L’ours russe se réveille

Ils sont malins les russes, l’air de rien et sans rien avouer, ils envoient leur armée reprendre possession de la Crimée avec des militaires sans signe distinctif attestant de leur nationalité. En fait ils ont déjà quelques milliers de soldats sur leur base maritime de Sébastopol, au sud de la presqu’ile de Crimée, qui n’avaient que 100 km à parcourir pour se retrouver au cœur de la capitale de cette petite République autonome. Aussitôt dit, aussitôt fait !

L’Occident s’étrangle de fureur, Fabius-et-ses-pochettes-ridicules monte au front, et l’ours russe reste couché sur sa proie.

L’Ukraine fait la manche

Ca y est : le nouveau ministre des finances ukrainiens évalue ses besoins à court terme pour 35 milliard d’USD et fait la manche, plutôt à l’ouest car l’est semble légèrement contrit par l’évolution des choses, tout au moins le président russe car les retraités russes doivent plutôt se réjouir de savoir que leur caisse de retraite n’achètera plus de bons du trésor ukrainien, car c’était via des caisses de retraite que la Russie s’apprêtait à financer l’Ukraine.

Ce qui est désormais certain est qu’il va falloir payer et l’addition s’annonce lourde. Le plus insupportable dans ce genre de situation est de savoir qu’une clique de forbans ont pillé ce pays plutôt que de le gouverner, et qu’ils s’en sortent sans rendre gorge. Mais c’est ainsi, nous allons payer pour cette nouvelle faillite d’une Etat.

Pauvre Ukraine

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’Union européenne ne trouve rien de mieux que d’envoyer Fabius-et-ses-pochettes-ridicules en mission de bons offices à Kiev. Pauvre Ukraine ! Heureusement il est encadré par les ministres des affaires étrangères polonais et allemands, ennemis historiques irréductibles, mais qui savent où sont les intérêts de leurs nations respectives.

Heureusement, Fabius a mieux à faire à Pékin et quitte cette troïka au bout de quelques heures, la laissant signer hier soir un accord avec le président ukrainien Ianoukovytch, lui aussi repris de justice, qui commence à sentir la situation basculer en sa défaveur.

Aussitôt signé cet accord est immédiatement jeté à la poubelle et le Parlement où les partis règlent plus souvent leurs affaires à coups de poing plutôt qu’avec des bulletins de vote, vote la destitution de Ianoukovytch. Les oligarques se débandent, fuient vers la Russie, le gouvernement lâche prise, la police politique rentre dans ses casernes, le peuple croit avoir gagné et Fabius-et-ses-pochettes-ridicules approuve le processus depuis le Quai d’Orsay, d’un air pénétré et convaincu de sa propre importance.

Répression en Ukraine

Avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine, les gouvernants ukrainiens, moitié gangsters – moitié affairistes, font tirer sur leurs opposants, il y aurait une centaine de morts. L’Ukraine, un pays ruiné et ambigu, de tous temps envahi par ses voisins, martyrisé par Staline comme tant d’autres, accueillant l’armée allemande en 1941 en libératrice du joug soviétique, ré-envahie par l’armée rouge en 1944, laissant plusieurs millions de morts durant cette guerre mondiale s’étant battus contre les deux côtés, l’Ukraine retrouvant une simili-indépendance après l’effondrement de l’Union soviétique, mise à sac par des oligarques sans foi ni loi pillant le pays tel un essaim de sauterelles sur un champs de sorgho, l’Ukraine en totale faillite financière et politique est à genoux et fait tirer sur ses citoyens contestataires aux objectifs pas toujours très clairs. Pour garder la tête hors de l’eau, le pays se vend au plus offrant ; entre l’Europe qui propose de grandes idées et la démocratie, et la Russie qui offre des sous et le souvenir d’une histoire commune slave le cœur des ukrainiens balance.

