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Ces pédégés qui se croient irremplaçables

Le pédégé de l’entreprise publique Radio France vient d’être condamné à un an de prison avec sursis plus 20 000 EUR d’amende pour avoir favorisé des fournisseurs dans son précédent emploi. Il a fait appel de cette condamnation comme l’y autorise la loi de notre belle démocratie. L’un des fournisseurs est un prestataire de services au profil plutôt flou défini ainsi sur son compte Tweeter : « Cofondateur de 2017, cabinet conseil en stratégie et communication. Président de Balises. Enseignant à Sciences-Po Paris en communication politique ». Bref, un « communicant » comme on nomme aujourd’hui ce genre de personnages qui envahissent les plateaux télévisés, les cabinets ministériels et les bureaux des pédégés du CAC40.

On voit sur ledit compte la photo récente de cette fine équipe de mousquetaires du bla-bla :

Jeunes (sauf le patron), détendus (pas de cravate), habillés sobre et noir (tendance), du personnel féminin mis sur le devant (qui n’a sans doute pas été recruté que sur la rapidité de ses neurones), négligemment installés sur la table blanche (souplesse des membres), bref, ça exsude la « coolitude »… et la soupe insipide à vendre.

Si le pédégé de Radio France avait passé un peu moins de temps avec ces gogos et un peu plus à travailler sur ses dossiers dans son bureau il aurait moins d’ennuis aujourd’hui. On ne sait pas si la procédure d’appel l’innocentera ou au contraire aggravera sa condamnation, qu’importe, ses patrons ont décidé qu’il n’était plus en mesure d’assumer sereinement ses fonctions. C’est ainsi. Il ne voulait pas démissionner alors il a été viré. Comme toujours, on trouve une cohorte de ses défenseurs qui nous expliquent que ce pédégé est irremplaçable car il a bien géré, enregistré de bons résultats et doit poursuivre les réformes qu’il a engagées et que seul lui pourrait finaliser.

Une nouvelle fois il faut s’en persuader, ces pédégés sont interchangeables et les décideurs de Radio France n’auront qu’à shooter sur les platanes de l’avenue Marceau pour qu’il tombe une dizaine de bons candidat de chaque arbre. Que cette bonne maison de Radio France ne s’inquiète pas et continue à nous concocter ses programmes de qualité, elle accueillera sous peu un nouveau patron qui fera aussi bien que le banni.

Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

L’hystérie qui s’est emparé du débat public depuis l’annonce du choix de l’Etat d’agrandir l’aéroport actuel de Nantes plutôt que d’en construire un nouveau illustre jusqu’à la nausée la vacuité et l’inanité de ce petit microcosme politico-médiatique qui croit représenter le peuple français. Cette décision d’investissement public est une parmi bien d’autres qui génère des couts et, sans doute, des avantages ; du genre de celles que doivent prendre tous dirigeants responsables en arrivant le matin au bureau. Evidement pour les individus qui consacrent leurs journées à pondre des tweets ballots plutôt que d’agir, la prise de décision fait partie d’un monde surnaturel et hors de portée. Parmi bien d’autres on relève le tweet de l’inénarrable Eric Woerth :

Ou de Jean-Marc Ayrault :

L’un, de droite, comme l’autre, de gauche, voulaient construire ce nouvel aéroport à Nantes ; mais que ne l’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux commandes ? Leurs successeurs en ont décidé autrement pour le moment. Si Woerth, Ayrault ou consorts sont un jour réélus et que la situation économique régionale l’exige, et bien il sera toujours temps de le construire cet aéroport, ce qui doit bien pouvoir être fait en deux ou trois ans de travaux. C’est ce qui s’appelle décider et agir, et non pas procrastiner comme ils l’ont fait durant des décennies sur ce projet.

Sur les coûts, on aimerait qu’ils fassent preuve de la même exigence pour les dépenses engagée par la République pour financer des jeux olympiques de sports à Paris que sur les coûts du choix d’investissement public qui a été fait à Nantes !

Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport

Dépression au-dessus d’un aéroport

La décision d’agrandissement de l’aéroport de Nantes a été prise par l’Etat au détriment de la construction d’un nouvel aéroport sis sur la commune de Notre Dame des Landes. Ce sujet ne serait pas d’une importance notable s’il n’avait été consciencieusement monté en épingle depuis 50 ans par une classe politique et médiatique très éloignée de ce que les citoyens contribuables en attendent.

