La Syrie revient

Libe_20110427_Assad_bQuatre élus français se rendent à Damas pour y rencontrer le président El Assad, ce qui ne manque pas de créer quelque émoi au sein du gouvernement qui soutient la ligne « on ne négocie pas avec un boucher ».

C’est un vrai problème de politique internationale dont on ne connaît pas vraiment la meilleure réponse. Les quatre « gugusses » (surnommés ainsi par Sarkozy) arguent du fait que le propre de la diplomatie c’est de « parler aux gens que l’on n’aime pas », et ce n’est pas faux.

Sous couvert de mettre fin à des dictatures sanglantes et d’instaurer une démocratie qualifiée d’universelle, l’Occident a mené des invasions armées en Irak, en Afghanistan et en Lybie. Le moins que l’on puisse dire est que leur résultat est mitigé. Des tyrans ont été chassés, d’autres sont apparus au milieu d’un chaos indescriptible et mortifère. La démocratie est encore un lointain rêve, dont il n’est d’ailleurs pas sûr qu’il anime véritablement les foules

L’expérience aidant, il n’est pas sûr qu’elle soit à renouveler ! D’ailleurs malgré les menaces, l’Occident n’a finalement pas bougé après que le régime syrien ait utilisé (une nouvelle fois) des armes chimiques contre sa propre population. C’est realpolitik contre bons sentiments ; s’il n’y avait pas eu d’intervention en Lybie, le régime Kadhafi aurait fait couler des « rivières de sang » de la rébellion de Benghazi comme l’avaient annoncé, à grands renforts de trompettes, Kadhafi et ses fistons. Le régime serait sans doute toujours en place avec ses méthodes de gouvernement. Cela continuerait à choquer nos mentalités de démocrates mais au vu de la situation actuelle en Lybie il est difficile d’opter pour une solution ou une autre, la dictature ou le chaos suite à une intervention extérieure.

Alors des élus rencontrant le dictateur syrien à Damas (qui en son temps a été reçu au Palais de l’Elysée), pourquoi pas ! Cela n’engage pas la position officielle de la France mais permet d’écouter ce que l’impétrant a à dire. De toute façon à la fin on ne sait toujours pas quoi faire face à ces situations inextricables, sinon naviguer au mieux entre les écueils en allumant des cierges pour que ces pays engendrent un jour des dirigeants un peu moins violents et claniques, un peu plus visionnaires et humains, pour guider leurs peuples vers un devenir un peu moins sombre.

Le désastre continue en Ukraine

Un accord de cessez-le-feu a été signé entre le pouvoir ukrainien et ses rebelles pro-russes de l’est du pays, sous l’égide des dirigeants allemand, français et russe. Il entérine une autonomie des régions de l’est du pays, globalement pro-russes. Cela ne semble pas illégitime et en tout cas proche de ce que l’on peut savoir de la volonté majoritaire de ces populations. Evidemment il aurait été préférable d’aboutir à cette autonomie par la voie des urnes, comme cela est fait progressivement pour la Nouvelle-Calédonie et la France, par exemple. Mais nous sommes en terre slave et la violence a primé. Après plus de 5 000 morts, l’essentiel est maintenant de mettre en place ce divorce à l’amiable sans trop d’à-coups.

Plus malin, ces accords font peser tout le financement des territoires autonomes de l’est ukrainien sur le gouvernement central de Kiev. Pour revenir à notre exemple des colonies françaises du Pacifique, ce n’est pas non plus complètement anormal. La réussite d’une autonomie, voire d’une indépendance, réside en partie dans le financement du processus.

Le problème avec l’Ukraine est que l’Etat est en faillite donc le financement de ces accords va peser sur les contribuables européens pour longtemps encore. D’où sans doute la volonté frénétique du pouvoir en place à Kiev d’adhérer à l’Union européenne. En fait le pays veut être adopté par son banquier.

Il va falloir payer pour la faillite de l’Ukraine

La guerre entre les séparatistes est-ukrainiens, soutenus par une Russie impériale, contre les ouest-ukrainiens à qui l’Union européenne laisse espérer une adhésion, un jour, s’aggrave. Des milliers de morts depuis le déclenchement de la rébellion sur la tristement célèbre place Maïdan. La scission entre Est et Ouest de ce pays sulfureux semble désormais consommée, il va falloir l’entériner avec la mise en place d’une fédération ou de quelque chose qui y ressemble. Les soudards pro-russes sont probablement aussi légitimes à réclamer leur autonomie que les forbans pro-occidentaux.

