Forte capacité de nuisance de Moscou

Un ex-agent double russe, Sergueï Skripal, réfugié au Royaume-Uni est empoisonné avec sa fille par un gaz de combat innervant. A ce jour les deux russes sont soignés en soins intensifs et dans un état critique, de même qu’un policier qui a été atteint par ce gaz en voulant intervenir sur les blessés. On se souvient qu’en 2006 un opposant russe, Alexandre Litvinenko, avait aussi été empoisonné avec un produit radioactif polonium. Il avait mis une vingtaine de jours à en mourir et produit quelques déclarations et écrits avant son décès. Ce polonium était tellement radioactif que la police britannique a pu suivre à la trace le retour à Moscou des deux agents qui avaient mélangé au thé de M. Litvinenko ; même les avions commerciaux qui les avaient transportés exsudaient la radioactivité… L’un de ces agents a été élu depuis député au parlement russe.

Le président russe et son entourage n’ont jamais caché qu’ils voulaient tuer les agents doubles russes considérés comme des traîtres à la patrie, probablement largement soutenus par la population locale. Les autorités britanniques ont déclaré que l’Etat russe lui semblait responsable de l’empoisonnement de M. Skripal et, du coup, ont rouvert les enquêtes concernant les décès douteux de nombre de citoyens russes, ou d’origine russe, sur le territoire britannique. En attendant des sanctions diplomatiques ont été annoncées par Londres, soutenue par d’autres pays d’Europe de l’ouest ainsi que les Etats-Unis d’Amérique. La Russie conteste son implication dans ces meurtres dans le langage fleuri qui est le sien et parle de manipulation occidentale pour interférer sur l’élection présidentielle se déroulant ce dimanche. Tout est possible, bien sûr.

Quelle que soit le fin mot de cette histoire on sait la Russie portée de tous temps à l’agit-prop internationale et en utilisant les moyens qui sont les siens, souvent brutaux, en tous cas manquant parfois de discrétion. Les bolcheviks et l’Union soviétique ont tout fait pour exporter leur révolution à l’étranger, n’hésitant pas à exécuter leurs opposants où qu’ils se trouvent. Trotski fut de ceux-là. Après une courte période de repli sur elle-même suivant la dissolution de l’Union soviétique, la Russie de Poutine a repris le chemin de l’interventionnisme malfaisant en dehors de ses frontières nationales. On a découvert avec une relative stupeur que ce pays développait ses compétences informatiques pour interférer dans les campagnes électorales occidentales et favoriser les candidats qu’elle estime meilleurs pour la Russie : ainsi de Trump aux Etats-Unis ou Marine Le Pen en France.

Dans le cas des Etats-Unis d’Amérique, le plus croquignolet dans l’affaire est que Donald Trump a effectivement été élu et que la nouvelle équipe républicaine marquait de réelles sympathies pour la Russie mais le dévoilement des interventions de Moscou et des liens un peu trop étroits de forbans américains proches de Trump avec l’ennemi intime de Washington force le gouvernement américain à prendre lui aussi des sanctions contre la Russie.

Ainsi vont les relations internationales. Il n’y a pas grand-chose de nouveau en ce XIXème siècle sinon les outils utilisés, mais l’ambition des hommes et des Etats restent toujours aussi malsaine et porteuse de violence. La Russie considère l’Occident comme décadent et faible, elle fait tout pour lui nuire. Ce que les démocrates optimistes déplorent est qu’un pays comme la Russie dépense autant d’énergie et d’argent pour chercher à perturber l’extérieur plutôt qu’à se concentrer sur son développement intérieur. Mais les démocraties sont prises à leur propre piège puisque le président russe actuel est élu à peu près librement à une très significative majorité, il est vrai après avoir éliminé, au besoin physiquement, ses opposants et noyauté les médias.

