Le Royaume-Uni encalminé

Charlie Hebdo – Riss

La première ministre britannique continue à défendre contre vents et marées son projet d’accord de brexit « raisonné ». Le vent et la marée sont en l’occurrence l’inconstance et l’irresponsabilité de son parlement. Après avoir exigé de valider tout accord de sortie de l’Union européenne (UE), ils n’y arrivent finalement pas. Comme leur a fait remarquer Theresa May ils ont voté :

  • Contre l’accord avec l’UE proposé par elle
  • Contre une sortie sans accord
  • Contre un report à long terme de la date limite de sortie
  • Contre un rétablissement d’une frontière en Irlande du Nord
  • Contre l’octroi d’un statut spécial à l’Irlande du Nord
  • Contre différentes propositions alternatives qui ont été mises sur la table

Et ils n’ont voté « pour » à rien !

Finalement le Royaume-Uni a obtenu un nouveau report au 30 octobre de sa date de sortie soumis à différente conditionnalité. Personne ne veut lâcher prise et composer pour constituer une majorité de décision. La situation est relativement ubuesque et ne permet à aucune des parties d’avancer. Ironie suprême, il est désormais probable que le Royaume devra participer aux élections du parlement européen de mai prochain s’il est toujours membre de l’Union.

La fébrilité commence à saisir l’Union européenne qui craint l’incertitude d’un brexit brutal. En fait personne ne sait bien quelles seront les conséquences de ce divorce, qu’il soit amiable ou conflictuel. Il arrive un moment où il faut y aller et advienne que pourra, mais tout le monde fuit ses responsabilités à Westminster, terrifié d’avoir à endosser une responsabilité en cas d’échec. Le courage politique est une denrée qui se fait plutôt rare en nos temps d’opulence… Au pied du mur, gageons que nous nous en sortirons, mais il serait bienvenu que les électeurs britanniques renvoient leurs parlementaires nationaux dans leurs cottages compte tenu de leur piètre efficacité, et élisent un personnel politique neuf capable de gérer ce changement à venir.

Dans son Histoire, le Royaume-Uni a vu pire, et, souvent, fait mieux !

Le Royaume-Uni n’arrive pas à se décider

Le parlement britannique a rejeté pour la seconde fois l’accord de divorce négocié entre le gouvernement et l’Union européenne. Comme la fois précédente, l’accord mécontente la majorité pour des raisons opposées : les partisans du divorce ne le trouvent pas assez radical, ceux qui veulent rester dans l’Union le trouvent trop mou, et tout ce petit monde campe sur ses positions, refusant de compromettre, oubliant leur mission et, probablement, participant à la montée de la détestation du monde politique par le citoyen. Comme d’autres nations occidentales, le Royaume roule en pente douce vers la décadence démocratique qui gangrène nombre de nations.

Le cas du Brexit est emblématique. On l’a vu dans le passé, les britanniques n’ont jamais été de francs partisans de l’union politique européenne mais uniquement intéressés par l’accès au marché unique que lui permettait son adhésion à l’Union en 1973. Ils se sont opposés depuis à beaucoup de politiques européennes et ont obtenu nombre d’exceptions et d’exemptions leur conférant un statut particulier : « le beurre et l’argent du beurre ». Avec le sentiment de leur bon droit et une efficacité certaine, ils ont cherché depuis leur adhésion à savonner la planche sur laquelle les pays membres cherchaient à renforcer les aspects politiques de l’Union. En juin 2016, un gouvernement conservateur organisa un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union pour de basses raisons de politique interne. Contre toutes attentes, le résultat fut en faveur d’une sortie. La campagne électorale fut un consternant déchaînement de beaufitudes et de mensonges des deux côtés, le résultat inattendu.

Les partisans du Brexit croyaient si peu à leur victoire que rien n’avait été préparé pour la mise en œuvre d’une telle hypothèse et nombre des dirigeants qui la défendaient ont d’ailleurs disparu dans la nature et sont retournés à leurs affaires. En fait, ils sont généralement de vrais libéraux et pensent profondément qu’il faut laisser faire les choses, surtout ne pas convenir d’un accord avec l’Union, le sacrosaint « Monsieur le Marché » devant régler naturellement tous les problèmes et aplanir les difficultés.