Il faut maintenant faire taire les armes et surtout financer la colossale faillite financière de ce pays qu’il faudra bien aider sous peine d’effondrement mortifère. La Russie elle-même sous sanctions financières va également y laisser quelques plumes économiques et les républicains américains extrémistes ne rêvent que de relancer la guerre froide en livrant des armes offensives à Kiev, armes létales qui ont un risque sur deux de se retourner un jour, qui pourrait être proche, contre des forces de l’OTAN.

Il va falloir que chacun y mette du sien, y compris que l’Occident accepte que le concept russe de zone d’influence s’applique de façon intelligent à ses pays frontaliers : Géorgie, Ukraine, et autres.

Et puis ensuite les contribuables européens passeront à la caisse plus sereinement. Vous avez aimé Athènes ? Vous allez adorer Kiev !

Qui sera le plus malin

Israël et l’Autorité palestinienne s’affrontent pour savoir qui a commis le plus de crimes de guerre. Le concours risque d’être épique.

L’Autorité palestinienne lasse de négociations qui n’en finissent pas pour la création de son Etat, et après que la Palestine ait été reconnue comme Etat observateurs aux Nations Unie (situation ne donnant pas le statut d’Etat membre), et Etat membre de l’Unesco, a demandé cette fois son adhésion à la Cour pénale internationale. En principe cette requête doit être acceptée et permettrait à l’Autorité palestinienne d’attaquer Israël pour crimes de guerre ce qui inquiète Tel-Aviv car ce pays ne souhaite pas que ses exploits guerriers soient passé à la moulinette de la cour pénale.

Alors Israël qui ne peut plus juridiquement bloquer l’adhésion à la Cour pénale menace à son tour d’attaquer l’Autorité palestinienne pour crimes de guerre arguant du fait que l’Autorité est alliée avec le Hamas dont certaines des méthodes relèvent bien, à n’en pas douter, de la Cour. Le plus croquignolet dans l’histoire est qu’Israël n’est pas membre de la Cour dont elle refuse de  reconnaître l’autorité…

On a donc une Palestine membre candidate à la cour pénale qui veut attaquer Israël, un Etat non membre de la Cour, pour des fait qui en principe ne relèvent pas de ladite Cour qui ne juge que ceux s’étant déroulés sur le territoire d’un Etat membre. Et nous avons Israël, non membre de la Cour et ne désirant pas le devenir, cherchant à bloquer l’adhésion de la Palestine tout en menaçant de l’attaquer devant cette Cour pur crimes de guerre.

Vous ne comprenez rien ? Ne vous inquiétez pas, c’est normal, il s’agit du Proche-Orient !

On aimerait quand même qu’Israël et la Palestine utilisent leur machiavélisme et leurs diplomates à des choses plus positives pour l’avenir de la région…

L’Ukraine en faillite

L’Ukraine a voté une loi instaurant son renoncement au statut de « non aligné ». Les spécialistes expliquent qu’il s’agit en fait d’une demande d’adhésion à la coalition militaire occidentale de l’OTAN. Le pouvoir ukrainien sait la faiblesse occidentale et la difficulté de ces organisations multilatérales à dire « non » alors il présente ses candidatures à tout ce qui peut l’éloigner de la Russie.

Il n’y a pas besoin de réfléchir bien longtemps pour se rendre compte que l’Ukraine n’est pas prête à adhérer à quoi que ce soit, ni en termes politiques et démocratiques, encore moins en termes économiques et militaires. Elle n’y a d’ailleurs sans doute pas vraiment intérêt. Serait-elle utile à l’Union européenne ou à l’Otan ? Bien sûr que non, elle y serait un poids très lourd et qui plus est, un casus-belli avec la Russie. Est-ce que les peuples européens souhaitent intégrer l’Ukraine en leur sein ? Il suffirait de leur demander pour savoir mais leur réponse négative ne fait pas beaucoup de doute. Alors pourquoi faire comme si de rien n’était et laisser ce pays emprunter les chemins de l’adhésion à l’Union et à l’Otan ? C’est la faiblesse des diplomaties qui ne savent pas refuser, c’est aussi sans doute ce qu’on appelle le déficit démocratique de l’Europe qui accessoirement fait prospérer les partis extrémistes.

