La République se compromet avec les forbans du sport

Le président de la République française se rend en Suisse chez les mafieux-fraudeurs en charge de l’organisation des jeux olympiques et, surtout, du choix de la ou les villes où se dérouleront ces compétitions de sport à forte consommation d’argent des contribuables. Il ne reste plus que deux villes en lice pour les jeux de 2022 et 2026, Los Angeles et Paris, toutes les autres cités ont retiré leur candidature sous la pression de leurs citoyens responsables préférant que l’argent public soit affecté à des dépenses plus productives et nécessaires, ou par choix de de leurs dirigeants clairvoyants qui estiment avoir d’autres priorités. Deux villes pour deux séries de jeux, elles sont donc assurées d’emporter au moins l’une des deux, hélas.

Qu’un maire de Paris fasse le forcing depuis des mois pour que la capitale accueille des jeux olympiques coûtant des milliards d’euros aux contribuables est navrant. Qu’un président de la République française chargé de nombreux dossiers très délicats aille perdre son temps pour aller faire le vendeur de soupe devant une organisation de forbans qui veillent en premier lieu à obtenir une exonération fiscale totale de leurs activités commerciales dans le pays organisateur est révoltant !

L’obsession Taubira dure toujours


Avec son habituelle subtilité de maquignon provincial, Christian Jacob, chef du groupe Les Républicains à l’assemblée nationale, n’a pas pu s’empêcher, dans sa réponse au discours de politique générale d’un premier ministre ex-Les Républicains, d’attaquer le « démantèlement pénal de Mme. Taubira ». Celle-ci n’est plus ministre de la justice depuis plusieurs années mais elle a déclenché une telle haine dans le cœur et l’âme des conservateurs du fait de sa promotion du mariage homosexuel qu’ils en ont développé une espèce de réflexe pavlovien la faisant évoquer à tout bout de champ alors même qu’elle a disparu du monde politique.

Le coté plutôt drôle de la situation est que plutôt que de se référer aux vieilles lunes de son parti, sans doute M. Jacob aurait mieux fait d’être un peu plus clair sur ce que son groupe parlementaire pense de la politique annoncée. Sur 100 députés Les Républicains, 1 a approuvé le discours du premier ministre, 23 ont voté contre, 75 se sont abstenu (dont M. Jacob) et 1 n’a pas voté !

Convictions et profits

Le syndicat patronal français MEDEF est en train de réaliser un pas de deux chorégraphique pour défendre les intérêts de ses membres. Il a combattu le dispositif fiscal CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mis en place par la précédente majorité et consistant via un crédit d’impôt à baisser la charge fiscale des entreprises en hausse constante depuis la fin du quinquennat Sarkozy. Il fut qualifié d’usine à gaz et de complication bureaucratique à la française lors de sa mise en place, les entreprises regrettant que la loi n’ait pas opté pour une baisse de charges sociales plus durable que le crédit d’impôt. Il est vrai qu’ils ont reconnu depuis que ce CICE si controversé avait quand même permis d’abaisser le coût du travail en France.

Le programme présidentiel du nouveau président de la République prévoit d’exaucer les souhaits patronaux et de transformer ce crédit d’impôt en baisse de charges sociales. Les patrons ont depuis sorti leurs calculettes et constaté que, horreur, la baisse de charges se traduira par une hausse des profits (c’est leur but) qui elle-même entraînera une hausse de l’impôt sur les sociétés (IS) à taux constant, bien qu’il soit aussi prévu la baisse du taux à moyen terme. Alors ni une ni deux, les voilà qui estiment inacceptable une hausse de leur IS. Il est certain qu’un crédit d’impôt vient diminuer l’impôt alors qu’une baisse charge vient augmenter le bénéfice taxable et donc… la base de calcul de l’impôt ! Il n’y avait pas besoin d’attendre Macron en 2017 pour découvrir cette évidence fiscale.

C’est une situation intéressante qui montre ce qui peut arriver lorsque l’on se défend avec des slogans éculés plutôt qu’avec de l’analyse réfléchie. D’une façon très pavlovienne les patrons avaient bien entendu contesté ce dispositif CICE comme un « monstre bureaucratique » de plus mis en place par une « gauche laxiste » qui « ne comprend pas l’entreprise », etc. etc. Les voici maintenant qui en appellent au maintien du dispositif honni, ironique clin d’œil à leur insuffisante capacité de réflexion. Gageons néanmoins qu’ils utiliseront la ficelle pour négocier une baisse de charges plus significatives de façon à absorber la hausse d’assiette fiscale qui en sera l’incontournable conséquence en attendant la suppression pure et simple de l’impôts sur les sociétés qui est un frein si scandaleux à leur esprit d’entreprise et leur capacité d’innover et de créer des emplois.

