Le contribuable paye pour Peugeot

Les contribuables français vont mettre au pot pour augmenter le capital de Peugeot, entreprise familiale de construction automobile. Lesdits contribuables avaient déjà mis la main à la poche en octroyant une garantie de 7 milliards d’euros à la banque interne de Peugeot. Cette banque octroie des crédits aux acheteurs de véhicules Peugeot, ce qui est censé faciliter la décision d’achat.

Un constructeur public chinois va également mettre au pot pour cette augmentation de capital de 3 nouveaux milliards d’euros. La famille Peugeot va progressivement devoir passer la main puisqu’elle n’a plus les moyens, ou pas la volonté, de réinjecter des sous dans son entreprise. Ainsi vont les dures lois du capitalisme…

Bon, tout ceci est bel et bien et nous verrons si cela fait vendre de nouveaux des autos Peugeot. Quant à moi j’ai loué une 308 cet été et je ne vois pas bien ce que l’on reproche à ce véhicule qui m’est apparu moderne et efficace. Sans doute n’est-il pas assez clinquant pour une époque où la marque compte plus que l’objet.

La gauche et l’économie

En pleine forme notre président à la double vie (privée) : il fait un tabac à sa conférence de presse sous les ors de l’Elysée en annonçant qu’il va réduire les charges des entreprises en les exonérant des cotisations familiales. Nouveauté : cette mesure serait financée non pas par un transfert sur le contribuable mais par une baisse des dépenses publiques. On se souvient en effet que le crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (Cice) annoncé en 2012, en gros une baisse des impôts des entreprises, doit être financé par le consommateur via un relèvement de la TVA intervenu depuis le 1er janvier de cette année. C’est un mode de financement similaire à celui de la TVA dite « anti-délocalisation » dans sa version sarkoziste et que la majorité précédente n’avait pas eu le temps de mettre en œuvre.

En l’espèce, la politique familiale devrait désormais peser sur le contribuable à qui l’on demandera moins dans d’autres domaines. Le choix des lignes budgétaires sur lesquelles il va falloir rogner sérieusement risque d’être sportif et annonce des sommets de démagogie et de mauvaise foi, à moins que, pour la première fois depuis 1945 une sorte d’union nationale se fasse, au moins sur ce sujet ? Ce serait juste : le choix des domaines où il faudra réduire le train de vie de la République, ce dont tous les citoyens souffriront d’une façon ou d’une autre, mériterait un accord d’une grande majorité du peuple et de ses représentants.

Vie publique – Vie privée

Incroyable : notre bon président Hollande que la France entière accuse depuis 18 mois d’être mou et indécis aurait une liaison avec une starlette ! Des photos de la presse pipole le montrent sortant en scooter de chez sa maîtresse. Du coup sa maîtresse officielle fait un malaise vagal et se retrouve en repos à l’hôpital. Un vaudeville inattendu qui fait la une des journaux français et occidentaux…

La politicaille et la presse mondaine ressortent les vieux débats sur « vie privée et vie publique pour un président de la République ». Ce qui est sûr c’est que sa double vie se fait au détriment de ladite République. Le garçon est tout de même payé par les contribuables pour veiller au feu nucléaire et à la gestion du pays 24 heures sur 24, pas pour batifoler. Pour ceux qui ont déjà vécu ce genre de situation, ils en connaissent les contraintes : il faut mentir, se cacher, bref le double-jeu occupe l’esprit et prend du temps. Cela ne rentre donc pas dans les attributs d’un président qui a autre chose à faire et doit considérer sa charge comme un sacerdoce.

