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Un nouvel os à ronger pour la presse

Le nouveau débat qui fait fureur sur les plateaux télévisés concerne le « rythme des réformes » : est-il trop intense ? Se concentrer sur la forme des changements plutôt que sur le fond permet aux journalistes, « communicants » et autres experts de service de leur éviter de lire et travailler sur les nombreux textes législatifs qui sont actuellement en discussion. Certains d’entre eux sont assez complexes et mériterait un véritable investissement de la presse pour qu’elle puisse faire son travail pédagogique et critique desdits textes.

On a même entendu certains journalistes expliquer qu’ils frôlaient le « burn-out » pour essayer de suivre et de comprendre la volonté réformatrice du gouvernement issu des dernières élections présidentielles en France. Alors à défaut d’analyser ces réformes, la presse préfère discuter de leur rythme. Qu’elle se rassure, la niche fiscale dont bénéficie les journalistes et les subventions versées par les contribuables pour la diffusion des journaux ne semblent pas encore atteints par l’ouragan réformateur. Gageons que s’ils l’étaient un jour, nous en entendrions parler !

Que faire avec les djihadistes français survivants ?

Les parents de trois gamines françaises parties en Syrie rejoindre le groupe terroriste religieux Etat islamique, et actuellement détenues par les kurdes syriens, ont porté plainte contre l’Etat français sur la base de son « inaction » face à une « détention illégale ou arbitraire ». On ne sait pas bien ce que sont allé faire ces femmes sur le terrain des combats religieux moyen-orientaux. Il apparaît qu’en général les terroristes islamiques qui les recrutaient mettaient plutôt les étrangères à faire le ménage et des enfants quand les hommes étrangers pouvaient participer aux combats, massacres en tous genres et attentats terroristes le cas échéant. Mais tout est possible ; elles ont été capturées sur un terrain de guerre civile par la partie qui l’a emporté, au moins provisoirement, dans le camp de ceux qui ont perdu, tout aussi provisoirement sans doute. Le mieux aurait certainement été qu’elles restent dans leurs familles en France.

Elles ont compromis (et parfois fait des enfants) avec des terroristes religieux qui ont pris les armes contre la France et commis le pire. Elles sont maintenant aux mains de bandes armées, probablement sans foi ni loi. Bien sûr les parents préfèreraient certainement que leur progéniture soit jugée par la démocratie française plutôt que par la justice sans doute expéditive de ces bandes. On peut imaginer leur effarement face à la dérive, parfois meurtrière, de leurs enfants mais le dépôt de plainte contre l’Etat est indécent même si représentatif de notre société moderne : plus personne n’est responsable de rien ni n’assume ses actes et l’Etat (donc les contribuables) doit payer pour tout. On se souvient que le père de Mohamed Mehra avait également porté plainte contre l’Etat français depuis l’Algérie après que son fils eut tué sept personnes dont trois enfants, puis trouva lui-même la mort lors de l’assaut donné par la police dans l’appartement où il était enfermé.

Ceci étant dit la République se trouve confrontée à un véritable dilemme : que faire de ses citoyens qui ont pactisé avec des puissances ennemies, combattu sur le terrain syro-irakien et éventuellement commis des actes de terrorisme contre la France et des français. Ceux qui ont survécu aux combats souhaitent généralement revenir en France plutôt que d’être jugés par les autorités qui les détiennent. La République a déjà eu affaire à des traîtres, ce fut le cas des collaborateurs avec l’occupant allemand durant la deuxième guerre mondiale. Quelques-uns furent exécutés lors de la courte période d’épuration après la défaite nazie, nombre d’autres furent jugés et certains passèrent à travers les mailles du filet. Dans le cas des terroristes religieux français de retour au pays la situation est plus tendue car on peut craindre que ceux-ci n’aient pas abdiqué leur idéologie mortifère. Les collaborateurs de 1945, une fois leur peine accomplie ont généralement cherché à se réinsérer dans la société civile, certains y ont même très bien réussi, mais ils ont globalement admis leur défaite idéologique et plutôt cherché à passer à autre chose. Le djihadiste jugé en France, une fois sa peine accomplie, risque de reprendre les armes contre ses concitoyens : djihadiste un jour, djihadiste toujours ? Quant à ceux qui seraient jugés dans les pays où ils commirent leurs forfaits, eux aussi sortiront de prison dans quelques mois ou années, ils resteront un facteur de risque élevé pour encore longtemps.

