Quoi de neuf ?

BOBIN Christian, ‘Le Très-bas’.

Sortie : 1992, Chez : folio 2681

La vie rêvée de Saint François d’Assise racontée par Christian Bobin, écrivain, philosophe et poète, plutôt concerné par la religion. Un ouvrage court fait de scénettes qui mêlent la bible et des étapes du parcours de François qui a consacré la majeure partie de son existence à la pauvreté après avoir commercé dans les affaires de son père et festoyé avec ses amis du XIIIème siècle.

Le style est léger et poétique, un peu abscons, voire mystique. Le sujet s’y prête. Saint-François d’Assise était réputé pour parler aux animaux :

« Il parle aux hirondelles et s’entretient avec les loups. Il entre en réunion avec des pierres et organise des colloques avec des arbres. Il parle avec tout l’univers car tout a puissance de parole dans l’amour, car tout est doué de sens dans l’amour insensé. »

Da paraboles en fables, Bobin nous ramène vaguement au message de Dieu d’une façon guillerette et sautillante, enrobant la vie de François de jeux de mots et d’exercices de style.

Enrichir le narratif et bla-bla-bla

Nouveau tic verbal compulsif entendu dans la bouche d’un soi-disant « communiquant » : enrichir le narratif. En gros cela veut dire changer de discours. Ce conseil abscons est généralement adressé aux hommes politiques de plateaux télévisés à qui les « communicants » apprennent la joute oratoire c’est-à-dire parler pour ne rien dire en réponse à un adversaire qui n’en dit guère plus.

L’Afrique fantôme…

Comme nombre de citoyens connectés, le chroniqueur reçoit régulièrement dans sa boîte à lettres électronique des propositions douteuses, parfois cocasses, souvent affichées comme expédiées d’un pays africain, et promettant la lune. Celle d’aujourd’hui appuie à la fois sur le misérabilisme, la situation d’un jeune dont les deux parents auraient été assassinés lors des coups d’Etat en Côte d’Ivoire et qui veut reprendre des études à l’étranger, l’espérance de la fortune (avant leurs morts lesdits parents auraient accumulé une fortune de 8 millions d’euros dans l’agriculture…) et la perspective de l’immigration. Il s’agit de fournir une adresse et un téléphone au demandeur, de recevoir et de garder un colis contenant les 8 millions d’euros. Ensuite, il s’agit d’aider le garçon à immigrer et il promet de nous laisser 20% de sa fortune agricole.

Encore plus réguliers sont les emails reçus de fausses banques affichant des noms et des adresses email qui semblent réalistes et qui instruisent de rentrer des coordonnées bancaires sur un site affichant quelques vagues logos plus ou moins ressemblant avec ceux des banques qui sont censé les expédier.

Le chroniqueur s’est même vu confronté à une tentative d’arnaque en cherchant à vendre un meuble sur « Le BonCoin ». Pour être payé, il fallait d’abord envoyer 100 EUR sur un compte en Côte d’Ivoire qui seraient ajoutés au paiement à recevoir, procédure imposée par la Loi…

Il y a toute une activité d’escroqueries sur Internet qui doit faire chauffer des robots à l’origine de ces messages et de leur diffusion et, sur le nombre, sans doute quelques personnes se laissent prendre. C’est étonnant vu l’évidente duplicité de ces messages, mais statistiquement il doit suffire d’attraper un ou deux gogos de temps en temps pour rentabiliser les frais du robot qui envoie des millions de messages chaque jour à travers la planète.


« De Paul Yapi
Bonjour,

Tout d’abord je vous presente mes excuses si mon courrier ne rencontre pas votre éthique personnelle, je voudrais trouver auprès de vous une oreille attentive.
Je suis Paul Yapi ivoiren et le fils unique de mes défunts parents M. et Mme Yapi George Mon père, ma mere et mes deux soeurs ont été assassiné deux ans après le coup d’etat de septembre 2011 à la maison. J’ai eu la vie sauve parce que j’etais à l’ecole à l’internat.

Mon père m’a laisse une fortune de huit million deux cent Euro (8.200.000 Euro). Mon but est de les investir hors de mon pays dans des domaines rentable a cause du problème socio-politique et que je n’ai plus personne sur qui je peux compter pour mon avenir. Présentement l’argent est sauvegarde dans une societe de finance de la place declaré comme une valeur familiale.
Malgre le fait que mon père etait un fonctionnaire dans la Société de raffinage il faisait ses propres affaires dans le domaine de l’agriculture ou il a eu cette richesse.

