Paris et la pollution

Journée de circulation alternée à Paris pour cause de pollution aux particules fines : on s’attendait à un hourvari franchouillard, une attaque d’apoplexie de Mme. Michu au Café du Commerce, et finalement cela passe assez bien. On a bien sûr Copé critiquant la mesure, mais au moins n’a-t-il pas demandé la démission d’un ministre ou de Mme. Taubita, contrairement à ses habitudes.

Malgré les évidents désagréments causés à certains d’eux, les citoyens seraient-ils devenus progressivement capables de partager un fardeau, celui de la pollution en l’occurrence ? Ou alors tellement désespérés, ont-ils définitivement renoncé à contester ?

Une émission stupide pour remplacer un programme crétin

France 2 change à nouveau sa programmation de la tranche de 19 à 20 heures. Cet horaire est semble-t-il important car il conditionnerait les audiences de la soirée. Bref, une fois Mme. Michu branchée sur France 2 à 19h, elle n’en décollerait plus du restant de la soirée.

Cette tranche est surtout le plus débilitante du PAF (paysage audiovisuelle français). On a l’impression que les chaînes rivalisent de créativité pour confier cet horaire aux producteurs les plus cyniques, ceux dont le marché de prédilection est celui de la beaufitude, et qui font tout pour accroître ce marché. Alors dans le cas d’espèces un Laurent Ruquier a succédé à une Sophie Aram, une émission stupide a remplacé un programme crétin, des animateurs benêts posant des questions idiotes à des spectateurs qui n’ont sans doute pas été sélectionnés sur leur cv.

L’un comme l’autre se sont fait fermer leur émission au bout de trois mois pour « manque d’audience ». Et si un jour une chaîne faisait le pari de l’intelligence ! On pourrait peut-être mettre en place une émission qui cherche à stimuler les neurones des spectateurs plutôt que de les congeler, un programme de débats sur des sujets philosophiques, littéraires, politiques ? Les producteurs crétins produisent des « audiences insuffisantes » qui ne satisfont ni Mme. Michu ni les pédégés des télévisions, alors qui prendra la décision un jour de consacrer ce prime time à la pensée plutôt qu’à l’abrutissement ? Si jamais cela produit des audiences insuffisantes il sera toujours temps d’arrêter comme avec une Sophie Aram ou un Laurent Ruquier.

Sarkozy sous écoutes judiciaires

Rigolo : on apprend par la presse que Sarkozy a été mis sous écoute judiciaire dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. A cette occasion des soupçons de trafic d’influence apparaissent et son avocat est également placé sur écoute. Comme les garçons se doutaient de quelque chose, ils ont acheté une ligne de téléphone sous un faux nom pour communiquer entre eux. A priori le stratagème n’a pas échappé à la police judiciaire qui a identifié la ligne pirate.

Là-dessus le gouvernement est interpellé par les uns et par les autres, savait-il, ne savait-il pas qu’un ancien président de la République était écouté par la justice ? S’il le savait quand et qui en son sein l’a-t-il appris ? L’opposition laisse planer le doute d’écoutes illégales, le gouvernement avec son amateurisme habituel se prend les pieds dans le tapis, la presse simpliste s’intéresse à l’écume et non au fond, la corporation des avocats se drape dans son devoir de défendre et hurle avec la meute contre cette intolérable remise en cause de leur secret professionnel. Bref, on nage en plein psychodrame picrocholin agité par une classe politique et médiatique peu à la hauteur des enjeux.

Le plus effrayant dans ces affaires qui s’accumulent c’est que les citoyens croient leurs dirigeants capables de toutes ces avanies, qui seront dans le cas d’espèce, avérées ou ne le seront pas. Ils ont vu le clan Mitterrand mettre en place le fameux système des écoutes illégales de l’Elysées dans les années 90, des contrats publics d’exportations françaises d’armement donner lieu à de gigantesques rétro-commissions venues financer des individus ou des partis, un conseiller de l’Elysées enregistrer en cachette ses conversations avec le président et lesdits enregistrements se retrouver dans la presse, des juges ou des avocats balancer des procès-verbaux d’audience dans les journaux, des présidents de partis politiques manipuler des élections internes comme dans une République bananière, etc. etc. Bref, le peuple sait que tout ce dont s’accusent les dirigeants à grand coups de déclarations fracassantes est possible. Il pressent également que ces forbans qui les gouvernent se satisfont de la pauvreté du débat et se tiennent les uns les autres à coups de dossiers, de légions d’honneur et de postes distribués aux copains et aux coquins. Et le peuple, telle Sœur-Anne sur son donjon, attend de voir venir une nouvelle génération de dirigeants responsables.