Faut-il aider l’Ukraine à se sortir du bourbier économique et politique dans laquelle la gouvernance de ses élites l’a plongée ? Bien sûr que oui et d’ailleurs le contribuable européen a déjà commencé à payer pour la faillite de ce pays aux abois. Nous allons continuer bien que l’addition sera évidemment très lourde compte tenu de la gabegie qui tient lieu de politique à Kiev depuis la chute du mur de Berlin. Mais il n’est pas nécessaire de faire adhérer pour aider.
Que ce soit l’Union européenne ou l’OTAN, on trouvera forcément des pays voulant accueillir l’Ukraine dans ces organisations, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, et qui pousseront les autres à accepter. En France, l’article 88-5 de la constitution soumet à référendum tout traité relatif à l’adhésion d’un pays à l’Union européenne ce qui veut dire que si les électeurs français votent contre l’adhésion de l’Ukraine le moment venu celle-ci ne pourrait pas avoir lieu puisqu’elle relève de l’unanimité des pays membres. Il risque d’y avoir un casse-tête juridique de premier ordre que la créativité des eurocrates aura du mal à résoudre et qui d’ailleurs de produira déjà avec les cas de la Serbie, de l’Albanie, du Kosovo et autres pays balkaniques sur les rangs de l’adhésion à l’Union. Il va être intéressant de suivre les contorsions politiques des dirigeants européens pour expliquer l’intérêt politique qu’il y a à faire adhérer l’Albanie à l’Union européenne…

Eau argentée

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Eau Argentée : un chef d’œuvre sur la guerre civile en Syrie, un documentaire dur et dérangeant sur la sauvagerie humaine, mais aussi une incroyable histoire artistique sur fond de dévastation dans ce Moyen-Orient si violent. Ossama Mohammed est un réalisateur syrien réfugié à Paris depuis 2011 qui a décidé de monter des images publiées sur Internet de la rébellion syrienne, le plus souvent tournées avec des téléphones portables. C’est la première partie du scénario.

Au cours de ses pérégrinations sur YouTube en quête des films publiés par rebelles et militaires loyaux au régime, il reçoit un appel de Simav, une jeune femme kurde enfermée à Homs durant le siège tragique de cette ville par l’armée syrienne. Simav en kurde veut dire : eau argentée. Elle a décidé de filmer pour témoigner. Vont s’en suivre des envois d’images et un dialogue poétique et surréaliste par internet interposé entre le réalisateur installé à Paris, se sentant coupable de n’être point au combat, et Simav filmant la guerre civile dans sa ville, au milieu des siens. C’est la deuxième partie du film.

Evidemment ce sont des images d’horreur où rien n’est épargné. On frémit devant les enfants morts, les blessés récupérés au milieu des rues avec des perches pour éviter aux secouristes d’être à leur tour touchés par les snipers, les cris des femmes devant la mort, les scènes de tabassage filmées par les militaires loyalistes, les rues de Homs dévastées par les bombardements, la terreur, etc. etc. C’est la guerre civile, la plus terrible de toutes. Une guerre où toutes les barbaries se retrouvent, y compris celles des extrémistes religieux qui massacrent à leur tour sur YouTube ceux qui ne croient pas au même Dieu qu’eux. C’est indicible !

Bien sûr ces images ont été montées. Au moins celles de la première partie peuvent avoir été manipulées, c’est possible. Mais on sait que tout ce qu’elles montrent s’est passé et se déroule encore. On sait les 200 000 morts ou approchant depuis le début de cette guerre. Le chaos total d’un pays où s’affrontent un régime familial dictatorial, une rébellion « classique » et des extrémistes religieux, le tout largement attisé par le reste du monde qui défend les uns ou les autres. Le résultat est une régression humaine sans nom dont on se demande quand elle touchera le fond.

