Le contribuable paye

Les « intermittents du spectacle » reprennent leur mouvement récurrent de grèves destinées à bloquer l’organisation des festivals culturels qui pullulent en été. Leur régime privilégié de chômage est de nouveau rogné suite à un accord entre patronat et syndicats, mais a priori pas avec le syndicat des intermittents…

Ce régime privilégié leur donne droit de toucher les indemnités de l’assurance chômage avec moins d’heures travaillées que le reste des salariés. Ce régime prend en compte le caractère particulier des emplois artistiques qui sont rarement à plein temps. Seules les indemnités chômage additionnées à leur temps partiel leur permettraient de survivre et de continuer à faire vivre le système culturel français.

En fait il s’agit d’un problème de compétitivité et de coût du travail plus que de chômage. Il faudrait payer ces gens plus cher pour ne pas avoir à leur verser le chômage pendant ces périodes d’inactivité consubstantielles de cette profession. Cela reviendrait donc à faire porter ces coûts aux opérateurs culturels, et donc, in fine, aux consommateurs puisque que tels sont les coûts réels.

A défaut, et comme la France aime tellement le faire, les coûts ont été transférés sur la collectivité des salariés et des employeurs qui subventionnent les intermittents avec leurs cotisations et qui, bien entendu, essayent chaque année de baisser un peu le niveau de ces subventions.

C’est ainsi et quoi que l’on fasse, que l’on balance les coûts sur les consommateurs, les contribuables ou d’autres… les coûts sont là et quelqu’un doit les payer !

Des élus fraudeurs

Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois, c’est-à-dire son mari, sous le coup d’une mise en examen pour fraude fiscale, avoue que la luxueuse villa dont le couple profite à Saint-Martin est bien sa propriété et que le montage légal mis en place était destiné à opacifier cette propriété pour ne pas payer l’Impôt sur la fortune.

La villa est estimée à trois millions d’euros c’est-à-dire que sa propriétaire aurait dû payer quelques milliers d’euros d’impôt sur la fortune si elle avait été déclarée normalement, c’est-à-dire une somme qui n’est pas considérable au regard de ce que l’on sait du train de vie du couple.

Comme Cahuzac et ses comptes offshores, Copé qui fraude les élections (internes et présidentielles), les Balkany semblent animer de l’unique volonté de leur intérêt personnel et pour économiser quelques euros d’impôt ils abandonnent toute morale. Le pire est que leurs électeurs sans doute ne leur en voudront pas.

L’UMP en faillite

Rigolo : après la démission de Copé de la présidence de l’UMP pour cause de financement par fausses factures de la campagne présidentielle de 2012 de Sarkozy, il est question que trois anciens premiers ministres assurent une espèce d’intérim du parti jusqu’à un congrès qui élirait un nouveau président. Ce triumvirat composé de Juppé, Raffarin et Fillon, déclenche déjà les foudres des pro-Sarkozy qui craignent que l’un des trois préempte ainsi la candidature aux prochaines présidentielles de 2017 au détriment de leur héraut.

Gageons que ce trio va devoir nettoyer les écuries d’Augias et prendre la mesure de la faillite financière et morale de ce parti de droite. Lors des premières révélations de la presse sur les pratiques financières de l’UMP et ses accointances avec la société de communication Bygmalion, Coppé dans une intervention télévisée grandiloquente avait expliqué qu’il mettait les comptes de l’UMP sous scellés et contrôle d’huissier et qu’il ne les rendra publics que lorsque le parlement aura voté une loi imposant la transparence à tous les partis, s’engageant à déposer lui-même un projet de loi en ce sens.

Bien entendu le projet de loi n’a jamais été déposé, pas plus que les comptes ne sont sortis de leurs scellés. Une fois Copé dehors, le triumvirat va certainement se faire un malin plaisir d’aller analyser ces comptes mystérieux… Voyons ce qu’il en ressortira ce qui permettra, peut-être, de comprendre un peu mieux cette stratégie ridicule de Copé pour les cacher.

Financement de l’UMP

La justice commence à enquêter sur l’affaire des fausses factures de l’UMP, perquisitions à tous les étages et bientôt convocation des responsables, puis sans doute, mises en examen… Cela promet un feuilleton passionnant pour les mois à venir.