Le pays est tout sauf prêt à adhérer à l’Union européenne, il lui faudra encore des décennies pour se débarrasser de son système de corruption et reprendre l’acquis communautaire minimum avant une éventuelle adhésion. Il faudra aussi passer par une mise sous perfusion financière durable de cette économie dévastée par l’incompétence et la prévarication de sa classe politique. Mais soyons clair, en Ukraine comme dans le reste du monde, un système de corruption ne peut fonctionner que si les grands sont très corrompus, les moyens sont moyennement corrompus et les petits petitement corrompus. Il va falloir désintoxiquer tout un pays. Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer l’Ukraine !

Faut-il d’ailleurs que l’Ukraine s’associe ou adhère à l’Union européenne ? Ce n’est même pas sûr ; ce qu’il faut c’est que le pays soit sauvé de la banqueroute et, dans la mesure du possible, que les oligarques et autres dirigeants corrompus rendent gorge, mais ça c’est une autre histoire. L’Ukraine est un immense Tchernobyl, radioactif pour encore des siècles, mais que l’on peut difficilement laisser dériver. Cela aurait été aussi bien de laisser la Russie s’occuper du problème mais ce n’est pas l’option qui semble l’emporter à Kiev.

Ce qui est également sûr c’est que le contribuable international va payer, et payer durablement, pour redresser les errements d’un pays mal gouverné, catastrophiquement dirigé et intégralement pillé. C’est une responsabilité ukraino-ukrainiene dont le reste du monde va devoir gérer les conséquences pour encore de longues années.

Pauvre Ukraine, malmenée par un gouvernement de forbans, elle n’a d’autres alternatives qu’entre un chef de l’opposition ancien boxeur, Vitali Klitschko, et une revenante, Ioulia Timochenko, affairiste post-chute du mur de Berlin, qualifiée de « Princesse du gaz » pour ses investissements variés dans le secteur de l’énergie et d’autres, avant de se refaire une virginité lors de la « Révolution orange » de 2004 puis quelques années de prison où elle croupit depuis 2011 pour malversations financières, peine prononcée par un tribunal aux ordres du pouvoir ; une espèce de Bernard Tapie en nattes blondes.

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

Enfer et damnation

On apprend avec consternation que les hôtels construits à la hâte à Sotchi en Russie pour accueillir les journalistes venus couvrir les jeux olympiques ne seraient pas complètement finis. Certains reporters n’auraient pas de rideaux dans leurs chambres, ou que de l’eau colorée non potable coulerait des tuyaux ! Mon Dieu quelle horreur, vont ils survivre à un tel traitement ?

Si tel n’était pas le cas et que ces plumitifs au cœur tendre ne résistent pas à ce dénuement, ils rentreront chez eux et la couverture de ces mondanités sportives sera moins abrutissante.

In extrémis

Deux gamins de 15 ans envolés pour rejoindre les combats en Syrie sont rattrapés par leurs parents en Turquie et ramenés en France où ils sont mis en examen par un juge. Un de leurs avocats explique que ce voyage était à but humanitaire et que les gamins partaient là-bas pour aider, pas pour se battre.

C’est possible mais, dans le contexte actuel, un juge peut raisonnablement envisager que ces lascars soient partis vers la Syrie pour participer au jihad. On ne peut pas complètement l’exclure. Cela s’est déjà été fait avant ce cas et se fera encore après. La justice passera.

Que d’argent perdu pour des jeux olympiques

Des jeux olympiques d’hiver organisés en Russie, devant démarrer dans quelques jours, auraient fait exploser le compteur des coûts de préparation : on parle de 50 milliards de dollars dont un tiers parti en coulages divers et variés. Il est vrai qu’il s’agissait de transformer une station balnéaire du bord de la Mer Noire en station de ski, ce qui a nécessité quelques investissements… Les montagnes du Caucase toutes proches sont arrosées de neige artificielle depuis des semaines pour leur donner un semblant d’allure alpine et permettre aux skieurs de glisser sur autre chose que des cailloux.

50 milliards de dollars, ou même si c’était seulement 40, cela représente beaucoup, voire beaucoup-beaucoup, d’argent pour une simple compétition de sport où des musculeux vont s’agiter sous leurs bannières nationales, déclenchant les habituels relents nationalistes de supporters aigris et de politicards à la recherche de. Les dispositifs de sécurité sont impressionnants : missiles, drones, forces de sécurité et tout le tra-la-la habituel digne d’un sommet de chefs d’Etats.

