Rififi dans le Doubs

Une élection partielle s’est tenue dans le Doubs pour y remplacer le député socialiste Moscovici qui a lâchement abandonné son poste au profit d’un portefeuille comme commissaire européen. Le garçon a trahi ses électeurs en tournant casque au milieu du mandat qui lui avait confié. L’homme est probablement le responsable français le moins légitime à occuper ce poste de commissaire aux affaires économiques et financières de la commission européenne après avoir été ministre des finances d’une France incapable de respecter ses engagements budgétaires. Bref, Moscovici a tout faux en quittant le Doubs, provoquant une élection hasardeuse pour son parti pour aller chercher des hochets dorés à Bruxelles. C’est de l’irresponsabilité politique qui n’aurait jamais dû être cautionnée par le gouvernement français qui a officiellement soutenu la candidature de l’impétrant !

Résultat des courses : la candidate du Front National arrive en tête au premier tour dimanche dernier devant le candidat socialiste, l’UMP étant sorti du jeu. Le bureau politique de l’UMP confirme la tactique du « ni-ni », consistant à dire à leurs électeurs de ne voter ni pour les uns ni pour les autres au second tour… contre l’avis du président du parti qui voulait ne pas donner de consigne de vote, et contre la position du candidat Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet aux primaires présidentielles qui lui appelle à voter pour le candidat socialiste. Bref, c’est le boxon !

De toute façon, les partis se font beaucoup d’illusion sur l’efficacité des consignes de vote qui sont doute de peu d’effet, les électeurs votant pour qui ils veulent, indépendamment des oukases du parti auquel ils appartiennent ou ils croient. La France risque de se retrouver le week-end prochain avec un troisième député Front national à son parlement.

Matthieu Pigasse pris en flagrant délit d’escroquerie intellectuelle

Matthieu Pigasse, jeune et brillant banquier mondain dont l’établissement (la Banque Lazard) a été choisi par le nouveau gouvernement grec pour l’appuyer dans sa demande de restructuration de sa dette, Matthieu Pigasse donc, ex-haut fonctionnaire français qui a investi une partie de sa fortune personnelle dans la presse (Les Inrocks, Le Monde…), explique à la télévision française qu’il faut annuler 200 milliards d’euros de la dette grecque de 300 et que cela ne coutera rien « en cash » au contribuable européen car cet argent a déjà été déboursé.

Le garçon est sympathique mais il a encore quelque progrès à faire pour faire prendre des vessies pour des lanternes. Certes l’argent a déjà été versé à la Grèce par les contribuables communautaires mais ceux-ci vont devoir rembourser leurs propres dettes, empruntées pour pouvoir financer les prêts à la Grèce. Donc au remboursement par la France et les autres pays prêteurs, il y aura bien « un effet cash » de sortie d’argent pour le contribuable.

La dette, qu’elle soit annulée ou remboursée ou transférée, il y a toujours quelqu’un qui paye à la fin. C’est ainsi Monsieur Pigasse. Il s’agit juste de trouver la bonne personne.

Religion à Nice

Un gamin de 8 ans est convoqué par la police pour avoir fait la mauvaise tête et, du moins en est-il accusé, fait l’apologie du terrorisme. Il reconnaît avoir dit : « je ne suis pas Charlie, mais je suis Kouachi » ou quelque ineptie du même ordre. Par contre il nie avoir dit en parlant des dessinateurs de Charlie Hebdo « c’est bien fait pour eux, ils l’ont mérité ». Qu’il ait prononcé ou pas cette dernière phrase a peu d’importance, d’autres ne s’en sont pas privé, et même bien pire, sur internet ou sur les médias. Il a répété ce qu’il a entendu chez lui ou dans sa cour d’école, probablement sans trop comprendre de quoi il s’agit.

En principe une bonne paire de claques et deux heures de colle aurait réglé le problème… mais c’était en d’autres temps… avant que le politiquement correct n’ait envahi nos sociétés et que la religion n’ait remis le blasphème au goût du jour. Aujourd’hui cela devient une affaire d’Etat.

Comment dépenser des sous sans payer ses dettes

Drapeau_GreeceLe nouveau pouvoir grec veut faire vite et annonce ses mesures pour la reprise des dépense publiques : augmentation du salaire minimum, réembauche des milliers de fonctionnaires licenciés dans le cadre des plans d’économie précédents, arrêt des programmes de privatisation en cours, etc.

