Le Royaume-Uni regarde vers la sortie

Des élections législatives sont remportées franchement par le parti conservateur au Royaume-Uni. Première similitude avec ce qui se passe un peu partout en Europe : les sondeurs montrent une nouvelle fois leur incompétence en ayant avancé des prévisions sans rapport avec la vraie vie. C’est une des curiosités de cette corporation, ils se trompent de façon quasiment permanente, induisent en erreur le monde médiatico-molitico-mondain mais ils continuent à être les vedettes des plateaux télévisés où ils assènent leur prévisions erronées devant un parterre de politicards fascinés par les chiffres faux comme des grenouilles devant un baromètre. Les sondages sont un des problèmes de nos démocraties occidentales en ce qu’ils ont remplacé la réflexion politique.

Deuxième sujet soulevé par cette élection britannique : le parti conservateur a fait part de sa volonté d’organiser un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne avant 2017. C’est une bonne idée, il faut faire ce référendum et que Londres arrête de faire un chantage permanent sur le reste de l’Europe pour obtenir toujours plus pour son statut particulier sur le thème : « retenez-moi ou je fais un malheur ». L’Union en est arrivé à un tel point de complexité et de paralysie qu’il doit être laissé à ses membres la possibilité d’en sortir ou d’en être exclu.

Bien sûr on pense a priori que ce ne serait pas une bonne nouvelle, pour personne, mais en fait on n’en sait rien et c’est la raison pour laquelle cela vaut le coup de tenter l’affaire. Si c’est un désastre, eh bien les pays restants reconstruiront et les candidats au départ y réfléchiront à deux fois avant de renouveler l’expérience ; si cela se passe correctement l’Union pourra être plus ferme avec ceux qui restent en leur ouvrant la porte de sortie s’ils sont par trop exigeants.

Vive le référendum britannique sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne !

Vafourakis relégué

GR_Vafourakis_201502Vafourakis, ministre des finances grec, qui trouve du temps pour prendre la pause pour Paris-Match face au Parthénon, est relégué au second plan des négociations financières menées entre la Grèce et ses créanciers publics, c’est-à-dire majoritairement les contribuables européens. Il se définit lui-même comme « marxiste libertaire ». Il semble que le garçon ait eu du mal à réfréner son penchant naturel à donner des leçons d’économie au reste du monde. Evidemment quand on dépend de ses créanciers il n’est pas toujours très efficace de les critiquer ni de leur expliquer pourquoi ils doivent casser leurs tirelires. Il est donc remplacé à la tête de la délégation grecque négociant avec les européens. C’est une bonne mesure car il est contre-productif de taper en permanence sur la main qui signe le chèque.

Manuel_Valls_2013-08Profitons-en pour constater une nouvelle fois avec consternation cette attirance du personnel politique pour les double-pages en papier glacé de Paris-Match. Manuel Valls, premier ministre français y avait cédé avec la photo édifiante ci-contre.

Pourquoi un « Instant Laurent Wauqiez » ?

Laurent_WauquiezCertains se demanderont : mais pourquoi un instant Laurent Wauqiez ? La réponse est très simple, dans cette société libérale tellement vantée par ce cornecul, la performance individuelle est portée aux nues, souvent au détriment du collectif. Eh bien en matière d’action permanente au profit de l’abrutissement des masses, Laurent Wauquiez est un des plus performants de la classe politique actuelle. Il mérite donc d’être reconnu et récompensé pour ses exploits. C’est l’objet de cette petite chronique.

Wauqiez le paltoquet récidiviste

LCE_Wauquiez_20150422Laurent Wauqiez, chefaillon à l’UMP qui avait profité de l’assassinat sordide d’une gamine par un repris de justice étranger pour accuser Christine Taubira, ministre de la justice d’être indirectement responsable de ce meurtre de part « sa politique de désarmement pénal » a dû admettre devant la presse avide que ledit repris de justice avait été condamné en 2010, lorsque la droite était au pouvoir, et libéré sur la base d’une loi sur les réductions de peine, la loi Perben, votée en 2004. L’homme étant d’ailleurs sorti de prison en mars 2014… cinq mois avant la promulgation de la loi Taubira.

Cela n’a pas empêché ce paltoquet de récidiver lui aussi en ânonnant de nouveau ses slogans pour « le réarmement pénal ».