Annoncé aujourd’hui, ce choix d’investissement déclenche depuis un déferlement de platitudes et de bagarres médiatiques dont le niveau relève d’une beuverie de fin de mariage de province. Les arguments volent en escadrilles et les mêmes sont utilisés et retournés par les partisans de la décision comme par leurs adversaires et vice-versa. Les avions vont s’écraser sur la ville de Nantes, le lac de Triffouillis-les-trompettes va être pollué, l’aéroport va saturer, le développement économique de tout le Grand Ouest va péricliter, c’est un déni de démocratie, une trahison du Grand Ouest, et patati, et patata…

En face les partisans de cette décision pavanent : grande victoire pour les opposants, pour l’environnement et pour l’intérêt général, la raison a prévalu, décision responsable qui récompense des années de résistance locale, d’expertise citoyenne et de mobilisation nationale, le bon sens l’a emporté et l’intérêt général a fini par prévaloir, etc. etc.

A la vérité personne ne peut vraiment savoir à ce stade si le choix fait est le bon ou pas et seul l’avenir le dira. Prévoir ce que serait le trafic aérien d’un aéroport de province dans les vingt ans à venir est juste impossible ! Alors félicitons-nous, une décision a été prise, respectons là et passons à autre chose. Que la politicaille délaisse ses tweets sur le sujet et se mette au boulot sur nombre des autres pour lesquelles elle est attendue, et rémunérée.

Il y a une quinzaine d’années, le projet similaire du transfert de l’aéroport de Toulouse avait été stoppé. Les mêmes cassandres prévoyaient la saturation du site actuel qui finalement n’a pas encore eu lieu. Et puis s’il faut ressortir le dossier d’un transfert de l’aéroport de Nantes dans 15 ou 20 ans, et bien on le fera et on agira en fonction du bien public et non au gré des égos de petits marquis locaux.

Nabilla et le bitcoin


Nabilla, starlette de la télévision, poitrine démesurée et neurones raréfiés, fait la promotion d’une plate-forme de commercialisation de « bitcoin », nouvel furie spéculative qui occupe les traders-fraudeurs à la recherche d’émotions financières et de gogos à gruger.

… Je connais l’une des filles qui travaille (SIC) avec un trader qui sont à fond dans le bitcoin, c’est un peu la nouvelle monnaie genre la monnaie du futur et donc en fait j’trouve que c’est assez bien, et comme en ce moment c’est grave en train de se développer ils ont créé un site… Même si vous z’y connaissez rien ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup… etc. etc.

Tout un symbole de notre époque : gros seins et argent clinquant, quelle tristesse ! Plus pernicieux en utilisant les services publicitaires de ce personnage, les spéculateurs cherchent à ferrer des jobards à escroquer et il n’y a pas de doute que la clientèle de Nabilla va se faire dévaliser par les trader-fraudeurs, experts en la matière.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a estimé qu’il y avait danger et a publié un avertissement sur Twitter. Pas sûr que les followers de l’AMF soient les mêmes que ceux de Nabilla.

Ryan Air et Monsieur le Marché

Ryan Air, compagnie aérienne irlandaise a bâti son succès commercial et financier sur le low-cost. Tous les coûts sont réduits au minimum : personnel significativement moins payé que dans les compagnies classiques, pilotes avec statut d’autoentrepreneur qui payent leurs uniformes, avions mieux exploités (moins de temps d’immobilisation, les pilotes font eux-mêmes le plein de carburant, etc.), réduction des services gratuits aux passagers au strict minimum, tout supplément au simple voyage d’un point à un autre est facturé : bagages en soute, repas, boissons, etc. Ceci associé à une gestion apparemment saine a porté ses fruits : explosion des ventes de billets à petits prix et grosse réussite financière. Le partage de la valeur créée par cette activité s’est fait entre les passagers-consommateurs et les actionnaires-propriétaires pour la plus grande joie de chacun de ces acteurs semble-t-il. Il ne restait plus grand-chose pour les employés-salariés.