S’il vous plait, je ne vous connait pas réellement mais comprenez que je souhaiterai que vous soyez comme un parent pour moi. J’ai pris un risque de vous contacter par internet lors de mes recherches et vous parler d’une telle somme qui va peut être vous paraître étonnant et surprenant mais croyez moi sincèrement.

Après avoir eu des renseignements et informations fiables avec le directeur de la societe ou mon defunt pere avait faire le depot, il m’a fait savoir que cela est possible de pouvoir effectuer un transfert de colis à l’étranger car il dispose d’un service de courrier pour ce genre de transfert, et pour ce faire nous devrions établir des dossiers légal et conforme aux règles d’un tel transfert car je lui ai fait comprendre que je souhaiterai que le transfert soit effectué chez mon partenaire à l’étranger.

Je demande honorablement votre aide de la manière suivante: Pour me fournir une adresse ainsi qu’un numéro de téléphone à laquel le colis sera expédié, servir de gardien de ces fonds puisque j’ai seulement 19 ans enfin m’aider à immigré dans votre pays afin que je puisse poursuivre mes études.

Ainsi dit, votre effort après la reception des fonds sera recompense de 20% de mon héritage.

En outre, vous indiquez vos options pour m’aider sachant que pour moi, j’ai la foi que cette transaction peut se faire le plus vite possible.
J’aimerai avoir votre point de vue sur cette question et cela selon votre disponibilité.

Dans l’attente d’une suite favorable à ma demande, veuillez accepter mes sincères salutations.

Paul Yapi »

Rachida « hors sol »

Rachida Dati, ex-ministre un peu oubliée, élue plutôt inexistante, qui se rappelle au souvenir des électeurs par une activité compulsive sur Tweeter, cède aux tics verbaux de circonstance et ponctue ses phrases de « hors-sol » pour illustrer le fait que les politiciens incompétents sont loin du peuple, ce qui n’est pas son cas bien entendu.

Cette expression « hors-sol » nous vient de l’agriculture où l’on parle d’élevage hors-sol lorsque l’alimentation du bétail ne provient pas de l’exploitation elle-même ou de culture « hors-sol » c’est-à-dire sans terre, ou tout au moins pas la terre de la ferme.

On se demande bien comment les politiciens et les journalistes ont adopté ce terme pour l’adapter à la critique politique ? Sans doute leur désir de changer les mots pour cacher la répétition et la platitude du fond.

Dérapage corse, encore…

Un compte tweeter corse publie quelques amabilités adressées à la veuve du préfet Erignac assassiné en 1998 dans cette île accueillante. Son épouse accompagnait récemment le président de la République française venu, entre autre, inaugurer une place « Claude ERIGNAC » à Ajaccio pour le vingtième anniversaire de son meurtre.

Le tweet délicat précisait notamment :

« Il faut respecter la douleur et, en ce jour, celle de Mme Erignac. Elle est le symbole de la femme française. Ces courageuses femmes françaises qui, de 1940 à 1944 réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du 3e Reich. 400 000 bâtards, cela peut vous sembler léger, sur 10 000 000 millions de femmes fécondables mais songez à toutes celles qui n’eurent pas la chance de tomber enceinte. Ou alors à toutes celles qui ont joué de l’aiguille à tricoter. En un mot comme en dix, il y eut en pas moins de 4 000 000 de bonnes petites salopes françaises. Ach so… »

Il a été retiré au bout de quelques jours et son auteur potentiel, Charles Pierri avec un « i muet », repris de justice, un des dirigeants du parti indépendantiste Corsica Libera est convoqué par la justice qui enquête sur ces injures qui contreviennent à la loi française. Tout ceci est sans surprise  mais le plus regrettable dans cette affaire est que la République ait emmené Mme. Erignac dans cette aventure qui devait forcément mal se terminer pour elle.

Pourquoi ouvrir une place « Claude Erignac » en Corse ? Elle sera sans doute régulièrement taguée et dégradée, puis rebaptisée après l’indépendance. Il eut été plus avisé de rendre hommage à ce préfet sur le continent, pourquoi pas à Paris, ce qui aurait été bien plus avisé et respectueux et, accessoirement, plus pratique et confortable pour que la famille Erignac vienne y rendre hommage à son défunt. Vouloir imposer les symboles de la République à des gens qui n’en veulent pas ne fait que provoquer aigreur, difficulté et violence. On vient de commencer à y gouter avec ce tweet pour le moment anonyme.

