Les vaccins au Café du commerce

Entendu dans un dîner en ville :

Le passage à 11 vaccins obligatoires va permettre aux laboratoires pharmaceutiques de s’en mettre plein les poches, et en plus ce sont eux qui financent les études cliniques qui servent leurs intérêts.

C’est une illustration supplémentaire du complotisme décébrant qui tient lieu de débat dans l’hexagone où la polémique est préférée à la raison. Sur la question des vaccins, la simple analyse statistique du risque de la maladie versus le risque de l’administration du vaccin devrait logiquement suffire à clore la question, à une époque où il y a encore des citoyens qui meurent de la rougeole dans notre pays.

A défaut de pouvoir montrer scientifiquement la nocivité du vaccin Mme. Michu s’en prend à ses fabricants qui « se remplissent les poches sur le dos des patients » et c’est là deux siècles d’influence marxiste plus ou moins diffuse dans l’imaginaire national qui viennent aveugler le Café du Commerce. Après avoir été nationalisée à divers titres, tranches et périodes par la République, cette industrie a été rendue quasi intégralement au secteur privée et cotée en bourse. Elle doit donc vendre ses produits et réaliser des profits pour éviter de devoir taper au portefeuille de Mme. Michu-contribuable en cas de faillite et continuer à soigner Mme. Michu-patiente. Si l’on veut que ces profits soient rendus à la République, il suffit de renationaliser l’industrie pharmaceutique, une simple loi et quelques dizaines de milliards payés par Mme. Michu-contribuable y pourvoiront. Espérer que des entreprises cotées en bourse ne réalisent pas de profit est un vœu pieux, symptomatique du si cruel manque d’éducation économique qui caractérise les citoyens français.

Et pour ce qui concerne les études cliniques, Mme. Michu devra apprendre qu’elle vit dans une République dont les élus (par Mme. Michu-électrice) préfèrent financer des jeux olympiques que de la recherche médicale. Il serait certainement plus équitable que la puissance publique finance elle-même ces études cliniques et rien ne l’interdit sauf… le manque de sous. Pour redresser cette situation, il suffit de voter pour des candidats qui privilégieront l’allocation des ressources publiques à la santé plutôt qu’à des jeux de ballons ou autres futilités du même genre.

Fouteballe et démesure

10/02/2016

Un fouteballeur brésilien est vendu plusieurs centaines de millions d’euros à un club français propriété d’intérêts financiers du Qatar. Cette arrivée anime les conversations de Mme. Michu au Café du commerce et la plupart des médias français font leurs gros titres sur cet évènement. Les sommes en jeu et l’importance donnée à cette information sportive concernant un simple pousseur de baballe tournent à une démesure qui ne semble pas connaître de limite. Chacun discute des coûts et bénéfices de cette transaction pour le fouteballe, le club qatari ou les contribuables français.

Comme souvent cette démesure attise les débats tout particulièrement parce qu’elle concerne le fouteballe, un secteur économique où l’intelligence et l’élégance sont désespérément absentes mais où la vulgarité et la beaufitude semblent devoir être les qualités pour réussir. Il est vrai que l’on s’émeut généralement un peu moins des rémunérations perçues par certains artistes ou pédégés car il est considéré que l’activité de leurs neurones ou leur créativité rend plus compréhensible l’attribution de sommes si faramineuses.

En fait on est face à la mise en œuvre du principe de base de l’économie libérale, celui de l’offre et la demande. Les investisseurs s’intéressent au nombre de T-shirts à 140 EUR, siglés du nom du pousseur de baballe, qui seront achetés par des dizaines de milliers de citoyens. Qu’importe si dans le même temps l’intelligence mesurée par le QI (quotient intellectuel) baisse depuis deux décennies sur la planète. Différentes pistes sont d’ailleurs avancées pour expliquer cet appauvrissement du QI mondial : les perturbateurs endocriniens, l’alcool, le cannabis, l’âge plus élevé des femmes pour avoir des enfants… Les études scientifiques ne tirent pas de conclusions définitives sur les causes de cet avachissement, mais on ne peut pas exclure les effets abrutissants des matchs de fouteballes, des tweets de Nadine Morano ou de la publicité invasive et répétitive.