Homs s’est rendue. Ossama et Simav vont se rencontrer… au Festival de Cannes en mai 2014, pour la première fois. Leur film y est présenté. Elle atterri à Cannes le jour même de sa présentation, fait la connaissance d’Ossama, et dans une grande émotion, devant un parterre de journalistes et de gens de cinéma déclare qu’elle retourne à Homs et réclame la liberté pour la Syrie.

Un très grand film qui rend hommage à un pays sinistré et à ses habitants.

Il va falloir payer pour la faillite ukrainienne

La France officialise le fait qu’elle ne livrera pas un bateau de guerre construit pour, et vendu à la Russie, compte tenu de l’ingérence de Moscou dans la guerre civile ukrainienne. Si ce contrat est définitivement rompu ce sera un coût supplémentaire pour les contribuables français après le refinancement de la faillite financière de l’Ukraine qui ne fait que commencer.

Il eut été plus avisé de ne pas vendre d’armes à de faux-amis comme la Russie, qui furent de vrais ennemis 60 années durant. En fait, les vrais amis sont en nombre très limité, l’Europe de l’ouest, les Etats-Unis, l’Australie… et encore considère-t-on l’Allemagne et le Japon comme des pays plus ou moins neutres ou pacifistes de par leurs constitutions. Mais la France vend des armes aux pays du Golfe persique, en Afrique, aux pays de l’Est, une bonne partie n’est d’ailleurs jamais payée par les clients mais financée par les contribuables, et les vrais amis achètent leurs armes aux Etats-Unis.

La survie de l’industrie française de l’armement nécessite sans doute ces compromissions, espérons que ces armes françaises ne se retournent pas un jour contre nous !

La Morano en tout cas, avec la subtilité qu’on lui connaît, sa grand capacité d’analyse politique et sa vision des relations internationales a voté pour la Russie :

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Le calife et son califat

Des djihadistes irakiens en révolte contre le pouvoir irakien proclament le califat et s’érigent en Etat islamique avec pour objectif d’abattre les frontières impies bien au-delà des simples territoires iraquiens déjà reconquis. Bref, on n’a pas fini d’entendre parler de ces nouveaux illuminés qui s’illustrent déjà par leur cruauté vis-à-vis de leurs prisonniers. Et le calfat a un calife : le sieur Al-Bagdhdadi.

Une faillite à financer

L’Ukraine, en pleine guerre civile et en conflit larvé avec la Russie, s’apprête à initier les démarches pour poser sa candidature à l’entrée dans l’alliance militaire de l’OTAN… C’est le bouquet, mais aussi hélas le résultat d’une politique occidentale qui a laissé croire à ce pays qu’il pouvait virer de bord sans coup férir de l’ex-URSS vers l’Europe et l’OTAN !
L’Europe a déjà accepté de laisser adhérer à l’Union un pays en guerre : Chypre est venue avec une partie de son territoire occupé par la Turquie, par ailleurs candidat à l’adhésion. Bien entendu les diplomates avaient préalablement juré leurs grands Dieux que jamais Chypre ne pourrait adhérer tant qu’une solution politique n’aurait pas été trouvée au conflit avec la Turquie. Bien entendu ces promesses n’ont pas été tenues. Evitons de renouveler une telle trahison !
L’Ukraine aujourd’hui c’est d’abord une faillite financière de premier ordre, résultat de la gestion du pays par une bande de voyous depuis le détachement de l’URSS. Il va bien falloir financer cette faillite une fois les armes remisées. Il est peu probable que la Russie paye beaucoup au-delà de Donetsk… Les diplomates visionnaires qui auront mené l’Europe à ce désastre devront présenter l’addition aux contribuables communautaires.

Les confettis en lambeauxde l’ex-URSS

Le boxon continue en Ukraine, pays en guerre civile qui a signé un accord d’association avec l’Union européenne. Les séparatistes pro-russes abattent des avions de chasse ukrainiens. S’ils sont capables d’abattre des Mig, on peut raisonnablement penser qu’ils ont pu abattre le Boeing de la Malaysian Airlines… D’ailleurs on ne parle plus beaucoup de cette catastrophe aérienne ni de ses potentiels responsables.

