Guéant le farceur

Les archives papier de Claude Guéant, ex-secrétaire général de la présidence de la République sous Sarkozy, ont disparu. Du moins elles n’ont pas été versées aux archives comme le veut la tradition républicaine mais comme ne l’exige pas formellement la Loi. Ces documents sont recherchés par la Justice dans le cadre de la mise en examen de François Pérol pour prise illégale d’intérêts. Quel sacré farceur ce Guéant

Le nonos à Copé

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire se distingue en vouant aux gémonies un livre pour enfants illustrant la nudité et relance le débat sur la soi-disant volonté de la perverse majorité actuelle à vouloir enseigner la théorie du genre à la maternelle, voire même dans les crèches. L’outrance des propos et la beaufitude de l’argumentation, font tomber d’eux-mêmes les aboiements du chefaillon de l’UMP qui résonnent dans le désert de la pensée politique, tel l’écho rebondissant sur les murailles de la bêtise.

Il n’en demeure pas moins que subsistent quelques acharnés de l’indifférenciation des sexes, quelques illuminés du tout-est-pareil-pour-tout-le-monde, quelques dévots des pratiques minoritaires qu’il faut imposer à la majorité, quelques soixante-huitards attardés qui ont trop consommé LSD et William Burroughs. Il faut ferrailler avec eux sur le plan intellectuel en rappelant que la démocratie exige la majorité, et tout rentrera tranquillement dans l’ordre.

Capacité de nuisance des taxis parisiens

Les taxis parisiens continuent à nuire à la population à grands coups de grèves et d’opérations escargots pour défendre leurs intérêts corporatistes. Nous sommes là dans un vrai archaïsme français dont personne n’arrive à se dépêtrer depuis des décennies, quelle que soit la couleur des gouvernants. Une profession protégée pour des raisons préhistoriques, en échange de licences, dont le nombre est contrôlé pour protéger le marché, vendues par l’administration ou les taxieurs eux-mêmes.

Si le marché est libéralisé il faudra trouver une solution financière de sortie pour dédommager les détenteurs de licences. L’obstination des parties, l’égoïsme des corporations concernées, l’immobilisme général de la société française maintiennent le blocage. Paris reste une ville mal desservie par les taxis et ceux-ci continuent à perturber la population, le monde politique marche sur des œufs en n’osant pas affronter la colère des acteurs de ce marché protégé d’un autre âge.

Le dispositif de licence a sans doute été mis en place en son temps pour de bonnes raisons, du moins peut-on l’espérer, mais comme toujours en pareil cas des corporatismes et baronnies en sont résulté, rendant quasiment impossible toute évolution.

Droit dans ses bottes !

Denis Gautier-Sauvagnac, ex-responsable patronal de la fédération patronale de la sidérurgie, auteur de la célèbre explication pour justifier la distribution de fonds occultes aux organisations syndicale : « pour fluidifier le dialogue social » est condamné à trois années de prison dont une ferme. Durant son procès il a continué à refuser de dévoiler les noms des responsables syndicaux à qui des années durant sa fédération a versé des sommes en liquide, 15 millions d’euros de sorties de caisse ont été identifiés pour la période 2000-2007. Il s’est tu, a assumé et est condamné, un peu comme Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet qui a payé dans les mêmes conditions pour couvrir le maire de Paris, Chirac, dans l’affaire des emplois fictifs de cette mairie. Cela est noble, qualificatif que l’on ne peut que rarement attribuer dans la vie politique.

