Un nouveau drame de la bêtise

La concomitance des émeutes en France avec un attentat religieux à Strasbourg provoque une recrudescence inhabituelle des théories loufoques dont Mme. MIchu se laisse convaincre au Café du Commerce. Qu’on en juge : les assassinats de Strasbourg auraient été commandités par le gouvernement français pour dissiper l’attention des citoyens sur les émeutiers et leurs revendications. Les premières enquêtes en cours ne confirment pas cette hypothèse.

Encore un drame de l’abrutissement des masses attisé par le niveau du débat citoyen actuel, des tweets de Nadine Morano aux interviews des joueurs de fouteballe. Soyons optimistes, investissons dans l’éducation et l’intelligence vaincra !

La coupe « taliban » fait fureur

Voici une photo d’un journaliste du service public qui a adopté la coupe « taliban », crâne rasé et barbe fournie :

C’est une véritable mode virale qui saisit une portion significative de la population. Dès qu’une calvitie s’annonce les impétrants rasent le haut de la tête et libère le bas. Il faut dire que les talibans eux, n’attendent pas la calvitie pour adopter la coupe. Après Booba et Karis :

On a eu Thierry Henri :

Sans parler de notre voisin de palier…

Les idoles de la jeunesse


Deux rappeurs à tête de talibans, et leurs bandes respectives, se battent à l’aéroport d’Orly et saccagent une boutique. L’aérogare où se déroulent les évènements est fermée quelque temps et certains avions sont retardés. La police arrête les loubards et les embastillent. Ils sont ensuite mis en examen.

Tout ceci aurait pu se limiter à une bagarre entre deux crétins plus portés sur le muscle que sur les neurones, mais il se trouve que les impétrants sont des idoles des jeunes pour leur rap tout en subtilité, qu’on en juge :


2.7.0. toujours plus haut, la République me suce le tuyau
Monsieur l’agent, je t’enfonce le triangle, Sevran et le gilet fluo
Je veux faire des sous mais je suis paresseux
J’aime pas ta gueule je te baise ta reu-sœu
Je n’ai que confiance qu’en mon Desert Eagle
Et en Zizou dans les arrêts de jeu
Elle est dans la chambre, elle est sous les draps (hum hum)
J’ai des jambes à la place des bras
Elle pense que je suis en train de la doigter (hum hum)
Je lui mets mon gros doigt de pied
Mes deux questions préférées
Qu’est-ce que je vais faire de tous ces deniers?
Si je te fends le crâne en deux, quel œil va se fermer le premier?
Continue à glousser, je te fume et je roule un trois feuilles
Tes ongles continuent à pousser tu pourras griffer ton cercueil
J’ai la prose qui tue et, même ton corps reconstitué
On ne sait toujours pas qui tu es, ta grand-mère la prostituée
Montre en diamants, lunettes de soleil
Sors les kalash comme à Marseille
Ma question préférée, qu’est-ce je vais faire de tout cet oseille?

Kalash – Booba

Alors le sujet fait la une de l’actualité depuis quelques jours, des ministres de la République se croient obligés de commenter et les journalistes abrutissent leurs téléspectateurs d’analyses à deux balles. Après le fouteballe en juillet, le rap en août, c’est le triomphe de la bêtise humaine qui prend progressivement le pas sur la pensée. La bonne nouvelle c’est quand même qu’un peuple qui n’a rien d’autre à faire que de se passionner pour un tel évènement est finalement un peuple qui, au moins matériellement, ne se porte pas si mal que ça. Pour ce qui de l’intellect, c’est une autre histoire…

Lire aussi : Le social-traître

La justice ne s’est pas encore prononcée. On se prend à espérer que les loubards soient condamnés à recevoir une grosse fessée culs-nus et à balayer gratuitement l’aéroport jusqu’au complet remboursement des dégâts causés.