Le court-termisme propre à nos sociétés occidentales amène à privilégier la vente de T-shirts sur la progression du QI.

Camp de travail

Entendu au Café du commerce par un citoyen d’Europe de l’Est :

Vous devriez mettre tous vos « fichés S » en prison ! Il fut un temps où chez nous on envoyait les gens en camp de travail pour bien moins que ça.

C’est une solution effectivement, il suffit de revenir à ce genre de régimes qui, semble-t-il, ont été rejetés par leurs peuples quand on leur a demandé leur avis.

La haine de la gauche

Dans un dîner en ville les participants conservateurs assènent toujours les mêmes poncifs contre la politique dite « laxiste-de-gauche » qui est désormais passée mais qui n’est toujours pas digérée au point de brouiller la raison de ses opposants :

Mme. Najat Valaud-Belkacem applique une sélection aléatoire des candidats inscrits pour entrer à l’université. C’est l’habituel et détestable égalitarisme socialisme, ce réflexe permanent de la gauche à vouloir niveler par le bas la société française, etc., etc.

Le chroniqueur qui fréquentait une université parisienne réputée à la fin des années 70’ (avec un gouvernement de droite au pouvoir) rappelle incidemment que déjà à l’époque un système de tirage au sort avait été mis en place pour sélectionner les candidats éligibles dont le nombre dépassait largement les places disponibles…

Bien qu’un tirage au sort, par définition, est aléatoire et ne choisira donc pas que les plus mauvais, ce type de position est révélateur du plus grand échec de la majorité sortante : celui de la pédagogie, tant vers sa droite que vers sa gauche. Elle n’a pas su expliquer ce qu’elle faisait face à des opposants qui ne voulaient rien entendre. Elle n’a pas su mettre sur la table des alternatives possibles, les raisons de ses choix. Et quand cela fut fait, une presse de circonstance a vulgarisé des slogans plutôt que de diffuser de l’analyse. Dans le cas particulier de l’ancienne ministre Vallaud-Belkacem, son origine marocaine ne facilitait évidemment pas sa tâche pour décider de la politique d’éducation à appliquer à nos chères petites têtes blondes… Certains se plaisent d’ailleurs toujours à l’appeler « Mme. Belkacem » pour bien marquer sa culture arabe.

Le nouveau président de la République, et le mouvement qui le porte, affichent une ferme volonté de changer ces réflexes partisans et inefficaces. Ils avancent de louables intentions de nouveauté, de rénovation, de relance de la culture démocratique. Il va falloir au président Macron beaucoup d’autorité, de doigté et de conviction pour tenir ce cap et faire évoluer des comportements enracinés dans les mentalités de citoyens qui privilégient souvent la passion sur la raison !

L’arme politique du « fait alternatif »


La décadence de nos démocraties occidentales et de leurs classes politiques amènent de plus en plus ces dernières à diffuser des faits alternatifs, c’est-à-dire des mensonges avérés teintés du populisme que les électeurs veulent entendre et auquel ils croient avec tellement de facilité.

On a vu et entendu le nouveau président américain et son équipe asséner des faits imaginaires comme quoi la foule venue à l’investiture de Donald Trump était plus nombreuse que celle ayant assisté à la même cérémonie huit années plus tôt lorsque Barak Obama accéda à la Maison-Blanche. La simple confrontation des photos prises à ces occasions suffit à montrer le mensonge que l’entourage de M. Trump a finalement qualifié de faits alternatifs. Quelques semaines plus tard le président lui-même expliquait que son prédécesseur l’avait fait mettre sur écoute. Cette accusation n’a pas pu être prouvée, elle a même été contestée par la voix d’un des patrons de l’administration du renseignement américain siégeant devant une commission du parlement.