Chaque partie diffuse sa propagande en vantant les mérites de son système, persuadé de son bon droit. Le peuple russe dont l’armée intervient en Syrie sans mandat de l’ONU ne voit pas vraiment la différence avec l’invasion de l’Irak par les forces anglo-saxonnes en 2003 sans plus de mandat onusien, ou celle de la France et du Royaume-Uni en Lybie quelques années plus tard, outrepassant largement le mandat donné par l’ONU. Le peuple russe estime qu’il est autant fondé à aller abattre les traîtres russes réfugiés à l’étranger que l’armée françaises à éliminer les djihadistes nationaux partis guerroyer en Syrie. Il est vrai que les situations sont pour le moins ressemblantes…

Malgré tout, des oligarques russes viennent passer leurs vacances à Nice ou Gstaad, plutôt qu’à Sotchi, et investissent les milliards accumulés plus ou moins légalement à Londres et dans cet « Occident décadent » plutôt qu’à la bourse de Moscou. C’est aussi un moyen d’exercer des pressions sur le « capitalisme rapace » au sujet duquel Lénine disait « qu’ils [les capitalistes] nous vendront la corde pour les pendre ». Le dicton présente toujours une part de vérité mais il n’est pas sûr que Moscou gagne sur le long terme en basant son développement socio-économique et sa puissance d’abord sur sa capacité de nuisance extérieure plutôt que ses qualités et richesses intrinsèques. L’avenir le dira !

La Turquie sur tous les fronts

La Turquie qui occupe illégalement au regard du droit international depuis des années un pays membre de l’Union européenne, Chypre, s’est lancée dans une nouvelle conquête, cette fois-ci en Syrie, pour prendre le contrôle d’une bande de territoire frontalière « gérée » pour le moment par des bandes armées kurdes considérées comme terroristes par Ankara et d’autres capitales. On connaît l’extrême rejet de la Turquie à l’idée de toute reconnaissance du fait kurde et encore plus à la création d’un Etat kurde, elle est rejointe en ce sens par tous les pays où existe une forte minorité kurde, alors Ankara s’est alliée avec des milices opposées au régime syrien, pour chasser les kurdes de cette bande frontalière. Ses forces armées sont en train de combattre sur le territoire de cette Syrie dévastée par plusieurs années de guerre civile attisée par les intérêts divergents des grandes puissances.

L’imbroglio syrien se complexifie : la Turquie membre de l’Otan et donc alliée des pays occidentaux de cette alliance, occupant une partie de la République de Chypre membre de l’Union européenne, plus ou moins réconciliée avec la Russie, avec laquelle il était sévèrement fâché depuis que son armée de l’air avait abattu un avion russe, pour soutenir le régime Assad en Syrie, lui-même soutenu militairement par l’Iran et le Hezbollah libanais, se lie avec des opposants armés audit régime et fait intervenir son armée à l’étranger pour chasser les kurdes qui ont pris le pouvoir sur une partie de la Syrie, les kurdes étant soutenus militairement par l’Otan pour lutter contre le terrorisme religieux en Syrie… Il y a maintenant sur le terrain des soldats slaves, arabes, persans, ottomans, et dans les airs, les mêmes plus les américains et quelques européens… Relisez depuis le début si cela ne vous paraît pas clair !

Ce qui est hélas relativement compréhensible c’est que la Turquie est une alliée de l’Occident quand cela l’arrange. Son implication armée désordonnée dans le conflit syrien risque de lui revenir en boomerang un jour ou l’autre et elle devra sans doute en payer l’addition un jour, sans parler des effets intérieurs négatifs de sa progressive transformation en « démocrature religieuse » source potentielles de tensions internes, ne serait-ce qu’avec sa très significative communauté kurde déjà sérieusement malmenée. On frémit à l’idée que la situation se retourne, que la Turquie soit agressée par l’un de ses multiples ennemis et fasse appel à l‘article 5 du traité de l’Otan qui veut que les pays membres de l’alliance volent au secours d’un des leurs en cas d’agression extérieure. Le cas échéant, cela voudrait dire que les armées européennes et des Etats-Unis seraient engagées pour défendre une Turquie guerroyant indirectement contre certains pays membres et occupant Chypre…

Grandeur et décadence de la diplomatie internationale !

