Le retour de Mamy Bettencourt

Autre procès que celui de l’affaire Bettencourt, cette fois-ci ce n’est pas le sexe qui obsède les prévenus, c’est juste l’argent. Une vieille dame à moitié sénile, mais débordante de milliards d’euros immérités, pour l’acquisition desquels elle n’a jamais travaillé puisqu’elle a hérité le business de son père. Alors la vieille dame attire les profiteurs en tous genres et les escrocs de petits comme de grands chemins, et bien sûr des politiques toujours à la recherche d’argent facile, qui en veulent à son argent. Ils la pillent consciencieusement mais elle est tellement riche qu’il lui en reste toujours trop.

C’est le symbole de l’inégalité improductive : de l’argent entassé sur des comptes en banque et qui ne sert à pas grand-chose, en tout cas qui ne tourne pas dans l’économie comme le voudraient les règles de l’économie libérale bien comprises. De l’argent qui attise convoitise et brigandage. Les anglo-saxons ont plus ou moins réglé le problème en taxant fortement les transmissions afin que ces fortunes retournent rapidement dans le cycle économique pour y faire des petits.

Le retour de DSK

01-1015.qxpL’inénarrable Dominique Strauss-Kahn revient sur le devant de la scène avec cette fois-ci un procès pour soupçon de proxénétisme. Rappelons que le garçon avait fait très fort en 2008 alors qu’il était chef du Fonds monétaire international (FMI), il avait d’abord défrayé la chronique en menant une aventure extra-conjugale avec l’une de ses employées, dérapage qui avait ému le comité de direction du FMI qui avait fait mener une enquête par un cabinet d’avocats américains pour savoir s’il y avait eu abus de pouvoir ou pas. Un intéressant rapport avait alors été publié sur le site web de cette institution multilatérale financée avec les fonds et les garanties des contribuables mondiaux. C’est toujours avec intérêt que l’on relit ce rapport croustillant en cliquant ici.

Il s’en suivit la mondialement célèbre affaire avec Nafissatou Diallo où il fut accusé du viol d’une femme de chambre dans un hôtel new-yorkais, alors qu’il était toujours chef du FMI et presque candidat à la présidence de la République française. En prison, il a tout de même eu la décence de signer sa lettre de démission du FMI, puis il a négocié un arrangement financier qui a permis d’arrêter le procès aux Etats-Unis.

Puis sont sorties de multiples affaires à connotation sexuelle dont la plus sérieuse est jugée en ce moment, où l’on découvre que DSK participait à des soirées dites libertines, en fait des partouzes peuplées par des putes qui donnaient du bonheur au garçon alors même qu’il était chef du FMI (très) largement rémunéré par le contribuable international (de l’ordre de 500 000 dollars par an, plus les faux-frais) pour veiller à la stabilité du système monétaire mondial.

Ces derniers jours ont défilé à la barre les forbans qui lui mettaient ces prostituées à disposition dans des hôtels divers et variés de Lille ou de Paris, et même à Washington dans les locaux du FMI.

Avec un bel ensemble, chacun cherche à innocenter DSK en affirmant que celui-ci n’était pas au courant que les femmes qu’il consommait étaient des putes rémunérées. Sans doute étaient-elles séduites par son corps d’Apollon. On croit rêver.

Ce qui est jugé est en fait ce point de droit : s’il savait qu’elles étaient prostituées il peut être reconnu proxénète ; s’il ne le savait pas il n’y a pas de crime pénal et il sera innocenté. La morale n’a que peu d’importance dans cette affaire.

A quoi peut donc servir une conférence de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas_SarkozyUne polémique franchouillarde apparaît à l’UMP où le président du parti, Nicolas Sarkozy, continue à parcourir la planète pour y asséner des conférences rémunérées, dans des pays arabes de préférence. Il semble que ces absences perturbent le bon fonctionnement du parti. Peut-être, en tout cas cela ne se voit pas de l’extérieur. On ne connaît pas les sujets sur lesquels s’exprime le grand homme dans ces conférences, sans doute des sujets qu’il maîtrise.

La vraie question est de savoir à quoi peut bien servir une conférence rémunérée de Sarkozy ? Il n’y a pas de réponse évidente, mais il y a des clients prêts à rémunérer le garçon pour qu’il s’exprime sur les sujets sur lesquels il est compétent. Alors il en profite.