C’était couru

Un comité Théodule d’éthique a rendu un avis favorable à l’utilisation de la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples homosexuels de femmes et les femmes seules en France. La légalisation du mariage homosexuel adoptée en France en 2013 donnait accès auxdits couples à l’adoption d’enfants. Par contre elle n’autorisait pas la PMA qui continuait d’être réservée aux couples hétérosexuels stériles. Malgré les dénégations affichées à l’époque avec plus ou moins de bonne foi par les partisans du « mariage pour tous », il était fortement prévisible que l’élargissement des droits des homosexuels se poursuivrait. Nous en sommes là et il est probable que la législation française va bientôt intégrer la PMA pour les couples homosexuels.

A l’heure où l’Allemagne se dirige également la légalisation du mariage homosexuel, elle pourra peut-être s’inspirer de l’expérience française.

La haine de la gauche

Dans un dîner en ville les participants conservateurs assènent toujours les mêmes poncifs contre la politique dite « laxiste-de-gauche » qui est désormais passée mais qui n’est toujours pas digérée au point de brouiller la raison de ses opposants :

Mme. Najat Valaud-Belkacem applique une sélection aléatoire des candidats inscrits pour entrer à l’université. C’est l’habituel et détestable égalitarisme socialisme, ce réflexe permanent de la gauche à vouloir niveler par le bas la société française, etc., etc.

Le chroniqueur qui fréquentait une université parisienne réputée à la fin des années 70’ (avec un gouvernement de droite au pouvoir) rappelle incidemment que déjà à l’époque un système de tirage au sort avait été mis en place pour sélectionner les candidats éligibles dont le nombre dépassait largement les places disponibles…

Bien qu’un tirage au sort, par définition, est aléatoire et ne choisira donc pas que les plus mauvais, ce type de position est révélateur du plus grand échec de la majorité sortante : celui de la pédagogie, tant vers sa droite que vers sa gauche. Elle n’a pas su expliquer ce qu’elle faisait face à des opposants qui ne voulaient rien entendre. Elle n’a pas su mettre sur la table des alternatives possibles, les raisons de ses choix. Et quand cela fut fait, une presse de circonstance a vulgarisé des slogans plutôt que de diffuser de l’analyse. Dans le cas particulier de l’ancienne ministre Vallaud-Belkacem, son origine marocaine ne facilitait évidemment pas sa tâche pour décider de la politique d’éducation à appliquer à nos chères petites têtes blondes… Certains se plaisent d’ailleurs toujours à l’appeler « Mme. Belkacem » pour bien marquer sa culture arabe.

Le nouveau président de la République, et le mouvement qui le porte, affichent une ferme volonté de changer ces réflexes partisans et inefficaces. Ils avancent de louables intentions de nouveauté, de rénovation, de relance de la culture démocratique. Il va falloir au président Macron beaucoup d’autorité, de doigté et de conviction pour tenir ce cap et faire évoluer des comportements enracinés dans les mentalités de citoyens qui privilégient souvent la passion sur la raison !

Les droites européennes dirigées par des ânes bâtés !

Le parti conservateur de la chef du gouvernement britannique disposait d’une majorité absolue au parlement pour plusieurs années et s’apprêtait à démarrer les négociations de sortie de l’Union européenne. Elle avait d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’organiserait pas d’élections législatives anticipées mais conseillée sans doute par des communicants mondains et incompétents elle est revenue sur cet engagement et a initiée un scrutin législatif ce 8 juin, comme si le Royaume-Uni n’avait rien d’autre à faire que des élections par les temps qui courent.

Bien mal lui en pris d’écouter les mondains car à l’issue du scrutin elle garde la majorité mais celle-ci n’est plus absolue et voici le parti conservateur obligé de négocier une coalition avec un parti religieux irlandais extrémiste ! C’est un désaveu cinglant et souvent ce qui arrive quand on confond les petits arrangements dans les coins avec la Politique. On ne peut manquer de se souvenir de l’incroyable faute politique du président conservateur français Chirac en 1997 qui dissolut l’assemblée nationale où il disposait d’une majorité plus qu’absolue. Il perdit, son parti devint minoritaire et le président dut nommer un premier ministre socialiste pour cinq années. Là-encore il fut (mal) conseillé par un mondain entre les mondains, M. Gallouzeau de Villepin, et le publicitaire Jacques Pilhan qui sans vergogne était passé de Mitterrand à Chirac pour dispenser ses billevesées. L’évènement fut salué comme la guignolade du siècle politique.