Il faut travailler à tarir les vocations au djihadisme de citoyens français, cela passe par de l’éducation et du développement socio-économique, mais c’est une œuvre de plusieurs générations En attendant les premiers résultats il faudra bien vivre avec les risques que font porter à la société française ses enfants perdus, et le faire avec les voies et moyens de notre Etat de droit. Ce sera l’honneur de notre démocratie de s’imposer face à la déraison religieuse.

Lire aussi : Le retour des combattants religieux dans leur pays d’origine

Tic verbal compulsif : les territoires et les quartiers

On ne parle plus de régions ou de provinces ou de départements, on parle maintenant de « territoires », en les accompagnant généralement de l’adjectif « oubliés ». On a même créé un Ministère de la cohésion des territoires dans le gouvernement actuel ! L’expression « les territoires » est employée dans un cadre toujours un peu misérabiliste : le territoire est forcément oublié et, par construction, maltraité par la « capitale » qui en est le négatif, ou vice-versa.

On avait déjà il y a quelques années détourné le terme « quartier » pour désigner des zones urbaines, plutôt en banlieue, peuplées d’habitants défavorisés, si possible « issus de la diversité ». Un quartier représente sémantiquement une partie d’une ville désigne désormais une banlieue peuplée de chômeurs et de dealers, possiblement d’origine immigrée.
La langue bouge avec les modes et les snobismes !

Les brutes avinées françaises à l’œuvre


Les brutes avinées françaises qui, aux frais du contribuable alignent les défaites au rugby sous les couleurs nationales, ont poursuivi dans la bestialité après une récente correction administrée par l’Ecosse. Voulant sans doute noyer leur crétinerie et leur incompétence dans l’alcool, ils ont déclenché bagarre et agressions sexuelles dans une boîte de nuit locale, au point que la police écossaise en a « entendu » certains, les sortant de leur avion tel DSK à New York il y a quelques années.

Dans un sal état physique, les impétrants ont expliqué s’être soit « fracturé le nez et ouvert la lèvre en sautant [du] lit » soit « ouvert une arcade sourcilière en heurtant un luminaire lors d’un jeu à boire ». Quelle décadence !

Laurent Wauquiez : morceaux choisis

M. Wauquiez, chef du parti conservateur d’opposition Les Républicains (LR) a confirmé, sur la forme et le fond, les propos qu’il a tenus devant une assemblée d’étudiants et que l’un ou plusieurs d’entre eux ont enregistrés et communiqués à la presse. Il va attaquer en justice le journal qui les a publiés.

Ces sorties quelque peu tonitruantes paraissent effectivement plutôt conformes à ce que l’on sait des convictions du personnage, pas de surprises à ce niveau-là. Non, ce qui étonne véritablement c’est le niveau de beaufitude de ces propos qui relèvent plus d’une fin de beuverie au Café du Commerce plutôt que d’un prétendant aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’homme joue sur l’abrutissement des masses plutôt que leur rédemption, il parie sur la bêtise et délaisse la raison. Il n’est pas sûr qu’une telle tactique le porte au pouvoir, mais on ne peut pas l’exclure.

On peut quand même avancer que ces candidats aux suffrages des électeurs-contribuables feraient mieux de travailler leurs dossiers et de mesurer leur parole plutôt que de se prendre pour Mme. Michu dans toutes les circonstances possibles. Le nombrilisme de ce personnel politique est détonnant, il pourrait être suicidaire.