Au Royaume-Uni on a entendu les partisans de la sortie de leur pays de l’Union européenne raconter à leurs partisans des contre-vérités éhontées qu’ils ont même dû démentir une fois leur cause entendue, c’est dire si leurs entourloupes étaient grosses.

En France, Fillon-le-stupide s’est inspiré de cette méthode de communication qui semble n’entraîner aucun effet négatif sur celui qui la profère. Lui et son équipe ont occupé les médias des semaines durant pour asséner qu’un cabinet noir à l’Elysée manipulait la justice aux ordres pour l’assassiner politiquement suite à la révélation de ses petits arrangements avec l’éthique et l’argent public.

Cette nouvelle pratique politique d’affirmer du grand n’importe quoi comme une vérité divine est relativement nouvelle s’agissant de dirigeants de haut niveau. Mais elle fonctionne. Les masses sont de plus en plus atteintes dans leur capacité de réflexion par les journaux télévisés de TF1 et les messages tweet de Nadine Morano, elles croient tout et n’importe quoi, portées par une paresse intellectuelle à laquelle toute notre civilisation de l’instantané et de la consommation les pousse.

C’est ainsi que l’on élit Donald Trump président des Etats-Unis ou que l’on fait sortir son Etat d’une Union européenne. C’est ainsi que l’on risque d’élire un ou une chef de la France sorti du Café du commerce.

Il est temps qu’on en finisse


La campagne électorale présidentielle française se termine toujours vers plus de subtilité. On ne sait pas encore qui sera le vainqueur de cet affrontement de pieds nickelés aux fronts bas, mais on peut déjà dire que le grand perdant sera l’INTELLIGENCE !

Le bal des mondains

Dans un dîner en ville quelques convives assènent d’un air entendu et bien informé : « Fillon sera débranché demain ! ». Et quand on demande sur quoi repose une telle assertion, ils répondent « mais sur les sondages bien sûr et ce que l’on entend à la radio ».

Il est toujours étonnant de voir des citoyens accorder encore quelque crédit que ce soit aux sondeurs démiurges ou aux journalistes mondains. On a rarement vu deux corporations aussi incompétentes que celles-ci ces dernières années où elles n’ont pas cessé d’annoncer des évènements qui ne se sont pas produit, des résultats électoraux qui ont été démentis par la réalité, des prévisions apocalyptiques aussi ridicules qu’infondées.

Le lendemain de ce dîner de bobos, François Fillon était confirmé comme candidat unique de la droite à l’élection présidentielle.

Complotisme et beaufitude

Une rumeur se diffuse sur les réseaux dits sociaux et dans les dîners en ville :

Les médias « bien-pensants » cachent le fait que Mme. Hidalgo, maire de Paris, a été condamnée par la cour d’appel à rembourser 14 millions d’euros pour avoir financé sur fonds des contribuables parisiens l’Association des cultures de l’Islam.

Cette rumeur est répandue par le site d’extrême droite medias-presse-info.

Sur la forme, suite à une plainte d’un citoyen-contribuable la cour d’appel a annulé un bail signé par la mairie de Paris en 2013 avec l’Institut des cultures d’islam en se référant à la loi de 1905. Personne n’a été condamné à rembourser 14 millions d’euros, ni M. Delanoé qui était maire à l’époque, ni la mairie de Paris, ni encore moins Mme. Hidalgo qui n’était pas maire en 2013.

L’arrêt de la cour d’appel ci-dessous précise que la mairie doit rembourser les frais de justice de 1 500 EUR, et non 14 000 000 EUR :

Se basant sur cet arrêt, le conseil municipal présidé depuis par Mme. Hidalgo a même renoncé à la construction d’un deuxième bâtiment comme l’explique très bien Le Figaro en février 2016 dans son article : Institut des cultures d’Islam: démission du président. Sur le fond, certains élus (dont à l’époque M. Delanoé) et/ou sociologues et/ou spécialistes en religion pensent que l’une des solutions au terrorisme religieux islamique serait de mieux contrôler cette religion sur le territoire national puisque, quoique l’on souhaite ou qu’on espère, la France est le premier pays musulman d’Europe et cela ne va pas s’arrêter demain. Comment mieux gérer cette religion dans le cadre de la République ? Pour le moment on y arrive pas correctement, c’est le moins que l’on puisse dire. Certains ont des idées novatrices comme de signer un bail avec un institut d’islam pour monter une coopération culturelle avec la ville de Paris. Sans vraiment savoir s’il s’agit ou non d’une bonne idée, il ne faut peut-être pas s’interdire d’y penser du moment que c’est mené par des gens intelligents et de bonne compagnie, et il doit en exister même dans une mairie de gauche, voire dans des associations culturelles islamiques.

