Agitation diplomatique au Moyen-Orient

L’Arabie-Saoudite et les Emirats Arabes Unis, plus quelques satellites comme l’Egypte et les Iles Maldives, rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils accusent cet Etat gazier de soutenir le terrorisme et l’Iran et veulent l’en punir en organisant de plus un embargo aérien, maritime et terrestre de l’émirat. Tous ces pays du Golfe sont de confession musulmane-sunnite et leurs gouvernements largement connectés avec l’Occident à qui ils achètent un armement sophistiqué et onéreux, investissent lourdement leurs pétrodollars sur les bourses américaines et européennes. Ils comptent plus ou moins sur le parapluie protecteur de Washington qui a déjà servi une fois ou deux pour libérer le Koweït, sous mandat des Nations Unies, envahi par l’Irak en 1990, puis destituer le dictateur Hussein de Bagdad en 2003, sans mandat cette fois-ci. On sait que cette dernière guerre s’est très mal déroulée et est en partie à l’origine de la flambée de terrorisme qui brule le monde, et tout particulièrement le Moyen-Orient qui est à feu et à sang sans discontinuer depuis ces évènements.

Voir l’Arabie-Saoudite critiquer l’implication du Qatar dans le terrorisme ne manque pas de faire sourire. C’est l’hôpital qui se moque de la charité… Ces Etats musulmans ont tous été les promoteurs de l’Islam politique qui est, avec le pétrole, le socle de leur pouvoir. Tous ont œuvré à diffuser cette idéologie à travers la planète par tous les moyens dont ils disposent, financiers bien sûr, mais aussi théologique via des imams, centres culturels, mosquées prêchant le wahhabisme et le salafisme à travers la planète, cherchant à prendre le contrôle des neurones des citoyens musulmans pour leur imposer ce mode de pensée et de vie.

L’étape ultime de ce totalitarisme religieux est le terrorisme mis en œuvre actuellement par une multitude de groupes armés qui ne cherchent pas à convaincre mais à imposer leurs vues par les armes. Aujourd’hui, les plus barbares parmi ces clans sont de confession sunnite (groupe Etat islamique, Al Qaïda,…). Ils s’écharpent sur les terrains de combat en Irak et en Syrie, et commettent des attentats sanglants en massacrant des civils indistinctement chez ceux qui n’ont pas, ou pas assez, les mêmes croyances qu’eux.

L’Iran de confession musulmane-chiite a beaucoup donné dans l’action terroriste contre l’Occident dans les années 80/90 mais semble s’être calmé avec le XXI siècle. Là encore il n’est pas sans ironie de voir ces Etats sunnites menés par l’Arabie-Saoudite désigner l’Iran comme grand méchant loup acteur principal du terrorisme mondial !

Tous ces Etats religieux, obsédés par ce qu’ils croient être leur mission divine ont passé, et continuent à passer, un temps infini à diffuser une idéologie d’un autre âge plutôt que de se consacrer au développement de leurs pays pour le bien de leurs peuples. Comme tous les régimes idéologiques la guerre est un des moyens à disposition et ils n’ont pas manqué de l’utiliser. Ils ont dépensé pour ce faire des sommes faramineuses. Sans doute le monde contemporain eut été différent, peut-être plus apaisé, s’ils avaient passé plus de temps à s’occuper de l’Homme plutôt que de chercher à plaire à Dieu. L’Occident a réglé le compte de ses idéologies les plus dévastatrices : la chrétienté, le nazisme, le communisme. Il lui reste à gérer quelques remugles de nationalisme et de populisme, ou plutôt de bêtise à courte vue. Gageons qu’ils seront moins violents. Il faut maintenant que l’Orient mène la bataille de l’intelligence et de la raison humaines.

Attentats religieux en Orient

Des religieux islamistes continuent les massacres aveugles au Proche et Moyen-Orient, toujours au nom de Dieu.

  • En Egypte le 27 mai 2017 un bus transportant des citoyens cooptes est attaqué, il y a au moins 29 personnes tuées.
  • En Afghanistan le 31 mai 2017 un camion lourdement piégé explose dans un quartier animé de Kaboul, il y a 80 morts et des centaines de blessés.

Le Groupe Etat islamique a revendiqué ces actions et rappelé que le mois de ramadan qui a commencé fin mai doit être utilisé pour renforcer les meurtres contre les mécréants. Il a été suivi.