Qu’on en juge :

Continuer la lecture de « Laurent Wauquiez : morceaux choisis »

Laurent Wauquiez tel qu’en lui-même


Le chef de Les Républicains, Laurent Wauquiez, se fait enregistrer alors qu’il dit du mal avec condescendance de tout le monde politique qui l’entoure. Bien entendu ses paroles sont publiées et le microcosme parisiano-médiatique s’agite. En fait il n’y a rien là de bien nouveau dans le Café du commerce franchouillard de la politicaille de bas étage animé par des personnages de cet acabit. Tout ça n’a guère d’importance et ne fait que confirmer que ces forbans qui grenouillent dans les partis politiques feraient bien mieux de bosser leurs dossiers plutôt que de parader sur les plateaux.

Entre autres amabilités à l’encontre de ses congénères, il revient sur les causes de la défaite de Fillon et accuse Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, d’avoir entretenu une « entreprise de démolition » contre lui. C’est plutôt cocasse car Fillon lui-même à l’époque accusait sur les plateaux télévisés le président Hollande d’avoir monté un « cabinet noir » pour l’abattre. Nous sommes un an plus tard et l’opposition conservatrice n’arrive pas à tourner la page de la défaite, refuse même d’envisager sa responsabilité dans cette situation et, encore plus désopilant, ne s’est pas remise au boulot pour espérer pouvoir assurer une alternative possible, peut-être un jour.

Enrichir le narratif et bla-bla-bla

Nouveau tic verbal compulsif entendu dans la bouche d’un soi-disant « communiquant » : enrichir le narratif. En gros cela veut dire changer de discours. Ce conseil abscons est généralement adressé aux hommes politiques de plateaux télévisés à qui les « communicants » apprennent la joute oratoire c’est-à-dire parler pour ne rien dire en réponse à un adversaire qui n’en dit guère plus.

L’Afrique fantôme…

Comme nombre de citoyens connectés, le chroniqueur reçoit régulièrement dans sa boîte à lettres électronique des propositions douteuses, parfois cocasses, souvent affichées comme expédiées d’un pays africain, et promettant la lune. Celle d’aujourd’hui appuie à la fois sur le misérabilisme, la situation d’un jeune dont les deux parents auraient été assassinés lors des coups d’Etat en Côte d’Ivoire et qui veut reprendre des études à l’étranger, l’espérance de la fortune (avant leurs morts lesdits parents auraient accumulé une fortune de 8 millions d’euros dans l’agriculture…) et la perspective de l’immigration. Il s’agit de fournir une adresse et un téléphone au demandeur, de recevoir et de garder un colis contenant les 8 millions d’euros. Ensuite, il s’agit d’aider le garçon à immigrer et il promet de nous laisser 20% de sa fortune agricole.

Encore plus réguliers sont les emails reçus de fausses banques affichant des noms et des adresses email qui semblent réalistes et qui instruisent de rentrer des coordonnées bancaires sur un site affichant quelques vagues logos plus ou moins ressemblant avec ceux des banques qui sont censé les expédier.

Le chroniqueur s’est même vu confronté à une tentative d’arnaque en cherchant à vendre un meuble sur « Le BonCoin ». Pour être payé, il fallait d’abord envoyer 100 EUR sur un compte en Côte d’Ivoire qui seraient ajoutés au paiement à recevoir, procédure imposée par la Loi…

Il y a toute une activité d’escroqueries sur Internet qui doit faire chauffer des robots à l’origine de ces messages et de leur diffusion et, sur le nombre, sans doute quelques personnes se laissent prendre. C’est étonnant vu l’évidente duplicité de ces messages, mais statistiquement il doit suffire d’attraper un ou deux gogos de temps en temps pour rentabiliser les frais du robot qui envoie des millions de messages chaque jour à travers la planète.