Cela a fonctionné tant que le marché des personnels navigants était déprimé et que les salaires de ceux-ci pouvaient être tirés vers le bas. Les choses sont en train de changer et les compagnies aériennes classiques offrent de meilleures conditions. Les personnels de Ryan Air s’en vont planter leurs choux ailleurs et la compagnie low cost est obligée d’annuler des vols qu’elle n’a plus assez de pilotes pour assurer ; pire, devant des préavis de grève, une première, elle vient d’accepter le principe de syndicats dans l’entreprise. Monsieur le Marché a parlé et progressivement va amener une nouvelle répartition de la valeur ajoutée de cette entreprise entre salaires, prix et profits. Les conditions de travail vont probablement s’améliorer un peu, les prix des billets devraient augmenter, voir les profits baisser, il y aura un nouveau mix de ces trois variable, et si tout se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie le business model s’adaptera à ce changement de paradigme. Ainsi va la vie en économie libérale !

Les vaccins au Café du commerce

Entendu dans un dîner en ville :

Le passage à 11 vaccins obligatoires va permettre aux laboratoires pharmaceutiques de s’en mettre plein les poches, et en plus ce sont eux qui financent les études cliniques qui servent leurs intérêts.

C’est une illustration supplémentaire du complotisme décébrant qui tient lieu de débat dans l’hexagone où la polémique est préférée à la raison. Sur la question des vaccins, la simple analyse statistique du risque de la maladie versus le risque de l’administration du vaccin devrait logiquement suffire à clore la question, à une époque où il y a encore des citoyens qui meurent de la rougeole dans notre pays.

A défaut de pouvoir montrer scientifiquement la nocivité du vaccin Mme. Michu s’en prend à ses fabricants qui « se remplissent les poches sur le dos des patients » et c’est là deux siècles d’influence marxiste plus ou moins diffuse dans l’imaginaire national qui viennent aveugler le Café du Commerce. Après avoir été nationalisée à divers titres, tranches et périodes par la République, cette industrie a été rendue quasi intégralement au secteur privée et cotée en bourse. Elle doit donc vendre ses produits et réaliser des profits pour éviter de devoir taper au portefeuille de Mme. Michu-contribuable en cas de faillite et continuer à soigner Mme. Michu-patiente. Si l’on veut que ces profits soient rendus à la République, il suffit de renationaliser l’industrie pharmaceutique, une simple loi et quelques dizaines de milliards payés par Mme. Michu-contribuable y pourvoiront. Espérer que des entreprises cotées en bourse ne réalisent pas de profit est un vœu pieux, symptomatique du si cruel manque d’éducation économique qui caractérise les citoyens français.

Et pour ce qui concerne les études cliniques, Mme. Michu devra apprendre qu’elle vit dans une République dont les élus (par Mme. Michu-électrice) préfèrent financer des jeux olympiques que de la recherche médicale. Il serait certainement plus équitable que la puissance publique finance elle-même ces études cliniques et rien ne l’interdit sauf… le manque de sous. Pour redresser cette situation, il suffit de voter pour des candidats qui privilégieront l’allocation des ressources publiques à la santé plutôt qu’à des jeux de ballons ou autres futilités du même genre.

Encore des dépenses publiques inutiles et déplacées

La France s’enorgueilli d’avoir encore une fois remporté le concours des plus flagrantes dépenses inutiles dans la période de temps la plus courte. Après les jeux olympiques de Paris, dont personne ne voulait compte tenu de leur prix, voici la coupe du monde de rugby attribuée à la France pour une organisation prévue en 2023. Une nouvelle fois des dirigeants incompétents vont taper dans la caisse des contribuables pour financer des matchs de ballon où des brutes avinées se violentent sur un gazon devant un parterre de spectateurs transformés en canettes de bière ambulantes.

Comment se fait-il que notre nation civilisée ait ainsi perdu son minimum de bon sens au point d’affecter les sous de ses citoyens à des matchs de sport plutôt qu’à l’éducation de ses enfants ?

La publicité a envahi les ondes publiques

C’est désormais un fait acquis pour tout le monde, la publicité commerciale a envahi les ondes des radios et télévisions publiques. La redevance fiscale payée par les contribuables nationaux (c’est-à-dire moins de la moitié des foyers fiscaux) ne suffit pas à couvrir les dépenses de l’audiovisuel public, ou alors les responsables de cet audiovisuel n’ont pas réussi à ajuster leurs dépenses aux revenus de cette redevance.

