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Projet de Loi de finances 2015

Le projet de loi de finances 2015 a été publié par le gouvernement. Comme chaque année la sortie de ce document, qui se transformera en Loi de finance d’ici au 31 décembre, déclenche assaut de contre-vérités, platitudes en tous sens et absence d’analyse.
Comme toujours, chacun critique les dépenses comme les recettes, quel que soit son bord politique, passant sous silence le lien indéfectible entre les deux, oubliant que si l’on baisse des recettes il va falloir également baisser des dépenses, et vice-versa. En réalité l’exercice budgétaire public est un savant mixage à trouver entre les colonnes débit et crédit, ainsi qu’au niveau des natures de ces recettes et dépenses. Personne n’y est vraiment parvenu depuis 1974 année du dernier budget en équilibre. Depuis, nous dépensons systématiquement plus que nous gagnons, l’ajustement étant fait par de la dette.
Dans un pays civilisé, et compte tenu de la gravité de la situation financière de la République, une union nationale se formerait pour trouver un consensus minimum sur le rétablissement des comptes publics. Mais nous sommes en France alors chacun y va de son populisme facile, de sa démagogie décourageante et de son irréalisme démesuré, le tout assaisonné des éditoriaux vengeurs et irréfléchis de Valeurs Actuelles à L’Humanité (rappelons que la presse, afin d’assurer sa survie, est bénéficiaire de subventions payées par le contribuable et inscrites au budget dans la colonne dépenses).
Voter un budget à l’équilibre est en théorie assez simple à faire puisqu’il suffit d’égaliser la colonne débit avec la colonne crédit. Nombre des beaux parleurs de la buvette de l’assemblée nationale ou du Café du commerce éructent qu’il suffit de baisser les impôts, puis après une Kronenbourg, ajoutant qu’il faut aussi augmenter les dépenses de crèche, de l’armée, de l’éducation et tutti quanti. Bien sûr.
Le déficit existe depuis 1974, son évolution depuis 2000 est la suivante :
Gov_PLF-2015_deficit
On ne peut dire que cela soit particulièrement brillant ! Tordons le cou une nouvelle fois à cette escroquerie intellectuelle qui consiste à mesurer le déficit en points de PIB. A la maison et en entreprise on le calcule en fonction des recettes, ce qui veut dire qu’en 2014 il sera de 28% des recettes : chaque 100 EUR dépensé est financé par 72 EUR de recettes fiscales et 28 EUR empruntés. Cela est malheureusement plus confondant qu’un malheureux 4,4% du PIB tel qu’affiché ! Quel ménage, quelle entreprise peut-elle durablement emprunter 28% de ce qu’elle dépense ? Aucun. Quelle situation allons-nous laisser à nos enfants ? Déplorable.
Il faut donc réduire le déficit. Pour ce faire, le gouvernement actuel s’engage non pas à diminuer les dépenses, mais à en réduire la progression de 50 milliards sur 3 ans pour l’Etat, les collectivités locales et la protection sociale. Pourquoi pas !

Gov_PLF-2015_economie
L’opposition affiche sa volonté de réduire non pas de 50 milliards mais de 150. C’est une autre solution, plus violente, également applicable. Il suffit d’arrêter les lignes budgétaires sur lesquelles appliquer ces réductions et les voter. Les missions de l’Etat sont répertoriées au nombre de 30 dans le projet de loi de finance, chacune avec son budget de dépenses (hors dette et pensions) :