« De Paul Yapi
Bonjour,

Tout d’abord je vous presente mes excuses si mon courrier ne rencontre pas votre éthique personnelle, je voudrais trouver auprès de vous une oreille attentive.
Je suis Paul Yapi ivoiren et le fils unique de mes défunts parents M. et Mme Yapi George Mon père, ma mere et mes deux soeurs ont été assassiné deux ans après le coup d’etat de septembre 2011 à la maison. J’ai eu la vie sauve parce que j’etais à l’ecole à l’internat.

Mon père m’a laisse une fortune de huit million deux cent Euro (8.200.000 Euro). Mon but est de les investir hors de mon pays dans des domaines rentable a cause du problème socio-politique et que je n’ai plus personne sur qui je peux compter pour mon avenir. Présentement l’argent est sauvegarde dans une societe de finance de la place declaré comme une valeur familiale.
Malgre le fait que mon père etait un fonctionnaire dans la Société de raffinage il faisait ses propres affaires dans le domaine de l’agriculture ou il a eu cette richesse.

S’il vous plait, je ne vous connait pas réellement mais comprenez que je souhaiterai que vous soyez comme un parent pour moi. J’ai pris un risque de vous contacter par internet lors de mes recherches et vous parler d’une telle somme qui va peut être vous paraître étonnant et surprenant mais croyez moi sincèrement.

Après avoir eu des renseignements et informations fiables avec le directeur de la societe ou mon defunt pere avait faire le depot, il m’a fait savoir que cela est possible de pouvoir effectuer un transfert de colis à l’étranger car il dispose d’un service de courrier pour ce genre de transfert, et pour ce faire nous devrions établir des dossiers légal et conforme aux règles d’un tel transfert car je lui ai fait comprendre que je souhaiterai que le transfert soit effectué chez mon partenaire à l’étranger.

Je demande honorablement votre aide de la manière suivante: Pour me fournir une adresse ainsi qu’un numéro de téléphone à laquel le colis sera expédié, servir de gardien de ces fonds puisque j’ai seulement 19 ans enfin m’aider à immigré dans votre pays afin que je puisse poursuivre mes études.

Ainsi dit, votre effort après la reception des fonds sera recompense de 20% de mon héritage.

En outre, vous indiquez vos options pour m’aider sachant que pour moi, j’ai la foi que cette transaction peut se faire le plus vite possible.
J’aimerai avoir votre point de vue sur cette question et cela selon votre disponibilité.

Dans l’attente d’une suite favorable à ma demande, veuillez accepter mes sincères salutations.

Paul Yapi »

Rachida « hors sol »

Rachida Dati, ex-ministre un peu oubliée, élue plutôt inexistante, qui se rappelle au souvenir des électeurs par une activité compulsive sur Tweeter, cède aux tics verbaux de circonstance et ponctue ses phrases de « hors-sol » pour illustrer le fait que les politiciens incompétents sont loin du peuple, ce qui n’est pas son cas bien entendu.

Cette expression « hors-sol » nous vient de l’agriculture où l’on parle d’élevage hors-sol lorsque l’alimentation du bétail ne provient pas de l’exploitation elle-même ou de culture « hors-sol » c’est-à-dire sans terre, ou tout au moins pas la terre de la ferme.

On se demande bien comment les politiciens et les journalistes ont adopté ce terme pour l’adapter à la critique politique ? Sans doute leur désir de changer les mots pour cacher la répétition et la platitude du fond.

Thévenoud s’occupe

Thomas Thévenoud, vous souvenez-vous ? Il fut un éphémère ministre sous la présidence Hollande, forcé à la démission quelques jours après sa nomination pour avoir oublié de payer ses impôts plusieurs années durant. Il avait régularisé sa situation mais à fait se tordre de rire le pays entier (à l’exception sans doute de ses collègues du gouvernement) en expliquant que lui et sa femme étaient atteints d’une « phobie administrative » qui leur faisait renoncer à faire leurs déclarations de revenus à l’administration ou de payer les frais de cantine de leurs enfant.