En attendant il n’y a pas de majorité au Parlement, ni pour la solution libérale, ni pour l’option modérée d’une séparation encadrée par un accord. Encore plus contradictoire, le lendemain du second rejet du projet d’accord remodelé, ce Parlement a voté massivement contre l’option d’une sortie sans accord… retour à la case départ et aveu d’impuissance. Du coup, un nouveau vote de ce parlement indécis demande à la première ministre de négocier un report de la date limite de sortie fixée au 31 mars 2019.

L’un des points de blocage les plus sensibles concerne le cas de l’Irlande du nord. Celle-ci faisant partie du territoire de la couronne, une fois le Royaume sorti de l’Union, il conviendrait donc de rétablir une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du nord, c’est la logique de la sortie du marché unique. Simplement, les britanniques n’en veulent pas car cela risquerait de relancer la guerre civile en Irlande du nord entre les catholiques partisans de la réunification des deux Irlande et les protestants voulant maintenir leur appartenance à la couronne britannique. Du coup, le Royaume-Uni quitte l’Union, principalement pour revenir tranquillement à l’abri de ses frontières mais… ne veut pas rétablir celle avec la République d’Irlande. C’est inextricable et nous en sommes là. Les britanniques qui ont pollué l’Union du temps de leur présence, continuent à la perturber sérieusement pour en sortir.

Cerise sur le gâteau, le gouvernement conservateur dirigé par Theresa May, elle-même initialement partisane du maintien dans l’Union, chargé de négocier la sortie, organisa des élections anticipées en avril 2017 pour renforcer sa majorité, dont le résultat aboutit à… l’affaiblir, rendant plus délicate encore l’adoption du produit de ses négociations avec Bruxelles, comme on l’a vu ces derniers mois. Bref, c’est le chaos à tous les étages mais peut-être cette déconstruction sera-t-elle positive.

Il reste encore quelques semaines pour aboutir à un divorce à l’amiable, si celui-ci ne pouvait pas être conclu à temps, et bien la sortie serait plus brutale mais pas forcément plus mauvaise. Il faudra refaire le point dans dix ans sur les positions respectives de l’Union sans le Royaume-Uni et du Royaume indépendant. Bien malin est celui qui croît pouvoir prédire aujourd’hui ce qu’il en sera demain. God save the Queen !

L’accord de Brexit refusé par le parlement britannique

Charlie Hebdo – Riss

Le parlement britannique a rejeté ce soir l’accord « raisonnable » qui avait été négocié entre Londres et l’Union européenne. Comme c’était à craindre, une majorité s’est retrouvée pour voter non au projet, ceux qui trouvaient l’accord trop mou se sont ligués avec ceux qui le pensaient trop dur. On se retrouve quasiment au point de départ d’il y a deux ans, personne ne sait bien ce qui va se passer désormais car, bien entendu les parlementaires qui ont voté contre l’accord n’ont pas de projet alternatif. Ils ont fait preuve de la même irresponsabilité que les dirigeants de rencontre qui en 2016 ont eu l’idée saugrenue d’organiser un référendum sur le maintien dans l’Union que tout le monde pensait gagné d’avance, mais il fut perdu et commença alors la débandade sans fin des dirigeants, des parlementaires, des partis politiques et des électeurs.

Finalement les dés en sont presque jetés, peut-être qu’une sortie de l’Union sans accord précis mettra les britanniques au pied du mur pour reconstruire leur avenir. Ce sera sûrement violent sur le court terme mais à plus long terme peut-être profitable pour le Royaume comme pour l’Europe ? Dans 15 ou 20 ans il sera toujours temps d’en faire le bilan. Aujourd’hui on plonge dans l’inconnu. La situation était trop complexe et sensible pour donner lieu à un plan de bataille ordonné, espérons que le chaos sera à terme créateur de développement. L’incertitude effraye toujours l’environnement, spécialement économique, mais parfois le désordre pousse à la responsabilisation. On ne peut pas dire que la classe politique britannique ait fait preuve de beaucoup de rationnel dans la façon dont a été provoquée puis gérée cette affaire majeure pour l’avenir du continent mais il est sans doute temps aujourd’hui de changer d’équipe pour mener la suite. Le pire n’est jamais sûr !