Les jeunes et la communication

Le chroniqueur sexagénaire se fait rappeler par une gamine de 25 ans que « les moins de 30 ans n’écoutent pas leurs messageries téléphoniques » ! Il est vrai que cette jeunesse ne parle plus beaucoup au téléphone que ce soit en direct avec un interlocuteur ou via une messagerie ; les jeunes pianotent sur leurs écrans tactiles des messages en quelques signes via une multitude d’applications diverses. Il faut juste s’en souvenir et si l’on a besoin de communiquer avec un moins de 30 ans, cela ne sert à rien d’user sa salive, un petit texto sera bien plus efficace et atteindra immédiatement son destinataire.

Une affaire de ploucs à la une

Après la mort de Johnny Halliday, dit « l’idole des jeunes » il y a bien longtemps, ses familles décomposées s’opposent dans la presse et devant les tribunaux pour de sombres histoires de sous. Certains auraient été déshérités au profit d’autres. Les artistes de variété et les fans franchouillards prennent parti sur les plateaux télévisés. Les journalistes se régalent : enfin un sujet qu’ils peuvent commenter du haut de leur immense paresse intellectuelle…

Nous sommes en présence d’une affaire de ploucs enrichis qui se déchirent les restes d’une vedette dont on ne sait d’ailleurs pas bien s’ils sont composés de plus d’actifs que de dettes. Il eut été plus élégant qu’ils entendent avec discrétion sur le cadavre de leur père et mari.

L’Afrique fantôme…

Comme nombre de citoyens connectés, le chroniqueur reçoit régulièrement dans sa boîte à lettres électronique des propositions douteuses, parfois cocasses, souvent affichées comme expédiées d’un pays africain, et promettant la lune. Celle d’aujourd’hui appuie à la fois sur le misérabilisme, la situation d’un jeune dont les deux parents auraient été assassinés lors des coups d’Etat en Côte d’Ivoire et qui veut reprendre des études à l’étranger, l’espérance de la fortune (avant leurs morts lesdits parents auraient accumulé une fortune de 8 millions d’euros dans l’agriculture…) et la perspective de l’immigration. Il s’agit de fournir une adresse et un téléphone au demandeur, de recevoir et de garder un colis contenant les 8 millions d’euros. Ensuite, il s’agit d’aider le garçon à immigrer et il promet de nous laisser 20% de sa fortune agricole.

Encore plus réguliers sont les emails reçus de fausses banques affichant des noms et des adresses email qui semblent réalistes et qui instruisent de rentrer des coordonnées bancaires sur un site affichant quelques vagues logos plus ou moins ressemblant avec ceux des banques qui sont censé les expédier.

Le chroniqueur s’est même vu confronté à une tentative d’arnaque en cherchant à vendre un meuble sur « Le BonCoin ». Pour être payé, il fallait d’abord envoyer 100 EUR sur un compte en Côte d’Ivoire qui seraient ajoutés au paiement à recevoir, procédure imposée par la Loi…

Il y a toute une activité d’escroqueries sur Internet qui doit faire chauffer des robots à l’origine de ces messages et de leur diffusion et, sur le nombre, sans doute quelques personnes se laissent prendre. C’est étonnant vu l’évidente duplicité de ces messages, mais statistiquement il doit suffire d’attraper un ou deux gogos de temps en temps pour rentabiliser les frais du robot qui envoie des millions de messages chaque jour à travers la planète.


« De Paul Yapi
Bonjour,

Tout d’abord je vous presente mes excuses si mon courrier ne rencontre pas votre éthique personnelle, je voudrais trouver auprès de vous une oreille attentive.
Je suis Paul Yapi ivoiren et le fils unique de mes défunts parents M. et Mme Yapi George Mon père, ma mere et mes deux soeurs ont été assassiné deux ans après le coup d’etat de septembre 2011 à la maison. J’ai eu la vie sauve parce que j’etais à l’ecole à l’internat.

Mon père m’a laisse une fortune de huit million deux cent Euro (8.200.000 Euro). Mon but est de les investir hors de mon pays dans des domaines rentable a cause du problème socio-politique et que je n’ai plus personne sur qui je peux compter pour mon avenir. Présentement l’argent est sauvegarde dans une societe de finance de la place declaré comme une valeur familiale.
Malgre le fait que mon père etait un fonctionnaire dans la Société de raffinage il faisait ses propres affaires dans le domaine de l’agriculture ou il a eu cette richesse.