Au-delà des saillies finalement sans grande importance de ce personnage mal éduqué reste le vrai problème de l’incarcération de citoyens qui soit ont été dangereux dans le passé, soit risquent de le devenir, voir le cas très actuel des apprentis-terroristes nationaux qui sont allé passer des vacances en Syrie ou en Irak. Peut-on les laisser en prison jusqu’à leur mort, en a-t-on les moyens d’ailleurs, légaux [pour le moment non] et matériels [encore moins] ? Faut-il construire des prisons pour y entasser tout ce beau monde dont le nombre a vocation à croître de façon quasi-exponentielle si on les laisse enfermés effectivement jusqu’à la fin de leurs jours ? Notre société peut-elle envisager de courir un risque de devoir affronter périodiquement un assassinat comme celui de Chloé de temps en temps ? Statistiquement oui, émotionnellement sans doute non.

C’est un débat de société qui a été déjà mené par les majorités de droite comme de gauche, aboutissant à des dispositifs légaux finalement assez semblables, même si les uns penchant plus en faveur de l’incarcération et les autres en faveur de la rééducation. Mais personne n’a jusqu’ici fait adopter un système tout carcéral dont les élus ont conclus qu’il n’est juste pas techniquement applicable du fait de l’impossibilité de condamner à perpétuité tout citoyen dangereux et de le laisser en prison ad vitam aeternam.

Peut-être un Laurent Wauquiez ministre de la justice pourra un jour initier un tel projet et le défendre devant le parlement. Ce n’est pour l’instant pas le cas et pour le moment il fait son programme sur Twitter en 140 signes, c’est juste un peu plus facile.

Tweet_Wauquiez_20150416

 

Religion à Villejuif

Un apprenti terroriste est arrêté dans une cité universitaire avec une balle dans la jambe et une cargaison d’armes dans sa voiture et sa chambre. Le garçon est soupçonné d’avoir tué une jeune femme pour lui voler sa voiture en vue de préparer des attentats dans des églises parisiennes. Cette fois-ci il n’est pas français mais algérien. L’enquête démarre après une arrestation plutôt due au hasard semble-t-il.

Hollande toujours désopilant

CH_20150409_HollandeDans une interview télévisée hier dimanche, le président de la République compare le programme du Front National à un tract du Parti Communiste des années 70. C’est plutôt bien vu tant les deux programmes brillent par leur irréalisme. C’est en tout cas désopilant et fait sourire les connaisseurs, sauf les communistes qui n’ont jamais brillé par leur sens de l’humour.

Evidemment, la comparaison entre FN et PC est un peu agressive et donc mal vécue. Elle est de ce fait déplacée. Un président de la République devrait pouvoir utiliser un peu plus de pédagogie pour convaincre ses électeurs, plutôt qu’abuser de petites phrases qui n’amusent que le microcosme politico-mondano-médiatique, et encore, pas très longtemps.

L’Europe eldorado

Des centaines de morts en mer Méditerranée depuis des mois. Des migrants, économiques et politiques, s’entassent sur des navires de fortune qui tentent de forcer le barrage des frontières européennes pour espérer une vie meilleure au nord. Des passeurs de la pire espèce coulent les rafiots en vue des côtes ou fuient en laissant le navire aller droit devant sans personne à la barre, avec sa cargaison de misère. Les bonnes âmes appellent à des « actions fortes ». François 1er, toujours jésuite, demande à «agir avec décision et rapidité ». Quant aux partis politiques et associations en tous genres qui se lamentent… n’en parlons même pas.

Le problème est aigu. En fait si l’on ne veut pas que ces gens se noient lors de la traversée il faudrait que les Etats occidentaux aillent les chercher sur de vrais navires et les transportent dans les pays européens pour les y installer, en attendant des jours meilleurs. Personne n’ose le dire alors chacun en appelle à des actions sans avoir la moindre envie de les définir. C’est la faux-jetonnerie de première catégorie, propre à nos sociétés modernes rongées par l’obésité et le cholestérol.

Quel gouvernement prendra le risque politique de se déclarer prêt à accueillir de tels mouvements de population dans une vieille Europe qui a favorisé, pour beaucoup de bonnes raisons, la chute des gouvernements dictatoriaux dans le Maghreb et le Machrek ? L’extrême droite montre son nez un peu partout sur le vieux continent où les électeurs ne se sentent plus à l’abri de leur douillet et historique confort. Le terrorisme religieux qui sévit ces dernières années accentue encore ce sentiment du « on est plus chez nous » largement relayé par les chroniqueurs petits bras de la théorie du « grand remplacement » qui délayent leur pensé limitée dans Valeurs Actuelles.