Chapeau bas pour le premier ministre britannique !

Theresa May, premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, mène un valeureux combat, avec courage et abnégation, face à une classe politique en déliquescence devant le mur d’incertitudes qui se dresse en vue de l’échéance du 30 mars 2019, date à laquelle le divorce de ce pays avec l’Union européenne, le « Brexit », doit être scellé.

Alors qu’elle était à l’origine opposée à l’organisation du référendum qui posa il y a deux ans la question aux britanniques de savoir s’ils voulaient ou non rester dans l’Union, elle a été chargée par son parti de mettre en œuvre la réponse négative à la question référendaire. Elle mène ce projet alors que tous ceux qui avaient soutenu le Brexit, sans aucun programme précis tant ils n’avaient pas anticipé la volonté populaire, se sont débinés dans un bel ensemble la laissant à peu près seule pour gérer les contradictions politiques flagrantes de ce processus : on veut à la fois quitter l’Union mais garder l’accès au marché communautaire, à la fois rétablir les frontières mais surtout pas entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Dans la tourmente Mme. May a réussi à négocier un accord de sortie avec les 27 pays de l’Union mais celui-ci mécontente à peu près tout le monde : les partisans du Brexit qui le trouvent trop mou et les opposants qui le trouvent trop dur. Une ribambelle de ministres a démissionné et la majorité de gouvernement s’effrite. Le Parlement se divise et a priori refuse d’adopter cet accord en l’état, bien qu’il ne se soit pas encore formellement prononcé. Le temps courre et l’échéance se rapproche !

D’autres auraient jeté l’éponge depuis bien longtemps dans cette affaire où il n’y a que des coups à prendre. Pas Mme. May qui applique l’instruction du peuple britannique en refusant d’ailleurs l’idée même d’un deuxième référendum qui ne ferait qu’apporter de la confusion et remettre potentiellement en cause la décision souveraine du peuple qui a décidé de quitter l’Union européenne. Elle dit fièrement depuis le début des négociations « Brexit means brexit ». On ne saurait être plus claire et elle tenta de négocier quelque chose qui lui paraissait dans l’intérêt supérieur de la nation. Le Parlement décidera in fine au nom du peuple qui l’a élu.

En réalité ce qui pèse sur toutes les parties c’est l’incertitude considérable dans laquelle tout le monde se trouve. Les marchés n’aiment pas l’incertitude, pas plus que le business ou la politique. Les seuls qui apprécient l’incertitude sont les spéculateurs car elle est annonciatrice de rendements élevés, tout aussi élevés d’ailleurs que les risques pris. Personne ne sait bien si un Brexit doux donnerait de meilleurs résultats qu’un Brexit dur, que ce soit pour le Royaume ou pour l’Union. Nous sommes dans le brouillard et le Parlement qui va voter va en fait lancer un formidable coup de dés dont tout le monde ignore l’issue. Mme. May s’est dit qu’un accord modéré et raisonné était la meilleure solution à proposer, le Parlement n’en sait rien mais doit décider, grandeur et servitudes de l’action politique, ainsi va la démocratie !

Mais au-dessus de ce débat somme toute démocratique, se révèle une dirigeante modérée qui applique ses convictions en respectant la direction décidée par ses électeurs, indiquée par ses citoyens. Alors que tous les initiateurs du processus qui mena au Brexit se sont égayés dans la nature comme un vol de perdreaux au milieu des champs, elle tient la barre. Et quand nombre de dirigeants européens surfent sur l’éphémère illusion de leur popularité, leur colonne vertébrale ramollie pour s’avachir plus rapidement devant leurs renoncements, Theresa May se bat pour l’intérêt général comme la future reine Elisabeth arpentait les rues de Londres bombardées en 1940 par les allemands pour soigner les blessés de son peuple.

L’Histoire reconnaîtra ceux qui ont agit pour le bien général qu’elle distinguera des forbans à la recherche de leur gloriole.

