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Nomination non méritée

Rigolo : l’Allemagne bloque la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire européen aux affaires économiques et financières du fait que le garçon a géré les finances d’un Etat membre quand celui-ci ne brillait pas particulièrement pour sa bonne gestion ! Berlin a raison, comment imaginer un responsable économique et financier français à ce poste bruxellois alors que le budget français est déficitaire depuis 40 ans et la République est plus réputée pour ses engagements financiers non tenus que pour sa rigueur financière ? Mais comme si de rien n’était, les dirigeants parisiens, au-delà de tout sens des réalités, réclament un poste pour lequel ils sont définitivement non légitime.

Cerise sur le gâteau, Moscovici s’était fait copieusement détesté à Bruxelles lorsqu’il était ministre des affaires européennes de Jospin, ce qui n’arrange pas son cas.

Irresponsabilité et fiscalité

Le Parlement français s’avisa il y a peu de d’autoriser les collectivités locales à augmenter les taxes de séjour sur les hébergements touristiques. Aussitôt libérée, aussitôt augmentée, aussitôt contestée… et aussitôt abrogée ! Le secteur touristique a crié, Fabius (désormais en charge du commerce extérieur en plus des affaires étrangères) les a soutenus et tout ce petit monde est convenu de revenir au statuquo.

Le problème de cette affaire est que ces taxes devaient, en partie, financer le réseau de transport du Grand Paris. Un financement de quelques milliards d’euros qui part en fumée, ce n’est pas grave, le contribuable y pourvoira.

Il faudra qu’un jour dans ce pays que les contribuables se fédèrent en lobby afin de faire valoir leurs droits face à tous les autres lobbies pour refuser que dès qu’une corporation fait face à un problème on considère que la masse anonyme et taiseuses des contribuables se substituera à l’irresponsabilité desdites corporations !

Les transports publics ne facturent pas leurs coûts

Un rapport judiciaire accable la SNCF suite à l’accident ferroviaire de Brétigny qui avait fait plusieurs morts en juillet 2013. Il apparaît notamment que les travaux d’entretien et d’investissement sur le réseau ne sont plus menés dans les règles de l’art.

La SNCF et son acolyte RFF (Réseau ferré de France) ont sûrement des choses à se reprocher mais il faudra sans doute un jour que l’Etat (et les électeurs) se demandent s’il est bien raisonnable de continuer à encadrer les prix de vente des sociétés nationales. Globalement le chemin de fer français est déficitaire et accumule une dette très significative qui est surtout l’effet de l’accumulation d’excès des dépenses par rapport aux recettes. A la fin de l’histoire, le contribuable est garant de cette dette en partie générée pour permettre aux consommateurs de voyager à un prix inférieur aux coûts réels.

Bien sûr SNCF et RFF peuvent sans doute améliorer encore leur gestion, certainement l’immobilisme syndical génère des surcoûts dans ces entreprises, mais le problème le plus fondamental est que les prix de commercialisation ne couvrent pas les coûts d’exploitation, d’où moins de moyens pour entretenir le réseau.

On a grosso-modo les mêmes sujet avec la RATP, EDF et d’autres : à défaut de vouloir faire payer les consommateurs-électeurs, on fait payer les contribuables eux-aussi électeurs. Il n’est pas sûr que le calcul soit efficace.

Les chaînes d’info et la concurrence

Lassant : après que les opérateurs de téléphonie nous aient expliqué en long et en large que la concurrence c’est bien, mais chez les autres, car le secteur des télécommunications en France ne peut pas vivre avec plus de 3 opérateurs ! Voici aujourd’hui les chaînes d’information en continue qui nous servent le même charabia : LCI, chaîne payante veut être diffusée gratuitement sur la télévision numérique terrestre (TNT) où existent déjà deux chaînes jumelles iTélé et BFM qui s’époumonent à asséner en encore plus long et plus large que 3 chaînes gratuites ne pourront pas survivre.