Sur le plan politique il clame sa volonté de faire annuler une partie de la dette publique et refuse de parler avec les représentants de la Troïka (Fonds monétaire international + Banque centrale européenne + Commission européenne) qui représente les prêteurs mais est considérée comme le valet de ces créanciers rapaces qui veulent étrangler ce beau pays méditerranéen…

C’est l’éternel discours du gentil débiteur face à ses méchants créanciers. Une fois passés les effets de manche et manifestations d’égos divers et variés, les gens sérieux reprendront le dossier et trouveront bien une solution acceptable pour tous, dont éventuellement la sortie de la Grèce de la zone euro, hypothèse à laquelle il ne faut pas s’interdire de penser.

Nous sommes face à un programme d’ajustement structurel classique comme la communauté financière internationale a eu à en gérer depuis des décennies, du Sénégal à l’Argentine, en passant par la Russie et les pays asiatiques. La France elle-même a fait la manche en 1983 auprès de la Communauté européenne après le désastre financier de la gestion des deux premières années du gouvernement Mauroy.

Un pays a besoin d’argent qu’il ne peut plus se procurer par un accès classique aux marchés financiers, ou alors qu’il peut emprunter mais à des taux d’intérêt très élevé qui ne sont que la conséquence du risque de non remboursement qu’il fait courir à ses prêteurs. Dans le cas de la Grèce, ce risque est avéré puisque les créanciers privés ont dû renoncer à 110 milliards d’euros de dettes en 2012. C’était il n’y a pas si longtemps.

Des dirigeants responsables se réunissent avec des prêteurs anciens et futurs, examinent ensemble ce que peut ou pas le pays défaillant et tout ou partie de la dette stressée (comme disent les anglo-saxons) est annulée ou rééchelonnées, voire les deux à la fois, et arrêtent ensemble l’argent frais (new money comme disent les anglo-saxons) qui peut être mis en place pour financer la survie de l’Etat défaillant.

Dans le cas d’espèce, ce sont les autres Etats européens, donc leurs contribuables-citoyens respectifs, qui sont les prêteurs de la Grèce, ce sont donc eux qui supporteront la charge de la restructuration. Car malgré ce que racontent les démagogues de salons, il y aura bien une charge. La France par exemple a prêté ou garanti 40 milliards qui ont été déboursés en faveur de la Grèce. Elle a donc emprunté elle-même une somme équivalente qu’elle devra bien, elle, rembourser à ses propres prêteurs. Elle devait le faire normalement en y affectant les remboursements venus de la Grèce et si ceux-ci ne viennent pas il faudra bien qu’elle le fasse sur ses propres ressources financières, donc les impôts de ses citoyens-contribuables.

Une autre solution technique est de faire créer des euros par la banque centrale pour rembourser cette dette en monnaie qui se dévaluerait mathématiquement. Ce serait le retour aux déplorables méthodes d’antan et une prime aux mauvais élèves. Les prêteurs y laisseraient des plumes puisque remboursés en monnaie dévaluée, ce qui obèrerait leur confiance et logiquement ferait remonter les taux d’intérêt pour l’ensemble des emprunteurs en euros.

Quel que soit le bout de la lorgnette par lequel on regarde le sujet, une dette non remboursée cause une perte au prêteur, soit directe s’il annule sa créance, soit indirecte s’il est remboursé en monnaie de singe.

C’est ce problème que les dirigeants européens doivent gérer avec la Grèce, si possible en bonne entente.

La gauche radicale au pouvoir en Grèce

Un parti de gauche radicale arrive démocratiquement au pouvoir dans une Grèce usée par la mauvaise gestion et la crise économique. A défaut d’obtenir la majorité absolue au parlement, il s’allie avec un parti de droite mal embouché. C’est un peu comme si Mélanchon, du Parti de gauche, s’alliait en France avec Dupont –Aignan, de Debout la France. En principe, et au regard des modes de fonctionnement habituels de la politique et des égos surdimensionnés qui la peuplent

Tout ce petit monde a été élu sur le thème « demain on rase gratis », nos problèmes c’est la faute à l’Allemagne qui n’a pas payé ses dettes de guerre et à l’Union européenne qui nous a imposé une austérité qui est contre-productive, reprenons la dépense publique et la croissance économique reviendra, ne remboursons pas nos dettes et cela ira encore mieux car ces dettes sont illégitimes et n’ont servi qu’à engraisser de vilains banquiers. Un tel projet électoral a rencontré un franc succès ! Les lendemains risquent de déchanter.