La générosité des peuples qui s’est exprimée dans les immenses mouvements de population apparus en Europe après les deux dernières guerres mondiales, voire même en Allemagne lors de sa réunification, ou dans les années 70 lorsque les vietnamiens fuyaient leur régime communiste, n’est plus de mise. La précarité ressentie par les peuples qui se sont pourtant considérablement enrichis depuis 1945 a tué la solidarité. C’est un des dommages collatéraux du libéralisme mondialisé. On ne veut plus partager. Le fantastique accroissement des inégalités, à la fois entre les pays de la planète, mais aussi à l’intérieur de ces mêmes pays, augmente encore cette volonté de départ des pays pauvres vers chez les riches.

Avec l’anarchie qui règne en Lybie, les mafias locales prospèrent sur le trafic d’êtres humains. L’Occident culpabilise et  personne ne sait plus comment bloquer les départs comme le faisait Kadhafi en échange d’un peu de reconnaissance internationale. Les plus cyniques doivent penser qu’au-delà d’un certain nombre de noyés, le flux de départ se tarira compte tenu du danger. Les plus émotifs continuent à réclamer « des mesures ». Le bon peuple occidental continue de soigner son cholestérol et personne au nord de la Méditerranée n’envisage d’installer des camps de réfugiés dans son jardin.

Laurent Wauquiez est un cornecul

Laurent_WauquiezUne gamine est violée et assassinée dans le nord de la France par un cinglé, immédiatement emprisonné. Et toutes affaires cessantes les médias et la politique inondent les citoyens d’un déluge de lieux communs, de slogans et de beaufitudes, attisant les réactions populaires et préparant les élections alors que la situation exigerait plutôt décence et réflexion. Le présumé assassin est polonais, et repris de justice, ce qui permet aux politicards d’en rajouter sur le danger venant de l’étranger.

L’un d’entre eux se manifeste tout particulièrement et avec son brio habituel, il s’agit de Laurent Wauquiez, secrétaire général du parti conservateur qui déclare :

Tout d’abord, il faut faire la lumière sur cette affaire. Il y a trop de questions sans réponse. Y a-t-il eu une défaillance majeure dans l’exécution de la peine ? Pourquoi quelqu’un qui devait être reconduit à la frontière et expulsé ne l’a pas été ? Nous demandons que l’inspection générale des services judiciaires soit saisie. Il faut savoir et comprendre… cela pose à l’évidence toute la question de la politique de remise de peine et de réductions automatiques de Mme Taubira… Par sa circulaire, la garde des Sceaux a incité à renforcer ces allègements. Ce prédateur en a-t-il bénéficié ? De toute évidence, la politique du gouvernement est à rebours de nos besoins. Mme Taubira fait du désarmement pénal, les Français attendent du réarmement pénal

Mme. Taubira, ministre de la justice est la cible préférée de ces caricatures de responsables politiques depuis qu’elle a porté la loi pour le mariage homosexuel, votée à la majorité d’un parlement démocratiquement élu. Elle est évidemment désignée comme personnellement responsable de l’assassinat de cette gamine par des populistes de tous bords. Et la gauche au pouvoir depuis trois ans est bien sûr à l’origine de ces atrocités du fait de son légendaire laxisme qui a poussé au crime ce repris de justice.

D’un vrai problème de société : que fait-ton des criminels irrécupérables et comment finance-t-on leur mise à l’écart de la société ?, des élus de rencontre, cédant à la panique, oubliant l’intelligence, livrant le pays à l’abrutissement, font de ce sujet grave une nouvelle inutile polémique de caniveau.

Laurent Wauquiez est en tête de gondole pour crier haro sur le baudet entre deux blancs secs au Café du commerce avec Mme. Michu.

Laurent Wauquiez est un cornecul ambitieux capable du pire. Il annone les slogans de Valeurs Actuelles comme un réflexe pavlovien dès qu’un évènement apparaît dans les titres des médias. Il parade sur les plateaux pour vendre son absence de réflexion comme Nabilla faisant la promotion de sa marque de petites culottes.