Gov_PLF-2015_solde-general

Mais on peut aussi réduire les pensions (les retraites versées aux fonctionnaires) ! Il sera difficile de ne pas rembourser la dette sous peine de mise en défaut de la République. C’est néanmoins techniquement possible, et d’ailleurs déjà arrivé, alors autant éviter de renouveler l’expérience. On privilégie donc le coup de rabot, mais une fois appliqué sur les dépenses de l’Etat, le job n’est pas fini puisqu’il faut en faire autant pour les collectivités locales et les prestations sociales avec chaque fois le même cortège de pleurs et de lamentations.
Ce PLF 2015 est un moyen-terme entre les braillements des ayatollahs de la dépense (frondeurs socialistes, Montebourg et Guaino réunis) et les cris d’orfraie des yaka-faukon de l’opposition et de Valeurs Actuelles. Un budget de compromis entre des objectifs contradictoires énoncés par des élus girouettes et court-termistes.
Cet argent public n’est pas dilapidé il termine dans les poches des citoyens d’une façon ou d’une autre, sous forme de prestations, de services publics, parfois de corruption. Changer cette situation est difficile et au niveau de l’insatisfaction de l’électeur, baisser les dépenses ou augmenter les impôts revient au même.
Ce projet de budget est-il optimiste ? Certainement. Est-il réaliste ? Peut-être. Est-il perfectible ? Sans aucun doute. Est-il conforme à la volonté des représentants des citoyens élus au parlement ? Nous le verrons s’il est voté.
En fait, aucun gouvernement ne s’est jamais montré beaucoup plus efficace pour réduire les dépenses publiques, affublé de la même faiblesse politique face à un peuple désuni ayant, globalement, perdu le sens de l’intérêt général. Il faudrait sans doute un évènement externe comme la remontée des taux d’intérêt pour pousser les feux de la rigueur budgétaire. Il n’est sans doute pas souhaitable.
On pourrait aussi voter pour des dirigeants responsables qui expliquent clairement la situation du pays aux citoyens et réussissent à mettre en œuvre une synthèse politique pour sortir de l’ornière. Nous n’en sommes pas là, préférant la politicaillerie de basse-cour à la grandeur de la conduite de l’Etat. On a les dirigeants que l’on mérite, hélas !

Corporatismes divers

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Les notaires français dépensent leurs sous en publiant de pleines pages de publicité dans la presse pour effrayer Mme. Michu sur la perspective de voir dérèglementer leur profession protégée. C’est une réaction typique franchouillarde illustrant une fois encore l’immobilisme nationale dont la devise pourrait être : « Surtout ne rien faire ! ».
Ces braves notaires auraient été bien inspirés de publier les mêmes placards expliquant leur disponibilité à ouvrir une négociation avec les autorités concernées sur leur statut qui n’est sans doute pas immuable dans sa forme actuelle. C’est ce qu’on fait en entreprise tous les matins en arrivant au bureau !

Réalisme public

Réaliste : le ministre des finances français admet officiellement que les engagements pris de réduction du déficit des dépenses publiques ne seront pas tenus, une nouvelle fois. Le déficit 2014 augmentera à 4,4% du PIB. Autant le dire à nos partenaires européens, et à nos citoyens qui se plaignent de la politique « d’austérité » ; ils n’ont encore rien vu.
Accessoirement cela veut dire que les citoyens des autres pays européens plus rigoureux font bénéficier la France de leur bonne conduite. Cela crée un peu d’acrimonie de leur part, bien compréhensible.
Au même moment Pierre Moscovici était nommé commissaire européen pour l’Economie et les affaires monétaires, ce qui est parfaitement risible et immérité compte tenu des performances de la France dans ce domaine en général, et de Moscovici ex-ministre des finances français en particulier. Ainsi va la politique où la compétence n’est que rarement utilisée comme critère de sélection de ses responsables, au détriment du sens de la communication et de l’appartenance au parti qu’il faut.
La France ne méritait pas ce poste, Moscovici (qui a par ailleurs laissé de très mauvais souvenirs de son arrogance lorsqu’il était ministre des affaires européennes) n’a pas performé à la tête des finances françaises, c’est le moins que l’on puisse dire, mais la politicaillerie européanisée en a décidé autrement. Les membres méritants de l’Union européenne sont bons pour payer pour les pays défaillants. C’est ce qu’on appelle le nivellement par le bas.

L’actualité des banques

Goldman-Sachs_Sucks* Bank of America, l’un des géants bancaires mondiaux vient d’accepter de régler une pénalité de 16,65 milliards de dollars pour son implication escroquante dans le scandale financier des « subprimes » qui a mis l’économie occidentale à genoux en 2008 avec une crise économique sans précédent dont les conséquences se font encore sentir sur le porte-monnaie des contribuables qui ont dû payer pour l’incompétence de ce secteur.
* Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale reconverti en Saint-Jérôme victime des méchants banquiers, sort de prison et pourra vaquer à ses occupations avec un bracelet électronique. Evidemment il se précipite sur les plateaux télé avec son avocat mondain pour une nouvelle fois narrer par le menu détail combien il est une victime expiatoire d’un système cannibale. Mme. Michu essuie une larme devant le journal de TF1 sur son poste.