Il est vrai qu’on voit mal ce qu’apporterait à la qualité de l’information du citoyen une troisième chaîne là où les 2 existantes débitent déjà grosso-modo la même information voyeuriste entre les mêmes séquences de réclame, et avec la même absence de réflexion.

LCI menace de cesser d’émettre si on ne lui donne pas accès au gratuit. Et bien laissons parler la libre concurrence si chère au cœur des économistes libéraux qui s’expriment majoritairement sur LCI et BFM, et que les meilleurs survivent.

En tout état de cause les économistes mondains prévoient que seules deux chaînes d’information en continue survivront, alors faut-il sélectionner les survivantes administrativement ou faut-il laisser Monsieur le Marché omniscient décider ? Une solution serait d’organiser un sondage auprès des économistes chroniqueurs de ces 3 chaînes pour connaître ce qu’ils suggèrent !

Salaire, prix et profit

L’Etat français continue de peser sur la fixation de prix de vente des entreprises qu’il contrôle. C’est le cas dans les transports urbains où le prix du ticket ne couvre plus qu’une part minoritaire et sans cesse décroissante des coûts de transport, le reste étant pris en charge par la collectivité (entreprises et contribuables) qui ne recouvre pas intégralement la communauté des utilisateurs.

C’est le cas aussi d’Electricité de France (EDF) entreprise publique pour laquelle l’Etat conteste la formule de fixation des prix qu’il a lui-même approuvée. Pour des raisons électoralistes il refuse les augmentations de prix résultant de l’application de cette formule… et le conseil d’Etat condamné l’Etat à rattraper les retards d’augmentation de prix de l’entreprise du fait de ces blocages politiques. Là-dessus Ségolène Royale arrive comme ministre de l’énergie, re-bloque à nouveau tout le processus et l’entreprise n’est toujours pas autorisée à augmenter ses prix ni à rattraper les retards d’actualisation de ceux-ci.

Là encore, la collectivité paye lorsque ces entreprises ne se suffisent plus à elles-mêmes.

Bye-bye Alstom

C’est finalement le groupe américain General Electric qui avalera le français Alstom. Ce n’est pas une bonne nouvelle et malgré les engagements de façade cela se passera comme pour toutes les opérations de ce type : le plus puissant avale le plus faible. Espérons qu’une part raisonnable d’activité restera localisée en France dans les années à venir !

De toute façon, de l’aveu de tout le monde, Alstom ne pouvait pas survivre seul, hélas !

Escroquerie en bandes organisées

Les autorités financières britanniques sont en train d’essayer d’être plus malignes que la bande de traders-fraudeurs surpayés qui a transformé le marché des changes londonien en tripot clandestin où s’affrontent des forbans du taux de change. Ce marché était jusqu’ici de gré-à-gré c’est-à-dire qu’il était censé n’être gouverné que pas la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, fonctionnant H24-7j/7, avec un fixing journalier qui déterminait le cours du jour servant ainsi de référence à des millions de transactions de change.

Bien entendu, nos traders-fraudeurs surpayés, apôtres du marché, ont laissé parler leur instinct et manipulé le fixing sur lequel, même des variations microscopiques peuvent déclencher des résultats colossaux compte tenu des volumes en jeux. Le régulateur qui a déjà phosphoré sur la manipulation par les traders-fraudeurs des taux d’intérêt, va grosso-modo étendre au marché des changes ce qu’il a mis en place pour les taux d’intérêt.

Lourde tâche : comment contrôler les tendances délictueuses d’une bande de traders-fraudeurs surpayés ?

La dévoration des bourses

Désopilant : Euronext, la société qui gère les bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne… va s’introduire en bourse ! Cette société avait fusionné avec la bourse de New York en 2007, puis s’était faite violemment racheter par une autre bourse américaine qui l’a dépecée et refourgue maintenant ses restes sur le marché. Les requins se dévorent entre eux laissant flotter des ondes sanguinolentes dans l’eau trouble du marigot où ils combattent.