S’il vous plait, je ne vous connait pas réellement mais comprenez que je souhaiterai que vous soyez comme un parent pour moi. J’ai pris un risque de vous contacter par internet lors de mes recherches et vous parler d’une telle somme qui va peut être vous paraître étonnant et surprenant mais croyez moi sincèrement.

Après avoir eu des renseignements et informations fiables avec le directeur de la societe ou mon defunt pere avait faire le depot, il m’a fait savoir que cela est possible de pouvoir effectuer un transfert de colis à l’étranger car il dispose d’un service de courrier pour ce genre de transfert, et pour ce faire nous devrions établir des dossiers légal et conforme aux règles d’un tel transfert car je lui ai fait comprendre que je souhaiterai que le transfert soit effectué chez mon partenaire à l’étranger.

Je demande honorablement votre aide de la manière suivante: Pour me fournir une adresse ainsi qu’un numéro de téléphone à laquel le colis sera expédié, servir de gardien de ces fonds puisque j’ai seulement 19 ans enfin m’aider à immigré dans votre pays afin que je puisse poursuivre mes études.

Ainsi dit, votre effort après la reception des fonds sera recompense de 20% de mon héritage.

En outre, vous indiquez vos options pour m’aider sachant que pour moi, j’ai la foi que cette transaction peut se faire le plus vite possible.
J’aimerai avoir votre point de vue sur cette question et cela selon votre disponibilité.

Dans l’attente d’une suite favorable à ma demande, veuillez accepter mes sincères salutations.

Paul Yapi »

Il neige… et la France râle

Petit épisode neigeux sur l’Ile de France, les routes sont encombrées, des bus sont arrêtés en soirée mais le métro fonctionne normalement, des trains sont en retard. Les prévisions météorologiques avaient prévu la situation. Quelques automobilistes restent bloqués plusieurs heures sur une nationale tellement pentue que tout le monde glisse, certains sont hébergés pour la nuit dans des gymnases. C’est ce qu’on appelle des intempéries pour une région parisienne qui n’est plus tellement habituée à la neige.

Mais nous sommes en France alors tout le monde se plaint et sombre dans la démesure : « Mais que fait le gouvernement ? On est abandonné sur la route sans boire ni manger… » etc. C’est la cohorte des pleureuses, une tempête de lamentations, un déferlement de grognons. Il y eut quelques situations désagréables certes, en une nuit tout a été résorbé mais la République n’est pas venue servir un repas chaud arrosé d’un grand cru au bord des routes enneigée, ce n’est pas prévu dans les missions de l’Etat ni dans les financements pour lesquels les contribuables payent des impôts.

Tout le monde a survécu, Dieu merci !

Les vaccins au Café du commerce

Entendu dans un dîner en ville :

Le passage à 11 vaccins obligatoires va permettre aux laboratoires pharmaceutiques de s’en mettre plein les poches, et en plus ce sont eux qui financent les études cliniques qui servent leurs intérêts.

C’est une illustration supplémentaire du complotisme décébrant qui tient lieu de débat dans l’hexagone où la polémique est préférée à la raison. Sur la question des vaccins, la simple analyse statistique du risque de la maladie versus le risque de l’administration du vaccin devrait logiquement suffire à clore la question, à une époque où il y a encore des citoyens qui meurent de la rougeole dans notre pays.