La guerre civile en Ukraine montre l’inefficacité des parties en présence. Cette sécession aurait pu se faire en bon ordre puisqu’elle semble inévitable. Les populations minoritaires prorusses auraient pu négocier leur autonomie, voire leur indépendance. Personne ne se serait opposé à la sécession de la Crimée par exemple puisque 100%, ou presque, de la population de Crimée souhaitait le retour à la Russie. Un gouvernement démocratique aurait donc laissé partir cette province. L’impatience slave a préféré le son du canon à celui du référendum.

Le cas des provinces de l’est ukrainien est plus compliqué car la population est plus mélangée entre légalistes et prorusses. Une solution d’autonomie aurait au moins pu être négociée. Ce ne fut pas le cas et l’armée ukrainienne semble en voie de reconquérir les territoires sécessionnistes. Mais il faudra bien y revenir plus tard quand les armes se seront tu.

Dans un cas comme les autres, les réflexes de ces ex-Républiques soviétiques sont naturellement guerriers plus que démocratiques.

La Syrie chimique

Au moins un élément positif dans le conflit syrien : l’arsenal chimique remis par le régime aux autorités internationales a été détruit comme l’ont annoncé les Etats-Unis. Cette destruction a donné lieu au bal des faux-culs, chaque pays estimant que détruire ces produits c’est très bien du moment qu’il n’y est pas procédé sur leur territoire. Comme on pouvait difficilement le faire en Syrie en pleine guerre civile, il a fallu réaliser cette opération sur un bateau américain spécialisé croisant dans les eaux internationales en Méditerranée au large de la Crète. Bien entendu les pêcheurs et les hôteliers du coin y ont trouvé à redire…

L’idéal aurait été de remettre les produits aux pays qui les ont vendu, juste pour marquer les responsabilités. En attendant on ne sait pas bien si le régime syrien a livré toutes ses armes chimiques ou pas. Et puis il leur reste des produits pas formellement interdit qui peuvent être utilisés par quasiment n’importe qui sur un plan militaire comme le chlore, les pesticides, etc.

Les subtilités du pape

Le pape François 1er prospecte de nouveaux marchés en Asie (en Corée du Sud en l’occurrence) et tout le monde tombe en pamoison devant cette stratégie divine. Il fait le job, voilà tout. La fiche du poste depuis Saint-Pierre est de répandre la foi catholique en diffusant son message. Eh bien il fait ce pour quoi il a été mandaté.

Comme nous sommes revenus à d’ancestrales guerres de religion au Moyen-Orient, le pape en a profité pour écrire à l’ONU en demandant « de tout faire… [pour que cessent les violences contre les chrétiens constituant]… une offense à Dieu et à l’humanité ». Qu’en termes divins ces choses sont bien dîtes. En l’occurrence « tout faire » consiste à envoyer des F16 bombarder des barbus.

Certains de ses évêques (de France) vont encore plus loin en justifiant l’utilisation de la force :

« Le voyage tout récent de la délégation de l’Eglise catholique en France vient de mesurer à quel point la population irakienne, dans ses diverses composantes, crie au secours. Entendrons-nous leur appel ? Nous saluons les récentes prises de parole des dirigeants de notre pays. Mais elles doivent se concrétiser davantage. C’est au niveau des Nations Unies que doit au plus vite s’organiser la plus ferme et la plus rapide des réactions, avant qu’il ne soit trop tard.

Les catholiques de France sont mobilisés dans la prière et l’action. Nos frères chrétiens sont chez eux en Orient ! La communauté internationale est indigne d’elle-même si elle ne protège pas toutes les minorités de la planète. »

La Russie humanitaire

La Russie continue à souffler le froid dans le total boxon asiatique de l’Ukraine : elle met en place un convoi humanitaire de 300 camions pour les enclaves pro-russes du voisin ukrainiens. Sur le fond, pas de problème majeur, sur la forme cette initiative provoque l’ire du gouvernement de l’Ukraine qui organise ses propres convois humanitaires…

On attend le moment où la Russie expliquera qu’elle procède comme l’Europe fait en faveur des chrétiens d’Irak : de l’aide humanitaire pour les minorités !

Des illusions au Moyen-Orient

Rappelons les grands axes de la géopolitique au Moyen-Orient :

  • Les musulmans sunnites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
  • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel
  • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète
  • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
  • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
  • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
  • Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu, les uns mangent du cochon et pas les autres, etc.