Ce type d’information complotiste devient le terreau d’une désinformation désormais largement diffusée et acceptée sans discussion. Cela procède de de l’abrutissement et la beaufisation qui rongent notre société où l’on abandonne l’intelligence au profit du prêt-à-penser, où l’on favorise le slogan au détriment de la raison, où le fouteballe et les journaux de TF1 ont éteint les neurones d’une bonne partie de la population, même celle ayant suivi l’enseignement de la République et vivant dans d’excellentes conditions sociales. Le résultat de cet effondrement de l’intelligence est la décadence de notre pays et la qualité des dirigeants de rencontre qui se présentent à nos suffrages : on a les dirigeants que l’on mérite !

La presse dans l’excès

« La Chienlit » titre cette semaine l’Express en première page devant la photo d’une brochette de responsables politiques de gauche. On pourrait aisément remplacer la photo par celle d’une brochette de journalistes incompétents et voyeurs (par ailleurs bénéficiaires de niches fiscales leur permettant de payer moins d’impôt sur le revenu que le reste des citoyens, toutes choses égales par ailleurs). L’Express, journal en faillite, passé dans les mains d’un cador du CAC40 se permet de donner des leçons aux sortants… Qu’il est loin le temps des Servan-Schreiber, Françoise Giroud et autres Claude Imbert…

Une presse de circonstance attise le conflit et les réactions de caniveau d’une population dépassée par la complexité de notre temps. Des journaux vendeurs d’aspirateurs privilégient le café du commerce au détriment de l’intelligence. Mais où sont ces années où Raymond Aron publiait des chroniques dans les colonnes de l’Express ?

Les électeurs de gauche qui votent à l’élection primaire de droite

Charlie Hebdo - Juin
Charlie Hebdo – Juin

Dans un dîner en ville le chroniqueur rencontre des représentants de cette étrange catégorie d’électeurs de gauche qui sont allés voter à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle de 2017 en France. Ils sont déçus du résultat et persuadés que si François Fillon et son programme libéral sont présents au deuxième tour en 2017 face à la candidate d’extrême droite, celle-ci l’emportera car la France moyenne refusera les mesures libérales déjà annoncées par Fillon dans son programme. C’est une possibilité et, de toute façon, nous aurons les dirigeants que nous méritons.

Guaino le colérique et son lance-roquette

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L’impayable et apoplectique Henri Guaino a expliqué qu’un militaire avec un lance-roquettes aurait pu arrêter le camion terroriste de Nice. Cette déclaration martiale, techniquement vraie, ayant provoqué un peu d’émotion, il publie sur son compte FaceBook la photo d’un lance-roquette. Le garçon est par ailleurs candidat à  la primaire de Les Républicains pour les élections présidentielles de 2017.

Pessimisme et complainte au Bar du Port

La contestation contre le projet de loi travail s’organise, plutôt modestement d’ailleurs, quelques manifestations, l’incontournable pétition sur change.org et un peu d’agitation sur les réseaux dits sociaux. Ce projet de loi vise à faciliter les licenciements et à donner la priorité aux accords d’entreprises sur la loi. C’est en cela qu’il est soutenu par les syndicats patronaux, qui en demandent toujours plus bien entendu, mais qui se réjouissent de voir un pouvoir socialiste aller dans une direction que même l’opposition conservatrice n’avait pas osé emprunter.

