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Le psychodrame de la baisse les dépenses

Le grand dossier du gouvernement français de la baisse des dépenses publiques par le pouvoir actuel. Rien de bien grave, cela dure ainsi depuis plus de 40 ans et aucun gouvernement n’a osé essayer (juste essayer) à commencer à ralentir légèrement la progression des dépenses qui ont toujours augmenté en France plus rapidement que les recettes, créant ainsi les 2 000 milliards d’euros de dette, toujours en hausse, que nous laissons à nos enfants.

Le projet de budget 2019 prévoit la baisse du nombre de fonctionnaires « conseillers techniques sportifs » de 1 600. Aussitôt le hourvari se déclenche de toutes parts : c’est un drame national, la France aura moins de médailles aux prochains jeux olympiques, la République ne s’en remettra pas, notre jeunesse va tomber au fond du gouffre, etc. etc. Avec son manque de subtilité habituelle, la société française, de Mme. Michu aux journalistes mondains en passant par les tweetos politicards, explique combien ces 1 600 conseillers sont un élément stratégique du futur de la France dans le monde.

Comme toujours, chacun est d’accord pour que baissent les dépenses publiques, mais en commençant chez le voisin. Intérêt général contre intérêts particuliers, encore. Une République rongée par la dette devrait pouvoir se poser sereinement et démocratiquement la question de la priorisation de ses dépenses. On peut sans doute imaginer que quitte à réduire la dépense, commencer par celle concernant le sport n’est pas la plus mauvaise des directions possibles. Mais… il faut aussi arriver à convaincre les français que « baisser les dépenses » signifie que les dépenses vont diminuer. Vaste tâche !

Spectacle étonnant dans le microcosme

A l’occasion d’une réforme technique visant à prélever l’impôt sur le revenu à la source et l’année des revenus au lieu du paiement volontaire l’année suivante, le microcosme politique français s’accroche sur les plateaux télévisés et les comptes Twitter. C’est assez affligeant et tellement représentatif des contradictions nationales. Cette réforme ne touche d’abord que ceux qui paye l’impôt sur le revenu, soit une minorité de citoyens, hélas, mais par contre tout le monde a son avis sur la question, généralement négatif. L’impôt sur les revenus est devenu tout à fait minoritaire dans les ressources de l’Etat dont la grande majorité est déjà prélevée à la source l’année de son apparition, que ce soient la TVA, les prélèvements sociaux ou l’impôt sur les sociétés sans que cela ne pose de difficulté.

Cette réforme n’aura aucun effet sur la croissance économique de la République ni sur le montant de l’impôt, c’est juste une affaire de trésorerie qui présente d’ailleurs nombre d’avantages pour les contribuables, dont celui d’instaurer « l’impôt contemporain » : on paye l’impôt sur ses revenus de l’année. En fait ce n’est pas même une réforme, mais juste une question de logiciel informatique à mettre au point. Il y aura des bugs c’est certain, ils seront bien réglés d’une façon ou d’une autre, il faut prendre un minimum de risques pour avancer.

L’affaire est montée en épingle par les commentateurs de sondage qui affirment tout et son contraire en un chœur émouvant. Cela fait des décennies que nos vedettes politiques sont d’accord pour instaurer cette mesure qui concerne un impôt marginal payé par une minorité de foyers fiscaux. Qu’ils soient de gauche ou de droite, tous l’ont annoncée, un des gouvernements de François Hollande l’a voté, mais en reportant prudemment son application au quinquennat suivant. Nous y sommes :

  • La gauche qui n’aime pas le président Macron l’admoneste car il tarde à mettre en œuvre cette brillante réforme votée par la gauche.
  • La droite qui soutient la réforme mais n’aime pas le président Macron l’abomine car il a déjà repoussé d’un an cette réforme indispensable.
  • La droite qui conteste la réforme et n’aime pas le président Macron l’injurie car il va mettre en œuvre cette réforme abjecte.

Tout ce petit monde qui n’est responsable de pas grand-chose (si ce n’est d’encaisser leurs salaires payés par les contribuables) glose, ergote, cancane, commère, dénigre, épilogue…, bref perd son temps et nous fait perdre notre argent. Il est temps de passer aux sujets suivants maintenant que la rentrée a été copieusement polluée par ce programme informatique !

Les migrants et le patronat

On avait déjà noté les réactions du syndicat patronal MEDEF en septembre 2015 lors du pic de la crise de l’immigration : son patron de l’époque vantait alors dans une tribune du journal Le Monde « l’opportunité » que représentaient ces migrants :

Cessons toute condescendance envers ces migrants : ils ont souvent un fort niveau d’éducation, sont la plupart du temps jeunes, formés et n’ont qu’une envie, vivre en paix et pouvoir élever une famille… Accueillons-les et sachons tirer profit de leur dynamisme, de leur courage, de leur histoire aussi. Accélérons enfin nos réformes pour être capables de les intégrer pleinement dans la durée… Nous en sortirons tous gagnants. Agissons.

