Indicible…

Nous parlions il y a peu de l’arriération des guerres de religion. Les évènements récents ne viennent hélas que confirmer ce qualificatif : trois adolescents israéliens ont été enlevés et tués, a priori par des combattants palestiniens ; en représailles un enfant palestinien a été enlevé et brûlé vif, a priori par des colons israéliens. Depuis les ripostes des armées israélienne et palestinienne vont bon train…

Il n’y a pas grand-chose à ajouter, au nom de leurs Dieux des cinglés massacrent des gamins, c’est le retour au moyen-âge.

Jeux de guerre

Les Etats-Unis ont capturé en Lybie le principal suspect dans l’assassinat en 2012 du consul américain de Benghazi et de trois autres agents américains. Le suspect rendra des comptes devant la justice des Etats-Unis vers laquelle il est en cours d’acheminement.

La capture dans un pays A de citoyens ce pays A par des forces d’un pays B n’est pas vraiment légale au regard du droit international. Pas plus que le tir de missile sur des citoyens d’un pays C à partir d’un drone d’un pays B. Mais la guerre contre le terrorisme étant ce qu’elle est, de telles actions se déroulent !

Il y a quelques années, les services secrets français avaient également enlevé le terroriste Carlos au Soudan mais avec l’accord tacite (et sans doute onéreux…) des autorités locales. Le garçon purge depuis une peine à perpétuité dans les prisons françaises, s’est bien sûr converti à l’islam et a épousé son avocate. Accessoirement il soutient les campagnes antisionistes de Dieudonné, tout pour plaire !

Reddition ou évacuation ?

Etonnant : le gouvernement syrien négocie un accord avec le dernier quarteron de rebelles qui résiste dans un quartier de Homs afin qu’ils évacuent, vivants et armés, et laissent ainsi le régime reprendre possession de 100% de cette ville qu’il a copieusement bombardée depuis deux ans. A la télévision on voit sortir les rebelles dans des bus touristiques et l’armée syrienne ne semble pas leur sauter dessus, tout au moins pas immédiatement… Cela rappelle l’évacuation de l’OLP de Beyrouth en 1982 sous protection des forces multinationales et sous la pression des canons israéliens.

Les rebelles syriens auraient été amenés dans une autre zone rebelle ; pour y reprendre le combat ? On se demande ce que qui se trame avec cet accord. On imagine mal le régime Assad faire preuve de pitié ! Les rebelles auraient-ils été retournés, ou alors auraient-ils perdus foi ? Il y a quelque chose de pas bien clair dans cette affaire que l’on découvrira bien un jour.

La Russie impériale

Nous l’avions déjà dit dans ces lignes : L’Ukraine, une mine d’emmerdements à [très-très] long terme. Ce diagnostic semble hélas se confirmer. Il y a maintenant des morts, des excès, du populisme de tous bords et les armes qui parlent. La Russie appuie sur les incohérences occidentales, ressort le traumatisme de la création du Kosovo ou de celle du Soudan du Sud, le ministre des affaires étrangères est même remonté jusqu’au rattachement de Mayotte à la France, pour arguer que l’on ne peut pas empêcher les ukrainiens de l’Est de vouloir être indépendants ou russes.

Au niveau du droit la Russie n’est pas tort. Au niveau de la forme elle agit comme à son habitude. Elle n’a pas le temps d’attendre des processus onusiens ou démocratiques qui de toute façon aboutiront au même résultat, alors elle s’installe comme un éléphant dans un magasin de porcelaine… La Crimée est redevenue russe et le restera. L’Est de l’Ukraine devrait finir un jour ou l’autre de la même façon, soit par la guerre, soit par un processus électoral ; soit par une séparation formelle de Kiev, soit par un statut fédéral provisoire.