Croyez-vous que les consommateurs du Bar du Port, critiques enjoués et fidèles de la « gauche-laxiste », se réjouiraient de ce projet de loi ? Que nenni, les voilà maintenant à l’attaque de ces manifestants qui refusent le projet.

A force de pessimisme, de complainte permanente, de vision cataclysmique, de nombrilisme envahissant, la France s’enfonce dans cet immobilisme sclérosant qui la caractérise depuis plusieurs décennies. Une loi qui fait bouger les lignes déclenche par définition des réactions. Que certains contestent les projets des autres, quoi d’étonnant ? C’est la comédie humaine.

Le mythe du projet « gagnant-gagnant » est une escroquerie intellectuelle de plus. En matière économique, généralement ce que l’un gagne l’autre le perd, mais l’intérêt général peut bénéficier d’une redistribution des intérêts particuliers. C’est l’honneur du pouvoir d’essayer de privilégier cet intérêt général, c’est sa noblesse de l’expliquer et si possible de convaincre les citoyens du bien-fondé de ces réformes. La tâche est complexe dans un pays de râleurs !

Lire aussi La réforme du code du travail

Petits arrangements avec la vie en société

Au Bar du Port, un panel de citoyens détaille ses petits arrangements avec les règles de la fiscalité ou les procédures de l’entreprise, tout en se plaignant de l’état des services publics et de l’inefficacité de leurs élus…

Chaque organisation ou individu qui fraude sans réduire pour autant les prestations dont il bénéficie transfère les charges qui lui reviennent sur le voisin. C’est le syndrome français qui pousse les citoyens à croire que les services publics fonctionnent avec l’argent des autres ou que les élus ne seraient pas à l’image de leurs électeurs. Et ceux qui se plient aux règles de la vie en société sont gentiment traités de naïfs ou, pire, d’êtres bêtement disciplinés sur le modèle de certains qui, en d’autres temps, ont amené le nazisme au pouvoir.

Au-delà de la comparaison avec l’Allemagne des années 30’, tellement excessive qu’elle touche au néant, on a là le drame français qui explique au moins en partie comment notre République se révèle moins efficace que les pays avoisinants du fait de l’incohérence de ses citoyens. On ne peut pas à la fois contester les charges sociales et se plaindre du faible niveau des prestations, crier haro sur l’impôt et se plaindre des services publics, pleurer sur le chômage et refuser d’essayer de réformer le code du travail, vouloir constitutionaliser la déchéance de nationalité et voir le sénat et l’assemblée nationale incapables de se mettre d’accord sur un texte de 3 lignes, etc… Notre époque est marquée par l’égoïsme de chacun et l’oubli de l’intérêt général. Il est plus facile d’asséner « c’est la faute à Taubira-laxiste » que de remettre en cause ses propres comportements. La France n’évolue pas beaucoup sur ce point, hélas…

Les copains et les coquins

Laurent Fabius, 69 ans, a démissionné du gouvernement dont il était ministre, oubliant le devoir, semant la confusion d’un remaniement ministériel forcé par sa fuite, pour attraper un poste de président du conseil constitutionnel valable pour 9 ans, soit jusqu’à ses presque 80 ans.

Jean-Louis Debré, 71 ans, ex-président du conseil constitutionnel qui est remplacé par le précédent, a été immédiatement nommé à la présidence du conseil supérieur des archives.

L’un et l’autre sont de vieux roublards de la République qui n’ont pas particulièrement démérité. Ils ont largement dépassé l’âge de la retraite et ne sont en rien indispensables à la République. Alors pourquoi nommer une nouvelle fois ces notables à ces postes ? Prolonger ces deux personnes âgées à de nouvelles responsabilités relève du copinage politique qu’il aurait mieux fallu éviter, tout le monde s’en serait bien mieux porté.

Mais que fait le gouvernement ?

Entendu au Café du commerce :

L’interdiction dans Paris intra-muros à partir du 1er juillet 2016 les jours de semaine des véhicules particuliers motorisés avant le 31/05/2000 ne sera pas applicable car « la Maire de Paris » n’a rien fait pour véritablement favoriser la diffusion des véhicules électriques en installant des bornes de rechargement en nombre suffisant !