Le coupable auto-proclamé de l’escroquerie, Lavrilleux, qui vient d’être élu député européen a promis qu’il n’utiliserait pas son immunité pour fuir la justice. Bien, de toute façon, reviendrait-il sur son engagement, la justice l’attraperait à la fin de son mandat ou obtiendrait la levée de son immunité par le parlement européen, beaucoup plus flexible sur ce point que les parlements nationaux plus portés à couvrir les turpitudes de leurs membres.

Ça a l’air d’être un sacré comédien ce Lavrilleux ! Et l’on découvre, effarés, qu’un tel personnage a reçu l’investiture de l’UMP pour le parlement européen sans moufter. Avec la Morano, la Dati et d’autres, on envoie vraiment de sacrés personnages représenter la France…

Juppé rend hommage à Coppé, attachez vos ceintures…

Impayable : Juppé rend hommage au courage de Copé, démissionnaire de la présidence de l’UMP ! Juppé, repris de justice suite à sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, qui s’incline devant Copé dont le parti qu’il préside est impliqué dans un système de fausses factures, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité…

Sauve-qui-peut à l’UMP


Incroyable, à la hauteur de l’affaire Strauss-Kahn : c’est le sauve-qui-peut à l’UMP, tout le monde balance tout le monde, les couteaux volent bas, Copé démissionne, les avocats s’épanchent sur les plateaux télé, un coupable tout trouvé pleurniche au JT… et le Front National se roule par terre de joie.

Résumons l’affaire : la campagne présidentielle de Sarkozy a couté cher à coup de meetings tape-à-l’œil, de déplacements en avions privés et de cocktails mondains destinés à impressionner l’électeur. La République plafonnant les dépenses de campagne électorale, les financiers de la campagne sarkozienne ont alors eu l’idée pour poursuivre les dépenses et dépasser le plafond légal de faire facturer l’UMP au lieu de l’association de financement de la campagne. C’est ainsi qu’une dizaine de millions d’euros auraient été payés en plus des 22 légalement autorisés.

Le faux-facturier est le groupe Bygmalion qui affiche fièrement sur son site web : « Notre savoir-faire : construire, gérer, protéger et valoriser l’image des personnes et des marques. » Le coupable désigné : un certain Lavrilleux qui était à la fois trésorier de la campagne de l’agité du ciboulot et directeur de cabinet du chef de l’UMP, et député européen depuis dimanche 25 mai (on envoie vraiment les meilleurs au parlement européen). La victime expiatoire : Copé, chef de l’UMP qui n’a rien vu, rien entendu et n’était au courant de rien.

Du coup le Copé démissionne jurant la main sur le cœur à la télévision de son intégrité. La blogosphère prend un malin plaisir à ressortir ses déclarations fracassantes sur l’affaire Cahuzac et ses innombrables te récurrentes demandes de démission adressées aux dirigeants actuels…
Et pendant ce temps, l’extrême droite grimpe. On a vraiment les dirigeants que l’on mérite ! Pauvre de nous.

L’UMP à l’âge de pierre du financement politique !

Impayable : l’UMP emberlificotée dans une affaire de fausses factures qui auraient cofinancé la campagne présidentielle de Sarkozy en 2012 ! La fausse facture pour du financement politique on ne nous l’avait plus fait depuis les années 80. Ces dernières décennies le monde politique faisait plutôt dans l’emploi fictif ou la rétrocession de commissions sur contrats d’armement. Mais là l’UMP revient à l’âge de pierre.

Pour résumer : alors que l’extrême droite gravit petit à petit les marches du pouvoir en France, les partis traditionnels continuent leurs petites affaires comme si de rien n’était. On croit rêver…

Une déroute !

L’extrême droite française obtient 25% des suffrages exprimés aux élections européennes qui enregistrent par ailleurs 58% d’abstention. Cela veut dire que sur dix personnes autour de chacun d’entre nous : six ne sont pas allées voter et une a voté Front National qui devient ainsi le premier parti français.

Ce n’est pas brillant mais c’est ainsi, il va bien falloir vivre avec. La catégorie socio-professionnelle cible de bon client du Front est celle des jeunes défavorisés. Au même moment Daniel Cohn-Bendit annonçait son retrait de la vie politique, lui le héraut de la jeunesse soixante-huitarde qui se tournait alors plutôt vers la Gauche Prolétarienne que vers l’extrême-droite. Changement d’époque, d’un extrême à l’autre…, la vie continue malgré tout.