C’est le printemps…

Il y a les soldes de printemps à cette époque, mais il y a aussi l’offensive de printemps des… talibans afghans. C’est traditionnel depuis que ce pays en en guerre, c’est-à-dire depuis l’invasion soviétique de 1979, au moins pour la période contemporaine : tous les printemps, lorsque la neige a fondu sur les contreforts de l’Himalaya et que les voies de communication redeviennent circulable après les frimas de l’hiver, les islamistes talibans repartent à l’assaut de qui détient le pouvoir. Que ce soient des soviétiques, des pakistanais, des occidentaux, des marionnettes des uns ou des autres qui sont aux commandes, eh bien ça ne loupe pas, les talibans veulent reprendre le pouvoir pour y installer leur idéologie religieuse régressive, alors ils repartent à l’assaut après l’hiver. C’est l’offensive de printemps, comme il y a la cuvée du patron !

Ce serait risible si cela ne se traduisait par des centaines de morts chaque année et l’autodestruction réglée de ce pays par les siens. De guerres civiles en guérillas internationales, d’interventions étrangères en actions terroristes, les talibans sont toujours là et descendent de leurs montagnes le printemps venu pour tenter de réinstaller leur régime d’un autre âge. Gageons qu’ils y parviendront à force de lasser le reste de la planète et de gagner les combats contre les plus grandes puissances, animés d’une foi à ébranler les montagnes et armés par on ne sait trop qui !

Le mieux est peut-être pour l’Occident de prendre acte de son échec à vouloir pacifier ce pays en l’accompagnant sur le chemin d’une civilisation moderne qu’il n’est pas sûr que la majorité de sa population désire vraiment. Si les intérêts supérieurs des pays occidentaux l’exigent il sera toujours possible d’y retourner guerroyer de temps à autres mais vouloir y rester durablement pour y instaurer un développement politique et économique apaisé est juste au-delà des compétences de ces puissances.

Le président turc aux Etats-Unis

Le président turc Erdogan a rendu visite aux Etats-Unis ce 16 mai à un moment où la Turquie s’éloigne de l’Occident tout en restant membre de l’organisation de défense atlantique (Otan) et alors que Washington a annoncé vouloir accentuer ses livraisons d’armes aux milices kurdes qui combattent en Syrie le groupe terroriste Etat islamique, mais sont aussi des opposants à Ankara.

Ces deux présidents populistes et grande gueule vont devoir compromettre sur des sujets sensibles, chacun tenant l’autre par la barbichette. Les forces de l’Otan disposent et utilisent des bases militaires en Turquie pour différentes opérations armées au proche et moyen orient. Les forces turques interviennent directement en Syrie plus ou moins sous l’aile russe et en soutien au régime syrien auquel s’oppose l’Occident. Pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions mais on peut gager que ces deux présidents roublards vont bien trouver un accord a minima en catimini, quitte à dire le contraire devant les journalistes.

La vraie question qui risque de se poser à plus ou moins court terme est le maintien de la Turquie dans une alliance militaire dont elle s’oppose frontalement à tous les membres, en des termes qui manquent souvent d’élégance. A force de mener sa diplomatie avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine le président turc s’est mis tous ses voisins à dos. La charte de l’Otan stipule qu’en cas d’attaque contre un pays membre les autres doivent réagir. Il n’est pas vraiment réjouissant de penser que si l’Irak ou la Syrie attaquaient militairement un jour la Turquie, lassées des jérémiades et agressions diverses d’Ankara à leur encontre, eh bien les troupes occidentales de l’Otan seraient censées défendre la Turquie. Il va falloir y penser sérieusement si ce pays continue à dériver loin des intérêts occidentaux.

Au cours de cette visite turque aux Etats-Unis, des manifestations se sont déroulées devant l’ambassade turque où l’on vit les gardes du corps présidentiels turcs sortir pour tabasser les opposants kurdes, parfois de nationalité américaine, devant une police locale dépassée par les évènements. Il faut dire qu’il est plutôt inhabituel de voir des services de sécurité étrangers faire le coup de poing contre des manifestants à l’occasion d’un voyage présidentiel. Ainsi va la Turquie !