Dieudonné remue la fange

L’affaire Dieudonné continue à décliner ses abysses de bêtise. Le plus intriguant dans ce psychodrame c’est l’accumulation de frustration et de rejet que concentrent des personnages comme le Dieudonné, ou son ami Anelka, un footeux guadeloupéen surpayé qui a fait le signe de la quenelle à l’occasion d’un but marqué en expliquant qu’il n’était pas antisémite mais antisystème… L’un et l’autre portent la barbe façon taliban, l’un et l’autre font un doux mélange entre le colonialisme, la traite des noirs, l’islam (Anelka s’est converti à la religion musulmane), le capitalisme, la négritude et la judéité, et bien d’autres…

Des idéologies mal comprises dans des cerveaux aux capacités limitées, dont l’imaginaire véhicule un rejet des blancs pour tout ce que leurs ancêtres ont commis contre les peuples africains, tout en ne rêvant que d’une chose c’est de singer ces blancs dans ce qu’ils ont de plus détestable. C’est un amour-haine qu’ils n’ont jamais réussi à résoudre et qui donne à son paroxysme les résultats que l’on voit : Anelka se disant « antisystème » (il faut quand même le faire pour un fouteballeur surpayé !) ou Dieudonné surfant sur la vague antisémite, qui n’est jamais très loin dans la vieille Europe, pour tenter de défendre la cause noire. C’est la grande lessive des sentiments dans le tambour de la confusion de plusieurs générations dévastées par la télé-réalité, les journaux gratuits et de port de la capuche qui, en pesant de façon continue sur le cortex, réduit sur le long terme les capacités réflexives (il est à noter que la-casquette-à-l’envers sous la capuche accentue encore la pression sur l’occiput et les troubles cognitifs). Tout s’enchevêtre dans ces esprits mal tournés ou mal formés.

C’est un drame de l’ignorance plus que du racisme ; des comportements qui relèvent de la psychothérapie. Le problème c’est qu’il faudrait appliquer cette thérapie à tout un peuple. Les cas de Dieudonné ou Anelka sont irrécupérables et il faut les traiter en justice s’ils contreviennent à la loi, mais pour les spectateurs qui se pressent aux spectacles du premier et sans être un incorrigible humaniste, on peut penser que toujours plus d’éducation et de pédagogie doivent pouvoir améliorer la situation, mais il faut trouver le bon réglage entre reconnaissance du passé et gestion du présent, enseignement de la shoah versus la traite négrière, colonialisme en Afrique, du et au Moyen-Orient, du et en Asie. Ce n’est pas facile, et à défaut le populo est victime de tous les populismes diffusés par Dieudonné et ses clones.

TVA multiple en France

Suite au harcèlement de différents lobbies (le secteur immobilier, celui du cinéma notamment) qui ne voulaient pas se voir augmenter leur taux de TVA, le gouvernement a finalement renoncé à diminuer le taux « réduit » de 5,5 à 5% pour financer ce resquilleurs. De ce fait nous avons donc 3 nouveaux taux de TVA depuis hier : 20%, 10% et 5,5%. Cette réforme est destinée à financer en partie le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi dont bénéficieront les entreprises. A défaut de savoir faire baisser les charges de entreprises, nous les transférons des entreprises vers les consommateurs, c’est déjà ça !

Bonne quenelle !


Dieudonné fait le buzz de cette fin d’année : outré par ses errements antisémites, l’Etat voudrait faire interdire ses spectacles mais ce n’est pas si facile dans un pays où la liberté d’expression est protégée par la Loi. C’est un peu comme les flagrants délits des délinquants, il faut attendre qu’ils aient le pistolet sur la tempe du bijoutier pour pouvoir les arrêter, et si la police arrive trop tard, c’est tant pis pour le bijoutier.

Pour Dieudonné il faut attendre qu’il ait formellement promis Patrick Cohen aux chambres à gaz pour pouvoir le condamner. Et comme il est plutôt malin le bougre il fait le plus souvent attention à ce qu’il dit. Parfois toutefois il dérape et il se fait condamner mais on apprend par le ministère de la justice qu’il ne paye jamais les amendes auxquelles il est condamné et a organisé son insolvabilité en mettant ses biens et revenus aux noms de sa femme et de sociétés écrans, et il demande à ses fans de lui prêter de l’argent. Là-encore dans le genre antisystème on a fait plus sincère.