Kerviel à Vintimille

Jérôme Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale qui a eu la révélation après avoir serré la paluche de François 1er et depuis vilipende la tyrannie des marchés financiers, revient à pieds de Rome vers la France où il doit s’installer en prison pour trois ans suite à sa condamnation confirmé par la cour de cassation. Il s’arrête à Vintimille et exige, avant de traverser la frontière vers Menton, que François Hollande garantisse l’impunité aux personnes qui témoigneraient lors de son procès civil qui, lui, doit être rejoué suite à sa cassation. En attendant, il reçoit les médias sur le trottoir de Vintimille à 50 mètres de la frontière française.

Le garçon a commis des délits, confirmés par la cour de cassation, pris des risques démesurés et interdits, tripatouillé dans la comptabilité pour masquer ses fraudes, et il semble que ces pratiques douteuses étaient monnaie courante dans cette petite banque française ! Du coup, Kerviel le trader-fraudeur voudrait que ses petits camarades fraudeurs puissent venir témoigner à son procès civil pour expliquer combien la fraude était un mode de fonctionnement, sans encourir à leur tour les foudres de la justice ! En gros : tout le monde fraudait donc nous sommes innocents et la banque est coupable ! C’est un mode de défense comme un autre.

En attendant cette improbable immunité, Kerviel le trader-fraudeur campe à Vintimille et le feuilleton continue.

Alstom à la dérive, encore…

Alstom, groupe industriel français spécialisé dans l’énergie n’arrive plus à survivre seul et veut « s’adosser » à un autre groupe plus fort. S’adosser, cela veut dire en termes polis se faire racheter en tout ou partie, et en tout cas céder les rênes du pouvoir à un autre management ! Il y a un candidat américain qui déclenche un tir d’artillerie de tous les partis politiques français et un non-candidat allemand que la France favorise car plus européen.

La triste vérité est qu’hélas le marché hexagonal et les quelques exportations induites ne permettent pas à un groupe dans cette activité de croître, et dans le monde extraordinaire du capitalisme : si on ne croît pas, on meurt ! Alors il aurait été plus sympathique de voir Alstom racheter une autre boîte que de se faire racheter elle-même. Et quitte à en passer par là, il n’est pas sûr qu’une solution américaine soit meilleure qu’une allemande.

L’Europe, l’Europe, l’Europe…



La campagne électorale européenne bat son plein… et les partis français font assaut d’ingéniosité pour mettre sur le dos de l’Europe toutes les conséquences de nos dérives nationales. Tous les partis républicains de gauche, de droite et du centre ont voté comme un seul homme tous les traités quand ils étaient au pouvoir, critiqué l’Europe quand ils étaient dans l’opposition, dépensé l’argent public quand ils tenaient les commandes en expliquant aux autres Etats membres que c’était la dernière fois et que l’année prochaine on ferait des économies si on les laissait dépenser cette année comme ils l’entendaient.

Ces partis républicains de gauche, de droite et du centre ont participé à la construction d’une Europe qui n’est pas aussi mauvaise que la politicaille franchouillarde se plaît à la répéter, favorisant la démagogie au détriment de l’intelligence. Le marché unique a amené un formidable développement économique pour l’Europe, que même les britanniques ne sont pas prêts à lâcher. L’Europe est un conclave de 28 Etats, qui doivent se mettre d’accord sur les sujets communautaires et bien sûr aucun ne comprend pas pourquoi les 27 autres Etats ne sont pas d’accord avec ses propres propositions… Alors on se met d’accord sur un plus petit dénominateur commun, c’est ainsi, et c’est déjà pas mal. Si cela avait le cas en 1914 on aurait pu éviter quelques errements.