A table avec la Corée du Nord

Donald Trump

M. Trump avait définit les grandes lignes de sa diplomatie asiatique en juin 2016 :

If he [Kim Jun un, président de Corée du Nord] came here, I’d accept him, but I wouldn’t give him a state dinner like we do for China and all these other people that rip us off when we give them these big state dinners. We give them state dinners like you’ve never seen. We should be eating a hamburger on a conference table, and we should make better deals with China and others and forget the state dinners.

Attentat religieux islamiste en Egypte

Le groupe Etat islamiste a revendiqué deux attentats commis ce 9 avril dans deux églises chrétiennes-cooptes en Egypte faisant une cinquantaine de morts. Des fous de Dieu égyptiens se seraient fait exploser lors de la messe des rameaux qui se déroulaient dans ces églises. L’Egypte comme quelques autres pays du Moyen-Orient garde une petite communauté chrétienne qui est traitée avec plus ou moins d’égards par le reste de la population musulmane. Dans le contexte actuel il est à craindre que cette communauté soit de peu de poids face au rouleau compresseur de la religion majoritaire et de ses dérives terroristes.

Attentat religieux en Russie

Une bombe explose dans le métro à Saint-Pétersbourg ce 3 avril, il y a 14 morts et de nombreux blessés. Un premier suspect de nationalité russe a été identifié et se serait fait explosé sur place. Né au Kirghizistan dans la minorité ouzbèke du pays il avait obtenu la nationalité russe il y a quelques années. La Russie entretient des liens historiques avec ses anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale à fortes majorités musulmanes dont une frange extrémiste constitue l’un des premiers bataillons de combattants étrangers en Syrie. D’autres de leur représentants commettent des attentats dans le métro ou ailleurs. A bien des égards on retrouve des similitudes avec la situation française : colonisation/décolonisation mal digérée, marginalisation, bêtise, dérive religieuse et violence nihiliste. Le résultat est toujours le même, l’absence de solution à court terme toujours patent.

Des gaz en Syrie

Encore une fois des gaz de combat sont utilisés dans la guerre civile en Syrie. Il y a une centaine de morts immédiats, des civils pour la majorité. Les mêmes images de gamins asphyxiant sont diffusées sur les médias. Le pouvoir syrien est le responsable probable puisqu’il s’agirait d’un bombardement aérien. Personne n’accuse à ce stade les rebelles puisqu’ils ne disposent pas de forces aériennes mais une version avancée par l’allié russe de la Syrie laisse entendre que l’aviation syrienne aurait touché un entrepôt rebelle où auraient été stockés lesdits gaz mortels.

On ne sait pas bien où est la vérité et le plus triste dans cette histoire est que l’on imagine que toutes les parties sur le terrain sont capables d’utiliser ces armes prohibées, autant le pouvoir en place que son opposition armée pour peu qu’elles aient accès à ces produits. En principe leurs stocks avaient été livrés à la communauté internationale et détruits après la première attaque au début de la guerre. C’était un mensonge de plus dans un conflit qui n’en est pas avare, il restait a priori encore quelques échantillons de ces gaz de combat dans les placards.

Le plus probable est que la responsabilité de cette nouvelle attaque chimique soit à rechercher du côté du gouvernement syrien ce qui veut dire qu’un dirigeant, un ministre, un militaire, voire même le président de la République, a sciemment décidé de répandre des gaz toxiques sur la population. Les mêmes ont également ordonné de détruire des hôpitaux pendant que des rebelles faisaient égorger ou brûler vifs des apostats en direct sur YouTube. Cette guerre civile en Syrie, nappée d’idéologie religieuse, a ouvert toutes les vannes de la barbarie humaine. Il va être complexe de les refermer et très très long de remettre ce pays sur le chemin de la paix et de la reconstruction. Ce sera l’affaire de plusieurs générations.

Des gaz identiques ont été répandus en bien plus grandes quantités sur les champs de bataille européens de la guerre de 1914-18 par les allemands et les français, c’était en d’autres temps et l’on vit les terribles résultats de ces armes. Du moins étaient-elles utilisées contre des soldats, pas des civils comme en Syrie. Mais c’est hélas le propre d’une guerre civile de s’attaquer aux civils. Depuis ces produits ont été prohibés mais n’oublions pas que nos grands-parents les ont utilisés à profusion, peut-être cela met l’Europe en position de mieux montrer la voie de la sagesse et de la réconciliation à ce Moyen-Orient si violent !