Bien entendu il ne précisait pas ce qu’il plaçait derrière ce slogan « Agissons. »

Aujourd’hui le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GNI-Synhorcat) rappelle dans un communiqué du 10/08/2018 rappelle la pénurie de main d’œuvre face à laquelle se trouve ce secteur et propose comme l’une des solutions possibles à cette situation l’embauche des migrants titulaires des papiers et autorisations nécessaires.
En principe ils peuvent déjà le faire si ces migrants sont légalement autorisés à travailler, pas besoin de faire un communiqué pour ça. Dans la vraie vie on peut penser que ce syndicat cherche à exercer une légère pression sur les autorités administratives pour accélérer la délivrance de papiers aux populations immigrées afin de pouvoir les embaucher. Bien entendu les syndicats ouvriers soupçonnent très fortement le patronat d’être pro-immigration afin de peser sur les salaires et d’éviter de devoir augmenter ceux-ci pour intéresser les chômeurs nationaux… On ne peut pas complètement exclure un tel machiavélisme.

Ensuite, nous sommes dans la vraie vie du libéralisme, là où un Etat doit pouvoir faire de la politique s’il veut vraiment interférer dans les règles du marché : est-on capable de pousser des chômeurs français actuels vers ces emplois peu qualifiés? S’il faut pour ce faire augmenter les salaires de la profession est-on en position de compenser ces hausses de coûts par la baisse d’autres charges ou faudra-t-il accepter une hausse des prix au risque de décourager les consommateurs ? Ou faut-il orienter des populations immigrées vers ce marché, quitte à ouvrir les vannes de la délivrance de papiers pour ce secteur ? C’est un sujet pas facile à traiter compte tenu de sa sensibilité. Il mérite en tout cas beaucoup de pédagogie de la part des décideurs et sans doute un peu d’innovation.

Ce qui est ironique dans cette situation est que si véritablement les règles du marché s’appliquaient librement, en principe les salaires de cette profession devraient augmenter tout seul puisque la demande de personnel est supérieure à l’offre. Ce n’est pas le cas et c’est l’une des nouveautés de la pratique économique ces dernières années : le marché répond désormais à la surchauffe du marché du travail par la précarisation de celui-ci. La perspective de cette réserve de travailleurs immigrés à bas prix pousse aussi sans doute le patronat de ce secteur à l’attentisme… Nous sommes dans un cycle qui peut-être s’inversera un jour, personne ne le sait à ce stade.

Lire aussi : Les migrants et Mme. Michu

Un chef anglo-saxon pour Air France

Après des mois de recherches et tractations plus ou moins discrètes, Air France, la compagnie aérienne détenue par les contribuables français à travers l’Etat à hauteur de 14,30%, a nommé son futur pédégé qui est l’actuel sous-pédégé d’Air Canada. Plus exactement c’est le groupe Air France – KLM qui a désigné son chef comme l’indique le communiqué officiel :

Le Conseil d’administration d’Air France-KLM, réuni le 16 août 2018, a décidé de nommer Benjamin Smith Directeur général d’Air France-KLM.

Benjamin Smith  est un dirigeant  reconnu du secteur du transport aérien au plan international. Il a joué un rôle majeur au cours des 20 dernières années au sein d’Air Canada, dont il a été un acteur clé du développement économique et commercial, de la transformation, de la création de valeur et de l’engagement des équipes de la compagnie. Il était jusqu’à ce jour President Airlines et Chief Operating Officer d’Air Canada…

Le volet Air France de ce groupe fut plusieurs fois au bord de la faillite au cours des dernières décennies et chaque fois renfloué par les contribuables. Une des causes majeures de cette situation fut, et demeure, la rigidité des syndicats de salariés ne voulant en aucun cas compromettre sur « leurs avantages acquis » et satisfaire aux nécessités de la concurrence féroce apparut sur le marché du transport aérien. Autrefois compagnie majoritairement publique, ces syndicats ont pris des habitudes d’enfants gâtés sachant que les contribuables étaient toujours présents pour éviter la faillite de leur société qui aurait dû en principe intervenir si la compagnie se trouvait dans une situation d’entreprise privée.

Lire aussi : Air France en chute libre

Des grèves à répétition début 2018 ont entraîné la démission du pédégé de l’époque qui était un haut-fonctionnaire français comme ce fut régulièrement le cas depuis l’origine d’Air France. Cette fois-ci, l’actionnariat désormais majoritairement privé et relevant plutôt d’une logique libérale, a décidé d’imposer sa volonté en nommant un professionnel du secteur pour essayer de redresser Air France. Il fallut pour ça tripler le salaire du pédégé afin de l’aligner sur les conditions de marché car les volontaires de se bousculaient pas au portillon pour prendre la tête de ce groupe qui n’est qu’une source d’ennuis et d’échec.

A peine connu cette nomination, les syndicats d’Air France éructent leur colère et diffusent un communiqué de bienvenue à leur nouveau grand chef ce 16 août :

En ce qui concerne la candidature du prochain PDG à la tête de NOTRE entreprise, l’intersyndicale soutient qu’il est inconcevable que la compagnie Air France, Française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent (Delta Airlines pour ne pas le citer…

On retient de « NOTRE entreprise » en première ligne. C’est la vieille tradition syndicale française qui fait considérer les anciennes sociétés publiques comme la « propriété » desdits syndicats. On voit où cela a mené Air France ! Chaque restructuration de cette compagnie a été considérée comme celle de « la dernière chance », mais chaque fois ce ne fut pas le cas et il y eut un énième plan de la « dernière chance » a été exécuté du fait de la faiblesse de l’Etat français.