Les causes de nos malheurs sont très majoritairement nationales : les politiques économique, sociale, budgétaire, fiscale sont nationales, même si les pays « euro » doivent des comptes aux autres membres en ce qui concerne leur équilibre budgétaire. En fait, la seule véritable question serait d’arrêter l’extension de l’Europe à de nouveaux pays, mais peu de partis se prononcent sur ce sujet par manque de courage politique. Donc nous avons accueilli la Croatie le 1er juillet dernier, la Serbie, la Moldavie, la Bosnie attendent à la porte, sans parler de la Turquie avec qui l’Europe a ouvert des négociations d’adhésion depuis plusieurs années. L’espoir fantasmagorique d’une adhésion, un jour, donnée à l’Ukraine est l’une des causes actuelles de la guérilla civile qui sévit dans ce pays…

Il va falloir voter ce 25 mai : PS, UMP et centristes défendent exactement le même combat. Les anti-européens développent, hélas, une argumentation de café du commerce alors qu’il ne faudrait pas s’interdire de parler d’une option de sortie de l’euro, voire de l’Europe. Techniquement c’est possible (même si pas expressément prévu dans les traités), avec des coûts et des avantages qu’il faudrait pouvoir poser sur la table calmement et intelligemment… nous n’en sommes pas là !

On se calme !

Henri Guaino, le colérique et ombrageux cacique de l’UMP vient d’annoncer qu’il ne votera pas pour le chef de file UMP aux élections européennes. Celui-ci, Alain Lamassoure, est rejeté par le Colérique parce « qu’il incarne l’Europe dont plus personne ne veut. » Le pauvre garçon ainsi rhabillé pour l’hiver est plutôt du genre anonyme et lisse, ex-sous-ministre de quelque chose, député européen, poste qu’il cumule avec un truc local du sud-ouest, il a effectivement validé avec constance toutes les orientations européennes prises à Bruxelles depuis Jean Monnet, de ces orientations qui font tant maugréer l’Ombrageux. Celui-ci est logique avec lui-même et à l’unisson du bruit médiatico-politicard qui peut se résumer en un seul slogan : « Haro sur l’Europe ! »

Les dépenses publiques toujours à la hausse

L’assemblée nationale s’est prononcée sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017. Il s’agit en gros de savoir sur quelles lignes budgétaires la République va économiser 50 milliards d’euros sur les trois années à venir. Il n’est pas réellement question de baisser les dépenses mais plutôt de ralentir le niveau de progression par rapport à une tendance structurelle à la hausse.

Lire le résultat du vote sur : Analyse du scrutin n° 786

L’opposition est ennuyée par ce programme qui répond à ses souhaits affichés depuis qu’elle est dans l’opposition… mais nous sommes en France et on ne va quand même pas changer nos déplorables habitudes claniques et la droite ne va pas quand même pas voter pour la gauche ou alors le zouave du pont de l’Alma va se mettre en maillot de bain et plonger dans la Seine ! La position officielle de l’opposition est que les économies en « coups de rabot » ne sont pas bonnes sans réformes structurelles. Rappelons quand même ici le séminaire de l’équipe dirigeante de l’UMP en décembre dernier qui assénait un objectif d’économie de 130 milliards en 5 ans, sans plus de détails sur la façon d’y arriver.

Bien sûr ces réformes structurelles sont nécessaires mais nous somme en France et nous savons bien qu’elles sont longues, douloureuses, toujours atténuées dans leurs effets par les corporatismes, les égoïsmes et la perte totale de sens de l’intérêt général qui affecte notre République ; alors démarrer par des baisses autoritaires (le fameux coup de rabot) n’est pas mauvaise en soi, elle permet de démarrer les économies. Il sera toujours temps de travailler sur les réformes structurelles en même temps ou plus tard.

Le vote d’aujourd’hui à l’assemblée nationale est intéressant : 265 pour, 232 contre et 67 abstentions.

  • Groupe socialiste – 291 membres : 242 pour, 3 contre et 41 abstentions dont quelques pointures comme Pascal Cherki (député-maire de Paris XIVème), Henri Emmanuelli, Jérôme Guedj, Christian Paul… Ils n’ont pas osé voter contre car le chef du PS avait laissé entendre qu’ils auraient pu être exclu du parti dans ce cas, courageux mais pas téméraires…
  • Groupe UMP – 198 membres : 1 pour, 192 contre et 3 abstentions. Le franc-tireur est Frédéric Lefebvre, ex-sous-ministre de Fillon, affichant en permanence des cheveux longs et gras, s’étant rendu célèbre dans une interview où on l’interrogeait sur ses goûts littéraires en confondant la marque Zadig & Voltaire avec l’écrivain Voltaire… Le garçon doit nous faire une rébellion post-adolescente.
  • Groupe UDI – 29 membres : 3 pour, 7 contre et 17 abstentions. Le franc-tireur est Frédéric Lefebvre, ex-sous-ministre de Fillon, affichant en permanence des cheveux longs et gras, s’étant rendu célèbre dans une interview où on l’interrogeait sur ses goûts littéraires en confondant la marque Zadig & Voltaire avec l’écrivain Voltaire… Peut-être n’a-t-il pas bien compris pour quoi il votait ?
  • Groupe Ecologiste – 17 membres : 3 pour, 12 contre et 2 abstentions.
  • Etc.