Après cette franche et rafraichissante rigolade, l’impétrant a payé ce qu’il devait aux contribuables floués par sa « maladie » plus quelques pénalités et une condamnation en justice. Aujourd’hui la poilade continue car on apprend que le garçon a déposé la marque « phobie administrative » à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Il pourra ainsi toucher des subsides en cas d’utilisation de cette « marque » et en tout cas bloquer son utilisation selon sa volonté.

On reste confondu devant un tel cynisme d’une personne qui gagnerait à se faire oublier et se recycler dans une activité anonyme. N’a-t-il rien d’autre à faire que de ressasser ce péché finalement véniel de fraude fiscale et ses conséquences ? Ce n’est guère brillant.

Lire aussi : Thévenoud parade

Lire aussi : Irresponsabilité politique

Il neige… et la France râle

Petit épisode neigeux sur l’Ile de France, les routes sont encombrées, des bus sont arrêtés en soirée mais le métro fonctionne normalement, des trains sont en retard. Les prévisions météorologiques avaient prévu la situation. Quelques automobilistes restent bloqués plusieurs heures sur une nationale tellement pentue que tout le monde glisse, certains sont hébergés pour la nuit dans des gymnases. C’est ce qu’on appelle des intempéries pour une région parisienne qui n’est plus tellement habituée à la neige.

Mais nous sommes en France alors tout le monde se plaint et sombre dans la démesure : « Mais que fait le gouvernement ? On est abandonné sur la route sans boire ni manger… » etc. C’est la cohorte des pleureuses, une tempête de lamentations, un déferlement de grognons. Il y eut quelques situations désagréables certes, en une nuit tout a été résorbé mais la République n’est pas venue servir un repas chaud arrosé d’un grand cru au bord des routes enneigée, ce n’est pas prévu dans les missions de l’Etat ni dans les financements pour lesquels les contribuables payent des impôts.

Tout le monde a survécu, Dieu merci !

La réalité dépasse la fiction en Afghanistan

Un salve d’attentats religieux particulièrement violents ensanglante l’Afghanistan ces derniers jours, généralement revendiqués par les talibans, rebelles de profession, fous de Dieu et trafiquants de drogue particulièrement efficaces : 20 morts le 20 janvier dans un hôtel international, 5 morts dans une organisation non gouvernementale le 25 janvier, plus de 200 morts dans une rue bondée du centre de Kaboul le 27 janvier. D’habitude les talibans déclenchent leur « offensive de printemps », au printemps, cette année ils prennent de l’avance et ne reculent devant vraiment rien.

Lire aussi : ‘Pukhtu : Primo (tome 1) & Secundo (tome 2)’ par DOA

Un p’tit tweet pour la route

Allez : il n’a pas de mal à se faire du bien. Un petit tweet de Laurent Wauquiez avant d’aller se coucher :

On est toujours étonné de voir comment ce garçon au parcours universitaire si brillant réussit à s’abaisser vers autant de beaufitude. Il doit se faire sacrément violence pour atteindre un tel niveau. Il n’est pas sûr que cette tactique le fasse revenir en grâce auprès des électeurs de droite qui finalement semblent plutôt apprécier la politique du gouvernement actuel. La morale voudrait que ceux qui font le pari de la stupidité perdent, mais la politique n’est pas toujours très morale sur ce sujet…

BADIOU Alain, ‘Notre mal vient de plus loin – Penser les tueries du 13 novembre’.

Sortie : 2016, Chez : Ouvertures Fayard

Ce court texte est la transcription d’un séminaire prononcé le 23/11/2015 par le philosophe aux idées sérieusement ancrées dans le marxisme. Tentant de surmonter l’hébétement qui s’est emparé du pays après la tuerie de masse islamiste il cherche à rendre intelligibles ces actes qui dépassent l’entendement pour nombre d’entre nous.