Sous l’impulsion du président Sarkozy, son gouvernement avait à l’époque mis fin à la publicité sur la télévision publique à partir de 20h et l’étape suivant visait à l’interdire complètement. Elle ne fut jamais menée à terme, sans doute face à la réalité des chiffres qui sont têtus et à la croyance qui veut que les auditeurs/téléspectateurs ne soient pas disposés à payer en fonction de la qualité.

Alors l’envahissement de la réclame est maintenant presque complet, qu’elle soit qualifiée de commerciale ou d’institutionnelle la publicité utilise le même procédé qui consiste à se mettre au niveau du moins disant et à matraquer le plus intensément possible des messages abrutissants répétés jusqu’à la nausée par des voix généralement horripilantes débitant des stupidités. La méthode est maintenant rodée : abrutissez les masses avec des slogans idiots, à force de répétition ils rentreront dans les crânes, c’est inévitable. Mao a fait de même avec son petit livre rouge, l’économie libérale prend le contrôle des cerveaux en désactivant un grand nombre de neurones et en attisant le désir d’éphémère à force de slogans souvent mensongers, cela déclenche des réflexes compulsifs d’achats inutiles. Ainsi va le business !

Pour ceux qui ont encore un peu d’énergie et de volonté d’échapper à la propagande il reste quelques chaînes audiovisuelles élitistes : France Culture, Arte… qui elles font leur autopromotion mais de façon un peu moins stupide que les vendeurs d’aspirateurs. Combien de temps vont-elles résister ?

Les doigts dans le pot de confiture…


Laurent Wauquiez, haut fonctionnaire surdiplômé reclassé dans la politique depuis des années, est pris les doigts dégoulinant de confiture après les avoir trempé dans le pot avec délectation et profit. Détaché de l’administration du conseil d’Etat depuis 2004, il a continué à cotiser au régime de retraite et accumulé les droits conséquents de ces années. Le même avait raillé « l’assistanat, cancer français » sur les plateaux télévisés où il passe pas mal de temps…

Il eut un peu de mal à justifier de maintenir plusieurs fers au feu de la fonction publique tout en prônant le libéralisme et la responsabilité. Il vient d’admettre « son erreur » en ajoutant qu’il comprend que cet avantage « puisse choquer » et bla-bla-bla. Il déclare :

« Je mets fin à mon détachement et je me mets en disponibilité de la fonction publique et du juge administratif que je suis. »

On note qu’il se « met en disponibilité » et qu’il ne « démissionne » de la fonction publique !

Au-delà de ce cas particulier, plutôt comique concernant ce personnage, mais de guère d’importance, le problème de fond est que perdure ce communautarisme des grands corps d’Etat. Cette situation permet à cette élite de passer du public au privé et de revenir dans la fonction à leur demande. Que les membres de ces grands corps d’Etat soient des gens brillants ne fait guère de doutes et il est sain qu’ils puissent accéder aux fonctions dirigeantes de la République, il est fort peu justifié qu’ils puissent y garder une place au chaud pour le restant de leurs jours après être allé planter leurs choux dans le secteur privé. Après avoir travaillé pour l’Etat les années nécessaires au remboursement des études d’élite que le contribuable leur a financées, il est très sain qu’ils puissent partir dans le secteur privé ou humanitaire ou dans les ordres, mais cela doit être sans retour automatique garanti, et encore moins en gardant ses avantages de retraite comme l’a fait Laurent Wauquiez.

Cette sécurité spécifique aux fonctionnaires est de moins en moins compréhensible dans le monde libéral qu’une partie de cette corporation nous vante à longueur de journées. Une fois partis dans le privé, s’ils veulent revenir au service de l’Etat il serait opportun qu’ils en repassent les concours d’accès ou y retournent sous un statut contractuel. La République a toujours besoin de ces grands corps formés aux meilleures écoles sur fonds publics mais ceux qui en sortent doivent pouvoir largement se passer d’avantages d’un autre âge qui participent à leur rejet.