Londres a finalisé son projet de divorce

L’Union européenne et le Royaume-Uni sont convenus d’un accord de divorce sur un mode amiable après presque deux années de négociation. Cet accord semble préserver la chèvre et le chou : on prolonge un peu l’union douanière, on ne rétablit pas de frontière physique entre la République d’Irlande et le territoire d’outre-mer d’Irlande du Nord, on protège les expatriés chez les uns et chez les autres, bref on est arrivé à un juste milieu conclu entre gens intelligents et de bonne compagnie, conscients de la volonté et des intérêts des populations qu’ils représentent.

Néanmoins, le premier ministre doit maintenant faire endosser ce projet d’accord par son parlement et la partie ne semble pas gagnée tant il s’agit justement d’un accord « modéré » donc considéré comme trop ou trop peu selon qu’il soit vu par les partisans du maintien dans l’Union ou ceux voulant la quitter à n’importe quel prix. Les députés britanniques ont maintenant dans leurs mains le sort de leur pays pour les prochaines décennies ; sacré enjeu ! Alors que les politiciens de circonstance qui ont lancé le Royaume dans cette voie inconnue du référendum pour ou contre le brexit ont tous plus ou moins fui leurs responsabilités, à commencer par le premier ministre David Cameron, laissant à leurs successeurs la complète impréparation du processus de divorce, les parlementaires vont avoir le dernier mot. Le vote est programmé pour le 11 décembre, gageons que nombre d’entre eux risquent d’avoir quelques insomnies d’ici là.

Des frontières

Les négociations sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne battent leur plein. Les difficultés auxquelles les britanniques ne s’étaient pas préparés, sans doute convaincus que le résultat de leur référendum de 2016 ne serait pas ce qu’il fut, ces difficultés sont grandes. Il est vrai qu’il faut démonter une fantastique bureaucratie multilatérale et en remonter une seconde qui fondera les nouvelles relations entre l’ile et le continent après la séparation.

Il apparaît que le point dur auquel se heurtent les parties concerne la frontière à rétablir entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, territoire britannique postcolonial. Et ce n’est pas la moindre des contradictions dans cette affaire : alors que l’une des causes majeures de cette volonté britannique de quitter l’Union est justement de vouloir rétablir les frontières et mettre fin à la libre circulation des personnes, le Royaume ne veut surtout pas en voir une réapparaître en Irlande. Tout d’abord la majorité conservatrice actuelle à Londres tient aussi à quelques députés d’Irlande du nord unioniste qui ne le veulent pas, mais surtout il existe des craintes probables que l’hypothèse ne relance la guerre civile et religieuse qui a ravagé ce territoire des décennies durant.

Le risque existe et Londres en fait un point de blocage à la conclusion de tout l’accord. Elle veut des frontières partout, sauf avec Irlande. L’Union ne sait pas trop comment faire avec cette exigence qui reviendrait à maintenir du libre-échange avec l’Irlande du nord qui est elle-même territoire britannique, ce qui fait réagir Londres qui refuse qu’une partie du Royaume reste régie par les règlements européens et à exercer des contrôles douaniers entre l’Irlande du nord et l’Ile principale britannique. C’est assez inextricable. En fait, au-delà des questions de souverainetés respectives, ce qu’il y a au bout du chemin c’est la question de la réunification de l’Irlande et c’est évidemment encore bien plus explosif…

Les droites européennes dirigées par des ânes bâtés !

Le parti conservateur de la chef du gouvernement britannique disposait d’une majorité absolue au parlement pour plusieurs années et s’apprêtait à démarrer les négociations de sortie de l’Union européenne. Elle avait d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’organiserait pas d’élections législatives anticipées mais conseillée sans doute par des communicants mondains et incompétents elle est revenue sur cet engagement et a initiée un scrutin législatif ce 8 juin, comme si le Royaume-Uni n’avait rien d’autre à faire que des élections par les temps qui courent.

Bien mal lui en pris d’écouter les mondains car à l’issue du scrutin elle garde la majorité mais celle-ci n’est plus absolue et voici le parti conservateur obligé de négocier une coalition avec un parti religieux irlandais extrémiste ! C’est un désaveu cinglant et souvent ce qui arrive quand on confond les petits arrangements dans les coins avec la Politique. On ne peut manquer de se souvenir de l’incroyable faute politique du président conservateur français Chirac en 1997 qui dissolut l’assemblée nationale où il disposait d’une majorité plus qu’absolue. Il perdit, son parti devint minoritaire et le président dut nommer un premier ministre socialiste pour cinq années. Là-encore il fut (mal) conseillé par un mondain entre les mondains, M. Gallouzeau de Villepin, et le publicitaire Jacques Pilhan qui sans vergogne était passé de Mitterrand à Chirac pour dispenser ses billevesées. L’évènement fut salué comme la guignolade du siècle politique.