Evidemment c’est du Badiou, donc le capitalisme et ses pratiques impériales sont au centre de tout, c’est lui qui définit les notions de « barbarie » ou de « civilisation », c’est lui qui qualifie de « coloration religieuse » les massacres perpétrés par « les bandes fascistes » des groupes terroristes Etat islamiste et assimilés. Badiou considère que ces bandes armées ne font qu’occuper le terrain dévasté par le système capitaliste, leur engagement religieux de façade étant similaire aux bondieuseries de la mafia, ou au soutien de l’Eglise catholique aux massacres des troupes de Franco en leurs temps.

Les inégalités mondiales générées par le libéralisme occidental auraient enfanté ce nihilisme qui n’est pour le penseur qu’un nouveau fascisme contemporain dont les tueurs développent ce coté « Viva la Muerte » qui anima aussi les jeunes français collabos des nazis qui profitait de leurs positions pour faire n’importe quoi et tuer tout le monde. Leur imam alors était Pétain !

Comme Phèdre à qui Racine fait avouer son amour qu’elle estime criminel, Alain Badiou conclut :

« Nous pouvons dire aussi que notre mal vient de plus loin que l’immigration, plus loin que l’islam, que le Moyen-Orient dévasté, que l’Afrique soumise au pillage… Notre mal vient de l’échec historique du communisme. Donc il vient de loin, en effet. »

S’il n’est pas sûr qu’un communisme victorieux eut permis d’éviter ces tueries à « coloration religieuse » ont peut au moins convenir avec Badiou que le capitalisme occidental n’a pas su les empêcher d’arriver.

Le pape des catholiques discourt

Comme le veut la tradition, le pape François 1er discours à tout va en ces périodes de fête de la nativité : bénédiction dite urbi et orbi (à la ville [de Rome] et à l’univers) dans laquelle on prie pour tous les malheurs du monde et on appelle à l’humilité et l’amour du prochain, messe de minuit, homélies diverses mais surtout les vœux à la Curie, sorte de gouvernement de l’Eglise catholique, une Curie que le bon François cherche à réformer avec difficultés et assez peu de résultats. Il a donc asséné à une assemblée de prélats pourpres et campés sur leurs conservatismes quelques vérités censées remuer ceux qui ne s’étaient pas endormis :

Et parlant de la réforme me vient à l’esprit l’expression sympathique et significative de Mgr Frédéric-François-Xavier De Mérode : «faire les réformes à Rome c’est comme nettoyer le Sphinx d’Égypte avec une brosse à dents». Ceci met en évidence combien il faut de patience, de dévouement et de délicatesse pour atteindre cet objectif, dans la mesure où la Curie est une institution ancienne, complexe, vénérable, composée d’hommes provenant de diverses cultures, langues et constructions mentales, et que, structurellement et depuis toujours, elle est liée à la fonction de primauté de l’Evêque de Rome dans l’Eglise, c’est-à-dire à l’office “sacré” voulu par le Christ Seigneur lui-même pour le bien de tout le corps de l’Eglise (ad bonum totius corporis).

Ceci est très important pour dépasser cette logique déséquilibrée et dégénérée des complots et des petits cercles qui, en réalité, représentent – malgré toutes leurs justifications et leurs bonnes intentions – un cancer qui conduit à l’autoréférentialité, qui s’infiltre aussi dans les organismes ecclésiastiques en tant que tels, et en particulier chez les personnes qui y travaillent. Mais quand cela se produit, la joie de l’Evangile, la joie de communiquer le Christ et d’être en communion avec lui, se perd ; la générosité de notre consécration se perd (cf. Ac 20, 35 et 2Co 9, 7).