Et de toute façon le problème de fond ne porte pas vraiment sur ces bagarres territoriales, mais plutôt sur savoir qui va payer pour redresser l’Ukraine de la faillite dans laquelle elle se trouve suite à la gestion désastreuse de ses dirigeants depuis l’éclatement de l’Union soviétique (et même avant d’ailleurs) ? Alors que le pays soit en un ou deux morceaux, voire plus, ne changera pas grand-chose à l’addition qui va être présentée sous peu aux bailleurs de fonds, et qui risque d’être très douloureuse. Comme on ne peut pas dire que les derniers mois aient permis d’identifier un dirigeant visionnaire et rassembleur, nous allons encore entendre parler de l’Ukraine à la rubrique des catastrophes pendant longtemps encore.

La démocratie en Orient

En Algérie un président malade, et manifestement incapable d’exercer le pouvoir, est réélu au premier tour d’une élection sans doute un peu fraudée mais pas au point de remettre en cause le résultat de l’élection. En Syrie, pays en pleine guerre civile avec 150 000 morts depuis trois années, le président annonce des élections présidentielles pour le mois de mai. En Afghanistan un premier tour a qualifié deux candidats pour le deuxième tour des présidentielles alors qu’il est plus probable qu’un pouvoir taliban balaiera sous peu cet ersatz de démocratie (dès le départ des troupes occidentales en fait, dans les mois à venir).

On ne peut s’empêcher de penser que ces tentatives de singer la démocratie occidentale ne sont là que pour faire plaisir… à ces démocraties occidentales mais sans véritablement changer grand-chose localement. Au moins quand il s’agit de la Chine ou de la Russie, personne ne va chercher à leur imposer leur régime politique. Quand on est puissant, on est puissant ! Mais on se demande vraiment si cela sert à quelque chose d’aller imposer des élections en Afghanistan ?

La France place ses armes

La France va livrer des armes « sophistiquées » aux milices officielles kurdes pour lutter contre les barbus de l’Etat Islamique en Irak et au Levant. Après la déroute de l’armée officielle iraquienne qui au passage a abandonné en masse à l’ennemi des armes également sophistiquées fournies par les Etats-Unis. Ironie de l’Histoire, voici l’Occident qui réinvestit dans ce Moyen-Orient déprimant pour soutenir militairement des milices d’une région quasiment autonome d’un gouvernement officiel irakien qui reste en principe le seul interlocuteur de la communauté internationale mais qui se révèle complètement défaillant à tous égards. Les ennemis de nos ennemis sont nos amis dit le dicton, qui n’ajoute pas pour combien de temps…

Les Kurdes et les Irakiens se détestent (le régime de Saddam Hussein a gazé des villages entiers en son temps), ils ont pour le moment un objectif commun : empêcher l’Etat Islamique de conquérir tout le pays. Espérons qu’ensuite ils ne retourneront pas leurs armes sophistiquées, fournies par l’occident, les uns contre les autres. Ce serait le bouquet final de la défaite occidentale dans cette région.

La progéniture Kadhafi

Un fiston Kadhafi exilé au Niger a été extradé vers la Lybie où il devra rendre des comptes. C’est désormais la majorité de la descendance Kadhafi qui est désormais soit morte soit livrée à la justice libyenne. Il doit rester sa fille et sa femme qui après un passage en Algérie seraient maintenant exilée dans un pays du Golf. La justice libyenne ne doit pas être un modèle de vertu et d’indépendance, et les années de pouvoir du clan Kadhafi n’ont sans doute pas amélioré le fonctionnement de cette justice… mais, comme Saddam Hussein en Iraq, le clan Kadhafi répondra devant la justice du pays qu’ils ont mis à sac des années durant.

