d’argent. Ces dépenses somptuaires ne sont pas prioritaires pour un pays surendetté, il est sain qu’elles soient contrôlées. La France ira installer son pavillon à l’exposition à Bakou et en survivra. Mettre fin au financement de ce type d’évènements et ainsi réduire la dépense publique est facile à faire : il suffit de le décider !

Ces pédégés qui se croient irremplaçables

Le pédégé de l’entreprise publique Radio France vient d’être condamné à un an de prison avec sursis plus 20 000 EUR d’amende pour avoir favorisé des fournisseurs dans son précédent emploi. Il a fait appel de cette condamnation comme l’y autorise la loi de notre belle démocratie. L’un des fournisseurs est un prestataire de services au profil plutôt flou défini ainsi sur son compte Tweeter : « Cofondateur de 2017, cabinet conseil en stratégie et communication. Président de Balises. Enseignant à Sciences-Po Paris en communication politique ». Bref, un « communicant » comme on nomme aujourd’hui ce genre de personnages qui envahissent les plateaux télévisés, les cabinets ministériels et les bureaux des pédégés du CAC40.

On voit sur ledit compte la photo récente de cette fine équipe de mousquetaires du bla-bla :

Jeunes (sauf le patron), détendus (pas de cravate), habillés sobre et noir (tendance), du personnel féminin mis sur le devant (qui n’a sans doute pas été recruté que sur la rapidité de ses neurones), négligemment installés sur la table blanche (souplesse des membres), bref, ça exsude la « coolitude »… et la soupe insipide à vendre.

Si le pédégé de Radio France avait passé un peu moins de temps avec ces gogos et un peu plus à travailler sur ses dossiers dans son bureau il aurait moins d’ennuis aujourd’hui. On ne sait pas si la procédure d’appel l’innocentera ou au contraire aggravera sa condamnation, qu’importe, ses patrons ont décidé qu’il n’était plus en mesure d’assumer sereinement ses fonctions. C’est ainsi. Il ne voulait pas démissionner alors il a été viré. Comme toujours, on trouve une cohorte de ses défenseurs qui nous expliquent que ce pédégé est irremplaçable car il a bien géré, enregistré de bons résultats et doit poursuivre les réformes qu’il a engagées et que seul lui pourrait finaliser.

Une nouvelle fois il faut s’en persuader, ces pédégés sont interchangeables et les décideurs de Radio France n’auront qu’à shooter sur les platanes de l’avenue Marceau pour qu’il tombe une dizaine de bons candidat de chaque arbre. Que cette bonne maison de Radio France ne s’inquiète pas et continue à nous concocter ses programmes de qualité, elle accueillera sous peu un nouveau patron qui fera aussi bien que le banni.

Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

L’hystérie qui s’est emparé du débat public depuis l’annonce du choix de l’Etat d’agrandir l’aéroport actuel de Nantes plutôt que d’en construire un nouveau illustre jusqu’à la nausée la vacuité et l’inanité de ce petit microcosme politico-médiatique qui croit représenter le peuple français. Cette décision d’investissement public est une parmi bien d’autres qui génère des couts et, sans doute, des avantages ; du genre de celles que doivent prendre tous dirigeants responsables en arrivant le matin au bureau. Evidement pour les individus qui consacrent leurs journées à pondre des tweets ballots plutôt que d’agir, la prise de décision fait partie d’un monde surnaturel et hors de portée. Parmi bien d’autres on relève le tweet de l’inénarrable Eric Woerth :

Ou de Jean-Marc Ayrault :

L’un, de droite, comme l’autre, de gauche, voulaient construire ce nouvel aéroport à Nantes ; mais que ne l’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux commandes ? Leurs successeurs en ont décidé autrement pour le moment. Si Woerth, Ayrault ou consorts sont un jour réélus et que la situation économique régionale l’exige, et bien il sera toujours temps de le construire cet aéroport, ce qui doit bien pouvoir être fait en deux ou trois ans de travaux. C’est ce qui s’appelle décider et agir, et non pas procrastiner comme ils l’ont fait durant des décennies sur ce projet.