A Londres, quelques mois avant l’échec abordé ci-dessus, un autre premier ministre a joué les apprentis sorciers en organisant un référendum pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Rien ne l’obligeait institutionnellement à lancer une telle consultation sinon sa volonté féroce de rester au pouvoir en donnant des gages à ses « amis » conservateurs eurosceptiques. Il mena campagne pour le maintien dans l’Europe mais, débordé par ses extrémistes qui menèrent une campagne de café du commerce, il perdit son Paris et la Grande-Bretagne a maintenant vocation à quitter l’Union. Il est encore trop tôt pour comprendre si ce sera bénéfique ou pas pour les parties mais on a vu un premier ministre britannique prêcher le faux pour savoir le vrai avec les résultats que l’on sait. Il a dû prendre une retraite anticipée et a lancé son pays pour des années de négociations compliquées aux résultats incertains.

Ces hauts dirigeants et leurs entourages ont passé du temps, beaucoup de temps, à manœuvrer alors qu’ils sont payés par les contribuables pour diriger. Ils ont fait dépenser beaucoup d’argent public pour financer ces scrutins inutiles alors qu’ils sont en charge de l’équilibre des finances de leurs Etats. Ils se sont préoccupés de leurs égos alors qu’ils sont censés prendre en compte les besoins du peuple. Ils ont été désavoués et, souvent, sont restés à leurs postes quand ils ne cessaient de prôner l’esprit de responsabilité dans les théories libérales assénées à longueur de discours. Bref, ils ont été incompétents.

En France, la droite conservatrice vient de confirmer ses limites en perdant une élection présidentielle qualifiée « d’imperdable » par ses dirigeants. Il en sera sans doute de même dès dimanche prochain avec le deuxième tour de l’élection législative. On a vu que la campagne électorale s’est transformée en bataille de caïmans dans un marigot trouble et nauséabond. Ce ne furent que coups bas, traitrises, attaques et lâchages en tous genres, dévoration de charognes avariées, bref, un festival qui a renvoyé cette droite dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.

Que se passe-t-il avec ces droites d’Europe de l’ouest ? Pourquoi n’arrivent-elles pas à désigner des dirigeants responsables et efficaces ? Voyons ce que fera la génération suivante.

Nouvel attentat islamiste au Royaume-Uni

Trois terroristes islamistes tuent huit personnes à Londres ce 3 juin. Trois victimes sont françaises. Les trois agresseurs ont écrasé des passants sur un pont dans une première étape puis, après être sortis du véhicule fou avec des couteaux, ils ont poursuivi leurs meurtres au hasard dans les pubs du quartier. Le groupe Etat islamique a revendiqué cette action.

Attentat du groupe Etat islamique au Royaume-Uni

Un nouvel attentat suicide s’est déroulé à Manchester à la sortie du concert d’une artiste américaine pour pré-adolescents ce 22 mai. Il y a une vingtaine de morts et de nombreux blessés, souvent très jeunes. Le terroriste qui s’est fait exploser est citoyen britannique d’origine libyenne d’une vingtaine d’années. Son père et son frère ont été arrêtés en Lybie et auraient déclaré qu’ils étaient au courant du projet d’attentat.

Le groupe Etat islamique a revendiqué ce massacre et continue consciencieusement la mission de terreur dont il se croit investi par Dieu.

Attentat religieux islamiste à Londres

Un citoyen britannique mène une attaque terroriste au centre de Londres. Il fonce en voiture sur un pont renversant de nombreux piétons, tue au poignard un policier de garde devant le parlement avant d’être lui-même tué par des policiers. Il y a quatre autres morts à ce stade. Le groupe Etat islamique revendique l’action.

Comme en France, des enfants de la nation, nés sur place, élevés à l’école de la République ou de la Monarchie, prennent les armes contre leur pays et tuent aveuglément leurs concitoyens pour des motifs religieux plus ou moins inspirés par l’idéologie mortifère diffusées par des fous de Dieu, guerriers et stratèges moyenâgeux.