A défaut de pouvoir montrer scientifiquement la nocivité du vaccin Mme. Michu s’en prend à ses fabricants qui « se remplissent les poches sur le dos des patients » et c’est là deux siècles d’influence marxiste plus ou moins diffuse dans l’imaginaire national qui viennent aveugler le Café du Commerce. Après avoir été nationalisée à divers titres, tranches et périodes par la République, cette industrie a été rendue quasi intégralement au secteur privée et cotée en bourse. Elle doit donc vendre ses produits et réaliser des profits pour éviter de devoir taper au portefeuille de Mme. Michu-contribuable en cas de faillite et continuer à soigner Mme. Michu-patiente. Si l’on veut que ces profits soient rendus à la République, il suffit de renationaliser l’industrie pharmaceutique, une simple loi et quelques dizaines de milliards payés par Mme. Michu-contribuable y pourvoiront. Espérer que des entreprises cotées en bourse ne réalisent pas de profit est un vœu pieux, symptomatique du si cruel manque d’éducation économique qui caractérise les citoyens français.

Et pour ce qui concerne les études cliniques, Mme. Michu devra apprendre qu’elle vit dans une République dont les élus (par Mme. Michu-électrice) préfèrent financer des jeux olympiques que de la recherche médicale. Il serait certainement plus équitable que la puissance publique finance elle-même ces études cliniques et rien ne l’interdit sauf… le manque de sous. Pour redresser cette situation, il suffit de voter pour des candidats qui privilégieront l’allocation des ressources publiques à la santé plutôt qu’à des jeux de ballons ou autres futilités du même genre.

Fouteballe et démesure

10/02/2016

Un fouteballeur brésilien est vendu plusieurs centaines de millions d’euros à un club français propriété d’intérêts financiers du Qatar. Cette arrivée anime les conversations de Mme. Michu au Café du commerce et la plupart des médias français font leurs gros titres sur cet évènement. Les sommes en jeu et l’importance donnée à cette information sportive concernant un simple pousseur de baballe tournent à une démesure qui ne semble pas connaître de limite. Chacun discute des coûts et bénéfices de cette transaction pour le fouteballe, le club qatari ou les contribuables français.

Comme souvent cette démesure attise les débats tout particulièrement parce qu’elle concerne le fouteballe, un secteur économique où l’intelligence et l’élégance sont désespérément absentes mais où la vulgarité et la beaufitude semblent devoir être les qualités pour réussir. Il est vrai que l’on s’émeut généralement un peu moins des rémunérations perçues par certains artistes ou pédégés car il est considéré que l’activité de leurs neurones ou leur créativité rend plus compréhensible l’attribution de sommes si faramineuses.

En fait on est face à la mise en œuvre du principe de base de l’économie libérale, celui de l’offre et la demande. Les investisseurs s’intéressent au nombre de T-shirts à 140 EUR, siglés du nom du pousseur de baballe, qui seront achetés par des dizaines de milliers de citoyens. Qu’importe si dans le même temps l’intelligence mesurée par le QI (quotient intellectuel) baisse depuis deux décennies sur la planète. Différentes pistes sont d’ailleurs avancées pour expliquer cet appauvrissement du QI mondial : les perturbateurs endocriniens, l’alcool, le cannabis, l’âge plus élevé des femmes pour avoir des enfants… Les études scientifiques ne tirent pas de conclusions définitives sur les causes de cet avachissement, mais on ne peut pas exclure les effets abrutissants des matchs de fouteballes, des tweets de Nadine Morano ou de la publicité invasive et répétitive.

Le court-termisme propre à nos sociétés occidentales amène à privilégier la vente de T-shirts sur la progression du QI.

Camp de travail

Entendu au Café du commerce par un citoyen d’Europe de l’Est :

Vous devriez mettre tous vos « fichés S » en prison ! Il fut un temps où chez nous on envoyait les gens en camp de travail pour bien moins que ça.

C’est une solution effectivement, il suffit de revenir à ce genre de régimes qui, semble-t-il, ont été rejetés par leurs peuples quand on leur a demandé leur avis.

La haine de la gauche

Dans un dîner en ville les participants conservateurs assènent toujours les mêmes poncifs contre la politique dite « laxiste-de-gauche » qui est désormais passée mais qui n’est toujours pas digérée au point de brouiller la raison de ses opposants :

Mme. Najat Valaud-Belkacem applique une sélection aléatoire des candidats inscrits pour entrer à l’université. C’est l’habituel et détestable égalitarisme socialisme, ce réflexe permanent de la gauche à vouloir niveler par le bas la société française, etc., etc.