Le chanteur de variété et la banque voyou

Un chanteur de variété française (Enrico Macias) s’était vu proposer un produit spéculatif par une banque voyou islandaise basée au Luxembourg (Landsbanki) avant la crise financière dite des « subprimes » en 2008. La banque a fait faillite à l’occasion de cette crise. L’opération consistait à emprunter 35 millions d’euros (oui, il s’agit bien de trente-cinq millions d’euros) contre une hypothèque de biens immobiliers. Une partie de cette somme fut versée en liquide (oui, en liquide pour une dizaine de millions d’euros, en liquide !) et l’autre investie dans des actifs financiers liés à la banque voyou dont la valeur s’est bien entendu effondrée après la mise en liquidation de la banque. D’autres clients ont connu à peu près les mêmes déboires et tous ont voulu empêcher le liquidateur de la banque voyou de saisir leurs biens hypothéqués pour rembourser leurs dettes.

Ces clients déçus ont cherché à défendre l’idée qu’ils n’avaient pas à rembourser leurs emprunts du fait des agissements de cette banque. Le justice luxembourgeoise en a décidé autrement en estimant que les emprunteurs étaient des clients avisés qui devaient donc rembourser l’argent qu’ils ont reçu.

L’histoire ne dit pas à quoi M. Macias a consacré les 9 millions d’euros reçus en liquide mais même ceux-ci il essaya de pas les rembourser. Le financement du secteur financier est sans doute un mécanisme un peu complexe à comprendre pour un chanteur de variété mais il devrait savoir que ces 35 millions qu’il a encaissés sous différentes formes de la banque voyou ont été également empruntés par ledit voyou qui doit donc les rembourser à ses propres créanciers. C’est la mission du liquidateur de liquider les actifs de la banque pour rembourser les créanciers. Les hypothèques constituées par les emprunteurs font partie des actifs…

On ne peut que recommander à des citoyens français (et d’autres nationalité d’ailleurs) de se méfier lorsqu’une banque exotique leur propose des millions d’euros en liquide pour souscrire des placements financiers maisons. C’est ce que l’on appelle de la spéculation qui recouvre des transactions toujours risquées. C’est d’ailleurs l’un des principes clés du capitalisme : plus le rendement est élevé, plus le risque est important. Parfois ça marche, parfois pas…

Woerth tweete

Dans la journée du 25 juillet, Eric Woerth, député Les Républicains a adressé 6 tweets à ses fans dont celui-ci-dessous marquant ses doutes sur la baisse de l’aide au logement de 5 EUR/mois :

Il est croustillant de lire l’opposition conservatrice s’opposer à la baisse des prestations sociales quand on se souvient du programme présidentiel du candidat qu’elle a soutenu et dont Eric Woerth fut le penseur et rédacteur du volet économique.

Les dépenses publiques vont baisser

Quelques décisions budgétaires publiques rappellent aux français que « baisser les dépenses » signifient que… les dépenses publiques vont baisser. La réduction de 5 EUR par mois de l’aide au logement, la baisse d’ici la fin de l’année des dépenses de l’armée de 850 millions, la suppression de la « réserve parlementaire » qui octroie chaque année 130 000 EUR dont il gère la distribution…, toutes des baisses de dépenses pour le moment encore symboliques ont déclenché le même hourvari de protestations. Dès ces annonces rendues publiques, une armée de pleureuses nous ont expliqué sur tous les plateaux et médias pourquoi il était impossible de réduire ces dépenses et comment ces décisions auront des effets catastrophiques pour la République.

Comme toujours, les citoyens sont d’accord pour baisser les dépenses de l’Etat mais à condition que cela touche leurs voisins, pas eux-mêmes. La majorité des électeurs a voté pour des candidats aux élections présidentielles prônant une forte réduction de la dépense publique, y compris celui qui a été finalement élu. Cet engagement commence à être mis en œuvre par un gouvernement qui, a priori, prend le risque de l’impopularité. C’est normal et responsable, même si inhabituel. L’intérêt général de la nation veut que l’on privilégie le taux d’endettement de l’Etat plutôt que le niveau de popularité dans les sondages.

La dépense publique bénéficie au citoyen d’une façon ou d’une autre et avec plus ou moins d’efficacité. C’est le rôle de la redistribution de l’Etat. Baisser les dépenses aboutira forcément à une réduction des prestations dont bénéficient des citoyens ou des organisations. L’idée macro-économique sous-tendue derrière est qu’en sortant l’Etat de ces prestations et donc en réduisant les impôts nécessaires à leur financement on libérera l’initiative privée censée est plus efficace.