Laurent Wauquiez n’arrive pas à cacher la délectation qui est la sienne quand il remue la lie de notre société pour en faire un fumet attirant pour ses électeurs. Il a pourtant quelques neurones : normalien, énarque, agrégé d’histoire, mais les synapses qui les relient entre eux se sont brisées lorsqu’il a plongé dans le marigot nauséabond de la politique partisane. Et depuis il n’y a plus d’influx nerveux pour irriguer les dits neurones qui sont à l’arrêt.

Même les électeurs conservateurs devraient se méfier de Laurent Wauquiez qui a une vocation de Brutus et qui immanquablement les trahira le moment venu. Après avoir critiqué Sarkozy après sa défaite en 2012 il est revenu manger dans sa main en échange d’un maroquin partisan. Il lui plantera un couteau dans le cœur un jour, c’est écrit.

Laurent Wauquiez illustre à en pleurer notre drame national : la pauvreté intellectuelle d’une classe politique, imbue d’elle-même, surtout concernée par sa réélection, refusant ainsi de prendre le risque de faire de la politique, c’est-à-dire emmener le pays et les citoyens vers un avenir meilleur.

En cherchant bien on ne reconnaît qu’une seule qualité à Laurent Wauquiez : il ne se teint pas les cheveux comme de (trop) nombreux politiques qui refusent d’affronter leur âge comme l’avenir de leurs électeurs ou le déficit du budget de la République.

Mais à la question : à quoi de positif peut donc bien servir un Laurent Wauquiez ?, on peine à trouver réponse. Le garçon sera sans doute ministre lors d’une prochaine alternance de droite. Il n’en sera que plus inutile et potentiellement nuisible tellement il érige la démagogie en mode de fonctionnement.

Il se confirme que nous avons, hélas, les dirigeants que nous méritons. Mon-Général, revient !

Compte tenu de sa représentativité de la classe politique actuelle nous allons ouvrir ici une rubrique Laurent Wauquiez pour suivre ses exploits, et immédiatement référencer son compte Twitter à la rubrique les Tweets crétins.

Le syndrome français de retour

L’économie numérique présente bien des inconvénients et quelques dommages collatéraux. Elle offre notamment la possibilité aux râleurs nationaux de déverser leurs incohérences, voire leur bile, sur leur compatriotes. Nombre de sites internet se sont développés pour héberger les pétitions des français en colère. Sur https://www.change.org/ on trouve tout et n’importe quoi, de la pétition pour autoriser le don de sang des homosexuels à celle contre le taux de TVA sur les protections féminines, en passant par celle qui nous occupe aujourd’hui sur les deux orchestres classiques émargeant sur le budget de Radio France.

La radio publique française est en grève depuis plusieurs semaines. Elle n’a plus assez de ressources pour financer ses prestations qui sont pourtant de qualité. Ses ressources viennent de la redevance audiovisuelle et de dotations budgétaires, bref, de la poche des contribuables. Il va falloir restructure Radio-France, c’est-à-dire ajuster les dépenses et les recettes, comme pour le reste de la République, comme à la maison, comme en entreprise. C’est la vie.

Mais bien entendu le syndrome français du découplage entre recettes et dépenses se manifeste une nouvelle fois : les contribuables qui veulent une baisse de leurs impôts veulent en même temps que l’Etat soutienne Radio France, en gros augmente ses subventions. Il se trouve que cette radio publique finance deux orchestres classiques, un chœur et une maîtrise. L’un des points étudiés pour la restructuration était de fusionner les deux orchestres. Ce n’est pas plus idiot qu’autre chose et pourrait aider à redresser la barre. Est-ce mieux d’avoir deux orchestres qu’un seul ? Sans doute, mais lorsqu’il n’y a plus de sous il faut faire des choix, comme à la maison.

Alors les citoyens découplés crient au scandale et pétitionnent à qui mieux mieux expliquant que ces deux formations musicales sont vitales pour la survie de Radio France : …une richesse unique au monde, qu’aucune autre radio ne peut se targuer d’abriter… Les mêmes contestent sans doute par ailleurs les impôts qu’ils payent. C’est la plaie de la France : les libéraux de salons, les chicago-boys de la rive gauche, les capitalistes de circonstances…

  • Je suis libéral mais comment, l’Etat envisagerait de ne plus financer deux orchestres chez Radio France, c’est un scandale ?
  • Je suis libéral mais comment, l’Etat envisage de laisser les sociétés d’autoroute augmenter les tarifs de péage et faire des profits, c’est un scandale ?
  • Je suis libéral mais comment, l’Etat vend ses parts dans l’aéroport de Toulouse, c’est un scandale ?
  • Je suis libéral mais comment, mon rejeton doit payer des droits d’entrée à l’université, c’est un scandale ?
  • Etc. etc.

