Le référendum en Nouvelle Calédonie est en route

Les partenaires de l’Etat qui travaillent au futur de la Nouvelle-Calédonie, territoire français d’outre-mer, se sont mis d’accord sur la question qui sera posée au référendum du 4 novembre 2018 aux électeurs de cette île :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Il semble qu’il a été difficile de s’entendre sur la question, mais un accord a été trouvé entre indépendantistes et non-indépendantistes sous l’autorité et l’implication du premier ministre. C’est une bonne chose et démontre un relatif sens des responsabilités des parties. Reste maintenant à savoir quelle sera la réponse apportée à cette question existentielle. Les anticipations sont plutôt en faveur d’un rejet de l’indépendance du fait que la population kanak n’a pas encore dépassée celle des caldoches. Compte tenu des taux de natalité respectifs, ce dépassement arrivera forcément un jour, mais sans doute pas avant le 4 novembre prochain.

Si l’indépendance est effectivement rejetée, ce sera une mauvaise nouvelle, pour l’île et pour la France, et encore des décennies de problèmes à gérer, plus ou moins violemment. Espérons que dans une telle hypothèse, les parties feront preuve du même sens des responsabilités qu’elles manifestent aujourd’hui. Il faudra alors relancer avec subtilité un nouveau processus qui permette l’organisation d’un référendum une fois que les importances respectives des deux populations permettront d’être certain que l’indépendance sera choisie. Ce ne sera pas facile à faire admettre aux caldoches qui estimeront sans doute avoir gagné pour toujours, mais leur victoire, si elle a lieu, ne sera qu’éphémère.

L’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est inscrite dans l’avenir, et souhaitable pour tout le monde.

Mayotte à la dérive

L’île de Mayotte, département français, continue à s’enfoncer dans d’inextricables difficultés sociales, économiques et religieuses, qui déclenchent une violence inédite sur ce confetti de l’empire. La fiction de la départementalisation de cette île éclate au grand jour. Rongée par un chômage structurel, soumise à une immigration endémique par les populations des îles alentour attirées par le niveau de vie français et la perspective d’obtenir la nationalité française, loin de tout et surtout de toutes perspectives de développement économique, Mayotte se tourne désespérément vers Paris, à 8 000 km de là, sur le thème : « nous sommes département français et il nous avons les mêmes droits qui si nous habitions à Lyon ou à Brest ! »

C’est juridiquement vrai mais juste impossible à transformer en réalité. Même si la République avait les moyens de transférer les financements nécessaires pour transformer Mamoudzou en Auteuil-Passy cela ne résoudrait pas le problème fondamental de vouloir calquer sur une île du bout du monde, issue de la décolonisation ratée de l’archipel africain des Comores, une organisation de république européenne : c’est perdu d’avance et nous en avons la preuve une fois de plus aujourd’hui, hélas.

La France a, malgré tout, des devoirs vis à vis de cette ancienne colonie à laquelle des dirigeants de rencontre ont fait croire que leur salut résidait dans un statut de département français. Un simple aller-retour à Mamoudzou aurait fait comprendre aux élus félons qui ont voté cette départementalisation qu’ils se fourvoyaient. Nous avons fait montre au mieux d’ignorance, au pire d’incompétence et de faiblesse. Il faut maintenant s’en sortir. La presse bien informée fait allusion à des réflexions gouvernementales qui seraient en cours pour faire évoluer ce statut vers celui d’un territoire spécifique et notamment, trouver une solution pour que toutes les femmes enceintes comoriennes venant accoucher à Mayotte ne bénéficient pas automatiquement de la nationalité française et tarir le flux incontrôlé de cette immigration. Ce sera long et difficile, sans doute bien plus dur qu’une négociation avec la CGT-SNCF car il y s’agit là de véritables situations de détresse mais, comme à la SNCF, le statuquo n’est plus une option. Nos dirigeants vont devoir faire preuve de doigté et personne n’aimerait être à leur place. Il faudrait imaginer un processus similaire à celui de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, qui s’étale dans le temps et laisse subsister pendant la période de transition un double système, mais celui-ci ne pourrait être que provisoire et se terminera inéluctablement par le retour de la souveraineté des Comores sur Mayotte ce qui est certainement une perspective qui effraie les mahorais.

L’assemblée générale des Nations-Unies a pris plusieurs résolutions enjoignant la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Paris n’en a évidemment rien fait puisque les mahorais « veulent » rester français. Il faudra pourtant y venir un jour.

Une affaire de ploucs à la une

Après la mort de Johnny Halliday, dit « l’idole des jeunes » il y a bien longtemps, ses familles décomposées s’opposent dans la presse et devant les tribunaux pour de sombres histoires de sous. Certains auraient été déshérités au profit d’autres. Les artistes de variété et les fans franchouillards prennent parti sur les plateaux télévisés. Les journalistes se régalent : enfin un sujet qu’ils peuvent commenter du haut de leur immense paresse intellectuelle…

Nous sommes en présence d’une affaire de ploucs enrichis qui se déchirent les restes d’une vedette dont on ne sait d’ailleurs pas bien s’ils sont composés de plus d’actifs que de dettes. Il eut été plus élégant qu’ils entendent avec discrétion sur le cadavre de leur père et mari.