Ces mesurettes ne sont qu’un hors d’œuvre et il est souhaitable que la suite du programme soit appliquée, même s’il déclenche l’impopularité. Il nécessitera aussi beaucoup de pédagogie pour vaincre cette addiction française à la dépense publique et… à l’impôt qui sert à la financer.

Convictions et profits

Le syndicat patronal français MEDEF est en train de réaliser un pas de deux chorégraphique pour défendre les intérêts de ses membres. Il a combattu le dispositif fiscal CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mis en place par la précédente majorité et consistant via un crédit d’impôt à baisser la charge fiscale des entreprises en hausse constante depuis la fin du quinquennat Sarkozy. Il fut qualifié d’usine à gaz et de complication bureaucratique à la française lors de sa mise en place, les entreprises regrettant que la loi n’ait pas opté pour une baisse de charges sociales plus durable que le crédit d’impôt. Il est vrai qu’ils ont reconnu depuis que ce CICE si controversé avait quand même permis d’abaisser le coût du travail en France.

Le programme présidentiel du nouveau président de la République prévoit d’exaucer les souhaits patronaux et de transformer ce crédit d’impôt en baisse de charges sociales. Les patrons ont depuis sorti leurs calculettes et constaté que, horreur, la baisse de charges se traduira par une hausse des profits (c’est leur but) qui elle-même entraînera une hausse de l’impôt sur les sociétés (IS) à taux constant, bien qu’il soit aussi prévu la baisse du taux à moyen terme. Alors ni une ni deux, les voilà qui estiment inacceptable une hausse de leur IS. Il est certain qu’un crédit d’impôt vient diminuer l’impôt alors qu’une baisse charge vient augmenter le bénéfice taxable et donc… la base de calcul de l’impôt ! Il n’y avait pas besoin d’attendre Macron en 2017 pour découvrir cette évidence fiscale.

C’est une situation intéressante qui montre ce qui peut arriver lorsque l’on se défend avec des slogans éculés plutôt qu’avec de l’analyse réfléchie. D’une façon très pavlovienne les patrons avaient bien entendu contesté ce dispositif CICE comme un « monstre bureaucratique » de plus mis en place par une « gauche laxiste » qui « ne comprend pas l’entreprise », etc. etc. Les voici maintenant qui en appellent au maintien du dispositif honni, ironique clin d’œil à leur insuffisante capacité de réflexion. Gageons néanmoins qu’ils utiliseront la ficelle pour négocier une baisse de charges plus significatives de façon à absorber la hausse d’assiette fiscale qui en sera l’incontournable conséquence en attendant la suppression pure et simple de l’impôts sur les sociétés qui est un frein si scandaleux à leur esprit d’entreprise et leur capacité d’innover et de créer des emplois.

L’égo des journalistes

Un nouvel évènement agite le microcosme du petit monde journalistique : David Pujadas, 52 ans, présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne publique France 2 depuis 16 ans est prié de laisser sa place sans pour autant être licencié, il continuera à être rémunéré pour animer d’autres émissions. Depuis 16 ans il affiche sa trombine à l’écran tous les soirs, sauf les week-ends, pour lire un bulletin d’information et annoncer quelques reportages, parfois mener une interview. Comme à chaque fois qu’un journaliste connu est remplacé, a priori contre sa volonté, le petit monde de la presse s’émeut et crie à la censure.

Il y a quelques mois Jean-Pierre Elkabach, 78 ans, animateur de la tranche d’information du matin depuis des années s’était vu transférer sur le week-end. Il démissionnera considérant que cette nouvelle tranche horaire n’est pas à la hauteur de ses compétences. Et ne revenons pas sur les départs de Patrick Poivre dit d’Arvor et autres Claire Chazal. D’Arvor a présenté le journal de la première chaîne pendant 30 ans et il s’est plaint amèrement lorsqu’on lui a demandé de passer la main…

Aveuglés par leurs égos surdimensionnés les journalistes français s’imaginent immortels et surtout, pensent que leurs immenses compétences sont irremplaçables. Quelle prétention ! Pujadas sera vire oublié comme le furent Poivre et Chazal, mais surtout il sera remplacé par la génération suivante qui fera sûrement aussi bien. En tout cas il faut lui laisser sa chance et savoir décrocher, qualité ans doute aussi peu répandue dans le monde journalistique que dans celui de la politique.