L’Asie nourrit les siens

Paris-Chinatown, dans l’entresol des tours Olympiades rue de Tolbiac, le parking Avis est logé au bout de cet immense espace dédié au commerce asiatique. Le locataire d’une minuscule Clio se faufile au milieu des semi-remorques qui défilent pour livrer leurs marchandises devant une succession d’entrepôts où s’entassent du crabe de Thaïlande, de la crevette de la mer de Chine, du Nuoc-mâm du Vietnam, de la nouille chinoise et sans doute d’autres marchandises plus ou moins avouables. C’est une véritable ruche en plein Paris, une sorte d’impressionnant Rungis chinois…

L’Asie nourrit les siens !

La puissance des nations désunies


Le clan syrien des Assad qui tient la Syrie avec l’aide de ses alliés russe et iranien continue à reconquérir le territoire un temps perdu face à un patchwork, devenu assez incompréhensible, composé de rebelles, de terroristes, de religieux, de laïques, de kurdes, d’arabes, soutenus, ou pas, par un autre patchwork de nations étrangères arabes, slaves, européennes, américaines… Dans cette situation kafkaïenne, ceux qui tirent leur épingle du jeu sont les Etats qui sont sur le terrain avec des forces armées : la Syrie, qui est chez elle, la Russie et l’Iran qui y sont invités par la première. Ces Etats sont déterminés, ont des moyens et ne renoncent à rien pour atteindre leurs objectifs. Ils sont donc en train de gagner, au moins provisoirement.

Le pays est en partie détruit, des millions de syriens quittent ou ont quitté la Syrie, des massacres en tous genres ont eu lieu et sont en cours, des civils et des hôpitaux sont sciemment visés. Il faudra plusieurs générations pour redresser ce pauvre pays si la situation un jour le permet. Les quinze pays membres du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) planchent régulièrement sur le sujet pour essayer de mettre fin à cette guerre d’un nouveau genre et peine à trouver un accord.

Une nouvelle résolution sur un cessez-le-feu temporaire en en cours de discussion. Les associations humanitaires et la presse à sensation s’époumonent contre « l’impuissance des Nations-Unies ». Le refrain est connu, la naïveté des commentateurs ne change pas. Les « Nations-Unies » sont tout simplement Nous ! L’impuissance des Nations-Unies c’est la puissance des nations fortes à défendre leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. Les Nations-Unies ne sont pas une création ex-nihilo, ce sont tout simplement nos nations qui essayent de se mettre d’accord sur des sujets communs, avec difficultés et des résultats mitigés. L’irresponsabilité des « Nations-Unies » c’est notre responsabilité collective. Ceux qui siègent et qui votent au conseil de sécurité ce sont les représentants de nos dirigeants élus. L’impuissance des Nations-Unies, c’est tout simplement notre incompétence qui laisse la bride au cou aux nations puissantes dans un contexte donné comme c’est actuellement le cas de la Russie et de l’Iran sur le terrain des combats en Syrie. Le mieux est de l’assumer. Ceux qui ont l’illusion de la puissance sont ceux qui ont des combattants sur le terrain, mais cette puissance est éphémère, souvenons-nous de l’Indochine, du Vietnam, de la Somalie, de l’Irak… Ceux qui détiennent la clé sont les syriens qui peut-être un jour réussiront à s’entendre et reconstruire.

Pour le moment, l’Occident n’arrive à rien avec la Syrie dont le régime s’est donné au Diable. Tout le monde le paiera, les syriens ont commencé, la Russie suivra et l’Occident avec.

La réalité dépasse la fiction en Afghanistan

Un salve d’attentats religieux particulièrement violents ensanglante l’Afghanistan ces derniers jours, généralement revendiqués par les talibans, rebelles de profession, fous de Dieu et trafiquants de drogue particulièrement efficaces : 20 morts le 20 janvier dans un hôtel international, 5 morts dans une organisation non gouvernementale le 25 janvier, plus de 200 morts dans une rue bondée du centre de Kaboul le 27 janvier. D’habitude les talibans déclenchent leur « offensive de printemps », au printemps, cette année ils prennent de l’avance et ne reculent devant vraiment rien.