Chypre négocie

Bonne nouvelle : les négociations reprennent pour la réunification de Chypre. Rappelons que cette ile tiraillée entre sa partie « turque » dont la souveraineté n’a jamais été reconnue par la communauté internationale depuis la guerre de 1974, et sa partie « grecque », Chypre donc est la symbole de l’impuissance européenne. Après avoir longtemps clamé que jamais l’Union européenne n’accepterait l’adhésion de Chypre tant que le conflit ne serait réglé, nos diplomates communautaires ont bien entendu cédé : Chypre a intégré l’Union européenne en 2004, important avec elle un conflit armé dans l’Union entre la Turquie qui ne reconnaît pas ce membre de l’Union, dont elle occupe une partie du territoire, tout en poursuivant ses propres négociations d’adhésion…

Depuis lors Chypre, spécialisée dans le recyclage de capitaux douteux en provenance de l’Est, a fait faillite en 2012 et a dû être refinancée par le contribuable communautaire.

Bref, si tout ce galimatias diplomatico-méditerranéen pouvait se régler un jour autour d’un verre d’Ouzo, tout le monde s’en porterait mieux.

Bataille de tracts pour une mairoe

Nos boîtes aux lettres commencent à être envahies de tracts publicitaires au sujet des prochaines élections municipales, remplis des mêmes slogans tapageurs et vides de sens. Rien ne change vraiment, qu’on en juge pour ceux du XIVème arrondissement de Paris où les deux cruches Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo affichent leurs bobines à tout bout de champ :

Nathalie Kosciusko-Morizet

« Candidate dans le 14ème arrondissement, j’ai acquis à travers nos échanges de ces derniers mois une conviction claire : vous attendez aujourd’hui plus et mieux de votre mairie. »

Carine Petit soutenue par Anne Hidalgo

« Au service de Paris et du XIVème ! Depuis 2001, Paris et le XIVème ont changé : tramway, rénovation urbaine, logements, espaces verts, services publics. »

Ian Brossat soutenu par Anne Hidalgo

« Ensemble rendons Paris moins cher. »

Etc. etc.

Terminator

Christian Jacob, avec sa tête de maquignon mal dégrossi, chefaillon de l’UMP à l’assemblée nationale, aboyeur numéro 1 de Copé-j’en-ai-une-grosse-paire, est sur tous les coups. D’abord il grossi, il n’est pourtant pas économe de son énergie pour démolir tout ce qui bouge dans la majorité socialiste, mais manifestement il consomme plus de calories dans les palais de la République qu’il n’en brûle sur les plateaux de télévision.

Petit point qui doit agacer et qui confirme son manque de subtilité : sur les ondes et devant les caméras il appelle Mme. Vallaud-Belkacem, Mme. Belkacem tout simplement, histoire de bien marquer les origines.

Le garçon cogne sur tous les sujets du gouvernement avec une mauvaise foi et un simplisme assumés. Il est impressionnant d’énergie et ne lâche rien. Il a la force d’un bulldozer et les arguments de Mme. Michu. C’est un opposant classique qui martèle des messages basiques comme l’Oréal fourgue ses publicités pour shampoing antipelliculaires. C’est du carpet bombing pour reprendre une expression de marketing évoquant l’inondation d’un marché par des représentants de commerces, par référence historique aux vagues de bombardiers B52 qui écrasaient le Vietnam de bombes…

Le Jacob est un opposant formé à l’école de la mauvaise foi parlementaire française, très réputée en la matière. Il ne fait pas avancer le débat, il n’est pas programmé pour ça, il cogne et c’est tout. Peut-être un jour ce genre de personnages seront démodés et renvoyés dans leur pénates par des électeurs lassés. Mais pour l’instant le Jacob reste la star des médias, hélas ! En 2017 si la droite revient au pouvoir, le garçon sera ministre de l’intérieur ou quelque poste comparable, non point pour sa compétence mais en remerciement de sa fidélité brute.

Altermoiement sur la famille

Une nouvelle manifestation s’est déroulée ce dimanche, cette fois-ci tournée contre les projets « famille » du gouvernement actuel. Avec quelque raison, l’opposition pense que malgré les dénégations du gouvernement, la majorité, ou au moins quelques parlementaires de cette majorité, ont toujours en tête d’élargir le principe de la procréation médicale assistée ou de la gestation pour autrui (PMA et GPA) aux couples homosexuels. Ils n’ont sans doute pas tort… Du coup ce soir le gouvernement reporte à des jours meilleurs la présentation de sa loi sur la famille.