Il y a finalement assez peu de traîtres ayant voté contre leur camp. Il y a des mous qui se sont abstenus. Ils ne seront pas fusillés à la libération, on les rasera, seulement…

Le coq caquètte

Laurent Wauquiez, jeune coq de la droite, ex-sous-ministre de l’emploi, compare la France d’aujourd’hui à la République de Weimar, laissant ainsi croire que le gouvernement socialiste actuel mènera le pays aux mêmes errements que l’Allemagne des années 30. Par ailleurs il sort un bouquin prônant le retour à une Europe à six membres et la sortie de la France des accords de Schengen. Ce garçon est décidément tout en nuances, il ira loin !

Les députés PS écrivent

Le député socialiste est un animal qui écrit beaucoup en ce moment face à la perspective de devoir contrôler les dépenses publiques, c’est-à-dire d’annoncer à leurs électeurs qu’il va falloir se serrer la ceinture.

100 députés ont signé une lettre prônant un « contrat de majorité » dans un charabia en langue de bois en chêne massif se concluant par « Ne laissons pas s’installer de faux clivages entre les « cigales » et les « fourmis » ; mais nous savons aussi que jamais la France ne se redressera dans l’austérité et en laissant exploser le chômage et les inégalités. » En gros, on fera des économies, mais plus tard.

Lire la lettre des 100 députés : La lettre des 100

Et dans la foulée, après la communication du premier ministre le 16 avril sur les 50 milliards d’euros d’économie à réaliser sur trois ans, 11 députés (également signataires de la lettre précédente) ont commis une nouvelle missive, adressée cette fois-ci au premier ministre, ressassant les mêmes théories et aboutissant aux mêmes conclusion : on économisera, mais plus tard.

Lire la lettre des 11 députés : La lettre des 11

Hélas, il n’est plus temps de reculer encore le retour à des mesures d’économie, il faut en passer par là, et maintenant. D’ailleurs le nouveau gouvernement a reçu une fin de non-recevoir européenne à sa requête de retarder le retour à un taux de déficit de 3% du produit intérieur brut.

Faillites en Corse

Nos amis corses continuent à faire des leurs. L’assemblée de Corse a adopté en ce mois d’avril 2014 par 29 voix contre 18, et 4 abstentions, un rapport sur la protection du patrimoine foncier qui annonce la création du statut de « personne attachée au territoire corse ». Il s’agit en gros de limiter le droit d’acquérir des résidences à des personnes non-attachées au territoire corse ne pouvant pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située en Corse, durant une période minimale de cinq années. » Si jamais la Constitution française et le droit européen acceptait une entorse de ce type à la liberté d’établissement, la morale voudrait que l’on prenne immédiatement une mesure réciproque qui limiterait pour les personnes attachées au territoire corse leur droit d’acquérir une résidence hors de Corse si elles ne peuvent pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située dans le département où elles veulent acheter, durant une période minimale de cinq années. »

Et pendant ce temps le feuilleton de la SNCM se poursuit. La compagnie maritime exsangue, à moitié en faillite, toujours entre deux grèves, affichant un conflit ouvert entre sa direction et l’actionnaire principal, sous le coup d’une condamnation européenne à rembourser 440 MEUR de subventions reçues du contribuable français et jugée contraire aux règles de libre-concurrence, la SNCM donc est à nouveau au bord du dépôt de bilan. Mais de toutes parts fusent les injonctions à l’Etat « de prendre ses responsabilités », c’est-à-dire de faire payer le contribuable nationale avant le naufrage final, sans s’inquiéter cette fois-ci de savoir si ledit contribuable est une « personne attachée au territoire corse ».