Le chaos à l’Est

Et le chaos ukrainien continu : le République autonome de Crimée, officiellement ukrainienne depuis 1954, en fait une ville de garnison crypto-soviétique qui abrite une partie de la flotte de guerre russe via un bail de location (un peu comme le port de Tartous en Syrie, ou celui de Guantanamo à Cuba pour les américains), appelle la grande Russie à son secours face au « pouvoir fascisant et terroriste auteur du coup d’état de Kiev ». N’écoutant que son cœur, Moscou y envoie des troupes, en plus de celles y résidant déjà en permanence. L’Occident crie avec l’Ukraine contre cet oukase, etc. etc. Fabius-et-ses-pochettes-ridicules est prêt à repartir à l’Est !

Soyons réalistes, après l’Ossétie du sud et l’Abkhazie récupérées par les russes sur la Géorgie après la guerre ridicule de 2008, la Crimée risque de suivre la même voie. Qui ira contester aux russes un territoire où ils sont déjà installés depuis des décennies et où la population est très majoritairement en leur faveur. Cela fera par ailleurs une portion de territoire en moins à refinancer. Si l’Ukraine ne se tire de son maelstrom en cours qu’avec la perte de la Crimée, ce sera un moindre mal… A moins que Fabius-et-ses-pochettes-ridicules ne soit prêt à affronter l’armée russe pour faire prévaloir le droit international ?

On attend le moment où Poutine expliquera doctement que la Russie s’est portée au secours de la Crimée comme la France a répondu à l’appel du Mali ou de la Centrafrique pour lutter contre le terrorisme…

L’ours russe se réveille

Ils sont malins les russes, l’air de rien et sans rien avouer, ils envoient leur armée reprendre possession de la Crimée avec des militaires sans signe distinctif attestant de leur nationalité. En fait ils ont déjà quelques milliers de soldats sur leur base maritime de Sébastopol, au sud de la presqu’ile de Crimée, qui n’avaient que 100 km à parcourir pour se retrouver au cœur de la capitale de cette petite République autonome. Aussitôt dit, aussitôt fait !

L’Occident s’étrangle de fureur, Fabius-et-ses-pochettes-ridicules monte au front, et l’ours russe reste couché sur sa proie.

L’Ukraine fait la manche

Ca y est : le nouveau ministre des finances ukrainiens évalue ses besoins à court terme pour 35 milliard d’USD et fait la manche, plutôt à l’ouest car l’est semble légèrement contrit par l’évolution des choses, tout au moins le président russe car les retraités russes doivent plutôt se réjouir de savoir que leur caisse de retraite n’achètera plus de bons du trésor ukrainien, car c’était via des caisses de retraite que la Russie s’apprêtait à financer l’Ukraine.

Ce qui est désormais certain est qu’il va falloir payer et l’addition s’annonce lourde. Le plus insupportable dans ce genre de situation est de savoir qu’une clique de forbans ont pillé ce pays plutôt que de le gouverner, et qu’ils s’en sortent sans rendre gorge. Mais c’est ainsi, nous allons payer pour cette nouvelle faillite d’une Etat.

Pauvre Ukraine

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’Union européenne ne trouve rien de mieux que d’envoyer Fabius-et-ses-pochettes-ridicules en mission de bons offices à Kiev. Pauvre Ukraine ! Heureusement il est encadré par les ministres des affaires étrangères polonais et allemands, ennemis historiques irréductibles, mais qui savent où sont les intérêts de leurs nations respectives.

Heureusement, Fabius a mieux à faire à Pékin et quitte cette troïka au bout de quelques heures, la laissant signer hier soir un accord avec le président ukrainien Ianoukovytch, lui aussi repris de justice, qui commence à sentir la situation basculer en sa défaveur.

Aussitôt signé cet accord est immédiatement jeté à la poubelle et le Parlement où les partis règlent plus souvent leurs affaires à coups de poing plutôt qu’avec des bulletins de vote, vote la destitution de Ianoukovytch. Les oligarques se débandent, fuient vers la Russie, le gouvernement lâche prise, la police politique rentre dans ses casernes, le peuple croit avoir gagné et Fabius-et-ses-pochettes-ridicules approuve le processus depuis le Quai d’Orsay, d’un air pénétré et convaincu de sa propre importance.