Bon, rien ne presse finalement, bien que le projet comportait également bien d’autres points non liés à la PMA ni à la GPA, il y a suffisamment de sujets sur la table pour occuper nos responsables pour le moment. Ce qui est amusant c’est de voir l’opposition, qui devrait se réjouir de ce retrait, en profiter pour agonir Hollande et son gouvernement qui ont eu tort de vouloir présenter ce texte comme de le retirer…

Ceci étant dit il y a effectivement des parlementaires et des citoyens qui souhaitent que cette PMA-GPA bénéficie aux couples homosexuels. Comment fait-on ? On ne va pas les pousser dans la Seine ! Parlons, expliquons, argumentons et laissons le parlement décider. Et puis si une loi de gauche ne plaît pas à la droite, il suffira lors de la prochaine alternance de voter une nouvelle loi pour annuler la précédente. Nos élus font ça tous les matins en arrivant au parlement : défaire ce qui a été fait précédemment. Ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat.

La colère gronde

Hier dimanche se sont retrouvés dans les rues de Paris et d’ailleurs, des manifestants sous l’emblème Jour de colère, une coalition hétéroclite de tout ce que la France compte d’oppositions sur des thèmes aussi variés que le mariage homosexuel, les impôts, l’éducation, etc. Leur manifeste s’affiche sur un site web Jour de colère, extrait :

Jour de Colère est l’expression d’une prise de conscience de la société civile face à une action gouvernementale délétère qui nous mène droit vers l’abîme.
 Alors que la France sombre dans un chômage de masse, qu’elle perd un peu chaque jour plus sa souveraineté, que le désespoir de nos concitoyens augmente, que les familles sont détruites et que les valeurs historiques sont bafouées, notre devoir de citoyen éclairé nous impose à travers un sursaut salvateur de réagir face à un Président qui martèle qu’il ne déviera pas d’un pouce la route prise.
 Nous demanderons un changement radical en nous appuyant sur la « coagulation » de toutes les colères !
 Nous cristalliserons l’ensemble de ces déceptions, de ces peurs, de ces frustrations en un jour de colère, Dies Irae contemporain, qui devra sonner le glas définitif de cette politique héritée des précédentes.
 Jusqu’ici, le gouvernement table sur la segmentation des contestations pour mieux les isoler et les mépriser. Il est temps d’unir nos forces autour des points communs qui nous rassemblent.
 Nous avons tous au moins une raison d’être en colère contre ce gouvernement qui :
 • N’écoute pas le peuple
 • Matraque les contribuables
 • Affame nos paysans
 • Enterre notre armée
 • Libère les délinquants
 • Déboussole nos enfants
 • Pervertit notre système scolaire
 • Réduit nos libertés
 • Assassine notre identité
 • Détruit nos familles

bref, tout ce que la France compte d’insatisfaits et de râleurs, agrégé par des malins surfant avec talent sur ces frustrations, reprises en cœur sur les bancs du parlement par nombre d’élus populistes dont le fonds de commerce est assis sur la beaufitude et la désinformation. On y trouve des intégristes qui rétabliraient l’Algérie française derrière un crucifix, mais aussi nos voisins de paliers, honnêtes et sympathiques, mais un peu crédules, se demandant tout de même s’il n’y aurait pas derrière tous ces sujets sociétaux un vaste complot pour tuer l’idée de famille patiemment construite par des générations de bons citoyens.