Ni-Ni

UMP-logoL’UMP publie son communiqué dans lequel le parti conservateur demande à ses électeurs de voter blanc ou de s’abstenir. Il semble que cette décision ait été prise à l’arraché après un débat serré avec ceux qui souhaitait soutenir le candidat socialiste plutôt que risquer de voir arriver un nouveau député d’extrême droite au parlement et qui ont finalement perdu. Cela n’est guère important puisque les électeurs feront selon leurs idées. Sans doute une bonne partie des électeurs de l’UMP est déjà largement convaincue des mérites des théories du Front national et votera dimanche prochain pour son candidat. Le scrutin sera serré.

Mardi 03 février 2015 | Elections législatives

Déclaration adoptée par le bureau politique

Les électeurs de la 4ème circonscription du Doubs ont choisi le candidat socialiste et celui du Front National pour le 2ème tour de l’élection législative partielle. La très faible participation n’autorise pas le candidat de l’UMP à se maintenir. 

 Le Bureau Politique de l’UMP rappelle :

–          que le Front National doit être combattu avec la plus grande fermeté. Les idées de ce parti, sa volonté de monter les Français les uns contre les autres, l’absence de scrupules de ses dirigeants qui ont permis l’élection de François Hollande rendent impossible toute forme de complaisance pour aujourd’hui comme pour demain ;

–          que la présidence de François Hollande a conduit la France dans une impasse économique, sociale et politique aux effets catastrophiques.

 En conséquence, confirmant sa position constante, l’UMP appelle tous ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs à exprimer leur double opposition en votant blanc ou en s’abstenant.

La responsabilité de l’UMP est désormais d’apporter des réponses fortes au profond malaise qu’expriment les Français comme d’autres en Europe en portant tant de suffrages sur les extrêmes. L’UMP doit repenser, de fond en comble, son projet pour l’adapter à la gravité de la situation, sa façon de faire de la politique, ainsi que le processus de sélection de ses candidats. 

Le Congrès fondateur du nouveau parti apportera toutes ces réponses au printemps.

Rififi dans le Doubs

Une élection partielle s’est tenue dans le Doubs pour y remplacer le député socialiste Moscovici qui a lâchement abandonné son poste au profit d’un portefeuille comme commissaire européen. Le garçon a trahi ses électeurs en tournant casque au milieu du mandat qui lui avait confié. L’homme est probablement le responsable français le moins légitime à occuper ce poste de commissaire aux affaires économiques et financières de la commission européenne après avoir été ministre des finances d’une France incapable de respecter ses engagements budgétaires. Bref, Moscovici a tout faux en quittant le Doubs, provoquant une élection hasardeuse pour son parti pour aller chercher des hochets dorés à Bruxelles. C’est de l’irresponsabilité politique qui n’aurait jamais dû être cautionnée par le gouvernement français qui a officiellement soutenu la candidature de l’impétrant !

Résultat des courses : la candidate du Front National arrive en tête au premier tour dimanche dernier devant le candidat socialiste, l’UMP étant sorti du jeu. Le bureau politique de l’UMP confirme la tactique du « ni-ni », consistant à dire à leurs électeurs de ne voter ni pour les uns ni pour les autres au second tour… contre l’avis du président du parti qui voulait ne pas donner de consigne de vote, et contre la position du candidat Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet aux primaires présidentielles qui lui appelle à voter pour le candidat socialiste. Bref, c’est le boxon !

De toute façon, les partis se font beaucoup d’illusion sur l’efficacité des consignes de vote qui sont doute de peu d’effet, les électeurs votant pour qui ils veulent, indépendamment des oukases du parti auquel ils appartiennent ou ils croient. La France risque de se retrouver le week-end prochain avec un troisième député Front national à son parlement.

Matthieu Pigasse pris en flagrant délit d’escroquerie intellectuelle

Matthieu Pigasse, jeune et brillant banquier mondain dont l’établissement (la Banque Lazard) a été choisi par le nouveau gouvernement grec pour l’appuyer dans sa demande de restructuration de sa dette, Matthieu Pigasse donc, ex-haut fonctionnaire français qui a investi une partie de sa fortune personnelle dans la presse (Les Inrocks, Le Monde…), explique à la télévision française qu’il faut annuler 200 milliards d’euros de la dette grecque de 300 et que cela ne coutera rien « en cash » au contribuable européen car cet argent a déjà été déboursé.