A Londres, quelques mois avant l’échec abordé ci-dessus, un autre premier ministre a joué les apprentis sorciers en organisant un référendum pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Rien ne l’obligeait institutionnellement à lancer une telle consultation sinon sa volonté féroce de rester au pouvoir en donnant des gages à ses « amis » conservateurs eurosceptiques. Il mena campagne pour le maintien dans l’Europe mais, débordé par ses extrémistes qui menèrent une campagne de café du commerce, il perdit son Paris et la Grande-Bretagne a maintenant vocation à quitter l’Union. Il est encore trop tôt pour comprendre si ce sera bénéfique ou pas pour les parties mais on a vu un premier ministre britannique prêcher le faux pour savoir le vrai avec les résultats que l’on sait. Il a dû prendre une retraite anticipée et a lancé son pays pour des années de négociations compliquées aux résultats incertains.

Ces hauts dirigeants et leurs entourages ont passé du temps, beaucoup de temps, à manœuvrer alors qu’ils sont payés par les contribuables pour diriger. Ils ont fait dépenser beaucoup d’argent public pour financer ces scrutins inutiles alors qu’ils sont en charge de l’équilibre des finances de leurs Etats. Ils se sont préoccupés de leurs égos alors qu’ils sont censés prendre en compte les besoins du peuple. Ils ont été désavoués et, souvent, sont restés à leurs postes quand ils ne cessaient de prôner l’esprit de responsabilité dans les théories libérales assénées à longueur de discours. Bref, ils ont été incompétents.

En France, la droite conservatrice vient de confirmer ses limites en perdant une élection présidentielle qualifiée « d’imperdable » par ses dirigeants. Il en sera sans doute de même dès dimanche prochain avec le deuxième tour de l’élection législative. On a vu que la campagne électorale s’est transformée en bataille de caïmans dans un marigot trouble et nauséabond. Ce ne furent que coups bas, traitrises, attaques et lâchages en tous genres, dévoration de charognes avariées, bref, un festival qui a renvoyé cette droite dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.

Que se passe-t-il avec ces droites d’Europe de l’ouest ? Pourquoi n’arrivent-elles pas à désigner des dirigeants responsables et efficaces ? Voyons ce que fera la génération suivante.

Un ministre pour la lecture

Le nouveau ministre de l’éducation a déclaré aux élèves d’une des premières écoles qu’il a visitée dans l’Oise le 23 mai :

Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé…

Pas sûr que le message soit bien entendu… le chroniqueur qui voyageait récemment en train s’étonnait du nombre de gens assis sur leur siège durant des heures sans rien faire, pas même feuilleter un Paris-Match.

Guaino mis à la retraite d’office

Candidat à l’élection législative, Henri Guaino, 60 ans, n’ira pas plus loin que le premier tour où il a récolté moins de 5% des suffrages. Avec la subtilité qui le caractérise, ce conservateur colérique s’en est pris ainsi à ceux qui n’ont pas voté pour lui :

L’électorat qui a voté dans la deuxième circonscription de Paris aujourd’hui dans le 6ème arrondissement, le 5ème et une partie du 7ème est à mes yeux à vomir. Il y a les bobos qui sont dans l’entre soi de leur l’égoïsme, et puis il y a cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite, un peu pétainiste, tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite.

Ce garçon a toujours été aigri malgré des idées intéressantes. Ces dernières années ses frustrations ont pris le dessus et il a progressivement sombré. Il n’est finalement pas une mauvaise chose que ce type de personnage soit mis à la retraite.

Et ça continue…

Avec pugnacité et mauvaise foi l’opposition au nouveau président de la République française continue à présenter aux électeurs l’un des éléments du programme fiscal annoncé de façon subjective. Il est prévu de baisser les charges sociales (cotisations maladie et chômage) de 3,15% et de financer cette diminution par une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7%. L’opposition ne parle que de la hausse bien sûr, pas de la baisse… Pour ce qui concerne la position de Les Républicains, leur position ne manque pas de faire sourire quand on se souvient que leur candidat à la présidence prônait une hausse de la TVA de 2%.

Il s’agit en fait d’un transfert de financement d’une taxe vers une autre. C’est en principe globalement neutre même s’il y aura des gagnants et des perdants, comme dans toute réforme. Dire le contraire serait mentir. La loi de Finance qui sera finalement votée par la nouvelle majorité dira finalement ce qu’il en sera dans la vraie vie.