Le chroniqueur qui fréquentait une université parisienne réputée à la fin des années 70’ (avec un gouvernement de droite au pouvoir) rappelle incidemment que déjà à l’époque un système de tirage au sort avait été mis en place pour sélectionner les candidats éligibles dont le nombre dépassait largement les places disponibles…

Bien qu’un tirage au sort, par définition, est aléatoire et ne choisira donc pas que les plus mauvais, ce type de position est révélateur du plus grand échec de la majorité sortante : celui de la pédagogie, tant vers sa droite que vers sa gauche. Elle n’a pas su expliquer ce qu’elle faisait face à des opposants qui ne voulaient rien entendre. Elle n’a pas su mettre sur la table des alternatives possibles, les raisons de ses choix. Et quand cela fut fait, une presse de circonstance a vulgarisé des slogans plutôt que de diffuser de l’analyse. Dans le cas particulier de l’ancienne ministre Vallaud-Belkacem, son origine marocaine ne facilitait évidemment pas sa tâche pour décider de la politique d’éducation à appliquer à nos chères petites têtes blondes… Certains se plaisent d’ailleurs toujours à l’appeler « Mme. Belkacem » pour bien marquer sa culture arabe.

Le nouveau président de la République, et le mouvement qui le porte, affichent une ferme volonté de changer ces réflexes partisans et inefficaces. Ils avancent de louables intentions de nouveauté, de rénovation, de relance de la culture démocratique. Il va falloir au président Macron beaucoup d’autorité, de doigté et de conviction pour tenir ce cap et faire évoluer des comportements enracinés dans les mentalités de citoyens qui privilégient souvent la passion sur la raison !

L’arme politique du « fait alternatif »


La décadence de nos démocraties occidentales et de leurs classes politiques amènent de plus en plus ces dernières à diffuser des faits alternatifs, c’est-à-dire des mensonges avérés teintés du populisme que les électeurs veulent entendre et auquel ils croient avec tellement de facilité.

On a vu et entendu le nouveau président américain et son équipe asséner des faits imaginaires comme quoi la foule venue à l’investiture de Donald Trump était plus nombreuse que celle ayant assisté à la même cérémonie huit années plus tôt lorsque Barak Obama accéda à la Maison-Blanche. La simple confrontation des photos prises à ces occasions suffit à montrer le mensonge que l’entourage de M. Trump a finalement qualifié de faits alternatifs. Quelques semaines plus tard le président lui-même expliquait que son prédécesseur l’avait fait mettre sur écoute. Cette accusation n’a pas pu être prouvée, elle a même été contestée par la voix d’un des patrons de l’administration du renseignement américain siégeant devant une commission du parlement.

Au Royaume-Uni on a entendu les partisans de la sortie de leur pays de l’Union européenne raconter à leurs partisans des contre-vérités éhontées qu’ils ont même dû démentir une fois leur cause entendue, c’est dire si leurs entourloupes étaient grosses.

En France, Fillon-le-stupide s’est inspiré de cette méthode de communication qui semble n’entraîner aucun effet négatif sur celui qui la profère. Lui et son équipe ont occupé les médias des semaines durant pour asséner qu’un cabinet noir à l’Elysée manipulait la justice aux ordres pour l’assassiner politiquement suite à la révélation de ses petits arrangements avec l’éthique et l’argent public.

Cette nouvelle pratique politique d’affirmer du grand n’importe quoi comme une vérité divine est relativement nouvelle s’agissant de dirigeants de haut niveau. Mais elle fonctionne. Les masses sont de plus en plus atteintes dans leur capacité de réflexion par les journaux télévisés de TF1 et les messages tweet de Nadine Morano, elles croient tout et n’importe quoi, portées par une paresse intellectuelle à laquelle toute notre civilisation de l’instantané et de la consommation les pousse.