Le conseil municipal de Paris, fruit de l’élection municipale de mars 2014, a arrêté un plan d’interdiction progressive de la circulation des véhicules « polluants » classés par catégories selon l’âge de leur motorisation. La première vague d’interdiction est intervenue en septembre dernier, les suivantes doivent suivre :

  • Depuis le 01/09/2015 la circulation des bus, cars et poids lourds de motorisation antérieure au 01/10/2001 est interdite dans la capitale de 8 à 20 heures, y compris le week-end.
  • A partir du 01/07/2016, cette interdiction s’étendra aux camionnettes et véhicules particuliers antérieurs à 1997 ainsi qu’aux deux-roues motorisés antérieurs au 31/05/2000 (les deux-roues motorisés concernés par la mesure représentent 1% du parc actuel). Ces véhicules individuels et utilitaires légers pourront eux continuer à circuler le week-end.
  • Entre 2017 et 2020 la circulation d’autres catégories de véhicules sera progressivement interdite.

Des mesures d’accompagnement ont également été votées pour allouer une partie des impôts payés par les contribuables vers des investissements susceptibles d’inciter les propriétaires de véhicules concernés par ces interdictions à en changer ou à faire évoluer leur mode de transport : subvention sur les abonnements pour location de véhicules électriques Autolib’, location de bicyclettes Velib’ ou achat de vélocipèdes, électriques ou non, remboursement de pass Navigo, subventions aux copropriétés désireuses d’installer des abris vélos sécurisés ou des bornes de rechargement dans leurs locaux, ainsi qu’un programme de développement de bornes de recharge publiques.

L’arrêté municipal n°2015 P 012 du 28/08/2015 qui régit la première interdiction en vigueur depuis le 01/09/2015 est provisoire jusqu’au 01/01/2017 et on peut donc imaginer qu’un bilan sera alors fait sur le renouvellement, l’adaptation ou la modification de la mesure et le conseil municipal en place à l’époque décidera démocratiquement de la suite à donner.

En l’état actuel des mesures d’incitation on peut s’interroger :

  • Le subventionnement par le contribuable de l’utilisateur d’un véhicule « polluant » est-il suffisant pour déclencher un mouvement massif de changement de véhicule ou de mode de transport ? Sans doute pas !
  • Est-ce que néanmoins une partie de ces utilisateurs peuvent d’ores-et-déjà bénéficier de bornes de rechargement sur leurs parcours habituels ? On ne peut pas l’exclure totalement !
  • Aurait-il été préférable que l’argent prélevé sur les contribuables soit affecté au renforcement des mesures incitatives plutôt qu’à financer la coupe d’Europe de fouteballe ou les jeux olympiques de 2024 ? Certainement oui !
  • Est-ce une raison pour tout jeter avec l’eau du bain ? Non !

Le syndrome français continue de diffuser ses effets délétères : le citoyen maugrée, râle, peste, conteste, attend tout de l’action publique et rejette systématiquement ce qui vient troubler sa situation personnelle. Que les conducteurs se rassurent, il est probable que si l’étape d’interdiction au 01/07/2016 n’est pas gérable, eh bien elle sera rapportée ou décalée ou modifiée comme le furent nombre de textes comme ceux de l’écotaxe, de l’accès des lieux publics aux handicapés, etc. etc.

Ainsi va la vie publique en France, faîte d’à coups et d’imperfections, mais à la fin les choses finissent par avancer à leur rythme. Si les mesures actuelles ne plaisent pas, il suffit de voter pour d’autres élus aux prochaines élections municipales, ou de créer son propre lobby pour influer ou de se présenter avec un programme. Le chroniqueur voterait, par exemple, sans barguigner pour tout candidat s’engageant à renoncer à l’organisation des jeux olympiques, comme l’ont déjà fait les villes de Boston, de Toronto et de Hambourg.

Programme contre image

Entendu au Café du commerce :

– Je vais voter pour Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) c’est l’avenir de la droite!

