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Tapie toujours au front

Tapie-l’affairiste-repris-de-justice-aux-cheveux-teints, mis en examen pour escroquerie en bande organisée, dont les biens sont en partie saisis par la justice dans le cadre de cette affaire, annonce qu’il reprend 100% des parts du groupe de presse en redressement judiciaire dans lequel il avait investi fin 2012 à parité avec la famille Hersant, elle-même en déconfiture. Tout ceci est proprement surréaliste. Au moins peut-on reconnaître à l’artiste Tapie le mérite de se battre comme un lion !

Goldman Sachs fraude et trahit

Le deuxième feuilleton de l’été, tout aussi croustillant quecelui de Tapie-l’affairiste-repris-de-justice, concerne cette fois-ci un trader-fraudeur de la banque spéculative Goldman Sachs. Le garçon,Fabrice Tourre, accessoirement centralien de nationalité française, a consacréses neurones agiles à construire un produit financier opaque et toxique,constitué de crédits immobiliers douteux (les subprimes), pour le vendreà des gogos tout en spéculant sur la baisse du produit dans le même temps. Toutceci étant bien entendu réalisé sous l’égide de son employeur lui versant de juteuxbonus pour ces escroqueries.

Dans un grand élan de sens des responsabilités et de moralité, Goldman Sachs a lâché son employé, transigé avec la justice pour éviter le procès contre une amende de 550 millions de dollars. Histoire d’enfoncer un peu plus son trader-fraudeur la banque a même remis à la justice des emails personnels de celui-ci où il se vantait auprès de sa copine d’escroquer le gogo. Pour se donner bonne conscience dans cette veulerie caractérisée, Goldman Sachs paye les frais d’avocats de son ex-employé.

Le procès va durer troissemaines ; à suivre !

Tapie dans les affaires

L’instruction du procès de l’escroquerie en bande organisée soupçonnée dans le cadre de l’arbitrage perdu par l’Etat contre Tapie-l’affairiste-repris-de-justice, se poursuit avec éclat. Mise en examen, gardes à vue, révélations, mauvaises fois, arguties et rumeurs agitent ce feuilleton de l’été. Tapie-l’affairiste-repris-de-justice se débat comme un beau diable sur les plateaux médiatiques mais il a tout demême un peu de de mal à justifier avoir reçu 40 millions d’EUR pour préjudice moral. Il déploie une énergie impressionnante pour son âge pour défendre son cas alors que grosso mode tout le monde lui tombe dessus tant il est un coupable idéal.

Son fiston annonce monter un site web pour soutenir son papa(Thttp://www.affairetapie.com/). Pour le moment on tombe sur cette page d’accueil :

On ne peut pas dire que ce soit très convivial. On se demande si la famille de Tapie-l’affairiste-repris-de-justice ne se sentirait pas un peu acculée.

En tout cas il y a une chose, et une seule, qui paraît certaine dans cette affaire d’escroquerie c’est que Tapie-l’affairiste-repris-de-justice se teint les cheveux. On le voit bien sur les plateaux de télé qu’il occupe ces derniers temps, il n’a pas un cheveu blanc, ce qui à 70 ans n’est pas normal.

DSK l’expert

Pernicieux : DSK est invité en tant « qu’expert économique » au Sénat pour plancher devant une commission, de droite, sur les banques. L’expertise du bonhomme n’est sûrement pas inoubliable, vous shootez sur un des arbres du jardin de l’université Dauphine et il vous tombe immédiatement 10 professeurs largement aussi experts que DSK mais tellement moins croustillants à inviter par des parlementaires de droite pour faire la nique à leurs collègues de gauche.

Les traders-fraudeurs à l’œuvre

Nos amis les marchés continuent à se mettre en valeur : après les manipulations de taux de référence Libor et Euribor, voici maintenant que l’agence Bloomberg, pourtant assez peu connue pour ses idées bolchéviques, révèle que des soupçons pèsent sur les forbans de la finance qui auraient manipulé les taux de change de référence fournis par une autre agence, Reuters. Là ils s’attaqueraient au plus vaste marché de la planète et sans doute celui sur lequel il sera le plus difficile de démontrer formellement des manipulations tant les volumes traités chaque jour sont gigantesques et éclatés sur les marchés du monde entier.

La question de fonds relève de la construction même de ces marchés : les traders par définition sont des commerçants qui sont recrutés et payés pour spéculer, on ne peut donc guère leur reprocher de le faire puisque c’est le point numéro 1 de leur description de poste. Le problème de ces flibustiers est qu’ils ne courent aucun risque personnel puisqu’ils jouent au casino avec l’argent de leurs employeurs, en l’occurrence, le plus souvent, celui des dépôts des banques qui les surpayent. Comme ils touchent des revenus absolument hors de proportion avec les risques pris, en contradiction totale avec l’une des règles majeures du capitalisme qui veut que rémunérations soit proportionnelle au risque, leur neurones plutôt bien huilés et formés disjonctent régulièrement et leur fait privilégier l’ampleur de leurs gains personnels audétriment des règles, des lois et de la décence.