La Turquie s’éloigne

Alors que la Turquie est en train d’organiser un référendum pour transformer son régime en lui donnant un caractère très présidentiel, des ministres de ce pays cherchent à venir animer des meetings en Europe auprès des diasporas turques particulièrement nombreuses en Allemagne et aux Pays-Bas. Certaines de ces réunions ont été annulées par les pays d’accueil, déclenchant de vives réactions en Turquie.

L’Allemagne a été accusée de « pratiques nazies » et les Pays-Bas qualifiés de « fascistes [influencés par] les vestiges du nazisme ». La France qui a laissé un ministre turc venir animer un meeting référendaire à Metz, a pour l’instant été épargnée par les foudres turcs.

Pendant ce temps l’armée turque continue son combat sur le sol syrien contre les milices kurdes qu’elle craint plus que les milices islamistes et le pays accueille plus d’un million de réfugiés syriens.

Il faudra un jour se rapprocher de la Turquie et cela se fera. En attendant, le mieux est sans doute de laisser passer l’orage et poursuivre discrètement les accords qui peuvent l’être, dont ceux de l’OTAN dont la Turquie est membre. Le président Erdogan n’est sans doute pas éternel, gageons que son successeur reviendra à des sentiments moins éruptifs. Le problème est que la transformation constitutionnelle en cours va installer Erdogan au pouvoir absolu pour de longues années mais qui sait ce qui peut se passer en politique, surtout par les temps qui courent où la prévision est un art de plus en plus incertain.

Les Etats-Unis démontent l’assurance maladie


Le premier décret signé par le nouveau président américain demande à l’administration de freiner autant que possible l’application de cette loi en attendant son abrogation par le parlement. Cette loi votée sous la précédente présidence vise à aider avec des fonds publics les américains les moins favorisés à couvrir leur risque maladie. Honni par une bonne partie de la population et du parti conservateur pour qui toute intervention de l’Etat dans les affaires privées est à bannir.

Dans le même temps, François Fillon qui avait inclus dans une première mouture de son programme présidentiel la privatisation d’une partie des risques maladie pris en charge aujourd’hui par la Sécurité sociale publique, retirait subrepticement cet item sous les pressions de ses congénères conservateurs le trouvant un peu trop provocateur pour un électorat même de droite.

De Trump ou de Fillon on ne sait pas bien qui sera finalement le plus efficace pour gérer un système de risque maladie, mais on peut déjà déduire que le premier semble plus fort dans ses convictions que le second.

Lire aussi : Le programme santé retiré de Fillon

L’Orient dans les mains des orientaux


La presse et certains politiciens français de plateaux télévisés s’émeuvent sur le fait que les Etats-Unis et l’Europe sont exclus des négociations de paix en cours sur l’avenir de la Syrie. Le fait est avéré mais il n’est pas sûr que la conclusion qui en est tirée soit correcte.

Le pouvoir syrien et quelques groupes rebelles (mais pas tous) doivent se retrouver la semaine prochaine au Kazakhstan pour des discussions menées sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. On remarque au passage que l’avenir à court terme de ce pays arabe est dans les mains de pouvoirs orientaux non-arabes puisqu’ils sont slaves, perses et turcs. En cela la durabilité d’un tel accord n’est pas assurée. Est-ce un problème que Washington ou l’Europe ne soient pas parties à un éventuel accord ? Sans doute pas.

L’Occident est impliqué d’une façon ou d’une autre au proche et moyen Orient depuis au moins deux siècles de l’époque contemporaine, avec pour objectif majeur : l’accès aux ressources pétrolières. Si ce pétrole bon marché jusqu’en 1970 a irrigué le développement économique occidental, le résultat politique n’est pas une franche réussite, c’est le moins que l’on puisse dire : guerres, terrorisme, destructions, massacres, assassinats, copinage avec des dictatures abjectes, liens économiques malsains, accords politiques piétinés à peine signés, et maintenant flux considérables de réfugiés fuyant la guerre syrienne.

Ce que l’Occident a essayé de faire dans un mélange de cynisme et de bonne volonté, de naïveté et de violence, n’a pas fonctionné. Problèmes de méthodes, de personnes, d’incompatibilités sociales, religieuses et politiques, bref, le moyen Orient est un champ de ruines et de drames humains. Il faut passer son tour et laisser les puissances actuelles essayer d’apaiser la situation avec leurs propres méthodes. En espérant qu’un jour le moyen Orient arrive par lui-même à se prendre en mains.