Lire aussi : ‘Pukhtu : Primo (tome 1) & Secundo (tome 2)’ par DOA

Mumbai

Mumbai – 2017-11

Mumbai, sur les traces de ses pas il y a presque quarante ans, le chroniqueur redécouvre Gateway of India, un monument colonial sans grand intérêt sinon sa situation au bord de la mer d’Arabie. Construit à la gloire du roi Georges V, il fut franchi une dernière fois par les militaires britanniques après que leurs dirigeants aient octroyé l’indépendance du pays.

Cet immeuble servit de base à Gandhi de 1917 à 1934 et il y proclama le lancement de l’action pacifique pour l’indépendance de l’Inde. Il y fut aussi arrêté en 1932. Mais finalement le combat non-violent fut victorieux, l’indépendance fut proclamée en 1947 mais Gandhi ne sut éviter le drame de la partition du pays entre Inde et Pakistan, ni son cortège de massacres qui entraînèrent près d’un millions de morts.

www.gandhi-manibhavan.org

Visa et religion

Dans sa demande de visa faite auprès du consulat Indien de Paris, le citoyen français doit mentionner sa religion.

Pour ceux qui en doutaient, la laïcité n’a guère traversé les frontières hexagonales. Cette laïcité paraissait un principe de gouvernement de la Cité normal et admis de tous mais le concept prend l’eau de toutes parts en France, quant à l‘étranger, il n’y a jamais été vraiment exporté.

Des dirigeants séditieux en fuite

Démis de leurs fonctions par le gouvernement espagnol, poursuivis en justice pour rébellion et sédition, les principaux ex-dirigeants du gouvernement autonome catalan ont fui l’Espagne pour se réfugier en Belgique. Leur président est convoqué par la justice en fin de semaine à Madrid.

Dans un autre genre, le président du Kurdistan irakien qui avait lui aussi organisé un référendum illégal a démissionné. Le vote en faveur de l’indépendance n’a abouti qu’à une reprise en main par le gouvernement légitime et le départ du président.

Dans ces deux situations, des dirigeants de rencontre ont fait de l’agit-prop au lieu de gouverner avec raison, ils ont mené des clans au lieu d’agir dans le sens de l’intérêt général, ils ont fait preuve de maladresse insigne alors qu’on attendait d’eux du courage et de l’efficacité. Alors, une fois leur incompétence avérée et le chaos installé, ils ont fui !

La Turquie… encore et toujours

Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

Dictateur, c’est un métier !

Les dictatures de Corée du Nord et du Venezuela occupent l’actualité ces derniers temps avec des exploits dont on se passerait bien.

La Corée du Nord est maintenant élevée au statut de puissance nucléaire grâce à la constance de la famille Kim qui a engendré trois dictateurs staliniens d’opérette ayant successivement dirigé le pays. Le régime est totalitaire et a développé une propagande qui a éteint toute opposition et érigé un culte de la personnalité en faveur de son dirigeant suprême à l’égal de celui dont Staline avait disposé en son temps. Il n’y a pas d’élections libres. Le pays est isolé du reste du monde et l’un de ses principaux objectifs politiques est la confrontation avec l’extérieur.

Le Venezuela est gouverné depuis plusieurs années par des dirigeants populistes élus dans des élections plus ou moins démocratiques mais en tout cas soutenus par une partie des citoyens. Le développement économique est basé sur des principes marxistes et le pays est ruiné malgré ses réserves pétrolières considérables.

Dans un cas comme dans l’autre, ces dirigeants consacrent la majorité de leur temps et des moyens des Etats qu’ils squattent à se maintenir au pouvoir quel qu’en soit le prix à payer pour leurs pays : la ruine, voire la guerre. La confrontation avec l’extérieur leur permet par ailleurs de mobiliser leurs peuples, plus ou moins consciemment, derrière eux. Au Venezuela où existe tout de même un processus électoral, le pouvoir doit jouer avec les institutions pour museler son opposition. En Corée du Nord, il suffit d’exécuter les contestataires qui de ce fait semblent assez peu nombreux.

Si ces dirigeants de rencontre consacraient la moitié de l’énergie qu’ils dépensent actuellement pour maintenir leurs dictatures au développement censé de leurs pays, nous n’en serions pas là et eux non plus.