Malik Sidibé « Mali Twist » à la Fondation Cartier


Très belle exposition du photographe Malik Sidibé à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. De nationalité malienne Malik (1935-2016) a travaillé sa vie durant dans une petite boutique de photographe du quartier Bagadadji de Bamako. Il a photographié (presque peint) les siens qui défilaient dans son studio, pour des photos d’identité ou d’ambiance, où qu’il captait dans les soirées de la jeunesse postindépendance. Il acheta son matériel de laboratoire à un militaire français sur le départ après l’indépendance.

Si la milice politique du régime marxiste de Modibo Keïta n’était pas très tolérante, celle de Moussa Traoré qui lui succéda par voie de coup d’Etat à la fin des années 60’ laissa se dérouler de chaudes soirées bamakoises où les jeunes paradaient en costumes soignés sur les rythmes du twist, du rock et d’autres venus d’Occident. Ces « surprise parties » semblaient déborder de gaîté et de créativité. Sidibé a accumulé des milliers de négatifs noir et blanc de ces instants d’insouciance colorée.

Sidibé a été célébré dans le monde entier et ses photos exposés dans de prestigieuses institutions. Nombre de ses clichés sont présentés à la Fondation Cartier et on y chemine avec délice. Au sous-sol est projeté le film « Dolce Vita Africana » où l’on suit Malik Sidibé en fin de carrière, devisant avec ses amis ex-ambianceurs bamakois devant sa boutique, buvant le thé sur des fauteuils hors d’âge devant la circulation des véhicules hétéroclites dans les rues toujours défoncées de la capitale malienne. Ensemble, ils évoquent et racontent cette époque des années 60/70’ où tout semblait possible, lorsque l’enthousiasme de l’indépendance et des idéologies n’avaient pas été encore vraiment confrontés à la réalité. Ils réorganisent même une soirée « Las Vegas » où tous ces vieux ambianceurs se retrouvent devant l’objectif de Malik.

Le film est aussi touchant que les clichés, on y découvre la modestie de Sidibé qui éclate et sa passion pour la photographie des gens qui nous laisse l’héritage inestimable de ces milliers de clichés.

Toujours plus

Le président de la République française vient de passer deux jours en Corse pour répondre aux revendications du pouvoir régional autonomo-indépendantiste. En gros il a refusé l’amnistie des prisonniers dits « politiques » tout en envisageant de pouvoir leur faire exécuter leurs peines dans leur île pour certains d’entre eux. Il a expliqué par ailleurs qu’il était en faveur d’inclure dans la prochaine réforme constitutionnelle la mention de la Corse, exigence très ancienne dont on se demande d’ailleurs ce qu’elle changera dans la vie de l’île (la mafia fait beaucoup plus de mal à cette région que son absence de mention dans la constitution…). Enfin, il refuse le principe d’une co-officialité de la langue corse avec la langue française d’un statut de « résident corse ».

En réalité la partie constitutionnelle ne prête pas vraiment à conséquence puisque ce n’est ni le président ni les élus corses qui décideront de la réforme à apporter à la loi fondamentale. En effet, toute réforme est votée soit par le congrès (assemblée national plus sénat) à la majorité des deux-tiers, soit par les électeurs français (et pas uniquement corses). Donc on peut s’agiter dans les palais pavoisés de la République à Ajaccio ou ailleurs, à la fin il faudra bien passer au vote et demander à la Nation si elle est d’accord pour accorder un statut spécifique à cette île irréductible. Globalement on peut anticiper que ni le « peuple français » ni ses représentants élus n’y sont prêts.

Le président Macron a dit ses quatre vérités à la Corse dans un discours ferme rappelant notamment toutes les incohérences des élus de cette île qui veulent le beurre et l’argent du beurre, être français pour les subventions et corses pour déterminer une fiscalité propre, notamment. Il a expliqué que l’île dispose déjà d’un statut spécial qu’il convient de mettre à profit pour travailler au développement économique, que pour la langue corse il suffit de l’apprendre aux enfants à la maison (ce qui n’est plus fait), etc. Bref, il a parlé réalité à des gens qui pensent symbole. Evidemment cela fait plaisir à entendre sur le moment mais cela ne règle en rien le futur. Ses positions sont mal reçues par les élus locaux qui n’obtiennent qu’une partie de ce qu’ils demandaient et voulaient faire croire qu’ils allaient tout emporter. Jeu de rôles plutôt classique qui déclenche un communiqué rageur du parti indépendantiste Corsica Libera auquel appartient le président de l’assemblée corse Jean-Guy Talamoni avec un « i muet ». On y parle des discours « haineux, provocateurs et méprisants » du président, de son « attitude négationniste de la question corse » et bla-bla-bla et bla-bla-bla. La France est responsable de tout et la Corse de rien !