La vieille dame et son canton

Bernadette Chirac, 80 ans, conseillère générale d’un canton de Corrèze depuis plus de 30 ans, conteste le prochain redécoupage électoral dont l’un des objectifs est de diminuer par deux le nombre de cantons par deux de 4 000 à 2 000, de rééquilibrer les cantons ruraux et urbains et d’assurer la parité hommes-femmes des élus de ces cantons, les conseillers régionaux.

Dans la tourmente, le canton de Mme. Chirac, 80 ans, se retrouve fusionné avec un autre. Du coup la vieille dame en est toute tourneboulée et affirme devant les caméras qu’elle n’y survivra pas huit jours, et d’entamer un combat contre la loi. Que l’on se rassure, son canton ne disparaît pas comme elle l’affirme : le territoire existe toujours, de même que ses habitants, ses vaches et ses moutons, simplement ils auront moins d’élus par habitant, et peut-être plus Mme. Chirac, 80 ans !

C’est une nouvelle illustration de la difficulté de réformer en France où tout le monde est d’accord pour faire des réformes et des économies, mais à condition de commercer chez le voisin…

Le RCF tout en subtilité

 


Nicolas Miguet n’aime pas les socialistes : comme à chaque élection il le fait savoir à coups d’affiches provocantes signées de son mouvement le Rassemblement des contribuables français. Et surtout il n’aime pas les impôts, en tout cas l’utilisation qui en est faite depuis des décennies. Son mouvement semble être indépendant, il est financé par des dons, et se bat surtout pour un redressement des finances publiques. Un peu poujadiste, un zeste populiste, un rien simpliste, il avance des arguments frappés au coin du bon sens qui intéresseront Mme. Michu jusqu’à ce qu’elle comprenne ce que cela représente pour son porte-monnaie. Le RCF cherche à avoir une capacité d’influence, Miguet a réussi à organiser un dîner-débat avec NKM-et-ses-cheveux-fous devant un parterre de retraités, il n’est pas sûr qu’il arrive à faire mieux.

Petites trahisons entre amis

La gauche ne réussit peut-être pas à inverser la courbe du chômage, mais on peut dire que la droite accumule les faux pas. Une nouvelle affaire confirme qu’un des conseillers politiques de Sarkozy a enregistré en cachette des heures de conversation de travail à l’Elysées. Comme de bien entendu, une partie de ces enregistrements se retrouve dans la presse, on ne sait comment. Ledit conseiller reconnaît les enregistrements mais conteste les avoir diffusé à la presse. On présuppose un règlement de comptes familial et la justice est saisie du dossier.

Les premières analyses des enregistrements disponibles ne révèlent rien que de déjà connu et surtout la mauvaise éducation de ces personnages, Sarkozy y compris, qui se prennent pour le centre de l’Univers et traitent les ministres au mieux pour des inactifs, au pire pour des incapables.

Elles confirment, hélas, les mœurs déplorables de la politicaillerie d’aujourd’hui ! Le personnel politique au plus haut niveau apparaît réduit à une bande de forbans sans foi ni loi, pratiquant des méthodes de bandits corses, s’enregistrant, se dénonçant, manipulant à tout va, tout en ripaillant sous les ors de la République.

Le coupable du jour est Patrick Buisson, historien, ex-journaliste-directeur au quotidien d’extrême droite Minute, partisan en son temps de l’Algérie française, recyclé à LCI puis à la Chaîne Histoire, puis comme conseiller de Sarkozy président de la République avec d’autres communicants et publicitaires. Sur le premier extrait publié par http://www.atlantico.fr/ on entend Buisson et Goudard, un publicitaire qui a vendu des barils de lessive avant de changer de produit et de vendre du président de la République, commenter avec vulgarité l’action et les personnalités des ministres.