La démocratie dans sa conception occidentale a bien des inconvénients que nous vivons tous les jours, mais elle a l’immense mérite d’empêcher l’apparition de telles situations, au moins jusqu’ici. Conservons-là, protégeons-là et cessons de maugréer à tous instants contre ce qu’elle est !

La religion prend le dessus de l’éducation en Turquie

Les autorités en charge de l’éducation en Turquie annoncent que les programmes scolaires du pays ne mentionneront plus la théorie de l’évolution de Darwin faute « de pertinence » mais incluront désormais l’enseignement du « bon jihad », celui qui exalte l’amour de la patrie. C’est le début de la fin du principe de la laïcité turque encore inscrit dans la constitution pour le moment. C’est en tout cas le crépuscule d’une époque, celle lancée par Atatürk de la modernisation du pays basée sur son virage vers l’Ouest.

Le créationnisme qui va à l’encontre du darwinisme est inscrit dans l’ancien testament et le jihad l’est dans le Coran. Ils sont donc privilégiés par le pouvoir religieux démocratiquement élu : la foi plutôt que la raison. C’est une vieille histoire. Rien n’est éternel et gageons que ce pays reviendra un jour sur les chemins abandonnés aujourd’hui. Il aura simplement pris du retard.

Agitation diplomatique au Moyen-Orient

L’Arabie-Saoudite et les Emirats Arabes Unis, plus quelques satellites comme l’Egypte et les Iles Maldives, rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils accusent cet Etat gazier de soutenir le terrorisme et l’Iran et veulent l’en punir en organisant de plus un embargo aérien, maritime et terrestre de l’émirat. Tous ces pays du Golfe sont de confession musulmane-sunnite et leurs gouvernements largement connectés avec l’Occident à qui ils achètent un armement sophistiqué et onéreux, investissent lourdement leurs pétrodollars sur les bourses américaines et européennes. Ils comptent plus ou moins sur le parapluie protecteur de Washington qui a déjà servi une fois ou deux pour libérer le Koweït, sous mandat des Nations Unies, envahi par l’Irak en 1990, puis destituer le dictateur Hussein de Bagdad en 2003, sans mandat cette fois-ci. On sait que cette dernière guerre s’est très mal déroulée et est en partie à l’origine de la flambée de terrorisme qui brule le monde, et tout particulièrement le Moyen-Orient qui est à feu et à sang sans discontinuer depuis ces évènements.

Voir l’Arabie-Saoudite critiquer l’implication du Qatar dans le terrorisme ne manque pas de faire sourire. C’est l’hôpital qui se moque de la charité… Ces Etats musulmans ont tous été les promoteurs de l’Islam politique qui est, avec le pétrole, le socle de leur pouvoir. Tous ont œuvré à diffuser cette idéologie à travers la planète par tous les moyens dont ils disposent, financiers bien sûr, mais aussi théologique via des imams, centres culturels, mosquées prêchant le wahhabisme et le salafisme à travers la planète, cherchant à prendre le contrôle des neurones des citoyens musulmans pour leur imposer ce mode de pensée et de vie.

L’étape ultime de ce totalitarisme religieux est le terrorisme mis en œuvre actuellement par une multitude de groupes armés qui ne cherchent pas à convaincre mais à imposer leurs vues par les armes. Aujourd’hui, les plus barbares parmi ces clans sont de confession sunnite (groupe Etat islamique, Al Qaïda,…). Ils s’écharpent sur les terrains de combat en Irak et en Syrie, et commettent des attentats sanglants en massacrant des civils indistinctement chez ceux qui n’ont pas, ou pas assez, les mêmes croyances qu’eux.

L’Iran de confession musulmane-chiite a beaucoup donné dans l’action terroriste contre l’Occident dans les années 80/90 mais semble s’être calmé avec le XXI siècle. Là encore il n’est pas sans ironie de voir ces Etats sunnites menés par l’Arabie-Saoudite désigner l’Iran comme grand méchant loup acteur principal du terrorisme mondial !