Le nouveau pégégé va devoir s’attaquer à rude épreuve. Sa place est peu enviable, gageons que les syndicats vont lui rendre la vie impossible, une menace de grève est déjà annoncée s’il ne donne pas satisfaction aux revendications salariales. Le contexte a un peu changé avec un Etat qui a déjà affiché sa volonté de ne pas interférer dans le redressement de la compagne et, surtout, de ne rien payer pour celui-ci. Il n’est pas sûr qu’il arrive à tenir cet engagement. Les contribuables l’espèrent, les syndicats n’y croient pas. L’avenir va être intéressant.

Lire aussi : Décadence à Air France

Salaires, prix et profit

La compagnie aérienne « low cost » Ryanair est soumise au dilemme capitaliste si bien décrit par Marx dans son célèbre article « Salaires, prix et profit ». Pour consentir des prix de vente du transport aérien considérablement plus bas que ceux des compagnies classiques, Ryanair joue sur tous les tableaux pour réduire ses coûts : une seule catégorie d’avion, rotation accélérée de ceux-ci, subventions publiques pour l’utilisation d’aéroports régionaux et, surtout, optimisation des frais de personnel d’une façon plutôt hétérodoxe. Les pilotes sont des autoentrepreneurs prestant leurs services à la compagnie sous des contrats généralement de droit irlandais, évitant à celle-ci d’employer des salariés et de payer des charges sociales dans les différents pays d’origine de ceux-ci. Bien gérée, cette compagnie est devenue l’une des premières en Europe.

Dans le trio « salaires-prix-profit », les deux premiers éléments sont liés et figurent à un niveau bas, les profits semblent quant à eux normaux pour une société cotée en bourse. Tout allait bien jusqu’ici car les pilotes n’avaient guère d’autres opportunités de trouver du boulot ailleurs mais le vent est en train de tourner et le marché du pilote devient désormais demandeur, poussant ceux de Ryanair à s’agiter et à réclamer de meilleures conditions à leur employeur. On voit donc actuellement des grèves de pilotes de cette compagnie coordonnées sur plusieurs pays et menant à l’annulation de centaines de vols.

Le rapport de forces est engagé. La compagnie ne semble pas prête pour le moment à modifier sa politique salariale mais par contre disposée à pousser ses pilotes dans leurs retranchements. S’ils partent en masse (le pourront-ils ?) la compagnie devra revoir son modèle ; si elle veut maintenir son caractère low-cost (l’aspect prix) il faudra compenser la hausse des salaires par une baisse des profits. Si le capitaliste veut maintenir son niveau de profit, il faudra donc augmenter les prix et donc perdre le label low-cost. Si par contre les pilotes perdent la partie, le modèle pourra être poursuivi tel quel.

L’équation salaires-prix-profit est incontournable, la variation d’un de ses éléments doit être compensée par la variation de sens inverse d’un ou des deux autres éléments pour aboutir un résultat constant. Marx a développé ce concept finalement assez simple dès 1865. Ryanair est en train de le revalider.

Populisme et théorie économique

La vague de dirigeants autoritaires qui peu à peu prend les rênes des démocraties occidentales a pour premier résultat la fermeture des pays qu’ils dirigent : fermeture à l’immigration, fermeture aux importations, fermeture au multilatéralisme, fermeture au multiculturalisme. C’est une sorte de reflux de la mondialisation qui a animé le développement socio-économique de la planète ces dernières décennies. A court terme il en résulte une guerre commerciale initiée par les Etats-Unis d’Amérique qui aboutit à relever les taxes à l’importation dans un pays A des produits venant d’un pays B qui est en excédent commercial avec A. C’est une course à l’échalote car bien sûr le pays B va réagir et appliquer la même méthode pour ses importations venant de B. Il s’en suit un renchérissement progressif des biens et des rentrées de fonds dans les caisses des Etats, au moins dans un premier temps.

La théorie économique stipule que dans un deuxième temps une tactique de ce genre impliquera une baisse des échanges et donc un appauvrissement économique global. La même théorie explique par ailleurs que les déséquilibres commerciaux entre pays sont une mauvaise chose et que les parties déficitaires ne sont pas moins responsables que les parties excédentaires, mais que chacun doit tendre vers l’équilibre avec ses partenaires commerciaux : j’achète autant que je vends à chacun pris individuellement ! La mondialisation a considérablement accru ces déséquilibres avec des chaînes de valeur des produits saucissonnées dans une multitude de pays successifs, phénomène rendu possible avec l’ouverture des frontières économiques aux échanges et aux capitaux, les systèmes fiscaux diversifiés et l’abaissement des droits de douane. En principe le cours de la monnaie est censé rétablir l’équilibre des échanges mais l’expérience a prouvé que c’est assez peu souvent le cas, celle-ci étant soit administrée en dehors des forces du marché, soit commune à plusieurs pays rendant difficile un usage ciblé sur un pays, soit manipulée pour bien d’autres considérations politiques.