On se demande bien ce que font ces pieds nickelés si près du pouvoir ? A quel niveau de décadence est arrivée notre République pour confier son avenir à des journalistes et des publicitaires ? La meute des conseillers autour du prince n’est pas nouvelle, mais au moins Foccard sous de Gaulle, Pierre Juillet et Marie-France Garaud sous Pompidou avaient une réflexion politique, idem pour Guaino sous Sarkozy, mais un pisse-copie d’extrême-droite et un publicitaire…

Copé fanfaronne

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire est en pointe ces dernières semaines : dénoncé par Le Point pour son implication supposée dans une affaire de copinage dans des marchés passés par l’UMP qu’il dirige, il nous gratifie de grands effets de manche devant la presse convoquée pour l’occasion à qui il explique qu’il dévoilera les comptes de son parti uniquement si une loi est votée imposant de même à tous les partis et, c’est là que les choses deviennent intéressantes, des déclarations d’intérêt des patrons de presse qui bénéficient de subventions ou de commandes publiques.

L’accusé est encore plus furieux contre la presse et le patron du Point (qualifié de « tartuffe bouffi d’orgueil ») qu’outré des accusations portées contre lui. Il est vrai que cette presse est facilement critique, peu souvent constructive et généralement moralisatrice. Les chroniqueurs libéraux du Figaro ou de Valeur Actuelles qui recommandent le marché comme seul juge de paix aux problèmes du pays oublient souvent de préciser que les journaux qui les emploient bénéficient de subventions payées par le contribuable… comme quoi ce marché qu’ils vantent comme des bigotes en pamoison devant Saint François, n’est pas toujours l’unique juge de paix.

On trouve d’ailleurs la liste de ces subventions sur le site gouvernemental http://www.data.gouv.fr

Rapportée au numéro diffusé, Valeurs Actuelles est en 19ème position au classement avec 0,2155 EUR et le Figaro en 27ème avec 0,1771 EUR/numéro.

Bon, la colère froide de Copé contre la presse qui l’accuse de copinages a peu de chances de faire changer la loi sur la transparence dans la vie publique, elle lui évite de répondre aux questions gênantes posées sur la gestion de l’UMP. Elle a en tout cas déclenché une unanime réaction corporatiste de la presse qui n’a pas manqué de rappeler que l’UMP en rang serré avait voté contre la loi sur la transparence de la vie publique il y a quelques mois suite à l’affaire Cahuzac. Même Le Figaro a malmené ce Copé qui crie au complot.

Contre vents et marées il s’accroche à l’idée qu’il pourrait être un jour président de la République, toucher au pouvoir suprême ; contre tous il continue à se battre pour ne pas lâcher le morceau, telle une bernique collée à son rocher ; les copains et les coquins de l’UMP lui tire dans les pattes, la presse le cloue au pilori pour l’inanité de ses idées ou ses amitiés avec un marchand d’armes libanais, le peuple rigole devant la stupidité de ses réactions, seuls quelques militants continuent à faire la claque dans ses meetings. Mais il s’accroche et il n’est pas dit qu’il ne réussisse pas un jour à atteindre son but ultime. Au moins fait-il preuve d’une persévérance qui force le respect, à défaut de vision politique.

Il n’y a plus de sous

Le report de la mise en service de l’écotaxe sous l’impulsion de contestataires de circonstance qui veulent de la dépense publique mais sans payer les impôts pour les financer, met en suspens nombre de projets de transport en commun dans des collectivités locales. Le produit de cette taxe devait entre autre financer des projets alternatifs au transport à combustion. Eh bien il n’y a plus de sous pour les payer, l’Etat (donc les contribuables) doit compenser une partie du manque à gagner en allant taper dans d’autres caisses, mais il est sûr que lorsque l’on supprime (ou suspend) un impôt il faut supprimer (ou suspendre) la dépense qui va avec. La responsabilisation aurait été de dire cette conséquence au moment de la décision, mais la colère du peuple inquiète les princes.