Evidemment nos esprits cartésiens libéraux occidentaux peinent, comme toujours, à comprendre ces comportements qu’il faut combattre. La bataille est engagée depuis plusieurs années et les citoyens occidentaux s’habituent progressivement à cette menace meurtrière. Il y eut de nombreux morts ces dernières années, il y en aura encore beaucoup d’autres à venir. Cela va être un peu la roulette russe. Pour survivre il suffit de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment puisque les attaques peuvent venir de n’importe où, même de nos proches qui seraient emportés par l’absolutisme religieux islamiste. Statistiquement cela reste assez peu probable mais cela peut arriver. Il suffit de croire aux statistiques.

Démissions en série à Londres

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Dans la foulée du référendum britannique ayant décidé la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, deux des principaux élus qui ont mené la bataille pour ce départ démissionnent de leur poste. Après avoir agité les chiffons rouges sous les yeux de Mme. Smith et l’avoir persuadée que tous ses malheurs sont dus « aux immigrés, aux accords de Schengen,… » ils la laissent se débrouiller avec les conséquences de son vote.

Boris Johnson a renoncé à briguer le poste du premier ministre qui devra négocier les nouvelles conditions de coopération entre le Royaume et l’Union. Nigel Farage, patron du parti UKIP explique que son objectif de faire sortir son pays de l’Union étant maintenant atteint, il ne lui reste plus qu’à contrôler que le futur gouvernement conservateur qui devra négocier le divorce le fasse sans trop de faiblesse.

Quand à David Cameron, dirigeant conservateur aux convictions insulaires, il a joué avec le feu : après avoir critiqué des années durant l’Union européenne responsable désigné de tous les malheurs britanniques il propose d’organiser un référendum pour demander à ses électeurs s’ils veulent ou non rester dans cette union hétéroclite. Quelques jours avant l’échéance et après avoir arraché quelques ultimes passe-droits pour son pays, il change d’avis et se met soudain dans le camp du maintien… Bref, une politique à la petite semaine, des idées qui évoluent avec les retournements de veste au hasard des intérêts partisans, il ne faut pas s’étonner que les électeurs aient déjoué les attentes.

Selon le résultat auquel aboutira ce changement, Cameron devra sans doute rendre des comptes pour son inconséquence, ou au contraire empocher les dividendes d’un coup de poker qui équivaut à un saut dans l’inconnu mais peut se révéler positif.

En attendant, aucun des candidats favorables au départ ne semble avoir prévu un programme sur le jour d’après, sinon de se débiner de leurs responsabilités !

Le Royaume-Uni veut sortir de l’Union européenne

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Un référendum organisé au Royaume-Uni jeudi dernier par des gouvernants calculateurs abouti à un vote majoritaire en faveur de la sortie du pays de l’Union européenne. Le continent est en émoi. Mme. Michu et le monde médiatique français rivalisent en commentaires et prévisions de Café du commerce.

Disons le tout de suite et tout net : depuis un siècle les britanniques sont les vrais amis de la France dans l’Europe géographique. Le royaume a mis le coup d’arrêt souhaitable à la folie conquérante et sanguinaire de Napoléon. Depuis ils furent à nos côtés chaque fois que la situation l’exigeât : de la bataille de la Somme en 1916 à l’invasion allemande de 1940, en passant par la reconquête de l’Afrique du Nord en 1942, ils sont venus combattre sur notre sol et au-delà pour défendre notre liberté. Depuis nos dirigeants et nos peuples ont toujours su s’entendre sur les sujets majeurs. Ils ont pardonné Vichy, nous avons estompé les tristes souvenirs de Fachoda et de Mers-el-Kebir, nos politiciens ont manœuvré les uns contre les autres dans les empires vieillissants et concurrents, puis à Bruxelles où s’affrontèrent des idées libérales britanniques contre celles plus étatiques de la France jacobine, mais malgré tout Paris et Londres sont de vrais amis et le resteront.

Accessoirement le Royaume-Uni a engendré parmi les plus grands créateurs de la musique Rock et diffuse la bande son de la jeunesse européenne depuis les années 60’.