Souvenons-nous qu’Al Capone est tombé pour fraude fiscale et comme il commence à sérieusement énerver le lascar, la justice a ouvert une enquête pour organisation d’insolvabilité illégale… Grandeur et décadence de la démocratie, à suivre !

Bonne année

Hollande a prononcé ses vœux au peuple français et tout le monde lui tombe dessus, il reste serein. Il annonce la réduction de dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales et là, cela va être le feuilleton de la rentrée ! Comme d’habitude tout le monde est d’accord pour réduire les dépenses mais à condition de commencer chez le voisin.

L’UMP lors de son séminaire de décembre dernier devant les caméras et les micros a annoncé :

Revenir à un taux de dépenses publiques de 50% du PIB en 5 ans
(Rappel : France : 56,4% en 2012 / Moyenne Eurozone : 49,8% / Allemagne : 45,1%).
•Soit 130 milliards d’euros d’économies (50% pour l’Etat, 50% pour la sécurité sociale et les collectivités locales)
•Baisser de 65 milliards les impôts
•Affecter 65 milliards au remboursement de la dette

Mazette, 130 milliards cela fait des sous et il va falloir maintenant trouver des idées pour aller les réaliser ces économies. Gageons que l’UMP et les journalistes économiques mondains déborderont de ces bonnes idées qu’ils n’ont pas eu le temps de présenter dans leur document de décembre, hélas.

C’est un grand principe de la politique française : quand on est dans l’opposition, on annonce des économies et quand on est au pouvoir, on dépense. Simplement l’exercice a ses limites que nous avons atteintes, et il va falloir s’y mettre sérieusement. Hollande peut rester dans l’Histoire s’il parvient à inverser la courbe du déficit public.

En tout cas, régalons-nous à l’avance des débats qui auront lieu sur le sujet et permettront de distinguer les véritables hommes d’Etat des branquignoles.

Quenelle et frustration

Dieudonné fait la une de Charlie-Hebdo, il le mérite. La quenelle est désormais le signe de ralliement de ses potes après que leur héros ait asséné à plusieurs reprises vouloir « glisser [s]a petite quenelle dans le fond du fion du sionisme. » Passons…

Ce qui est plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est la haine que développent ces personnages à l’encontre de l’humanité qui les entoure, ou du système comme s’est justifié Anelka, en expliquant que sa « quenelle » n’était pas antisémite mais antisystème. Dans le genre en rébellion contre le système on a vu engagement idéologique plus intense qu’un joueur de fouteballe surpayé. On ne sait d’ailleurs pas trop ce que veut dire être antisystème dans la tête d’un artiste de la quenelle. Renonce-t-il à la démocratie, au capitalisme, à la culture ? Lutte-t-il contre l’Etat, le populo, l’élite ? Pour quel projet, quel changement ? Quelle difficulté a-t-il à exprimer ses idées, ses propositions via les moyens mis à sa disposition par la société ? On ne perçoit pas bien où est son problème…

Ces deux garçons sont nés en France et ont été élevés dans les écoles de la République. Ils ont plutôt pas mal réussi, socialement parlant tout du moins. Certes, ils ont probablement dû affronter quelques frustrations du fait de leurs origines dans leurs jeunesse, avec sans doute des manifestations de racisme à leur encontre, mais cela suffit-il à expliquer de tels comportements ? L’ascenseur social a fonctionné pour eux alors pourquoi tant de ressentiments contre la société ? Cela semble relever de la thérapie.