Répression en Ukraine

Avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine, les gouvernants ukrainiens, moitié gangsters – moitié affairistes, font tirer sur leurs opposants, il y aurait une centaine de morts. L’Ukraine, un pays ruiné et ambigu, de tous temps envahi par ses voisins, martyrisé par Staline comme tant d’autres, accueillant l’armée allemande en 1941 en libératrice du joug soviétique, ré-envahie par l’armée rouge en 1944, laissant plusieurs millions de morts durant cette guerre mondiale s’étant battus contre les deux côtés, l’Ukraine retrouvant une simili-indépendance après l’effondrement de l’Union soviétique, mise à sac par des oligarques sans foi ni loi pillant le pays tel un essaim de sauterelles sur un champs de sorgho, l’Ukraine en totale faillite financière et politique est à genoux et fait tirer sur ses citoyens contestataires aux objectifs pas toujours très clairs. Pour garder la tête hors de l’eau, le pays se vend au plus offrant ; entre l’Europe qui propose de grandes idées et la démocratie, et la Russie qui offre des sous et le souvenir d’une histoire commune slave le cœur des ukrainiens balance.

Le pays est tout sauf prêt à adhérer à l’Union européenne, il lui faudra encore des décennies pour se débarrasser de son système de corruption et reprendre l’acquis communautaire minimum avant une éventuelle adhésion. Il faudra aussi passer par une mise sous perfusion financière durable de cette économie dévastée par l’incompétence et la prévarication de sa classe politique. Mais soyons clair, en Ukraine comme dans le reste du monde, un système de corruption ne peut fonctionner que si les grands sont très corrompus, les moyens sont moyennement corrompus et les petits petitement corrompus. Il va falloir désintoxiquer tout un pays. Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer l’Ukraine !

Faut-il d’ailleurs que l’Ukraine s’associe ou adhère à l’Union européenne ? Ce n’est même pas sûr ; ce qu’il faut c’est que le pays soit sauvé de la banqueroute et, dans la mesure du possible, que les oligarques et autres dirigeants corrompus rendent gorge, mais ça c’est une autre histoire. L’Ukraine est un immense Tchernobyl, radioactif pour encore des siècles, mais que l’on peut difficilement laisser dériver. Cela aurait été aussi bien de laisser la Russie s’occuper du problème mais ce n’est pas l’option qui semble l’emporter à Kiev.

Ce qui est également sûr c’est que le contribuable international va payer, et payer durablement, pour redresser les errements d’un pays mal gouverné, catastrophiquement dirigé et intégralement pillé. C’est une responsabilité ukraino-ukrainiene dont le reste du monde va devoir gérer les conséquences pour encore de longues années.

Pauvre Ukraine, malmenée par un gouvernement de forbans, elle n’a d’autres alternatives qu’entre un chef de l’opposition ancien boxeur, Vitali Klitschko, et une revenante, Ioulia Timochenko, affairiste post-chute du mur de Berlin, qualifiée de « Princesse du gaz » pour ses investissements variés dans le secteur de l’énergie et d’autres, avant de se refaire une virginité lors de la « Révolution orange » de 2004 puis quelques années de prison où elle croupit depuis 2011 pour malversations financières, peine prononcée par un tribunal aux ordres du pouvoir ; une espèce de Bernard Tapie en nattes blondes.

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

Enfer et damnation

On apprend avec consternation que les hôtels construits à la hâte à Sotchi en Russie pour accueillir les journalistes venus couvrir les jeux olympiques ne seraient pas complètement finis. Certains reporters n’auraient pas de rideaux dans leurs chambres, ou que de l’eau colorée non potable coulerait des tuyaux ! Mon Dieu quelle horreur, vont ils survivre à un tel traitement ?

Si tel n’était pas le cas et que ces plumitifs au cœur tendre ne résistent pas à ce dénuement, ils rentreront chez eux et la couverture de ces mondanités sportives sera moins abrutissante.