C’est de bonne guerre, et c’est aussi le jeu de la démocratie. Ce que font ces gens n‘est pas illégal. Beaucoup d’entre eux n’ont toujours pas admis que l’institution du mariage ait été ouverte aux homosexuels. De la même façon que l’Espagne conservatrice est en train de très sérieusement limiter le droit à l’avortement, ces opposants français lorsqu’ils auront rétabli une majorité de droite au pouvoir chercheront à défaire le mariage homosexuel, voire également le droit à l’avortement ou la parité en politique. Les idées s’opposeront et la loi décidera, espérons simplement que le débat s’élèvera un petit peu au-dessus du niveau de Café de commerce qu’il a déjà du mal à atteindre aujourd’hui…

Sainte MAM a des visions

Incroyable : Michèle Alliot-Marie (MAM), 67 ans, ex-député pendant plus de 25 ans, ministre durant plus de 15 ans, chefaillonne du RPR pendant quelques années, multi-cumularde, raide comme un passe-lacet, qui a du quitter ses dernières fonctions ministérielles (affaires étrangères) après avoir proposé à l’assemblée nationale de fournir au régime familiale Ben Ali en Tunisie les moyens de répression nécessaires pour mettre les opposants locaux, tout en tripatouillant gentiment et familialement avec ledit régime, MAM donc, née il y a 67 printemps en région parisienne mais d’origine du pays basque français, sort de son placard et se fait parachuter chef de la liste électorale de droite du grand sud-ouest pour les prochaines élections européennes.

Elle explique, à 67 ans, qu’elle n’a rien demandé mais précise dans Sud-Ouest de ce jour :

« Je comptais me consacrer à l’échéance de 2017 en élaborant un projet qui réponde au rejet des Français de la politique, à leur angoisse devant l’avenir et à leur désillusion du pouvoir socialiste. Mais de nombreux élus du Grand Sud-Ouest m’ont sollicitée pour que je me présente. »

MAM-67-ans fait don de sa personne pour sauver le grand sud-ouest. On en a des larmes aux yeux et l’on croule sous la reconnaissance.

Qu’est ce qui peut pousser un parti, l’UMP en l’occurrence, à aller chercher un apparatchik de 67 ans pour diriger une liste électorale ? C’est un mystère ! Elle est sympathique cette MAM-de-67-ans, un peu raide mais sympathique, mais elle n’a jamais cassé trois pattes à un canard durant sa trop longue carrière publique. Alors utilisons sa soi-disant notoriété pour promouvoir les jeunes recrues de l’UMP locale, mais par pitié ne la faisons pas rempiler au parlement, fut-il européen, où elle ne mettra sans doute les pieds que de loin en loin.

Et en plus on apprend que : « Pour 2017 [élections présidentielles], je ne sais pas ce que je ferai. Je verrai à ce moment-là. » En 2017 elle aura 70 ans et envisage, peut-être, de poursuivre le sacrifice de sa personne en se présentant à la fonction suprême. Une telle abnégation force le respect mais que l’UMP nous en préserve. N’y-a-t-il personne dans ce parti pour lui recommander doucement de prendre sa retraite, quitte à lui décerner une breloque ou deux pour l’y aider, une présidence d’honneur par-ci, une décoration par-là.

 

Le contribuable paye pour Peugeot

Les contribuables français vont mettre au pot pour augmenter le capital de Peugeot, entreprise familiale de construction automobile. Lesdits contribuables avaient déjà mis la main à la poche en octroyant une garantie de 7 milliards d’euros à la banque interne de Peugeot. Cette banque octroie des crédits aux acheteurs de véhicules Peugeot, ce qui est censé faciliter la décision d’achat.

Un constructeur public chinois va également mettre au pot pour cette augmentation de capital de 3 nouveaux milliards d’euros. La famille Peugeot va progressivement devoir passer la main puisqu’elle n’a plus les moyens, ou pas la volonté, de réinjecter des sous dans son entreprise. Ainsi vont les dures lois du capitalisme…

Bon, tout ceci est bel et bien et nous verrons si cela fait vendre de nouveaux des autos Peugeot. Quant à moi j’ai loué une 308 cet été et je ne vois pas bien ce que l’on reproche à ce véhicule qui m’est apparu moderne et efficace. Sans doute n’est-il pas assez clinquant pour une époque où la marque compte plus que l’objet.