Tout ceci laisse un peu pantois devant une telle débauche de moyens pour… du sport. Mais ainsi va le monde d’aujourd’hui.

Négociations de dupes ?

Après avoir en principe arrêté d’utiliser les armes chimiques dans la répression contre ses opposants le régime syrien continue à employer avec un bel enthousiasme ses armes conventionnelles contre le magma des groupes divers et variés en lutte contre le pouvoir. Au passage lesdits groupes s’opposent également les uns aux autres les armes à la main, et il reste toujours une moitié de pays pour soutenir le clan El Assad.

Tout ce petit monde va se parler bientôt en Suisse sous l’égide de l’ONU et d’une coalition hétéroclite de puissances aux intérêts divergents. C’est déjà mieux que de ne pas se parler, mais on n’est pas sorti de l’auberge. Pauvre Syrie !

Espérons en tout cas que si le rejeton El Assad quitte le pouvoir, il aille s’installer à Moscou plutôt qu’à Paris où son oncle Rifaat coule des jours heureux après avoir servi le pouvoir syrien et le parti Baas à diverses fonctions régaliennes et surtout à la tête de forces soi-disant d’élite, mi loyales mi milices. Quand il a commencé à trop agacer Damas il a été conduit vers l’exil et il a choisi Paris en 1984, où en plus la République l’a décoré de la légion d’honneur, on ne sait trop pour quels services rendus ? Il semble qu’il ne passe que de temps en temps dans sa résidence de l’avenue Foch et le garçon commet de loin en loin quelques interviews chez les médias français pour expliquer comment instaurer la démocratie en Syrie… un vrai régal.

Evitons une nouvelle pantalonnade de ce type en accueillant d’éventuels futurs exilés du pouvoir syrien.

L’usure du pouvoir en Turquie ?

La Turquie est prise dans une agitation politicienne marquante depuis ces dernières semaines. Gouvernée depuis dix ans par un parti religieux et dirigée par Erdogan, un moustachu énergique, elle a connu un développement économique plutôt favorable et continué, sans trop d’enthousiasme ni de certitude, ses négociations pour adhérer à l’Union européenne, entamées depuis le Traité de Rome en 1958.

Sûr de lui Erdogan a plutôt finement mené sa barque, faisant doucement évoluer le pays vers un islam politique raisonnable, sans remettre fondamentalement la laïcité kémaliste, muselant progressivement l’armée, traitant avec l’opposition kurde, restant un membre clé de l’OTAN, et surtout donnant de la croissance économique à ses électeurs, ce qui fait passer bien des pilules et a permis les réélections successives de son parti AKP au cours de processus démocratiques.

Depuis 2013 les choses ne sont plus si simples et le garçon dérive quelque peu vers une direction autoritaire qui déplaît à nombre de ses citoyens. On se souvient des manifestations étudiantes début 2013 réprimées sévèrement, voici maintenant qu’éclate un scandale de corruption qui touche certains de ses proches au gouvernement et le plus grosse banque publique. Tout ce petit monde aurait commercé avec l’Iran sous embargo et trafiqué avec la Perse. Erdogan éructe, accuse ses opposants, l’étranger, l’ambassadeur américain, bref, la terre entière de ses déboires. Il a été obligé de remplacer la moitié de ses ministres dont certains ont été arrêtés par une justice faisant preuve d’une indépendance plutôt inattendue… Il jure qu’il ne démissionnera pas.

Quoi qu’il en soit, le pouvoir use et sauf quelques très rares exceptions, 10 années aux commandes pour une même personne est une durée qui entraîne forcément tentations et dérapages, isolement et ambition dévorante, révérence de l’entourage et déconnection avec les réalités. Nous en sommes là en Turquie !

Le lascar risque sans doute de perdre quelques électeurs (les jeunes et les modernes) dans l’aventure mais devrait en garder suffisamment pour que lui et son parti soient réélus aux prochaines échéances, prolongeant encore ainsi son consulat sur le pays.