Tous les partis populistes que compte l’Europe approuvent ce discours : Mélanchon en France (extrême gauche), bien sûr, mais aussi le Front national (extrême droite), le Podemos en Espagne, etc. Un immense espoir se lève dans les pays du sud de l’Europe sur le thème : nous aussi nous voulons reprendre la dépense publique et ne pas payer nos dettes.

Religion en France

CH_20150107_Je-suis-CharlieDéclarations diverses d’imams de plateaux télévisés qui répètent en boucle : « tout ceci n’est pas l’Islam ! »

Bon, bien, peut-être ; ces massacres à Paris, en Syrie ou en Irak, commis par ou sur ordre des Etat islamique, Al Quaïda au Yémen ou ailleurs, et autres organisations religieuses extrémistes, ne sont peut-être pas conformes à l’Islam diffusé sur les plateaux télévisés de la presse française, mais il semble bien qu’ils soient commis au nom d’un Islam qui fait fureur en ce moment.

Bien sûr, comme chaque fois que la religion cherche à s’imposer sur le pourvoir temporel, les luttes d’ambition se confrontent avec les messages mystiques, et les religieux emploient les outils du pouvoir : les armes, l’argent, la violence et la manipulation du peuple. C’est la situation aujourd’hui.

Religion dans le monde

CH_20150107_Je-suis-CharlieCharlie Hebdo a publié un numéro mercredi dernier avec, bien sûr, une caricature du prophète Mahomet en couverture… Même si ce dessin est plutôt tendre, Mahomet affichant le logo « Je suis Charlie » et disant en pleurant « Tout est pardonné », c’est un déchaînement dans nombre de pays croyant audit prophète : manifestations de haine, drapeaux français et effigies de Hollande brûlés en place publique, soutien aux extrémistes religieux Kouachi-Coulibaly et consorts, au Pakistan, au Mali, au Niger… Bref, nous voici revenus au point de départ.

Fouteballe solidaire

Les supporters d’un club de fouteballe corse jouant contre un club de Paris, gavé d’argent par le Qatar, déploient une banderole dans les tribunes sur laquelle est écrit quelque chose du genre : « La Qatar finance le PSG… et le terrorisme. »

Intéressante réaction politique de personnes plutôt peu habituées à la réflexion politique. La rumeur veut qu’effectivement cet émirat pétrolier immensément riche qui investit à grande échelle en France, notamment, donnerait également des sous en grande quantité aux mouvements musulmans sunnites pour faire prévaloir cette croyance sur les autres, y compris en finançant le terrorisme. C’est possible.

Venant des Corses où le nombre de morts par habitant du fait des violences mafieuses est l’un des plus importants d’Europe, la remarque des fouteux prend toute sa valeur.

Religion en France

CH_20150107_Je-suis-CharlieLa communauté juive de France s’inquiète suite aux quatre morts dans l’Hyper Cacher la semaine dernière et l’assassinat des enfants juifs lors de l’affaire Merah en 2012. Environ 7 000 français juifs se sont exilés en Israël en 2014, le double de l’année précédente. On en prévoit 10 000 pour 2015.

Il n’est pas bien sûr que la sécurité soit meilleure pour les juifs en Israël qu’en France. Ce pays est lui aussi la cible d’attentats terroristes, sans parler des roquettes du Hamas envoyées de temps à autre sur le territoire israélien. En nombre de morts par habitant et par an, Israël doit encore être plus risquée que la France.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieGrands rassemblements à travers la France et y compris dans ses possessions d’outre-mer en hommage aux victimes des extrémistes religieux. A Paris on parle de plus d’un million de citoyens qui ont défilé de la République à  la Nation :

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Une manif calme et bon enfant, ponctuée de marseillaises, de « Charlie-Charlie-Charlie », de « Merci la police », des vieux et des jeunes, des couleurs et de la diversité, pas trop de casquette-basket à l’horizon tout de même. Tout ceci est éminemment sympathique, sans doute sans trop de lendemains. Les extrémistes religieux doivent plutôt prendre cela pour la marque du succès de leurs actions criminelles… mais cela est bien que ce fut fait.


