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Citoyens à courte vue

Une réaction de plus en plus entendue dans les dîners en ville et au Café du commerce : les taux d’intérêt de la dette publique française sont si bas qu’il ne faut pas se priver de s’endetter. Dans ces conditions ces citoyens à courte vue se demandent si la dette publique est un véritable problème et s’il est vraiment nécessaire de réduire les déficits de la République. Ce type de raisonnement est largement soutenu par les Mélanchon, Montebourg et autres ayatollahs de la dépense.

Il est certes agréable de s’entendre dire que l’on peut continuer à dépenser sans limite, mais il est étonnant que ce discours reniant les basiques de l’économie rencontre un tel écho auprès de citoyens qui appliquent ces mêmes basiques à la gestion de leur budget personnel.

La note de la dette française a été de nouveau dégradée aujourd’hui par l’agence de notation Fitch. Elle l’avait déjà été par d’autres agences ces derniers mois, sans effet significatif sur les taux d’intérêt. On ne sait si ce nouveau bonnet d’âne entraînera une augmentation des taux, mais de toute façon, il va bien arriver un jour où les prêteurs exigeront plus de rémunération de leurs prêts à la France. Ce semble être, hélas, le seul moyen pour que la République comprenne son surendettement est un poids pour l’avenir et non une gloire.

Les corporatistes dans la rue

Notaires-propagande_201409Notaires-propagande_201411La corporation protégée des notaires continue à inonder la presse de placards publicitaires pour justifier leur revendication de ne pas toucher à leur profession. Il convient de la pas avoir de réponse a priori sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec les professions protégées : notaires, pharmaciens ou autres. Par contre expliquer par presse interposée qu’il faut surtout ne rien changer n’est pas un comportement positif ni opérationnel. Cela ne fait qu’attiser les discussions de Café du commerce de Mme. Michu.

Des gens intelligents et bien éduqués (comme les notaires) doivent pouvoir se réunir autour d’une table avec les représentant de l’Etat et des consommateurs pour voir s’il y besoin, ou pas, de faire évoluer le statut d’une profession. C’est ce qu’on appelle un comportement démocratique. Mais c’est surtout une méthode efficace.

L’économie libérale chère à Guillaume Roquette sera sans doute pour le démantèlement des protections dont bénéficient ces professions. Il faut surtout ne pas avoir de position idéologique sur le sujet mais juste l’espérance que les responsables en charge de ces dossiers mesurent le pour, le contre, ainsi que les coûts pour le contribuable, et ensuite décident. C’est ce qu’on appelle un comportement responsable. Nous faisons ça en entreprise tous les matins en arrivant au bureau… Ce n’est pas si compliqué.

Hélas, c’est rarement la méthode employée dans notre République par ses citoyens !

Escroquerie luxembourgeoise

Jean-Claude Junker, élu récemment président de la commission européenne après avoir été premier ministre du Luxembourg, premier paradis fiscal européen et dans le Top 10 mondial, explique comment le Luxembourg, membre de l’Union européenne a diversifié son économie en détournant depuis des années la base fiscale de ses voisins sur une échelle considérable. A la question : 

« Agiriez-vous de même si vous aviez la possibilité de revenir en arrière »

il répond :

« Oui, j’aurais fait la même chose, il fallait diversifier notre économie, nous n’avions pas d’autre choix. Mais j’aurais examiné avec plus d’attention ces « tax rulings », j’aurais changé la loi pour que le ministre des finances puisse en être informé. Ce que la loi luxembourgeoise ne permet pas. »

On ne peut pas dire que le garçon éprouve trop de remords pour avoir mené l’une des plus efficaces opérations de détournement de fonds légales de l’histoire du capitalisme. Le Luxembourg est à l’origine d’une partie des déficits des finances publiques des autres pays qui cohabitent avec lui dans l’Union européenne. Inertie et marchandage sont les deux mamelles du fonctionnement de cette Union qui n’a pas su mettre fin à cette situation d’autant plus ubuesque qu’elle concerne un pays lilliputien qui a su utiliser toutes les ficelles de la bureaucratie pour empêcher que les pays victimes ne mettent fin à cette gigantesque escroquerie d’Etat. Et pour aller au bout de l’absurde, Junker a même réussi à se faire élire président de la Commission européenne, c’est un comble.