On ne peut s’empêcher de se gondoler de rire de voir une société de bourse se faire racheter puis revendre par appartements, prise à ses propres règles, victime expiatoire de Monsieur le Marché qu’elle déifiait.

On dirait qu’ils veulent donner raison a posteriori à Lénine qui professait : « les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre ! » Bon, évidemment il n’y a plus de bolchevicks sur terre à qui vendre quoi que ce soit, mais le capitalisme et sa démesure est capable de se pendre tout seul !

La carotte fiscale

Le gouvernement français continue à faire des cadeaux à ses électeurs pour essayer de remonter la pente de sa popularité perdue. Le voici maintenant qui annonce dans son projet de loi de finance rectificative (PLFR) qu’il compte proposer au vote du parlement une réduction d’impôt sur le revenu qui toucherait, si elle était votée : 3,7 millions de contribuables, dont 1,9 sortiront du champ d’application de cet impôt ou éviteront d’y entrer. Il semble qu’en ces périodes de disette il conviendrait d’augmenter l’assiette fiscale plutôt que de la diminuer, mais la politique a ses propres modes de fonctionnent et d’analyse.

C’est en tout cas une différence de tactique majeure entre droite et gauche : la droite baisse les impôts quand elle arrive au pouvoir et les augmente avant de la quitter, la gauche fait exactement l’inverse. L’une comme l’autre échouent à expliquer à leurs électeurs qu’il faut réduire les dépenses publiques !

 

Escroqueries fiscales en bandes organisées

L’implication d’un certain nombre de grandes banques internationales (HSBC, UBS, notamment…) dans des dossiers assez gigantesques de blanchiment de fraude fiscale semble avoir des effets favorables. Sujettes à des condamnations en justice à des amendes considérables, voire à des interdictions d’exercice, elles ont dans bien des cas plaidé coupables pour limiter les pénalités, et admis avoir monté des circuits complexes pour capter les dépôts de riches déposants voulant échapper à leurs fiscs nationaux. C’est une étape importante dans l’assainissement des écuries d’Augias du monde financier. Certes il reste beaucoup à faire mais la culpabilité admise par ces banques d’avoir contrevenu aux lois d’un certain nombre d’Etats leur a fait prendre des mesures pour revenir dans le droit chemin. Un nombre significatif de déposants dans les paradis fiscaux ont été poussés par les banques à prouver la légalité de leurs dépôts. Ceux ne pouvant le faire ont été sommés de fermer leurs comptes. Et on a vu ainsi nombre de fraudeurs français revenir vers l’administration fiscale pour régulariser leur situation. La fraude sera toujours possible mais simplement plus difficile… au moins pour un temps.

BNP Paribas va être condamnée par l’Etat nord-américain à régler une amende d’une dizaine de milliards de dollars pour avoir financé en USD des transactions sur des matières premières iraniennes et soudanaises, depuis sa filiale suisse et alors que ces pays étaient sous embargo américain. Ces transactions n’étaient pas interdites par la Confédération Helvétique mais comme elles ont été financées en dollars par la BNP, celle-ci tombe sous le coup de la loi américaine.

Ces évènements montrent que les Etats peuvent encore quelque chose dans l’économie mondialisée. Certes la grosse voix fait sans doute plus peur aux forbans quand elle vient de Washington que de Paris, mais même de Paris, la mise en examen (ou la simple menace de) par la justice française des dirigeants d’UBS et d’HSBC en Suisse, et de ces banques, pour blanchiment de fraude fiscale a suffi à leur faire modérer cette activité de blanchiment de fraude fiscale et nombre de particuliers fraudeurs sont revenus au bercail comme par enchantement ! Il existe certainement encore nombre de possibilités de frauder à travers la planète mais elles sont plus complexes et géographiquement plus éloignées.