Tous ces Etats religieux, obsédés par ce qu’ils croient être leur mission divine ont passé, et continuent à passer, un temps infini à diffuser une idéologie d’un autre âge plutôt que de se consacrer au développement de leurs pays pour le bien de leurs peuples. Comme tous les régimes idéologiques la guerre est un des moyens à disposition et ils n’ont pas manqué de l’utiliser. Ils ont dépensé pour ce faire des sommes faramineuses. Sans doute le monde contemporain eut été différent, peut-être plus apaisé, s’ils avaient passé plus de temps à s’occuper de l’Homme plutôt que de chercher à plaire à Dieu. L’Occident a réglé le compte de ses idéologies les plus dévastatrices : la chrétienté, le nazisme, le communisme. Il lui reste à gérer quelques remugles de nationalisme et de populisme, ou plutôt de bêtise à courte vue. Gageons qu’ils seront moins violents. Il faut maintenant que l’Orient mène la bataille de l’intelligence et de la raison humaines.

Attentats religieux en Orient

Des religieux islamistes continuent les massacres aveugles au Proche et Moyen-Orient, toujours au nom de Dieu.

  • En Egypte le 27 mai 2017 un bus transportant des citoyens cooptes est attaqué, il y a au moins 29 personnes tuées.
  • En Afghanistan le 31 mai 2017 un camion lourdement piégé explose dans un quartier animé de Kaboul, il y a 80 morts et des centaines de blessés.

Le Groupe Etat islamique a revendiqué ces actions et rappelé que le mois de ramadan qui a commencé fin mai doit être utilisé pour renforcer les meurtres contre les mécréants. Il a été suivi.

C’est le printemps…

Il y a les soldes de printemps à cette époque, mais il y a aussi l’offensive de printemps des… talibans afghans. C’est traditionnel depuis que ce pays en en guerre, c’est-à-dire depuis l’invasion soviétique de 1979, au moins pour la période contemporaine : tous les printemps, lorsque la neige a fondu sur les contreforts de l’Himalaya et que les voies de communication redeviennent circulable après les frimas de l’hiver, les islamistes talibans repartent à l’assaut de qui détient le pouvoir. Que ce soient des soviétiques, des pakistanais, des occidentaux, des marionnettes des uns ou des autres qui sont aux commandes, eh bien ça ne loupe pas, les talibans veulent reprendre le pouvoir pour y installer leur idéologie religieuse régressive, alors ils repartent à l’assaut après l’hiver. C’est l’offensive de printemps, comme il y a la cuvée du patron !

Ce serait risible si cela ne se traduisait par des centaines de morts chaque année et l’autodestruction réglée de ce pays par les siens. De guerres civiles en guérillas internationales, d’interventions étrangères en actions terroristes, les talibans sont toujours là et descendent de leurs montagnes le printemps venu pour tenter de réinstaller leur régime d’un autre âge. Gageons qu’ils y parviendront à force de lasser le reste de la planète et de gagner les combats contre les plus grandes puissances, animés d’une foi à ébranler les montagnes et armés par on ne sait trop qui !

Le mieux est peut-être pour l’Occident de prendre acte de son échec à vouloir pacifier ce pays en l’accompagnant sur le chemin d’une civilisation moderne qu’il n’est pas sûr que la majorité de sa population désire vraiment. Si les intérêts supérieurs des pays occidentaux l’exigent il sera toujours possible d’y retourner guerroyer de temps à autres mais vouloir y rester durablement pour y instaurer un développement politique et économique apaisé est juste au-delà des compétences de ces puissances.

Le président turc aux Etats-Unis

Le président turc Erdogan a rendu visite aux Etats-Unis ce 16 mai à un moment où la Turquie s’éloigne de l’Occident tout en restant membre de l’organisation de défense atlantique (Otan) et alors que Washington a annoncé vouloir accentuer ses livraisons d’armes aux milices kurdes qui combattent en Syrie le groupe terroriste Etat islamique, mais sont aussi des opposants à Ankara.

Ces deux présidents populistes et grande gueule vont devoir compromettre sur des sujets sensibles, chacun tenant l’autre par la barbichette. Les forces de l’Otan disposent et utilisent des bases militaires en Turquie pour différentes opérations armées au proche et moyen orient. Les forces turques interviennent directement en Syrie plus ou moins sous l’aile russe et en soutien au régime syrien auquel s’oppose l’Occident. Pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions mais on peut gager que ces deux présidents roublards vont bien trouver un accord a minima en catimini, quitte à dire le contraire devant les journalistes.