La presse et les plateaux télévisés mondains se gaussent de grands mots : sommes-nous en guerre, est-ce le « 11 septembre » français, les musulmans de France doivent-ils s’exprimer ? Et bla-bla-bla…

Il convient de faire preuve d’un peu d’analyse, ce qui n’est pas facile quand le pays se laisse gagner par une émotion bien légitime et alors que toute la beaufitude franchouillarde remonte déjà à la surface avec des attaques de mosquées.

Il n’y a pas de guerre juridiquement parlant puisque le parlement ne l’a pas autorisée comme le prévoit l’article 35 de la constitution. Il n’y a pas de guerre au sens où nos enfants ne sont pas mobilisés sous les drapeaux. Il n‘y a pas de guerre du fait d’un nombre de morts limités sur la durée en France : il y a eu plus d’assassinats mafieux en Corse ces dernières années que sous les balles islamiques dans l’hexagone.

Par contre les démocraties occidentales font face à un terrorisme religieux très nuisible et beaucoup plus pernicieux que les fléaux déjà affrontés et vaincus dans le passé. Il n’y a pas de solutions évidentes pour lutter contre ce nouvel ennemi de l’intérieur.

 

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieC’est le retour des croisades. On cherche à convertir de force les gens d’en face au nom d’un Dieu qui serait meilleur qu’un autre. On a déjà vu ça en d’autres temps. Les sunnites massacrent aujourd’hui les chiites comme les catholiques ont massacrés les protestants, pour quelques nuances idéologiques. Et chacun tue également la religion qui n’est pas la sienne, histoire de faire bonne mesure. Combien de morts dans la christianisation des populations colonisées au cours des siècles ?

Les chrétiens en sont passés par là dans l’Histoire et puis les Lumières, la pensée et le développement économique ont progressivement éloigné les religions du pouvoir temporel et les citoyens de ces croyances d’un autre âge, ou, à tout le moins, les ont-ils confinées à leurs sphères privées, avec parfois quelques débordements. On se souvient des intégristes catholiques français ressortis de leurs églises l’an passé lors des débats sur le mariage homosexuel, certains semblaient vraiment très très intégristes. Ce fut une surprise mais au moins restent-ils dans un schéma démocratique.

Rappelons de quoi nous parlons :

  • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète avec des variantes entre ceux qui croient à la sainte-vierge et ceux qui n’y croient pas
  • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
  • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
  • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
  • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
  • Les musulmans sunnites chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel
  • Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu, les uns mangent du cochon et pas les autres, etc.

Depuis 2 000 ans ces principes ont entraîné des millions de morts sur la planète, et l’on continue aujourd’hui à se battre pour ces illusions ! C’est pathétique.


Les chaînes de télévision ont déployé ces derniers jours toutes leurs immenses compétences pour garder l’antenne 24 heures sur 24 alors qu’elles n’avaient rien à dire. Les journalistes n’arrêtaient pas  de diffuser des rumeurs en les assortissant de «…sous toute réserve… » ou « …information non confirmée… » etc. En fait le jeu consiste à épier le voisin et à balancer à l’antenne ce qui a été entendu sur l’antenne d’à coté sous toute réserve bien entendu.

Les consultants de circonstance, ex-agents secrets recyclés en experts de plateaux télévisés ont également devisé en boucle sur les mérites comparés de la Kalachnikov et du Famas.

Le TVB (tic verbal compulsif) « on va dire… » a également été très employé, comme si la fébrilité ambiante entraînait une recrudescence des « on va dire… ».


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Les éditoriaux de Charb sur l’affaire Merah en 2012


Les orientalistes distingués et les journalistes qui fréquentent les réseaux dits sociaux nous racontent ce qu’ils lisent sur les Facebook, Twitter et autres sites djihadistes depuis l’attaque de Charlie-Hebdo. Cela nous évite de trop y surfer. Ils y voient des soutiens affichés à l’assassinat des journalistes, apostats et policiers. Et une fois encore ces messages sont français et probablement écrits, notamment, au cœur de la région parisienne.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieEvidemment ce qui ouvre les yeux et terrifie les français (comme d’ailleurs d’autres pays européens) c’est que le mal vient maintenant de l’intérieur. Il y a 40 ans lorsque Carlos balançait des grenades dans les drugstores ou sur les TGV c’était dans le cadre d’une vision d’extrême gauche pro-palestinienne, souvent relayée en Europe par une intelligentsia mondaine, les choses étaient relativement plus faciles à comprendre, plus matérialistes et moins mystiques, et l’ennemi venait de l’étranger, c’est plus simple. Aujourd’hui les trois terroristes religieux qui ont laissé 17 morts sur le carreau en 48 heures sont français et véhiculent un galimatias idéologique promu au Moyen-Orient au lieu d’un maoïsme de comptoir appris dans les bonnes universités françaises.


Les deux terroristes religieux qui ont tué douze personnes lors de l’attaque de Charlie-Hebdo se sont réfugiés ce matin dans une zone industrielle au nord de Paris. Localisés, ils ont été assiégés par la gendarmerie une bonne partie de la journée, puis ont tenté une sortie suicidaire et ont été abattus.

Dans le même temps un de leur associé après avoir tué une policière hier soir prenait en otage une quinzaine de personnes dans une épicerie casher, en tuait quatre avant d’être à son tour abattu par la police.

En deux jours le bilan est de 17 morts, 10 blessés, plus les 3 terroristes religieux abattus. Tout ceci au nom d’un des multiples Dieux auxquels croient les hommes.


Hier soir des professeurs de retour de leur journée d’enseignement ont rapporté les dialogues partagés avec leurs élèves sur l’assassinat des 12 personnes de Charlie-Hebdo hier. Ils expliquent que tous ces mômes n’avaient que ce sujet en tête et qu’ils l’ont bien sûr mis sur la table pour expliquer et décortiquer cette situation. Certains d’entre eux ont asséné à leurs professeurs : « ils [Charlie-Hebdo] ont blasphémé, ils ont eu ce qu’ils méritent, ce n’est pas mon problème ».

Et c’est sans doute là l’incroyable efficacité de cet extrémisme religieux qui rentre dans les consciences et manipule déconnecte les neurones. On en revient vraiment aux méthodes du maoïsme où durant la révolution culturelle on a vu des élèves dénoncer leurs professeurs, des enfants dénoncer leurs parents, le tout aboutissant à des millions de morts au nom d’un petit livre rouge et des ambitions démesurées d’une clique voulant garder le pouvoir. Aujourd’hui on voit des gamins, issus de l’immigration ou pas, partir combattre en Syrie pour Dieu ou abattre des journalistes dans une rédaction parisienne sans le moindre état d’âme.

C’est le vrai problème de nos démocraties occidentales et aussi leur échec : comment des gamins élevés dans le système éducatif de Jules Ferry peuvent ainsi se transformer en fous de Dieu d’un autre âge ? Il faudra sans doute plusieurs générations pour inverser le mouvement à supposer que l’on trouve la voie à emprunter pour ce faire.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieLa police cherche les extrémistes religieux qui ont décimés la rédaction de Charlie-Hebdo hier. Les photos des suspects ont été publiées : deux frères dont l’un d’eux a déjà eu affaire avec la justice après avoir été arrêté en 2005 juste avant de décoller pour la Syrie. Gageons que leur arrestation risque d’être mouvementée vue leur détermination.

Que ces deux-là soient coupables ou que les assassins soient autres, ils paraissent en tout cas animés de motifs religieux et leur présentation devant les systèmes judiciaires de nos démocraties vieillissantes est toujours une épreuve : on leur parle code pénal et ils répondent loi de Dieu ! Ils espèrent le martyr et on les menace de prison ! C’est juste un dialogue de sourds.

Il faudrait encore plusieurs générations de croissance économique et d’éducation afin d’extirper ces gamins de l’influence de Dieu et de ceux qui les manipulent en leur vendant les bénéfices de la martyrologie religieuse. Nous n’aurons peut-être pas le temps.


Quelqu’un avait dit après la deuxième guerre mondiale, à l’ouverture des camps d’extermination, quelque chose du genre : « il faut juger les crimes les plus extraordinaires avec la justice la plus ordinaire ». C’est sur cette base que les juridictions d’exception en France (Cour de sûreté de l’Etat notamment) ont été progressivement abolies. Mais face au terrorisme religieux on ne sait trop quelle justice serait adaptée.