Maurice Thorez à la Mairie d’Ivry

Mariage à la Mairie d’Ivry : dans le hall d’entrée trône un monument à la gloire de Maurice Thorez « militant éminent du mouvement ouvrier français et international ».

Secrétaire général du parti communiste français lors de la deuxième guerre mondiale, Thorez est mobilisé en septembre 1939 alors que l’Union soviétique a signé le pacte germano-soviétique avec l’Allemagne nazi. L’international communiste dirigée par Moscou enjoint alors à Thorez de déserter, ce qu’il fera avec sa femme Jeannette Vermeersch en rejoignant Moscou. Il est alors condamné à six ans de prison pour « désertion en temps de guerre » par la justice française et déchu de sa nationalité française. Il est également déchu de son mandat de député.

Il restera en Union soviétique jusqu’en novembre 1944 date à laquelle le gouvernement provisoire de de Gaulle (qui comprend deux ministres communistes) lui octroie une grâce individuelle. Il réintègre aussitôt son poste de secrétaire général et n’a pas perdu sa popularité auprès du monde ouvrier. Stalinien compulsif il fut ensuite ministre et poursuivra son œuvre partisane.

Il fallait à l’époque réconcilier les français, et nombre d’entre eux étaient communistes dont certains furent de nobles résistants durant la guerre après la rupture du pacte germano-soviétique. Tout ceci relève maintenant de l’Histoire.

La grande salle des mariages est décorée d’une vaste fresque en hommage à la révolution française de 1789. On y voit le peuple réjouit portant des fleurs vers un ciel bleu et pur, en avant pour un monde nouveau et radieux.

Le parti de la famille

On ne dit plus en France un parti politique mais on parle de la famille politique. On ne sait pas bien ce qui a déclenché cette évolution des éléments de langage, sans doute le rejet des partis devant leur absence de résultat. Peut-être aussi parce que les partis traditionnels sont devenus de véritables auberges espagnoles où l’on essaye de faire cohabiter des courants irréconciliables sous l’apparence du rassemblement et d’une vision commune. A défaut de chefs capables d’imposer le silence dans les rangs, ces partis se sont divisés au point d’en être inefficaces, plus préoccupés de querelles d’égos que d’intérêt général.

Alors pour cacher cette misère on rebaptise les partis en familles pour y donner un côté sympathique et ouvert à la discussion interne. Le problème est que cette notion de famille fait aussi sérieusement penser à la mafia, ses familles et ses parrains…

Comment un ministre peut-il se présenter aux élections législatives ?

Nous sommes en France et rien ne semble impossible à une classe politique ambitieuse. Un nouveau gouvernement est en place depuis peu sous l’autorité du président Emmanuel Macron et sous l’aura du renouvellement et de la probité. Des élections législatives sont organisées pour mi-juin et un certain nombre de ces ministres sont candidats.

Comment peut-on être en même temps ministre tout juste nommé et mener une campagne électorale ? Il est juste temporellement impossible de mener les deux tâches correctement. En cas de succès à l’élection comment l’impétrant va-t-il choisir entre son poste de député ou son poste de ministre ?

Quelle que soit sa décision il sera coupable d’arrogance et de foutage de gueule ! S’il choisit de rester ministre pourquoi avoir fait croire aux électeurs législatifs qu’ils pouvaient voter pour lui pour assurer un mandat parlementaire ? S’il opte pour le parlement et démissionne de son ministère, pourquoi avoir accepté ce poste pour seulement quelques semaines, durée où il n’aura clairement rien pu faire de notable, d’autant plus qu’il était en campagne ?

Le président a énoncé une règle voulant que si un ministre candidat aux législatives n’était pas élu il doive démissionner de son poste de ministre pour avoir été désavoué par les électeurs législatifs. C’est plutôt l’inverse qu’il aurait fallu édicter. Le gouvernement travaille sur une loi de moralisation de la vie publique et il conviendrait d’y inclure un article rendant impossible pour un ministre de se présenter à une élection sans avoir démissionné préalablement.

L’égo des journalistes

Un nouvel évènement agite le microcosme du petit monde journalistique : David Pujadas, 52 ans, présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne publique France 2 depuis 16 ans est prié de laisser sa place sans pour autant être licencié, il continuera à être rémunéré pour animer d’autres émissions. Depuis 16 ans il affiche sa trombine à l’écran tous les soirs, sauf les week-ends, pour lire un bulletin d’information et annoncer quelques reportages, parfois mener une interview. Comme à chaque fois qu’un journaliste connu est remplacé, a priori contre sa volonté, le petit monde de la presse s’émeut et crie à la censure.