L’actualité des banques

  1. La Société Générale, condamnée fin 2013 par la commission européenne, avec nombre d’autres banques internationales, à payer une amende de plusieurs centaines de millions de dollars pour avoir manipulé des taux d’intérêt de référence (Euribor, Libor, et autres), admet sa culpabilité mais conteste le mode de calcul de son amende en arguant, comme d’habitude dans ce genre de situation, qu’elle n’était pas au courant des agissements félons de l’un de ses traders-fraudeurs…
  2. Enrico Macias, chanteur pour maisons de retraite, pris dans une affaire de prêt structuré octroyé par une banque islandaise désormais en faillite. Le garçon a souscrit à un contrat compliqué auquel il n’a sans doute rien compris et que ses conseils fiscaux lui ont certainement vanté sans bien plus y comprendre, mis en garantie des biens immobiliers, signé des assurances-vie et reçu quelques millions d’euros. Le beau château de cartes spéculatif s’est écroulé avec la faillite de l’Island. Les liquidateurs de la banque réclament 30 millions d’euros à Enrico qui lui-même attaque en justice pour 50 millions… C’est un remake des prêts structurés offerts par Dexia (en faillite également, les pertes étant actuellement réglées par les contribuables français et belges) aux collectivités françaises. Escroquerie, spéculation et petits arrangements, seuls les plus malins s’en sortent bien en principe, pas les chanteurs vieillissants ni les municipalités de la France profonde. Bref, Enrico a spéculé en Islande et perdu la mise. La prochaine fois il ferait mieux d’investir ses économies au Crédit Mutuel de son village.
  3. Dexia justement est accusé dans un rapport officiel des Nations Unies d’avoir offert des financements pour l’acquisition de biens immobiliers dans les territoires occupés des colonies israéliennes de Cisjordanie en violation du droit international. Super, les contribuables français et belges qui payent déjà les milliards d’euros résultat de la faillite de cette banque vont peut-être voir encore l’addition s’alourdir avec des pénalités dues à de nouveaux errements de Dexia décidemment d’une incroyable créativité en matière d’innovations financières spéculatives, voire frauduleuses ?

Ambiance à l’UMP

Rigolo : Le Point (hebdomadaire conservateur) fait sa première page sur « L’affaire Copé » dans laquelle serait impliqué le chefaillon (conservateur) du parti de la droite (conservatrice). Il s’agit d’une sombre histoire de favoritisme dans des contrats de communication évènementielle passés par l’UMP à l’occasion de la campagne présidentielle 2012. C’est peut-être vrai, peut-être faux ; en tout cas tout le monde peut y croire car les mœurs politiques de notre époque font que cela est possible.

Sans surprise également le coté racoleur de la presse hebdomadaire qui a opté depuis longtemps pour le caniveau au détriment de l’intelligence. Ce qui ne manque pas de faire sourire c’est de voir que Franz-Olivier Giesberg, journaliste mondain aux convictions floues, passé du Nouvel Observateur au Figaro, s’écoutant parler sur les plateaux et fréquentant le monde littéraire dont il se croit membre, FOG comme on le baptise se paye Copé après avoir sévèrement titillé Sarkozy. Une hyène au milieu d’un troupeau de zébus à la recherche d’un point d’eau.

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire ne se laisse pas faire et porte plainte contre l’hebdomadaire et, au passage, contre un député UMP, social-traitre, qui a twetté immédiatement après la publication de l’article félon pour confirmer les soupçons. Chaude ambiance à l’UMP !

Les caïmans s’entre-dévorent dans le marigot boueux au milieu des bulles de vase. Il y a tous les éléments scabreux qui composent ces psychodrame politicards sans grand intérêt ni même conséquence : une presse de caniveau qui a renoncé à la réflexion, des élus ambitieux sans autre objectif que leur propre couronnement, des communicants de l’évènementiel, aussi couteux qu’inutiles (le cancer dévorant de nos démocraties), la lutte à mort interne à l’UMP et des élections municipales dans un mois.

Le sujet sera vite oublié.

Dassault s’envole

Serge Dassault, cumulard invétéré de 89 ans, actionnaire-président du groupe de presse publiant Le Figaro, actionnaire-président du groupe d’armement portant son nom, sénateur de la République, plus quelques autres fonctions publiques et privées, explique un peu penaud à la tribune d’un sénat complètement déserté, les conditions de sa garde à vue. Compte tenu de son âge avancé, il avait tout de même été autorisé à retourner dormir chez lui, mais le choc semble avoir été grand.

Dassault le cumulard justifie son intervention par le fait d’édifier ses collègues sur la réalité de la garde à vue, situation qu’ils connaissent assez mal on peut le comprendre. L’air ébahi mais narquois avec lequel il narre ses mésaventures personnelles à la tribune nationale (mais désertée par ses chers collègues) est assez désarmant. Il fait une nouvelle fois que c’est toujours avec étonnement que les puissants découvrent la condition humaine.