Alors le pays va sortir de l’Union européenne puisque la majorité de ses électeurs en a décidé ainsi suite à l’organisation d’un référendum décidé par un pouvoir conservateur en mal de convictions. Est-ce une bonne nouvelle ? Certainement non. Un drame ? Pas plus. La séparation va s’organiser entre gens intelligents et de bonne compagnie, un mode de fonctionnement sera arrêté entre les parties et personne n’est capable de prédire à ce jour si les conséquences en seront favorables, défavorables ou neutres. Ceux qui s’y risquent aujourd’hui sont des inconséquents.

De façon plus fondamentale on peut s’interroger sur les vraies raisons qui ont poussé les britanniques à préférer continuer seuls leur destin plutôt qu’en groupe et le risque de voir cette position déteindre sur d’autres pays membres ? On peut affirmer sans trop de risques de se tromper que c’est l’une des conséquences de l’avachissement général de nos sociétés occidentales où l’on privilégie les slogans sur les idées, les affrontements personnels sur les débats politiques, bref, où l’on donne la parole au Café du commerce plutôt qu’à l’intelligence ! A force de faire des programmes en 140 signes sur Tweeter, de crier haro sur Bruxelles rendue responsables de tous les maux nationaux, de scander « c’est la faute aux immigrés », « c’est la faute à Schengen », « fermons les frontières », « y-a trop de libéralisme », « y-a trop de réglementations » etc. etc., Mme. Smith s’est faite balloter entre les mensonges factuels, les tricheries idéologiques, les rivalités de plateaux télévisés et elle a finalement voté pour mettre fin à la participation britannique au projet européen. Les pourfendeurs de l’Europe étaient en premières ligne alors que les défenseurs restaient aux abonnés absents. En France, Mme. Michu pourrait aisément suivre la même voie si on lui posait la même question vu la pauvreté consternante du débat hexagonal.

C’est ainsi et il faut maintenant gérer la sortie britannique au mieux des intérêts des uns et des autres. Le Royaume-Uni garde sa diplomatie d’une redoutable efficacité ainsi qu’une capacité de nuisance certaine pour les négociations au long cours qui s’annoncent. Un point de faiblesse pour Londres réside peut-être dans la volonté de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord de faire cavaliers seuls, au besoin en demandant leurs indépendances. Le cas est improbable mais s’il advenait le processus de sortie de l’Union européenne enclenché le 23 juin dernier aboutirait également au démantèlement du Royaume. Les responsables politiques conservateurs qui l’ont initié devront alors en assumer les conséquences dont on a du mal à imaginer qu’elles puissent être positives pour la Couronne, mais qui sait ?

Pour le moment les marchés financiers dont on connait les piètres compétences en matière d’anticipation s’agitent un peu. Les spéculateurs spéculent à la hausse comme à la baisse, c’est leur métier et ils sont généralement programmés pour vendre en cas d’incertitude, comme un caniche lève la patte quand il croise un platane. Rien de grave, ils s’en remettront. Ceux qui avaient spéculé à la baisse ont empoché leurs gains et ceux qui avaient spéculé à la hausse sont en train de se refaire puisque le marché financier de Londres a déjà récupéré en une semaine la perte enregistrée depuis le résultat du référendum.

La politique ne se fait pas à la corbeille disait MonGénéral. L’avenir va se jouer maintenant à 1 contre 27 et le plus faible ne sera pas forcément celui que l’on croit. Il conviendrait que les 27 restent fermes sur le nouveau statut à accorder au Royaume-Uni et que les actes politiques des élus et des citoyens britanniques soient suivis de conséquences tangibles. Ce serait au moins une innovation à empocher : la responsabilisation des Etats et des citoyens !

Nous parlions de MonGénéral ! Rappelons-nous ce qu’il disait en 1963 :

Faux-jettonerie et finance islamique

Le Royaume-Uni émet un emprunt public respectant la loi islamique, c’est-à-dire sans taux d’intérêt formel, mais rémunérant le prêteur sous une forme équivalente. Tout ceci relève un peu de la faux-jetonnerie mais qu’importe, la finance islamique gère une partie des fonds pétrolier alors autant arriver à y accéder.