Le garçon est sympathique mais il a encore quelque progrès à faire pour faire prendre des vessies pour des lanternes. Certes l’argent a déjà été versé à la Grèce par les contribuables communautaires mais ceux-ci vont devoir rembourser leurs propres dettes, empruntées pour pouvoir financer les prêts à la Grèce. Donc au remboursement par la France et les autres pays prêteurs, il y aura bien « un effet cash » de sortie d’argent pour le contribuable.

La dette, qu’elle soit annulée ou remboursée ou transférée, il y a toujours quelqu’un qui paye à la fin. C’est ainsi Monsieur Pigasse. Il s’agit juste de trouver la bonne personne.

Religion à Nice

Un gamin de 8 ans est convoqué par la police pour avoir fait la mauvaise tête et, du moins en est-il accusé, fait l’apologie du terrorisme. Il reconnaît avoir dit : « je ne suis pas Charlie, mais je suis Kouachi » ou quelque ineptie du même ordre. Par contre il nie avoir dit en parlant des dessinateurs de Charlie Hebdo « c’est bien fait pour eux, ils l’ont mérité ». Qu’il ait prononcé ou pas cette dernière phrase a peu d’importance, d’autres ne s’en sont pas privé, et même bien pire, sur internet ou sur les médias. Il a répété ce qu’il a entendu chez lui ou dans sa cour d’école, probablement sans trop comprendre de quoi il s’agit.

En principe une bonne paire de claques et deux heures de colle aurait réglé le problème… mais c’était en d’autres temps… avant que le politiquement correct n’ait envahi nos sociétés et que la religion n’ait remis le blasphème au goût du jour. Aujourd’hui cela devient une affaire d’Etat.

Comment dépenser des sous sans payer ses dettes

Drapeau_GreeceLe nouveau pouvoir grec veut faire vite et annonce ses mesures pour la reprise des dépense publiques : augmentation du salaire minimum, réembauche des milliers de fonctionnaires licenciés dans le cadre des plans d’économie précédents, arrêt des programmes de privatisation en cours, etc.

Sur le plan politique il clame sa volonté de faire annuler une partie de la dette publique et refuse de parler avec les représentants de la Troïka (Fonds monétaire international + Banque centrale européenne + Commission européenne) qui représente les prêteurs mais est considérée comme le valet de ces créanciers rapaces qui veulent étrangler ce beau pays méditerranéen…

C’est l’éternel discours du gentil débiteur face à ses méchants créanciers. Une fois passés les effets de manche et manifestations d’égos divers et variés, les gens sérieux reprendront le dossier et trouveront bien une solution acceptable pour tous, dont éventuellement la sortie de la Grèce de la zone euro, hypothèse à laquelle il ne faut pas s’interdire de penser.

Nous sommes face à un programme d’ajustement structurel classique comme la communauté financière internationale a eu à en gérer depuis des décennies, du Sénégal à l’Argentine, en passant par la Russie et les pays asiatiques. La France elle-même a fait la manche en 1983 auprès de la Communauté européenne après le désastre financier de la gestion des deux premières années du gouvernement Mauroy.

Un pays a besoin d’argent qu’il ne peut plus se procurer par un accès classique aux marchés financiers, ou alors qu’il peut emprunter mais à des taux d’intérêt très élevé qui ne sont que la conséquence du risque de non remboursement qu’il fait courir à ses prêteurs. Dans le cas de la Grèce, ce risque est avéré puisque les créanciers privés ont dû renoncer à 110 milliards d’euros de dettes en 2012. C’était il n’y a pas si longtemps.

Des dirigeants responsables se réunissent avec des prêteurs anciens et futurs, examinent ensemble ce que peut ou pas le pays défaillant et tout ou partie de la dette stressée (comme disent les anglo-saxons) est annulée ou rééchelonnées, voire les deux à la fois, et arrêtent ensemble l’argent frais (new money comme disent les anglo-saxons) qui peut être mis en place pour financer la survie de l’Etat défaillant.

Dans le cas d’espèce, ce sont les autres Etats européens, donc leurs contribuables-citoyens respectifs, qui sont les prêteurs de la Grèce, ce sont donc eux qui supporteront la charge de la restructuration. Car malgré ce que racontent les démagogues de salons, il y aura bien une charge. La France par exemple a prêté ou garanti 40 milliards qui ont été déboursés en faveur de la Grèce. Elle a donc emprunté elle-même une somme équivalente qu’elle devra bien, elle, rembourser à ses propres prêteurs. Elle devait le faire normalement en y affectant les remboursements venus de la Grèce et si ceux-ci ne viennent pas il faudra bien qu’elle le fasse sur ses propres ressources financières, donc les impôts de ses citoyens-contribuables.