Le Japon en difficulté

On devrait s’intéresser d’un peu plus près à la situation actuelle du Japon. Depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur en 2012, le premier ministre Shinzo Abe met en œuvre les fameux abenomics qui consistent en gros à relancer la dépense publique et la création monétaire. Pour légèrement caricaturer cette politique, on pourrait la comparer à celle appliquée en France en 1981 après l’arrivée au pouvoir d’une majorité socialiste.

A ce jour, les résultats économiques attendus de cette politique de relance ne sont pas là dans un Japon encore rongé par la catastrophe de Fukushima dont les conséquences écologiques et économiques sont encore loin d’avoir été complètement évaluées. L’économie est en quasi récession, la dette publique explose à 230% du PIB, les impôts augmentent, le reprise économique n’est pas au rendez-vous, etc.

Il faut sans doute laisser encore un peu de temps à l’expérience abenomics mais par quel bout que l’on prenne l’économie, lorsque l’on a trop dépensé par rapport à ses revenus, vient le moment où il faut réduire ses dépenses et sa dette, ce qui se traduit inévitablement par une baisse temporaire (espère-t-on) du niveau de vie médian. Vivre au-dessus de ses moyens est, par construction, une situation qui ne peut pas durer éternellement.

L’actualité des banques

Goldman-Sachs_SucksLes trois plus hauts dirigeants de BNP-Paribas font l’objet d’une enquête préliminaire pour soupçons de délits d’initiés : ils auraient vendu de gros paquets de leurs actions dans la banque, pour plusieurs millions d’euros, alors qu’ils étaient en négociation avec les autorités américaines sur le montant de l’amende à payer par BNP-Paribas qui avait violé l’embargo américain contre Cuba, le Soudan et l’Iran, détenant ainsi des informations privilégiées sur le fait que le cours de l’action BNP allait bientôt chuter. Cela n’a pas l’air très très brillant.

Les épiciers discount du libéralisme

La presse mondaine semble découvrir que le Luxembourg est un Etat qui attire les entreprises en leur proposant des statuts fiscaux plus avantageux que ceux existant dans leurs pays d’origine. C’est ce qu’on appelle la concurrence fiscale : on met en place des niches pour attirer le capital en quête d’économie d’impôts. Il est généralement plus facile de baisser les coûts fiscaux que les coûts industriels, il suffit d’aller s’installer au Luxembourg, ou en Suisse, au Lichtenstein, ou dans l’un des multiples paradis fiscaux existant en Europe voire plus loin.

Les multinationales vont faire des économies fiscales dans les paradis du même nom comme Mme. Michu va au magasin de hard-discount du coin de la rue.

Les Etats européens n’ont jamais voulu communautariser leurs politiques fiscales pour garder la haute main sur cette matière éminemment stratégique puisque c’est elle qui remplit le tiroir-caisse. Il en résulte qu’ils se font une sévère concurrence pour attirer le chaland, c’est légal et la conséquence normale et prévisible du libéralisme cher au FigMag. Le Luxembourg fait plutôt bien les choses en ce domaine, mieux que les autres en tout cas, et depuis des décennies, ce n’était pas un secret lorsque le patron luxembourgeois de la Commission européenne a été désigné, lui qui a été premier ministre du Luxembourg pendant de très nombreuses années. N’ayons pas l’air de le découvrir aujourd’hui !

Malgré tout, et n’en déplaise à Guillaume Roquette (patron du FigMag), un certain nombre de réactions publiques sont actuellement en cours pour rendre un peu plus décente l’optimisation fiscale des grandes entreprises libérales. Même les Etats-Unis d’Amérique s’émeuvent de voir des groupes déplacer leurs sièges sociaux vers des paradis fiscaux aussi vite qu’Obama change ses costumes, par ailleurs très élégants. Les Etats-Unis ont réussi à forcer la Suisse leur communiquer les noms des citoyens américains détenant des comptes dans leurs banques afin de vérifier si ceux-ci sont correctement déclarés. Ils sont en train de prendre des lois du même ordre pour empêcher leurs entreprises de s’exiler au détriment des recettes fiscales nationales. Ne doutons pas qu’ils exercent en parallèle les pressions politiques nécessaires sur les Etats d’accueil afin de limiter leur hard-discount d’épiciers.

Les plus libéraux peuvent parfois tourner leur veste et abdiquer de leurs certitudes lorsqu’ils sont touchés au porte-monnaie !

 

Les bétonneurs réunionnais réclament des subventions

Le coté racoleur de notre société d’aujourd’hui s’illustre désormais très régulièrement par des adresses au président de la République, au gouvernement ou à certains de ses membres, par des corporations qui publient de pleines pages dans la presse pour expliquer à Mme. Michu combien lesdites corporations sont malheureuses et maltraitées. Nous avons eu ces dernières semaines les notaires, les avocats et quelques autres, nous avons aujourd’hui les bétonneurs de l’Ile de la Réunion qui réclament des mesures de défiscalisation additionnelles pour l’immobilier dans leur département d’outre-mer (DOM).

La défiscalisation, rappelons-le, consiste à faire financer par les contribuables n’en bénéficiant pas, la baisse des impôts de ceux qui en bénéficient. En gros, on crée une niche fiscale pour favoriser l’investissement dans tel ou tel secteur ou région. En ne payant pas (ou moins) d’impôt sur son investissement l’investisseur en améliore la rentabilité et sera en principe plus incité à investir dans ce secteur ou cette région. Le problème est bien entendu que comme toute mesure de faveur elle crée des jalousies et provoque des perversions sous formes d’investissements purement fiscaux ou non productifs, voire même de malversations. Et les niches fiscales dans les DOM-TOM ont un long passif à cet égard.

La conséquence de ces niches est une baisse immédiate certaine des recettes de la République en échange d’une potentielle augmentation plus tard. Dans certains cas cela est efficace, dans d’autres, pas. Dans tous les cas il faut financer la baisse immédiate des recettes et l’on compte sur le reste des contribuables pour ce faire, entreprises et ménages.

Il est toujours croquignolet de voir le secteur économique privé réclamer des hausses de subventions publiques en leur faveur par l’Etat, hausses qu’ils devront financer d’une façon ou d’une autre avec les ménages. C’est une bonne illustration de la schizophrénie française qui consiste à déconnecter les recettes et les dépenses publiques et à croire que l’on peut à la fois réclamer des hausses de dépenses et des baisses de recettes, ou vice-versa !

Heureusement ces encarts commerciaux sont qualifiés de « Publicité » par les journaux sérieux afin que Mme. Michu, s’il lui prenait la fantaisie de les lire, comprenne qu’il s’agit d’une demande corporatiste et non d’une investigation journalistique. Accessoirement ces publicités font vivre la presse, c’est sans doute là leur principale fonction sociale.

L’actualité des (petites) banques

Le fonds d’investissement LSK (Leyne Strauss-Kahn Partners), à peine fondé par notre inénarrable DSK et l’un de ses potes, dont il avait pris la présidence pour lui faire bénéficier de « sa vision globale et son expertise unique » et développer une banque d’affaires, consistant, en gros, à faire fructifier les sous des membres de son carnet d’adresses, le fonds LSK donc, est en faillite et le pote fondateur s’est suicidé ! Triste début.

DSK qui par ailleurs fait également bénéficier les gouvernements de Serbie et du Soudan Sud, entre autres, de « sa vision globale et son expertise unique », a vraiment la poisse. Il devrait monter un bureau d’expert-comptables en province ce serait un business plus durable et reposant, plutôt que de passer sa vie dans des avions et des salons diplomatico-mondains à délivrer du conseil dont on imagine bien ce qu’en font les récipiendaires, surtout ceux de Juba…

A quoi peut donc bien servir un conseil de DSK (sans doute fortement rémunéré) à un gouvernement étranger ?

Irresponsabilité budgétaire française

Des bretons en colère, patrons et employés, dégradent les biens publics pour se révolter contre l’écotaxe devant entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Leur argumentation n’a que peu d’importance, leur violence a fait peur au gouvernement qui suspend cet impôt sine die.

Cela devient une habitude, nombre de nouveaux impôts à peine annoncés, voire votés, sont remballés par le gouvernement à la suite de manifestations ou d’états d’âme de contribuables, de corporations diverses et de lobbies variées. Ces politiques de stop and go sont nuisibles et inopportunes. Il conviendrait de responsabiliser les citoyens et leurs responsables avec une règle d’or qui oblige les dirigeants politiques quand ils annulent un impôt déjà voté à annoncer le mode de compensation retenu : soit par quel impôt il sera remplacé, soit par quelle annulation de dépense il sera compensé.

C’est ainsi qu’il faudrait dire : « la suspension de l’écotaxe en Bretagne sera compensée par le rétablissement des droits de succession en Corse » ou alors : « la baisse de la TVA sur les billets d’entrée au cinéma et au musée sera compensée par une augmentation de la TVA sur le vin et la bière » ou encore : « le renoncement à la nouvelle fiscalité sur les produits d’épargne sera compensée par la fermeture de x tribunaux d’instance » etc.

Comme à la maison en fait, une dépense supplémentaire ou une recette en moins doivent être financés. Quand on achète le dernier aïe-phone il faut renoncer à quelques fringues ou à sa nouvelle paire de Ray-Ban pour l’été. Il en va ainsi de la logique budgétaire.

Projet de Loi de finances 2015

Le projet de loi de finances 2015 a été publié par le gouvernement. Comme chaque année la sortie de ce document, qui se transformera en Loi de finance d’ici au 31 décembre, déclenche assaut de contre-vérités, platitudes en tous sens et absence d’analyse.
Comme toujours, chacun critique les dépenses comme les recettes, quel que soit son bord politique, passant sous silence le lien indéfectible entre les deux, oubliant que si l’on baisse des recettes il va falloir également baisser des dépenses, et vice-versa. En réalité l’exercice budgétaire public est un savant mixage à trouver entre les colonnes débit et crédit, ainsi qu’au niveau des natures de ces recettes et dépenses. Personne n’y est vraiment parvenu depuis 1974 année du dernier budget en équilibre. Depuis, nous dépensons systématiquement plus que nous gagnons, l’ajustement étant fait par de la dette.
Dans un pays civilisé, et compte tenu de la gravité de la situation financière de la République, une union nationale se formerait pour trouver un consensus minimum sur le rétablissement des comptes publics. Mais nous sommes en France alors chacun y va de son populisme facile, de sa démagogie décourageante et de son irréalisme démesuré, le tout assaisonné des éditoriaux vengeurs et irréfléchis de Valeurs Actuelles à L’Humanité (rappelons que la presse, afin d’assurer sa survie, est bénéficiaire de subventions payées par le contribuable et inscrites au budget dans la colonne dépenses).
Voter un budget à l’équilibre est en théorie assez simple à faire puisqu’il suffit d’égaliser la colonne débit avec la colonne crédit. Nombre des beaux parleurs de la buvette de l’assemblée nationale ou du Café du commerce éructent qu’il suffit de baisser les impôts, puis après une Kronenbourg, ajoutant qu’il faut aussi augmenter les dépenses de crèche, de l’armée, de l’éducation et tutti quanti. Bien sûr.
Le déficit existe depuis 1974, son évolution depuis 2000 est la suivante :
Gov_PLF-2015_deficit
On ne peut dire que cela soit particulièrement brillant ! Tordons le cou une nouvelle fois à cette escroquerie intellectuelle qui consiste à mesurer le déficit en points de PIB. A la maison et en entreprise on le calcule en fonction des recettes, ce qui veut dire qu’en 2014 il sera de 28% des recettes : chaque 100 EUR dépensé est financé par 72 EUR de recettes fiscales et 28 EUR empruntés. Cela est malheureusement plus confondant qu’un malheureux 4,4% du PIB tel qu’affiché ! Quel ménage, quelle entreprise peut-elle durablement emprunter 28% de ce qu’elle dépense ? Aucun. Quelle situation allons-nous laisser à nos enfants ? Déplorable.
Il faut donc réduire le déficit. Pour ce faire, le gouvernement actuel s’engage non pas à diminuer les dépenses, mais à en réduire la progression de 50 milliards sur 3 ans pour l’Etat, les collectivités locales et la protection sociale. Pourquoi pas !

Gov_PLF-2015_economie
L’opposition affiche sa volonté de réduire non pas de 50 milliards mais de 150. C’est une autre solution, plus violente, également applicable. Il suffit d’arrêter les lignes budgétaires sur lesquelles appliquer ces réductions et les voter. Les missions de l’Etat sont répertoriées au nombre de 30 dans le projet de loi de finance, chacune avec son budget de dépenses (hors dette et pensions) :

Gov_PLF-2015_solde-general

Mais on peut aussi réduire les pensions (les retraites versées aux fonctionnaires) ! Il sera difficile de ne pas rembourser la dette sous peine de mise en défaut de la République. C’est néanmoins techniquement possible, et d’ailleurs déjà arrivé, alors autant éviter de renouveler l’expérience. On privilégie donc le coup de rabot, mais une fois appliqué sur les dépenses de l’Etat, le job n’est pas fini puisqu’il faut en faire autant pour les collectivités locales et les prestations sociales avec chaque fois le même cortège de pleurs et de lamentations.
Ce PLF 2015 est un moyen-terme entre les braillements des ayatollahs de la dépense (frondeurs socialistes, Montebourg et Guaino réunis) et les cris d’orfraie des yaka-faukon de l’opposition et de Valeurs Actuelles. Un budget de compromis entre des objectifs contradictoires énoncés par des élus girouettes et court-termistes.
Cet argent public n’est pas dilapidé il termine dans les poches des citoyens d’une façon ou d’une autre, sous forme de prestations, de services publics, parfois de corruption. Changer cette situation est difficile et au niveau de l’insatisfaction de l’électeur, baisser les dépenses ou augmenter les impôts revient au même.
Ce projet de budget est-il optimiste ? Certainement. Est-il réaliste ? Peut-être. Est-il perfectible ? Sans aucun doute. Est-il conforme à la volonté des représentants des citoyens élus au parlement ? Nous le verrons s’il est voté.
En fait, aucun gouvernement ne s’est jamais montré beaucoup plus efficace pour réduire les dépenses publiques, affublé de la même faiblesse politique face à un peuple désuni ayant, globalement, perdu le sens de l’intérêt général. Il faudrait sans doute un évènement externe comme la remontée des taux d’intérêt pour pousser les feux de la rigueur budgétaire. Il n’est sans doute pas souhaitable.
On pourrait aussi voter pour des dirigeants responsables qui expliquent clairement la situation du pays aux citoyens et réussissent à mettre en œuvre une synthèse politique pour sortir de l’ornière. Nous n’en sommes pas là, préférant la politicaillerie de basse-cour à la grandeur de la conduite de l’Etat. On a les dirigeants que l’on mérite, hélas !

Corporatismes divers

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Les notaires français dépensent leurs sous en publiant de pleines pages de publicité dans la presse pour effrayer Mme. Michu sur la perspective de voir dérèglementer leur profession protégée. C’est une réaction typique franchouillarde illustrant une fois encore l’immobilisme nationale dont la devise pourrait être : « Surtout ne rien faire ! ».
Ces braves notaires auraient été bien inspirés de publier les mêmes placards expliquant leur disponibilité à ouvrir une négociation avec les autorités concernées sur leur statut qui n’est sans doute pas immuable dans sa forme actuelle. C’est ce qu’on fait en entreprise tous les matins en arrivant au bureau !

Réalisme public

Réaliste : le ministre des finances français admet officiellement que les engagements pris de réduction du déficit des dépenses publiques ne seront pas tenus, une nouvelle fois. Le déficit 2014 augmentera à 4,4% du PIB. Autant le dire à nos partenaires européens, et à nos citoyens qui se plaignent de la politique « d’austérité » ; ils n’ont encore rien vu.
Accessoirement cela veut dire que les citoyens des autres pays européens plus rigoureux font bénéficier la France de leur bonne conduite. Cela crée un peu d’acrimonie de leur part, bien compréhensible.
Au même moment Pierre Moscovici était nommé commissaire européen pour l’Economie et les affaires monétaires, ce qui est parfaitement risible et immérité compte tenu des performances de la France dans ce domaine en général, et de Moscovici ex-ministre des finances français en particulier. Ainsi va la politique où la compétence n’est que rarement utilisée comme critère de sélection de ses responsables, au détriment du sens de la communication et de l’appartenance au parti qu’il faut.
La France ne méritait pas ce poste, Moscovici (qui a par ailleurs laissé de très mauvais souvenirs de son arrogance lorsqu’il était ministre des affaires européennes) n’a pas performé à la tête des finances françaises, c’est le moins que l’on puisse dire, mais la politicaillerie européanisée en a décidé autrement. Les membres méritants de l’Union européenne sont bons pour payer pour les pays défaillants. C’est ce qu’on appelle le nivellement par le bas.

L’actualité des banques

Goldman-Sachs_Sucks* Bank of America, l’un des géants bancaires mondiaux vient d’accepter de régler une pénalité de 16,65 milliards de dollars pour son implication escroquante dans le scandale financier des « subprimes » qui a mis l’économie occidentale à genoux en 2008 avec une crise économique sans précédent dont les conséquences se font encore sentir sur le porte-monnaie des contribuables qui ont dû payer pour l’incompétence de ce secteur.
* Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale reconverti en Saint-Jérôme victime des méchants banquiers, sort de prison et pourra vaquer à ses occupations avec un bracelet électronique. Evidemment il se précipite sur les plateaux télé avec son avocat mondain pour une nouvelle fois narrer par le menu détail combien il est une victime expiatoire d’un système cannibale. Mme. Michu essuie une larme devant le journal de TF1 sur son poste.

Pauvre François Hollande

Pauvre François Hollande ! Alors qu’il applique consciencieusement les principes de l’économie de l’offre vantés par les éditorialistes de Valeurs Actuelles et du FigMag, il est honni par le député socialiste ronchon et Mme. Michu grognon, réunis pour critiquer la politique d’un gouvernement qu’ils n’ont pas élu pour ça. Les économistes mondains et de plateaux télévisés ne critiquent pas trop la méthode, c’est celle qu’ils préconisent, alors ils font haro sur l’absence de résultats sur le chômage (qui s’accroît) et la croissance (stable à 0%).

Bien entendu si résultats il doit y avoir il est hors de question de les attendre avant 18 ou 24 mois donc ce n’est pas la peine de s’exciter pour le moment.

En attendant les parangons du déficit keynésien, les diafoirus de l’économie de la demande, député frondeurs et autres ministres chagrins font assaut de démagogie en prônant le retour à la dépense à tout va, seule méthode pour assurer la réélection de ceux qui sont élus.

Une larme pour le secteur bancaire…

Le patron d’HSBC se plaint lors de la présentation des comptes semestriels de la banque de l’avalanche de régulation qui s’abat sur le secteur financier qui occupe 10% de son effectif et surtout rend les salariés trop adverses au risque pour faire correctement leur métier.

On a du mal à écraser une larme pour HSBC au moment où un nouveau scandale bancaire éclate au Royaume-Uni qui promet d’être encore plus retentissant que ceux, déjà nombreux, des manipulations de taux, de subprimes : celui des assurances crédit vendues, parfois abusivement, par les banques pour permettre d’annuler la dette en cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur. En fait, dans un tel cas le crédit est remboursé par l’assureur, qui peut être une filiale de la banque elle-même.

Les banques britanniques semblent avoir gagné beaucoup d’argent avec cette activité d’assurance qui n’aurait dû rester qu’accessoire, et seraient surtout coupables de vente forcée de ces assurances. Devant le nombre de plaintes et des décisions judiciaires, les banques ont commencé à rembourser les primes d’assurance contestées. Cela se chiffre en milliards de livres… et n’est pas fini. Voilà qui va rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs outre-Manche et occuper les services de compliance crées par les banques pour s’assurer qu’elles respectent bien les nouvelles réglementations.

L’actualité des banques

Les vautours en Argentine

Les fonds vautours qui cherchent à faire plier l’Argentine pour se faire rembourser 100% de leurs créances là où la majorité des créanciers ont accepté il y a dix ans d’en annuler la plus grosse partie, ces fonds vautours, donc, sont en bonne voie d’emporter le morceau puisqu’ils ont réussi à faire prononcer le défaut technique de ce pays sur sa dette publique par les tribunaux américains.

Revoilà l’Argentine dans la tourmente financière et surtout voici mis en cause les grandes lignes des méthodes habituelles de restructuration des dettes publiques par la communauté financière internationale. Ce jugement risque de remettre en cause bien des plans de restructuration passés à venir. Voyons ce qu’il adviendra à court terme avec le défaut argentin, mais les semaines à venir risquent d’être tendues et provoquer bien des remous sur la planète financière.

Le plus croquignolet dans le comportement de ces vautours est leur conviction que c’est à cause de gouvernements corrompus que ces pays n’arrivent pas à rembourser leurs dettes. Refuser l’annulation de dettes et vous aurez, contraint et forcé, des gouvernants meilleurs gestionnaires ! Il y a du vrai bien sûr, mais dans ces affaires les prêteurs sont souvent aussi coupables que les emprunteurs en agissant avec la même insouciante incompétence !

La France pourrait être un jour confrontée à ce genre d’oukases de financiers prêteurs sans scrupules. Elle le fut déjà et régulièrement lors que le Franc subissait les attaques de spéculateurs sans scrupules mais qui ne faisait qu’appuyer du doigt sur l’abcès de la dette. De dévaluation en dévaluation la leçon n’a guère été retenue et la République continue à afficher un stock de dettes qui un jour attirera l’attention de spéculateurs mal intentionnés. Le mieux serait de baisser cet endettement.

Les grandes banques achètent leur impunité dans l’escroquerie des subprimes

Pour éviter un procès pénal, Bank Of America est en train d’accepter de payer une amende de 16 à 17 milliards de dollars pour son implication financière dans l’escroquerie des subprimes, déclencheur de la crise financière mondiale de 2008. La moitié de ce montant servirait à indemniser les investisseurs escroqués. Après les 13 milliards de JP Morgan Chase, les 10 de BNP Paribas, on atteint là un record mais on est encore loin des conséquences abyssales des errements de la finance qui ont mené l’économie occidentale au désastre que l’on connaît. Ces sanctions financières ont au moins le mérite de désigner les incompétents et de faire payer leurs organisations.

L’esprit saint n’a pas sauvé la banque Espirito Santo

La banque portugaise Espirito Santo fait faillite. C’est le premier établissement du pays. Le mécanisme européen de sauvetage des banques mal gérées a été mis en œuvre pour la première fois, avec succès jusqu’ici. Les actionnaires et certains créanciers vont y laisser des plumes, les contribuables européens, pour une fois pas seuls, feront le reste. Il n’est pas prévu de changer le nom ridicule de la banque, dommage.

Nomination non méritée

Rigolo : l’Allemagne bloque la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire européen aux affaires économiques et financières du fait que le garçon a géré les finances d’un Etat membre quand celui-ci ne brillait pas particulièrement pour sa bonne gestion ! Berlin a raison, comment imaginer un responsable économique et financier français à ce poste bruxellois alors que le budget français est déficitaire depuis 40 ans et la République est plus réputée pour ses engagements financiers non tenus que pour sa rigueur financière ? Mais comme si de rien n’était, les dirigeants parisiens, au-delà de tout sens des réalités, réclament un poste pour lequel ils sont définitivement non légitime.

Cerise sur le gâteau, Moscovici s’était fait copieusement détesté à Bruxelles lorsqu’il était ministre des affaires européennes de Jospin, ce qui n’arrange pas son cas.

Irresponsabilité et fiscalité

Le Parlement français s’avisa il y a peu de d’autoriser les collectivités locales à augmenter les taxes de séjour sur les hébergements touristiques. Aussitôt libérée, aussitôt augmentée, aussitôt contestée… et aussitôt abrogée ! Le secteur touristique a crié, Fabius (désormais en charge du commerce extérieur en plus des affaires étrangères) les a soutenus et tout ce petit monde est convenu de revenir au statuquo.

Le problème de cette affaire est que ces taxes devaient, en partie, financer le réseau de transport du Grand Paris. Un financement de quelques milliards d’euros qui part en fumée, ce n’est pas grave, le contribuable y pourvoira.

Il faudra qu’un jour dans ce pays que les contribuables se fédèrent en lobby afin de faire valoir leurs droits face à tous les autres lobbies pour refuser que dès qu’une corporation fait face à un problème on considère que la masse anonyme et taiseuses des contribuables se substituera à l’irresponsabilité desdites corporations !

Les transports publics ne facturent pas leurs coûts

Un rapport judiciaire accable la SNCF suite à l’accident ferroviaire de Brétigny qui avait fait plusieurs morts en juillet 2013. Il apparaît notamment que les travaux d’entretien et d’investissement sur le réseau ne sont plus menés dans les règles de l’art.

La SNCF et son acolyte RFF (Réseau ferré de France) ont sûrement des choses à se reprocher mais il faudra sans doute un jour que l’Etat (et les électeurs) se demandent s’il est bien raisonnable de continuer à encadrer les prix de vente des sociétés nationales. Globalement le chemin de fer français est déficitaire et accumule une dette très significative qui est surtout l’effet de l’accumulation d’excès des dépenses par rapport aux recettes. A la fin de l’histoire, le contribuable est garant de cette dette en partie générée pour permettre aux consommateurs de voyager à un prix inférieur aux coûts réels.

Bien sûr SNCF et RFF peuvent sans doute améliorer encore leur gestion, certainement l’immobilisme syndical génère des surcoûts dans ces entreprises, mais le problème le plus fondamental est que les prix de commercialisation ne couvrent pas les coûts d’exploitation, d’où moins de moyens pour entretenir le réseau.

On a grosso-modo les mêmes sujet avec la RATP, EDF et d’autres : à défaut de vouloir faire payer les consommateurs-électeurs, on fait payer les contribuables eux-aussi électeurs. Il n’est pas sûr que le calcul soit efficace.

Les chaînes d’info et la concurrence

Lassant : après que les opérateurs de téléphonie nous aient expliqué en long et en large que la concurrence c’est bien, mais chez les autres, car le secteur des télécommunications en France ne peut pas vivre avec plus de 3 opérateurs ! Voici aujourd’hui les chaînes d’information en continue qui nous servent le même charabia : LCI, chaîne payante veut être diffusée gratuitement sur la télévision numérique terrestre (TNT) où existent déjà deux chaînes jumelles iTélé et BFM qui s’époumonent à asséner en encore plus long et plus large que 3 chaînes gratuites ne pourront pas survivre.

Il est vrai qu’on voit mal ce qu’apporterait à la qualité de l’information du citoyen une troisième chaîne là où les 2 existantes débitent déjà grosso-modo la même information voyeuriste entre les mêmes séquences de réclame, et avec la même absence de réflexion.

LCI menace de cesser d’émettre si on ne lui donne pas accès au gratuit. Et bien laissons parler la libre concurrence si chère au cœur des économistes libéraux qui s’expriment majoritairement sur LCI et BFM, et que les meilleurs survivent.

En tout état de cause les économistes mondains prévoient que seules deux chaînes d’information en continue survivront, alors faut-il sélectionner les survivantes administrativement ou faut-il laisser Monsieur le Marché omniscient décider ? Une solution serait d’organiser un sondage auprès des économistes chroniqueurs de ces 3 chaînes pour connaître ce qu’ils suggèrent !