– Ah bon, a-t-elle dévoilé un programme politique quelconque ?

– On s’en fout des programmes, ce qui compte c’est l’image !

C’est des problèmes de notre République : la mise en plis de NKM et ses pantalons taille-basse suffisent à lui attirer les suffrages sans que l’on ait à ce stade la moindre idée sur la façon dont elle gouvernerait la France si elle arrivait au pouvoir.

Changer la politique et blablabla…

Avec héroïsme un certain nombre des combattants des dernières élections régionales démissionnent de leurs précédents mandats lorsqu’ils ont été élus pour un nouveau, ou réintègrent les anciens lorsqu’ils ont été battus.

Parmi les exploits de cette fin d’élection on note le président de l’assemblée nationale, Claude Bartolone, 64 ans, qui a fait campagne en tête de liste (tout en restant président de l’assemblée), a été élu mais sa liste n’ayant pas la majorité il n’aurait été que conseiller régional et pas président du conseil général. Du coup, le garçon démissionne de son poste de conseiller régional acquis depuis trois jours pour reprendre sa position plus gratifiante de président de l’assemblée nationale.

Jean-Yves Le Drian, 68 ans, ministre de la défense, qui a été élu et dont la liste est arrivée en tête de la région Bretagne. Il va cumuler les deux fonctions : président de région et ministre. Tout le monde se gausse pour répéter en boucle qu’il s’agit d’un ministre exceptionnel dont la République n’aurait pas pu se passer et que le cumul est donc acceptable. On ne sait pas bien si ce ministre est aussi exceptionnel que l’on veut bien le dire, disons qu’il est un peu moins envahissant et plus discret que la moyenne, bien que titulaire d’un compte tweeter. Et même s’il était vraiment exceptionnel il lui suffisait de ne pas se présenter aux élections régionales pour ne pas cumuler ! Il a préféré, à 68 ans, l’option du cumul.

Xavier Bertrand, 50 ans, a été élu et sa liste est en tête dans le Nord, il sera donc président de la région. Du coup il a démissionné de ses mandats de député et de maire pour lesquelles il avait obtenu les suffrages pour une durée de 5 ans comme député, et de 6 ans pour son mandat de maire. Rendons-lui grâce qu’il n’a pas voulu trop cumuler mais il aurait été plus honnête qu’il aille au bout des mandats précédents avant de se représenter à un nouveau au milieu du gué. Dans ces conditions il trahit forcément un engagement, le nouveau ou l’ancien.

Tout ceci manque de sérieux et de sens des responsabilités ! Peut-être faudrait-il interdire à un élu de se présenter à un nouveau mandat tant qu’il n’a pas achevé celui pour lequel il a été élu (et payé par le contribuable) précédemment.

Décorations inutiles

Jean-Pierre Elkabbach, journaliste, et Ramzi Khiroun, communiquant du CAC 40, ont reçu la légion d’honneur des mains du président de la République le 20 novembre dernier devant un parterre de mondains. Quel peut bien l’intérêt de la République de décorer ces deux personnes ? La première est un homme de presse de 78 ans qui s’écoute parler depuis des décennies sur les antennes publiques comme privées, la seconde un affairiste payé pour vendre de l’image quand il n’y a guère de fond.

Ils ont sans doute connu ce qui s’appelle de la réussite dans leurs métiers respectifs. Ces décorations flattent les égos déjà surdimensionnés de ces personnages qui se croient influents au-delà des salons qu’ils fréquentent. Elles sont inopportunes. Accessoirement elles sont couteuses et ont mobilisé sous les ors de l’Elysée toute une clique de ministres, patrons et journalistes pendant leurs heures de travail pour pignocher des petits fours au frais des contribuables tout en s’auto-congratulant.

Ces décorations sont détestables.

Bercy change de nom

Entendu au Café du commerce :

Le POPB s’appelle désormais Accor Hotel  Arena ! Demain va-t-on vendre aussi l’Arc de triomphe ?