Un hold-up d’Etat se prépare

Une délégation de l’organisation mafieuse du comité olympique international est en visite à Paris pour analyser si toutes les conditions nécessaires sont en place pour le hold-up de l’argent public des contribuables parisiens et nationaux qui se prépare pour financer des compétitions sportives. Cette délégation est reçue avec les flonflons de circonstance par la mairie de Paris et même le président de la République.

La société organisatrice doit bénéficier d’une exonération fiscale totale qui ne manquera pas d’être votée par un parlement qui a déjà largement exonéré des compétitions similaires dont le championnat d’Europe de fouteballe en 2016. Cela veut dire que non seulement les contribuables vont devoir payer pour les installations sportives et hôtelières à construire ou à rénover, mais qu’ils vont également devoir compenser le fait que le comité olympique ne paiera pas un centime d’impôt ou de taxe sur ses bénéfices et ses transactions.

L’argument habituel sur les bénéfices économiques collatéraux d’une telle organisation est balayé assez vite par l’analyse macro-économique qui montre assez facilement que si quelques bétonneurs et hôteliers vont bien sûr gagner de l’activité, la République elle va globalement dépenser plus de sous qu’elle n’en gagnera. D’autres villes qui étaient candidates (Hambourg, Boston) se sont désistées lorsqu’elles commencé à faire des comptes… Paris poursuit la route vers plus de dépenses et refuse d’organiser un référendum pour demander l’avis de ses citoyens-contribuables.

Evidement c’est très chic pour des dirigeants dépensiers de déclarer ouverts des jeux olympiques devant les caméras du monde entier dans un stade plein d’électeurs-consommateurs qui ont payé leur place une fortune en cash et en impôts. Alors qu’importe la rigueur !

Lire aussi : Boston gère l’argent de ses contribuables, De l’Europe aux JO

Démesure

Le portail internet Yahoo ! va être racheté par l’entreprise de télécommunication américaine Verizon Communications. Yahoo ! fut l’une des sociétés phares de l’économie internet dans les années 90 qui a connu depuis un déclin régulier. L’élément essentiel de sa valeur est aujourd’hui une participation dans la plate-forme chinoise Alibaba. Sa dernière pédégère, Marissa Meyer, n’a pas su freiner ce déclin et la marque Yahoo ! va disparaître dans l’ensemble Verizon.

La presse financière révèle que Marissa Meyer partirait avec une enveloppe financière de 190 millions de dollars. La démesure de cette somme et le fait qu’elle doit bénéficier à une pédégère qui a globalement échoué fait plus de mal à l’économie libérale que tous les discours de Jean-Luc Mélanchon et Bernie Sanders réunis.

Une coiffeuse heureuse

25 ans, elle coiffe le chroniqueur avec le sourire et lui explique que son CAP lui permet de trouver du boulot sans difficulté, en contrat à durée indéterminée. Elle a commencé dans des grandes chaînes de salons où le travail est morcelé et tourne un peu à l’abattage, pour poursuivre dans un petit salon artisanal de quartier. Toutes ses copines de promotion ont trouvé du travail aussi rapidement qu’elle. Le moment venu elle pourra même monter son propre salon de coiffure puisqu’elle est titulaire du brevet professionnel qui est nécessaire pour un tel projet.

Voilà au moins une bonne nouvelle : un secteur où la demande est forte où les jeunes y trouvent des emplois sans difficulté !

« Mutualiser la dette », la nouvelle illusion !

Benoît Hamon, comme d’autres candidats de gauche à l’élection présidentielle, veut faire battre le cœur de la France, mais veut aussi alléger ses engagements en prônant « la mutualisation de la dette en zone euro » ! En mots plus compréhensibles, cela revient à faire cautionner la dette publique française par les autres, a priori par ceux qui gèrent mieux leurs finances, ceux qui ont une situation financière plus florissante. Quand vous avez besoin d’une caution pour signer un bail d’habitation, vous la demandez plutôt à votre grand-mère assise sur ses Louis d’or plutôt qu’au cousin désargenté.