De l’explosif et du terrorisme

Les combats menés actuellement au Moyen-Orient contre les différents groupuscules terroristes mettent en valeur la sophistication avec laquelle ces derniers piègent tout ce qu’ils peuvent trouver pour nuire à leurs assaillants. Leur créativité est assez impressionnante et relativement efficace pour retarder l’avancée des troupes régulières.

Outre la voiture piégée à l’explosif lancée contre la ligne de front, généralement conduite par un suicidaire et désormais un classique du genre, les mouvements terroristes religieux prennent un malin plaisir à piéger tout et n’importe quoi : les maisons détruites, des drones artisanaux, des chaussures abandonnées et même des Coran qui ont l’air de traîner par terre et qui explosent dès qu’un soldat imprudent s’en saisi. L’avancée des troupes loyalistes qui reconquièrent les villes est ainsi sérieusement ralentie puisqu’elles regardent à deux fois où elles mettent les pieds, et on peut les comprendre.

Evidemment il est probablement plus simple de piéger un objet qu’un humain bien que les deux méthodes soient également pratiquées. Le recrutement est plus aisé dans le premier cas bien qu’on ne semble pas manquer de volontaires pour le second. Le piégeage relève de la guerre du pauvre : avec un peu de poudre on crée beaucoup de terreur et un peu de dégât.

La Russie à l’assaut des élections occidentales

L’administration américaine confirme ses accusations contre la Russie qui serait intervenue lors des élections américaines via des manipulations de données informatiques, intrusion dans les systèmes du parti démocrate, vol et publication de documents secrets ou privés. Moscou aurait cherché à favoriser l’élection de Donald Trump plus ouvert aux positions russes que son opposante Hillary Clinton. La Russie et M. Trump contestent cette analyse officielle américaine.

Le problème dans ce genre de situation est que l’on peut croire l’une et l’autre partie largement capable de ce dont elles s’accusent mutuellement : la Russie d’intervenir contre la démocratie et l’administration américaine de raconter des bobards. Ce qui est incontestable sont les attaques informatiques qui ont eu lieu contre les sites du parti démocrate ayant abouti à la publication de toute une série de documents négatifs pour la candidate Clinton. Il semble probable que l’origine de ces attaques vienne de Russie bien qu’il ne soit pas évident de remonter la chaîne des ordinateurs hackers procédant à ce genre d’attaque. Ce qui est encore plus difficile est de démontrer que le pouvoir russe serait le donneur d’ordre. Les services de renseignement américains ont franchi ce pas et l’ont documenté dans un rapport dont une partie vient d’être déclassifiée et publiée.

La Russie, comme nombre d’autres pays de la planète, n’aime pas la démocratie comme système d’organisation de la société. Lorsque ces pays opposants sont des puissances, ils vont plus loin et cherchent à abattre les démocraties. Ce fut l’obsession de l’ex-URSS durant les 70 années de guerre froide et la Russie reprend aujourd’hui le flambeau. Les puissances occidentales ne sont pas non plus restées inactives pour accélérer la fin de l’empire communiste soviétique. Plus récemment elles n’ont pas été en reste pour généraliser de façon assez effrayante l’espionnage des communications de notre civilisation de l’information, y compris en piratant les téléphones portables de dirigeants amis.

Alors que la démocratie occidentale apparaissait comme le système victorieux après la chute du mur de Berlin en 1989 et semblait avoir vocation à être instauré partout sur la planète où il ne l’était pas encore, la situation est significativement différente aujourd’hui trente ans plus tard. Une bonne partie de l’Asie conteste ce système en l’accusant de tous les maux et mène des actions hostiles diverses pour le faire choir. De la Russie à l’Iran en passant par les monarchies religieuses du Golfe persique nombre de pouvoirs de ces pays se retrouvent pour s’attaquer à la démocratie via des actions souvent illégales. Il y a sans doute dans ces attitudes belliqueuses un mélange de jalousie devant la réussite économique et technologique occidentale et de crainte que cette liberté (et sa première manifestation : les élections) s’installe dans leurs propres populations, mettant ainsi la continuité de leur pouvoir en péril.

Il faut vivre avec cette menace, et s’y possible se préparer à y réagir. La démocratie occidentale est un système minoritaire dont le sens de la liberté sonne comme un symbole de décadence aux yeux de ses opposants. Il est illusoire de penser que chacun puisse vivre de son côté sans chercher à nuire à l’autre. L’esprit de compétition et de conquête est un moteur fort de tous temps pour l’Humanité. Rien ne change, il faut juste ne pas perdre la course !