Sur le fond le cumulard est soupçonné d’avoir acheté des voix à Corbeille-Essone. Bon, Dassault ne nie pas avoir déversé des sommes significatives sur les électeurs, mais uniquement « pour aider ». Cette générosité s’est quand même terminée à coup de flingues dans les rues de la ville, car attisant quelques envies… Allez-donc faire la différence entre générosité et corruption, ce n’est pas facile. Il est sûr qu’il vaut sans doute mieux avoir un maire riche et généreux que pauvre et malade.

L’immigration en Suisse

La Suisse vote pour une limitation l’immigration de masse. Aussitôt la droite forte, le front national et autres tenants de la théorie du complot européen contre les nations applaudissent et veulent s’en inspirer pour le programme de leur retour au pouvoir.

La question qui a été posée en Suisse a été un peu biaisée et brutale, du style « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse » ? En fait pour être honnête il aurait fallu demander « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse et, pour la partie européenne de cette immigration, êtes-vous prêts à renégocier les traités d’adhésion à l’union douanière avec l’Union européenne ». La Confédération helvétique ne fait pas partie de l’Union européenne mais a accès au grand marché, c’est-à-dire qu’elle en a tous les avantages commerciaux sans en affronter les difficultés politiques. Ces avantages commerciaux ont été donnés à la Suisse en échange notamment de son acceptation des libertés de circulation et d’établissement des capitaux et des citoyens. Si la Suisse instaure des lois renonçant à ou limitant la liberté de circulation des citoyens européens, il suffira de changer les traités d’Union douanière. C’est techniquement possible.

Le coté rigolo de l’affaire c’est que comparé à la France, les flux migratoires suisses sont très différents puisque majoritairement européens. Les Suisses ont donc dit aux européens : « restez chez-vous ». Cela vise entre autre une population de frontaliers, français par exemple, qui habitent à Evian et travaillent à Lausanne. Ce dont ne veulent plus les français c’est de l’immigration africaine, ils sont sans doute plus tolérants avec l’immigration purement européenne même s’ils ont quelques prévenances à l’encontre des Roumains, des Bulgares et demain, des Croates, Serbes et tutti quanti. Il sera sans doute délicat dans un référendum de demander à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’immigration (i) non européenne, (ii) des européens à l’ouest de la ligne Oder-Neisse et (iii) des européens à l’est de la ligne Oder-Neisse ? »

L’immigration non-européenne relève de la souveraineté nationale, à quelques réserves près. Si la France veut arrêter de distribuer la nationalité française ou des permis de travail à des populations non européennes type Rama Yade, Fleur Pellerin ou les arrivants au titre du regroupement familial, il suffit de le décider. C’est au programme de la « Droite forte », clan droitier de l’UMP, et de l’extrême droite. Les gouvernements plus modérés s’y sont cassé les dents depuis des décennies. C’est un peu comme les 35 heures, difficiles à démanteler car elles ont obligé les entreprises à procéder à des changements d’organisation si majeurs qu’ils sont quasiment impossibles à défaire ! Depuis l’immigration durant la IIème guerre mondiale pour débarquer en Provence, celle post 1945 pour travailler dans les usines de la France dévastée, le regroupement familial décidé par Giscard dit d’Estaing pour des raisons morales dans les années 70 et enfin, la mondialisation sans doute irréversible, il est difficile d’inverser le mouvement de l’immigration. Même Sarkozy y a échoué.

Dans la vraie vie il faut sans doute réguler l’immigration sans trop le crier sur les toits. C’est d’ailleurs ce qui est fait en France depuis des années avec plus ou moins de flexibilité selon les majorités. Le reste ne représente plus un problème majeur, y compris les 10 000 ou 20 000 roms qui perturbent la population. C’est un problème mineur par rapport à la question des finances publiques ou des lobbies économiques qui bloquent toute réforme de la société française. Il serait préférable que nos politiques passent plus de temps à faire de la pédagogie pour expliquer pourquoi on ne peut plus endetter les générations futures pour financer notre niveau de vie actuel, plutôt que pour désigner à la vindicte populaire le voleur de poules comme responsable de la crise économique.

Sujet connexe tout aussi rigolo, la mauvaise volonté du pouvoir français à mettre en œuvre ce fameux referendum d’initiative populaire, outil qui permettrait éventuellement un jour à un parti populiste de provoquer une consultation référendaire sur le modèle de celle intervenu en Suisse.