Tous ces citoyens ressassant les éditoriaux de Guillaume Roquette (le patron du FigMag) adhèrent au libéralisme mais à conditions que ses effets se fassent sentir uniquement chez leurs voisins, pas dans leurs jardins. C’est un des problèmes gaulois qui nuit à l’unité nationale qui serait pourtant nécessaire en ces périodes de crise financière et politique.

La pétition des citoyens déphasés :

Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre,

Depuis quelques semaines Radio France est secouée par une grève sans précédent. Les formations musicales de cette maison ne cessent d’être la cible d’attaques récurrentes qui menacent leur existence même. L’Orchestre National de France et l’Orchestre Philharmonique de Radio France sont pointés du doigt. Depuis l’origine les chefs les plus prestigieux dirigent ces formations. Le niveau et la réputation internationale de ces orchestres sont un atout majeur dans le rayonnement de Radio France, dont la vocation de service public, rappelons-le, est d’informer, d’éduquer, de divertir. En association avec les antennes qui se font l’écho de leur travail, les formations musicales participent avec ferveur à cette mission avec des programmes audacieux, soutenant la création, les jeunes talents, et les projets pédagogiques. Les formations musicales de Radio France (les deux orchestres, le chœur et la maîtrise) ont des identités fortes : c’est une richesse unique au monde, qu’aucune autre radio ne peut se targuer d’abriter. C’est cette richesse dont on veut priver aujourd’hui Radio France, ses antennes et ses auditeurs. Ces formations reflètent par ailleurs toutes les valeurs que nos politiques veulent défendre, à raison : la Culture contre la barbarie, l’exception française, la jeunesse (avec le recrutement de musiciens issus des conservatoires supérieurs et la formation grâce au travail de la maîtrise), la parité hommes-femmes que beaucoup d’entreprises devraient nous envier. Pour honorer ces missions et ces valeurs, les formations musicales ne représentent que 6% du budget global de Radio France. La menace qui pèse sur elles, au nom d’une logique de rentabilité absurde, est la preuve du désengagement de l’état. Le paysage musical français se désertifie peu à peu… Les conservatoires, les festivals, les orchestres sont mis à mal partout en France… A l’heure où l’actualité nous livre les dérives de l’ignorance, dans une brutalité et une intolérance grandissantes, nos dirigeants doivent prendre conscience de la nécessité de PROTEGER et de COMMUNIQUER LE SAVOIR et la CULTURE qui en sont les remparts. Alors que la réouverture de Radio France au public vient de révéler les qualités et le potentiel d’un nouvel auditorium, nous réclamons une politique artistique digne du service public, et qui préserve l’avenir des formations en son sein.

Elections départementales

L’opposition remporte les élections départementales en France. Les leaders passent leur soirée sur les plateaux télévisés, les uns pour expliquer pourquoi ils ont gagné, les autres comment ils n’ont finalement pas tant perdu que ça. Il s’agit d’élections départementales mais on ne parle que de politique nationale. Personne ne sait bien quels changements la nouvelle majorité départementale va insuffler par rapport à la précédente. Aucun journaliste ne pose d’ailleurs de questions sur le sujet. Les oppositions de droite et de gauche s’égosillent à réclamer un changement de politique et la démission des uns ou des autres, bref le show continue mené par la même bande d’élus, qui vont et qui viennent au hasard des résultats électoraux.

Depuis des années les majorités perdent quasi-systématiquement les élections locales et n’en changent pas pour autant leur politique nationale. Les résultats de ce dimanche ne devraient pas faire évoluer les habitudes malgré les admonestations télévisuelles de rigueur. La politique nationale se vote à l’assemblée nationale élu pour cinq ans, jusqu’en 2017, la politique départementale est votée par les assemblées départementales qui viennent d’être élues. Que les vainqueurs expliquent ce qu’ils vont y faire et changer avant de tirer des plans sur la comète de la politique nationale. Ils ont en principe assez à faire pour le moment. Les prochaines élections législatives et présidentielles sont en 2017. Qu’ils bossent dans leur département, c’est le meilleur moyen (i) de justifier les émoluments et défraiements qui leur sont versés par les contribuables départementaux et (ii) de montrer de quoi ils sont capables pour 2017. Bosser cela veut dire travailler sur le terrain et à leur bureau, pas sur TF1.

En un mot : au boulot !

La Grèce communique mal

 

GR_Vafourakis_201502Ça c’est le ministre des finances grec, en mars 2015, sur sa terrasse à Athènes donnant sur l’Acropole. Entre deux tournées dans les capitales européennes pour faire la manche et tenter de convaincre avec sa vulgate marxo-libertaire, le garçon se fait interviewer par Paris-Match, comme s’il n’avait pas mieux à faire.

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Ça c’est l’ancien premier ministre grec annonçant en 2010 la faillite de ses finances publiques à l’Europe sur fond de mer bleue et d’ile paradisiaque.

On ne sait pas encore bien trop quel est l’état réel des caisses grecques, ce qui paraît désormais clair c’est que les dirigeants de ce pays ne savent pas communiquer. Il faudra un jour qu’ils comprennent qu’il n’est pas efficace de quémander sur fond de ciel et de mer bleus. C’est juste une règle élémentaire de communication.

 

 

La presse de caniveau

Un avion s’écrase dans les Alpes françaises, 150 morts. Comme de bien entendu en de telles dramatiques circonstances, la presse fait assaut d’indécence et de bêtise. Nous avons droit aux questions stupides aux familles larmoyantes du genre « que ressentez-vous ? » posée au frère ou à la sœur d’un malheureux passager décédé.

L’absence d’analyse tourne en boucle sur les écrans avec des slogans comme : « les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse ! ». Evidemment qu’ils n’excluent aucune hypothèse puisqu’ils enquêtent sur l’accident, c’est même exactement ce pour quoi ils sont payés : n’exclure aucune hypothèse et trouver l’explication à l’accident.

Mais la presse ne peut se satisfaire d’attendre, drapée derrière son devoir d’informer, un devoir qui se transforme en droit de raconter des sornettes à des consommateurs qui ne pourraient pas attendre de la vraie information. Comme si Mme. Michu devant sa télé était à quelques jours près pour savoir si un avion s’est écrasé pour ci ou pour ça.

On ne le dira jamais assez, la presse française est aussi responsable de l’acculturation des masses et de la pauvreté du débat. Les tristes évènements comme celui-ci ne font que le démontrer, de façon toujours aussi consternante.

Elections départementales

Il y a des élections locales en France ce dimanche pour élire des conseillers départementaux, nouvelle appellation des conseiller généraux. L’opposition se fait un malin plaisir de rappeler que les fonctions desdits conseillers sont en cours de redéfinition par la loi et que l’on demande donc à des électeurs d’élire des personnes dont ils ne savent bien quel sera exactement leur rôle.

Ce n’est pas faux mais l’on peut gager que leurs responsabilités ne seront pas fondamentalement différentes de celles de leurs prédécesseurs. Et on peut en tout cas assurer que lorsque Mme. Michu votait pour élire un conseiller régional elle ne connaissait pas plus qu’aujourd’hui ses fonctions exactes.

L’Islande renonce (pour le moment) à sa candidature à l’Union européenne

Le gouvernement islandais a officiellement retiré sa candidature à l’intégration dans l’Union européenne, et c’est très bien ainsi. Rappelons que cette petite ile-Etat nordique de 350 000 habitants avait durement souffert de la crise financière de 2008. Il s’était en effet avéré qu’elle avait été gérée comme un hedge fund avec des banques que l’on avait laissé grossir avec des actifs supérieurs au PIB du pays… Ces actifs s’étant révélés sans valeur, l’économie bancaire s’est effondrée et l’Etat avec.

Dans le besoin, l’Islande a alors demandé son adhésion à l’Union européenne et à l’euro, en gros pour bénéficier de son tiroir-caisse doté par les contribuables communautaires. L’économie est maintenant à peu près redressée et des conflits apparaissent avec l’Union sur de sordides histoires de quotas de pêche, Reykjavik n’a plus besoin de faire la manche et du coup se retire.

C’est une bonne nouvelle car elle montre que l’Islande n’était en rien motivée par une adhésion au projet européen politique. Entrer dans l’Union européenne n’est pas obligatoire, y rester non plus.