« Que le gouvernement français n’en doute pas, Corsica Libera ne reniera jamais les engagements pris devant la Nation corse et se battra toujours pour défendre les intérêts de son peuple, le peuple corse. »

Ce communiqué démontre par l’absurde que la direction prise par la République n’est pas la bonne. Ce « peuple corse » n’est pas intégrable dans la République et il aurait fallu effectivement avancer vers un statut pré-indépendance sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie. Ce micro-parti Corsica Libera est certes très minoritaire en nombre de voix mais il est sans doute majoritaire dans les cœurs si l’on en juge par l’absence quasi-totale d’opposition locale à ses propos et théories. Nous sommes repartis pour des années de conflit, voire une reprise de la lutte armée, et, on reviendra forcément un jour à l’idée d’indépendance de la Corse.


Communiqué de Corsica Libera (parti indépendentiste corse)

Rédigé le Samedi 10 Février 2018 à 12:00

« L’impunité de l’Etat en Corse, cela aussi doit cesser ! »

Continuer la lecture de « Toujours plus »

Thévenoud s’occupe

Thomas Thévenoud, vous souvenez-vous ? Il fut un éphémère ministre sous la présidence Hollande, forcé à la démission quelques jours après sa nomination pour avoir oublié de payer ses impôts plusieurs années durant. Il avait régularisé sa situation mais à fait se tordre de rire le pays entier (à l’exception sans doute de ses collègues du gouvernement) en expliquant que lui et sa femme étaient atteints d’une « phobie administrative » qui leur faisait renoncer à faire leurs déclarations de revenus à l’administration ou de payer les frais de cantine de leurs enfant.

Après cette franche et rafraichissante rigolade, l’impétrant a payé ce qu’il devait aux contribuables floués par sa « maladie » plus quelques pénalités et une condamnation en justice. Aujourd’hui la poilade continue car on apprend que le garçon a déposé la marque « phobie administrative » à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Il pourra ainsi toucher des subsides en cas d’utilisation de cette « marque » et en tout cas bloquer son utilisation selon sa volonté.

On reste confondu devant un tel cynisme d’une personne qui gagnerait à se faire oublier et se recycler dans une activité anonyme. N’a-t-il rien d’autre à faire que de ressasser ce péché finalement véniel de fraude fiscale et ses conséquences ? Ce n’est guère brillant.

Lire aussi : Thévenoud parade

Lire aussi : Irresponsabilité politique

Il neige… et la France râle

Petit épisode neigeux sur l’Ile de France, les routes sont encombrées, des bus sont arrêtés en soirée mais le métro fonctionne normalement, des trains sont en retard. Les prévisions météorologiques avaient prévu la situation. Quelques automobilistes restent bloqués plusieurs heures sur une nationale tellement pentue que tout le monde glisse, certains sont hébergés pour la nuit dans des gymnases. C’est ce qu’on appelle des intempéries pour une région parisienne qui n’est plus tellement habituée à la neige.

Mais nous sommes en France alors tout le monde se plaint et sombre dans la démesure : « Mais que fait le gouvernement ? On est abandonné sur la route sans boire ni manger… » etc. C’est la cohorte des pleureuses, une tempête de lamentations, un déferlement de grognons. Il y eut quelques situations désagréables certes, en une nuit tout a été résorbé mais la République n’est pas venue servir un repas chaud arrosé d’un grand cru au bord des routes enneigée, ce n’est pas prévu dans les missions de l’Etat ni dans les financements pour lesquels les contribuables payent des impôts.

Tout le monde a survécu, Dieu merci !

Une roquette politique

Les indépendantistes corses réclament, parmi moult revendications, le transfèrement des détenus « politiques corses » dans des prisons de l’île. La femme de l’un d’eux explique qu’il est détenu sur le continent et que cela lui impose des dépenses de déplacement mensuelles de 700 EUR pour aller le visiter au moins une fois par mois. Au journaliste qui lui demande de quoi est coupable son mari prisonnier « politique », elle répond :

Heu… c’est politique. Il a tiré une roquette sur une gendarmerie. La gendarmerie c’est l’Etat, c’est donc politique, voilà !

Il ne va pas être bien facile de partager une telle conception de la politique !

Pendant ce temps, le chef de l’exécutif corse (sorte de gouvernement local aux petits pieds), Gilles Siméoni avec un « i muet », envahit les plateaux télévisés pour expliquer comment la Corse vit un moment historique que le continent doit saisir pour réussir une transition en donnant plus d’autonomie (mais toujours autant de sous) à son île. Il le fait de façon plutôt avisée et apaisée, cherchant à rassurer les spectateurs en présentant la coopération avec la Corse comme une grande chance que Paris ne devrait pas laisser passer.