La France a modifié sa constitution en 2008 (sous l’inspiration de Sarkozy), article 11, qui instaure le référendum d’initiative populaire :

« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa [tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité] peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. »

Le monde politique n’a jamais voté les textes d’application, ce qui fait que cette modification constitutionnelle est restée lettre morte depuis ce temps, et constitue l’une des nombreuses escroqueries intellectuelles imposées au peuple français. Donc un référendum d’initiative populaire en France sur l’immigration n’est pas pour demain. Par contre si en 2017 émergeait un pouvoir de droite avec le clan UMP de la « Droite forte » en haut de l’affiche, voire quelques maires et députés d’extrême droite bien installés, le gouvernement d’alors pourra proposer un tel référendum.

La droite parisienne en dépression

La droite parisienne s’achemine semble-t-il vers une défaite municipale à Paris pour les élections de mars. NKM-et-ses-cheveux-fous se heurtent à des listes dissidentes dans lesquelles elle n’arrive pas à mettre bon ordre. Son programme plutôt flou n’est guère renforcé par ses annonces intempestives, vite ravalées et semble-t-il non partagées avec son équipe, comme la destruction de la Tour Montparnasse ou la piétonisation du centre de Paris. Bref, à l’heure de la démocratie participative et de la politique sans réflexion, elle ne fait pourtant pas fureur alors qu’elle tourne comme une girouette autour du vent de la démagogie qui fait voleter ses cheveux-fous.

Les bobos parisiens se prépareraient à renouveler un troisième mandat socialiste pour leur mairie. Pauvre NKM, elle risque de revenir au chignon si jamais elle perd.

Nous allons voter pour toi NKM-aux-cheveux-fous, rassure-toi ! Quels que soient ses mérites, l’équipe socialiste actuelle est à la mairie de Paris depuis 2001, il est temps de changer. D’ailleurs leur programme n’est pas moins insignifiant que le tien NKM délurée. Tiens-bon NKM.

Libération : la fin

Libération se meurt, quelle tristesse ! Effondrement des ventes, baisse substantielle de la qualité et du nombre de pages ces dernières années, conflit entre actionnaires et journalistes, entre rédacteurs et directeurs, absence de business modèle de remplacement, bref, ce symbole des années 70’ fondé par Serge July et Jean-Paul Sartre va bientôt tirer le rideau derrière lui, à moins qu’il ne se fasse racheter par un marchand d’armes ou un Tycoon de l’industrie du luxe, pour y perdre u peu plus encore son âme.

Guéant le farceur

Les archives papier de Claude Guéant, ex-secrétaire général de la présidence de la République sous Sarkozy, ont disparu. Du moins elles n’ont pas été versées aux archives comme le veut la tradition républicaine mais comme ne l’exige pas formellement la Loi. Ces documents sont recherchés par la Justice dans le cadre de la mise en examen de François Pérol pour prise illégale d’intérêts. Quel sacré farceur ce Guéant

Le nonos à Copé

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire se distingue en vouant aux gémonies un livre pour enfants illustrant la nudité et relance le débat sur la soi-disant volonté de la perverse majorité actuelle à vouloir enseigner la théorie du genre à la maternelle, voire même dans les crèches. L’outrance des propos et la beaufitude de l’argumentation, font tomber d’eux-mêmes les aboiements du chefaillon de l’UMP qui résonnent dans le désert de la pensée politique, tel l’écho rebondissant sur les murailles de la bêtise.

Il n’en demeure pas moins que subsistent quelques acharnés de l’indifférenciation des sexes, quelques illuminés du tout-est-pareil-pour-tout-le-monde, quelques dévots des pratiques minoritaires qu’il faut imposer à la majorité, quelques soixante-huitards attardés qui ont trop consommé LSD et William Burroughs. Il faut ferrailler avec eux sur le plan intellectuel en rappelant que la démocratie exige la majorité, et tout rentrera tranquillement dans l’ordre.

Capacité de nuisance des taxis parisiens

Les taxis parisiens continuent à nuire à la population à grands coups de grèves et d’opérations escargots pour défendre leurs intérêts corporatistes. Nous sommes là dans un vrai archaïsme français dont personne n’arrive à se dépêtrer depuis des décennies, quelle que soit la couleur des gouvernants. Une profession protégée pour des raisons préhistoriques, en échange de licences, dont le nombre est contrôlé pour protéger le marché, vendues par l’administration ou les taxieurs eux-mêmes.