In extrémis

Deux gamins de 15 ans envolés pour rejoindre les combats en Syrie sont rattrapés par leurs parents en Turquie et ramenés en France où ils sont mis en examen par un juge. Un de leurs avocats explique que ce voyage était à but humanitaire et que les gamins partaient là-bas pour aider, pas pour se battre.

C’est possible mais, dans le contexte actuel, un juge peut raisonnablement envisager que ces lascars soient partis vers la Syrie pour participer au jihad. On ne peut pas complètement l’exclure. Cela s’est déjà été fait avant ce cas et se fera encore après. La justice passera.

Que d’argent perdu pour des jeux olympiques

Des jeux olympiques d’hiver organisés en Russie, devant démarrer dans quelques jours, auraient fait exploser le compteur des coûts de préparation : on parle de 50 milliards de dollars dont un tiers parti en coulages divers et variés. Il est vrai qu’il s’agissait de transformer une station balnéaire du bord de la Mer Noire en station de ski, ce qui a nécessité quelques investissements… Les montagnes du Caucase toutes proches sont arrosées de neige artificielle depuis des semaines pour leur donner un semblant d’allure alpine et permettre aux skieurs de glisser sur autre chose que des cailloux.

50 milliards de dollars, ou même si c’était seulement 40, cela représente beaucoup, voire beaucoup-beaucoup, d’argent pour une simple compétition de sport où des musculeux vont s’agiter sous leurs bannières nationales, déclenchant les habituels relents nationalistes de supporters aigris et de politicards à la recherche de. Les dispositifs de sécurité sont impressionnants : missiles, drones, forces de sécurité et tout le tra-la-la habituel digne d’un sommet de chefs d’Etats.

Tout ceci laisse un peu pantois devant une telle débauche de moyens pour… du sport. Mais ainsi va le monde d’aujourd’hui.

Négociations de dupes ?

Après avoir en principe arrêté d’utiliser les armes chimiques dans la répression contre ses opposants le régime syrien continue à employer avec un bel enthousiasme ses armes conventionnelles contre le magma des groupes divers et variés en lutte contre le pouvoir. Au passage lesdits groupes s’opposent également les uns aux autres les armes à la main, et il reste toujours une moitié de pays pour soutenir le clan El Assad.

Tout ce petit monde va se parler bientôt en Suisse sous l’égide de l’ONU et d’une coalition hétéroclite de puissances aux intérêts divergents. C’est déjà mieux que de ne pas se parler, mais on n’est pas sorti de l’auberge. Pauvre Syrie !

Espérons en tout cas que si le rejeton El Assad quitte le pouvoir, il aille s’installer à Moscou plutôt qu’à Paris où son oncle Rifaat coule des jours heureux après avoir servi le pouvoir syrien et le parti Baas à diverses fonctions régaliennes et surtout à la tête de forces soi-disant d’élite, mi loyales mi milices. Quand il a commencé à trop agacer Damas il a été conduit vers l’exil et il a choisi Paris en 1984, où en plus la République l’a décoré de la légion d’honneur, on ne sait trop pour quels services rendus ? Il semble qu’il ne passe que de temps en temps dans sa résidence de l’avenue Foch et le garçon commet de loin en loin quelques interviews chez les médias français pour expliquer comment instaurer la démocratie en Syrie… un vrai régal.

Evitons une nouvelle pantalonnade de ce type en accueillant d’éventuels futurs exilés du pouvoir syrien.

L’usure du pouvoir en Turquie ?

La Turquie est prise dans une agitation politicienne marquante depuis ces dernières semaines. Gouvernée depuis dix ans par un parti religieux et dirigée par Erdogan, un moustachu énergique, elle a connu un développement économique plutôt favorable et continué, sans trop d’enthousiasme ni de certitude, ses négociations pour adhérer à l’Union européenne, entamées depuis le Traité de Rome en 1958.