Cette émotion fait suite à la location du nom de cette arène à un marchand, en l’occurrence la chaîne hôtelière Accor. C’est une pratique désormais assez courante de confier à Monsieur le Marché le co-financement de ce type de lieux ou d’évènements mondains que s’empressent de louer des marques. Par exemple on ne dit plus le concours de saut d’obstacles de Paris, mais le Saut Hermès ; on ne dit plus le trophée de champions de golf mais le Trophée Lancôme, et il y a bien d’autres exemples de ce type.

Alors à la question technique sur la vente de l’Arc de Triomphe la réponse est évidemment positive : oui le propriétaire (l’Etat ou la municipalité) de ce monument peut en vendre le nom à une marque. Politiquement c’est peu probable à court terme mais qui sait si un jour l’état des finances publiques ne poussera pas à regarder de plus près cette éventualité.

On se souvient que l’Hôtel de la Marine sur la place de la Concorde devait être transformé en galeries marchandes après le départ du ministère du même nom vers le complexe militaire récemment inauguré dans le XVème arrondissement de Paris. Cette éventualité a également provoqué quelques levées de bouclier bien que le bâtiment ne devait pas être vendu mais simplement loué à bail ce qui revenait à en transférer les coûts d’entretien sur le secteur privé. Finalement le projet a été abandonné et l’Hôtel de la Marine continuera à être entretenu par les contribuables et non pas par le secteur privé (les consommateurs).

Contradiction française permanente jamais résolue : ce sont souvent les mêmes qui se plaignent de payer des impôts qui veulent malgré tout continuer à payer l’entretien d’actifs non utilisés de l’Etat. Il peut parfois être acrobatique d’être libéral pour la baisse des impôts et étatiste pour le maintien des bijoux de famille dans le patrimoine national !

Cyril Hanouna : le fond du fond !

Cyril Hanouna vous connaissez ? C’est un présentateur de télévision qui sévit sur D8 et dont l’absence quasi-totale de neurones laisse pantois. Tentez l’expérience et passez trente minutes devant l’émission de télé-poubelle « Touche pas à mon poste » sur D8. C’est une épreuve difficile dont on ne ressort pas indemne tant il se complaît dans la bêtise et la vulgarité.

La chaîne sur laquelle il sévit est gratuite sur la TNT donc à la disposition de tous. Il y rencontre un franc succès d’audience et y remplit ses poches. Ce garçon est un concentré de toute la décadence crasse de notre société d’aujourd’hui : abrutissement des téléspectateurs, exploitation du gogo, décérébration du peuple ; tout est là pour aboutir à l’effondrement de notre civilisation. Complaisance et compromission sont les deux mamelles de son mode de fonctionnement. Le résultat est terrifiant sur le niveau intellectuel des téléspectateurs, ravageur sur le QI de la population, déprimant sur le moral des citoyens qui ont encore une certaine idée de la culture, bref, affligeant pour le futur de l’Humanité.

Bien entendu Cyril Hanouna continue son embrigadement des cerveaux sur Tweeter où il compte à ce jour 2 670 000 suiveurs. Oui, vous avez bien lu, plus de 2 millions et demi de moutons bêlants qui lisent des tweets journaliers du genre :

Tweet_Cyril-Hanouna_20151207

Deux-tiers des moins de 35 ans ne se sont pas déplacés pour voter dimanche dernier et, dans le tiers qui reste, une bonne partie a voté pour le Front National. Que des gamins de 25 ans préfèrent prendre du temps pour lire les tweets de ce crétin des Alpes plutôt que d’aller mettre un bulletin dans l’urne de leur quartier, ou pire qui le dépose en faveur du clan Le Pen, c’est l’échec de nos vieilles démocraties dont elles auront du mal à se remettre, la Bérézina de l’école de Jules Ferry qui doit se retourner dans sa tombe. Le mouvement de rééducation va être long à mener pour éviter cette déroute de la pensée.

Il faudrait qu’un jour un tribunal de l’intelligence demande des comptes à de tels déplorables personnages qui sont plus destructeurs pour l’avenir de la République que bien des déficits publics.