La dette dela SNCF

Avec les intermittents qui bloquent les festivals culturels estivaux, voici la SNCF en grève qui s’oppose à un problème de réforme du système ferroviaire et de son surendettement. Après avoir séparé la gestion des infrastructures de celle de l’exploitation du réseau il y a vingt ans, on détricote partiellement cette séparation en créant un organisme chapeau. Faire et défaire, c’est toujours agir.

Les contestataires avancent aussi « le problème de la dette » qui n’est pas réglé par cette loi. Régler voulant dire annuler pour ces beaux esprits. Le système ferroviaire affiche une dette de 44 milliards d’euros que dans l’esprit des grévistes et de leurs soutiens, on doit balancer au gouvernement, c’est à dire faire payer les contribuables et en exonérer l’économie ferroviaire.

Ce serait évidemment bien mieux pour la SNCF : hop ! faire disparaître d’un coup 44 milliards. Le contribuable paiera… Comme pour les indemnités chômage des intermittents du spectacle… Dépensons, dépensons, et faisons payer les voisins.

Le contribuable paye

Les « intermittents du spectacle » reprennent leur mouvement récurrent de grèves destinées à bloquer l’organisation des festivals culturels qui pullulent en été. Leur régime privilégié de chômage est de nouveau rogné suite à un accord entre patronat et syndicats, mais a priori pas avec le syndicat des intermittents…

Ce régime privilégié leur donne droit de toucher les indemnités de l’assurance chômage avec moins d’heures travaillées que le reste des salariés. Ce régime prend en compte le caractère particulier des emplois artistiques qui sont rarement à plein temps. Seules les indemnités chômage additionnées à leur temps partiel leur permettraient de survivre et de continuer à faire vivre le système culturel français.

En fait il s’agit d’un problème de compétitivité et de coût du travail plus que de chômage. Il faudrait payer ces gens plus cher pour ne pas avoir à leur verser le chômage pendant ces périodes d’inactivité consubstantielles de cette profession. Cela reviendrait donc à faire porter ces coûts aux opérateurs culturels, et donc, in fine, aux consommateurs puisque que tels sont les coûts réels.

A défaut, et comme la France aime tellement le faire, les coûts ont été transférés sur la collectivité des salariés et des employeurs qui subventionnent les intermittents avec leurs cotisations et qui, bien entendu, essayent chaque année de baisser un peu le niveau de ces subventions.

C’est ainsi et quoi que l’on fasse, que l’on balance les coûts sur les consommateurs, les contribuables ou d’autres… les coûts sont là et quelqu’un doit les payer !

Des élus fraudeurs

Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois, c’est-à-dire son mari, sous le coup d’une mise en examen pour fraude fiscale, avoue que la luxueuse villa dont le couple profite à Saint-Martin est bien sa propriété et que le montage légal mis en place était destiné à opacifier cette propriété pour ne pas payer l’Impôt sur la fortune.

La villa est estimée à trois millions d’euros c’est-à-dire que sa propriétaire aurait dû payer quelques milliers d’euros d’impôt sur la fortune si elle avait été déclarée normalement, c’est-à-dire une somme qui n’est pas considérable au regard de ce que l’on sait du train de vie du couple.

Comme Cahuzac et ses comptes offshores, Copé qui fraude les élections (internes et présidentielles), les Balkany semblent animer de l’unique volonté de leur intérêt personnel et pour économiser quelques euros d’impôt ils abandonnent toute morale. Le pire est que leurs électeurs sans doute ne leur en voudront pas.

Trader-Kerviel et Pape-François : même combat !

Finalement, Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale, après un dernier show à Vintimille devant les caméras, a rejoint sa prison où il va passer quelques mois. Ce n’est certainement pas une sinécure ; souhaitons-lui d’y rester le moins longtemps possible et ce qui serait bien c’est qu’à la sortie il rentre tranquillement chez lui et évite d’occuper les médias pour débiter ses sornettes à un public plutôt indulgent.