Un autre fouteballeur surpayé, Lilian Thuram, à la retraite, a su sublimer sa révolte avec un peu plus de classe et d’efficacité en créant une Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme, étant membre du Haut Conseil à l’intégration, écrivant des bouquins sur ses héros noirs : Mes étoiles noires. Bref, le garçon utilise le système pour pousser ses convictions. Il met aussi probablement à contribution ses neurones…

Le conseil constitutionnel balise

Rigolo : le conseil constitutionnel rejette un certain nombre d’articles de la loi de finances pour 2014 dont… le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour cause d’inclusion dans le calcul du plafond des revenus latents de contrats d’assurance vie. Rappelons que le concept de bouclier fiscal a été introduit par de gouvernement socialiste de Rocard en 1988.
Aujourd’hui le conseil constitutionnel écrit :

…Considérant, par suite, qu’en prévoyant, à l’article 13, d’intégrer dans les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune et des impôts sur le revenu certains revenus des bons ou contrats de capitalisation et des placements de même nature, notamment des contrats d’assurance-vie, alors que ces sommes ne correspondent pas à des bénéfices ou revenus que le contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de la même année, le législateur a méconnu l’autorité qui s’attache, en vertu de l’article 62 de la Constitution, à la décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ; qu’il suit de là que l’article 13 doit être déclaré contraire à la Constitution…
Décision n° 2013-685 DC du 29 décembre 2013

C’est un peu technique mais ce qu’il faut en retenir est qu’un gouvernement socialiste voulant plafonner l’ISF (c’est-à-dire rétablir le bouclier fiscal amélioré par le gouvernement Fillon en 2007, puis défait par le gouvernement Fillon en 2012), introduit dans la loi de finances le concept de plafonnement de l’ISF que le conseil constitutionnel (plutôt de droite bien qu’en principe « au-dessus des partis ») annule. On retient que l’agitation fiscale idéologique permanente qui amène notre parlement à changer tous les deux ans ces dispositifs concernant les plus fortunés est inopportune, la stabilité en la matière devrait être le premier objectif à atteindre.

Les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite se rendent compte que s’ils appliquent la fiscalité de droit commun aux plus riches, les prélèvements qui seront opérés sur ces quelques milliers de contribuables risquent d’être qualifiés de « confiscatoires » et de ce fait déclarés inconstitutionnels. Alors ils usent tous de la même recette : on affiche une fiscalité rassurante pour Mme. Michu et derrière on introduit un dispositif qui atténue l’addition pour les plus fortunés, bouclier, plafonnement, ou autre. Il serait plus lisible de mettre en place une fiscalité standard ne nécessitant pas de régime d’exception et de l’expliquer calmement aux électeurs. En attendant le plafonnement de l’ISF pour le budget 2014 est retoqué et il va falloir bricoler quelque chose dans l’urgence pour que cet ISF ne soit pas jugé confiscatoire.

Intéressant également le conseil constitutionnel a de nouveau censuré l’exonération de droits de mutation accordés depuis des siècles aux transactions immobilières réalisées en Corse :

L’article 12, introduit par amendement parlementaire, prolongeait et accroissait le caractère dérogatoire du dispositif d’exonération partielle de l’assiette des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) de la part immobilière des successions comportant des biens et droits immobiliers situés en Corse. Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition analogue dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 relative à la loi de finances pour 2013. L’article 12 méconnaissait l’égalité devant la loi et devant les charges publiques.

Ce qui est intéressant c’est de voir la permanence avec laquelle le parlement essaye de refourguer chaque année un dispositif inconstitutionnel accordant des avantages fiscaux à certains départements au détriment d’autres. Cela en dit long sur la capacité de nuisance de la Corse sur le reste de la République, et la crainte que cette ile provoque sur l’Etat.

Courbes et contortions de l’économie française

C’est la fin de l’année et les chaines de télévision d’information en continu nous servent les incontournables replay qui leur permettent de meubler leur manque d’analyse et d’inspiration. Evidemment les engagements du président Hollande d’inverser la courbe du chômage sont repassées jusqu’à la nausée et chacun de lui tomber dessus : la droite, la gauche, les syndicats, le patronat, la presse et ma concierge mettent en valeur le fait que cet engagement n’a pas été formellement respecté et ont l’air de s’en réjouir.