La gauche et l’économie

En pleine forme notre président à la double vie (privée) : il fait un tabac à sa conférence de presse sous les ors de l’Elysée en annonçant qu’il va réduire les charges des entreprises en les exonérant des cotisations familiales. Nouveauté : cette mesure serait financée non pas par un transfert sur le contribuable mais par une baisse des dépenses publiques. On se souvient en effet que le crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (Cice) annoncé en 2012, en gros une baisse des impôts des entreprises, doit être financé par le consommateur via un relèvement de la TVA intervenu depuis le 1er janvier de cette année. C’est un mode de financement similaire à celui de la TVA dite « anti-délocalisation » dans sa version sarkoziste et que la majorité précédente n’avait pas eu le temps de mettre en œuvre.

En l’espèce, la politique familiale devrait désormais peser sur le contribuable à qui l’on demandera moins dans d’autres domaines. Le choix des lignes budgétaires sur lesquelles il va falloir rogner sérieusement risque d’être sportif et annonce des sommets de démagogie et de mauvaise foi, à moins que, pour la première fois depuis 1945 une sorte d’union nationale se fasse, au moins sur ce sujet ? Ce serait juste : le choix des domaines où il faudra réduire le train de vie de la République, ce dont tous les citoyens souffriront d’une façon ou d’une autre, mériterait un accord d’une grande majorité du peuple et de ses représentants.

Vie publique – Vie privée

Incroyable : notre bon président Hollande que la France entière accuse depuis 18 mois d’être mou et indécis aurait une liaison avec une starlette ! Des photos de la presse pipole le montrent sortant en scooter de chez sa maîtresse. Du coup sa maîtresse officielle fait un malaise vagal et se retrouve en repos à l’hôpital. Un vaudeville inattendu qui fait la une des journaux français et occidentaux…

La politicaille et la presse mondaine ressortent les vieux débats sur « vie privée et vie publique pour un président de la République ». Ce qui est sûr c’est que sa double vie se fait au détriment de ladite République. Le garçon est tout de même payé par les contribuables pour veiller au feu nucléaire et à la gestion du pays 24 heures sur 24, pas pour batifoler. Pour ceux qui ont déjà vécu ce genre de situation, ils en connaissent les contraintes : il faut mentir, se cacher, bref le double-jeu occupe l’esprit et prend du temps. Cela ne rentre donc pas dans les attributs d’un président qui a autre chose à faire et doit considérer sa charge comme un sacerdoce.

Dieudonné remue la fange

L’affaire Dieudonné continue à décliner ses abysses de bêtise. Le plus intriguant dans ce psychodrame c’est l’accumulation de frustration et de rejet que concentrent des personnages comme le Dieudonné, ou son ami Anelka, un footeux guadeloupéen surpayé qui a fait le signe de la quenelle à l’occasion d’un but marqué en expliquant qu’il n’était pas antisémite mais antisystème… L’un et l’autre portent la barbe façon taliban, l’un et l’autre font un doux mélange entre le colonialisme, la traite des noirs, l’islam (Anelka s’est converti à la religion musulmane), le capitalisme, la négritude et la judéité, et bien d’autres…

Des idéologies mal comprises dans des cerveaux aux capacités limitées, dont l’imaginaire véhicule un rejet des blancs pour tout ce que leurs ancêtres ont commis contre les peuples africains, tout en ne rêvant que d’une chose c’est de singer ces blancs dans ce qu’ils ont de plus détestable. C’est un amour-haine qu’ils n’ont jamais réussi à résoudre et qui donne à son paroxysme les résultats que l’on voit : Anelka se disant « antisystème » (il faut quand même le faire pour un fouteballeur surpayé !) ou Dieudonné surfant sur la vague antisémite, qui n’est jamais très loin dans la vieille Europe, pour tenter de défendre la cause noire. C’est la grande lessive des sentiments dans le tambour de la confusion de plusieurs générations dévastées par la télé-réalité, les journaux gratuits et de port de la capuche qui, en pesant de façon continue sur le cortex, réduit sur le long terme les capacités réflexives (il est à noter que la-casquette-à-l’envers sous la capuche accentue encore la pression sur l’occiput et les troubles cognitifs). Tout s’enchevêtre dans ces esprits mal tournés ou mal formés.