Si le marché est libéralisé il faudra trouver une solution financière de sortie pour dédommager les détenteurs de licences. L’obstination des parties, l’égoïsme des corporations concernées, l’immobilisme général de la société française maintiennent le blocage. Paris reste une ville mal desservie par les taxis et ceux-ci continuent à perturber la population, le monde politique marche sur des œufs en n’osant pas affronter la colère des acteurs de ce marché protégé d’un autre âge.

Le dispositif de licence a sans doute été mis en place en son temps pour de bonnes raisons, du moins peut-on l’espérer, mais comme toujours en pareil cas des corporatismes et baronnies en sont résulté, rendant quasiment impossible toute évolution.

Droit dans ses bottes !

Denis Gautier-Sauvagnac, ex-responsable patronal de la fédération patronale de la sidérurgie, auteur de la célèbre explication pour justifier la distribution de fonds occultes aux organisations syndicale : « pour fluidifier le dialogue social » est condamné à trois années de prison dont une ferme. Durant son procès il a continué à refuser de dévoiler les noms des responsables syndicaux à qui des années durant sa fédération a versé des sommes en liquide, 15 millions d’euros de sorties de caisse ont été identifiés pour la période 2000-2007. Il s’est tu, a assumé et est condamné, un peu comme Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet qui a payé dans les mêmes conditions pour couvrir le maire de Paris, Chirac, dans l’affaire des emplois fictifs de cette mairie. Cela est noble, qualificatif que l’on ne peut que rarement attribuer dans la vie politique.

Bataille de tracts pour une mairoe

Nos boîtes aux lettres commencent à être envahies de tracts publicitaires au sujet des prochaines élections municipales, remplis des mêmes slogans tapageurs et vides de sens. Rien ne change vraiment, qu’on en juge pour ceux du XIVème arrondissement de Paris où les deux cruches Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo affichent leurs bobines à tout bout de champ :

Nathalie Kosciusko-Morizet

« Candidate dans le 14ème arrondissement, j’ai acquis à travers nos échanges de ces derniers mois une conviction claire : vous attendez aujourd’hui plus et mieux de votre mairie. »

Carine Petit soutenue par Anne Hidalgo

« Au service de Paris et du XIVème ! Depuis 2001, Paris et le XIVème ont changé : tramway, rénovation urbaine, logements, espaces verts, services publics. »

Ian Brossat soutenu par Anne Hidalgo

« Ensemble rendons Paris moins cher. »

Etc. etc.

Terminator

Christian Jacob, avec sa tête de maquignon mal dégrossi, chefaillon de l’UMP à l’assemblée nationale, aboyeur numéro 1 de Copé-j’en-ai-une-grosse-paire, est sur tous les coups. D’abord il grossi, il n’est pourtant pas économe de son énergie pour démolir tout ce qui bouge dans la majorité socialiste, mais manifestement il consomme plus de calories dans les palais de la République qu’il n’en brûle sur les plateaux de télévision.

Petit point qui doit agacer et qui confirme son manque de subtilité : sur les ondes et devant les caméras il appelle Mme. Vallaud-Belkacem, Mme. Belkacem tout simplement, histoire de bien marquer les origines.

Le garçon cogne sur tous les sujets du gouvernement avec une mauvaise foi et un simplisme assumés. Il est impressionnant d’énergie et ne lâche rien. Il a la force d’un bulldozer et les arguments de Mme. Michu. C’est un opposant classique qui martèle des messages basiques comme l’Oréal fourgue ses publicités pour shampoing antipelliculaires. C’est du carpet bombing pour reprendre une expression de marketing évoquant l’inondation d’un marché par des représentants de commerces, par référence historique aux vagues de bombardiers B52 qui écrasaient le Vietnam de bombes…

Le Jacob est un opposant formé à l’école de la mauvaise foi parlementaire française, très réputée en la matière. Il ne fait pas avancer le débat, il n’est pas programmé pour ça, il cogne et c’est tout. Peut-être un jour ce genre de personnages seront démodés et renvoyés dans leur pénates par des électeurs lassés. Mais pour l’instant le Jacob reste la star des médias, hélas ! En 2017 si la droite revient au pouvoir, le garçon sera ministre de l’intérieur ou quelque poste comparable, non point pour sa compétence mais en remerciement de sa fidélité brute.