Sur les coûts, on aimerait qu’ils fassent preuve de la même exigence pour les dépenses engagée par la République pour financer des jeux olympiques de sports à Paris que sur les coûts du choix d’investissement public qui a été fait à Nantes !

Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport

Dépression au-dessus d’un aéroport

La décision d’agrandissement de l’aéroport de Nantes a été prise par l’Etat au détriment de la construction d’un nouvel aéroport sis sur la commune de Notre Dame des Landes. Ce sujet ne serait pas d’une importance notable s’il n’avait été consciencieusement monté en épingle depuis 50 ans par une classe politique et médiatique très éloignée de ce que les citoyens contribuables en attendent.

Annoncé aujourd’hui, ce choix d’investissement déclenche depuis un déferlement de platitudes et de bagarres médiatiques dont le niveau relève d’une beuverie de fin de mariage de province. Les arguments volent en escadrilles et les mêmes sont utilisés et retournés par les partisans de la décision comme par leurs adversaires et vice-versa. Les avions vont s’écraser sur la ville de Nantes, le lac de Triffouillis-les-trompettes va être pollué, l’aéroport va saturer, le développement économique de tout le Grand Ouest va péricliter, c’est un déni de démocratie, une trahison du Grand Ouest, et patati, et patata…

En face les partisans de cette décision pavanent : grande victoire pour les opposants, pour l’environnement et pour l’intérêt général, la raison a prévalu, décision responsable qui récompense des années de résistance locale, d’expertise citoyenne et de mobilisation nationale, le bon sens l’a emporté et l’intérêt général a fini par prévaloir, etc. etc.

A la vérité personne ne peut vraiment savoir à ce stade si le choix fait est le bon ou pas et seul l’avenir le dira. Prévoir ce que serait le trafic aérien d’un aéroport de province dans les vingt ans à venir est juste impossible ! Alors félicitons-nous, une décision a été prise, respectons là et passons à autre chose. Que la politicaille délaisse ses tweets sur le sujet et se mette au boulot sur nombre des autres pour lesquelles elle est attendue, et rémunérée.

Il y a une quinzaine d’années, le projet similaire du transfert de l’aéroport de Toulouse avait été stoppé. Les mêmes cassandres prévoyaient la saturation du site actuel qui finalement n’a pas encore eu lieu. Et puis s’il faut ressortir le dossier d’un transfert de l’aéroport de Nantes dans 15 ou 20 ans, et bien on le fera et on agira en fonction du bien public et non au gré des égos de petits marquis locaux.

Nabilla et le bitcoin


Nabilla, starlette de la télévision, poitrine démesurée et neurones raréfiés, fait la promotion d’une plate-forme de commercialisation de « bitcoin », nouvel furie spéculative qui occupe les traders-fraudeurs à la recherche d’émotions financières et de gogos à gruger.

… Je connais l’une des filles qui travaille (SIC) avec un trader qui sont à fond dans le bitcoin, c’est un peu la nouvelle monnaie genre la monnaie du futur et donc en fait j’trouve que c’est assez bien, et comme en ce moment c’est grave en train de se développer ils ont créé un site… Même si vous z’y connaissez rien ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup… etc. etc.

Tout un symbole de notre époque : gros seins et argent clinquant, quelle tristesse ! Plus pernicieux en utilisant les services publicitaires de ce personnage, les spéculateurs cherchent à ferrer des jobards à escroquer et il n’y a pas de doute que la clientèle de Nabilla va se faire dévaliser par les trader-fraudeurs, experts en la matière.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a estimé qu’il y avait danger et a publié un avertissement sur Twitter. Pas sûr que les followers de l’AMF soient les mêmes que ceux de Nabilla.

Ryan Air et Monsieur le Marché

Ryan Air, compagnie aérienne irlandaise a bâti son succès commercial et financier sur le low-cost. Tous les coûts sont réduits au minimum : personnel significativement moins payé que dans les compagnies classiques, pilotes avec statut d’autoentrepreneur qui payent leurs uniformes, avions mieux exploités (moins de temps d’immobilisation, les pilotes font eux-mêmes le plein de carburant, etc.), réduction des services gratuits aux passagers au strict minimum, tout supplément au simple voyage d’un point à un autre est facturé : bagages en soute, repas, boissons, etc. Ceci associé à une gestion apparemment saine a porté ses fruits : explosion des ventes de billets à petits prix et grosse réussite financière. Le partage de la valeur créée par cette activité s’est fait entre les passagers-consommateurs et les actionnaires-propriétaires pour la plus grande joie de chacun de ces acteurs semble-t-il. Il ne restait plus grand-chose pour les employés-salariés.

Cela a fonctionné tant que le marché des personnels navigants était déprimé et que les salaires de ceux-ci pouvaient être tirés vers le bas. Les choses sont en train de changer et les compagnies aériennes classiques offrent de meilleures conditions. Les personnels de Ryan Air s’en vont planter leurs choux ailleurs et la compagnie low cost est obligée d’annuler des vols qu’elle n’a plus assez de pilotes pour assurer ; pire, devant des préavis de grève, une première, elle vient d’accepter le principe de syndicats dans l’entreprise. Monsieur le Marché a parlé et progressivement va amener une nouvelle répartition de la valeur ajoutée de cette entreprise entre salaires, prix et profits. Les conditions de travail vont probablement s’améliorer un peu, les prix des billets devraient augmenter, voir les profits baisser, il y aura un nouveau mix de ces trois variable, et si tout se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie le business model s’adaptera à ce changement de paradigme. Ainsi va la vie en économie libérale !

Les vaccins au Café du commerce

Entendu dans un dîner en ville :

Le passage à 11 vaccins obligatoires va permettre aux laboratoires pharmaceutiques de s’en mettre plein les poches, et en plus ce sont eux qui financent les études cliniques qui servent leurs intérêts.

C’est une illustration supplémentaire du complotisme décébrant qui tient lieu de débat dans l’hexagone où la polémique est préférée à la raison. Sur la question des vaccins, la simple analyse statistique du risque de la maladie versus le risque de l’administration du vaccin devrait logiquement suffire à clore la question, à une époque où il y a encore des citoyens qui meurent de la rougeole dans notre pays.

A défaut de pouvoir montrer scientifiquement la nocivité du vaccin Mme. Michu s’en prend à ses fabricants qui « se remplissent les poches sur le dos des patients » et c’est là deux siècles d’influence marxiste plus ou moins diffuse dans l’imaginaire national qui viennent aveugler le Café du Commerce. Après avoir été nationalisée à divers titres, tranches et périodes par la République, cette industrie a été rendue quasi intégralement au secteur privée et cotée en bourse. Elle doit donc vendre ses produits et réaliser des profits pour éviter de devoir taper au portefeuille de Mme. Michu-contribuable en cas de faillite et continuer à soigner Mme. Michu-patiente. Si l’on veut que ces profits soient rendus à la République, il suffit de renationaliser l’industrie pharmaceutique, une simple loi et quelques dizaines de milliards payés par Mme. Michu-contribuable y pourvoiront. Espérer que des entreprises cotées en bourse ne réalisent pas de profit est un vœu pieux, symptomatique du si cruel manque d’éducation économique qui caractérise les citoyens français.

Et pour ce qui concerne les études cliniques, Mme. Michu devra apprendre qu’elle vit dans une République dont les élus (par Mme. Michu-électrice) préfèrent financer des jeux olympiques que de la recherche médicale. Il serait certainement plus équitable que la puissance publique finance elle-même ces études cliniques et rien ne l’interdit sauf… le manque de sous. Pour redresser cette situation, il suffit de voter pour des candidats qui privilégieront l’allocation des ressources publiques à la santé plutôt qu’à des jeux de ballons ou autres futilités du même genre.