Cette société anciennement publique avait été mal privatisée sous un gouvernement Chirac. Comme personne n’en voulait, l’Etat avait finalement mis au point un montage où il gardait 25% du capital, où un groupement entre Veolia (privée) et la Caisse des dépôts et consignations (publique) prenait 66% et le personnel avait les 9% restant. Comme c’était à craindre cette société est restée ingérable, par le secteur privé comme public, la pétaudière ambiante s’est aggravée et l’on revient toujours faire manche chez le contribuable national. Economiquement il faudrait fermer cette compagnie et favoriser une saine concurrence entre vraies sociétés maritimes privées comme il en existe tant sur la Méditerranée. Mais la Corse est la Corse, et jusqu’ici elle a toujours réussi à faire payer la République pour maintenir ses spécificités. Il est à craindre que cela ne continue encore longtemps…

Ségolène Royal : le retour

Qu’est ce qui peut pousser un chef de gouvernement à reprendre Ségolène Royal comme ministre ? Elle n’a jamais surperformé dans ses fonctions ministérielles précédentes, elle n’est pas même élue député, ses camarades socialistes dans leur grande majorité au mieux se moquent d’elle au pire la traitent d’incapables, elle est un peu nunuche sur les bords, elle a zéro capacité de nuisance, ne dispose pas vraiment d’un vaste mouvement de soutien populaire et pourtant elle se retrouve ministre de la République.

C’est incompréhensible. A quoi peut bien donc servir une Ségolène Royal dans un gouvernement ?

Uns nouvelle couverture pour Paris-Match

Le nouveau premier ministre français Manuel-Valls-qui-pose-dans-Paris-Match-comme-une-starlette annonce sa volonté de démonter l’organisation territoriale de la République pour la rendre plus simple et, surtout, moins coûteuse. Il faut diminuer le nombre des régions et des départements, tout le monde est d’accord mais à condition de commencer chez le voisin. Le projet de Valls a immédiatement déclenché le défilé des pleureuses annonçant les pires catastrophes en cas de disparition de leurs collectivités. Des sénateurs vieillissants et cumulards détaillent leur opposition à un tel projet, des députés de droite comme de gauche scient consciencieusement les branches sur lesquelles ils prospèrent depuis des années et crient leur projet de rester figés et accrochés à leurs prébendes territoriales.

Ce projet de réforme indispensable, lancé sous le précédent gouvernement, en partie remis en cause par le gouvernement actuel à son arrivée au pouvoir (suppression des conseillers territoriaux avant même qu’ils n’existent dans les faits) devrait en principe rencontrer l’unanimité nationale pour peu que les petits intérêts personnels des uns et des autres puissent être balayés par l’intérêt de la République. Ce n’est pas gagné.

Et une Ségolène, une !

Ségolène Royal, 61 ans, mère des quatre enfants qu’elle a eus avec le président de la République, est membre du nouveau gouvernement français. On se demande bien ce qui a pu pousser à une telle décision. Un peu nunuche, plutôt démagogique, pas vraiment techno, ni plus novatrice, il est peu probable qu’elle soit d’un apport majeur pour la République, et pourtant elle est revenue. Cela ressemble un peu aux arrangements entre copains et coquins !

La force des membres de ces corporations est d’arriver à faire croire qu’ils sont indispensables, ou que leur capacité de nuisance est forte. C’est le même genre de situation dans le monde de l’entreprise où l’on voit des pédégés faire modifier les statuts de leurs entreprises pour rester en poste (cas de Total en ce moment dont le chef est atteint par les mesures d’âge) ou des traders-fraudeurs justifier de rémunérations gigantesques sous peine de partir à la concurrence.

La vérité est que toutes ces élites sont aisément interchangeables mais réussissent à faire croire le contraire. Ségolène Royal, ministre il y a 22 ans en est le parfait exemple, hélas !

La France au coin

Le nouveau gouvernement s’apprête à rejoindre Bruxelles pour expliquer qu’une nouvelle fois les engagements français en matière de déficit budgétaire ne pourront pas être tenus. Après Chirac qui a balancé les critères de Maastricht à la Seine (avec l’aide, il est vrai, de l’Allemagne qui se trouvait dans la même situation mais pour de bonnes raisons, celles de la réunification), Sarkozy qui a obtenu un délai pour revenir à un taux de déficit budgétaire de 3% du produit intérieur brut en 2006 ou en 2007, Hollande qui en a obtenu un nouveau en 2012, voici Manuel Valls qui part faire la manche auprès de l’Union européenne pour demander un report additionnel. Cela promet des débats animés et des amertumes prononcées.