 Voyons ce que donnera cette nouvelle enquête des autorités britanniques sur une éventuelle manipulation des taux de change.

Le fouteballe et l’argent public

Saine réaction : des manifestations importantes se déroulent au Brésil contre « la vie chère ». Jusqu’ici rien de bien neuf, surtout dans un pays émergent dont le développement flamboyant de ces dernières années a aussi aggravé les inégalités, développement qui marque un peu le pas d’ailleurs ces derniers mois. Plus nouveau, certains se demandent si les coûts générés par la mise à niveau des infrastructures pour préparer la coupe du monde de fouteballe ne seraient pas à l’origine de l’augmentation d’un certain nombre de prix dans les services publics contestés par les manifestants…

Eh oui, les dépenses liés à l’organisation de ces compétitions mondiales ou olympiques sont indécentes, improductives, ciblées (donc inéquitables), non durables et, de ce fait, inopportunes, au Brésil comme en Occident. Les quelques infrastructures qui peuvent ensuite resservir à l’ensemble de la population, très minoritaires, pourraient très bien être financées hors manifestations sportives. Accessoirement les jeux olympiques d’Athènes ont marqué le début de l’effondrement de la Grèce.

Une bande de flibustiers

La bande organisée accusée d’escroquerie dans l’affaire de l’arbitrage privé rendu en faveur de Tapie-l’affairiste au détriment des contribuables, la bande organisée donc, est dévoilée progressivement. Après l’un des juges arbitre mis en examen, voici l’ex-patron de l’entité publique portant les créances compromises du Crédit Lyonnais et l’ex-directeur de cabinet du ministre des finances Lagarde à leur tour mise en examen pour escroquerie en bande organisée.

La ministre Lagarde, relevant elle de la cour de justice de la République en tant qu’ancienne ministre, a été placée sous statut de témoin assisté dans une enquête ouverte pour « complicité de faux et complicité de détournement de fonds publics ». Excusez du peu ! Mais c’est moins infâmant que mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

Le prochain de la bande à être entendu sera Claude Guéant, cela promet ! Pour le moment il se débat dans une sombre histoire de primes touchées en liquide lorsqu’il étaitdirecteur de cabinet du ministre de l’intérieur et dont une partie au moins expliquerait selon lui des factures d’électro-ménager payées en liquide pour 20 à 25 000 euros, et retrouvées par hasard dans ses dossiers lors d’une perquisition judiciaire dans le cadre de l’affaire Tapie précitée…

Un clinquant qui manque de moyens

Rigolo : Afflelou, vendeur de lunettes, propriétaire d’un jet privé qu’il loue à l’occasion, se retrouve embarqué dans une affaire de trafic de cocaïne. Le dernier client qui a loué son avion il y a deux mois, s’en est servi pour essayer de faire transporter plusieurs centaines de kilo de drogue depuis la République Dominicaine vers la France. Hélas pour eux, ce petit monde, y compris l’équipage dont on ne sait pas bien s’il est salarié d’Afflelou ou pas, s’est fait arrêter à Saint-Domingue et croupi depuis en taule sous les tropiques.

Afflelou, qui jure ses grands dieux qu’il n’est pas mêlé à ce trafic, pourra méditer sur les joies et servitudes d’afficher dans son patrimoine des véhicules de luxe. Le mieux serait que : soit il a les moyens d’entretenir un Falcon 50 et il le garde sur le parking en attendant qu’il l’utilise, soit cela lui coûte trop cher et il prend des avions de ligne comme tout le monde, cela lui évitera de futures déconvenues.

Les pays d’accueil des fraudeurs fiscaux deviennent moins accueillants

Petit à petit et par touches artistiques, les pays occidentaux ayant érigé le secret bancaire en règle non négociable baissent casaque ! Dernier avatar connu, les Etats-Unis sont en train d’obtenir que la Suisse modifie sa loi pour mettre en place des flux d’informations des banques suisses vers l’administration fiscale américaine sur les résidents et non-résidents américains détenant des comptes en Suisse. Les Etats-Unis seraient même en train d’obtenir que la Suisse dévoile également les noms des agents bancaires qui auraient proposé aux clients américains des moyens d’échapper à l’impôt.

Les banques suisses commencent à provisionner des montants importants en anticipation des amendes auxquelles elles ne manqueront pas d’être condamnées pour incitation à la fraude fiscal. Le Luxembourg et l’Autriche commencent également à reculer sur le sujet.

Bien sûr on peut imaginer qu’une partie des fonds frauduleux ne réintégreront pas leurs pays d’origine et iront s’investir encore plus loin, mais plus le nombre de pays où l’opacité bancaire est la règle sera important et plus les fraudeurs verront se réduire leur bac à sable. Cela va dans le bon sens et montre qu’au moins sur certains sujets, la volonté politique peut abattre quelques montagnes.

Lenglet François, ‘Qui va payer la crise ?’.