Son alter-égo, chef de l’assemblée territoriale corse, Jean-Guy Talamoni avec un « i muet » est lui ouvertement indépendantiste, il parle de la France comme d’un « pays ami », mais se cache un peu à l’ombre de Siméoni avec un « i muet », plus consensuel.

Tous les deux affichent ostensiblement dans leurs bureaux d’élus les drapeaux corse et européen, mais pas le drapeau de la République française. Ils doivent rencontrer en Corse la semaine prochaine le président de la République pour tenter de faire valoir leurs revendications et prendre la route de l’indépendance, même si à très long terme. Les électeurs corses ont voté pour cette alliance autonomiste-indépendantiste, il faut les entendre avant que la nervosité ne ressaisisse cette population clanique à la violence endémique qui n’a jamais accepté et probablement n’acceptera jamais sa francité. La Constitution permet cette prise de distance pourvu qu’elle soit approuvée par une réforme dûment votée par un Congrès ou un référendum.

La Corse s’éloigne


Le nouveau pouvoir régional corse poursuit avec insistance son offensive contre la République. De façon plutôt avisée l’exigence d’indépendance n’est plus officiellement mise en avant, bien que toujours prégnante, au profit de la demande « d’autonomie politique », moins effrayante pour les électeurs locaux qui craignent pour leur niveau de vie. S’y ajoutent des revendications concernant la « langue corse » qu’il veut à l’égal de la langue française constitutionnelle, un statut de « résident corse » qui, notamment interdirait l’achat d’un bien immobilier à quiconque n’a pas déjà résidé cinq ans en Corse, ainsi que la mention de l’île dans la Constitution.

Cette quête permanente de reconnaissance et d’individualisation est véritablement l’une des caractéristiques des habitants insulaires, quelle que soit leur histoire, coloniale ou pas, et leur géographie, tropicale ou non. Le problème de la Corse dure depuis des décennies et ne semble pas soluble dans le cadre français actuel. On peut maintenant conclure que cette île et ses habitants ne sont pas intégrables dans la République et que s’ils n’ont pas le courage ou l’opportunité de manifester leur vraie volonté d’indépendance il faut envisager de leur concocter un régime spécial pour essayer de réduire leur capacité de nuisance et de contamination vis-à-vis du reste du pays. Pourquoi ne pas leur proposer un statut de territoire similaire à celui de la Nouvelle-Calédonie sur lequel ils pourraient parler leur langue et régler leurs affaires locales selon leurs méthodes. Cela se fait à Nouméa qui a même un drapeau officiel reconnu, pourquoi pas à Ajaccio ?

Evidemment, pour être accepté par le reste de la population française il faudrait que ce statut d’autonomie soit également assorti de transferts de responsabilités, c’est-à-dire que l’ile autonome ne puisse pas se retourner vers le continent pour quémander les droits dont bénéficient le reste de la population dans le cadre de la Constitution sans en assumer aussi les devoirs conséquents. Soit l’on est régi par les articles standards de la Constitution, soit par des articles particuliers, mais on ne peut pas prendre ce qui intéresse dans les deux et rejeter ce qui dérange. C’est ainsi que si ce statut de « résident corse » était considéré il faudrait bien entendu que sa réciprocité soit mise en place : un citoyen français né en Corse ne devrait pas pouvoir acheter un bien immobilier sur le continent s’il n’y a pas résidé au moins cinq ans.

Une modification de la Constitution pour y mentionner un statut de la Corse, quel qu’il soit, devrait d’ailleurs être voté soit par le Congrès à la majorité des deux-tiers, soit pas référendum. Il faudrait donc qu’un projet d’autonomie pour 300 000 corses soit voté par 65 millions de français ou par leurs représentants, il faudra donc y inclure des compromis acceptables par tous. Il n’est pas sûr que le pouvoir régional corse actuel qui se sent le vent en poupe y soit disposé. Quant au pouvoir central il est comptable de l’unité du pays et doit la préserver.

Une nouvelle fois, l’exemple de la Nouvelle Calédonie devrait servir de guide pour essayer d’atténuer la nuisance que font peser 300 000 citoyens sur 65 millions de leurs congénères. Ceci étant dit, l’ile pacifique doit de prononcer cette année par référendum local sur son indépendance et les sondages actuels prédisent, hélas, que la victoire du « oui » est loin d’être acquise.

Ces pédégés qui se croient irremplaçables

Le pédégé de l’entreprise publique Radio France vient d’être condamné à un an de prison avec sursis plus 20 000 EUR d’amende pour avoir favorisé des fournisseurs dans son précédent emploi. Il a fait appel de cette condamnation comme l’y autorise la loi de notre belle démocratie. L’un des fournisseurs est un prestataire de services au profil plutôt flou défini ainsi sur son compte Tweeter : « Cofondateur de 2017, cabinet conseil en stratégie et communication. Président de Balises. Enseignant à Sciences-Po Paris en communication politique ». Bref, un « communicant » comme on nomme aujourd’hui ce genre de personnages qui envahissent les plateaux télévisés, les cabinets ministériels et les bureaux des pédégés du CAC40.

On voit sur ledit compte la photo récente de cette fine équipe de mousquetaires du bla-bla :

Jeunes (sauf le patron), détendus (pas de cravate), habillés sobre et noir (tendance), du personnel féminin mis sur le devant (qui n’a sans doute pas été recruté que sur la rapidité de ses neurones), négligemment installés sur la table blanche (souplesse des membres), bref, ça exsude la « coolitude »… et la soupe insipide à vendre.

Si le pédégé de Radio France avait passé un peu moins de temps avec ces gogos et un peu plus à travailler sur ses dossiers dans son bureau il aurait moins d’ennuis aujourd’hui. On ne sait pas si la procédure d’appel l’innocentera ou au contraire aggravera sa condamnation, qu’importe, ses patrons ont décidé qu’il n’était plus en mesure d’assumer sereinement ses fonctions. C’est ainsi. Il ne voulait pas démissionner alors il a été viré. Comme toujours, on trouve une cohorte de ses défenseurs qui nous expliquent que ce pédégé est irremplaçable car il a bien géré, enregistré de bons résultats et doit poursuivre les réformes qu’il a engagées et que seul lui pourrait finaliser.

Une nouvelle fois il faut s’en persuader, ces pédégés sont interchangeables et les décideurs de Radio France n’auront qu’à shooter sur les platanes de l’avenue Marceau pour qu’il tombe une dizaine de bons candidat de chaque arbre. Que cette bonne maison de Radio France ne s’inquiète pas et continue à nous concocter ses programmes de qualité, elle accueillera sous peu un nouveau patron qui fera aussi bien que le banni.

La réalité dépasse la fiction en Afghanistan

Un salve d’attentats religieux particulièrement violents ensanglante l’Afghanistan ces derniers jours, généralement revendiqués par les talibans, rebelles de profession, fous de Dieu et trafiquants de drogue particulièrement efficaces : 20 morts le 20 janvier dans un hôtel international, 5 morts dans une organisation non gouvernementale le 25 janvier, plus de 200 morts dans une rue bondée du centre de Kaboul le 27 janvier. D’habitude les talibans déclenchent leur « offensive de printemps », au printemps, cette année ils prennent de l’avance et ne reculent devant vraiment rien.

Lire aussi : ‘Pukhtu : Primo (tome 1) & Secundo (tome 2)’ par DOA

L’hallali politique de Fillon

L’affairiste-barbouzard de la Françafrique Robert Bourgi, homme peu recommandable, ex-ami de François Fillon et sans doute toujours ami de Nicolas Sarkozy, a dévoilé ce matin sur les ondes les quatre raisons pour lesquelles il avait décidé de « tuer François Fillon » lors de la dernière campagne électorale présidentielle en lui offrant des costumes de luxe puis en dénonçant ce cadeau à la presse :

1- D’abord parce que il a violé toutes les règles de l’amitié à mon endroit… 2- [la référence à] la mise ne examen du Général de Gaulle, ça je ne l’ai pas supporté… 3- il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy, ça je ne le supporte pas…4- je le savais accro à l’argent et on ne pouvait pas laisser faire cela parce que tôt ou tard celui qui aurait pu diriger la France aurait eu de sérieux problèmes…

Le 10 janvier, je déjeune avec Nicolas Sarkozy. Il me dit : ‘Tu as vu les sondages ? Fillon va devenir président.’ Je lui réponds : ‘Nicolas, il n’ira jamais à l’Élysée. Parce que je vais le niquer.’ Parce que j’avais ourdi le complot.

On croit rêver devant un tel déballage de barbouzeries, de manipulations, de lâchages en tous genres de la part de responsables qui ont tous trôné aux plus hauts niveaux de l’Etat, financés par les contribuables. Le candidat conservateur éconduit a lui-même reconnu qu’il avait mal choisi son ami Bourgi et lui avait d’ailleurs rendu les costumes que celui-ci dévoile maintenant avoir donné pour piéger Fillon.