La vraie question qui risque de se poser à plus ou moins court terme est le maintien de la Turquie dans une alliance militaire dont elle s’oppose frontalement à tous les membres, en des termes qui manquent souvent d’élégance. A force de mener sa diplomatie avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine le président turc s’est mis tous ses voisins à dos. La charte de l’Otan stipule qu’en cas d’attaque contre un pays membre les autres doivent réagir. Il n’est pas vraiment réjouissant de penser que si l’Irak ou la Syrie attaquaient militairement un jour la Turquie, lassées des jérémiades et agressions diverses d’Ankara à leur encontre, eh bien les troupes occidentales de l’Otan seraient censées défendre la Turquie. Il va falloir y penser sérieusement si ce pays continue à dériver loin des intérêts occidentaux.

Au cours de cette visite turque aux Etats-Unis, des manifestations se sont déroulées devant l’ambassade turque où l’on vit les gardes du corps présidentiels turcs sortir pour tabasser les opposants kurdes, parfois de nationalité américaine, devant une police locale dépassée par les évènements. Il faut dire qu’il est plutôt inhabituel de voir des services de sécurité étrangers faire le coup de poing contre des manifestants à l’occasion d’un voyage présidentiel. Ainsi va la Turquie !

Attentat religieux en Russie

Une bombe explose dans le métro à Saint-Pétersbourg ce 3 avril, il y a 14 morts et de nombreux blessés. Un premier suspect de nationalité russe a été identifié et se serait fait explosé sur place. Né au Kirghizistan dans la minorité ouzbèke du pays il avait obtenu la nationalité russe il y a quelques années. La Russie entretient des liens historiques avec ses anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale à fortes majorités musulmanes dont une frange extrémiste constitue l’un des premiers bataillons de combattants étrangers en Syrie. D’autres de leur représentants commettent des attentats dans le métro ou ailleurs. A bien des égards on retrouve des similitudes avec la situation française : colonisation/décolonisation mal digérée, marginalisation, bêtise, dérive religieuse et violence nihiliste. Le résultat est toujours le même, l’absence de solution à court terme toujours patent.

Des gaz en Syrie

Encore une fois des gaz de combat sont utilisés dans la guerre civile en Syrie. Il y a une centaine de morts immédiats, des civils pour la majorité. Les mêmes images de gamins asphyxiant sont diffusées sur les médias. Le pouvoir syrien est le responsable probable puisqu’il s’agirait d’un bombardement aérien. Personne n’accuse à ce stade les rebelles puisqu’ils ne disposent pas de forces aériennes mais une version avancée par l’allié russe de la Syrie laisse entendre que l’aviation syrienne aurait touché un entrepôt rebelle où auraient été stockés lesdits gaz mortels.

On ne sait pas bien où est la vérité et le plus triste dans cette histoire est que l’on imagine que toutes les parties sur le terrain sont capables d’utiliser ces armes prohibées, autant le pouvoir en place que son opposition armée pour peu qu’elles aient accès à ces produits. En principe leurs stocks avaient été livrés à la communauté internationale et détruits après la première attaque au début de la guerre. C’était un mensonge de plus dans un conflit qui n’en est pas avare, il restait a priori encore quelques échantillons de ces gaz de combat dans les placards.

Le plus probable est que la responsabilité de cette nouvelle attaque chimique soit à rechercher du côté du gouvernement syrien ce qui veut dire qu’un dirigeant, un ministre, un militaire, voire même le président de la République, a sciemment décidé de répandre des gaz toxiques sur la population. Les mêmes ont également ordonné de détruire des hôpitaux pendant que des rebelles faisaient égorger ou brûler vifs des apostats en direct sur YouTube. Cette guerre civile en Syrie, nappée d’idéologie religieuse, a ouvert toutes les vannes de la barbarie humaine. Il va être complexe de les refermer et très très long de remettre ce pays sur le chemin de la paix et de la reconstruction. Ce sera l’affaire de plusieurs générations.