Il faut dire que le gouvernement s’emmêle dans des contorsions sémantiques pour expliquer que la courbe n’est pas vraiment inversée mais qu’on est en voie de le faire. Pas bien sûr que ces explications oiseuses portent auprès des électeurs. En tout cas les journaux satiriques adorent.

Un certain nombre d’économistes admettent, parfois du bout des lèvres, que la situation est un peu meilleure en décembre qu’en janvier et que les accords conclus entre les partenaires sociaux (crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises, formation professionnelle, flexi-sécurité) pourraient avoir des effets positifs sur l’économie à terme, mais la presse préfère attiser la beaufitude de Mme. Michu en lui demandant si elle est pour ou contre la hausse des impôts…

La presse pourrait aussi bien se pencher sur l’opportunité de renoncer à la niche fiscale dont bénéficient encore les journalistes, ou les subventions que les contribuables versent chaque année pour soutenir les journaux… pour montrer le cap à suivre pour la réduction de la dépense publique qu’ils appellent de leurs vœux avec une touchante unanimité sur les plateaux télévisés.

Petits arrangements sur le dos du contribuable

Claude Guéant, ancien préfet, ancien ministre, est placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire préliminaire pour « détournement de fonds publics et recel ». Il a lui-même reconnu sur les plateaux télévisés avoir perçu des primes, versées en liquides, non fiscalisées, d’environ 10 000 EUR par mois entre 2002 et 2004, alors qu’il dirigeait de cabinet du ministre de l’intérieur de l’époque, Sarkozy. Il a précisé que ces sommes en liquide étaient destinées aux policiers assurant la protection de son ministre.

La justice décidera si ces primes en liquide sont légales ou non, et les sanctions légales à prendre, ou pas. A tout le moins un redressement fiscal doit être prononcé contre Guéant, ou les bénéficiaires finaux s’ils peuvent être identifiés, comme pour n’importe quel contribuable français pris en flagrant délit de fraude fiscale.

Comme souvent on reste impressionné par le sentiment d’impunité qui anime ces cadors de l’Etat. Comment en 2004 un si haut personnage n’a pu se poser la question de l’équité fiscale en versant en liquide de l’argent public à des fonctionnaires. On peut imaginer que certaines dépenses de l’Etat méritent de la discrétion pour des opérations de services secrets ou des paiements d’indicateurs par la police, mais des rémunérations versées à des fonctionnaires, en quoi peut-il être justifié qu’elles échappent à l’impôt sur le revenu ?

Que la justice passe !

Les vieillards de la République

Bernadette Chirac, 80 ans, pleure dans la presse corrézienne sur la suspension éventuelle du canton dans lequel elle est conseiller municipale et dézingue NKM en soutenant hardi-petit le clan corse Tiberi qui squatte le 5° arrondissement depuis des décennies. Après une visite de l’hôpital Trousseau, la Chirac, 80 ans, déclare :

« Les Tiberi sont de grands amis. Jean [79 ans, repris de justice, toujours maire du 5° arrondissement, NDLR] était un grand ami de mon mari. Xavière était une militante de campagne électorale tout à fait exceptionnelle. Tout ce que j’ai appris de la politique de terrain (…), c’est Xavière qui me l’a appris. Elle m’attendait et nous partions à l’assaut. »

Etc. etc…

NKM, candidate UMP à la mairie de Paris qui était présente durant cette charge chiraquienne en faveur du clan Tiberi qu’elle cherche à pousser dehors a dû apprécier !

Il est temps que ces vieillards de la politique française fassent place nette. La République n’a plus besoin d’eux. Ils l’ont servie à leur manière, avec du bon et du moins bon, en des temps sur lesquels il faut maintenant tourner la page. Comment mettre ces brontosaures de la République à la retraite ? C’est un des défis de la Nation.