Une autre solution technique est de faire créer des euros par la banque centrale pour rembourser cette dette en monnaie qui se dévaluerait mathématiquement. Ce serait le retour aux déplorables méthodes d’antan et une prime aux mauvais élèves. Les prêteurs y laisseraient des plumes puisque remboursés en monnaie dévaluée, ce qui obèrerait leur confiance et logiquement ferait remonter les taux d’intérêt pour l’ensemble des emprunteurs en euros.

Quel que soit le bout de la lorgnette par lequel on regarde le sujet, une dette non remboursée cause une perte au prêteur, soit directe s’il annule sa créance, soit indirecte s’il est remboursé en monnaie de singe.

C’est ce problème que les dirigeants européens doivent gérer avec la Grèce, si possible en bonne entente.

La gauche radicale au pouvoir en Grèce

Un parti de gauche radicale arrive démocratiquement au pouvoir dans une Grèce usée par la mauvaise gestion et la crise économique. A défaut d’obtenir la majorité absolue au parlement, il s’allie avec un parti de droite mal embouché. C’est un peu comme si Mélanchon, du Parti de gauche, s’alliait en France avec Dupont –Aignan, de Debout la France. En principe, et au regard des modes de fonctionnement habituels de la politique et des égos surdimensionnés qui la peuplent

Tout ce petit monde a été élu sur le thème « demain on rase gratis », nos problèmes c’est la faute à l’Allemagne qui n’a pas payé ses dettes de guerre et à l’Union européenne qui nous a imposé une austérité qui est contre-productive, reprenons la dépense publique et la croissance économique reviendra, ne remboursons pas nos dettes et cela ira encore mieux car ces dettes sont illégitimes et n’ont servi qu’à engraisser de vilains banquiers. Un tel projet électoral a rencontré un franc succès ! Les lendemains risquent de déchanter.

Tous les partis populistes que compte l’Europe approuvent ce discours : Mélanchon en France (extrême gauche), bien sûr, mais aussi le Front national (extrême droite), le Podemos en Espagne, etc. Un immense espoir se lève dans les pays du sud de l’Europe sur le thème : nous aussi nous voulons reprendre la dépense publique et ne pas payer nos dettes.

Religion en France

CH_20150107_Je-suis-CharlieDéclarations diverses d’imams de plateaux télévisés qui répètent en boucle : « tout ceci n’est pas l’Islam ! »

Bon, bien, peut-être ; ces massacres à Paris, en Syrie ou en Irak, commis par ou sur ordre des Etat islamique, Al Quaïda au Yémen ou ailleurs, et autres organisations religieuses extrémistes, ne sont peut-être pas conformes à l’Islam diffusé sur les plateaux télévisés de la presse française, mais il semble bien qu’ils soient commis au nom d’un Islam qui fait fureur en ce moment.

Bien sûr, comme chaque fois que la religion cherche à s’imposer sur le pourvoir temporel, les luttes d’ambition se confrontent avec les messages mystiques, et les religieux emploient les outils du pouvoir : les armes, l’argent, la violence et la manipulation du peuple. C’est la situation aujourd’hui.

Religion dans le monde

CH_20150107_Je-suis-CharlieCharlie Hebdo a publié un numéro mercredi dernier avec, bien sûr, une caricature du prophète Mahomet en couverture… Même si ce dessin est plutôt tendre, Mahomet affichant le logo « Je suis Charlie » et disant en pleurant « Tout est pardonné », c’est un déchaînement dans nombre de pays croyant audit prophète : manifestations de haine, drapeaux français et effigies de Hollande brûlés en place publique, soutien aux extrémistes religieux Kouachi-Coulibaly et consorts, au Pakistan, au Mali, au Niger… Bref, nous voici revenus au point de départ.

Fouteballe solidaire

Les supporters d’un club de fouteballe corse jouant contre un club de Paris, gavé d’argent par le Qatar, déploient une banderole dans les tribunes sur laquelle est écrit quelque chose du genre : « La Qatar finance le PSG… et le terrorisme. »

Intéressante réaction politique de personnes plutôt peu habituées à la réflexion politique. La rumeur veut qu’effectivement cet émirat pétrolier immensément riche qui investit à grande échelle en France, notamment, donnerait également des sous en grande quantité aux mouvements musulmans sunnites pour faire prévaloir cette croyance sur les autres, y compris en finançant le terrorisme. C’est possible.