Un nouvel os à ronger pour la presse

Le nouveau débat qui fait fureur sur les plateaux télévisés concerne le « rythme des réformes » : est-il trop intense ? Se concentrer sur la forme des changements plutôt que sur le fond permet aux journalistes, « communicants » et autres experts de service de leur éviter de lire et travailler sur les nombreux textes législatifs qui sont actuellement en discussion. Certains d’entre eux sont assez complexes et mériterait un véritable investissement de la presse pour qu’elle puisse faire son travail pédagogique et critique desdits textes.

On a même entendu certains journalistes expliquer qu’ils frôlaient le « burn-out » pour essayer de suivre et de comprendre la volonté réformatrice du gouvernement issu des dernières élections présidentielles en France. Alors à défaut d’analyser ces réformes, la presse préfère discuter de leur rythme. Qu’elle se rassure, la niche fiscale dont bénéficie les journalistes et les subventions versées par les contribuables pour la diffusion des journaux ne semblent pas encore atteints par l’ouragan réformateur. Gageons que s’ils l’étaient un jour, nous en entendrions parler !

Que faire avec les djihadistes français survivants ?

Les parents de trois gamines françaises parties en Syrie rejoindre le groupe terroriste religieux Etat islamique, et actuellement détenues par les kurdes syriens, ont porté plainte contre l’Etat français sur la base de son « inaction » face à une « détention illégale ou arbitraire ». On ne sait pas bien ce que sont allé faire ces femmes sur le terrain des combats religieux moyen-orientaux. Il apparaît qu’en général les terroristes islamiques qui les recrutaient mettaient plutôt les étrangères à faire le ménage et des enfants quand les hommes étrangers pouvaient participer aux combats, massacres en tous genres et attentats terroristes le cas échéant. Mais tout est possible ; elles ont été capturées sur un terrain de guerre civile par la partie qui l’a emporté, au moins provisoirement, dans le camp de ceux qui ont perdu, tout aussi provisoirement sans doute. Le mieux aurait certainement été qu’elles restent dans leurs familles en France.

Elles ont compromis (et parfois fait des enfants) avec des terroristes religieux qui ont pris les armes contre la France et commis le pire. Elles sont maintenant aux mains de bandes armées, probablement sans foi ni loi. Bien sûr les parents préfèreraient certainement que leur progéniture soit jugée par la démocratie française plutôt que par la justice sans doute expéditive de ces bandes. On peut imaginer leur effarement face à la dérive, parfois meurtrière, de leurs enfants mais le dépôt de plainte contre l’Etat est indécent même si représentatif de notre société moderne : plus personne n’est responsable de rien ni n’assume ses actes et l’Etat (donc les contribuables) doit payer pour tout. On se souvient que le père de Mohamed Mehra avait également porté plainte contre l’Etat français depuis l’Algérie après que son fils eut tué sept personnes dont trois enfants, puis trouva lui-même la mort lors de l’assaut donné par la police dans l’appartement où il était enfermé.

Ceci étant dit la République se trouve confrontée à un véritable dilemme : que faire de ses citoyens qui ont pactisé avec des puissances ennemies, combattu sur le terrain syro-irakien et éventuellement commis des actes de terrorisme contre la France et des français. Ceux qui ont survécu aux combats souhaitent généralement revenir en France plutôt que d’être jugés par les autorités qui les détiennent. La République a déjà eu affaire à des traîtres, ce fut le cas des collaborateurs avec l’occupant allemand durant la deuxième guerre mondiale. Quelques-uns furent exécutés lors de la courte période d’épuration après la défaite nazie, nombre d’autres furent jugés et certains passèrent à travers les mailles du filet. Dans le cas des terroristes religieux français de retour au pays la situation est plus tendue car on peut craindre que ceux-ci n’aient pas abdiqué leur idéologie mortifère. Les collaborateurs de 1945, une fois leur peine accomplie ont généralement cherché à se réinsérer dans la société civile, certains y ont même très bien réussi, mais ils ont globalement admis leur défaite idéologique et plutôt cherché à passer à autre chose. Le djihadiste jugé en France, une fois sa peine accomplie, risque de reprendre les armes contre ses concitoyens : djihadiste un jour, djihadiste toujours ? Quant à ceux qui seraient jugés dans les pays où ils commirent leurs forfaits, eux aussi sortiront de prison dans quelques mois ou années, ils resteront un facteur de risque élevé pour encore longtemps.

Il faut travailler à tarir les vocations au djihadisme de citoyens français, cela passe par de l’éducation et du développement socio-économique, mais c’est une œuvre de plusieurs générations En attendant les premiers résultats il faudra bien vivre avec les risques que font porter à la société française ses enfants perdus, et le faire avec les voies et moyens de notre Etat de droit. Ce sera l’honneur de notre démocratie de s’imposer face à la déraison religieuse.

Lire aussi : Le retour des combattants religieux dans leur pays d’origine

Bataille de forbans dans les communications

TF1, chaîne de télévision privée criarde envahie par la publicité et la beaufitude, s’est fait couper sa diffusion par un « opérateur », en l’occurrence le groupe Canal+. Les forbans qui dirigent ces deux entités se sont battus à coup de communiqués de presse au sujet que la rémunération que l’un veut exiger de l’autre qui ne veut pas lui payer. Bref, un conflit commercial classique entre un client et un fournisseur dont on ne sait pas bien qui est le client de qui d’ailleurs.