La confrontation actuelle est intéressante. La théorie économique s’étant beaucoup trompé ces dernières décennies, nous allons voir si la réactivation de l’outil « taxes » peut donner de meilleurs résultats que les « forces du marché » chères aux économistes libéraux. On ne peut rien exclure même si la seule certitude est que nous rentrons dans… une zone d’incertitude. Voir les Etats reprendre en main leurs politiques de taxes à l’importation fait frémir les défenseurs de « Monsieur le Marché », mais celui-ci ayant montré les limites de son efficacité, l’avenir seul dira si, dans ce nouveau contexte, une gestion avisée des barrières à l’importation permettrait de rétablir un semblant d’équilibre des échanges, même au prix d’un renchérissement des termes de ces échanges !

Propagande boursière et réclame gnangnan

Dans une interview publiée sur le journal de l’actionnaire d’Orange, le chef d’Orange Bank, nouvellement créée pour diversifier l’activité de l’opérateur de télécommunications, déclare :

Et parce que les clients d’Orange Bank sont les mieux placés pour mesurer ce qu’il leur est nécessaire et imaginer ce qu’ils aimeraient découvrir, leurs retours sont pris en compte pour faire évoluer et perfectionner notre service. C’est ça la culture de l’innovation ouverte !

« La culture de l’innovation ouverte ! » : on peut difficilement faire bla-bla plus clinquant et vide de sens. C’est la propagande boursière qui se poursuit d’ailleurs sur le site de la banque (www.orangebank.fr) où des photos de nunuches pleines de dents blanches se mélangent avec une population de jeunes souriants et heureux, illustrant la diversité et l’autosatisfaction, vantent les mérites de « la banque mobile » en alliant tous les poncifs possible en matière de publicité gnangnan et peu imaginative.

Orange Bank offre sans doute des innovations technologiques et commerciales à ses clients ; il est peu probable que son chef gagne un jour le prix Nobel de l’innovation de la réclame. Souhaitons quand même un avenir heureux à cette nouvelle banque en espérant qu’elle vienne un peu secouer le cocotier du secteur financier dont tomberont sans doute quelques branches mortes !

Quelques rappels du droit de propriété


Une petite troupe de syndicalistes grévistes de la SNCF tente de pénétrer de force dans la gare Montparnasse pour communiquer avec les clients. Les forces de police l’en empêche et il y a un peu d’animation, fumigènes et coup de pieds dans quelques derrières grévistes. Le soir, sur les plateaux télévisés, l’un des syndicalistes, couvert de tatouages et vêtu d’un T-Shirt « AC/DC », se scandalise de cette offense en clamant : « la gare Montparnasse c’est chez nous » !

Il n’y eut personne pour rappeler à ce représentant que les propriétaires de la SNCF sont les contribuables qui détiennent la société, représentés par l’Etat, et ce d’autant plus qu’ils s’apprêtent à payer environ 50 milliards d’euros que la compagnie, insolvable, ne peut pas rembourser. Les contribuables sont donc chez eux dans la gare Montparnasse et les salariés de la compagnie sont leurs employés. Il serait bon de rappeler ces quelques principes de comptabilité publique à qui de droit.

Décadence à Air France

A l’issue d’un énième mouvement social chez Air France et de x jours de grève, le pédégé de la compagnie aérienne Air France-KLM (détenue à hauteur de 14,30% par les contribuables français) a organisé un référendum interne, la dernière mode en matière de gestion participative, sur la politique salariale proposée pour cette entreprise versus celle exigée par les syndicats. Le garçon a mis sa démission en balance, tel MonGénéral en 1969 lors du référendum sur la régionalisation.

Les résultats sont tombés, et le personnel a dit non à son pédégé qui, du coup, démissionne. Le personnel continue ses grèves, la compagnie aggrave ses pertes, les passagers réservent sur d’autres compagnies, et la lassitude gagne tous les acteurs de cette tragi-comédie qui dure depuis des décennies, le plus souvent au frais des contribuables français qui ont dû sauver cette société de la faillite à plusieurs reprises, sans qu’on leur demande leur avis bien entendu. La compagnie aérienne a été en partie privatisée il y a quelques années, mais pas complètement ce qui rassure sans doute son personnel comme ses dirigeants qui se disent : « de toutes façons, les contribuables paieront toujours le prix de nos bêtises ». Et comme une bande d’enfants gâtés ils continuent consciencieusement à tondre le mouton qui leur sert d’employeur. Mais la laine se fait rare sur le dos de la bête de plus en plus maigrichonne et pelée.

Le ministre français des finances a déclaré :

« On se trompe si on pense que l’Etat [c’est-à-dire les contribuables NDLT] épongera les pertes d’un groupe qui ne réalise pas les efforts pour se mettre au niveau de compétitivité des compagnies aériennes concurrentes en Europe et dans le monde. »

Espérons qu’il tienne ses promesses ! Cette espèce de gestion triparties syndicats/ direction/ Etat a montré ses limites pour cette compagnie aérienne à la traîne des autres. Il ne faut pas s’interdire d’envisager sa privatisation complète même si cela doit entraîner sa disparition en tant qu’Air France-KLM. L’essentiel est que les résidents français puissent continuer à bénéficier de services de transport aérien pour se déplacer à travers la planète. Si Air France-KLM était rachetée par une autre compagnie, il est plus que probable que l’acquéreur continuerait à servir le marché français de 65 millions de citoyens, simplement il le ferait avec des méthodes de gestion purement privée, meilleur gage d’efficacité en la matière.