C’est ainsi que l’on élit Donald Trump président des Etats-Unis ou que l’on fait sortir son Etat d’une Union européenne. C’est ainsi que l’on risque d’élire un ou une chef de la France sorti du Café du commerce.

Il est temps qu’on en finisse


La campagne électorale présidentielle française se termine toujours vers plus de subtilité. On ne sait pas encore qui sera le vainqueur de cet affrontement de pieds nickelés aux fronts bas, mais on peut déjà dire que le grand perdant sera l’INTELLIGENCE !

Le bal des mondains

Dans un dîner en ville quelques convives assènent d’un air entendu et bien informé : « Fillon sera débranché demain ! ». Et quand on demande sur quoi repose une telle assertion, ils répondent « mais sur les sondages bien sûr et ce que l’on entend à la radio ».

Il est toujours étonnant de voir des citoyens accorder encore quelque crédit que ce soit aux sondeurs démiurges ou aux journalistes mondains. On a rarement vu deux corporations aussi incompétentes que celles-ci ces dernières années où elles n’ont pas cessé d’annoncer des évènements qui ne se sont pas produit, des résultats électoraux qui ont été démentis par la réalité, des prévisions apocalyptiques aussi ridicules qu’infondées.

Le lendemain de ce dîner de bobos, François Fillon était confirmé comme candidat unique de la droite à l’élection présidentielle.

Complotisme et beaufitude

Une rumeur se diffuse sur les réseaux dits sociaux et dans les dîners en ville :

Les médias « bien-pensants » cachent le fait que Mme. Hidalgo, maire de Paris, a été condamnée par la cour d’appel à rembourser 14 millions d’euros pour avoir financé sur fonds des contribuables parisiens l’Association des cultures de l’Islam.

Cette rumeur est répandue par le site d’extrême droite medias-presse-info.

Sur la forme, suite à une plainte d’un citoyen-contribuable la cour d’appel a annulé un bail signé par la mairie de Paris en 2013 avec l’Institut des cultures d’islam en se référant à la loi de 1905. Personne n’a été condamné à rembourser 14 millions d’euros, ni M. Delanoé qui était maire à l’époque, ni la mairie de Paris, ni encore moins Mme. Hidalgo qui n’était pas maire en 2013.

L’arrêt de la cour d’appel ci-dessous précise que la mairie doit rembourser les frais de justice de 1 500 EUR, et non 14 000 000 EUR :

Se basant sur cet arrêt, le conseil municipal présidé depuis par Mme. Hidalgo a même renoncé à la construction d’un deuxième bâtiment comme l’explique très bien Le Figaro en février 2016 dans son article : Institut des cultures d’Islam: démission du président. Sur le fond, certains élus (dont à l’époque M. Delanoé) et/ou sociologues et/ou spécialistes en religion pensent que l’une des solutions au terrorisme religieux islamique serait de mieux contrôler cette religion sur le territoire national puisque, quoique l’on souhaite ou qu’on espère, la France est le premier pays musulman d’Europe et cela ne va pas s’arrêter demain. Comment mieux gérer cette religion dans le cadre de la République ? Pour le moment on y arrive pas correctement, c’est le moins que l’on puisse dire. Certains ont des idées novatrices comme de signer un bail avec un institut d’islam pour monter une coopération culturelle avec la ville de Paris. Sans vraiment savoir s’il s’agit ou non d’une bonne idée, il ne faut peut-être pas s’interdire d’y penser du moment que c’est mené par des gens intelligents et de bonne compagnie, et il doit en exister même dans une mairie de gauche, voire dans des associations culturelles islamiques.

Ce type d’information complotiste devient le terreau d’une désinformation désormais largement diffusée et acceptée sans discussion. Cela procède de de l’abrutissement et la beaufisation qui rongent notre société où l’on abandonne l’intelligence au profit du prêt-à-penser, où l’on favorise le slogan au détriment de la raison, où le fouteballe et les journaux de TF1 ont éteint les neurones d’une bonne partie de la population, même celle ayant suivi l’enseignement de la République et vivant dans d’excellentes conditions sociales. Le résultat de cet effondrement de l’intelligence est la décadence de notre pays et la qualité des dirigeants de rencontre qui se présentent à nos suffrages : on a les dirigeants que l’on mérite !