Depuis 2 000 ans ces principes ont entraîné des millions de morts sur la planète, et l’on continue aujourd’hui à se battre pour ces illusions ! C’est pathétique.

Oublions un peu Moïse

Malgré les bombardements destructeurs d’Israël sur la bande de Gaza, le Hamas continue d’envoyer ses bombinettes à réaction sur le voisin. Elles sont le plus souvent inoffensives mais énervent copieusement Israël qui doit se dire « tout ça pour ça ! ». Le Hamas s’offre même le luxe de rompre un cessez-le-feu accepté par son ennemi car ses revendications ne seraient pas prises en compte.

Même si Tel-Aviv rasait Gaza comme en 1945 les alliés rasèrent Dresde, il y aurait toujours un petit Hamas qui sortirait de derrière les cailloux avec son drapeau noir, ne serait-ce que parce que nous avons 5 ou 6 millions de palestiniens exilés dans le Proche-Orient suite à la première guerre israélo-arabe de 1948 ! Réfugiés apatrides ils refusent généralement d’accepter la nationalité de leurs pays hôtes, quand on leur la propose, pour entretenir le rêve sans doute illusoire du retour au pays.

Israël se drape derrière son droit biblique à investir cette terre, les palestiniens rappellent leur antériorité sur celle-ci dont ils ont été chassés, et chacun en appelle à Moïse ou Allah pour justifier l’injustifiable. Les deux camps continuent pour le moment à s’exprimer à coup de missile. Cela dure depuis 60 ans, laisse le Proche-Orient à feu et à sang et commence à sérieusement fatiguer le reste de la planète.

Il faudra un jour reprendre les discussions et laisser Moïse/Allah de côté pour parlementer entre humains avec des raisonnements terriens au lieu d’envolées divines.

Les Khmers rouges au tribunal de l’Histoire

Au Cambodge, les deux dirigeants khmers rouges survivants viennent d’être condamnés à la prison à perpétuité : Nuon Chea et Khieu Samphan. Ils ont respectivement 88 et 83 as, ont fait appel du jugement et ne passeront sans doute pas beaucoup de temps en prison. Le gouvernement cambodgien ne souhaite pas aller plus loin dans le jugement des responsables du génocide khmer. Il faut dire que le premier ministre est lui-même un ancien officier subalterne khmer rouge et que d’autres khmers rouges ont intégré l’administration du pays. Le tribunal mixte constitué entre l’Onu et la Cambodge pour juger de ce génocide avait déjà été très compliqué à mettre en œuvre.

Après tout, restons en à ces deux personnages pour peu qu’ils soient effectivement condamnés afin de clôturer l’un des plus sinistres épisode politique et génocidaire de la seconde moitié du XXème siècle. Il est fascinant de voir comment ce malheureux petit pays a d’abord été copieusement bombardé par les forces américaines dans les années 60/70, en lutte contre le Vietnam du Nord communiste, puis s’est livré à l’expérience des Khmers Rouges pour quatre terribles années à partir d’avril 1975 avant d’être chassés du pouvoir par le Vietnam en 1979.

Une clique d’intellectuels maoïsants, souvent formés dans les universités françaises (Khieu Samphan est diplômé de la Sorbonne), ont appliqué méthodiquement leur culture mao : vider les villes (dès le lendemain de leur installation aux commandes) et mettre les urbains dans les champs, créer l’Homme nouveau en expurgeant ses tendances bourgeoises à force de rééducation, massacre des récalcitrants, etc. Et tout ceci abouti au massacre de deux millions de personnes, un quart de la population, en quatre ans. Le tout sous le regard de la communauté internationale, plutôt indulgente, au début de l’expérience en tout cas. Comme toujours avec les régimes totalitaires, les Khmers Rouges arrivent à faire participer une partie du peuple à son propre génocide, c’est la caractéristique du Mal !

Une partie de l’intelligentsia française (dans les années 70’s, Sartre est toujours très actif sur les restes de la Gauche Prolétarienne) fut intéressée par cette expérience que certains auraient voulu approcher en France. Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’auraient pas imaginé un contexte plus parfait pour l’application d’un maoïsme pur et dur. Il s’en suit une coupable indulgence à l’encontre d’un régime qui s’avèrera génocidaire. Même Le Monde a chroniqué favorablement l’installation des Khmers Rouges au pouvoir.