Venant des Corses où le nombre de morts par habitant du fait des violences mafieuses est l’un des plus importants d’Europe, la remarque des fouteux prend toute sa valeur.

Religion en France

CH_20150107_Je-suis-CharlieLa communauté juive de France s’inquiète suite aux quatre morts dans l’Hyper Cacher la semaine dernière et l’assassinat des enfants juifs lors de l’affaire Merah en 2012. Environ 7 000 français juifs se sont exilés en Israël en 2014, le double de l’année précédente. On en prévoit 10 000 pour 2015.

Il n’est pas bien sûr que la sécurité soit meilleure pour les juifs en Israël qu’en France. Ce pays est lui aussi la cible d’attentats terroristes, sans parler des roquettes du Hamas envoyées de temps à autre sur le territoire israélien. En nombre de morts par habitant et par an, Israël doit encore être plus risquée que la France.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieGrands rassemblements à travers la France et y compris dans ses possessions d’outre-mer en hommage aux victimes des extrémistes religieux. A Paris on parle de plus d’un million de citoyens qui ont défilé de la République à  la Nation :

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Une manif calme et bon enfant, ponctuée de marseillaises, de « Charlie-Charlie-Charlie », de « Merci la police », des vieux et des jeunes, des couleurs et de la diversité, pas trop de casquette-basket à l’horizon tout de même. Tout ceci est éminemment sympathique, sans doute sans trop de lendemains. Les extrémistes religieux doivent plutôt prendre cela pour la marque du succès de leurs actions criminelles… mais cela est bien que ce fut fait.


La presse et les plateaux télévisés mondains se gaussent de grands mots : sommes-nous en guerre, est-ce le « 11 septembre » français, les musulmans de France doivent-ils s’exprimer ? Et bla-bla-bla…

Il convient de faire preuve d’un peu d’analyse, ce qui n’est pas facile quand le pays se laisse gagner par une émotion bien légitime et alors que toute la beaufitude franchouillarde remonte déjà à la surface avec des attaques de mosquées.

Il n’y a pas de guerre juridiquement parlant puisque le parlement ne l’a pas autorisée comme le prévoit l’article 35 de la constitution. Il n’y a pas de guerre au sens où nos enfants ne sont pas mobilisés sous les drapeaux. Il n‘y a pas de guerre du fait d’un nombre de morts limités sur la durée en France : il y a eu plus d’assassinats mafieux en Corse ces dernières années que sous les balles islamiques dans l’hexagone.

Par contre les démocraties occidentales font face à un terrorisme religieux très nuisible et beaucoup plus pernicieux que les fléaux déjà affrontés et vaincus dans le passé. Il n’y a pas de solutions évidentes pour lutter contre ce nouvel ennemi de l’intérieur.

 

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieC’est le retour des croisades. On cherche à convertir de force les gens d’en face au nom d’un Dieu qui serait meilleur qu’un autre. On a déjà vu ça en d’autres temps. Les sunnites massacrent aujourd’hui les chiites comme les catholiques ont massacrés les protestants, pour quelques nuances idéologiques. Et chacun tue également la religion qui n’est pas la sienne, histoire de faire bonne mesure. Combien de morts dans la christianisation des populations colonisées au cours des siècles ?

Les chrétiens en sont passés par là dans l’Histoire et puis les Lumières, la pensée et le développement économique ont progressivement éloigné les religions du pouvoir temporel et les citoyens de ces croyances d’un autre âge, ou, à tout le moins, les ont-ils confinées à leurs sphères privées, avec parfois quelques débordements. On se souvient des intégristes catholiques français ressortis de leurs églises l’an passé lors des débats sur le mariage homosexuel, certains semblaient vraiment très très intégristes. Ce fut une surprise mais au moins restent-ils dans un schéma démocratique.

Rappelons de quoi nous parlons :

  • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète avec des variantes entre ceux qui croient à la sainte-vierge et ceux qui n’y croient pas
  • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
  • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
  • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
  • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
  • Les musulmans sunnites chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel
  • Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu, les uns mangent du cochon et pas les autres, etc.

Depuis 2 000 ans ces principes ont entraîné des millions de morts sur la planète, et l’on continue aujourd’hui à se battre pour ces illusions ! C’est pathétique.


Les chaînes de télévision ont déployé ces derniers jours toutes leurs immenses compétences pour garder l’antenne 24 heures sur 24 alors qu’elles n’avaient rien à dire. Les journalistes n’arrêtaient pas  de diffuser des rumeurs en les assortissant de «…sous toute réserve… » ou « …information non confirmée… » etc. En fait le jeu consiste à épier le voisin et à balancer à l’antenne ce qui a été entendu sur l’antenne d’à coté sous toute réserve bien entendu.

Les consultants de circonstance, ex-agents secrets recyclés en experts de plateaux télévisés ont également devisé en boucle sur les mérites comparés de la Kalachnikov et du Famas.

Le TVB (tic verbal compulsif) « on va dire… » a également été très employé, comme si la fébrilité ambiante entraînait une recrudescence des « on va dire… ».


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Les éditoriaux de Charb sur l’affaire Merah en 2012


Les orientalistes distingués et les journalistes qui fréquentent les réseaux dits sociaux nous racontent ce qu’ils lisent sur les Facebook, Twitter et autres sites djihadistes depuis l’attaque de Charlie-Hebdo. Cela nous évite de trop y surfer. Ils y voient des soutiens affichés à l’assassinat des journalistes, apostats et policiers. Et une fois encore ces messages sont français et probablement écrits, notamment, au cœur de la région parisienne.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieEvidemment ce qui ouvre les yeux et terrifie les français (comme d’ailleurs d’autres pays européens) c’est que le mal vient maintenant de l’intérieur. Il y a 40 ans lorsque Carlos balançait des grenades dans les drugstores ou sur les TGV c’était dans le cadre d’une vision d’extrême gauche pro-palestinienne, souvent relayée en Europe par une intelligentsia mondaine, les choses étaient relativement plus faciles à comprendre, plus matérialistes et moins mystiques, et l’ennemi venait de l’étranger, c’est plus simple. Aujourd’hui les trois terroristes religieux qui ont laissé 17 morts sur le carreau en 48 heures sont français et véhiculent un galimatias idéologique promu au Moyen-Orient au lieu d’un maoïsme de comptoir appris dans les bonnes universités françaises.


Les deux terroristes religieux qui ont tué douze personnes lors de l’attaque de Charlie-Hebdo se sont réfugiés ce matin dans une zone industrielle au nord de Paris. Localisés, ils ont été assiégés par la gendarmerie une bonne partie de la journée, puis ont tenté une sortie suicidaire et ont été abattus.

Dans le même temps un de leur associé après avoir tué une policière hier soir prenait en otage une quinzaine de personnes dans une épicerie casher, en tuait quatre avant d’être à son tour abattu par la police.

En deux jours le bilan est de 17 morts, 10 blessés, plus les 3 terroristes religieux abattus. Tout ceci au nom d’un des multiples Dieux auxquels croient les hommes.


Hier soir des professeurs de retour de leur journée d’enseignement ont rapporté les dialogues partagés avec leurs élèves sur l’assassinat des 12 personnes de Charlie-Hebdo hier. Ils expliquent que tous ces mômes n’avaient que ce sujet en tête et qu’ils l’ont bien sûr mis sur la table pour expliquer et décortiquer cette situation. Certains d’entre eux ont asséné à leurs professeurs : « ils [Charlie-Hebdo] ont blasphémé, ils ont eu ce qu’ils méritent, ce n’est pas mon problème ».

Et c’est sans doute là l’incroyable efficacité de cet extrémisme religieux qui rentre dans les consciences et manipule déconnecte les neurones. On en revient vraiment aux méthodes du maoïsme où durant la révolution culturelle on a vu des élèves dénoncer leurs professeurs, des enfants dénoncer leurs parents, le tout aboutissant à des millions de morts au nom d’un petit livre rouge et des ambitions démesurées d’une clique voulant garder le pouvoir. Aujourd’hui on voit des gamins, issus de l’immigration ou pas, partir combattre en Syrie pour Dieu ou abattre des journalistes dans une rédaction parisienne sans le moindre état d’âme.