Sortie : 2012, Chez : Fayard. Un livre de journaliste, donc très critique et peu analytique. Tout le monde en prend pour son grade : les pays qui gèrent leur budget avec rigueur car ils cassent la croissance des autres ; les pays qui dépensent sans compter car ils vivent comme des cigales et cassent leur futur ; les dirigeants irresponsables qui n’arrivent pas à se mettre d’accord pour faire avancer l’Europe et plient devant le monde de la Finance, etc. Seule la corporation des journalistes (qui bénéficie toujours d’une niche fiscale en France et participe ainsi à la dépense publique NDLR) semble échapper à ce tir de barrage.
Sur le fond la description de la situation apparaît correcte mais le diagnostic l’est un peu moins. Sa théorie principale, répétée à plusieurs reprises est que c’est la crise qui crée la dette et non l’inverse. C’est une façon contestable de voir les choses car c’est surtout l’incurie budgétaire de nos Etats qui a créé la crise de la dette publique : 40 années successives de déficit pour le budget de la France, pendant les périodes de croissance comme de récession. Nos enfants n’ont jamais connu autre chose que le déficit de leur Etat depuis leur naissance ! Si la France avait profité des périodes de vaches grasses pour se désendetter elle aurait pu affronter la situation actuelle avec plus de force, mais réduire les dépenses publiques nécessite un courage politique dont nos dirigeants ces dernières années étaient fort peu pourvus, eux-mêmes élus par des masses peu disposées à se remettre en cause.
Après les pages de critiques tous azimuts il y a quelques propositions dans les derniers paragraphes : faire sortir la Grèce de la zone euro en préparant l’opération, et annuler tout ou partie des dettes des pays du sud de l’Europe. Stratégies relativement aisées à définir du fond d’une rédaction parisienne (avec niche fiscale NDLR), un peu plus complexe à mettre en œuvre dans la vraie vie. Mais grosso-modo c’est ce qui se dessine ; il est peu probable que la Grèce quitte la zone euro, mais l’annulation/allègement des dettes des pays impécunieux est en cours. La Grèce a vu effacer une partie significative de sa dette privée et l’allègement de sa dette publique est en cours. Simplement cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique : il a y 26 autres pays européens à convaincre, une multitude de créanciers à qui fournir des kleenex pour pleurer, des peuples et des parlements qui existent encore et qu’il faut prendre en compte. Bref, quand on annule de la dette il faut répondre à la question : « Qui va payer ? ». Eh bien quand il s’agit de dette privée ce sont les banques, et derrière leurs actionnaires voire leurs contribuables nationaux si ces annulations mettent en péril l’avenir desdites banques ; pour les dettes publiques ce sont directement les contribuables des pays prêteurs, c’est plus simple. La République française est créancière à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros de la Grèce, prêts directs et garanties de prêts divers, ce qui veut dire que tout euro annulé à la Grèce se retrouve dans le budget dépenses de la République et donc sur notre avis d’imposition. C’est assez simple à comprendre, c’est un peu plus difficile à mettre en œuvre, en tout cas cela prend plus de temps que Lenglet n’en octroie.
On note (au moins) 2 erreurs manifestes dans l’ouvrage. Lenglet parle page 172 du safari mené par le roi d’Espagne en 2012 en « Rhodésie » pour illustrer la perte de repères des dirigeants européens : la Rhodésie n’existe plus depuis qu’elle est devenue indépendante dans les années 70 et s’est transformée en Zimbabwe. Il explique aussi page 169 que la nouvelle monnaie grecque « …devrait se déprécier de moitié au moins, ce qui divisera la dette par deux. » Dans une telle hypothèse, la dette en EUR sera multipliée par 2 et non divisée par 2 !
Pour résumer, un livre intéressant mais qui le serait encore un peu plus avec moins de formules à l’emporte-pièce et plus de réflexion.

Economistes Atterrés , ‘Manifeste d’économistes atterrés’.

Sortie : 2010, Chez : LLL (Les Liens qui Libèrent). Une très réjouissante lecture que ce Manifeste rédigé en 60 pages par un collectif d’économistes qui démontent 10 idées préconçues post-crise financière de 2008, la première étant que le Marché est parfait et se trouve le meilleur outil pour affecter les capitaux aux secteurs les plus productifs, les autres que le Marché est favorable à la croissance économique ou un bon outil de mesure de la solvabilité des Etats, etc. Au total 10 billevesées diffusées en boucle par le monde néolibéral contre les évidences amenées par l’explosion de la planète financière en 2008/2009.
Après chaque idée sont proposées des pistes de réflexion qui malheureusement ne seraient efficaces que si et seulement si tous les pays les appliquaient en même temps et de la même façon. Tout ceci est un peu naïf, purement intellectuel, mais au moins ces idées sont exprimées et les gouvernants ne pourront pas faire semblant de les découvrir lors de la prochaine crise financière dont la survenance est déjà inscrite dans l’Histoire, reste juste à en découvrir la date. La maison d’édition s’appelle LLL – Les Liens qui Libèrent. Tout est dit !
Les atterrés ont créés leur site web sur http://atterres.org/ dont la lecture est très vivement recommandée ici.