Les malheureux néerlandais de KLM doivent se mordre les doigts tous les matins de s’être alliés capitalistiquement en 2004 avec ce mouton-noir du transport aérien européen.

Nombre de compagnies aériennes plus ou moins nationales ont été absorbées ou liquidées aux Etats-Unis, en Suisse, en Allemagne, et que l’on sache les citoyens de ces pays continuent à prendre l’avion. Il faut en finir avec le feuilleton Air France à la tête de laquelle se succèdent énarques et grand commis d’Etat sans arriver à la faire tourner de façon harmonieuse et profitable.

Gibson en faillite


Le fabricant de guitares Gibson a déposé son bilan, mais avec un plan de continuation d’activité. Gageons que les créanciers de cette société consentiront à quelques sacrifices pour sauver cette marque mythique, utilisée par les plus grands !

Une dette irréelle

A l’occasion d’un conflit entre la société ferroviaire publique SNCF et ses propriétaires, la communauté des citoyens contribuables représentée par l’Etat, on assiste à des débats étonnants sur le sort à réserver à la dette de 50 milliards accumulée depuis des décennies par cette entreprise publique, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Ces sommes faramineuses sont dues au fait que les recettes de la SNCF ont été insuffisantes la rembourser. Comme on sait qu’il est a priori impossible de facturer les vrais coûts ferroviaires aux utilisateurs ce qui reviendrait à doubler les tarifs, voire plus, il faut bien combler les trous. Pour le moment ce comblement est réalisé en endettant l’entreprise. C’est à peu de chose près ce que fait la République puisqu’elle dépense plus qu’elle n’encaisse.

La dette de la SNCF est garantie par les contribuables si bien que la société ferroviaire trouve encore des prêteurs malgré son insolvabilité patente. La question est de « transférer » cette dette des comptes de la SNCF à ceux de la République, en d’autres termes de ceux des clients du train à ceux des contribuables de la nation.

Les parties au conflit actuel et les commentateurs mondains traitent de ce sujet (il s’agit de 50 milliards tout de même, excusez du peu) avec une légèreté confondante. Ils parlent de « reprise », de « transfert » et autres termes abscons comme si cette dette allait disparaître d’un coup de baguette magique. En fait l’idée est de la faire rembourser par les contribuables plutôt que par les clients-usagers de la SNCF. Ce n’est pas complètement incohérent si l’on considère que le pays a intérêt à subventionner son système de transport ferroviaire pour des raisons écologiques et de développement local notamment. Mais cela mériterait d’être intelligemment expliqué aux citoyens.

En théorie si nous étions un pays bien géré ce subventionnement aurait dû être régulier et des transferts de l’Etat vers la SNCF, c’est-à-dire du contribuable vers l’usager, auraient dû être effectués pour cofinancer les missions de service public de cette activité. Cela n’a pas été fait et l’endettement a donc remplacé les subventions non versées. Le paiement de cette dette par les contribuables va globalement aboutir au même résultat.

Il reste maintenant à voir comment une future SNCF libérée de ses 50 milliards de dette va se mettre à ré-accumuler une nouvelle dette, ou pas. C’est tout l’objet des négociations en cours sur des réformes structurelles de cette société avec des syndicats qui ne semblent pas très ouverts à l’idée de tout changement.

Bataille de forbans dans les communications

TF1, chaîne de télévision privée criarde envahie par la publicité et la beaufitude, s’est fait couper sa diffusion par un « opérateur », en l’occurrence le groupe Canal+. Les forbans qui dirigent ces deux entités se sont battus à coup de communiqués de presse au sujet que la rémunération que l’un veut exiger de l’autre qui ne veut pas lui payer. Bref, un conflit commercial classique entre un client et un fournisseur dont on ne sait pas bien qui est le client de qui d’ailleurs.

TF1 a eu l’audace de faire état de téléspectateurs « désespérés » qui ne pouvaient plus regarder cette chaîne via leur abonnement payant à Canal+. Il leur restait plusieurs centaines d’autres chaînes disponibles, ou tout simplement la possibilité de se rebrancher sur la télévision numérique gratuite, mais ils frisaient le suicide. Devant la « gravité » de ce désespoir les pouvoirs publics sont intervenus (via le Conseil supérieur de l’audiovisuel – CSA) pour convaincre les forbans de trouver un accord. Ils l’ont trouvé bien entendu et l’on peut gager qu’une semaine de TF1 en moins aura eu un effet revitalisant sur les neurones des téléspectateurs.

Le salon des lobbys

Comme chaque année le salon de l’agriculture à Paris qui s’est clos ce 6 mars fut l’occasion pour le monde rural de faire valoir ses problèmes et pour le microcosme politico-médiatique de se montrer sur les écrans en dégustant des verres de blanc en caressant de petits agneaux tous mignons et tous tendres quelques jours avant qu’ils ne terminent dans nos assiettes.