La presse dans l’excès

« La Chienlit » titre cette semaine l’Express en première page devant la photo d’une brochette de responsables politiques de gauche. On pourrait aisément remplacer la photo par celle d’une brochette de journalistes incompétents et voyeurs (par ailleurs bénéficiaires de niches fiscales leur permettant de payer moins d’impôt sur le revenu que le reste des citoyens, toutes choses égales par ailleurs). L’Express, journal en faillite, passé dans les mains d’un cador du CAC40 se permet de donner des leçons aux sortants… Qu’il est loin le temps des Servan-Schreiber, Françoise Giroud et autres Claude Imbert…

Une presse de circonstance attise le conflit et les réactions de caniveau d’une population dépassée par la complexité de notre temps. Des journaux vendeurs d’aspirateurs privilégient le café du commerce au détriment de l’intelligence. Mais où sont ces années où Raymond Aron publiait des chroniques dans les colonnes de l’Express ?

Les électeurs de gauche qui votent à l’élection primaire de droite

Charlie Hebdo - Juin
Charlie Hebdo – Juin

Dans un dîner en ville le chroniqueur rencontre des représentants de cette étrange catégorie d’électeurs de gauche qui sont allés voter à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle de 2017 en France. Ils sont déçus du résultat et persuadés que si François Fillon et son programme libéral sont présents au deuxième tour en 2017 face à la candidate d’extrême droite, celle-ci l’emportera car la France moyenne refusera les mesures libérales déjà annoncées par Fillon dans son programme. C’est une possibilité et, de toute façon, nous aurons les dirigeants que nous méritons.

Guaino le colérique et son lance-roquette

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L’impayable et apoplectique Henri Guaino a expliqué qu’un militaire avec un lance-roquettes aurait pu arrêter le camion terroriste de Nice. Cette déclaration martiale, techniquement vraie, ayant provoqué un peu d’émotion, il publie sur son compte FaceBook la photo d’un lance-roquette. Le garçon est par ailleurs candidat à  la primaire de Les Républicains pour les élections présidentielles de 2017.

Pessimisme et complainte au Bar du Port

La contestation contre le projet de loi travail s’organise, plutôt modestement d’ailleurs, quelques manifestations, l’incontournable pétition sur change.org et un peu d’agitation sur les réseaux dits sociaux. Ce projet de loi vise à faciliter les licenciements et à donner la priorité aux accords d’entreprises sur la loi. C’est en cela qu’il est soutenu par les syndicats patronaux, qui en demandent toujours plus bien entendu, mais qui se réjouissent de voir un pouvoir socialiste aller dans une direction que même l’opposition conservatrice n’avait pas osé emprunter.

Croyez-vous que les consommateurs du Bar du Port, critiques enjoués et fidèles de la « gauche-laxiste », se réjouiraient de ce projet de loi ? Que nenni, les voilà maintenant à l’attaque de ces manifestants qui refusent le projet.

A force de pessimisme, de complainte permanente, de vision cataclysmique, de nombrilisme envahissant, la France s’enfonce dans cet immobilisme sclérosant qui la caractérise depuis plusieurs décennies. Une loi qui fait bouger les lignes déclenche par définition des réactions. Que certains contestent les projets des autres, quoi d’étonnant ? C’est la comédie humaine.

Le mythe du projet « gagnant-gagnant » est une escroquerie intellectuelle de plus. En matière économique, généralement ce que l’un gagne l’autre le perd, mais l’intérêt général peut bénéficier d’une redistribution des intérêts particuliers. C’est l’honneur du pouvoir d’essayer de privilégier cet intérêt général, c’est sa noblesse de l’expliquer et si possible de convaincre les citoyens du bien-fondé de ces réformes. La tâche est complexe dans un pays de râleurs !

Lire aussi La réforme du code du travail