C’est un drame de l’ignorance plus que du racisme ; des comportements qui relèvent de la psychothérapie. Le problème c’est qu’il faudrait appliquer cette thérapie à tout un peuple. Les cas de Dieudonné ou Anelka sont irrécupérables et il faut les traiter en justice s’ils contreviennent à la loi, mais pour les spectateurs qui se pressent aux spectacles du premier et sans être un incorrigible humaniste, on peut penser que toujours plus d’éducation et de pédagogie doivent pouvoir améliorer la situation, mais il faut trouver le bon réglage entre reconnaissance du passé et gestion du présent, enseignement de la shoah versus la traite négrière, colonialisme en Afrique, du et au Moyen-Orient, du et en Asie. Ce n’est pas facile, et à défaut le populo est victime de tous les populismes diffusés par Dieudonné et ses clones.

TVA multiple en France

Suite au harcèlement de différents lobbies (le secteur immobilier, celui du cinéma notamment) qui ne voulaient pas se voir augmenter leur taux de TVA, le gouvernement a finalement renoncé à diminuer le taux « réduit » de 5,5 à 5% pour financer ce resquilleurs. De ce fait nous avons donc 3 nouveaux taux de TVA depuis hier : 20%, 10% et 5,5%. Cette réforme est destinée à financer en partie le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi dont bénéficieront les entreprises. A défaut de savoir faire baisser les charges de entreprises, nous les transférons des entreprises vers les consommateurs, c’est déjà ça !

Bonne quenelle !


Dieudonné fait le buzz de cette fin d’année : outré par ses errements antisémites, l’Etat voudrait faire interdire ses spectacles mais ce n’est pas si facile dans un pays où la liberté d’expression est protégée par la Loi. C’est un peu comme les flagrants délits des délinquants, il faut attendre qu’ils aient le pistolet sur la tempe du bijoutier pour pouvoir les arrêter, et si la police arrive trop tard, c’est tant pis pour le bijoutier.

Pour Dieudonné il faut attendre qu’il ait formellement promis Patrick Cohen aux chambres à gaz pour pouvoir le condamner. Et comme il est plutôt malin le bougre il fait le plus souvent attention à ce qu’il dit. Parfois toutefois il dérape et il se fait condamner mais on apprend par le ministère de la justice qu’il ne paye jamais les amendes auxquelles il est condamné et a organisé son insolvabilité en mettant ses biens et revenus aux noms de sa femme et de sociétés écrans, et il demande à ses fans de lui prêter de l’argent. Là-encore dans le genre antisystème on a fait plus sincère.

Souvenons-nous qu’Al Capone est tombé pour fraude fiscale et comme il commence à sérieusement énerver le lascar, la justice a ouvert une enquête pour organisation d’insolvabilité illégale… Grandeur et décadence de la démocratie, à suivre !

Bonne année

Hollande a prononcé ses vœux au peuple français et tout le monde lui tombe dessus, il reste serein. Il annonce la réduction de dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales et là, cela va être le feuilleton de la rentrée ! Comme d’habitude tout le monde est d’accord pour réduire les dépenses mais à condition de commencer chez le voisin.

L’UMP lors de son séminaire de décembre dernier devant les caméras et les micros a annoncé :

Revenir à un taux de dépenses publiques de 50% du PIB en 5 ans
(Rappel : France : 56,4% en 2012 / Moyenne Eurozone : 49,8% / Allemagne : 45,1%).
•Soit 130 milliards d’euros d’économies (50% pour l’Etat, 50% pour la sécurité sociale et les collectivités locales)
•Baisser de 65 milliards les impôts
•Affecter 65 milliards au remboursement de la dette

Mazette, 130 milliards cela fait des sous et il va falloir maintenant trouver des idées pour aller les réaliser ces économies. Gageons que l’UMP et les journalistes économiques mondains déborderont de ces bonnes idées qu’ils n’ont pas eu le temps de présenter dans leur document de décembre, hélas.