C’est le vrai problème de nos démocraties occidentales et aussi leur échec : comment des gamins élevés dans le système éducatif de Jules Ferry peuvent ainsi se transformer en fous de Dieu d’un autre âge ? Il faudra sans doute plusieurs générations pour inverser le mouvement à supposer que l’on trouve la voie à emprunter pour ce faire.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieLa police cherche les extrémistes religieux qui ont décimés la rédaction de Charlie-Hebdo hier. Les photos des suspects ont été publiées : deux frères dont l’un d’eux a déjà eu affaire avec la justice après avoir été arrêté en 2005 juste avant de décoller pour la Syrie. Gageons que leur arrestation risque d’être mouvementée vue leur détermination.

Que ces deux-là soient coupables ou que les assassins soient autres, ils paraissent en tout cas animés de motifs religieux et leur présentation devant les systèmes judiciaires de nos démocraties vieillissantes est toujours une épreuve : on leur parle code pénal et ils répondent loi de Dieu ! Ils espèrent le martyr et on les menace de prison ! C’est juste un dialogue de sourds.

Il faudrait encore plusieurs générations de croissance économique et d’éducation afin d’extirper ces gamins de l’influence de Dieu et de ceux qui les manipulent en leur vendant les bénéfices de la martyrologie religieuse. Nous n’aurons peut-être pas le temps.


Quelqu’un avait dit après la deuxième guerre mondiale, à l’ouverture des camps d’extermination, quelque chose du genre : « il faut juger les crimes les plus extraordinaires avec la justice la plus ordinaire ». C’est sur cette base que les juridictions d’exception en France (Cour de sûreté de l’Etat notamment) ont été progressivement abolies. Mais face au terrorisme religieux on ne sait trop quelle justice serait adaptée.


Impayable : une manifestation est prévue dimanche à Paris en hommage aux morts de l’attaque de Charlie-Hebdo et les partis politiques français s’écharpent déjà pour savoir quels partis doivent y participer et quels autres doivent être exclus. Les cadavres de ces victimes de l’extrémisme religieux sont encore chauds que déjà le monde politique franchouillard se montre à la hauteur de ses habitudes c’est-à-dire très loin de celle des évènements. On a les dirigeants que l’on mérite, c’est d’ailleurs une partie du problème…

Charb et Cabu doivent se bidonner là où ils sont.

Religion à Paris – Attaque sur Charlie-Hebdo

CH_20150107_Je-suis-CharlieTrois cinglés extrémistes religieux attaquent ce matin le siège du journal Charlie Hebdo, alors que se tient la conférence de rédaction hebdomadaire. Ils tirent dans la salle où se tient la réunion. Il y a 12 morts dont deux policiers. Charb, Cabu, Wolinsky, Tignous, Honoré, Bernard Maris, ne sont plus de ce monde car ils ont combattu la bêtise par la dérision et l’humour. Les autres morts sont des anonymes, un des deux policiers morts a été achevé d’une balle dans la tête.

Deux des assassins filmés dans leur fuite depuis un immeuble avoisinant crient en français « On a vengé le prophète Mahomet » et « On a tué Charlie-Hebdo ». La communauté musulmane française qui a condamné l’opération s’inquiète des amalgames, elle a raison.

Charlie Hebdo a toujours raillé les religions en ce qu’elles éloignent leurs croyants de la raison. Ce journal avait déjà souffert d’attentats, de menaces de mort et certains journalistes vivaient sous la protection de la police. Celle-ci ne leur aura été d’aucun secours face à la violence de l’attaque.

Quand des idéologies cherchent à bourrer le crâne de leurs fans à coups de dogmes abracadabrants cela tourne généralement au désastre humain. Dans notre vieille Europe nous avons eu l’immaculée conception et sa Saint-Barthélemy, le communisme et ses goulags, la race aryenne et ses camps d’extermination, et bien d’autres. Aujourd’hui le terrorisme religieux est mondialisé comme le CAC 40 et on importe en Europe de nouveaux dogmes, ceux de l’islam, tout aussi ridicules que les autres mais comme il y a de moins en moins de croyants dans autres religions, l’islam apparait en tête de gondole.

Il faut crier avec Charlie « Vive la laïcité ».

Les extrémistes religieux de ce matin sont activement recherchés, souhaitons qu’ils soient attrapés pour rendre des comptes devant la justice de la République. Mais au-delà, les solutions à ce nihilisme ne sont guère évidentes après les déclarations politiques d’usage sur le rassemblement, les amalgames, et bla-bla-bla. En fait, et l’Histoire nous l’a appris, ce qui fait reculer la régression religieuse c’est le développement économique, et de ce coté-là, la situation n’est pas très brillante, au moins en Europe.