Hélas, le procès civil ayant été cassé par la cour de cassation il va être rejoué et Kerviel-le-trader-fraudeur va revenir sur les plateaux télé décliner la théorie de la dictature des marchés financiers qu’il partage avec François 1er !

Kerviel à Vintimille

Jérôme Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale qui a eu la révélation après avoir serré la paluche de François 1er et depuis vilipende la tyrannie des marchés financiers, revient à pieds de Rome vers la France où il doit s’installer en prison pour trois ans suite à sa condamnation confirmé par la cour de cassation. Il s’arrête à Vintimille et exige, avant de traverser la frontière vers Menton, que François Hollande garantisse l’impunité aux personnes qui témoigneraient lors de son procès civil qui, lui, doit être rejoué suite à sa cassation. En attendant, il reçoit les médias sur le trottoir de Vintimille à 50 mètres de la frontière française.

Le garçon a commis des délits, confirmés par la cour de cassation, pris des risques démesurés et interdits, tripatouillé dans la comptabilité pour masquer ses fraudes, et il semble que ces pratiques douteuses étaient monnaie courante dans cette petite banque française ! Du coup, Kerviel le trader-fraudeur voudrait que ses petits camarades fraudeurs puissent venir témoigner à son procès civil pour expliquer combien la fraude était un mode de fonctionnement, sans encourir à leur tour les foudres de la justice ! En gros : tout le monde fraudait donc nous sommes innocents et la banque est coupable ! C’est un mode de défense comme un autre.

En attendant cette improbable immunité, Kerviel le trader-fraudeur campe à Vintimille et le feuilleton continue.

Alstom à la dérive, encore…

Alstom, groupe industriel français spécialisé dans l’énergie n’arrive plus à survivre seul et veut « s’adosser » à un autre groupe plus fort. S’adosser, cela veut dire en termes polis se faire racheter en tout ou partie, et en tout cas céder les rênes du pouvoir à un autre management ! Il y a un candidat américain qui déclenche un tir d’artillerie de tous les partis politiques français et un non-candidat allemand que la France favorise car plus européen.

La triste vérité est qu’hélas le marché hexagonal et les quelques exportations induites ne permettent pas à un groupe dans cette activité de croître, et dans le monde extraordinaire du capitalisme : si on ne croît pas, on meurt ! Alors il aurait été plus sympathique de voir Alstom racheter une autre boîte que de se faire racheter elle-même. Et quitte à en passer par là, il n’est pas sûr qu’une solution américaine soit meilleure qu’une allemande.

L’Europe, l’Europe, l’Europe…



La campagne électorale européenne bat son plein… et les partis français font assaut d’ingéniosité pour mettre sur le dos de l’Europe toutes les conséquences de nos dérives nationales. Tous les partis républicains de gauche, de droite et du centre ont voté comme un seul homme tous les traités quand ils étaient au pouvoir, critiqué l’Europe quand ils étaient dans l’opposition, dépensé l’argent public quand ils tenaient les commandes en expliquant aux autres Etats membres que c’était la dernière fois et que l’année prochaine on ferait des économies si on les laissait dépenser cette année comme ils l’entendaient.

Ces partis républicains de gauche, de droite et du centre ont participé à la construction d’une Europe qui n’est pas aussi mauvaise que la politicaille franchouillarde se plaît à la répéter, favorisant la démagogie au détriment de l’intelligence. Le marché unique a amené un formidable développement économique pour l’Europe, que même les britanniques ne sont pas prêts à lâcher. L’Europe est un conclave de 28 Etats, qui doivent se mettre d’accord sur les sujets communautaires et bien sûr aucun ne comprend pas pourquoi les 27 autres Etats ne sont pas d’accord avec ses propres propositions… Alors on se met d’accord sur un plus petit dénominateur commun, c’est ainsi, et c’est déjà pas mal. Si cela avait le cas en 1914 on aurait pu éviter quelques errements.

Les causes de nos malheurs sont très majoritairement nationales : les politiques économique, sociale, budgétaire, fiscale sont nationales, même si les pays « euro » doivent des comptes aux autres membres en ce qui concerne leur équilibre budgétaire. En fait, la seule véritable question serait d’arrêter l’extension de l’Europe à de nouveaux pays, mais peu de partis se prononcent sur ce sujet par manque de courage politique. Donc nous avons accueilli la Croatie le 1er juillet dernier, la Serbie, la Moldavie, la Bosnie attendent à la porte, sans parler de la Turquie avec qui l’Europe a ouvert des négociations d’adhésion depuis plusieurs années. L’espoir fantasmagorique d’une adhésion, un jour, donnée à l’Ukraine est l’une des causes actuelles de la guérilla civile qui sévit dans ce pays…

Il va falloir voter ce 25 mai : PS, UMP et centristes défendent exactement le même combat. Les anti-européens développent, hélas, une argumentation de café du commerce alors qu’il ne faudrait pas s’interdire de parler d’une option de sortie de l’euro, voire de l’Europe. Techniquement c’est possible (même si pas expressément prévu dans les traités), avec des coûts et des avantages qu’il faudrait pouvoir poser sur la table calmement et intelligemment… nous n’en sommes pas là !

Fusion enre égaux pour gogos

Rigolo : encore un coup de massue apporté au concept de fusion entre égaux. Les derniers chevaliers blancs de cette escroquerie intellectuelle furent les groupes de réclame Publicis et Omnicom. Les deux impétrants ont braillé en juillet 2013 leur beau projet de fusionner leurs business sur une base de stricte égalité, à grand renfort d’embrassades, de bouteilles de champagne et de déclarations oiseuses dans les médias économico-mondains sur l’avenir brillant qui les attendait.

Dix mois plus tard les deux flamboyants pédégés baissent casaques et reconnaissent qu’ils n’ont pas réussi à s’entendre sur le partage du pouvoir du nouvel ensemble. Chacun continuera à vivre sa vie. Les deux piteux tentent de faire croire qu’ils feront aussi bien sans l’autre. Cela n’engage que ceux qui les croient.

Au-delà de ce vaudeville de peu d’importance, il est tout de même encore étonnant que des cadors de ce niveau, sans parler de la cohorte de leurs administrateurs, analystes, journalistes et autres vibrionnant acteurs des marchés, continuent à donner quelle que foi que ce soit à ce concept de fusion entre égaux. Cela n’a jamais marché et ne marchera pas cette fois non plus. Quand on prend deux ensembles pour en faire une seul on passe de deux chefs à un seul, il n’y a pas d’autre issue. Il faut donc que l’un des deux s’incline.

Les plus malins expliquent qu’ils font une fusion entre égaux mais derrière font l’inverse. On se demande vraiment si nos deux piteux ont pu croire une seconde qu’ils allaient mettre en œuvre une telle fusion ? C’est peu probable… il doit y avoir des choses qui nous échappent dans cette affaire !

Les dépenses publiques toujours à la hausse

L’assemblée nationale s’est prononcée sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017. Il s’agit en gros de savoir sur quelles lignes budgétaires la République va économiser 50 milliards d’euros sur les trois années à venir. Il n’est pas réellement question de baisser les dépenses mais plutôt de ralentir le niveau de progression par rapport à une tendance structurelle à la hausse.

Lire le résultat du vote sur : Analyse du scrutin n° 786

L’opposition est ennuyée par ce programme qui répond à ses souhaits affichés depuis qu’elle est dans l’opposition… mais nous sommes en France et on ne va quand même pas changer nos déplorables habitudes claniques et la droite ne va pas quand même pas voter pour la gauche ou alors le zouave du pont de l’Alma va se mettre en maillot de bain et plonger dans la Seine ! La position officielle de l’opposition est que les économies en « coups de rabot » ne sont pas bonnes sans réformes structurelles. Rappelons quand même ici le séminaire de l’équipe dirigeante de l’UMP en décembre dernier qui assénait un objectif d’économie de 130 milliards en 5 ans, sans plus de détails sur la façon d’y arriver.