Attentat religieux islamique en Turquie

Le groupe Etat Islamique a revendiqué l’attentat qui s’est déroulé la nuit du réveillon dans une boîte de nuit d’Istanbul. Le mode d’action ressemble à celui mis en œuvre à Paris lors du concert du Bataclan : un fou de Dieu s’introduit dans un lieu festif et tire au hasard sur la foule. Il y a 39 morts et de nombreux blessés. La revendication fait expressément mention de la Turquie « protectrice de la croix » et des fêtes païennes qui se déroulent dans ce pays.

La Turquie a retourné ses alliances. Alors qu’elle soutenait les opposants au régime syrien, la voici maintenant alliée avec la Russie (chrétienne) qui, elle, soutient à bouts de canons le clan au pouvoir à Damas. Pas facile à gérer pour un Etat en cours de réislamisation et toujours en guerre par ailleurs avec sa minorité kurde soutenue elle par l’Occident dans la guerre contre le groupe Etat Islamique. Plus personne ne comprend plus grand-chose dans cet Orient où s’affrontent des arables, des perses, des turcs, des slaves, des occidentaux, des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens orthodoxes, catholiques ou protestants, avec des alliances qui se font et se défont dans la même journée.

Des négociations politiques sont en cours pour tenter de mettre fin à la guerre syrienne sous l’égide de la Russie et avec la Turquie. Espérons qu’elles aboutiront à quelque chose. En attendant, la guerre de religion absurde se poursuit, le sang continue à couler au nom de Dieu et les groupe terroristes religieux nagent comme des poissons dans cette eau trouble et nauséabonde. La Turquie n’en a sans doute pas fini avec les attentats, pas plus que les pays occidentaux d’ailleurs.

Alep revient, Palmyre repart

Reprise il y a quelques mois par le pouvoir syrien et ses alliés étrangers la ville de Palmyre en Syrie vient d’être reconquise par le groupe Etat islamique et ses quelques centaines de miliciens extrémistes. Lorsqu’ils occupaient cette ville, les islamistes avaient consciencieusement détruit nombre de monuments antiques qui contredisent leur projet fou de purification religieuse. Ils en avaient profité pour décapiter le vieux conservateur des antiquités de la ville qui avait 82 ans.

Ces religieux qualifient tous ceux qui ne croient pas à leur sunnisme radical et régressif de mécréants lorsqu’ils sont chrétiens ou juifs, ou d’apostats lorsqu’ils sont musulmans non sunnites. Ils méritent donc selon les djihadistes au mieux la relégation, au pire la mort. Et le groupe Etat islamique continue à massacrer et détruire au nom de Dieu !

Attentat religieux en Turquie

L’ambassadeur de Russie en Turquie est assassiné par un de ses gardes du corps turc en direct devant les télévisions réunies pour l’inauguration d’une exposition artistique. Le meurtre a lieu alors que l’ambassadeur y prononçait un discours. Avant d’être abattu le tireur a le temps de crier :

N’oubliez pas Alep. Tant que les habitants n’y seront pas en sécurité vous n’y serez pas non plus.

Les empires sont cruels

Après un long siège de la partie rebelle de la ville syrienne d’Alep mené par les troupes gouvernementales locales puissamment appuyées par la Russie slave, l’Iran perse et les milices libanaises arabes du Hezbollah, les dernières résistances sont en train de céder. Il y aura eu plusieurs années de siège, des milliers de morts, une ville, pour autant que l’on puisse en juger sur les images diffusées, réduite en ruines. Ce sera peut-être une étape vers une solution politique qui serait celle du vainqueur militaire. Pas sûr toutefois que cette guerre civile ne s’achève rapidement après une telle fureur. Il ne va pas être facile de se réconcilier après tant de haine.

La Russie s’est engagée dans un combat incertain et sans nuance. L’avenir dira si elle se débrouille mieux dans cet Orient compliqué que l’Occident qui n’a jamais vraiment su faire dans cette région en conflit permanent depuis des décennies. Moscou a déployé une force militaire aveugle au service d’un pouvoir syrien sinistre. Vu à l’aune de nos démocraties occidentales tout ceci est un désastre humain et les images de gamins étouffant sous les gaz de combat au milieu des ruines d’Alep font frémir. L’Orient favorise la force pour imposer la paix là où l’Occident a échoué avec la négociation et les interventions de l’Onu.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie considère le système démocratique comme décadent et inefficace. Voilà juste un siècle que la révolution bolchévique était déclenchée en Russie en 1917. Au cours de ces cent dernières années, l’Union soviétique puis la Russie ont cherché avec constance, et pour le moment insuccès, à détruire la démocratie. L’Histoire continue donc et Moscou déploie une brutalité coutumière pour défendre ses alliés de circonstance au Moyen-Orient.

Les empires sont cruels, souvent criminels. La France est bien placée pour le savoir. La Russie perpétue la tradition. Paris n’a pas fini de payer les conséquences de ses éphémères ambitions impériales. On peut craindre que Moscou ne suive la même voie.

Le coiffeur de Trump

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Donald Trump, président élu des Etats-Unis d’Amérique fait ses premières annonces depuis son élection en mettant de l’eau dans son vin. Le mur à finir de construire à la frontière du Mexique pourrait n’être qu’une clôture. La loi instaurant une assurance-santé obligatoire pourrait n’être que réformée et non plus abrogée. Etc. Il n’a pas encore précisé s’il comptait changer de coiffeur.

Sus à l’assurance santé obligatoire

Drapeau_Etats-UnisL’arrivée prochaine au pouvoir à Washington d’un président républicain va sans doute marquer les derniers jours de la loi sur l’assurance santé obligatoire mis en place avec difficulté par l’administration Obama. Sur son site web de campagne, l’équipe du président élu affirme :

On day one of the Trump Administration, we will ask Congress to immediately deliver a full repeal of Obamacare.

However, it is not enough to simply repeal this terrible legislation. We will work with Congress to make sure we have a series of reforms ready for implementation that follow free market principles and that will restore economic freedom and certainty to everyone in this country. By following free market principles and working together to create sound public policy that will broaden healthcare access, make healthcare more affordable and improve the quality of the care available to all Americans.

Ben Carson, un médecin à la retraite, (très) conservateur, candidat aux primaires avant de se retirer pour soutenir M. Trump, il pourrait être un possible futur ministre de la santé du nouveau gouvernement, a qualifié cette loi de « pire fléau depuis l’esclavage ». L’impétrant étant lui-même afro-américain, on mesure l’ampleur du fossé qui sépare les partisans du dogme libéral (free market principles) de ceux en faveur de l’intervention de l’Etat dans certains domaines. Ce sera le premier test en grandeur nature des partisans de Dieu et du Marché contre ces gauchistes bolchéviques que sont ces républicains ayant soutenu Hillary Clinton !

Les affres du libéralisme et les élections démocratiques

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Un nouveau président américain, Donald Trump, remplacera en janvier Barak Obama pour un mandat de quatre ans, voire un second s’il était réélu. Trump s’est rendu célèbre durant la campagne électorale plus pour ses vulgarités sexistes et ses slogans racistes que pour avoir développé un programme de gouvernement cohérent. Evidemment, après la hauteur de vue d’Obama, on peut sans doute prévoir que le garçon ne va pas élever l’esprit et l’intelligence, mais il n’a pas été élu pour ça.

A priori il a rassemblé les votes de l’Amérique moyenne découragée d’être l’oubliée de l’économie libérale. Le plein emploi affiché aux Etats-Unis est en fait une précarisation des emplois, sauf ceux de quelques secteurs numérisés ou financiers. La mondialisation a laminé une bonne partie de l’industrie traditionnelle du pays. La croissance économique cache à peine un fantastique accroissement des inégalités. Ce sont là les dommages collatéraux du capitalisme libéral dont l’Amérique est l’initiatrice et le premier bon élève. Les citoyens américains à une nette majorité ont marqué mardi dernier leur opposition à ce système créateur de richesses et d’inégalités.

C’est là l’ironie de la situation : un élu républicain veut se mettre en marche pour casser le libéralisme. Il va lui falloir être persuasif face à la puissance de ceux qui sont les gagnants de ce système pour le changer ! Accessoirement les sujets de société devraient également être réformés : le vice-président affiche ses idées créationnistes, croyant que l’homme a été créé par Dieu et non le fruit de l’évolution chère à Darwin, ce qui promet une durée de vie assez limitée aux lois régissant l’avortement ou l’abolition de la peine de mort.