La politique consensuelle

L’Allemagne met en route sa coalition gauche-droite après deux mois de négociation sur un programme de gouvernement. Chacun s’est assis à table deux mois durant, a mis de l’eau de son vin pour aboutir à un compromis et l’intérêt général a prévalu. Il ne satisfait aucune des parties à 100% mais c’est ce qu’on appelle la démocratie !

En France pendant ce temps, les élus s’écharpent au couteau à l’intérieur même des partis : la vieille droite s’évertue à faire perdre NKM aux municipales parisiennes, Fillon-costume-étriqué refuse de serrer la main de Copé, les socialiste purs et durs flinguent le premier ministre à tout va, les verts se déchirent, etc. On a les dirigeants qu’on mérite !

La fiscalité française

Le débat sur le grand soir de la fiscalité rentre « dans le dur ». Dès qu’un sujet de réflexion est avancé il déclenche aussitôt un lâcher de cabots hurlant à la mort que l’on veut les ratiboiser. Si l’on part du principe qu’une réforme fiscale nécessitera de changer la situation actuelle, il va bien falloir trouver un ou quelques domaines fiscaux où faire bouger les lignes…

On a vu le fiasco de l’écotaxe votée à l’unanimité en 2009 par la droite et la gauche et suspendue en 2013 jusqu’à des jours meilleurs, les pistes de travail sur la fusion de l’impôt sur le revenu ou du prélèvement à la source sont systématiquement et immédiatement démolies par la mafia des lobbies. La dernière idée porte sur la remise en cause ou le plafonnement du quotient conjugal qui présenterait des avantages et des inconvénients, des gagnants et des perdants. Comme toujours, les gagnants se la joue discrète et les perdants mordent les mollets du pouvoir.

L’intelligentsia politico-mondaine s’oppose par définition à toute remise en cause des avantages acquis tout en se déclarant favorable à une vraie réforme fiscale. Ces positions sont légèrement antinomiques mais la contradiction et le retournement de veste n’effraient point sur les plateaux de télévision. Par contre cela rend difficile la conception même de la réforme. En réalité le seul sujet sur lequel tout le monde est d’accord est la baisse de l’imposition sur la catégorie à laquelle il appartient et que la baisse conséquente de la dépense publique porte sur la catégorie du voisin…

Peut-être faudrait-il avancer quand même sur le sujet et mettre une ébauche de réforme sur la table, laisser s’exprimer les partis politiques et poser le principe que seule une majorité qualifiée des 2/3 du Parlement permettrait l’adoption d’un projet. On verrait ainsi les positions des uns et des autres, qui défend qui, les intérêts particuliers et le sens général ; et admettre qu’à défaut de consensus national on ne changera rien. Peut-être une telle méthode pousserait les élus à un peu plus de sens de leurs responsabilités, un échec étant porté à leur débit et, plus globalement à celui du peuple gaulois.

Angoulême


Angoulême, le château de La Rochefoucault, une famille qui remonte jusqu’au 10ème siècle et qui a traversé l’Histoire. Le château est toujours détenu par une descendante rencontrée au sortir de la visite et qui s’apprête à revoir toute sa descendance pour une soirée de Noël dans une majestueuse salle à manger et les candélabres de circonstance.

En ruine, le château a été réhabilité il y a quelques années avec la participation du contribuable et des 28 000 visiteurs annuels. Le résultat est magnifique.

Peugeot dans la démesure

La CGT Peugeot dévoile que les comptes publiés de la holding du groupe affichent une provision de 21 millions d’euros pour financer la retraite chapeau de Philippe Varin, futur ex-numéro 1 du groupe qui n’est resté que quatre ou cinq années dans la boîte. Peugeot aurait prévu de verser à son futur ex-chef une retraite de 400 000 EUR et quelques par an jusqu’à la fin de ses jours (d’où l’évaluation des 21 millions compte tenu d’une espérance de vie statistique et des charges sociales à la charge de l’entreprise). Devant la levée de bouclier politico-médiatique, l’intéressé renonce à ce droit et s’en remet à la sagesse de son conseil d’administration pour fixer un montant qui fasse moins de bruit dans la presse et au Café du Commerce.