C’est un grand principe de la politique française : quand on est dans l’opposition, on annonce des économies et quand on est au pouvoir, on dépense. Simplement l’exercice a ses limites que nous avons atteintes, et il va falloir s’y mettre sérieusement. Hollande peut rester dans l’Histoire s’il parvient à inverser la courbe du déficit public.

En tout cas, régalons-nous à l’avance des débats qui auront lieu sur le sujet et permettront de distinguer les véritables hommes d’Etat des branquignoles.

Quenelle et frustration

Dieudonné fait la une de Charlie-Hebdo, il le mérite. La quenelle est désormais le signe de ralliement de ses potes après que leur héros ait asséné à plusieurs reprises vouloir « glisser [s]a petite quenelle dans le fond du fion du sionisme. » Passons…

Ce qui est plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est la haine que développent ces personnages à l’encontre de l’humanité qui les entoure, ou du système comme s’est justifié Anelka, en expliquant que sa « quenelle » n’était pas antisémite mais antisystème. Dans le genre en rébellion contre le système on a vu engagement idéologique plus intense qu’un joueur de fouteballe surpayé. On ne sait d’ailleurs pas trop ce que veut dire être antisystème dans la tête d’un artiste de la quenelle. Renonce-t-il à la démocratie, au capitalisme, à la culture ? Lutte-t-il contre l’Etat, le populo, l’élite ? Pour quel projet, quel changement ? Quelle difficulté a-t-il à exprimer ses idées, ses propositions via les moyens mis à sa disposition par la société ? On ne perçoit pas bien où est son problème…

Ces deux garçons sont nés en France et ont été élevés dans les écoles de la République. Ils ont plutôt pas mal réussi, socialement parlant tout du moins. Certes, ils ont probablement dû affronter quelques frustrations du fait de leurs origines dans leurs jeunesse, avec sans doute des manifestations de racisme à leur encontre, mais cela suffit-il à expliquer de tels comportements ? L’ascenseur social a fonctionné pour eux alors pourquoi tant de ressentiments contre la société ? Cela semble relever de la thérapie.

Un autre fouteballeur surpayé, Lilian Thuram, à la retraite, a su sublimer sa révolte avec un peu plus de classe et d’efficacité en créant une Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme, étant membre du Haut Conseil à l’intégration, écrivant des bouquins sur ses héros noirs : Mes étoiles noires. Bref, le garçon utilise le système pour pousser ses convictions. Il met aussi probablement à contribution ses neurones…

Le conseil constitutionnel balise

Rigolo : le conseil constitutionnel rejette un certain nombre d’articles de la loi de finances pour 2014 dont… le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour cause d’inclusion dans le calcul du plafond des revenus latents de contrats d’assurance vie. Rappelons que le concept de bouclier fiscal a été introduit par de gouvernement socialiste de Rocard en 1988.
Aujourd’hui le conseil constitutionnel écrit :

…Considérant, par suite, qu’en prévoyant, à l’article 13, d’intégrer dans les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune et des impôts sur le revenu certains revenus des bons ou contrats de capitalisation et des placements de même nature, notamment des contrats d’assurance-vie, alors que ces sommes ne correspondent pas à des bénéfices ou revenus que le contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de la même année, le législateur a méconnu l’autorité qui s’attache, en vertu de l’article 62 de la Constitution, à la décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ; qu’il suit de là que l’article 13 doit être déclaré contraire à la Constitution…
Décision n° 2013-685 DC du 29 décembre 2013