En d’autres termes : « remuez-vous bande de fainéants improductifs et incapables sinon vous allez disparaître ! » Pas sûr que ce discours fasse vraiment bouger une Eglise figée sur ses principes et ses corporatismes. L’avenir le dira !

La suite sur : Vœux à la Curie : le texte intégral du discours du Pape François

La famille Merah

La première manche du procès d’Abdelkader Merah s’est terminée à Toulouse début novembre par la condamnation de celui-ci à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste (et son acquittement pour complicité d’assassinat). On se souvient que son jeune frère Mohamed avait, en mars 2012, tué trois militaires, blessé grièvement un quatrième, puis avait abattu à bout portant quatre personnes dans une école juive dont trois enfants de 4, 5 et 7ans, et blessé un autre enfant de 15 ans. Il filma l’ensemble de ses actes avec une caméra portable. Ces crimes furent inspirés par la religion de Mohamed qui s’était radicalisé dans différentes zones de combat du Moyen-Orient. Après une courte cavale, il fut tué par la police.

Son frère Abdelkader a été assez rapidement arrêté, soupçonné d’avoir participé matériellement et intellectuellement à cette campagne macabre et d’une violence inédite. Son procès a permis de découvrir de l’intérieur les tenants et aboutissants de cette famille française d’origine algérienne qui aboutirent à ce massacre.

Parents mariés et divorcés à plusieurs reprises, père condamné et incarcéré pour trafic de stupéfiants (il portera plainte contre l’Etat français après la mort de son fils), leurs cinq enfants nés en France ont tous eu plus ou moins maille à partir avec la justice, la mère leur infuse un antisémitisme féroce et leur fait rejeter tout ce qui n‘est pas musulman. Trois d’entre eux vont adhérer aux thèses islamistes extrémistes. Ils fréquentent les propagandistes Clain, fratrie de deux frères convertis, voyagent dans les pays où sévissent le terrorisme religieux et ses inspirateurs. Ils sont violents, selon les circonstances battent leur mère, se poignardent entre eux, vénèrent les armes et les pitbulls.

Abdelkader sera le prosélyte du lot. Ne reconnaissant que l’autorité de Dieu il veut détruire la démocratie et les mécréants qui sont pour lui un régime et un statut juste inconcevables. Au cours du procès il donne l’image d’un homme réfléchi qui sait où il va et où il ne faut pas montrer qu’il est allé. Invoquant Dieu à toutes occasions, il admet ses « dérapages » par rapport aux préceptes religieux (escroquerie aux crédits notamment), il revendique la possibilité d’être un salafiste radical sans être un assassin. Il finira par condamner les actes de son jeune frère mais s’en remet à Allah pour juger celui-ci.

On redécouvre avec effarement comment une famille française d’origine immigrée dont les enfants, nés dans l’hexagone, ont été élevés à l’école de la République, a pu devenir la proie consentante d’une idéologie religieuse délirante au point d’y plonger et d’en devenir le prosélyte pour Abdelkader, l’exécutant des basses œuvres pour Mohamed. Le mélange détonnant du rejet de la démocratie, de la haine des autres, du message mal digéré de textes religieux abscons, d’une mémoire de la colonisation occidentale, d’un engagement politique de café du commerce en faveur d’opprimés du Moyen-Orient, sur des esprits étroits a donné cette famille destructrice et en dehors de tout.

L’apparition d’une telle dérive marque l’échec de notre société, française en l’occurrence, à intégrer ses enfants. Elle est aussi le symbole de ce à quoi aboutit la haine érigée en philosophie de vie. D’autres exemples ont existé dans l’histoire récente qui ont pu être réduits par la raison. Lorsque l’on détaille le comportement d’Abdelkader Merah lors de son procès, et avant dans sa vie, on se demande bien comment cette fois-ci l’intelligence arrivera à vaincre une telle régression et une pareille déraison, d’autant plus que le cas de cette famille Merah n’est bien sûr pas unique en France comme dans d’autres pays occidentaux. Le futur procès du seul terroriste religieux survivant des attentats de Paris de 2015 « du Bataclan et des Terrasses » marquera une nouvelle étape dans la connaissance de ce phénomène idéologique criminelle qui marque le début du XXIème siècle.

Le parquet a par ailleurs fait appel du jugement Merah puisque le condamné a été acquitté du chef de complicité d’assassinat. Un nouveau procès aura donc lieu.

Tic verbal compulsif : l’adjectif disruptif

Employé à toutes les sauces, l’adjectif disruptif fait savant quand il est employé dans les dîners en ville. A l’origine il sert à désigner un phénomène technique lié à l’électricité, sorte de court-circuit. Aujourd’hui, employé en économie ou la vie de tous les jours, il indique un changement, une rupture, dans la façon de mener un business ou de conduire sa vie. Il marque surtout le côté précieux, et même un peu anglophone, de celui qui l’emploie.

Attentat religieux en Egypte

Des terroristes islamiques égyptiens ont attaqué une mosquée dans le Sinaï égyptien ce vendredi 24 novembre. Il y aurait près de 250 morts. Il s’agit d’une mosquée pour des fidèles pratiquant le soufisme, une variante de l’islam que les radicaux sunnites considèrent comme hérétique pour des subtilités théologiques qui échappent à l’entendement du commun des mortels.

250 morts pour une querelle théorique au sein de la même religion, cela rappelle les massacres entre catholiques et protestants, ou les staliniens tuant les trotskistes, bref, cela ramène à l’âge de pierre de l’humanité et pourtant cela se passe à côté de chez nous.

Les vaccins au Café du commerce

Entendu dans un dîner en ville :

Le passage à 11 vaccins obligatoires va permettre aux laboratoires pharmaceutiques de s’en mettre plein les poches, et en plus ce sont eux qui financent les études cliniques qui servent leurs intérêts.

C’est une illustration supplémentaire du complotisme décébrant qui tient lieu de débat dans l’hexagone où la polémique est préférée à la raison. Sur la question des vaccins, la simple analyse statistique du risque de la maladie versus le risque de l’administration du vaccin devrait logiquement suffire à clore la question, à une époque où il y a encore des citoyens qui meurent de la rougeole dans notre pays.

A défaut de pouvoir montrer scientifiquement la nocivité du vaccin Mme. Michu s’en prend à ses fabricants qui « se remplissent les poches sur le dos des patients » et c’est là deux siècles d’influence marxiste plus ou moins diffuse dans l’imaginaire national qui viennent aveugler le Café du Commerce. Après avoir été nationalisée à divers titres, tranches et périodes par la République, cette industrie a été rendue quasi intégralement au secteur privée et cotée en bourse. Elle doit donc vendre ses produits et réaliser des profits pour éviter de devoir taper au portefeuille de Mme. Michu-contribuable en cas de faillite et continuer à soigner Mme. Michu-patiente. Si l’on veut que ces profits soient rendus à la République, il suffit de renationaliser l’industrie pharmaceutique, une simple loi et quelques dizaines de milliards payés par Mme. Michu-contribuable y pourvoiront. Espérer que des entreprises cotées en bourse ne réalisent pas de profit est un vœu pieux, symptomatique du si cruel manque d’éducation économique qui caractérise les citoyens français.

Et pour ce qui concerne les études cliniques, Mme. Michu devra apprendre qu’elle vit dans une République dont les élus (par Mme. Michu-électrice) préfèrent financer des jeux olympiques que de la recherche médicale. Il serait certainement plus équitable que la puissance publique finance elle-même ces études cliniques et rien ne l’interdit sauf… le manque de sous. Pour redresser cette situation, il suffit de voter pour des candidats qui privilégieront l’allocation des ressources publiques à la santé plutôt qu’à des jeux de ballons ou autres futilités du même genre.