Comme chaque année ce salon fut un long moment de pleurs et de lamentations pour un secteur qui se qualifie globalement en crise depuis des décennies et qui utilise au mieux sa forte capacité de lobbying pour faire admettre par la pensée commune que la « crise » agricole est plus profonde que partout ailleurs. La réalité est sans doute plus nuancée car si nombre de petits paysans sont laminés par la concurrence dans notre monde libéral et le font savoir, d’autres secteurs de l’agriculture restent beaucoup plus discrets car ils ont développé des business rentables.

La France est le premier producteur agricole européen et tient aussi la première place dans les productions végétale et animale. Le secteur génère des exportations significatives et des flux de subventions également importants, c’est-à-dire qu’il y a un transfert de richesse des contribuables vers les producteurs agricoles, ceci pour de bonnes raisons de développement économique, social et environnemental. Cela n’a pas empêché une partie de ce secteur de se restructurer et de se moderniser au point de rester compétitif sur les marchés internationaux. Evidemment il reste les petits producteurs qui se heurtent douloureusement aux forces du marché, au secteur de la distribution et qui n’arrivent pas à survivre. Ceux-là vont disparaître du moins tant que les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher leur production par rapport à celle de l’agriculture industrielle vendue dans les supermarchés, ou aux contribuables à financer à des niveaux de subventions supérieurs à ceux actuellement constatés.

C’est le b-a-ba de l’économie libérale : les plus efficaces mangent les moins efficients et globalement l’économie est censée être gagnante ; la destruction créatrice est à l’œuvre modulo les transferts financiers des contribuables vers les agriculteurs compte tenu de l’importance sociale du secteur.

Il faudrait idéalement mettre un terme à ce rapport émotif que l’on porte sur le secteur économique de l’agriculture où tout est toujours plus grave qu’ailleurs : les déficits, la dette, la difficulté du marché libéral, etc. C’est aussi le symptôme d’un lobby fort et puissant qui malgré son peu d’impact électoral (le nombre d’agriculteurs-électeurs est maintenant extrêmement faible) continue à agir avec force et influence sur les leviers politiques multi-partisans. Il faut continuer à restructurer l’agriculture, comme le fait l’économie privée et publique depuis des décennies pour s’adapter à l’évolution des marchés et des pratiques ; là où il y a surproduction il faudra bien réduire celle-ci à moins de revenir à l’économie de kolkhoze, là où il faut augmenter la taille des exploitations il faudra favoriser les rapprochements, là où il y a besoin d’aides du contribuable il faudra le cas échéant réorienter les flux de subventions vers les activités pouvant les utiliser avec le plus d’efficacité, etc.

Bref, il faut faire de la politique entre gens intelligents et si possible de bonne compagnie.

L’Asie nourrit les siens

Paris-Chinatown, dans l’entresol des tours Olympiades rue de Tolbiac, le parking Avis est logé au bout de cet immense espace dédié au commerce asiatique. Le locataire d’une minuscule Clio se faufile au milieu des semi-remorques qui défilent pour livrer leurs marchandises devant une succession d’entrepôts où s’entassent du crabe de Thaïlande, de la crevette de la mer de Chine, du Nuoc-mâm du Vietnam, de la nouille chinoise et sans doute d’autres marchandises plus ou moins avouables. C’est une véritable ruche en plein Paris, une sorte d’impressionnant Rungis chinois…

L’Asie nourrit les siens !

Des économies faciles à réaliser

Le gouvernement français a annoncé renoncer à sa candidature d’accueillir l’exposition universelle de 2025. Le premier ministre s’est fendu d’une missive adressée à l’organisation en charge de cet évènement pour l’informer, en gros, que la République ne garantirait pas financièrement cette exposition en France ce qui marque un coup d’arrêt à celle-ci. Dieu merci il reste trois pays candidats que sont le Japon (Osaka), la Russie (Ekaterinburg) et l’Azerbaïdjan (Bakou).

Les promoteurs français de cet évènement se plaignent bien entendu de ce revirement de l’Etat, tout en expliquant qu’aucun argent public n’aurait été engagé. Certes, mais ils avaient néanmoins besoin de la garantie du contribuable pour mener à bien leur organisation « privée ». La ville de Boston a renoncé à l’organisation des jeux olympiques de 2024 (que Paris finalement organisera) lorsque le comité olympique lui demanda sa garantie financière. Comme Boston l’an passé, le gouvernement français a estimé qu’il n’était pas opportun de faire peser sur les contribuables nationaux le risque financier d’organisations d’expositions un peu démodées.

L’essentiel de cet évènement devait se dérouler en banlieue parisienne sur le campus dit de Paris-Saclay où résident nombre de centres de recherche, d’universités et de grandes écoles, du secteur privé comme public. Le comité d’organisation composé d’élus et de diverses entreprises privées est mécontent et le fait savoir par la voix de son président Jean-Christophe Fromantin (élu des Hauts de Seine) :

« …les arguments invoqués par Matignon sont faux. C’est justement parce que nous étions soucieux de la dépense publique que nous avons, depuis le début, construit ce modèle privé qui a séduit de nombreux partenaires économiques. Une telle probité devrait être exigée à tous les grands événements internationaux que la France organise ».