En réalité cette retraite chapeau pour un dirigeant qui n’a passé que 4 ans dans la boutique c’est juste une rémunération cachée pour éviter d’afficher un trop gros salaire fixe au recrutement de cette perle rare.

Hélas pour Varin, le couperet tombe sur sa tête. Son prédécesseur continue à percevoir une retraite chapeau bien supérieure à celle à laquelle lui-même renonce, et son successeur touchera sans doute également une retraite chapeau pour un montant qui doit être actuellement en cours de négociation.

La presse bien informée explique que le patronat aurait fait pression sur l’impétrant pour le pousser à ne pas se battre pour ne pas conserver cet avantage jugé contraire à la chartre publiée par le patronat (MEDEF & AFEP) en 2008 sur la rémunération des dirigeants et qui stipule en son article 3 :

Les retraites supplémentaires à prestations définies sont soumises à la condition que le bénéficiaire soit mandataire social ou salarié de l’entreprise lorsqu’il fait valoir ses droits à la retraite en application des règles en vigueur.
Afin de prévenir tout abus, il est nécessaire de poser certaines règles complémentaires :
– La valeur de cet avantage doit être prise en compte dans la fixation globale de la rémunération sur la base des principes généraux énoncés en introduction de ce document.
– Le groupe de bénéficiaires potentiels doit être sensiblement plus large que les seuls mandataires sociaux.
– Les bénéficiaires doivent satisfaire des conditions raisonnables d’ancienneté dans l’entreprise, fixées par le conseil d’administration ou le directoire.
– Les droits potentiels ne doivent représenter, chaque année, qu’un pourcentage limité de la rémunération fixe du bénéficiaire.
– La période de référence prise en compte pour le calcul des prestations doit être de plusieurs années et tout gonflement artificiel de la rémunération sur cette période à la seule fin d’augmenter le rendement du régime de retraite est à proscrire.
Les systèmes donnant droit immédiatement ou au terme d’un petit nombre d’années à un pourcentage élevé de la rémunération totale de fin de carrière sont de ce fait à exclure.

Evidemment, à première lecture (comme à la seconde d’ailleurs), la retraite chapeau du soldat Varin était contradictoire avec cette chartre et faisait donc désordre. Elle devrait être revue par Peugeot pour être plus conforme avec les engagements patronaux écrits.

Varin avait déjà renoncé ces dernières années à ses rémunérations variables compte tenu de la situation financière tendue du groupe, des plans de restructuration lancés sous sa direction et de la garantie de plusieurs milliards que le contribuables français avait dû accorder à la banque interne de Peugeot pour assurer sa survie. Il se contentait donc de sa rémunération fixe de 1 ou 2 millions annuels. Il va désormais se contenter de sa retraite simple qui doit tout de même s’élever dans les 100 000 EUR par an. Il a peut-être aussi fait quelques économies durant sa vie de cadre dirigeant où il a émargé à plusieurs millions d’euros annuels pendant un certain nombre d’années. Il devrait survivre.

Plus sérieusement, le problème de fond dans cette affaire est la tendance à surpayer des dirigeants au-delà des bornes de la décence. C’est une pratique courante pour soi-disant attirer les meilleurs, ou en tout cas éviter que les dénommés « meilleurs » ne partent vendre leurs services à l’étranger. Il existe effectivement un risque mais qui est aussi surévalué que les rémunérations en cause. Lorsque le gouvernement actuel a plafonné la rémunération des pédégés d’entreprises publiques à 500 000 EUR bruts/an, personne n’est parti à l’étranger, personne n’a même démissionné pour aller vendre ses services à plus offrant ! Même le pédégé d’EDF, pourtant âpre au gain (on se souvient de sa volonté de cumuler son poste et son salaire avec un poste et un salaire chez Veolia dont il venait), n’a pas moufté. Il se dirait même qu’il a entamé sa campagne de communication pour être renouvelé dans ses fonctions avec ce même salaire plafonné.