Sûr de lui Erdogan a plutôt finement mené sa barque, faisant doucement évoluer le pays vers un islam politique raisonnable, sans remettre fondamentalement la laïcité kémaliste, muselant progressivement l’armée, traitant avec l’opposition kurde, restant un membre clé de l’OTAN, et surtout donnant de la croissance économique à ses électeurs, ce qui fait passer bien des pilules et a permis les réélections successives de son parti AKP au cours de processus démocratiques.

Depuis 2013 les choses ne sont plus si simples et le garçon dérive quelque peu vers une direction autoritaire qui déplaît à nombre de ses citoyens. On se souvient des manifestations étudiantes début 2013 réprimées sévèrement, voici maintenant qu’éclate un scandale de corruption qui touche certains de ses proches au gouvernement et le plus grosse banque publique. Tout ce petit monde aurait commercé avec l’Iran sous embargo et trafiqué avec la Perse. Erdogan éructe, accuse ses opposants, l’étranger, l’ambassadeur américain, bref, la terre entière de ses déboires. Il a été obligé de remplacer la moitié de ses ministres dont certains ont été arrêtés par une justice faisant preuve d’une indépendance plutôt inattendue… Il jure qu’il ne démissionnera pas.

Quoi qu’il en soit, le pouvoir use et sauf quelques très rares exceptions, 10 années aux commandes pour une même personne est une durée qui entraîne forcément tentations et dérapages, isolement et ambition dévorante, révérence de l’entourage et déconnection avec les réalités. Nous en sommes là en Turquie !

Le lascar risque sans doute de perdre quelques électeurs (les jeunes et les modernes) dans l’aventure mais devrait en garder suffisamment pour que lui et son parti soient réélus aux prochaines échéances, prolongeant encore ainsi son consulat sur le pays.

Créativité en Syrie

C’est la nouvelle année et le régime syrien continue à réprimer ses opposants en bombardant à tout va, mais pas avec des armes chimiques. Depuis quelque temps, il semble que pour économiser ses missiles, l’armée syrienne balance des barils remplis d’explosif et de clous sur les immeubles d’Alep. Artisanal, mais redoutable !

Du terrorisme aussi en Russie

Volvogad a vaincu le péril nazi et inversé la cours de la deuxième guerre mondiale lorsqu’elle s’appelait Stalingrad. La voici aujourd’hui confrontée au défi du terrorisme, sans doute caucasien. Des cinglés se sont fait exploser dans la ville à des heures et lieux d’affluence. Il y a des dizaines de morts.

Les pilleurs de la Russie

Khodorovsky est libéré par le président russe après 10 ans de camp d’internement en Sibérie pour fraude fiscale. Le garçon a l’air sympathique et on le présente comme un Mandela slave, presqu’une Jeanne d’Arc ! Bon, il ne faut tout de même rien exagérer. Comme tous les oligarques qui ont dépecé l’ex-Union soviétique lors des privatisations de son économie, il a beaucoup volé, mais vraiment beaucoup-beaucoup volé, plus que les autres, ayant réussi à devenir la première fortune russe, riche de plusieurs milliards de dollars sur sa seule tête, si sympathique qu’elle n’apparaisse.

Et après s’être enrichi il a pêché, en contradiction avec le contrat tacite passé avec le pouvoir politique russe « enrichissez-vous mais ne vous mêlez pas de politique », il concurrence l’Imperator Poutine, ex-colonel du KGB. C’est un peu le même genre de pacte qui existe en Chine populaire d’ailleurs. Il a donc été embastillé et ses actifs pétroliers saisis par une compagnie publique. C’est un peu le retour au peuple des biens volés, si l’on pense bien sûr qu’une compagnie publique russe représente les intérêts du peuple…

Le voici libre maintenant, nouvelle vie pour nouvelles affaires. Considérons qu’il a payé les vols commis.