S’il n’y a pas de taux d’intérêt, au moins les trader-fraudeurs ne pourront pas les manipuler. Faisons confiance à leur inventivité pour s’adapter rapidement à ce nouveau contexte.

RBS : la banque libérale nationalisée par le contribuable brittanique

Nouvel épisode de la manipulation à grande échelle des taux d’intérêt sur les marchés financiers par les traders-fraudeurs : la banque Royal Bank of Scotland (RBS) accepte de régler une pénalité d’environ 600 millions d’USD aux autorités britanniques et américaines pour avoir des années durant faussé et manipulé le taux d’intérêt de référence LIBOR. La banque informe par ailleurs de la démission de son directeur de quelque-chose ! C’est bien le moins… Compte tenu des circonstances on se serait plutôt attendu à un licenciement sec de tout l’état-major avec plainte au pénal et embastillement immédiat à la Tour de Londres.

RBS s’est rendue célèbre durant la crise financière de 2008 pour son risque de complète faillite qui poussa le gouvernement britannique à la nationaliser à quasiment 100% pour éviter son effondrement. Le contribuable a donc financé les errements du management de cet établissement : rachat hors de prix de la banque ABN Amro début 2008, pertes de trading colossales, expansion démesurée et incontrôlée, pertes gigantesques sur les valeurs dites subprime (crédit immobilier fait à des emprunteurs non solvables), rémunérations exorbitantes d’employés jouant au casino avec l’argent des déposants, utilisation massive de paradis fiscaux pour compte propre et pour des clients, on en passe et des meilleures !

Cerise sur le gâteau, son pédégé Fred Goodwin (il s’appelle bien Goodwin, ça ne s’invente pas) a finalement accepté de démissionner en 2009 avec toute une série d’avantages en espèces sonnantes et trébuchantes, retraite chapeau et autres gâteries comme les banques savent en mijoter pour leurs dirigeants incompétents. Devant la levée de bouclier constatée au Royaume-Uni en 2009 face aux avantages acquis à ce banquier failli, le garçon a accepté de réduire ses exigences.

La transaction acceptée par RBS en 2013 montre que non seulement cette banque était mal gérée, que ses cadres percevaient des rémunérations sans rapport avec leurs mérites et résultats, que le contribuable britannique a dû casser sa tirelire pour lui sauver la mise, mais qu’en plus de tous ces errements, la banque fraudait massivement en manipulant les taux d’intérêt. N’en jetez plus !

Le plus insupportable dans ces affaires bancaires (RBS est loin d’être seule dans le marigot des tripatouillages financiers) pour le citoyen lambda c’est finalement l’absence de sanction. Certes, la City a licencié une partie de ses effectifs de traders-fraudeurs, mais pas beaucoup plus que le secteur de la sidérurgie en Europe du Nord.

La puissance des secteurs financiers face aux Etats est sans limite. Il a quand même fallu voir le Royaume britannique, la Mecque du libéralisme financier, accepter de nationaliser ses banques ! Pire, alors que le capitalisme en partie originaire de la perfide Albion nous ressasse depuis des décennies que le libéralisme c’est la responsabilité : on voit à Londres les fat-cats continuent globalement à ronronner tranquillement, malgré leurs échecs, gorgés d’avantages financiers immérités. Eh oui, même un gouvernement britannique conservateur (qui est en train de se préparer à proposer à ses citoyens de statuer sur leur départ de l’Union européenne) n’arrive pas trop à changer les choses… Espérons au moins qu’il arrivera à revendre cette banque félonne sur les marchés, pour qu’au moins le contribuable soit remboursé.

Cessons de décorer n’importe qui !

Un scandale de pédophilie implique un ex-animateur de la BBC, décédé depuis, et fait grand bruit au Royaume-Uni car l’impétrant était anobli par la Reine et aurait été proposé pour une distinction papale. Eh oui ! Mais il faudrait aussi que la Couronne d’Angleterre, le Saint-Siège et tous autres gouvernements cessent de faire dans la pipolisation et de distribuer des décorations à tout va à des présentateurs télé, tout ça pour aspirer les votes de Mme. Michu.

Un présentateur télé, ça présente à la télé, éventuellement avec talent, mais en aucun cas ça ne mérite une décoration de la République ou de la Monarchie.