Ce sont des mafieuseries de bas étage, du gangstérisme de palais dorés, de la voyouterie d’incompétents. Comment un François Fillon, premier ministre de la France cinq années durant peut-il choisir comme « ami » un Robert Bourgi forban de toutes les filouteries de la françafrique ? Et comment a-t-il pu accepter des costumes en cadeaux de ce personnage ? Mais il l’a fait, et six mois plus tard le voyou se vante sur les ondes d’avoir « niqué » le candidat !!!

Fillon a pris acte de sa défaite dans la honte, a abandonné la vie politique et s’est reclassé dans la finance avec une discrétion bienvenue. Bourgi continue à parader sur les plateaux télévisés. Le principal mérite du pouvoir français actuel est d’avoir balayé cette génération d’incompétents. Espérons que ces mauvaises habitudes ne renaîtront pas de leurs cendres.

Un p’tit tweet pour la route

Allez : il n’a pas de mal à se faire du bien. Un petit tweet de Laurent Wauquiez avant d’aller se coucher :

On est toujours étonné de voir comment ce garçon au parcours universitaire si brillant réussit à s’abaisser vers autant de beaufitude. Il doit se faire sacrément violence pour atteindre un tel niveau. Il n’est pas sûr que cette tactique le fasse revenir en grâce auprès des électeurs de droite qui finalement semblent plutôt apprécier la politique du gouvernement actuel. La morale voudrait que ceux qui font le pari de la stupidité perdent, mais la politique n’est pas toujours très morale sur ce sujet…

Encore un effort Monsieur Juppé

Après quelques autres, Alain Juppé, 72 ans, annonce qu’il « prend du recul » avec le parti Les Républicains (LR) en refusant de payer sa cotisation. Bien sûr il communique par tweet :

Je comprends la décision de @Dbussereau qui m’avait informé. Pour ma part je n’ai pas l’intention de payer ma cotisation LR en 2018. Je prends du recul et je vais observer notamment dans la perspective des élections européennes de 2019.

Quel courage, quel sens du risque ! Mais que sont tous ces militants en vue de LR qui « se mettent en retrait », « prennent de la hauteur »… En fait, plutôt que de démissionner d’un parti dont ils semblent désapprouver les orientations, ils gardent plusieurs fers au feu, on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. C’est sans doute leur longue habitude du cumul des postes et des mandats qui perdure, leur mauvaise pratique du pantouflage qui leur a permis de prendre assez peu de risques personnels tout au long de leurs carrières rémunérées par les contribuables.

Un garçon comme Alain Juppé qui n’a pas démérité devrait, à son âge avancé de 72 ans, être désormais capable de prendre des décisions politiques franches sans donner en permanence cette impression de vouloir garder un ou des parachutes de secours. Qu’a-t-il à perdre à 72 ans ? Rien, sinon de laisser l’image d’un homme indécis qui n’arrive pas à sortir du milieu hyper-protégé dans lequel il a évolué toute sa vie. Sa carrière est derrière lui, il a été une nouvelle fois désavoué lors des dernières primaires de la droite en 2017 par des électeurs conservateurs qui ne l’aiment pas et ne l’aimeront probablement jamais au point de l’élire à un mandat national.

Alors il devrait se détendre, respirer un grand coup, aller où bon lui semble et profiter d’une retraite bien méritée qui approche à grand pas. Comme il garde la stature d’un sage homme de droite, il sera consulté certainement, écouté parfois, au-delà des dossiers du tramway de Bordeaux. Les jeunes sont là chez LR comme ailleurs, il faut leur laisser les manettes, la génération des Juppé doit admettre de se retirer sans amertume. Suivez l’exemple de MonGénéral que diable !, qui écrivait en 1969 le lendemain du désaveu du référendum sur la régionalisation :

« Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

Ce fut simple et de bon goût et le sortant ne prit plus jamais la parole publiquement sur aucun sujet politique avant que la fin ne le rattrape, il est vrai assez rapidement après sa démission. C’est ainsi qu’on laisse une trace dans l’Histoire d’une nation !

L’administration américaine n’a plus de sous

Donald Trump

C’est la réponse du berger à la bergère : les parlementaires démocrates américains bloquent le vote d’une rallonge budgétaire et mettent l’administration en carafe. Les fonctionnaires ne sont plus payés pas plus que les dépenses courantes non stratégiques. Cela est provisoire en attendant que les conciliabules de marchands de tapis aboutissent dans les couloirs du pouvoir, mais cela fait mauvais effet. Cette politique du pire était le sport favori des parlementaires républicains sous la présidence démocrate d’Obama. Le locataire de la Maison-Blanche a changé, l’irresponsabilité des élus reste la même.