Impayable : une manifestation est prévue dimanche à Paris en hommage aux morts de l’attaque de Charlie-Hebdo et les partis politiques français s’écharpent déjà pour savoir quels partis doivent y participer et quels autres doivent être exclus. Les cadavres de ces victimes de l’extrémisme religieux sont encore chauds que déjà le monde politique franchouillard se montre à la hauteur de ses habitudes c’est-à-dire très loin de celle des évènements. On a les dirigeants que l’on mérite, c’est d’ailleurs une partie du problème…

Charb et Cabu doivent se bidonner là où ils sont.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieTrois cinglés extrémistes religieux attaquent ce matin le siège du journal Charlie Hebdo, alors que se tient la conférence de rédaction hebdomadaire. Ils tirent dans la salle où se tient la réunion. Il y a 12 morts dont deux policiers. Charb, Cabu, Wolinsky, Tignous, Honoré, Bernard Maris, ne sont plus de ce monde car ils ont combattu la bêtise par la dérision et l’humour. Les autres morts sont des anonymes, un des deux policiers morts a été achevé d’une balle dans la tête.

Deux des assassins filmés dans leur fuite depuis un immeuble avoisinant crient en français « On a vengé le prophète Mahomet » et « On a tué Charlie-Hebdo ». La communauté musulmane française qui a condamné l’opération s’inquiète des amalgames, elle a raison.

Charlie Hebdo a toujours raillé les religions en ce qu’elles éloignent leurs croyants de la raison. Ce journal avait déjà souffert d’attentats, de menaces de mort et certains journalistes vivaient sous la protection de la police. Celle-ci ne leur aura été d’aucun secours face à la violence de l’attaque.

Quand des idéologies cherchent à bourrer le crâne de leurs fans à coups de dogmes abracadabrants cela tourne généralement au désastre humain. Dans notre vieille Europe nous avons eu l’immaculée conception et sa Saint-Barthélemy, le communisme et ses goulags, la race aryenne et ses camps d’extermination, et bien d’autres. Aujourd’hui le terrorisme religieux est mondialisé comme le CAC 40 et on importe en Europe de nouveaux dogmes, ceux de l’islam, tout aussi ridicules que les autres mais comme il y a de moins en moins de croyants dans autres religions, l’islam apparait en tête de gondole.

Il faut crier avec Charlie « Vive la laïcité ».

Les extrémistes religieux de ce matin sont activement recherchés, souhaitons qu’ils soient attrapés pour rendre des comptes devant la justice de la République. Mais au-delà, les solutions à ce nihilisme ne sont guère évidentes après les déclarations politiques d’usage sur le rassemblement, les amalgames, et bla-bla-bla. En fait, et l’Histoire nous l’a appris, ce qui fait reculer la régression religieuse c’est le développement économique, et de ce coté-là, la situation n’est pas très brillante, au moins en Europe.

Cécile Duflot tout en nuance

C’est la mode : tout ancien ministre, conseiller de l’ombre et autres affidés du pouvoir ayant quitté les ors du pouvoir, virés ou démissionnaires, se doit de publier un livre, un pamphlet ou un article contre la main qui les a nourris. Aujourd’hui c’est Cécile Duflot qui s’y met pour abominer le projet de loi pour « La Croissance et l’Activité », improprement appelée loi Macron par les médias qui aiment tant ramener les débats aux personnes plutôt qu’aux idées pour la compréhension desquelles ils manquent sans doute de formation.

Cécile Duflot donc, déverse son venin contre une loi assez peu signifiante finalement mais intéressante au sens où elle est une des pierres de l’édifice de modernisation de la gauche française, un édifice qui sera long à construire compte tenu de la faiblesse des fondations. Cécile Duflot voit dans cette loi le renforcement de l’effet de serre, un grand bon en arrière, un encouragement aux pratiques spéculatives, etc.

Il est temps que Cécile Duflot rentre calmement au parti Europe-Ecologie-les-Verts, gérer la tambouille interne et s’abstienne de déclaration intempestive, cela lui laissera plus de temps pour réfléchir.

Les médecins en colère

Une adresse des médecins en grève aux journalistes donneurs de leçon, amusante :

Lettre ouverte à nos amis journalistes qui ne comprennent pas notre refus du Tiers Payant Généralisé.

Imaginez que demain, le gouvernement décide de reconnaître le rôle essentiel de la presse dans la vie démocratique de notre pays en créant un « droit à l’information », et qu’il distribue à chaque citoyen une carte verte lui permettant de se procurer gratuitement un journal par jour, celui de son choix, tous les jours et où qu’il se trouve en France. Le citoyen se présenterait avec sa carte dans n’importe quel magasin de presse, choisirait son journal, passerait sa carte dans un lecteur, et repartirait avec son quotidien sans rien payer. Le passage de la carte déclencherait alors automatiquement le paiement du prix de son quotidien favori par le ministère des finances directement au journal.

Génial, me direz-vous : ce système sauverait de la ruine la plupart des quotidiens qui sont actuellement déficitaires, et permettrait de surcroît à tout le monde d’être bien informé.

Oui, mais il y aurait une première condition : les journaux ne devraient plus être vendus directement aux clients. Ce mode de distribution « gratuit » serait non seulement obligatoire, mais également le seul autorisé. En contrepartie, l’état s’engagerait à payer tous les journaux choisis par les lecteurs.

Bon, me direz-vous, si le lecteur garde le choix du journal, le système serait acceptable.

D’accord, mais ce n’est pas tout ; une fois le système mis en place, il s’avèrerait assez rapidement que 10 à 15 % de vos exemplaires ne seraient pas « spontanément » réglés par le ministère. Lorsque vous vous en plaindriez, le ministère vous renverrait vers les buralistes qui n’aurait pas bien enregistré les transactions (problèmes informatiques, cartes pas à jour où déclarées perdues ou volées, transmission incorrecte, données incomplètes, etc.), vous obligeant à les appeler un par un pour savoir pourquoi.

3 quotidiens n’ont pas été réglés ici, 2 autres là-bas et 4 ailleurs, et vous imposant un long et fastidieux travail de contrôle et de réclamation pour récupérer vos impayés.

Perspective peu engageante me direz-vous, mais on pourrait s’adapter.

Certes, mais il y aurait un autre problème : c’est que l’Etat, voyez-vous, dépense trop, et qu’il doit réduire son déficit ; alors, à la fin de la première année, le ministre de l’information convoquerait chaque patron de presse et lui dirait : « Nous avons l’obligation de faire des économies, et tout le monde doit participer à l’effort qui nous est demandé, la presse ne faisant pas exception à cette règle ; Par conséquent, à partir de maintenant, nous continuerons à acheter tous vos journaux comme nous nous y sommes engagés, mais au lieu de les payer 1,20 €, nous ne les paierons plus que 1 €. A vous de diminuer vos coûts et de vous adapter ».

Ça, me direz-vous, ce serait plus difficilement acceptable, mais si cela reste dans le domaine du réalisable, pourquoi pas.

Oui, mais il y aurait encore un détail ; L’année suivante, le ministre re-convoquerait votre patron et lui dirait : « En tant qu’unique acheteur de l’intégralité de votre production, j’estime avoir un droit de regard sur ce que j’achète. Normal ! Tout acheteur souhaite que ce qu’il paie soit conforme à ce qu’il en attend. Or, il se trouve que votre journal ne me plait pas : trop critique à l’égard de l’action du gouvernement. Alors bien sûr, ce n’est pas à moi de vous apprendre votre métier, et vous le faites bien comme vous l’entendez, mais tant que vous continuerez dans cette voie, moi, je ne vous paierez plus votre journal que 60 cents le numéro. A vous de voir. »

Là, je suis sûr que vous hurleriez au scandale, dénonçant une atteinte inacceptable à la liberté de la presse, la fin de l’information indépendante et la mort du journalisme dans ce pays … mais il serait trop tard : l’état, désormais votre seul client et unique payeur, vous tiendrait par les cordons de la bourse, et vos lecteurs, trop habitués à la gratuité de la presse, n’accepterait plus de devoir payer pour vous lire.

Eh bien, chers amis journalistes, c’est ce qu’on nous propose aujourd’hui à nous, médecins libéraux.

Il vous apparaît toujours aussi épatant le tiers payant généralisé (TPG) ?

Hystérie financière etc.

Messieurs les marchés financiers font encore preuve de leur habituelle sérénité et de leur subtile vision du futur. Craignant l’arrivée au pouvoir en Grèce du parti de gauche Syrisa qui affiche clairement sa défiance à l’encontre du plan d’ajustement structurel de leur pays, ils massacrent tous les marchés financiers mondiaux qui s’effondrent.

La victoire électorale de ce parti impliquerait clairement une renégociation rapide de la dette, ce qui n’est pas une surprise puisque depuis la première restructuration de la dette grecque on savait qu’une deuxième serait inévitable, voire une troisième et les suivantes. Il semble que Messieurs les Marchés financiers l’ignoraient. Il va falloir qu’ils améliorent leurs circuits d’information et prennent un abonnement au Parisien ou à Ouest-France.

D’ailleurs, même si ce parti Syrisa n’arrive pas au pouvoir fin janvier, il faudra abandonner une partie de cette dette qui ne pourra pas être remboursée. La première restructuration de 2011 s’était traduite par l’abandon d’environ 100 milliards d’euros par les banques privées, c’est-à-dire, finalement payée par les clients et actionnaires des banques. De nouveaux prêts avaient alors été octroyés par les autres Etats européens, c’est-à-dire par les contribuables communautaires. Cette nouvelle restructuration va maintenant amener les Etats à abandonner une partie de leurs créances, c’est-à-dire que les contribuables non grecques vont faire cadeau aux citoyens grecs de la partie de ces prêts qui devra être annulée. Une solidarité financière qui ne va pas être bien facile à faire admettre aux électeurs concernés.

Quand à Messieurs les marchés financiers le conseil est qu’ils fassent preuve d’un peu plus de self-control. Il y a 95% de chances que cette renégociation se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie pour aboutir à un résultat satisfaisant. Evidemment cette annulation de dette se traduira par un appauvrissement européen de ce montant qui aura été vainement prêté mais pas complètement dépensé en pure perte puisque cet argent a fait tourner l’économie grecque, mais au lieu de continuer à tourner, il aura été dépensé une fois et le processus s’arrêtera là.

Des breloques à bannir pour les civils

Thomas Picketty, économiste auteur d’une sommité sur la formation des inégalités aujourd’hui : « Le Capital au XXIème siècle », était inscrit, semble-t-il sans qu’il en ait été préalablement informé, sur la promotion du nouvel an à la légion d’honneur. Dans un communiqué, le garçon estime que ce n’est pas à l’Etat de décider qui est honorable ou pas et du coup refuse la breloque, ce qui fait un peu de tintamarre sur les plateaux médias-mondains qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent.
On apprend à cette occasion que le compositeur Hector Berlioz a également refusé la Légion d’honneur en 1864 car l’Etat désargenté [déjà ! NDLR] entendait le payer d’une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis. Il se serait alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »
La vérité c’est que l’on pourrait aisément se passer de ces décorations qui relèvent d’un autre âge, ou alors ne les réserver exclusivement qu’aux faits militaires. Cela éviterait les gonflements d’égos inutiles, les prétentions et les ambitions de tous ordres. Cela éviterait enfin de faire cohabiter dans une même promotion Mimie Mathy et un prix Nobel d’économie… ou de décorer des forbans du genre d’Isabelle Balkany ou d’Arcadi Gaydamak !

Les fumistes de la République

A priori les communicants de plateaux télévisés ne sont pas du même avis que les communicants de palais gouvernementaux, pourtant ce sont souvent les mêmes qui passent des uns aux autres en fonction des aléas politiques. Nous en parlions le 30 décembre, le président de la République a présenté ses vœux télévisés assis dans son bureau-pièce ce qui faisait jaser les rédactions depuis trois jours. Et voilà que bureau-meuble était vide de tout papier, téléphone ou ordinateur ! Seul un sous-main en cuir bordeaux ornait le plateau de bois. Alors les analystes en communication trouvent là un nouveau sujet de ventilation : l’image de président au travail dans son bureau est cassée par l’absence de dossier donnant ainsi l’image d’un président de la parole.
La meilleure solution avec ces communicants de rencontre serait de ne pas les écouter, de toute façon ils ne sont jamais contents, rarement d’accord entre eux et très nuisibles à l’avenir de la République. Il est inefficace que de l’argent public soit dépensé en faveur de conseillers inutiles. Il faudrait mettre tout ce petit monde à l’usine en 3×8 pour leur remettre la tête à l’endroit… mais il n’y a plus d’usines.