Il y a quelques mois Jean-Pierre Elkabach, 78 ans, animateur de la tranche d’information du matin depuis des années s’était vu transférer sur le week-end. Il démissionnera considérant que cette nouvelle tranche horaire n’est pas à la hauteur de ses compétences. Et ne revenons pas sur les départs de Patrick Poivre dit d’Arvor et autres Claire Chazal. D’Arvor a présenté le journal de la première chaîne pendant 30 ans et il s’est plaint amèrement lorsqu’on lui a demandé de passer la main…

Aveuglés par leurs égos surdimensionnés les journalistes français s’imaginent immortels et surtout, pensent que leurs immenses compétences sont irremplaçables. Quelle prétention ! Pujadas sera vire oublié comme le furent Poivre et Chazal, mais surtout il sera remplacé par la génération suivante qui fera sûrement aussi bien. En tout cas il faut lui laisser sa chance et savoir décrocher, qualité ans doute aussi peu répandue dans le monde journalistique que dans celui de la politique.

Un hold-up d’Etat se prépare

Une délégation de l’organisation mafieuse du comité olympique international est en visite à Paris pour analyser si toutes les conditions nécessaires sont en place pour le hold-up de l’argent public des contribuables parisiens et nationaux qui se prépare pour financer des compétitions sportives. Cette délégation est reçue avec les flonflons de circonstance par la mairie de Paris et même le président de la République.

La société organisatrice doit bénéficier d’une exonération fiscale totale qui ne manquera pas d’être votée par un parlement qui a déjà largement exonéré des compétitions similaires dont le championnat d’Europe de fouteballe en 2016. Cela veut dire que non seulement les contribuables vont devoir payer pour les installations sportives et hôtelières à construire ou à rénover, mais qu’ils vont également devoir compenser le fait que le comité olympique ne paiera pas un centime d’impôt ou de taxe sur ses bénéfices et ses transactions.

L’argument habituel sur les bénéfices économiques collatéraux d’une telle organisation est balayé assez vite par l’analyse macro-économique qui montre assez facilement que si quelques bétonneurs et hôteliers vont bien sûr gagner de l’activité, la République elle va globalement dépenser plus de sous qu’elle n’en gagnera. D’autres villes qui étaient candidates (Hambourg, Boston) se sont désistées lorsqu’elles commencé à faire des comptes… Paris poursuit la route vers plus de dépenses et refuse d’organiser un référendum pour demander l’avis de ses citoyens-contribuables.

Evidement c’est très chic pour des dirigeants dépensiers de déclarer ouverts des jeux olympiques devant les caméras du monde entier dans un stade plein d’électeurs-consommateurs qui ont payé leur place une fortune en cash et en impôts. Alors qu’importe la rigueur !

Lire aussi : Boston gère l’argent de ses contribuables, De l’Europe aux JO

Des traîtres aux faux-jetons


Après les traîtres qui ont animé la campagne électorale présidentielle voici venu le temps des faux-jetons qui s’emparent des médias de cette période incertaine qui s’ouvre d’ici les élections législatives de mi-juin.

Depuis le début de cette année on a vu tout le monde trahir tout le monde à commencer par l’entourage de Fillon et la droite conservatrice qui a réussi à perdre cette élection « imperdable » ; Dupont-Aignan, se ralliant à l’extrême droite entre les deux tours, Christine Boutin lui emboitant le pas, Juppé et la droite du centre ne soutenant Fillon de l’extrême bout des lèvres. La gauche a été largement à la hauteur en matière de traîtrise : Manuel Valls et d’autres caciques de gauche reniant le vainqueur de la primaire socialiste et leur engagement à le soutenir, la France insoumise de Mélanchon menant Hamon en bateau avec l’illusion d’un désistement en sa faveur, le parti communiste se chamaillant avec le front de gauche etc. etc.

Après tous ces errements et ces désillusions les mauvais perdants font maintenant dans la mauvaise foi pour essayer de survivre. Et l’on voit ceux qui n’ont plus le pouvoir ou ceux qui l’ont vu s’échapper, retomber dans les errements partisans qui les ont perdus. Les semaines à venir vont être difficiles à vivre particulièrement pour l’opposition conservatrice dont bien des revendications figurent dans le programme de ce nouveau président libéral de centre droit. Il va leur être délicat par exemple d’expliquer pourquoi s’opposer à la simplification du code du travail par ordonnances qui est prévue dès cet été par le nouveau pouvoir…

C’est ce monde politique et ses pratiques ancestrales que les électeurs voulaient renverser en élisant Macron à la présidence française. Il est tout sauf certain que le succès sera au rendez-vous. Les vieux partis ont le cuir dur et risquent de défendre chèrement leur peau. Ils ont pour ce faire des arguments, des moyens (y compris financiers) et la rage de survivre. Il faudra au nouveau pouvoir en place être bien malin pour réussir cette révolution et rendre la politique française à plus d’intelligence !

Le nouveau président est européen


Le président élu Emmanuel Macron est arrivé ce soir au Louvre pour prononcer un discours devant ses supporters avec L’Hymne à la joie de Beethoven. C’est d’abord une belle musique mais c’est aussi celle que l’Union européenne a adopté comme son propre hymne. Macron est le seul candidat a avoir affiché son engagement européen durant une campagne où les candidats battus ont beaucoup développé le thème « c’est la faute à l’Europe ».

L’effondrement politique

Mai 2017 – élections

L’inévitable débat d’entre deux tours de l’élection présidentielle s’est déroulé mercredi 3 mai. Il a donné lieu à une prestation assez inexplicable et inattendue de la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, qui a fait preuve d’une agressivité sans frein, refusant le débat, démolissant son adversaire avec des arguments de café du commerce, assénant des mensonges comme parole divine, laissant planer le soupçon sur la moralité de son adversaire, le tout avec un petit sourire sardonique et carnassier.

En quelques minutes elle a cassé l’image de potentielle gouvernante responsable qu’elle s’était forgée depuis ces dernières années. Pourquoi a-t-elle agit ainsi ? On imagine mal qu’elle se soit laissé déborder par son enthousiasme extrémiste devant un candidat centriste qui n’en demandait pas tant. Peut-être s’est-elle dit que le président américain Trump ayant été élu avec toujours plus de grossièretés et de mensonges la même recette lui réussirait ?

Emmanuel Macron n’avait pas beaucoup de bonnes attitudes à opposer : soit il laissait passer l’orage et était accusé de faiblesse, soit il rentrait dans le pugilat face à une Marine Le Pen incontrôlable. Il choisit cette dernière solution et le résultat en fut piteux : souvent inaudible tant l’un parlait sur l’autre, peu de place à l’argumentation car l’intelligence a été laissée au vestiaire, un festival de têtes à claques niveau cours d’école cours élémentaire ! Dans cette affaire il y eu clairement une attaquante abêtissant le débat et un attaqué cherchant à en maintenir le niveau à peu près potable.

Ce comportement politiquement aberrant risque de pousser quelques électeurs conservateurs à remettre en question leur vote Le Pen au deuxième tour. Les conservateurs fillonistes frustrés qui ne voulaient pas voter pour Macron-le-mondialiste y réfléchiront sans doute à deux fois avant d’apporter leurs suffrages au Front National qui n’a pas su réfréner sa volonté de se montrer tel qu’il n’était pas. Peut-être croyait-il l’élection gagnée, ou au contraire a-t-il voulu être sûr de ne surtout pas l’emporter, préférant, comme Mélanchon, le confort douillet de l’opposition financé par les contribuables nationaux et européens ? Un peu de patience, l’Histoire le dira bien un jour.

Attristant mais tellement à l’image de la France d’aujourd’hui, triomphe de la beaufitude après trois générations abruties aux matchs de fouteballe et aux éditoriaux du FigMag, défaite de la raison, ou quand le Café du commerce est érigé en Agora, le simplisme en mode de pensée. Nous allons payer un jour cette décadence, et nos enfants plus vite qu’ils ne le pensent.

Les digues lâchent (suite)

Pour la première fois le Front national recrute un allié et engrange un ralliement. Nicolas Dupont-Aignan, candidat indépendant de la droite souverainiste au premier tour ayant récolté 4 ou 5% des voix, rallie l’extrême droite et se voit offrir en échange le poste de premier ministre si Marine Le Pen était élue dimanche prochain. Ce n’est pas très brillant.

Un peu découragé face à l’adversité, on a parfois envie de penser : « si les français veulent vraiment voter pour la droite extrême, eh bien soit, qu’ils l’élisent et on la verra à l’œuvre ». Mais on se reprend aussitôt en pensant à l’avenir de nos enfants.