Des gaz identiques ont été répandus en bien plus grandes quantités sur les champs de bataille européens de la guerre de 1914-18 par les allemands et les français, c’était en d’autres temps et l’on vit les terribles résultats de ces armes. Du moins étaient-elles utilisées contre des soldats, pas des civils comme en Syrie. Mais c’est hélas le propre d’une guerre civile de s’attaquer aux civils. Depuis ces produits ont été prohibés mais n’oublions pas que nos grands-parents les ont utilisés à profusion, peut-être cela met l’Europe en position de mieux montrer la voie de la sagesse et de la réconciliation à ce Moyen-Orient si violent !

La Turquie s’éloigne

Alors que la Turquie est en train d’organiser un référendum pour transformer son régime en lui donnant un caractère très présidentiel, des ministres de ce pays cherchent à venir animer des meetings en Europe auprès des diasporas turques particulièrement nombreuses en Allemagne et aux Pays-Bas. Certaines de ces réunions ont été annulées par les pays d’accueil, déclenchant de vives réactions en Turquie.

L’Allemagne a été accusée de « pratiques nazies » et les Pays-Bas qualifiés de « fascistes [influencés par] les vestiges du nazisme ». La France qui a laissé un ministre turc venir animer un meeting référendaire à Metz, a pour l’instant été épargnée par les foudres turcs.

Pendant ce temps l’armée turque continue son combat sur le sol syrien contre les milices kurdes qu’elle craint plus que les milices islamistes et le pays accueille plus d’un million de réfugiés syriens.

Il faudra un jour se rapprocher de la Turquie et cela se fera. En attendant, le mieux est sans doute de laisser passer l’orage et poursuivre discrètement les accords qui peuvent l’être, dont ceux de l’OTAN dont la Turquie est membre. Le président Erdogan n’est sans doute pas éternel, gageons que son successeur reviendra à des sentiments moins éruptifs. Le problème est que la transformation constitutionnelle en cours va installer Erdogan au pouvoir absolu pour de longues années mais qui sait ce qui peut se passer en politique, surtout par les temps qui courent où la prévision est un art de plus en plus incertain.

L’Orient dans les mains des orientaux


La presse et certains politiciens français de plateaux télévisés s’émeuvent sur le fait que les Etats-Unis et l’Europe sont exclus des négociations de paix en cours sur l’avenir de la Syrie. Le fait est avéré mais il n’est pas sûr que la conclusion qui en est tirée soit correcte.

Le pouvoir syrien et quelques groupes rebelles (mais pas tous) doivent se retrouver la semaine prochaine au Kazakhstan pour des discussions menées sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. On remarque au passage que l’avenir à court terme de ce pays arabe est dans les mains de pouvoirs orientaux non-arabes puisqu’ils sont slaves, perses et turcs. En cela la durabilité d’un tel accord n’est pas assurée. Est-ce un problème que Washington ou l’Europe ne soient pas parties à un éventuel accord ? Sans doute pas.

L’Occident est impliqué d’une façon ou d’une autre au proche et moyen Orient depuis au moins deux siècles de l’époque contemporaine, avec pour objectif majeur : l’accès aux ressources pétrolières. Si ce pétrole bon marché jusqu’en 1970 a irrigué le développement économique occidental, le résultat politique n’est pas une franche réussite, c’est le moins que l’on puisse dire : guerres, terrorisme, destructions, massacres, assassinats, copinage avec des dictatures abjectes, liens économiques malsains, accords politiques piétinés à peine signés, et maintenant flux considérables de réfugiés fuyant la guerre syrienne.

Ce que l’Occident a essayé de faire dans un mélange de cynisme et de bonne volonté, de naïveté et de violence, n’a pas fonctionné. Problèmes de méthodes, de personnes, d’incompatibilités sociales, religieuses et politiques, bref, le moyen Orient est un champ de ruines et de drames humains. Il faut passer son tour et laisser les puissances actuelles essayer d’apaiser la situation avec leurs propres méthodes. En espérant qu’un jour le moyen Orient arrive par lui-même à se prendre en mains.