DOA, ‘Pukhtu : Primo (tome 1) & Secundo (tome 2)’.

Deux tomes de 800 pages chacun pour narrer l’histoire haletante de mercenaires engagés dans les guerres du passage du XX au XXIème siècles : Yougoslavie, Afghanistan, Irak…, au service d’armées occidentales en cours de privatisation. Pour couronner le tout, ces chiens de guerre se lancent dans le trafic de drogue, comme leurs ennemis, pour arrondir leurs fins de mois et préparer leurs retraites.

L’auteur, plus ou moins anonyme, se fait appeler DOA comme Death On Arrival (« mort à l’arrivée », symbolisant les blessés qui arrivent en ambulance à l’hôpital mais sont déjà décédés au débarquement) et semble avoir plus ou moins fricoté dans les milieux militaires, du renseignement et du journalisme de guerre. On dirait qu’il sait de quoi il parle.

Alors on plonge dans ces guerres orientales post 11 septembre, sombres et sordides, où s’affrontent la modernité technique du plus haut niveau avec l’arriération religieuse la plus renversante, le besoin raisonnable de mettre à l’abri des nations attaquées avec l’inspiration divine de combattants qui parlent en direct avec Dieu.

On suit dans « Primo » le parcours de paramilitaires sous contrat avec les autorités américaines, qui exécutent certaines des basses œuvres de cette guerre, et leurs ennemis d’en face, talibans convaincus, trafiquants de métier, spécialistes du rapt de personnes ou simples prévaricateurs impénitents. Tout ce petit monde s’affronte, se capture, se torture, se tue, sans oublier de trafiquer la drogue ou les otages. L’intrigue est complexe, emberlificotée dans les histoires locales de clans, de traditions, de familles. Tout est sanglant, dangereux, parfois insoutenable. L’action est menée par des guerriers sans peur et avec beaucoup de reproches… mais c’est la guerre, une guerre en partie secrète où tout est permis, de tous les cotés ! Ce qu’on peut lire du conflit afghan dans la presse et la littérature de combat laisse craindre, hélas, que ce roman ne soit très proche de la réalité. On y comprend aussi comment cette guerre est et sera perdue par l’Occident.

Le second tome « Secundo » transporte les personnages en Europe et en Afrique, territoires où ils continuent à exercer leurs influences malfaisantes mais dans un cadre plus policé où les barbouzes en costume remplacent des pachtounes en mobylette, mais le cynisme et la sauvagerie sont les mêmes. On frémit à l’évocation de ces missions spéciales confiées à des services plus ou moins officiels et réalisées par des hommes nécessaires et dangereux, parfois intéressés.

Les choses se terminent mal, bien sûr, pour nombre des personnages, certains s’en sortent, avec leurs traumatismes, et le lecteur referme la dernière page plongé dans un abyme de doutes et de réflexions sur notre pauvre monde.

Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

L’hystérie qui s’est emparé du débat public depuis l’annonce du choix de l’Etat d’agrandir l’aéroport actuel de Nantes plutôt que d’en construire un nouveau illustre jusqu’à la nausée la vacuité et l’inanité de ce petit microcosme politico-médiatique qui croit représenter le peuple français. Cette décision d’investissement public est une parmi bien d’autres qui génère des couts et, sans doute, des avantages ; du genre de celles que doivent prendre tous dirigeants responsables en arrivant le matin au bureau. Evidement pour les individus qui consacrent leurs journées à pondre des tweets ballots plutôt que d’agir, la prise de décision fait partie d’un monde surnaturel et hors de portée. Parmi bien d’autres on relève le tweet de l’inénarrable Eric Woerth :

Ou de Jean-Marc Ayrault :

L’un, de droite, comme l’autre, de gauche, voulaient construire ce nouvel aéroport à Nantes ; mais que ne l’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux commandes ? Leurs successeurs en ont décidé autrement pour le moment. Si Woerth, Ayrault ou consorts sont un jour réélus et que la situation économique régionale l’exige, et bien il sera toujours temps de le construire cet aéroport, ce qui doit bien pouvoir être fait en deux ou trois ans de travaux. C’est ce qui s’appelle décider et agir, et non pas procrastiner comme ils l’ont fait durant des décennies sur ce projet.

Sur les coûts, on aimerait qu’ils fassent preuve de la même exigence pour les dépenses engagée par la République pour financer des jeux olympiques de sports à Paris que sur les coûts du choix d’investissement public qui a été fait à Nantes !

Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport