Faillite Ukrainienne

Ukraine : la faillite financière du pays se double de la déroute de son armée nationale face à des rebelles va-nu-pieds soutenus en sous-main par la Russie. La France qui avait commis l’erreur politique de vendre des armes à la Russie se retrouve maintenant à bloquer la livraison de navires de guerre à Moscou entamant sans doute ainsi un contentieux commercial qui laissera des traces. L’Europe et les Etats-Unis prennent des sanctions financières contre la Russie qui riposte à coup d’embargos commerciaux. On se croirait revenus 40 ans en arrière.
Ce qui est sûr c’est qu’il va falloir payer pour la défaillance de l’Ukraine et les embargos russes. La France n’avait pas vraiment besoin de ça.

Egoïsme régionaux

Le Royaume-Uni est train de perdre son légendaire flegme à l’idée que le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse puisse aboutir effectivement à une indépendance. Ce serait Trafalgar à l’envers pour les Anglais contre les Ecossais et surtout un non-sens économique et politique que les deux parties auront très probablement à regretter un jour. Une manifestation d’égoïsme régional qui semble à revers de la mondialisation. Mais que le sort en soit jeté et si l’expérience de passe elle aura au moins le mérite d’être enrichissante dans un sens ou un autres pour les autres provinces sécessionnistes qui sont nombreuses en Europe.

Egoïsme régional

Le Royaume-Uni est train de perdre son légendaire flegme à l’idée que le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse puisse aboutir effectivement à une indépendance. Ce serait Trafalgar à l’envers pour les Anglais contre les Ecossais et surtout un non-sens économique et politique que les deux parties auront très probablement à regretter un jour. Une manifestation d’égoïsme régional qui semble à revers de la mondialisation. Mais que le sort en soit jeté et si l’expérience de passe elle aura au moins le mérite d’être enrichissante dans un sens ou un autres pour les autres provinces sécessionnistes qui sont nombreuses en Europe.

Une faillite à financer

L’Ukraine, en pleine guerre civile et en conflit larvé avec la Russie, s’apprête à initier les démarches pour poser sa candidature à l’entrée dans l’alliance militaire de l’OTAN… C’est le bouquet, mais aussi hélas le résultat d’une politique occidentale qui a laissé croire à ce pays qu’il pouvait virer de bord sans coup férir de l’ex-URSS vers l’Europe et l’OTAN !
L’Europe a déjà accepté de laisser adhérer à l’Union un pays en guerre : Chypre est venue avec une partie de son territoire occupé par la Turquie, par ailleurs candidat à l’adhésion. Bien entendu les diplomates avaient préalablement juré leurs grands Dieux que jamais Chypre ne pourrait adhérer tant qu’une solution politique n’aurait pas été trouvée au conflit avec la Turquie. Bien entendu ces promesses n’ont pas été tenues. Evitons de renouveler une telle trahison !
L’Ukraine aujourd’hui c’est d’abord une faillite financière de premier ordre, résultat de la gestion du pays par une bande de voyous depuis le détachement de l’URSS. Il va bien falloir financer cette faillite une fois les armes remisées. Il est peu probable que la Russie paye beaucoup au-delà de Donetsk… Les diplomates visionnaires qui auront mené l’Europe à ce désastre devront présenter l’addition aux contribuables communautaires.

Milices sauvages

Les extrémistes sunnites de l’Etat Islamique en Irak et au Levant continuent avec constance à déployer toute la barbarie dont seuls ceux qui se croient chargés d’une mission divine sont capables. Egorgements de journalistes sur YouTube, massacres de soldats syriens, exécutions de musulmans chiites ou de chrétiens refusant de se convertir. Bref, c’est la Saint-Barthélemy sur l’Euphrate !
Comble d’ironie, voici maintenant le régime syrien honni par l’Occident qui se tourne vers les Etats-Unis pour demander de l’aide dans la lutte contre ces milices sauvages. C’est… désespérant.

Le boxon au Moyen-Orient

Les barbus de l’Etat Islamique en Irak et au Levant et la barbarie religieuse qu’ils véhiculent au Moyen-Orient effraient la planète. L’occident envisage plus ou moins une alliance informelle de circonstance avec la régime syrien pour taper contre les extrémistes religieux réfugiés en Syrie… Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, au moins pour un moment !
Les forces aériennes émiraties ont bombardé des extrémistes en Lybie, avec l’aide de l’Egypte, dont on ne sait pas bien s’ils étaient affiliés ou non à l’Etat Islamique mais qui en tout cas font preuve grosso-modo de la même régression.
Les Etats-Unis bombardent l’Irak, la France livre des armes « sophistiquées » aux milices kurdes pour qu’elles se défendent, bref le Moyen-Orient continue à s’enfoncer dans la violence et l’aberration. Cette affaire n’est pas terminée…

L’Ecosse

L’Ecosse s’apprête à se prononcer par référendum sur son indépendance versus son maintien dans la couronne britannique. Evidemment les écossais ruminent une haine ancestrale contre les anglais qui les ont durement colonisés et n’arrivent pas à s’en défaire, alors ils cherchent à se défaire de l’Angleterre. Ce serait évidemment une aberration sociale et économique pour les deux parties, un non-sens politique digne de la création du Kosovo, mais le cœur des écossais penche semble-t-il vers l’indépendance.

Intéressant le cas écossais, car si indépendance il y a il faudra régler quelques petits problèmes comme celui de la devise à utiliser, du partage des dettes publiques, de l’adhésion à l’Union européenne de la nouvelle entité crée, sans parler du sort du château royal de Balmoral. Après tout un partage comparable a été fait lors de l’éclatement de l’Union soviétique, c’est juste de la technique et de la négociation. Continuer la lecture de « L’Ecosse »

Israël contre Palestine

C’est un rituel, après chaque guerre biannuelle entre Israël et la Palestine (voir le Liban) l’ONU se met en quête d’identifier qui a commis des crimes de guerre. Et à chaque fois les conclusions sont cinglantes pour les deux parties : massacre de civils, utilisation de boucliers humains, disproportion dans le nombre des victimes et des moyens utilisés, exécution de collaborateurs, etc. Donc, l’ONU enquête !

Il n’y a pas même de cessez-le-feu et encore moins d’accord de paix signé, mais l’ONU enquête. Elle a environ deux ans avant la prochaine guerre pour remettre son rapport, ce qui d’ailleurs déclenche à chaque fois une guerre des mots à la tribune de New-York, puisque comme il se doit il est contesté.

Indépendance de l’Ecosse

L’Ecosse s’apprête à se prononcer par référendum sur son indépendance versus son maintien dans la couronne britannique. Evidemment les écossais ruminent une haine ancestrale contre les anglais qui les ont durement colonisés et n’arrivent pas à s’en défaire, alors ils cherchent à se défaire de l’Angleterre. Ce serait évidemment une aberration sociale et économique pour les deux parties, un non-sens politique digne de la création du Kosovo, mais le cœur des écossais penche semble-t-il vers l’indépendance.

Intéressant le cas écossais, car si indépendance il y a il faudra régler quelques petits problèmes comme celui de la devise à utiliser, du partage des dettes publiques, de l’adhésion à l’Union européenne de la nouvelle entité crée, sans parler du sort du château royal de Balmoral. Après tout un partage comparable a été fait lors de l’éclatement de l’Union soviétique, c’est juste de la technique et de la négociation. Continuer la lecture de « Indépendance de l’Ecosse »

Les confettis en lambeauxde l’ex-URSS

Le boxon continue en Ukraine, pays en guerre civile qui a signé un accord d’association avec l’Union européenne. Les séparatistes pro-russes abattent des avions de chasse ukrainiens. S’ils sont capables d’abattre des Mig, on peut raisonnablement penser qu’ils ont pu abattre le Boeing de la Malaysian Airlines… D’ailleurs on ne parle plus beaucoup de cette catastrophe aérienne ni de ses potentiels responsables.

La guerre civile en Ukraine montre l’inefficacité des parties en présence. Cette sécession aurait pu se faire en bon ordre puisqu’elle semble inévitable. Les populations minoritaires prorusses auraient pu négocier leur autonomie, voire leur indépendance. Personne ne se serait opposé à la sécession de la Crimée par exemple puisque 100%, ou presque, de la population de Crimée souhaitait le retour à la Russie. Un gouvernement démocratique aurait donc laissé partir cette province. L’impatience slave a préféré le son du canon à celui du référendum.

Le cas des provinces de l’est ukrainien est plus compliqué car la population est plus mélangée entre légalistes et prorusses. Une solution d’autonomie aurait au moins pu être négociée. Ce ne fut pas le cas et l’armée ukrainienne semble en voie de reconquérir les territoires sécessionnistes. Mais il faudra bien y revenir plus tard quand les armes se seront tu.

Dans un cas comme les autres, les réflexes de ces ex-Républiques soviétiques sont naturellement guerriers plus que démocratiques.

La Syrie chimique

Au moins un élément positif dans le conflit syrien : l’arsenal chimique remis par le régime aux autorités internationales a été détruit comme l’ont annoncé les Etats-Unis. Cette destruction a donné lieu au bal des faux-culs, chaque pays estimant que détruire ces produits c’est très bien du moment qu’il n’y est pas procédé sur leur territoire. Comme on pouvait difficilement le faire en Syrie en pleine guerre civile, il a fallu réaliser cette opération sur un bateau américain spécialisé croisant dans les eaux internationales en Méditerranée au large de la Crète. Bien entendu les pêcheurs et les hôteliers du coin y ont trouvé à redire…

L’idéal aurait été de remettre les produits aux pays qui les ont vendu, juste pour marquer les responsabilités. En attendant on ne sait pas bien si le régime syrien a livré toutes ses armes chimiques ou pas. Et puis il leur reste des produits pas formellement interdit qui peuvent être utilisés par quasiment n’importe qui sur un plan militaire comme le chlore, les pesticides, etc.

Les subtilités du pape

Le pape François 1er prospecte de nouveaux marchés en Asie (en Corée du Sud en l’occurrence) et tout le monde tombe en pamoison devant cette stratégie divine. Il fait le job, voilà tout. La fiche du poste depuis Saint-Pierre est de répandre la foi catholique en diffusant son message. Eh bien il fait ce pour quoi il a été mandaté.

Comme nous sommes revenus à d’ancestrales guerres de religion au Moyen-Orient, le pape en a profité pour écrire à l’ONU en demandant « de tout faire… [pour que cessent les violences contre les chrétiens constituant]… une offense à Dieu et à l’humanité ». Qu’en termes divins ces choses sont bien dîtes. En l’occurrence « tout faire » consiste à envoyer des F16 bombarder des barbus.

Certains de ses évêques (de France) vont encore plus loin en justifiant l’utilisation de la force :

« Le voyage tout récent de la délégation de l’Eglise catholique en France vient de mesurer à quel point la population irakienne, dans ses diverses composantes, crie au secours. Entendrons-nous leur appel ? Nous saluons les récentes prises de parole des dirigeants de notre pays. Mais elles doivent se concrétiser davantage. C’est au niveau des Nations Unies que doit au plus vite s’organiser la plus ferme et la plus rapide des réactions, avant qu’il ne soit trop tard.

Les catholiques de France sont mobilisés dans la prière et l’action. Nos frères chrétiens sont chez eux en Orient ! La communauté internationale est indigne d’elle-même si elle ne protège pas toutes les minorités de la planète. »

La Russie humanitaire

La Russie continue à souffler le froid dans le total boxon asiatique de l’Ukraine : elle met en place un convoi humanitaire de 300 camions pour les enclaves pro-russes du voisin ukrainiens. Sur le fond, pas de problème majeur, sur la forme cette initiative provoque l’ire du gouvernement de l’Ukraine qui organise ses propres convois humanitaires…

On attend le moment où la Russie expliquera qu’elle procède comme l’Europe fait en faveur des chrétiens d’Irak : de l’aide humanitaire pour les minorités !

Des illusions au Moyen-Orient

Rappelons les grands axes de la géopolitique au Moyen-Orient :

  • Les musulmans sunnites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
  • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel
  • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète
  • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
  • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
  • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
  • Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu, les uns mangent du cochon et pas les autres, etc.

Depuis 2 000 ans ces principes ont entraîné des millions de morts sur la planète, et l’on continue aujourd’hui à se battre pour ces illusions ! C’est pathétique.

Les guerres pots-coloniales

Et c’est reparti : les Etats-Unis bombardent l’Irak pour tenter d’arrêter quelques cinglés barbus et fous d’Allah. C’est étrange ce destin des puissances coloniales à ne pouvoir se dégager des problèmes de leurs anciennes possessions… La France est engluée au Mali et en République Centrafricaine… les Etats-Unis qui reviennent en Iraq quittée piteusement il y a quelques années. Certes l’Irak n’a jamais été une colonie américaine, mais les accords pris après la deuxième guerre mondiale entre les pays du Golf, le Royaume-Uni et Washington ressemblent quand même par certains côtés à une administration coloniale.

Les similitudes avec la guerre de Vietnam sont frappantes, seul l’ennemi était différent : le communisme en Asie du Sud-Est dans un cas, les djihadistes dans l’autre. Dans ces deux guerres, la puissance militaire américaine n’a pas suffi à vaincre et a été défaite, au moins politiquement. Dans les deux cas, l’armée nationale a été mise sur pieds, formée à coups de milliards de dollars, équipée avec du matériel dernier cri pour résister à l’ennemi intérieur et… s’est débinée à la première alerte. La rébellion, communiste et djihadiste, avait une foi en un idéal et s’est affronté avec un pouvoir déliquescent. Le résultat fut en faveur du Vietnam du Nord communiste en 1975. Nous verrons dans les prochains mois ce qu’il pourrait être au Moyen-Orient.

Oublions un peu Moïse

Malgré les bombardements destructeurs d’Israël sur la bande de Gaza, le Hamas continue d’envoyer ses bombinettes à réaction sur le voisin. Elles sont le plus souvent inoffensives mais énervent copieusement Israël qui doit se dire « tout ça pour ça ! ». Le Hamas s’offre même le luxe de rompre un cessez-le-feu accepté par son ennemi car ses revendications ne seraient pas prises en compte.

Même si Tel-Aviv rasait Gaza comme en 1945 les alliés rasèrent Dresde, il y aurait toujours un petit Hamas qui sortirait de derrière les cailloux avec son drapeau noir, ne serait-ce que parce que nous avons 5 ou 6 millions de palestiniens exilés dans le Proche-Orient suite à la première guerre israélo-arabe de 1948 ! Réfugiés apatrides ils refusent généralement d’accepter la nationalité de leurs pays hôtes, quand on leur la propose, pour entretenir le rêve sans doute illusoire du retour au pays.

Israël se drape derrière son droit biblique à investir cette terre, les palestiniens rappellent leur antériorité sur celle-ci dont ils ont été chassés, et chacun en appelle à Moïse ou Allah pour justifier l’injustifiable. Les deux camps continuent pour le moment à s’exprimer à coup de missile. Cela dure depuis 60 ans, laisse le Proche-Orient à feu et à sang et commence à sérieusement fatiguer le reste de la planète.

Il faudra un jour reprendre les discussions et laisser Moïse/Allah de côté pour parlementer entre humains avec des raisonnements terriens au lieu d’envolées divines.

Les Khmers rouges au tribunal de l’Histoire

Au Cambodge, les deux dirigeants khmers rouges survivants viennent d’être condamnés à la prison à perpétuité : Nuon Chea et Khieu Samphan. Ils ont respectivement 88 et 83 as, ont fait appel du jugement et ne passeront sans doute pas beaucoup de temps en prison. Le gouvernement cambodgien ne souhaite pas aller plus loin dans le jugement des responsables du génocide khmer. Il faut dire que le premier ministre est lui-même un ancien officier subalterne khmer rouge et que d’autres khmers rouges ont intégré l’administration du pays. Le tribunal mixte constitué entre l’Onu et la Cambodge pour juger de ce génocide avait déjà été très compliqué à mettre en œuvre.

Après tout, restons en à ces deux personnages pour peu qu’ils soient effectivement condamnés afin de clôturer l’un des plus sinistres épisode politique et génocidaire de la seconde moitié du XXème siècle. Il est fascinant de voir comment ce malheureux petit pays a d’abord été copieusement bombardé par les forces américaines dans les années 60/70, en lutte contre le Vietnam du Nord communiste, puis s’est livré à l’expérience des Khmers Rouges pour quatre terribles années à partir d’avril 1975 avant d’être chassés du pouvoir par le Vietnam en 1979.

Une clique d’intellectuels maoïsants, souvent formés dans les universités françaises (Khieu Samphan est diplômé de la Sorbonne), ont appliqué méthodiquement leur culture mao : vider les villes (dès le lendemain de leur installation aux commandes) et mettre les urbains dans les champs, créer l’Homme nouveau en expurgeant ses tendances bourgeoises à force de rééducation, massacre des récalcitrants, etc. Et tout ceci abouti au massacre de deux millions de personnes, un quart de la population, en quatre ans. Le tout sous le regard de la communauté internationale, plutôt indulgente, au début de l’expérience en tout cas. Comme toujours avec les régimes totalitaires, les Khmers Rouges arrivent à faire participer une partie du peuple à son propre génocide, c’est la caractéristique du Mal !

Une partie de l’intelligentsia française (dans les années 70’s, Sartre est toujours très actif sur les restes de la Gauche Prolétarienne) fut intéressée par cette expérience que certains auraient voulu approcher en France. Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’auraient pas imaginé un contexte plus parfait pour l’application d’un maoïsme pur et dur. Il s’en suit une coupable indulgence à l’encontre d’un régime qui s’avèrera génocidaire. Même Le Monde a chroniqué favorablement l’installation des Khmers Rouges au pouvoir.

Il est vrai qu’il est toujours facile de refaire l’Histoire après coup. On ne pouvait pas, en 1975, parier sur le génocide. On pouvait en tout cas savoir qu’un gouvernement d’idéologues est toujours générateur de dérives, on le voit encore aujourd’hui, hélas ! Le plus terrible dans cette affaire est que les Khmers Rouges continuèrent des années durant à être reconnus comme seuls représentants officiels du Cambodge, même après leur chute, car la communauté occidentale ne voulait pas leur substituer un gouvernement mis en place par le Vietnam communiste…

Le génocide Khmer est aussi un avatar de la lutte de l’époque contre le communisme international, d’où l’engagement américain (et de leurs alliés) au Vietnam. Le communisme s’est (presque totalement) effondré en 1989 mais cette victoire a été obtenue aux prix de sévères déroutes sur la planète, dont l’arrivée de pouvoirs communistes dans les années 70’s dans nombre de pays en Asie et en Afrique.

L’Occident doit-il se mêler de tout, partout ?

La Libye continue à de décomposer en se livrant à des bandes armées se combattant les unes les autres au nom de Dieu, du pétrole, des armes ou tout simplement pour de l’argent. Le pays s’effondre dans le clanisme et la violence. Et revient toujours la même question, après l’Irak, la Centrafrique, avec la Syrie : la communauté internationale (très majoritairement occidentale) doit-elle intervenir pour officiellement établir la démocratie dans des régimes d’un autre âge, et surtout lorsque ceux-ci dépassent les bornes de la décence en matière de répression de leurs peuples ?

Si l’on en juge par les résultats en Irak, en Libye ou en Centrafrique, les buts officiels d’intervention n’ont pas été atteints. Ceux peut-être un peu plus officieux de sortie des dictateurs de l’époque  le sont un peu plus mais les sortis ont été remplacés par le chaos.

On ne sait plus bien ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. La Libye est emblématique de ce dilemme. On peut imaginer qu’il n’y avait pas trop d’arrières pensées dans l’intervention internationale pour empêcher le régime de mettre en œuvre la répression qu’il annonçait, « des rivières de sang ! » pronostiquées par Kadhafi. Et puis une fois le régime renversé la coalition a regagné ses pénates laissant place au chaos.

Gardons confiance dans l’avenir de l’Humanité. Ces pays sont sans doute mieux sans leurs dictateurs qu’avec. Le chemin vers leur démocratie sera long et violent mais ils vont bien y arriver un jour. Et puis, ces interventions extérieures ont au moins le mérite de mettre fin à des règnes personnels, sinon sans fin.

Crash et démocratie

La concomitance de deux catastrophes aériennes impliquant des avions civils illustre si besoin en était les différences de régime entre une vieille démocrate, la France, et une « non-démocratie », l’Ukraine.

L’avion affrété par Air Algérie écrasé au Mali (avec une cinquantaine de français à bord sur les 110 passagers tués) a aussitôt été rejoint par l’armée française présente dans ce pays qui a acheminé des experts sur le site pour l’analyse du crash, et des familles de victimes pour le recueillement.

L’avion de Malaysia Airlines abattu par un missile au-dessus de l’est de l’Ukraine en proie à une guerre civile menée par des forbans sans foi ni loi donne lieu à de sordides discussions sur qui pourra accéder au site, sous la protection de quelles bandes. Des corps et des indices ont été déplacés, des voyous en battle-dress s’affichent dans d’improbables conférences de presse en brandissant des « boites noires » dont ils marchandent la remise aux autorités compétentes. Et pendant ce temps les combats continuent et l’on ne sait toujours pas vraiment quel camp a tiré le missile assassin !