TF1 a eu l’audace de faire état de téléspectateurs « désespérés » qui ne pouvaient plus regarder cette chaîne via leur abonnement payant à Canal+. Il leur restait plusieurs centaines d’autres chaînes disponibles, ou tout simplement la possibilité de se rebrancher sur la télévision numérique gratuite, mais ils frisaient le suicide. Devant la « gravité » de ce désespoir les pouvoirs publics sont intervenus (via le Conseil supérieur de l’audiovisuel – CSA) pour convaincre les forbans de trouver un accord. Ils l’ont trouvé bien entendu et l’on peut gager qu’une semaine de TF1 en moins aura eu un effet revitalisant sur les neurones des téléspectateurs.

Il y a 40 ans, l’Amoco-Cadiz…

AMOCO CADIZ coulant

L’une des plus dramatiques marées noire de l’Histoire maritime se déroula en 1978 lorsque l’Amoco-Cadiz s’échoua et coula à Portsall. 220 000 tonnes de pétrole se répandirent alors sur la côte nord de la Bretagne générant une terrible pollution qui mettra des années à être éliminée. Aujourd’hui encore des fosses existent où fut stocké le pétrole ramassé par une armée d’appelés du contingent et de bénévoles. C’était il y a quarante ans et la Bretagne se souvient : Vigipol.

Lire aussi : Exposition à Trébeurden

 

Le salon des lobbys

Comme chaque année le salon de l’agriculture à Paris qui s’est clos ce 6 mars fut l’occasion pour le monde rural de faire valoir ses problèmes et pour le microcosme politico-médiatique de se montrer sur les écrans en dégustant des verres de blanc en caressant de petits agneaux tous mignons et tous tendres quelques jours avant qu’ils ne terminent dans nos assiettes.

Comme chaque année ce salon fut un long moment de pleurs et de lamentations pour un secteur qui se qualifie globalement en crise depuis des décennies et qui utilise au mieux sa forte capacité de lobbying pour faire admettre par la pensée commune que la « crise » agricole est plus profonde que partout ailleurs. La réalité est sans doute plus nuancée car si nombre de petits paysans sont laminés par la concurrence dans notre monde libéral et le font savoir, d’autres secteurs de l’agriculture restent beaucoup plus discrets car ils ont développé des business rentables.

La France est le premier producteur agricole européen et tient aussi la première place dans les productions végétale et animale. Le secteur génère des exportations significatives et des flux de subventions également importants, c’est-à-dire qu’il y a un transfert de richesse des contribuables vers les producteurs agricoles, ceci pour de bonnes raisons de développement économique, social et environnemental. Cela n’a pas empêché une partie de ce secteur de se restructurer et de se moderniser au point de rester compétitif sur les marchés internationaux. Evidemment il reste les petits producteurs qui se heurtent douloureusement aux forces du marché, au secteur de la distribution et qui n’arrivent pas à survivre. Ceux-là vont disparaître du moins tant que les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher leur production par rapport à celle de l’agriculture industrielle vendue dans les supermarchés, ou aux contribuables à financer à des niveaux de subventions supérieurs à ceux actuellement constatés.

C’est le b-a-ba de l’économie libérale : les plus efficaces mangent les moins efficients et globalement l’économie est censée être gagnante ; la destruction créatrice est à l’œuvre modulo les transferts financiers des contribuables vers les agriculteurs compte tenu de l’importance sociale du secteur.

Il faudrait idéalement mettre un terme à ce rapport émotif que l’on porte sur le secteur économique de l’agriculture où tout est toujours plus grave qu’ailleurs : les déficits, la dette, la difficulté du marché libéral, etc. C’est aussi le symptôme d’un lobby fort et puissant qui malgré son peu d’impact électoral (le nombre d’agriculteurs-électeurs est maintenant extrêmement faible) continue à agir avec force et influence sur les leviers politiques multi-partisans. Il faut continuer à restructurer l’agriculture, comme le fait l’économie privée et publique depuis des décennies pour s’adapter à l’évolution des marchés et des pratiques ; là où il y a surproduction il faudra bien réduire celle-ci à moins de revenir à l’économie de kolkhoze, là où il faut augmenter la taille des exploitations il faudra favoriser les rapprochements, là où il y a besoin d’aides du contribuable il faudra le cas échéant réorienter les flux de subventions vers les activités pouvant les utiliser avec le plus d’efficacité, etc.

Bref, il faut faire de la politique entre gens intelligents et si possible de bonne compagnie.

Des économies faciles à réaliser

Le gouvernement français a annoncé renoncer à sa candidature d’accueillir l’exposition universelle de 2025. Le premier ministre s’est fendu d’une missive adressée à l’organisation en charge de cet évènement pour l’informer, en gros, que la République ne garantirait pas financièrement cette exposition en France ce qui marque un coup d’arrêt à celle-ci. Dieu merci il reste trois pays candidats que sont le Japon (Osaka), la Russie (Ekaterinburg) et l’Azerbaïdjan (Bakou).