La faille dans le raisonnement est que le projet est certes « construit sur un modèle privé » mais a tout de même besoin de la garantie de l’Etat, donc des contribuables et l’on peut prévoir sans beaucoup de risques de se tromper que cette garantie aurait été mise en jeu.

L’écueil dans cet évènement est qu’il vient après les ponctions déjà engagées sur les contribuables pour les organisations de jeux olympiques à Paris en 2024 et de la coupe du monde rugby l’année suivante. Trop c’est trop et il faut bien arrêter à un moment ou à un autre la machine à dépenser l’argent des contribuables. Il aurait été préférable de la stopper avant d’accepter les jeux olympiques de 2024 mais la malchance pour l’exposition universelle est que le couperet tombe sur elle.

Ainsi le campus de Paris-Saclay pourra se consacrer à ses travaux de recherches sans être perturbé par les flonflons d’une exposition consommatrice de temps et d’argent. Ces dépenses somptuaires ne sont pas prioritaires pour un pays surendetté, il est sain qu’elles soient contrôlées. La France ira installer son pavillon à l’exposition à Bakou et en survivra. Mettre fin au financement de ce type d’évènements et ainsi réduire la dépense publique est facile à faire : il suffit de le décider !

Ces pédégés qui se croient irremplaçables

Le pédégé de l’entreprise publique Radio France vient d’être condamné à un an de prison avec sursis plus 20 000 EUR d’amende pour avoir favorisé des fournisseurs dans son précédent emploi. Il a fait appel de cette condamnation comme l’y autorise la loi de notre belle démocratie. L’un des fournisseurs est un prestataire de services au profil plutôt flou défini ainsi sur son compte Tweeter : « Cofondateur de 2017, cabinet conseil en stratégie et communication. Président de Balises. Enseignant à Sciences-Po Paris en communication politique ». Bref, un « communicant » comme on nomme aujourd’hui ce genre de personnages qui envahissent les plateaux télévisés, les cabinets ministériels et les bureaux des pédégés du CAC40.

On voit sur ledit compte la photo récente de cette fine équipe de mousquetaires du bla-bla :

Jeunes (sauf le patron), détendus (pas de cravate), habillés sobre et noir (tendance), du personnel féminin mis sur le devant (qui n’a sans doute pas été recruté que sur la rapidité de ses neurones), négligemment installés sur la table blanche (souplesse des membres), bref, ça exsude la « coolitude »… et la soupe insipide à vendre.

Si le pédégé de Radio France avait passé un peu moins de temps avec ces gogos et un peu plus à travailler sur ses dossiers dans son bureau il aurait moins d’ennuis aujourd’hui. On ne sait pas si la procédure d’appel l’innocentera ou au contraire aggravera sa condamnation, qu’importe, ses patrons ont décidé qu’il n’était plus en mesure d’assumer sereinement ses fonctions. C’est ainsi. Il ne voulait pas démissionner alors il a été viré. Comme toujours, on trouve une cohorte de ses défenseurs qui nous expliquent que ce pédégé est irremplaçable car il a bien géré, enregistré de bons résultats et doit poursuivre les réformes qu’il a engagées et que seul lui pourrait finaliser.

Une nouvelle fois il faut s’en persuader, ces pédégés sont interchangeables et les décideurs de Radio France n’auront qu’à shooter sur les platanes de l’avenue Marceau pour qu’il tombe une dizaine de bons candidat de chaque arbre. Que cette bonne maison de Radio France ne s’inquiète pas et continue à nous concocter ses programmes de qualité, elle accueillera sous peu un nouveau patron qui fera aussi bien que le banni.

Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

L’hystérie qui s’est emparé du débat public depuis l’annonce du choix de l’Etat d’agrandir l’aéroport actuel de Nantes plutôt que d’en construire un nouveau illustre jusqu’à la nausée la vacuité et l’inanité de ce petit microcosme politico-médiatique qui croit représenter le peuple français. Cette décision d’investissement public est une parmi bien d’autres qui génère des couts et, sans doute, des avantages ; du genre de celles que doivent prendre tous dirigeants responsables en arrivant le matin au bureau. Evidement pour les individus qui consacrent leurs journées à pondre des tweets ballots plutôt que d’agir, la prise de décision fait partie d’un monde surnaturel et hors de portée. Parmi bien d’autres on relève le tweet de l’inénarrable Eric Woerth :

Ou de Jean-Marc Ayrault :

L’un, de droite, comme l’autre, de gauche, voulaient construire ce nouvel aéroport à Nantes ; mais que ne l’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux commandes ? Leurs successeurs en ont décidé autrement pour le moment. Si Woerth, Ayrault ou consorts sont un jour réélus et que la situation économique régionale l’exige, et bien il sera toujours temps de le construire cet aéroport, ce qui doit bien pouvoir être fait en deux ou trois ans de travaux. C’est ce qui s’appelle décider et agir, et non pas procrastiner comme ils l’ont fait durant des décennies sur ce projet.

Sur les coûts, on aimerait qu’ils fassent preuve de la même exigence pour les dépenses engagée par la République pour financer des jeux olympiques de sports à Paris que sur les coûts du choix d’investissement public qui a été fait à Nantes !

Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport

Dépression au-dessus d’un aéroport

La décision d’agrandissement de l’aéroport de Nantes a été prise par l’Etat au détriment de la construction d’un nouvel aéroport sis sur la commune de Notre Dame des Landes. Ce sujet ne serait pas d’une importance notable s’il n’avait été consciencieusement monté en épingle depuis 50 ans par une classe politique et médiatique très éloignée de ce que les citoyens contribuables en attendent.

Annoncé aujourd’hui, ce choix d’investissement déclenche depuis un déferlement de platitudes et de bagarres médiatiques dont le niveau relève d’une beuverie de fin de mariage de province. Les arguments volent en escadrilles et les mêmes sont utilisés et retournés par les partisans de la décision comme par leurs adversaires et vice-versa. Les avions vont s’écraser sur la ville de Nantes, le lac de Triffouillis-les-trompettes va être pollué, l’aéroport va saturer, le développement économique de tout le Grand Ouest va péricliter, c’est un déni de démocratie, une trahison du Grand Ouest, et patati, et patata…

En face les partisans de cette décision pavanent : grande victoire pour les opposants, pour l’environnement et pour l’intérêt général, la raison a prévalu, décision responsable qui récompense des années de résistance locale, d’expertise citoyenne et de mobilisation nationale, le bon sens l’a emporté et l’intérêt général a fini par prévaloir, etc. etc.

A la vérité personne ne peut vraiment savoir à ce stade si le choix fait est le bon ou pas et seul l’avenir le dira. Prévoir ce que serait le trafic aérien d’un aéroport de province dans les vingt ans à venir est juste impossible ! Alors félicitons-nous, une décision a été prise, respectons là et passons à autre chose. Que la politicaille délaisse ses tweets sur le sujet et se mette au boulot sur nombre des autres pour lesquelles elle est attendue, et rémunérée.

Il y a une quinzaine d’années, le projet similaire du transfert de l’aéroport de Toulouse avait été stoppé. Les mêmes cassandres prévoyaient la saturation du site actuel qui finalement n’a pas encore eu lieu. Et puis s’il faut ressortir le dossier d’un transfert de l’aéroport de Nantes dans 15 ou 20 ans, et bien on le fera et on agira en fonction du bien public et non au gré des égos de petits marquis locaux.

Nabilla et le bitcoin


Nabilla, starlette de la télévision, poitrine démesurée et neurones raréfiés, fait la promotion d’une plate-forme de commercialisation de « bitcoin », nouvel furie spéculative qui occupe les traders-fraudeurs à la recherche d’émotions financières et de gogos à gruger.

… Je connais l’une des filles qui travaille (SIC) avec un trader qui sont à fond dans le bitcoin, c’est un peu la nouvelle monnaie genre la monnaie du futur et donc en fait j’trouve que c’est assez bien, et comme en ce moment c’est grave en train de se développer ils ont créé un site… Même si vous z’y connaissez rien ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup… etc. etc.

Tout un symbole de notre époque : gros seins et argent clinquant, quelle tristesse ! Plus pernicieux en utilisant les services publicitaires de ce personnage, les spéculateurs cherchent à ferrer des jobards à escroquer et il n’y a pas de doute que la clientèle de Nabilla va se faire dévaliser par les trader-fraudeurs, experts en la matière.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a estimé qu’il y avait danger et a publié un avertissement sur Twitter. Pas sûr que les followers de l’AMF soient les mêmes que ceux de Nabilla.

Ryan Air et Monsieur le Marché

Ryan Air, compagnie aérienne irlandaise a bâti son succès commercial et financier sur le low-cost. Tous les coûts sont réduits au minimum : personnel significativement moins payé que dans les compagnies classiques, pilotes avec statut d’autoentrepreneur qui payent leurs uniformes, avions mieux exploités (moins de temps d’immobilisation, les pilotes font eux-mêmes le plein de carburant, etc.), réduction des services gratuits aux passagers au strict minimum, tout supplément au simple voyage d’un point à un autre est facturé : bagages en soute, repas, boissons, etc. Ceci associé à une gestion apparemment saine a porté ses fruits : explosion des ventes de billets à petits prix et grosse réussite financière. Le partage de la valeur créée par cette activité s’est fait entre les passagers-consommateurs et les actionnaires-propriétaires pour la plus grande joie de chacun de ces acteurs semble-t-il. Il ne restait plus grand-chose pour les employés-salariés.

Cela a fonctionné tant que le marché des personnels navigants était déprimé et que les salaires de ceux-ci pouvaient être tirés vers le bas. Les choses sont en train de changer et les compagnies aériennes classiques offrent de meilleures conditions. Les personnels de Ryan Air s’en vont planter leurs choux ailleurs et la compagnie low cost est obligée d’annuler des vols qu’elle n’a plus assez de pilotes pour assurer ; pire, devant des préavis de grève, une première, elle vient d’accepter le principe de syndicats dans l’entreprise. Monsieur le Marché a parlé et progressivement va amener une nouvelle répartition de la valeur ajoutée de cette entreprise entre salaires, prix et profits. Les conditions de travail vont probablement s’améliorer un peu, les prix des billets devraient augmenter, voir les profits baisser, il y aura un nouveau mix de ces trois variable, et si tout se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie le business model s’adaptera à ce changement de paradigme. Ainsi va la vie en économie libérale !