Pauvre François Hollande

Pauvre François Hollande ! Alors qu’il applique consciencieusement les principes de l’économie de l’offre vantés par les éditorialistes de Valeurs Actuelles et du FigMag, il est honni par le député socialiste ronchon et Mme. Michu grognon, réunis pour critiquer la politique d’un gouvernement qu’ils n’ont pas élu pour ça. Les économistes mondains et de plateaux télévisés ne critiquent pas trop la méthode, c’est celle qu’ils préconisent, alors ils font haro sur l’absence de résultats sur le chômage (qui s’accroît) et la croissance (stable à 0%).

Bien entendu si résultats il doit y avoir il est hors de question de les attendre avant 18 ou 24 mois donc ce n’est pas la peine de s’exciter pour le moment.

En attendant les parangons du déficit keynésien, les diafoirus de l’économie de la demande, député frondeurs et autres ministres chagrins font assaut de démagogie en prônant le retour à la dépense à tout va, seule méthode pour assurer la réélection de ceux qui sont élus.

Une larme pour le secteur bancaire…

Le patron d’HSBC se plaint lors de la présentation des comptes semestriels de la banque de l’avalanche de régulation qui s’abat sur le secteur financier qui occupe 10% de son effectif et surtout rend les salariés trop adverses au risque pour faire correctement leur métier.

On a du mal à écraser une larme pour HSBC au moment où un nouveau scandale bancaire éclate au Royaume-Uni qui promet d’être encore plus retentissant que ceux, déjà nombreux, des manipulations de taux, de subprimes : celui des assurances crédit vendues, parfois abusivement, par les banques pour permettre d’annuler la dette en cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur. En fait, dans un tel cas le crédit est remboursé par l’assureur, qui peut être une filiale de la banque elle-même.

Les banques britanniques semblent avoir gagné beaucoup d’argent avec cette activité d’assurance qui n’aurait dû rester qu’accessoire, et seraient surtout coupables de vente forcée de ces assurances. Devant le nombre de plaintes et des décisions judiciaires, les banques ont commencé à rembourser les primes d’assurance contestées. Cela se chiffre en milliards de livres… et n’est pas fini. Voilà qui va rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs outre-Manche et occuper les services de compliance crées par les banques pour s’assurer qu’elles respectent bien les nouvelles réglementations.

L’actualité des banques

Les vautours en Argentine

Les fonds vautours qui cherchent à faire plier l’Argentine pour se faire rembourser 100% de leurs créances là où la majorité des créanciers ont accepté il y a dix ans d’en annuler la plus grosse partie, ces fonds vautours, donc, sont en bonne voie d’emporter le morceau puisqu’ils ont réussi à faire prononcer le défaut technique de ce pays sur sa dette publique par les tribunaux américains.

Revoilà l’Argentine dans la tourmente financière et surtout voici mis en cause les grandes lignes des méthodes habituelles de restructuration des dettes publiques par la communauté financière internationale. Ce jugement risque de remettre en cause bien des plans de restructuration passés à venir. Voyons ce qu’il adviendra à court terme avec le défaut argentin, mais les semaines à venir risquent d’être tendues et provoquer bien des remous sur la planète financière.

Le plus croquignolet dans le comportement de ces vautours est leur conviction que c’est à cause de gouvernements corrompus que ces pays n’arrivent pas à rembourser leurs dettes. Refuser l’annulation de dettes et vous aurez, contraint et forcé, des gouvernants meilleurs gestionnaires ! Il y a du vrai bien sûr, mais dans ces affaires les prêteurs sont souvent aussi coupables que les emprunteurs en agissant avec la même insouciante incompétence !

La France pourrait être un jour confrontée à ce genre d’oukases de financiers prêteurs sans scrupules. Elle le fut déjà et régulièrement lors que le Franc subissait les attaques de spéculateurs sans scrupules mais qui ne faisait qu’appuyer du doigt sur l’abcès de la dette. De dévaluation en dévaluation la leçon n’a guère été retenue et la République continue à afficher un stock de dettes qui un jour attirera l’attention de spéculateurs mal intentionnés. Le mieux serait de baisser cet endettement.

Les grandes banques achètent leur impunité dans l’escroquerie des subprimes

Pour éviter un procès pénal, Bank Of America est en train d’accepter de payer une amende de 16 à 17 milliards de dollars pour son implication financière dans l’escroquerie des subprimes, déclencheur de la crise financière mondiale de 2008. La moitié de ce montant servirait à indemniser les investisseurs escroqués. Après les 13 milliards de JP Morgan Chase, les 10 de BNP Paribas, on atteint là un record mais on est encore loin des conséquences abyssales des errements de la finance qui ont mené l’économie occidentale au désastre que l’on connaît. Ces sanctions financières ont au moins le mérite de désigner les incompétents et de faire payer leurs organisations.

L’esprit saint n’a pas sauvé la banque Espirito Santo

La banque portugaise Espirito Santo fait faillite. C’est le premier établissement du pays. Le mécanisme européen de sauvetage des banques mal gérées a été mis en œuvre pour la première fois, avec succès jusqu’ici. Les actionnaires et certains créanciers vont y laisser des plumes, les contribuables européens, pour une fois pas seuls, feront le reste. Il n’est pas prévu de changer le nom ridicule de la banque, dommage.

Nomination non méritée

Rigolo : l’Allemagne bloque la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire européen aux affaires économiques et financières du fait que le garçon a géré les finances d’un Etat membre quand celui-ci ne brillait pas particulièrement pour sa bonne gestion ! Berlin a raison, comment imaginer un responsable économique et financier français à ce poste bruxellois alors que le budget français est déficitaire depuis 40 ans et la République est plus réputée pour ses engagements financiers non tenus que pour sa rigueur financière ? Mais comme si de rien n’était, les dirigeants parisiens, au-delà de tout sens des réalités, réclament un poste pour lequel ils sont définitivement non légitime.

Cerise sur le gâteau, Moscovici s’était fait copieusement détesté à Bruxelles lorsqu’il était ministre des affaires européennes de Jospin, ce qui n’arrange pas son cas.

Irresponsabilité et fiscalité

Le Parlement français s’avisa il y a peu de d’autoriser les collectivités locales à augmenter les taxes de séjour sur les hébergements touristiques. Aussitôt libérée, aussitôt augmentée, aussitôt contestée… et aussitôt abrogée ! Le secteur touristique a crié, Fabius (désormais en charge du commerce extérieur en plus des affaires étrangères) les a soutenus et tout ce petit monde est convenu de revenir au statuquo.

Le problème de cette affaire est que ces taxes devaient, en partie, financer le réseau de transport du Grand Paris. Un financement de quelques milliards d’euros qui part en fumée, ce n’est pas grave, le contribuable y pourvoira.

Il faudra qu’un jour dans ce pays que les contribuables se fédèrent en lobby afin de faire valoir leurs droits face à tous les autres lobbies pour refuser que dès qu’une corporation fait face à un problème on considère que la masse anonyme et taiseuses des contribuables se substituera à l’irresponsabilité desdites corporations !

Les transports publics ne facturent pas leurs coûts

Un rapport judiciaire accable la SNCF suite à l’accident ferroviaire de Brétigny qui avait fait plusieurs morts en juillet 2013. Il apparaît notamment que les travaux d’entretien et d’investissement sur le réseau ne sont plus menés dans les règles de l’art.

La SNCF et son acolyte RFF (Réseau ferré de France) ont sûrement des choses à se reprocher mais il faudra sans doute un jour que l’Etat (et les électeurs) se demandent s’il est bien raisonnable de continuer à encadrer les prix de vente des sociétés nationales. Globalement le chemin de fer français est déficitaire et accumule une dette très significative qui est surtout l’effet de l’accumulation d’excès des dépenses par rapport aux recettes. A la fin de l’histoire, le contribuable est garant de cette dette en partie générée pour permettre aux consommateurs de voyager à un prix inférieur aux coûts réels.

Bien sûr SNCF et RFF peuvent sans doute améliorer encore leur gestion, certainement l’immobilisme syndical génère des surcoûts dans ces entreprises, mais le problème le plus fondamental est que les prix de commercialisation ne couvrent pas les coûts d’exploitation, d’où moins de moyens pour entretenir le réseau.

On a grosso-modo les mêmes sujet avec la RATP, EDF et d’autres : à défaut de vouloir faire payer les consommateurs-électeurs, on fait payer les contribuables eux-aussi électeurs. Il n’est pas sûr que le calcul soit efficace.

Les chaînes d’info et la concurrence

Lassant : après que les opérateurs de téléphonie nous aient expliqué en long et en large que la concurrence c’est bien, mais chez les autres, car le secteur des télécommunications en France ne peut pas vivre avec plus de 3 opérateurs ! Voici aujourd’hui les chaînes d’information en continue qui nous servent le même charabia : LCI, chaîne payante veut être diffusée gratuitement sur la télévision numérique terrestre (TNT) où existent déjà deux chaînes jumelles iTélé et BFM qui s’époumonent à asséner en encore plus long et plus large que 3 chaînes gratuites ne pourront pas survivre.

Il est vrai qu’on voit mal ce qu’apporterait à la qualité de l’information du citoyen une troisième chaîne là où les 2 existantes débitent déjà grosso-modo la même information voyeuriste entre les mêmes séquences de réclame, et avec la même absence de réflexion.

LCI menace de cesser d’émettre si on ne lui donne pas accès au gratuit. Et bien laissons parler la libre concurrence si chère au cœur des économistes libéraux qui s’expriment majoritairement sur LCI et BFM, et que les meilleurs survivent.

En tout état de cause les économistes mondains prévoient que seules deux chaînes d’information en continue survivront, alors faut-il sélectionner les survivantes administrativement ou faut-il laisser Monsieur le Marché omniscient décider ? Une solution serait d’organiser un sondage auprès des économistes chroniqueurs de ces 3 chaînes pour connaître ce qu’ils suggèrent !

Salaire, prix et profit

L’Etat français continue de peser sur la fixation de prix de vente des entreprises qu’il contrôle. C’est le cas dans les transports urbains où le prix du ticket ne couvre plus qu’une part minoritaire et sans cesse décroissante des coûts de transport, le reste étant pris en charge par la collectivité (entreprises et contribuables) qui ne recouvre pas intégralement la communauté des utilisateurs.

C’est le cas aussi d’Electricité de France (EDF) entreprise publique pour laquelle l’Etat conteste la formule de fixation des prix qu’il a lui-même approuvée. Pour des raisons électoralistes il refuse les augmentations de prix résultant de l’application de cette formule… et le conseil d’Etat condamné l’Etat à rattraper les retards d’augmentation de prix de l’entreprise du fait de ces blocages politiques. Là-dessus Ségolène Royale arrive comme ministre de l’énergie, re-bloque à nouveau tout le processus et l’entreprise n’est toujours pas autorisée à augmenter ses prix ni à rattraper les retards d’actualisation de ceux-ci.

Là encore, la collectivité paye lorsque ces entreprises ne se suffisent plus à elles-mêmes.

Bye-bye Alstom

C’est finalement le groupe américain General Electric qui avalera le français Alstom. Ce n’est pas une bonne nouvelle et malgré les engagements de façade cela se passera comme pour toutes les opérations de ce type : le plus puissant avale le plus faible. Espérons qu’une part raisonnable d’activité restera localisée en France dans les années à venir !

De toute façon, de l’aveu de tout le monde, Alstom ne pouvait pas survivre seul, hélas !

Escroquerie en bandes organisées

Les autorités financières britanniques sont en train d’essayer d’être plus malignes que la bande de traders-fraudeurs surpayés qui a transformé le marché des changes londonien en tripot clandestin où s’affrontent des forbans du taux de change. Ce marché était jusqu’ici de gré-à-gré c’est-à-dire qu’il était censé n’être gouverné que pas la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, fonctionnant H24-7j/7, avec un fixing journalier qui déterminait le cours du jour servant ainsi de référence à des millions de transactions de change.

Bien entendu, nos traders-fraudeurs surpayés, apôtres du marché, ont laissé parler leur instinct et manipulé le fixing sur lequel, même des variations microscopiques peuvent déclencher des résultats colossaux compte tenu des volumes en jeux. Le régulateur qui a déjà phosphoré sur la manipulation par les traders-fraudeurs des taux d’intérêt, va grosso-modo étendre au marché des changes ce qu’il a mis en place pour les taux d’intérêt.

Lourde tâche : comment contrôler les tendances délictueuses d’une bande de traders-fraudeurs surpayés ?

La dévoration des bourses

Désopilant : Euronext, la société qui gère les bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne… va s’introduire en bourse ! Cette société avait fusionné avec la bourse de New York en 2007, puis s’était faite violemment racheter par une autre bourse américaine qui l’a dépecée et refourgue maintenant ses restes sur le marché. Les requins se dévorent entre eux laissant flotter des ondes sanguinolentes dans l’eau trouble du marigot où ils combattent.

On ne peut s’empêcher de se gondoler de rire de voir une société de bourse se faire racheter puis revendre par appartements, prise à ses propres règles, victime expiatoire de Monsieur le Marché qu’elle déifiait.

On dirait qu’ils veulent donner raison a posteriori à Lénine qui professait : « les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre ! » Bon, évidemment il n’y a plus de bolchevicks sur terre à qui vendre quoi que ce soit, mais le capitalisme et sa démesure est capable de se pendre tout seul !

La carotte fiscale

Le gouvernement français continue à faire des cadeaux à ses électeurs pour essayer de remonter la pente de sa popularité perdue. Le voici maintenant qui annonce dans son projet de loi de finance rectificative (PLFR) qu’il compte proposer au vote du parlement une réduction d’impôt sur le revenu qui toucherait, si elle était votée : 3,7 millions de contribuables, dont 1,9 sortiront du champ d’application de cet impôt ou éviteront d’y entrer. Il semble qu’en ces périodes de disette il conviendrait d’augmenter l’assiette fiscale plutôt que de la diminuer, mais la politique a ses propres modes de fonctionnent et d’analyse.

C’est en tout cas une différence de tactique majeure entre droite et gauche : la droite baisse les impôts quand elle arrive au pouvoir et les augmente avant de la quitter, la gauche fait exactement l’inverse. L’une comme l’autre échouent à expliquer à leurs électeurs qu’il faut réduire les dépenses publiques !

 

Escroqueries fiscales en bandes organisées

L’implication d’un certain nombre de grandes banques internationales (HSBC, UBS, notamment…) dans des dossiers assez gigantesques de blanchiment de fraude fiscale semble avoir des effets favorables. Sujettes à des condamnations en justice à des amendes considérables, voire à des interdictions d’exercice, elles ont dans bien des cas plaidé coupables pour limiter les pénalités, et admis avoir monté des circuits complexes pour capter les dépôts de riches déposants voulant échapper à leurs fiscs nationaux. C’est une étape importante dans l’assainissement des écuries d’Augias du monde financier. Certes il reste beaucoup à faire mais la culpabilité admise par ces banques d’avoir contrevenu aux lois d’un certain nombre d’Etats leur a fait prendre des mesures pour revenir dans le droit chemin. Un nombre significatif de déposants dans les paradis fiscaux ont été poussés par les banques à prouver la légalité de leurs dépôts. Ceux ne pouvant le faire ont été sommés de fermer leurs comptes. Et on a vu ainsi nombre de fraudeurs français revenir vers l’administration fiscale pour régulariser leur situation. La fraude sera toujours possible mais simplement plus difficile… au moins pour un temps.

BNP Paribas va être condamnée par l’Etat nord-américain à régler une amende d’une dizaine de milliards de dollars pour avoir financé en USD des transactions sur des matières premières iraniennes et soudanaises, depuis sa filiale suisse et alors que ces pays étaient sous embargo américain. Ces transactions n’étaient pas interdites par la Confédération Helvétique mais comme elles ont été financées en dollars par la BNP, celle-ci tombe sous le coup de la loi américaine.

Ces évènements montrent que les Etats peuvent encore quelque chose dans l’économie mondialisée. Certes la grosse voix fait sans doute plus peur aux forbans quand elle vient de Washington que de Paris, mais même de Paris, la mise en examen (ou la simple menace de) par la justice française des dirigeants d’UBS et d’HSBC en Suisse, et de ces banques, pour blanchiment de fraude fiscale a suffi à leur faire modérer cette activité de blanchiment de fraude fiscale et nombre de particuliers fraudeurs sont revenus au bercail comme par enchantement ! Il existe certainement encore nombre de possibilités de frauder à travers la planète mais elles sont plus complexes et géographiquement plus éloignées.

La dette dela SNCF

Avec les intermittents qui bloquent les festivals culturels estivaux, voici la SNCF en grève qui s’oppose à un problème de réforme du système ferroviaire et de son surendettement. Après avoir séparé la gestion des infrastructures de celle de l’exploitation du réseau il y a vingt ans, on détricote partiellement cette séparation en créant un organisme chapeau. Faire et défaire, c’est toujours agir.

Les contestataires avancent aussi « le problème de la dette » qui n’est pas réglé par cette loi. Régler voulant dire annuler pour ces beaux esprits. Le système ferroviaire affiche une dette de 44 milliards d’euros que dans l’esprit des grévistes et de leurs soutiens, on doit balancer au gouvernement, c’est à dire faire payer les contribuables et en exonérer l’économie ferroviaire.

Ce serait évidemment bien mieux pour la SNCF : hop ! faire disparaître d’un coup 44 milliards. Le contribuable paiera… Comme pour les indemnités chômage des intermittents du spectacle… Dépensons, dépensons, et faisons payer les voisins.

Le contribuable paye

Les « intermittents du spectacle » reprennent leur mouvement récurrent de grèves destinées à bloquer l’organisation des festivals culturels qui pullulent en été. Leur régime privilégié de chômage est de nouveau rogné suite à un accord entre patronat et syndicats, mais a priori pas avec le syndicat des intermittents…

Ce régime privilégié leur donne droit de toucher les indemnités de l’assurance chômage avec moins d’heures travaillées que le reste des salariés. Ce régime prend en compte le caractère particulier des emplois artistiques qui sont rarement à plein temps. Seules les indemnités chômage additionnées à leur temps partiel leur permettraient de survivre et de continuer à faire vivre le système culturel français.

En fait il s’agit d’un problème de compétitivité et de coût du travail plus que de chômage. Il faudrait payer ces gens plus cher pour ne pas avoir à leur verser le chômage pendant ces périodes d’inactivité consubstantielles de cette profession. Cela reviendrait donc à faire porter ces coûts aux opérateurs culturels, et donc, in fine, aux consommateurs puisque que tels sont les coûts réels.

A défaut, et comme la France aime tellement le faire, les coûts ont été transférés sur la collectivité des salariés et des employeurs qui subventionnent les intermittents avec leurs cotisations et qui, bien entendu, essayent chaque année de baisser un peu le niveau de ces subventions.

C’est ainsi et quoi que l’on fasse, que l’on balance les coûts sur les consommateurs, les contribuables ou d’autres… les coûts sont là et quelqu’un doit les payer !

Des élus fraudeurs

Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois, c’est-à-dire son mari, sous le coup d’une mise en examen pour fraude fiscale, avoue que la luxueuse villa dont le couple profite à Saint-Martin est bien sa propriété et que le montage légal mis en place était destiné à opacifier cette propriété pour ne pas payer l’Impôt sur la fortune.

La villa est estimée à trois millions d’euros c’est-à-dire que sa propriétaire aurait dû payer quelques milliers d’euros d’impôt sur la fortune si elle avait été déclarée normalement, c’est-à-dire une somme qui n’est pas considérable au regard de ce que l’on sait du train de vie du couple.

Comme Cahuzac et ses comptes offshores, Copé qui fraude les élections (internes et présidentielles), les Balkany semblent animer de l’unique volonté de leur intérêt personnel et pour économiser quelques euros d’impôt ils abandonnent toute morale. Le pire est que leurs électeurs sans doute ne leur en voudront pas.