C’est un peu technique mais ce qu’il faut en retenir est qu’un gouvernement socialiste voulant plafonner l’ISF (c’est-à-dire rétablir le bouclier fiscal amélioré par le gouvernement Fillon en 2007, puis défait par le gouvernement Fillon en 2012), introduit dans la loi de finances le concept de plafonnement de l’ISF que le conseil constitutionnel (plutôt de droite bien qu’en principe « au-dessus des partis ») annule. On retient que l’agitation fiscale idéologique permanente qui amène notre parlement à changer tous les deux ans ces dispositifs concernant les plus fortunés est inopportune, la stabilité en la matière devrait être le premier objectif à atteindre.

Les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite se rendent compte que s’ils appliquent la fiscalité de droit commun aux plus riches, les prélèvements qui seront opérés sur ces quelques milliers de contribuables risquent d’être qualifiés de « confiscatoires » et de ce fait déclarés inconstitutionnels. Alors ils usent tous de la même recette : on affiche une fiscalité rassurante pour Mme. Michu et derrière on introduit un dispositif qui atténue l’addition pour les plus fortunés, bouclier, plafonnement, ou autre. Il serait plus lisible de mettre en place une fiscalité standard ne nécessitant pas de régime d’exception et de l’expliquer calmement aux électeurs. En attendant le plafonnement de l’ISF pour le budget 2014 est retoqué et il va falloir bricoler quelque chose dans l’urgence pour que cet ISF ne soit pas jugé confiscatoire.

Intéressant également le conseil constitutionnel a de nouveau censuré l’exonération de droits de mutation accordés depuis des siècles aux transactions immobilières réalisées en Corse :

L’article 12, introduit par amendement parlementaire, prolongeait et accroissait le caractère dérogatoire du dispositif d’exonération partielle de l’assiette des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) de la part immobilière des successions comportant des biens et droits immobiliers situés en Corse. Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition analogue dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 relative à la loi de finances pour 2013. L’article 12 méconnaissait l’égalité devant la loi et devant les charges publiques.

Ce qui est intéressant c’est de voir la permanence avec laquelle le parlement essaye de refourguer chaque année un dispositif inconstitutionnel accordant des avantages fiscaux à certains départements au détriment d’autres. Cela en dit long sur la capacité de nuisance de la Corse sur le reste de la République, et la crainte que cette ile provoque sur l’Etat.

Courbes et contortions de l’économie française

C’est la fin de l’année et les chaines de télévision d’information en continu nous servent les incontournables replay qui leur permettent de meubler leur manque d’analyse et d’inspiration. Evidemment les engagements du président Hollande d’inverser la courbe du chômage sont repassées jusqu’à la nausée et chacun de lui tomber dessus : la droite, la gauche, les syndicats, le patronat, la presse et ma concierge mettent en valeur le fait que cet engagement n’a pas été formellement respecté et ont l’air de s’en réjouir.

Il faut dire que le gouvernement s’emmêle dans des contorsions sémantiques pour expliquer que la courbe n’est pas vraiment inversée mais qu’on est en voie de le faire. Pas bien sûr que ces explications oiseuses portent auprès des électeurs. En tout cas les journaux satiriques adorent.

Un certain nombre d’économistes admettent, parfois du bout des lèvres, que la situation est un peu meilleure en décembre qu’en janvier et que les accords conclus entre les partenaires sociaux (crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises, formation professionnelle, flexi-sécurité) pourraient avoir des effets positifs sur l’économie à terme, mais la presse préfère attiser la beaufitude de Mme. Michu en lui demandant si elle est pour ou contre la hausse des impôts…

La presse pourrait aussi bien se pencher sur l’opportunité de renoncer à la niche fiscale dont bénéficient encore les journalistes, ou les subventions que les contribuables versent chaque année pour soutenir les journaux… pour montrer le cap à suivre pour la réduction de la dépense publique qu’ils appellent de leurs vœux avec une touchante unanimité sur les plateaux télévisés.