Les promoteurs français de cet évènement se plaignent bien entendu de ce revirement de l’Etat, tout en expliquant qu’aucun argent public n’aurait été engagé. Certes, mais ils avaient néanmoins besoin de la garantie du contribuable pour mener à bien leur organisation « privée ». La ville de Boston a renoncé à l’organisation des jeux olympiques de 2024 (que Paris finalement organisera) lorsque le comité olympique lui demanda sa garantie financière. Comme Boston l’an passé, le gouvernement français a estimé qu’il n’était pas opportun de faire peser sur les contribuables nationaux le risque financier d’organisations d’expositions un peu démodées.

L’essentiel de cet évènement devait se dérouler en banlieue parisienne sur le campus dit de Paris-Saclay où résident nombre de centres de recherche, d’universités et de grandes écoles, du secteur privé comme public. Le comité d’organisation composé d’élus et de diverses entreprises privées est mécontent et le fait savoir par la voix de son président Jean-Christophe Fromantin (élu des Hauts de Seine) :

« …les arguments invoqués par Matignon sont faux. C’est justement parce que nous étions soucieux de la dépense publique que nous avons, depuis le début, construit ce modèle privé qui a séduit de nombreux partenaires économiques. Une telle probité devrait être exigée à tous les grands événements internationaux que la France organise ».

La faille dans le raisonnement est que le projet est certes « construit sur un modèle privé » mais a tout de même besoin de la garantie de l’Etat, donc des contribuables et l’on peut prévoir sans beaucoup de risques de se tromper que cette garantie aurait été mise en jeu.

L’écueil dans cet évènement est qu’il vient après les ponctions déjà engagées sur les contribuables pour les organisations de jeux olympiques à Paris en 2024 et de la coupe du monde rugby l’année suivante. Trop c’est trop et il faut bien arrêter à un moment ou à un autre la machine à dépenser l’argent des contribuables. Il aurait été préférable de la stopper avant d’accepter les jeux olympiques de 2024 mais la malchance pour l’exposition universelle est que le couperet tombe sur elle.

Ainsi le campus de Paris-Saclay pourra se consacrer à ses travaux de recherches sans être perturbé par les flonflons d’une exposition consommatrice de temps et d’argent. Ces dépenses somptuaires ne sont pas prioritaires pour un pays surendetté, il est sain qu’elles soient contrôlées. La France ira installer son pavillon à l’exposition à Bakou et en survivra. Mettre fin au financement de ce type d’évènements et ainsi réduire la dépense publique est facile à faire : il suffit de le décider !

Ecriture inclusivement étonnante

La maire de Paris adresse une lettre à tous les nouveaux citoyens-contribuables déboulant dans sa ville ou changeant d’arrondissement qui commence ainsi :

Au nom de l’ensemble des élu.e.s parisien.ne.s je vous souhaite la bienvenue dans votre nouvel arrondissement de résidence.

La mairie a donc adopté l’écriture dite « inclusive » censée respecter l’égalité entre l’homme et la femme et permettre de cesser « d’invisibiliser les femmes ». Cette nouvelle grammaire veut supprimer la règle d’accord selon laquelle, au pluriel, « le masculin l’emporte sur le féminin ». Il s’agit, en gros :

  • D’accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres (Exemples : « présidente », « directrice », »chroniqueuse », « professeure », « intervenante », etc)
  • D’user du féminin et du masculin, par la double flexion, l’épicène ou le point milieu (Exemples : « elles et ils font », « les membres », « les candidat·e·s à la Présidence de la République », etc.)
  • De ne plus mettre de majuscule de prestige à « Homme » (Exemple : « droits humains » ou « droits de la personne humaine » plutôt que « droits de l’Homme »)

Moult cénacles pour l’égalité, pour la grammaire, pour la langue française, etc. ont pris parti pour ou contre cette nouvelle conception de la grammaire. Le premier ministre a signé une circulaire dans laquelle il demande aux services de l’Etat de ne pas faire usage de cette « écriture inclusive » dans les textes officiels, notamment « pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme. »

L’académie française, qui n’est pas particulièrement réputée pour son ouverture au féminisme ni au modernisme, a publié une déclaration critique sur cette nouvelle mode grammaticale qui « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ».

Accessoirement, les logiciels de traitement de texte comme Word de Microsoft, n’ont pas encore appris ces nouvelles règles et ressortent en fautes soulignées de rouge toute ces tentatives de « visibiliser les femmes ».

Bref, en est en plein débat picrocholin comme la France aime à en mener. La bonne nouvelle c’est au moins de pouvoir se dire qu’un pays qui a les moyens de payer tant de personnes à se pencher sur ce genre de sujets ne peut pas être fondamentalement un pays qui va mal !

Laurent Wauquiez : morceaux choisis

M. Wauquiez, chef du parti conservateur d’opposition Les Républicains (LR) a confirmé, sur la forme et le fond, les propos qu’il a tenus devant une assemblée d’étudiants et que l’un ou plusieurs d’entre eux ont enregistrés et communiqués à la presse. Il va attaquer en justice le journal qui les a publiés.

Ces sorties quelque peu tonitruantes paraissent effectivement plutôt conformes à ce que l’on sait des convictions du personnage, pas de surprises à ce niveau-là. Non, ce qui étonne véritablement c’est le niveau de beaufitude de ces propos qui relèvent plus d’une fin de beuverie au Café du Commerce plutôt que d’un prétendant aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’homme joue sur l’abrutissement des masses plutôt que leur rédemption, il parie sur la bêtise et délaisse la raison. Il n’est pas sûr qu’une telle tactique le porte au pouvoir, mais on ne peut pas l’exclure.

On peut quand même avancer que ces candidats aux suffrages des électeurs-contribuables feraient mieux de travailler leurs dossiers et de mesurer leur parole plutôt que de se prendre pour Mme. Michu dans toutes les circonstances possibles. Le nombrilisme de ce personnel politique est détonnant, il pourrait être suicidaire.

Qu’on en juge :

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Laurent Wauquiez tel qu’en lui-même


Le chef de Les Républicains, Laurent Wauquiez, se fait enregistrer alors qu’il dit du mal avec condescendance de tout le monde politique qui l’entoure. Bien entendu ses paroles sont publiées et le microcosme parisiano-médiatique s’agite. En fait il n’y a rien là de bien nouveau dans le Café du commerce franchouillard de la politicaille de bas étage animé par des personnages de cet acabit. Tout ça n’a guère d’importance et ne fait que confirmer que ces forbans qui grenouillent dans les partis politiques feraient bien mieux de bosser leurs dossiers plutôt que de parader sur les plateaux.

Entre autres amabilités à l’encontre de ses congénères, il revient sur les causes de la défaite de Fillon et accuse Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, d’avoir entretenu une « entreprise de démolition » contre lui. C’est plutôt cocasse car Fillon lui-même à l’époque accusait sur les plateaux télévisés le président Hollande d’avoir monté un « cabinet noir » pour l’abattre. Nous sommes un an plus tard et l’opposition conservatrice n’arrive pas à tourner la page de la défaite, refuse même d’envisager sa responsabilité dans cette situation et, encore plus désopilant, ne s’est pas remise au boulot pour espérer pouvoir assurer une alternative possible, peut-être un jour.

Dérapage corse, encore…

Un compte tweeter corse publie quelques amabilités adressées à la veuve du préfet Erignac assassiné en 1998 dans cette île accueillante. Son épouse accompagnait récemment le président de la République française venu, entre autre, inaugurer une place « Claude ERIGNAC » à Ajaccio pour le vingtième anniversaire de son meurtre.

Le tweet délicat précisait notamment :

« Il faut respecter la douleur et, en ce jour, celle de Mme Erignac. Elle est le symbole de la femme française. Ces courageuses femmes françaises qui, de 1940 à 1944 réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du 3e Reich. 400 000 bâtards, cela peut vous sembler léger, sur 10 000 000 millions de femmes fécondables mais songez à toutes celles qui n’eurent pas la chance de tomber enceinte. Ou alors à toutes celles qui ont joué de l’aiguille à tricoter. En un mot comme en dix, il y eut en pas moins de 4 000 000 de bonnes petites salopes françaises. Ach so… »

Il a été retiré au bout de quelques jours et son auteur potentiel, Charles Pierri avec un « i muet », repris de justice, un des dirigeants du parti indépendantiste Corsica Libera est convoqué par la justice qui enquête sur ces injures qui contreviennent à la loi française. Tout ceci est sans surprise  mais le plus regrettable dans cette affaire est que la République ait emmené Mme. Erignac dans cette aventure qui devait forcément mal se terminer pour elle.

Pourquoi ouvrir une place « Claude Erignac » en Corse ? Elle sera sans doute régulièrement taguée et dégradée, puis rebaptisée après l’indépendance. Il eut été plus avisé de rendre hommage à ce préfet sur le continent, pourquoi pas à Paris, ce qui aurait été bien plus avisé et respectueux et, accessoirement, plus pratique et confortable pour que la famille Erignac vienne y rendre hommage à son défunt. Vouloir imposer les symboles de la République à des gens qui n’en veulent pas ne fait que provoquer aigreur, difficulté et violence. On vient de commencer à y gouter avec ce tweet pour le moment anonyme.

Toujours plus

Le président de la République française vient de passer deux jours en Corse pour répondre aux revendications du pouvoir régional autonomo-indépendantiste. En gros il a refusé l’amnistie des prisonniers dits « politiques » tout en envisageant de pouvoir leur faire exécuter leurs peines dans leur île pour certains d’entre eux. Il a expliqué par ailleurs qu’il était en faveur d’inclure dans la prochaine réforme constitutionnelle la mention de la Corse, exigence très ancienne dont on se demande d’ailleurs ce qu’elle changera dans la vie de l’île (la mafia fait beaucoup plus de mal à cette région que son absence de mention dans la constitution…). Enfin, il refuse le principe d’une co-officialité de la langue corse avec la langue française d’un statut de « résident corse ».

En réalité la partie constitutionnelle ne prête pas vraiment à conséquence puisque ce n’est ni le président ni les élus corses qui décideront de la réforme à apporter à la loi fondamentale. En effet, toute réforme est votée soit par le congrès (assemblée national plus sénat) à la majorité des deux-tiers, soit par les électeurs français (et pas uniquement corses). Donc on peut s’agiter dans les palais pavoisés de la République à Ajaccio ou ailleurs, à la fin il faudra bien passer au vote et demander à la Nation si elle est d’accord pour accorder un statut spécifique à cette île irréductible. Globalement on peut anticiper que ni le « peuple français » ni ses représentants élus n’y sont prêts.

Le président Macron a dit ses quatre vérités à la Corse dans un discours ferme rappelant notamment toutes les incohérences des élus de cette île qui veulent le beurre et l’argent du beurre, être français pour les subventions et corses pour déterminer une fiscalité propre, notamment. Il a expliqué que l’île dispose déjà d’un statut spécial qu’il convient de mettre à profit pour travailler au développement économique, que pour la langue corse il suffit de l’apprendre aux enfants à la maison (ce qui n’est plus fait), etc. Bref, il a parlé réalité à des gens qui pensent symbole. Evidemment cela fait plaisir à entendre sur le moment mais cela ne règle en rien le futur. Ses positions sont mal reçues par les élus locaux qui n’obtiennent qu’une partie de ce qu’ils demandaient et voulaient faire croire qu’ils allaient tout emporter. Jeu de rôles plutôt classique qui déclenche un communiqué rageur du parti indépendantiste Corsica Libera auquel appartient le président de l’assemblée corse Jean-Guy Talamoni avec un « i muet ». On y parle des discours « haineux, provocateurs et méprisants » du président, de son « attitude négationniste de la question corse » et bla-bla-bla et bla-bla-bla. La France est responsable de tout et la Corse de rien !

« Que le gouvernement français n’en doute pas, Corsica Libera ne reniera jamais les engagements pris devant la Nation corse et se battra toujours pour défendre les intérêts de son peuple, le peuple corse. »

Ce communiqué démontre par l’absurde que la direction prise par la République n’est pas la bonne. Ce « peuple corse » n’est pas intégrable dans la République et il aurait fallu effectivement avancer vers un statut pré-indépendance sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie. Ce micro-parti Corsica Libera est certes très minoritaire en nombre de voix mais il est sans doute majoritaire dans les cœurs si l’on en juge par l’absence quasi-totale d’opposition locale à ses propos et théories. Nous sommes repartis pour des années de conflit, voire une reprise de la lutte armée, et, on reviendra forcément un jour à l’idée d’indépendance de la Corse.


Communiqué de Corsica Libera (parti indépendentiste corse)

Rédigé le Samedi 10 Février 2018 à 12:00

« L’impunité de l’Etat en Corse, cela aussi doit cesser ! »

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Thévenoud s’occupe

Thomas Thévenoud, vous souvenez-vous ? Il fut un éphémère ministre sous la présidence Hollande, forcé à la démission quelques jours après sa nomination pour avoir oublié de payer ses impôts plusieurs années durant. Il avait régularisé sa situation mais à fait se tordre de rire le pays entier (à l’exception sans doute de ses collègues du gouvernement) en expliquant que lui et sa femme étaient atteints d’une « phobie administrative » qui leur faisait renoncer à faire leurs déclarations de revenus à l’administration ou de payer les frais de cantine de leurs enfant.

Après cette franche et rafraichissante rigolade, l’impétrant a payé ce qu’il devait aux contribuables floués par sa « maladie » plus quelques pénalités et une condamnation en justice. Aujourd’hui la poilade continue car on apprend que le garçon a déposé la marque « phobie administrative » à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Il pourra ainsi toucher des subsides en cas d’utilisation de cette « marque » et en tout cas bloquer son utilisation selon sa volonté.

On reste confondu devant un tel cynisme d’une personne qui gagnerait à se faire oublier et se recycler dans une activité anonyme. N’a-t-il rien d’autre à faire que de ressasser ce péché finalement véniel de fraude fiscale et ses conséquences ? Ce n’est guère brillant.

Lire aussi : Thévenoud parade

Lire aussi : Irresponsabilité politique

Il neige… et la France râle

Petit épisode neigeux sur l’Ile de France, les routes sont encombrées, des bus sont arrêtés en soirée mais le métro fonctionne normalement, des trains sont en retard. Les prévisions météorologiques avaient prévu la situation. Quelques automobilistes restent bloqués plusieurs heures sur une nationale tellement pentue que tout le monde glisse, certains sont hébergés pour la nuit dans des gymnases. C’est ce qu’on appelle des intempéries pour une région parisienne qui n’est plus tellement habituée à la neige.

Mais nous sommes en France alors tout le monde se plaint et sombre dans la démesure : « Mais que fait le gouvernement ? On est abandonné sur la route sans boire ni manger… » etc. C’est la cohorte des pleureuses, une tempête de lamentations, un déferlement de grognons. Il y eut quelques situations désagréables certes, en une nuit tout a été résorbé mais la République n’est pas venue servir un repas chaud arrosé d’un grand cru au bord des routes enneigée, ce n’est pas prévu dans les missions de l’Etat ni dans les financements pour lesquels les contribuables payent des impôts.