Encore des dépenses publiques inutiles et déplacées

La France s’enorgueilli d’avoir encore une fois remporté le concours des plus flagrantes dépenses inutiles dans la période de temps la plus courte. Après les jeux olympiques de Paris, dont personne ne voulait compte tenu de leur prix, voici la coupe du monde de rugby attribuée à la France pour une organisation prévue en 2023. Une nouvelle fois des dirigeants incompétents vont taper dans la caisse des contribuables pour financer des matchs de ballon où des brutes avinées se violentent sur un gazon devant un parterre de spectateurs transformés en canettes de bière ambulantes.

Comment se fait-il que notre nation civilisée ait ainsi perdu son minimum de bon sens au point d’affecter les sous de ses citoyens à des matchs de sport plutôt qu’à l’éducation de ses enfants ?

La publicité a envahi les ondes publiques

C’est désormais un fait acquis pour tout le monde, la publicité commerciale a envahi les ondes des radios et télévisions publiques. La redevance fiscale payée par les contribuables nationaux (c’est-à-dire moins de la moitié des foyers fiscaux) ne suffit pas à couvrir les dépenses de l’audiovisuel public, ou alors les responsables de cet audiovisuel n’ont pas réussi à ajuster leurs dépenses aux revenus de cette redevance.

Sous l’impulsion du président Sarkozy, son gouvernement avait à l’époque mis fin à la publicité sur la télévision publique à partir de 20h et l’étape suivant visait à l’interdire complètement. Elle ne fut jamais menée à terme, sans doute face à la réalité des chiffres qui sont têtus et à la croyance qui veut que les auditeurs/téléspectateurs ne soient pas disposés à payer en fonction de la qualité.

Alors l’envahissement de la réclame est maintenant presque complet, qu’elle soit qualifiée de commerciale ou d’institutionnelle la publicité utilise le même procédé qui consiste à se mettre au niveau du moins disant et à matraquer le plus intensément possible des messages abrutissants répétés jusqu’à la nausée par des voix généralement horripilantes débitant des stupidités. La méthode est maintenant rodée : abrutissez les masses avec des slogans idiots, à force de répétition ils rentreront dans les crânes, c’est inévitable. Mao a fait de même avec son petit livre rouge, l’économie libérale prend le contrôle des cerveaux en désactivant un grand nombre de neurones et en attisant le désir d’éphémère à force de slogans souvent mensongers, cela déclenche des réflexes compulsifs d’achats inutiles. Ainsi va le business !

Pour ceux qui ont encore un peu d’énergie et de volonté d’échapper à la propagande il reste quelques chaînes audiovisuelles élitistes : France Culture, Arte… qui elles font leur autopromotion mais de façon un peu moins stupide que les vendeurs d’aspirateurs. Combien de temps vont-elles résister ?

Les doigts dans le pot de confiture…


Laurent Wauquiez, haut fonctionnaire surdiplômé reclassé dans la politique depuis des années, est pris les doigts dégoulinant de confiture après les avoir trempé dans le pot avec délectation et profit. Détaché de l’administration du conseil d’Etat depuis 2004, il a continué à cotiser au régime de retraite et accumulé les droits conséquents de ces années. Le même avait raillé « l’assistanat, cancer français » sur les plateaux télévisés où il passe pas mal de temps…

Il eut un peu de mal à justifier de maintenir plusieurs fers au feu de la fonction publique tout en prônant le libéralisme et la responsabilité. Il vient d’admettre « son erreur » en ajoutant qu’il comprend que cet avantage « puisse choquer » et bla-bla-bla. Il déclare :

« Je mets fin à mon détachement et je me mets en disponibilité de la fonction publique et du juge administratif que je suis. »

On note qu’il se « met en disponibilité » et qu’il ne « démissionne » de la fonction publique !