Créativité en Syrie

C’est la nouvelle année et le régime syrien continue à réprimer ses opposants en bombardant à tout va, mais pas avec des armes chimiques. Depuis quelque temps, il semble que pour économiser ses missiles, l’armée syrienne balance des barils remplis d’explosif et de clous sur les immeubles d’Alep. Artisanal, mais redoutable !

Du terrorisme aussi en Russie

Volvogad a vaincu le péril nazi et inversé la cours de la deuxième guerre mondiale lorsqu’elle s’appelait Stalingrad. La voici aujourd’hui confrontée au défi du terrorisme, sans doute caucasien. Des cinglés se sont fait exploser dans la ville à des heures et lieux d’affluence. Il y a des dizaines de morts.

Les pilleurs de la Russie

Khodorovsky est libéré par le président russe après 10 ans de camp d’internement en Sibérie pour fraude fiscale. Le garçon a l’air sympathique et on le présente comme un Mandela slave, presqu’une Jeanne d’Arc ! Bon, il ne faut tout de même rien exagérer. Comme tous les oligarques qui ont dépecé l’ex-Union soviétique lors des privatisations de son économie, il a beaucoup volé, mais vraiment beaucoup-beaucoup volé, plus que les autres, ayant réussi à devenir la première fortune russe, riche de plusieurs milliards de dollars sur sa seule tête, si sympathique qu’elle n’apparaisse.

Et après s’être enrichi il a pêché, en contradiction avec le contrat tacite passé avec le pouvoir politique russe « enrichissez-vous mais ne vous mêlez pas de politique », il concurrence l’Imperator Poutine, ex-colonel du KGB. C’est un peu le même genre de pacte qui existe en Chine populaire d’ailleurs. Il a donc été embastillé et ses actifs pétroliers saisis par une compagnie publique. C’est un peu le retour au peuple des biens volés, si l’on pense bien sûr qu’une compagnie publique russe représente les intérêts du peuple…

Le voici libre maintenant, nouvelle vie pour nouvelles affaires. Considérons qu’il a payé les vols commis.

L’Orient compliqué

Attablé au Cocteau, restaurant français de Beyrouth, avec des amis libanais, le chroniqueur essaye de comprendre ce pays compliqué… vaste tâche. A la table à coté, trône les survivants de la famille Gemayel, chrétienne et dans l’opposition. 800 000 réfugiés syriens se sont installés dans le pays depuis le début de la guerre civile dans ce pays voisin et tentaculaire. Ils sont là pour au minimum 10 ans disent mes interlocuteurs. Les ruines des guerres successives qui ont ravagé Beyrouth trônent au milieu des nouvelles constructions clinquantes, la ville est un immense chantier dans lequel circulent des berlines bling-bling, les banlieues tenues par le Hezbollah vivent en autarcie, tous les jours des accrochages au Sud avec Israël, des attentats pro-cons chiites, sunnites, chrétiens, druzes. Le Parlement est un embrouillamini de partis, de clans, de religions, de survivants aux assassinats politiques-religieux-claniques… Une partie de l’intelligentsia quel que soit son bord politique a ses habitudes à Paris, voire y réside craignant pour sa vie au Liban. Le dernier budget de l’Etat voté par le parlement remonte à des années, depuis il n’a pas pu s’entendre ou se réunir, la dépense publique est gérée par 1/12 de ce dernier budget officiel. Il n’y a d’ailleurs pas véritablement d’Etat, mais ce peuple à la chaleur méditerranéenne a su se déconnecter du fait politique pour survivre quoiqu’il arrive, voir prospérer pour certain.

Que le Liban est admirable et indéchiffrable !

Charmant bambin

Kim Jong-un, le charmant bambin Kim qui gouverne la Corée du Nord, dernière survivance du stalinisme sur la planète Terre, président bien-aimé de sa patrie qui voulait encore récemment vitrifier la Corée du sud sous le feu nucléaire, règle ses comptes et fait exécuter son oncle, numéro deux du régime après un procès de circonstance.