Il est vrai qu’il est toujours facile de refaire l’Histoire après coup. On ne pouvait pas, en 1975, parier sur le génocide. On pouvait en tout cas savoir qu’un gouvernement d’idéologues est toujours générateur de dérives, on le voit encore aujourd’hui, hélas ! Le plus terrible dans cette affaire est que les Khmers Rouges continuèrent des années durant à être reconnus comme seuls représentants officiels du Cambodge, même après leur chute, car la communauté occidentale ne voulait pas leur substituer un gouvernement mis en place par le Vietnam communiste…

Le génocide Khmer est aussi un avatar de la lutte de l’époque contre le communisme international, d’où l’engagement américain (et de leurs alliés) au Vietnam. Le communisme s’est (presque totalement) effondré en 1989 mais cette victoire a été obtenue aux prix de sévères déroutes sur la planète, dont l’arrivée de pouvoirs communistes dans les années 70’s dans nombre de pays en Asie et en Afrique.

Crash et démocratie

La concomitance de deux catastrophes aériennes impliquant des avions civils illustre si besoin en était les différences de régime entre une vieille démocrate, la France, et une « non-démocratie », l’Ukraine.

L’avion affrété par Air Algérie écrasé au Mali (avec une cinquantaine de français à bord sur les 110 passagers tués) a aussitôt été rejoint par l’armée française présente dans ce pays qui a acheminé des experts sur le site pour l’analyse du crash, et des familles de victimes pour le recueillement.

L’avion de Malaysia Airlines abattu par un missile au-dessus de l’est de l’Ukraine en proie à une guerre civile menée par des forbans sans foi ni loi donne lieu à de sordides discussions sur qui pourra accéder au site, sous la protection de quelles bandes. Des corps et des indices ont été déplacés, des voyous en battle-dress s’affichent dans d’improbables conférences de presse en brandissant des « boites noires » dont ils marchandent la remise aux autorités compétentes. Et pendant ce temps les combats continuent et l’on ne sait toujours pas vraiment quel camp a tiré le missile assassin !

La religion au Proche-Orient

Israël et la résistance palestinienne recommencent à se taper dessus avec ardeur et la même conviction butée de leur bon droit. Le puit sans fond de la haine inter-religieuse les attire vers l’abîme qui tend vers une profondeur infinie de bêtise et d’irresponsabilité. Chacun développe les mêmes arguments ressassés depuis 1948, recuits au feu des combats sanglants.

Israël pourra continuer à bombarder sans fin les bidonvilles de Gaza que le Hamas toujours renaîtra de ses cendres et continuera à lancer des roquettes au Nord. Le Hamas pourra continuer à faire exploser ses djihadistes dans les rues israéliennes que cet Etat créé par un accord international survivra.

Les extrémistes de tous bords laissent parler les armes et vouent au silence les modérés qui voudraient simplement appliquer les accords d’Oslo et entériner l’existence de deux Etats. Les visionnaires israélien et palestinien qui ont osé braver l’interdit sont morts : Rabbin assassiné par un gamin ultraorthodoxe juif, Arafat, peut-être empoisonné. Depuis la raison a disparu et il n’est plus question que de religion. Le conflit pollue le monde entier et fédère les barbus de tous clans. Qui donc ramènera de l’intelligence là où la religion a pris le pouvoir ?

L’adhésion de l’Ukraine à l’UE n’est pas raisonable

Les ukrainiens continuent à se déchirer en une simili guerre civile à l’Est du pays entre ceux qui veulent rallier la Russie et d’autres qui préfèrent faire allégeance à l’Union européenne. Le désastre se poursuit, attisé par l’Europe qui continue d’agiter la carotte de l’adhésion devant une nation en ruine ! Les Etats membres ont déjà dû avaler la couleuvre de l’adhésion de Chypre, ile-nation (et paradis fiscal de renom) coupée en deux par une guerre entre la Grèce, Etat membre, et la Turquie, Etat candidat en négociation, et l’on laisse espérer à l’Ukraine une adhésion lointaine. Ce n’est pas sérieux.