Tout le monde a survécu, Dieu merci !

Une roquette politique

Les indépendantistes corses réclament, parmi moult revendications, le transfèrement des détenus « politiques corses » dans des prisons de l’île. La femme de l’un d’eux explique qu’il est détenu sur le continent et que cela lui impose des dépenses de déplacement mensuelles de 700 EUR pour aller le visiter au moins une fois par mois. Au journaliste qui lui demande de quoi est coupable son mari prisonnier « politique », elle répond :

Heu… c’est politique. Il a tiré une roquette sur une gendarmerie. La gendarmerie c’est l’Etat, c’est donc politique, voilà !

Il ne va pas être bien facile de partager une telle conception de la politique !

Pendant ce temps, le chef de l’exécutif corse (sorte de gouvernement local aux petits pieds), Gilles Siméoni avec un « i muet », envahit les plateaux télévisés pour expliquer comment la Corse vit un moment historique que le continent doit saisir pour réussir une transition en donnant plus d’autonomie (mais toujours autant de sous) à son île. Il le fait de façon plutôt avisée et apaisée, cherchant à rassurer les spectateurs en présentant la coopération avec la Corse comme une grande chance que Paris ne devrait pas laisser passer.

Son alter-égo, chef de l’assemblée territoriale corse, Jean-Guy Talamoni avec un « i muet » est lui ouvertement indépendantiste, il parle de la France comme d’un « pays ami », mais se cache un peu à l’ombre de Siméoni avec un « i muet », plus consensuel.

Tous les deux affichent ostensiblement dans leurs bureaux d’élus les drapeaux corse et européen, mais pas le drapeau de la République française. Ils doivent rencontrer en Corse la semaine prochaine le président de la République pour tenter de faire valoir leurs revendications et prendre la route de l’indépendance, même si à très long terme. Les électeurs corses ont voté pour cette alliance autonomiste-indépendantiste, il faut les entendre avant que la nervosité ne ressaisisse cette population clanique à la violence endémique qui n’a jamais accepté et probablement n’acceptera jamais sa francité. La Constitution permet cette prise de distance pourvu qu’elle soit approuvée par une réforme dûment votée par un Congrès ou un référendum.

La Corse s’éloigne


Le nouveau pouvoir régional corse poursuit avec insistance son offensive contre la République. De façon plutôt avisée l’exigence d’indépendance n’est plus officiellement mise en avant, bien que toujours prégnante, au profit de la demande « d’autonomie politique », moins effrayante pour les électeurs locaux qui craignent pour leur niveau de vie. S’y ajoutent des revendications concernant la « langue corse » qu’il veut à l’égal de la langue française constitutionnelle, un statut de « résident corse » qui, notamment interdirait l’achat d’un bien immobilier à quiconque n’a pas déjà résidé cinq ans en Corse, ainsi que la mention de l’île dans la Constitution.

Cette quête permanente de reconnaissance et d’individualisation est véritablement l’une des caractéristiques des habitants insulaires, quelle que soit leur histoire, coloniale ou pas, et leur géographie, tropicale ou non. Le problème de la Corse dure depuis des décennies et ne semble pas soluble dans le cadre français actuel. On peut maintenant conclure que cette île et ses habitants ne sont pas intégrables dans la République et que s’ils n’ont pas le courage ou l’opportunité de manifester leur vraie volonté d’indépendance il faut envisager de leur concocter un régime spécial pour essayer de réduire leur capacité de nuisance et de contamination vis-à-vis du reste du pays. Pourquoi ne pas leur proposer un statut de territoire similaire à celui de la Nouvelle-Calédonie sur lequel ils pourraient parler leur langue et régler leurs affaires locales selon leurs méthodes. Cela se fait à Nouméa qui a même un drapeau officiel reconnu, pourquoi pas à Ajaccio ?

Evidemment, pour être accepté par le reste de la population française il faudrait que ce statut d’autonomie soit également assorti de transferts de responsabilités, c’est-à-dire que l’ile autonome ne puisse pas se retourner vers le continent pour quémander les droits dont bénéficient le reste de la population dans le cadre de la Constitution sans en assumer aussi les devoirs conséquents. Soit l’on est régi par les articles standards de la Constitution, soit par des articles particuliers, mais on ne peut pas prendre ce qui intéresse dans les deux et rejeter ce qui dérange. C’est ainsi que si ce statut de « résident corse » était considéré il faudrait bien entendu que sa réciprocité soit mise en place : un citoyen français né en Corse ne devrait pas pouvoir acheter un bien immobilier sur le continent s’il n’y a pas résidé au moins cinq ans.

Une modification de la Constitution pour y mentionner un statut de la Corse, quel qu’il soit, devrait d’ailleurs être voté soit par le Congrès à la majorité des deux-tiers, soit pas référendum. Il faudrait donc qu’un projet d’autonomie pour 300 000 corses soit voté par 65 millions de français ou par leurs représentants, il faudra donc y inclure des compromis acceptables par tous. Il n’est pas sûr que le pouvoir régional corse actuel qui se sent le vent en poupe y soit disposé. Quant au pouvoir central il est comptable de l’unité du pays et doit la préserver.

Une nouvelle fois, l’exemple de la Nouvelle Calédonie devrait servir de guide pour essayer d’atténuer la nuisance que font peser 300 000 citoyens sur 65 millions de leurs congénères. Ceci étant dit, l’ile pacifique doit de prononcer cette année par référendum local sur son indépendance et les sondages actuels prédisent, hélas, que la victoire du « oui » est loin d’être acquise.

Ces pédégés qui se croient irremplaçables

Le pédégé de l’entreprise publique Radio France vient d’être condamné à un an de prison avec sursis plus 20 000 EUR d’amende pour avoir favorisé des fournisseurs dans son précédent emploi. Il a fait appel de cette condamnation comme l’y autorise la loi de notre belle démocratie. L’un des fournisseurs est un prestataire de services au profil plutôt flou défini ainsi sur son compte Tweeter : « Cofondateur de 2017, cabinet conseil en stratégie et communication. Président de Balises. Enseignant à Sciences-Po Paris en communication politique ». Bref, un « communicant » comme on nomme aujourd’hui ce genre de personnages qui envahissent les plateaux télévisés, les cabinets ministériels et les bureaux des pédégés du CAC40.

On voit sur ledit compte la photo récente de cette fine équipe de mousquetaires du bla-bla :

Jeunes (sauf le patron), détendus (pas de cravate), habillés sobre et noir (tendance), du personnel féminin mis sur le devant (qui n’a sans doute pas été recruté que sur la rapidité de ses neurones), négligemment installés sur la table blanche (souplesse des membres), bref, ça exsude la « coolitude »… et la soupe insipide à vendre.

Si le pédégé de Radio France avait passé un peu moins de temps avec ces gogos et un peu plus à travailler sur ses dossiers dans son bureau il aurait moins d’ennuis aujourd’hui. On ne sait pas si la procédure d’appel l’innocentera ou au contraire aggravera sa condamnation, qu’importe, ses patrons ont décidé qu’il n’était plus en mesure d’assumer sereinement ses fonctions. C’est ainsi. Il ne voulait pas démissionner alors il a été viré. Comme toujours, on trouve une cohorte de ses défenseurs qui nous expliquent que ce pédégé est irremplaçable car il a bien géré, enregistré de bons résultats et doit poursuivre les réformes qu’il a engagées et que seul lui pourrait finaliser.

Une nouvelle fois il faut s’en persuader, ces pédégés sont interchangeables et les décideurs de Radio France n’auront qu’à shooter sur les platanes de l’avenue Marceau pour qu’il tombe une dizaine de bons candidat de chaque arbre. Que cette bonne maison de Radio France ne s’inquiète pas et continue à nous concocter ses programmes de qualité, elle accueillera sous peu un nouveau patron qui fera aussi bien que le banni.

L’hallali politique de Fillon

L’affairiste-barbouzard de la Françafrique Robert Bourgi, homme peu recommandable, ex-ami de François Fillon et sans doute toujours ami de Nicolas Sarkozy, a dévoilé ce matin sur les ondes les quatre raisons pour lesquelles il avait décidé de « tuer François Fillon » lors de la dernière campagne électorale présidentielle en lui offrant des costumes de luxe puis en dénonçant ce cadeau à la presse :

1- D’abord parce que il a violé toutes les règles de l’amitié à mon endroit… 2- [la référence à] la mise ne examen du Général de Gaulle, ça je ne l’ai pas supporté… 3- il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy, ça je ne le supporte pas…4- je le savais accro à l’argent et on ne pouvait pas laisser faire cela parce que tôt ou tard celui qui aurait pu diriger la France aurait eu de sérieux problèmes…

Le 10 janvier, je déjeune avec Nicolas Sarkozy. Il me dit : ‘Tu as vu les sondages ? Fillon va devenir président.’ Je lui réponds : ‘Nicolas, il n’ira jamais à l’Élysée. Parce que je vais le niquer.’ Parce que j’avais ourdi le complot.

On croit rêver devant un tel déballage de barbouzeries, de manipulations, de lâchages en tous genres de la part de responsables qui ont tous trôné aux plus hauts niveaux de l’Etat, financés par les contribuables. Le candidat conservateur éconduit a lui-même reconnu qu’il avait mal choisi son ami Bourgi et lui avait d’ailleurs rendu les costumes que celui-ci dévoile maintenant avoir donné pour piéger Fillon.

Ce sont des mafieuseries de bas étage, du gangstérisme de palais dorés, de la voyouterie d’incompétents. Comment un François Fillon, premier ministre de la France cinq années durant peut-il choisir comme « ami » un Robert Bourgi forban de toutes les filouteries de la françafrique ? Et comment a-t-il pu accepter des costumes en cadeaux de ce personnage ? Mais il l’a fait, et six mois plus tard le voyou se vante sur les ondes d’avoir « niqué » le candidat !!!

Fillon a pris acte de sa défaite dans la honte, a abandonné la vie politique et s’est reclassé dans la finance avec une discrétion bienvenue. Bourgi continue à parader sur les plateaux télévisés. Le principal mérite du pouvoir français actuel est d’avoir balayé cette génération d’incompétents. Espérons que ces mauvaises habitudes ne renaîtront pas de leurs cendres.