Cautionner, cela veut bien dire que, in fine, votre dette sera payée par la caution si vous n’êtes pas en mesure de le faire vous-même. Alors bien sûr, quand l’Allemagne qui est en excédent budgétaire (c’est-à-dire que l’Etat dépense moins d’argent qu’il n’en encaisse) voit arriver les français avec leur cohorte de mauvaise gestion, de dette très significative et de déficit budgétaire chronique depuis les années 70’ (c’est-à-dire que l’Etat dépense plus d’argent qu’il n’en encaisse et ce depuis 40 ans) quand un utopiste leur propose la « mutualisation de la dette », ils ne peuvent s’empêcher de penser que ces maudits français veulent faire payer leurs dettes par les rigoureux allemands… Il n’est pas sûr que la proposition rencontre un franc succès à Berlin.

Passer la patate chaude au voisin permettrait de continuer à dépenser comme si de rien n’était. C’est la nouvelle illusion.

En fait, la dette des pays de la zone euro est déjà informellement mutualisée mais sous réserve que les Etats membres respectent des critères minima de gestion d’un bon père de famille. Le cas de la Grèce a bien montré que sa dette était mutualisée puisque les autres membres de la zone ont évité que ce pays ne soit prononcé en défaut en refinançant ses dettes et, très probablement, en les remboursant à la place de la Grèce le moment venu. Mais il faudra bien un jour avouer aux citoyens français qu’ils vont payer à la place des grecs une partie de sa dette qu’ils ont cautionnée et ne pas être remboursés d’une partie des fonds que la France a prêtés en direct.

C’est ainsi, en matière de prêt/emprunt, il y a toujours quelqu’un qui dépense au début et qui paye à la fin, ou qui n’est pas remboursé, ce qui revient au même en terme de trésorerie. En principe c’est la personne qui dépense qui doit rembourser… Ce principe basique est bien compris par les allemands et Benoît Hamon, sauf qu’ils n’ont pas exactement la même idée sur celui qui doit payer in fine la dette française.

Le programme santé retiré de Fillon

Le Canard Enchaîné prend un malin plaisir à publier sur Internet le programme santé que candidat conservateur Fillon aux élections présidentielles a finalement retiré de son programme devant les réactions négatives. C’est une première reculade de son programme économique radical.

Lire aussi : Comptes et décomptes pour Fillon

Partant du principe que le système de santé français bientôt ne sera plus financé, il voulait en réformer l’organisation, justement pour en assurer la pérennité. Après quelques grands slogans généralistes avec lesquels personne ne peut être vraiment en désaccord…

Il faut au contraire restaurer la confiance entre les différents acteurs, qui sont tous attachés à la qualité et la pérennité de notre système de santé. Il faut préserver la liberté de choix des patients et la liberté d’exercice du personnel médical et non s’engager dans une étatisation rampante de la médecine qui ne répond ni aux souhaits des Français ni à ceux des professionnels de santé. Il faut responsabiliser l’ensemble des parties prenantes, patients comme professionnels de santé… Il faut recréer de la confiance entre tous les professionnels de santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Etc, etc.

Suivent ensuite quelques propositions relativement classiques et de bons sens, puis, l’option qui fâche sur la réforme du système de financement :

Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue.

Créer une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée. L’assurance privée est une délégation de service public qui doit être contrôlée. Ainsi, le PLFSS définira le contrat standard d’assurance santé universelle de base obligatoire pour tous. L’agence de contrôle et de régulation définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix.

Ce n’est pas révolutionnaire si c’est appliqué avec intelligence, ce n’est pas indécent puisqu’assorti de mesures de sauvegarde pour les moins favorisés, c’est déjà ce qui se pratique de façon plus ou moins opaque avec les déremboursements de nombre de médicaments par la sécurité sociale, mais c’est un changement suffisamment important pour effrayer les réformistes de salon de la droite qui, du coup, poussent leur candidat « radical » à retirer ce point de leur programme.

Le document a été effacé du site web du candidat mais heureusement la mémoire électronique infaillible en a conservé un exemplaire remis à disposition des électeurs par le Canard Enchaîné. Il se termine par cette phrase prémonitoire :

Nous formulons ces propositions afin de lancer le débat et de faire mûrir les points de vue. La qualité et la pérennité de notre système de santé ainsi que sa solidarité en dépendent.

Le débat est clos, pour le moment !

Le programme original : VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ FONDÉ SUR LA LIBERTÉ ET LA RESPONSABILITÉ