Au-delà de ce cas particulier, plutôt comique concernant ce personnage, mais de guère d’importance, le problème de fond est que perdure ce communautarisme des grands corps d’Etat. Cette situation permet à cette élite de passer du public au privé et de revenir dans la fonction à leur demande. Que les membres de ces grands corps d’Etat soient des gens brillants ne fait guère de doutes et il est sain qu’ils puissent accéder aux fonctions dirigeantes de la République, il est fort peu justifié qu’ils puissent y garder une place au chaud pour le restant de leurs jours après être allé planter leurs choux dans le secteur privé. Après avoir travaillé pour l’Etat les années nécessaires au remboursement des études d’élite que le contribuable leur a financées, il est très sain qu’ils puissent partir dans le secteur privé ou humanitaire ou dans les ordres, mais cela doit être sans retour automatique garanti, et encore moins en gardant ses avantages de retraite comme l’a fait Laurent Wauquiez.

Cette sécurité spécifique aux fonctionnaires est de moins en moins compréhensible dans le monde libéral qu’une partie de cette corporation nous vante à longueur de journées. Une fois partis dans le privé, s’ils veulent revenir au service de l’Etat il serait opportun qu’ils en repassent les concours d’accès ou y retournent sous un statut contractuel. La République a toujours besoin de ces grands corps formés aux meilleures écoles sur fonds publics mais ceux qui en sortent doivent pouvoir largement se passer d’avantages d’un autre âge qui participent à leur rejet.

Le chanteur de variété et la banque voyou

Un chanteur de variété française (Enrico Macias) s’était vu proposer un produit spéculatif par une banque voyou islandaise basée au Luxembourg (Landsbanki) avant la crise financière dite des « subprimes » en 2008. La banque a fait faillite à l’occasion de cette crise. L’opération consistait à emprunter 35 millions d’euros (oui, il s’agit bien de trente-cinq millions d’euros) contre une hypothèque de biens immobiliers. Une partie de cette somme fut versée en liquide (oui, en liquide pour une dizaine de millions d’euros, en liquide !) et l’autre investie dans des actifs financiers liés à la banque voyou dont la valeur s’est bien entendu effondrée après la mise en liquidation de la banque. D’autres clients ont connu à peu près les mêmes déboires et tous ont voulu empêcher le liquidateur de la banque voyou de saisir leurs biens hypothéqués pour rembourser leurs dettes.

Ces clients déçus ont cherché à défendre l’idée qu’ils n’avaient pas à rembourser leurs emprunts du fait des agissements de cette banque. Le justice luxembourgeoise en a décidé autrement en estimant que les emprunteurs étaient des clients avisés qui devaient donc rembourser l’argent qu’ils ont reçu.

L’histoire ne dit pas à quoi M. Macias a consacré les 9 millions d’euros reçus en liquide mais même ceux-ci il essaya de pas les rembourser. Le financement du secteur financier est sans doute un mécanisme un peu complexe à comprendre pour un chanteur de variété mais il devrait savoir que ces 35 millions qu’il a encaissés sous différentes formes de la banque voyou ont été également empruntés par ledit voyou qui doit donc les rembourser à ses propres créanciers. C’est la mission du liquidateur de liquider les actifs de la banque pour rembourser les créanciers. Les hypothèques constituées par les emprunteurs font partie des actifs…

On ne peut que recommander à des citoyens français (et d’autres nationalité d’ailleurs) de se méfier lorsqu’une banque exotique leur propose des millions d’euros en liquide pour souscrire des placements financiers maisons. C’est ce que l’on appelle de la spéculation qui recouvre des transactions toujours risquées. C’est d’ailleurs l’un des principes clés du capitalisme : plus le rendement est élevé, plus le risque est important. Parfois ça marche, parfois pas…

Woerth tweete

Dans la journée du 25 juillet, Eric Woerth, député Les Républicains a adressé 6 tweets à ses fans dont celui-ci-dessous marquant ses doutes sur la baisse de l’aide au logement de 5 EUR/mois :

Il est croustillant de lire l’opposition conservatrice s’opposer à la baisse des prestations sociales quand on se souvient du programme présidentiel du candidat qu’elle a soutenu et dont Eric Woerth fut le penseur et rédacteur du volet économique.