Bien sûr ces réformes structurelles sont nécessaires mais nous somme en France et nous savons bien qu’elles sont longues, douloureuses, toujours atténuées dans leurs effets par les corporatismes, les égoïsmes et la perte totale de sens de l’intérêt général qui affecte notre République ; alors démarrer par des baisses autoritaires (le fameux coup de rabot) n’est pas mauvaise en soi, elle permet de démarrer les économies. Il sera toujours temps de travailler sur les réformes structurelles en même temps ou plus tard.

Le vote d’aujourd’hui à l’assemblée nationale est intéressant : 265 pour, 232 contre et 67 abstentions.

  • Groupe socialiste – 291 membres : 242 pour, 3 contre et 41 abstentions dont quelques pointures comme Pascal Cherki (député-maire de Paris XIVème), Henri Emmanuelli, Jérôme Guedj, Christian Paul… Ils n’ont pas osé voter contre car le chef du PS avait laissé entendre qu’ils auraient pu être exclu du parti dans ce cas, courageux mais pas téméraires…
  • Groupe UMP – 198 membres : 1 pour, 192 contre et 3 abstentions. Le franc-tireur est Frédéric Lefebvre, ex-sous-ministre de Fillon, affichant en permanence des cheveux longs et gras, s’étant rendu célèbre dans une interview où on l’interrogeait sur ses goûts littéraires en confondant la marque Zadig & Voltaire avec l’écrivain Voltaire… Le garçon doit nous faire une rébellion post-adolescente.
  • Groupe UDI – 29 membres : 3 pour, 7 contre et 17 abstentions. Le franc-tireur est Frédéric Lefebvre, ex-sous-ministre de Fillon, affichant en permanence des cheveux longs et gras, s’étant rendu célèbre dans une interview où on l’interrogeait sur ses goûts littéraires en confondant la marque Zadig & Voltaire avec l’écrivain Voltaire… Peut-être n’a-t-il pas bien compris pour quoi il votait ?
  • Groupe Ecologiste – 17 membres : 3 pour, 12 contre et 2 abstentions.
  • Etc.

Il y a finalement assez peu de traîtres ayant voté contre leur camp. Il y a des mous qui se sont abstenus. Ils ne seront pas fusillés à la libération, on les rasera, seulement…

Les députés PS écrivent

Le député socialiste est un animal qui écrit beaucoup en ce moment face à la perspective de devoir contrôler les dépenses publiques, c’est-à-dire d’annoncer à leurs électeurs qu’il va falloir se serrer la ceinture.

100 députés ont signé une lettre prônant un « contrat de majorité » dans un charabia en langue de bois en chêne massif se concluant par « Ne laissons pas s’installer de faux clivages entre les « cigales » et les « fourmis » ; mais nous savons aussi que jamais la France ne se redressera dans l’austérité et en laissant exploser le chômage et les inégalités. » En gros, on fera des économies, mais plus tard.

Lire la lettre des 100 députés : La lettre des 100

Et dans la foulée, après la communication du premier ministre le 16 avril sur les 50 milliards d’euros d’économie à réaliser sur trois ans, 11 députés (également signataires de la lettre précédente) ont commis une nouvelle missive, adressée cette fois-ci au premier ministre, ressassant les mêmes théories et aboutissant aux mêmes conclusion : on économisera, mais plus tard.

Lire la lettre des 11 députés : La lettre des 11

Hélas, il n’est plus temps de reculer encore le retour à des mesures d’économie, il faut en passer par là, et maintenant. D’ailleurs le nouveau gouvernement a reçu une fin de non-recevoir européenne à sa requête de retarder le retour à un taux de déficit de 3% du produit intérieur brut.