Comme nous le disons régulièrement dans ces colonnes, si les numéros 1 sont trop exigeants en termes de rémunération, il suffit de promouvoir les numéros 2 ou les numéros 3 ou les numéros 10. Cela fera baisser les prix et ils feront le job aussi bien. Ces gens sont interchangeables et la petite caste internationale de ces pédégés surpayés a surtout brillé par sa capacité à s’auto-renouveler dans la consanguinité la plus intense. Les dommages collatéraux de cette consanguinité sur les rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques ont cessé depuis 2012. Ne désespérons pas qu’ils puissent en être de même dans le secteur privé.

Faisons des économies chez le voisin

En application de son programme de réduction des dépenses, l’Etat s’apprête à passer la vitesse supérieure pour le contrôle des dépenses des collectivités locales. Le déchaînement des lobbies, des corporatismes électoraux et de la démagogie populiste bat déjà son plein. Tout le monde est d’accord mais à condition de commencer le programme de baisse des subventions publiques par le voisin…

La ronde des ambitieux

C’est l’histoire de Carlos Tavares, ex-numéro 2 du constructeur automobile Renault-Nisan qui avait été débarqué brutalement pour avoir laissé filtrer dans la presse qu’il se verrait bien numéro 1. Après-tout, c’est un objectif logique quand on est ambitieux et numéro 2 ; simplement on peut y penser mais on ne doit pas le dire trop fort, surtout lorsqu’on a au-dessus un numéro 1 ambitieux à égo surdimensionné. Il ne faut pas dire non plus que l’on ne souhaite pas être un jour numéro1 car on risque d’être taxé de manque d’ambition.

Il faut (i) ne rien dire, (ii) attendre que le numéro un tombe (au besoin en le poussant légèrement dans l’escalier) et (iii) avoir suffisamment et habilement manœuvré en coulisse en amont pour que le remplacement du numéro 1 déchu par le numéro 2 salvateur paraisse comme une évidence aux décideurs.

Si l’on ne peut pas attendre, il faut aller planter ses choux ailleurs et c’est ce que fait le garçon annoncé comme futur numéro 1 chez Peugeot en remplacement de Philippe Varin. On vous le disait, tous ces patrons sont interchangeables, vous prenez un Tavares pour remplacer un Varin, ou l’inverse, et ça marche. Certes leur tâche est rude en ces temps de crise économique, ils doivent restructurer en permanence pour survivre, c’est-à-dire fermer des sites et licencier du monde, et leur vie personnelle est intégralement mangée par leurs responsabilités professionnelles mais il y a un marché pour ces postes !

Il faut arrêter de penser que seul un homme providentiel est capable de sauver Peugeot. On aurait pris le numéro 3 ou 4 ou 5 de chez Renault, ou de toute autre boîte industrielle, il aurait fait le job aussi bien. Dieu merci l’offre de gens intelligents, du style « meneurs d’hommes » et qui savent travailler en équipe ne manque pas, en France comme ailleurs.

Ca manque de sous

Après la déroute de l’écotaxe, suspendue en attendant des jours meilleurs, les nouveaux démagogues cherchent maintenant à s’attaquer à l’augmentation de TVA prévue pour début 2014, arguant bien entendu de l’habituelle complainte sur les fermetures d’entreprises et des destructions d’emplois conséquentes…

Tout ceci est bel et bien, mais il va falloir remplacer ces pertes de recettes soit par l’augmentation d’autres recettes, soit par la baisse de dépenses. En matière de colère populaire, la baisse des dépenses publiques ou l’augmentation de recettes publiques (donc d’impôts) déclenchent généralement les mêmes assauts de révolte et de démagogie, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle tous les pouvoirs politiques depuis Raymond Barre en 1974 ont fait le choix de la dépense, donc la dette, plutôt que celui de la rigueur et de l’intelligence.

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge…